Avertir le modérateur

24/04/2010

Reconnaissance

drapeaux-armeno-turc.jpgC’était le 4 mars dernier. Ce jour là par 23 voix contre 22, la Commission des Affaires Etrangères de la chambre des représentants des Etats-Unis adoptait une résolution reconnaissant le génocide des Arméniens. Le jour même les autorités turques dénonçaient « cette comédie » et protestaient. Rappel d’Ambassadeur, annulation de visites ministérielles, menaces à l’égard de la main d’œuvre arménienne, le petit jeu Turquo-Américain ne pouvait guère faire illusion sachant que cette résolution votée le 4 mars n’a aucune chance de franchir les murs de la commission pour se retrouver en séance plénière. Obama où pas, la question de la reconnaissance du génocide n’a que peu de chance d’être d’actualité. Raison de plus pour faire de cette journée du 24 avril, traditionnellement consacrée à la mémoire des victimes du génocide, un moment encore plus fort.

Rendez-vous en cette fin d’après midi au Mémorial de la Place Antonin Poncet, Lyon 2ème arrondissement.

Lyon, le 24 avril 2010.

13/02/2010

Elevage

Mardi dernier, Bernard Cathelat, l’ancien gourou des eighties, celui du Centre de Communication Avancée du groupe Havas repointait son nez dans Libé. Dans une intéressante interview il nous disait, entre autre, que « depuis cinquante années, les marques avaient délaissé la chasse pour passer à l’élevage de leurs clients.». Je ne suis pas certain qu’aux Etats-Unis le temps de l’élevage des clients n’est pas encore d’actualité en particulier quand on a à portée de main un lieu de gavage comme « le Super Bowl », c'est-à-dire 106,5 millions de téléspectateurs en guise de record national d’audience détenu jusqu’ici par la série « Mash » en 1983. Voici donc comment, il y a quelques jours, les consommateurs américains élevés au foot ont été traités. A regarder certaines de ces pubs, avouez qu’il y a de quoi être emporté par la jalousie….

Superbowl.jpg

Lyon, le 13 février 2010.

06/06/2009

Classe

Comme probablement nombre d’entre-vous je n’étais pas devant ma télévision pour suivre l’interview « scoop » de Barack Obama par Laurence Haïm (Canal +). Aujourd’hui le président des Etats Unis croise par chez nous et il ne devrait pas nous échapper étant donné qu’il est l’invité de Sarko et quand notre président est à la télé il est pratiquement impossible de l’éviter. Voici donc, pour les retardataires, l’entretien exclusif de Canal sachant que si vous voulez voir à quoi ressemble un président classieux ce document est fait pour vous.

A propos de classe François Bayrou a encore quelques progrès à faire. Cela étant son altercation avec Daniel Cohn-Bendit sur le plateau de France 2 qui ne devrait pas être sans conséquences aura le mérite de le ramener sur la planète terre et de lui offrir un été salutaire à consacrer à la méditation.

Lyon, le 6 juin 2009

18/03/2009

Obama l’Afghan

OBAMA.jpgAvec son crane rasé et son visage très souvent inexpressif, Gérard Chaliand est un spécialiste de la geo-politique connu et apprécié des Français. Très souvent invité à la télévision, à la tête d’une impressionnante bibliographie, Chaliand était l’invité, il y a peu, de Gilles Anquetil et François Armanet, journalistes au Nouvel Observateur.

Alors que le nouveau Président Obama souhaite engager son pays dans une présence encore plus active en Afghanistan, il est probablement utile de se pencher sur le concept de « guerre zéro mort » mis en avant par Gérard Chaliand. Echaudés, depuis le Vietnam, par des pertes en hommes politiquement inassumables, les Etats-Unis militent, depuis la première guerre en Irak, confortés par l’intervention au Kosovo, pour ce type de « guerre propre » et « sans mort ». Il est bon tout d’abord de rappeler, comme le fait Gérard Chaliand, que ces guerres « zéro mort » ne sont pas une réalité. C’est ainsi que la première guerre d’Irak, si elle s’est soldée par environ 70 morts du côté américain, n’en totalisait pas moins de 40 000 dans le camp opposé. Plus décisif, l’actuelle guerre en Irak enregistre, quant à elle, de très lourdes pertes parmi les GI démontrant ainsi que, malgré un désir de « guerre propre », le bilan est catastrophique. Au bout du compte, en Irak, comme en Afghanistan, la simple présence aérienne est un leurre. C’est « au sol » que se conduisent de telles opérations et les armées occidentales connaissent le prix à payer pour de tels choix.

