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16/10/2008

I want my America back

460px-Bruce_springsteen_front.jpg"Hello Philadelphie ! Je suis heureux de participer ici aujourd’hui à ce rassemblement d’inscription sur les listes électorales et de soutien à Barack Obama, le prochain président des Etats-Unis.

Cela fait trente-cinq ans que j’écris sur l’Amérique, sur son peuple, et sur le sens de la promesse américaine. La promesse qui nous a été faite, exactement ici, dans cette ville, par nos Pères fondateurs, avec une injonction : faites de votre mieux pour donner une réalité effective à l’égalité, à la justice sociale et économique ; pour assurer une part équitable à tous nos citoyens ; pour que l’idée américaine, partout dans le monde, exerce une influence positive, et rende l’existence plus juste et plus sereine. C’est tout cela qui donne à nos vies espoir, forme et sens. Ce sont là les liens qui nous unissent et nous donnent foi dans notre contrat mutuel.

J’ai passé la plus grande part de ma vie de créateur à mesurer la distance entre cette promesse et la réalité américaine. De nombreux Américains aujourd’hui perdent leur travail, leur maison, voient leur fonds de pension disparaître, n’ont pas de sécurité sociale, ou ont été abandonnés dans les quartiers défavorisés. La distance entre cette promesse et cette réalité n’a jamais été aussi grande ni aussi douloureuse. Je crois que le sénateur Obama a pris la mesure de cette distance dans sa vie et dans son travail. Je crois qu’il comprend, dans son cœur, le coût de cette distance, dans le sang et la souffrance, dans la vie de tous les Américains. Je crois que comme Président, il travaillera à restaurer cette promesse pour tant de nos concitoyens qui ont à juste titre cessé d’y croire. Après le gouvernement désastreux des huit dernières années, il nous faut quelqu’un pour nous conduire dans un projet de reconstruction de l’Amérique. Dans mon travail, je voyage partout dans le monde et à l’occasion, je me produis dans de grands stades exactement comme le sénateur Obama. Partout où je vais, je constate, encore et toujours, que l’Amérique reste dépositaire des espoirs, des possibilités et des désirs des peuples, et que, en dépit de l’érosion terrible que vaut à notre réputation et à notre importance dans le monde ce qu’a fait le gouvernement sortant, nous restons, pour beaucoup, la maison des rêves. Mille Bush et mille Cheney ne pourront jamais détruire cette maison.

Cependant ils vont quitter leur charge, nous laissant les tragédies nationales de Katrina, de l’Irak, et d’une crise financière en héritage. Ils ont maltraité notre maison sacrée, ils l’ont pillée et ils nous la laissent dans un état de délabrement terrible. Elle a besoin qu’on prenne soin d’elle, elle a besoin qu’on la sauve, elle a besoin qu’on la défende contre ceux qui la vendraient à n’importe qui pour un peu de pouvoir et quelques dollars. Elle a besoin de bras forts, de cœurs purs et d’esprits décidés. Elle a besoin de quelqu’un comme le sénateur Obama, qui fait preuve de compréhension, de modération, de réflexion, de maturité, de compassion, de force et de foi pour nous aider à la reconstruire une fois de plus. Mais plus important, elle a besoin de nous. De vous et de moi. Pour construire cette maison avec la générosité qui demeure au plus profond de l’esprit américain. Une vraie maison qui soit assez grande pour contenir les espoirs et les rêves de tous nos concitoyens. C’est là que réside notre avenir. Nous nous redresserons en tant que peuple par notre capacité à accomplir cette tâche, ou nous échouerons. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais je veux retrouver ce rêve, rendez-nous notre Amérique, rendez-nous notre pays. L’heure est venue de soutenir Obama et Biden, de nous retrousser les manches et d’aller ensemble vers une aube nouvelle."

Traduit de l'américain par Jean-Charles Burou.

Discours de Springsteen sur la scène du Rassemblement pour le changement à Philadelphie le 4 octobre publié dans Libération le 8 octobre.

Clermont, le 16 octobre 2008.

11/09/2008

Optimisme ?

1354665856.jpgAprès mon billet de la fin août certains s’étonnaient de mon optimisme raisonné et très mesuré concernant la bataille électorale qui se livre aux Etats-Unis entre Obama et Mc Cain.

Autant l’été avait été pénible pour Obama autant il est vrai que la convention de Denver apportait un peu de ciel bleu dans la campagne démocrate puisque avec 48% d’intentions de vote, Obama se hissait quelques 6 points au dessus du républicain. En choisissant dans le même temps Sarah Palin comme co-listière, Mc Cain allait effacer cet avantage en remettant les compteurs à zéro. Malgré les parfums de scandale ce choix de ticket républicain allait rapidement fonctionner au point d’enclencher la dynamique actuellement à l’œuvre.

Depuis, le tandem Mc Cain-Balin, a conjuré le sort. Un sondage intervenu en début de semaine confirme la stratégie gagnante du Parti Républicain, Mc Cain se situant 4 points au dessus de Obama. On pourra toujours dire que les sondages méritent doute et précaution il n’empêche que depuis que Sarah Palin fait équipe avec le vétéran du Viêt-Nam sur une ligne « pur porc » la dynamique républicaine est de retour. Sarah Palin booste la candidature Mc Cain et la gouverneur de l’Alaska est en passe de devenir la super-star que l’électorat républicain se cherchait. Meetings pleins à craquer. Eloge des grands médias malgré l’épisode familial. Perspectives de gains dans certains états. L’opération Palin est manifestement un succès et, comble de l’histoire, les républicains commencent à jouer la carte maitresse de Obama, le changement.

Scrutant, malgré son actuelle stratégie d’évitement des grands médias, la « boulette à Palin », les spin-doctors d’Obama semblent dans l’expectative. Réaliste ? Pessimiste ? Willie Brown l’ancien maire démocrate de San Francisco s’interroge publiquement sur la stratégie de Obama. En expliquant que « Sarah Palin a totalement bouleversé la dynamique de cette campagne », Brown dit que « Les Républicains sont passés à l’offensive et nous ne sommes pas très doués pour la défense », autant dire que conjointement les questions de dynamique de campagne et du vote populaire sont désormais au centre du duel Obama-Mc Cain.

Nul ne sait si nous entrons dans une phase de « non retour » dans cette campagne ou bien si le léger mieux de Barack Obama dans les sondages est le signe d’un nouveau coude à coude jusqu’à la dernière ligne droite. En tout cas Obama joue gros dans la séquence qui s’avance. A vous de voir s’il convient de se montrer d’un optimisme raisonné ou d’un pessimisme cruel.

Lyon, le 11 septembre 2008.

 
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