Le Président Obama a beau considérer que la présence renforcée des troupes américaines en Afghanistan est essentielle, cela ne le dédouane pas d’une réflexion sur l’utilité politique de son choix et du « prix à en payer ». Obama est loin d’être un imbécile, il mesure bien la nécessité de déboucher, au terme du renforcement de la présence militaire en Afghanistan, sur des négociations dont il est juste de dire qu’elles ne sont pas envisageables pour l’heure. Comme le dit d’ailleurs Gérard Chaliand, nous sommes, loin d’une « guerre zéro mort » et « le temps ne travaille pas pour les occidentaux ». Dans ce type de guerre considérée par les militaires comme « asymétrique », il est clair que les talibans intègrent l’impossibilité pour les occidentaux d’utiliser les moyens technologiques les plus en pointe et, sont prêts à assumer des pertes par dizaines, par centaines et voire même par milliers. De ce point de vue de réajustement prévisible des relations avec Téhéran pourrait s’avérer porteur d’avenir pour une politique américaine fort heureusement moins manichéenne que celle de G.W.Bush.

Barack Obama devra donc prendre en considération l’ensemble de ces éléments, une « guerre propre à zéro mort » étant à l’évidence contradictoire avec les inévitables combats au sol, leurs tristes bilans mortuaires et au bout du compte une issue politique particulièrement incertaine.

Lyon, le 18 mars 2009

Photo:DR

22/01/2009

Question de style


Lyon, le 22 janvier 2009.

11/09/2008

Optimisme ?

1354665856.jpgAprès mon billet de la fin août certains s’étonnaient de mon optimisme raisonné et très mesuré concernant la bataille électorale qui se livre aux Etats-Unis entre Obama et Mc Cain.

Autant l’été avait été pénible pour Obama autant il est vrai que la convention de Denver apportait un peu de ciel bleu dans la campagne démocrate puisque avec 48% d’intentions de vote, Obama se hissait quelques 6 points au dessus du républicain. En choisissant dans le même temps Sarah Palin comme co-listière, Mc Cain allait effacer cet avantage en remettant les compteurs à zéro. Malgré les parfums de scandale ce choix de ticket républicain allait rapidement fonctionner au point d’enclencher la dynamique actuellement à l’œuvre.

Depuis, le tandem Mc Cain-Balin, a conjuré le sort. Un sondage intervenu en début de semaine confirme la stratégie gagnante du Parti Républicain, Mc Cain se situant 4 points au dessus de Obama. On pourra toujours dire que les sondages méritent doute et précaution il n’empêche que depuis que Sarah Palin fait équipe avec le vétéran du Viêt-Nam sur une ligne « pur porc » la dynamique républicaine est de retour. Sarah Palin booste la candidature Mc Cain et la gouverneur de l’Alaska est en passe de devenir la super-star que l’électorat républicain se cherchait. Meetings pleins à craquer. Eloge des grands médias malgré l’épisode familial. Perspectives de gains dans certains états. L’opération Palin est manifestement un succès et, comble de l’histoire, les républicains commencent à jouer la carte maitresse de Obama, le changement.

Scrutant, malgré son actuelle stratégie d’évitement des grands médias, la « boulette à Palin », les spin-doctors d’Obama semblent dans l’expectative. Réaliste ? Pessimiste ? Willie Brown l’ancien maire démocrate de San Francisco s’interroge publiquement sur la stratégie de Obama. En expliquant que « Sarah Palin a totalement bouleversé la dynamique de cette campagne », Brown dit que « Les Républicains sont passés à l’offensive et nous ne sommes pas très doués pour la défense », autant dire que conjointement les questions de dynamique de campagne et du vote populaire sont désormais au centre du duel Obama-Mc Cain.

Nul ne sait si nous entrons dans une phase de « non retour » dans cette campagne ou bien si le léger mieux de Barack Obama dans les sondages est le signe d’un nouveau coude à coude jusqu’à la dernière ligne droite. En tout cas Obama joue gros dans la séquence qui s’avance. A vous de voir s’il convient de se montrer d’un optimisme raisonné ou d’un pessimisme cruel.

Lyon, le 11 septembre 2008.

08/09/2008

« Revival » ?

1426169730.jpgLe spectre du collectivisme est-il entrain de hanter la planète ? Certains sont très certainement entrain de le redouter après l’annonce de reprise par le Trésor Fédéral des deux mastodontes de la finance américaine que sont Fannie Mae et Freddie Mac. Le gouvernement américain assumera donc la gestion des deux institutions financières en perdition qui ont accumulé 6000 milliards de dollars de prêts immobiliers et perdu en un an quelques 15 milliards de dollars. C’est donc jusqu’à hauteur de 100 milliards de dollars que des injections de fonds de l’Etat Fédéral viendront aider Fannie et Freddie en déconfiture.

Ici, avec Sarkozy, c’est le capital qui va banquer et le moindre possesseur d’assurance-vie devra raquer pour mettre en place le RSA. Par ailleurs, vendredi dernier, le Président annonçait une participation prochaine de l’Etat dans les chantiers de l’Atlantique à hauteur d’un minimum de 8%. Taxe sur les mutuelles et les complémentaires de santé, contribution patronale sur les stock-options, taxe sur l’Internet et la téléphonie mobile, contribution sur les ventes en gros de produits pharmaceutiques, taxe sur les copies privées jusqu’à la célèbre taxe sur les poissons, une sorte de paleo-collectivisme revival gagnerait-il notre pays ?

Que l’on se rassure, l’heure n’est pas encore venue de voir Nicolas Sarkozy déclarer sur un tonneau devant les ouvriers de Renault-Sandouville, « Le capitalisme est malade, qu’il crève ! » même si de toute évidence l’influence de Kouchner, Besson et Bockel commence à se faire sentir très significativement. Fort heureusement Christine Lagarde veille au grain. N’a-t-elle pas réaffirmé ce week end que la taxe RSA serait comprise dans le bouclier fiscal. Ouf !

Lyon, le 8 septembre 2008

31/05/2008

Inquiétudes

barak_obama.jpgMéfions-nous ! Méfions-nous de ces premiers sondages qui affirmeraient déjà que la situation électorale américaine serait sur le point de se retourner. Barack Obama battant le Républicain Mc Cain lors de la prochaine présidentielle.

Méfions-nous car, vu d’ici, je n’arrive pas à me mettre dans la tête que le long combat entre Barack et Hilary au sein du camp démocrate ne saurait avoir des conséquences négatives. Méfions-nous aussi des envolées sympathiques. Déjà en 2004 le vieux continent avait préféré Kerry à Bush et aujourd’hui il plébiscite Obama face à Mc Cain. On connaît la suite.

Ce que Romain Huret appelait il y a quelques temps dans une tribune à Libération « Le psychodrame démocrate » pourrait au final jouer un mauvais tour à Barack face à un candidat républicain plus malin et calculateur que certains ne peuvent l’imaginer. L’ancien héro du Vietnam pouvant se révéler un candidat très coriace fort de ses certitudes, de son crédo binaire et surtout du soutien des puissants réseaux républicains.

Comme le disait, toujours dans la même tribune l’Universitaire Lyonnais, « en 1972, George Mc Govern avait proposé la plate forme la plus à gauche de l’histoire du parti, promettant une Amérique arc-en-ciel, la défaite fut proportionnelle à la générosité sociale. En silence, le candidat républicain Richard Nixon remporta la mise. »

Autant j’arrive, comme vous tous, à mesurer le formidable potentiel symbolique d’Obama, autant je peux percevoir ses capacités et l’élan qu’il provoque, autant je suis parfois surpris par la faible lisibilité de ses choix politiques, Hillary Clinton offrant parfois une démarche programmatique plus solide car plus encrée dans la réalité politique et sociale du pays.

Au bout du compte je m’étonne que pour l’heure Bush passe par pertes et profits dans cette pré-campagne épuisante au cours de laquelle il est rarement indiqué que voter pour le camp républicain c’est tout bonnement accorder un troisième mandat à Bush.

Face à un Mc Cain droit dans ses bottes, jouant les durs, il conviendrait que Barack Obama ne laisse pas aux Républicains l’Amérique populaire, celle dont on aime dire qu’elle est profonde. A suivre.

Lyon, le 31 mai 2008.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu