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07/07/2010

Quel exemple

elysee.jpgComme à propos du rendez-vous avec Thierry Henry, on ne saura jamais qui de Nicolas Sarkozy ou de Joyandet a pris l’initiative de la démission du secrétaire d’Etat. Ce dernier l’avait annoncé sur son blog mais l’Elysée a voulu reprendre la main en ajoutant un nom ; celui de Christian Blanc. Du coté de chez Sarko on créait ainsi de l’exemplaire, on frappait du point sur la table. C’est raté car les français ont vite vu là une piètre manœuvre pour essayer de jeter un voile pudique sur la véritable affaire ; celle qui touche Eric Woerth. Car il n’y a pas de commune mesure entre le billet d’avion voire le permis de construire de Joyandet ou les chères cigares Christian Blanc et ce qui chaque jour se découvre un peu plus autour de l’ex-ministre du budget. A ce sujet en fin de semaine dernière ce sont nos voisins suisses qui ont rajouté une touche au tableau en détaillant par le menu les longs séjours de Madame Woerth à Genève. On y apprend qu’au moment où son mari exhibait la liste des 3000 noms d’exilés fiscaux que lui avait remise un « repenti » de la HBSC elle s’occupait du camouflage de l’argent de madame Bettancourt mais participait aussi à des soirées mondaines où les dits exilés n’oubliaient pas d’annoncer leur participation au financement de l’UMP. Pourquoi perdre son temps ? Mais là il est difficile de croire que son trésorier de mari n’était pas au courant. Car dans cette affaire nauséabonde le pire réside bien dans ce mélange de genres entre le rôle d’un ministre en charge de questions financières et le trésorier du parti majoritaire. On se demande à ce stade si cette république agonisante tombera encore plus bas. En attendant à Sarko qui voulait faire un exemple en virant deux sous ministres si importants qu’ils ne sont même pas remplacés, on peut crier dans tous les sens du terme : Quel exemple !

Philippe Dibilio

Photo: DR

29/06/2010

Rassurant

400px-Clara_Gaymard.jpgDans le civil Clara Gaymard est l’épouse de l’élu savoyard et ex-ministre, professionnellement elle est la patronne de la filiale française de Général Electric le géant industriel américain. C’est à ce titre qu’elle était dernièrement invitée aux « matins du journal Challenges » et les propos qui en ont été rapportés m’ont plutôt ravi. Pleine d’humour cette femme de 50 ans n’hésite pas à déclarer : « mère de famille outrageusement nombreuse, blonde, énarque, mariée à un politique, on peut dire que je les collectionne. » Mais la force de son propos tient à son analyse de la situation économique. Dirigeante d’une société qui réussit même pendant la crise elle se fait le chantre du développement industriel et déclare dans ses conclusions : « Un, la politique industrielle n’est pas un gros mot comme on pouvait l’entendre avant 2008 à Davos. Deux, le monde ne va pas vers moins d’Etat. Trois, le sens de l’histoire n’est pas un passage du secondaire au tertiaire comme on l’a longtemps cru : l’innovation ne peut se faire sans l’industrie. » Et elle est bien placé pour le dire au vu des résultats de son groupe. Evoquant la crise du capitalisme Clara Gaymard n’est pas tendre non plus : «  elle a prouvé que ce qui est légal n’est pas forcement moral ». Et d’afficher enfin un patriotisme économique qu’elle définit ainsi : «  Le vrai patriotisme économique ce n’est pas celui de la localisation du siège social ou de la nationalité des actionnaires. C’est celui des emplois sur le sol français ». Il faut dire que sur ce point GE a donné l’exemple dans les Yvelines, à Belfort ou au Creusot. Clara Gaymard nous tient au fond un discours somme toute rassurant qui révèle que même au cœur d’une société hyper mondialisée comme GE on peut s’éloigner de la pensée unique. Voila qui est agréable à entendre à la veille des vacances.

Philippe Dibilio

22/06/2010

Le maillot et le fromage

equipe-de-france-multi-machin.jpgLes amis avec qui je regarde et donc commente les matchs de foot le savent je n’ai jamais aimé cette équipe de France là et ce depuis le début de l’ère Domenech. Venus essentiellement de clubs européens dans lesquels ils peuvent briller ce ne sont, en équipe nationale, que des mercenaires indignes du maillot et qui d’ailleurs ne chante même pas la Marseillaise. On découvre aujourd’hui ces personnages malhonnêtes ou mal finis pour les plus excusables qui, à de rares exceptions, composent l’équipe de France. Par ailleurs les systèmes mafieux existent aussi dans l’équipe de France où les caïds font et défont la composition de l’équipe. Hier ils s’appelaient Zidane ou Dugary et ils avaient un certain niveau, aujourd’hui on est tombé au plus bas avec Anelka ou Ribery. Et face à eux un sélectionneur sans classe, incapable d’imposer ses choix au point d’oublier Benzema ou Nashri et de laisser Gourcuff sur le banc. Mais tous ces gens là sont grassement payés et ont passé un beau séjour dans un très bel hôtel sans être ennuyé par les supporters ces emmerdeurs qui veulent des poignées de main et des autographes. Tout cela au fond n’est que le reflet de la société bling bling d’aujourd’hui où seul le fric règne…et ils en ont beaucoup. Les français qui dans leur majorité ne manquent pas de bon sens ont bien compris tout ça et ont vite ignorée cette équipe qui n’a de France que le nom. Aussi le résultat du match contre l’Afrique du Sud n’a plus d’importance car même en cas d’impossible miracle personne ne croit plus en ces joueurs. Il est donc temps de revenir aux fondamentaux et de constituer un groupe de joueurs ambitieux pour eux même et pour le pays. Un groupe dont l’ossature repose sur le club qui s’impose en championnat. Ce sera la charge de Laurent Blanc. Pour réussir il aurait besoin d’un grand renouvellement à la tête de la Fédération où sévissent des hommes ayant dépassé la limite d’âge et surtout de compétence. Il faudrait leur faire lâcher leur fromage, mais c’est là une autre affaire.

Philippe Dibilio

Photo: DR/FFF

 

16/06/2010

Mauvaise augure

villeurbanne.jpgRichard Llung a été élu conseiller général de Villeurbanne centre avec 1677 voix sur 27442 électeurs inscrits et 11 voix d’avance sur Beatrice Vessilier. Il siégera donc au département avec le soutien de 6% de ses mandants. Aussi malgré l’argutie de la phrase, sortie de son contexte et attribuée à François Hollande : « les petits écarts font les grandes victoires » ce néo-villeurbannais aux dents longues ne fait pas sur son nom une entrée triomphante sur la scène politique locale. Et pourtant adjoint à l’urbanisme depuis 2008 il avait quelques atouts dont, notamment, le dossier de la rénovation du quartier des Gratte Ciels au cœur du canton qui lui a permis de rencontrer pas mal de monde ; mais ceci explique peut-être cela. Pourtant ce ne sont pas les chiffres qui auront marqué ce deuxième tour mais les déclarations du maire Jean Paul Bret. Etonnante attitude, en effet, de ce maire qui depuis le début de la campagne n’a eu de cesse d’essayer d’interdire à son adjointe verte de participer à l’élection lui proposant en contre partie un accord sur le tapis vert à l’occasion du renouvellement des trois cantons de la ville l’an prochain. Devant son refus et son score proche du candidat socialiste au premier tour elle choisit de se maintenir. Là les foudres de Bret redoublent, il veut lui imposer de se retirer comme s’il fallait à tout prix laisser le champ libre au camarade Llung. Le prétexte invoqué, c’est la droite qui va arbitrer le scrutin, révèle la piètre confiance des socialistes qui, s’ils avaient mobilisé leur électorat, auraient plié cette élection sans coup férir. Dimanche soir Bret a atteint les sommets en menaçant maintenant de sanctionner son adjointe sur le terrain municipal.

Ainsi à « Villeurbanne la socialiste » le PS, par la voix de son maire, distribuerait les autorisations de candidatures et les punitions d’après scrutin. En d’autre lieu on appellerait ça du stalinisme. Et pourtant c’est bien le même Bret qui a permis à Béatrice Veissilier ce parcours politique en renversant les alliances dès le mandat précédent pour accorder aux verts la place jusqu’alors acquise par le PC. C’est Bret qui jouait les vertueux en la désignant 2ème adjointe le tout au détriment de l’avancée de dossiers d’urbanisme importants. Et aujourd’hui c’est la guerre. Peut-être parce que le maire de Villeurbanne issu de l’appareil socialiste confond les genres au point d’appliquer à l’espace républicain les pratiques internes à sa section. Voila qui n’est pas de bonne augure à moins de deux ans d’une échéance nationale où le PS sera censé rassembler largement autour de lui pour l’emporter

Philippe Dibilio

09/06/2010

Mobilisation

fifa_mondial_2010.pngCette semaine nous n’avons pas le choix : il faut être derrière les bleus à la veille du match contre l’Uruguay. De Sophiane Abou, le gentil organisateur des soirées de Zahia, avec les footeux en particuliers qui le clamait sur Europe1, aux ministres de la République incités par Luc Chatel à la plus grande solidarité c’est clair pas une voix ne doit manquer, on se demande d’ailleurs comment se fait-il que Sarkozy n’y soit pas encore allé de son couplet. Pas une voix ne doit manquer mais plus encore aucune critique n’est permise. Alors pensez vous quelle trahison représente la remarque de Rama Yade sur le coût exorbitant de l’hébergement des joueurs en Afrique du Sud. Le tollé est général du président de la fédération à la ministre des sports plus quelques autres tous habitué aux facilités offertes par leur organisme de tutelle, ils y vont de leur cri du cœur : il n’ya rien à dire c’est la FIFA qui paye. Quel bel exemple d’esprit de responsabilité et dire que Marie George Buffet est allée mêler sa voix à ce concert. Et puis ces joueurs qui sont censés nous représenter rien n’est trop beau pour eux. En fait cet appel à la mobilisation tombe à pic pour en faire oublier une autre qui se tisse contre la réforme des retraites et qui fait ce mois encore plonger la côte de popularité de Sarko et de son premier ministre. Les bleus lui servent au moins à ça. Pour le reste c’est peu dire que je n’aime pas cette équipe de mercenaires qui ne chantent même pas la Marseillaise et portent le maillot bleu dans le seul but d’améliorer leur prix sur le marché. Ces joueurs sans engagement ni cohésion drivés par un entraineur surtout enclin à la provocation. Je ne me sentirai donc pas coupable de ne pas m’inscrire dans le bel élan bleu blanc rouge un peu trop convenu pour moi, je garde ça pour d’autres circonstances.

Philippe Dibilio

01/06/2010

Référendum

31619-canne-vieux-vieilles.jpgPour faire avaler sa réforme des retraites Nicolas Sarkozy joue, comme souvent de la part des gouvernements, sur le pourrissement de la situation. Et pour cela ministres, aboyeurs UMP et autres experts bien orientés répètent à l ‘envi que l’allongement de la durée de cotisations ou celui de l’âge de départ est inévitable. Et d’aligner les lieux communs pour faire passer ce point de vue. Le débat, bien évidemment, est biaisé dans la mesure où l’on entretient une confusion volontaire entre l’âge légal du départ à la retraite et l’âge réel de la cessation d’activité. Ce qui est évident, en effet, c’est que nombre de salariés vont déjà au delà des 60 ans par nécessité. En maintenant l’âge légal à 60 ans on leur permet seulement d’en profiter s’ils le peuvent au vu de leurs cotisations et surtout de ne pas être obligé à continuer de cotiser alors que leur niveau de participation est atteint. Mais toutes les « solutions » de Sarko et des siens sont de même nature et visent à faire payer d’une manière ou d’une autre la note aux salariés. C’est pourquoi il est trop facile de parler de dogme à ce sujet, l’important c’est d’aller voir ce qui se cache derrière cette volonté de bouger l’âge légal ce chiffre qui n’a rien de butoir et qui n’obère pas la prise en compte de l’allongement de la durée de vie laquelle est de surcroît calculée en moyenne ce qui cache beaucoup de disparités. Globalement d’ailleurs les Français ne sont pas dupes et les sondages montrent clairement leur refus face à cette réforme telle qu’elle s’annonce. Alors l’idée d’un référendum lancée par Ségolène Royal et qui semble reprise par le PS est peut-être opportune. Sarkozy ayant lui-même déclaré qu’il n’avait pas de mandat des électeurs sur ce sujet il paraît naturel de leur demander leur avis.

Philippe Dibilio

Photo: DR

25/05/2010

Du tact

logo-de-la-candidature-francaise-a-l-euro-2016.jpgNous saurons vendredi si la France organise ou non l’Euro 2016 de football et cette information aura une résonance particulière à Lyon au vu de son impact sur le dossier d’OL Land. Un impact à relativiser mais tout de même réel. L’alternative en tout cas est claire : cette organisation la France l’a ou on ne l’a pas et dans les deux cas de figure les protagonistes lyonnais auront à communiquer. Une communication qui méritera un peu de tact car le dossier ne sera pas clos le 28 au soir. Si la France n’a pas l’Euro les opposants donneront un peu plus de la voix mais le projet ne sera pas enterré pour autant tant il va de soi que le Grand Stade, et ce qui va avec, vise des objectifs pérennes et totalement liés aux perspectives de l’Olympique Lyonnais. Sauf à ce que Jean Michel Aulas ne jette l’éponge, ce qui n’est pas dans sa nature. Alors il faudra au président du club des arguments fermes et réfléchis pour convaincre de la poursuite du dossier. Il en a ; il lui revient de les afficher avec détermination et sans rancœur. Et il serait positif que Gérard Collomb fasse de même. Si la France organise l’Euro rien ne sera réglé pour autant car ne sont pas les 150 millions que l’Etat apporte pour les douze stades qui feront beaucoup avancer les choses. Mais il y aura un vent d’enthousiasme et un souffle d’intérêt national utiles au projet. Pour autant il faudra tenir le calendrier et bousculer un peu les choses sur le plan administratif et dans le rythme de traitement des recours ; deux domaines où l’Etat aura à faire preuve d’efficacité. Mais là encore l’heure ne sera pas aux déclarations intempestives et un brin revanchardes. Les deux protagonistes du dossier devraient plutôt travailler sur une communication rassembleuse et panser à cette occasion quelques plaies laissées par ce sujet devenu explosif du fait, entre autre, d’une communication souvent mal maîtrisée Il leur faudra donc du tact et éviter peut être de réagir à chaud mais plutôt se préparer calmement et en équipe pour évoquer le sujet.

Philippe Dibilio

18/05/2010

Iconoclaste

dominique-strauss.jpgReviendra ou ne reviendra t-il pas à temps pour se présenter en 2012 ? la question du retour de DSK commence sérieusement à me chauffer les oreilles. Je trouve, en effet, assez insupportable que la gauche se mette en attente d’un homme providentiel… surtout pour le monde de la finance. Car, comme l’écrivait récemment Jean Marie Colombani, un expert du passage de la rive gauche à la rive droite de la Seine, DSK fait partie des trois français qui ont sauvé l’euro avec JC Trichetéternel patron de la banque centrale et Nicolas Sarkozy, magnifique référence de gauche. Aussi Ségolène Royal a raison de rappeler que le patron du FMI a « aidé » la Grèce en lui imposant : abaissements des salaires, démantèlement de la protection sociale et augmentation des taxes, un vrai programme de gauche ! Mais, me direz-vous, il est le chouchou des sondages qui le place meilleur candidat contre Sarko. Sans oublier le jeu manipulateur de ces plongées dans l’opinion il faut savoir que, selon un sondage BVA : 71% des dirigeants économiques souhaitent sa désignation à la candidature, le CAC 40 désignera-t-il le candidat socialiste ? Pour moi en tout cas voter DSK ce serait faire 1983 avant 1981 et je souhaite garder un peu petit espoir, celui qui amènera le peuple de gauche à regarder les choses en face et à se ressaisir en désignant une ou un candidat qui se dresse face à la situation actuelle en la regardant avec lucidité et la volonté de la changer. A l’image de Félipe Gonzalès l’ancien premier ministre socialiste espagnol qui déclarait récemment au quotidien El Païs : « nous avons sauvé le système financier mondial en sacrifiant des pourcentages très élevés de produit intérieur brut mais rien n’a changé dans son comportement qui est pourtant à l’origine de cette crise. » Dès lors le patron du FMI n’est pas le mieux placé pour prendre des mesures radicales, et pourquoi pas iconoclastes comme la nationalisation des banques, moyen assuré pour que l’Etat ne passe plus sous leurs fourches caudines mais aussi pour que leurs profits soient réorientés vers la relance de l’économie.

Philippe Dibilio

11/05/2010

Colère

aulas.jpgElle n’était pas feinte la grosse colère de Jean Michel Aulas samedi soir devant les caméras de Canal+ au terme du match nul, arraché de manière heureuse dans la dernière minute du match. Un match nul qui met l’OL en situation délicate pour cette fin de championnat. Le club lyonnais n’est, en effet, plus maitre de son destin car même s’il gagne les deux dernières rencontres qu’il lui restent il faudra un faux pas de Lille pour qu’il atteigne la deuxième place du championnat et donc une qualification directe en champion’s league. Sinon c’est le tour préliminaire source de galère mais moindre mal tout de même. On imagine donc la pression qui pèse sur les épaules du président du club lyonnais ce qui explique, sans forcement l’excuser, cette colère furieuse contre les décisions de l’arbitre du match. Certes revenir sur les choix de l’arbitre fait partie du sport national des supporters mais en général ils le pratiquent sous un angle sportif. C’est d’un autre point de vue que se plaçait JMA, celui des 20 millions d’euros de perte pour l’OL, mais pas pour le club qui se qualifiera, en cas d’absence en C1. Le foot retrouvait là son statut lyonnais celui du foot buisness dont il ne peut plus se sortir aujourd’hui. Car il faut aller jusqu’au bout du raisonnement ; samedi soir le président lyonnais a entrevu sérieusement l’éventualité d’une absence de la compétition européenne reine et les conséquences qui vont avec. Les 20 millions certes mais aussi l’impact sur une action en bourse déjà plus que mal en point et la dégradation de l’image du club, aussi injuste que cela puisse être, avec les conséquences sur l’état d’esprit général à propos de dossiers comme celui d’OL-Land. Car, on le sait bien, nombreux sont ceux qui en ville attendent le moindre faux pas, la moindre faiblesse de JMA pour lui jeter le coup de pied de l’âne ; on peut d’ailleurs noter que déjà quelques hommes d’affaires lyonnais n’hésitent plus à l’affronter en s’investissant dans d’autres projets d’équipements concurrentiels en terme de stade ou de salle ou en le privant de TLM. C’est avec ces soucis en tête que le patron de L’OL a réagi samedi soir oubliant bien vite qu’une saison ne se joue pas sur une rencontre et qu’il y a bien d’autres choses à revoir au terme de celle-ci. En attendant il lui faut reprendre ses esprits car un nouveau faux pas lors des deux rencontres à venir pourrait le priver totalement d’Europe la saison prochaine et là s’écrirait un scénario catastrophe.

Philippe Dibilio

04/05/2010

A méditer

elysee.jpg« On n’endosse pas comme ça d’un claquement de doigt le costume présidentiel, c’est au contraire une longue évolution qui fait que tout d’un coup les gens vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là » ; ce n’est pas parce que, selon l’AFP, cette phrase est répétée depuis des années par François Bayrou qu’elle n’en est pas moins frappée au coin du bon sens. Un bon sens qu’auraient dû garder Michel Noir ou Alain Carignon abattus en vol par Chirac du fait de leurs velléités présidentielles. Une phrase que pourraient méditer feu Raymond Barre et Edouard Balladur qui, de toute évidence, n’ont pas attendu assez longtemps pour être reconnus comme tels. Une phrase toujours d’actualité malgré la dévaluation de la fonction après le passage à l’Elysée de Chirac et de Sarkozy. Certes aujourd’hui le jeu peut paraître plus ouvert mais l’essence de la Vème République demeure et la fonction présidentielle reste l’expression d’un rapport direct entre l’électorat et un homme ou une femme, un rapport qui se construit avec le temps et sur des idées fortes. Certes la perspective de primaires peut laisser penser que le champ des possibles s’est élargi mais cette méthode, bien rodée aux Etats Unis état fédéral, ne fera que ses premiers pas chez nous, avec quel succès ? On ne peut, vu sous cet angle, que s’interroger sur la précipitation mise par Gérard Collomb à se lancer dans une campagne pré-primaires en affichant d’ailleurs sa candidature par défaut c'est-à-dire en cas de défection de DSK ce qui constitue un positionnement totalement antinomique avec l’objectif déclaré. Etre candidat à la présidence de la république sous la Vème c’est développer une idée de la France et des idées pour la France dans tous les domaines et directement avec le peuple. C’est seulement dans ce cas que les gens « vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là ». Et, c’est sur, cela prend du temps.

Philippe Dibilio

20/04/2010

Dommage

227.jpgDepuis de nombreux mois « Tribune de Lyon » offre un espace d’expression à une personnalité de la société civile lyonnaise. C’est Régis Neyret qui avait inauguré cette expérience. Et Régis, qui avec le temps est devenu notre mémoire à tous, avait trouvé le ton et choisi les sujets d’actualité. Derrière l’homme du patrimoine ressortait le journaliste émérite qu’il fût. Il continue d’ailleurs mais plus au rythme contraignant de la chronique hebdomadaire. Alors vint le tour d’Alain Jakubowitz. Je n’ai pas toujours été d’accord avec les prises de position du célèbre avocat lyonnais et son hyper médiatisation m’a souvent énervé mais je reconnais volontiers qu’il occupait ce créneau avec un réel talent. Il avait trouvé le ton et les sujets traités ne manquaient pad d’intérêt. Jacu ayant décroché c’est un autre avocat, Eric Pelet, qui, depuis quelques semaines, a hérité de cet espace. Ses chroniques étaient plus personnelle et les thèmes plus insolites mais le coup de plume restait convaincant. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des monde jusqu’à la livraison de cette semaine. Sous un titre sans équivoque : « Pour Hamelin » Eric Pellet se lance dans uns déclaration dithyrambique de soutien à la candidature auto proclamée du conseiller municipal UMP pour la mairie de Lyon en 2014. C’est son droit le plus absolu lui qui nous dit soutenir le parcours d’hamelin depuis plus de quinze ans. Ce n’est pas forcement dans l’esprit de cette chronique ni du journal qui sait traiter de la politique lyonnaise avec un recul qui correspond à son positionnement. Certes François Sapy, le patron de « Tribune de Lyon »ne savait peut-être pas en donnant ce créneau à Eric Pellet que celui-ci fût un, éphémère certes, mais néanmoins secrétaire départemental du RPR du temps où Henry Chabert était sur le devant de la scène. Quelque soit ses raisons et aussi respectables soient-elles en s’engageant de la sorte Eric Pellet donne une autre tonalité à cette rubrique et par voie de conséquences au journal. Et c’est dommage.

Philippe Dibilio

06/04/2010

Trop court

immeuble_destruction.jpg« Vaulx en Velin a changé en 6 secondes » titrait, en première page, le Progrès de vendredi jour de la démolition des 407 logements du Pré de l’Herpe. J’ai rarement lu une telle bêtise. Qu’est ce qui a changé en six secondes, le paysage certes soudain vide pour deux ans mais Vaulx n’a certainement tourné une page de son histoire comme il est encore écrit. Six secondes c’est juste le temps d’énoncer une idée trop courte et foncièrement fausse. Cela fait 20 ans maintenant que la ville aménage, démolit et reconstruit dans le cadre de la politique de la ville et le changement est à peine perceptible, encourageant certes mais si lent. Car si la politique de la ville marchait ça se saurait. Initiée à la fin des années 70 elle est beaucoup trop fondée justement sur le miracle de la démolition/reconstruction dans lequel tombe le Progrès. Comme si de détruire des bâtiments réglait les problèmes de ceux qui vivent dedans.

Ces immeubles, ces appartements n’étaient pas insalubres et souvent grands et fonctionnels. Au pire la conception urbanistique visant à les couper de toute circulation pour imposer les déplacements pédestres les avaient-ils mis en situation d’enfermements. Mais ça c’est le problème des urbanistes qui voient les logements du dehors et ne les habitent pas, il leur faut une idée gadget pour impressionner l’élu. Aujourd’hui c’est de mettre de la verdure dans une ZUP qui, contrairement aux idées reçues, en comporte beaucoup.

En s’enfermant dans cette pratique et épaulée d’aussi brillants conseillers, la politique de la ville s’est fourvoyée et ne réussit toujours pas. D’ailleurs qu’est devenue Fadela Amara ?. Le problème des cités réside dans la situation sociale de leurs habitants. Dans un élan unanime qui réunit préfecture, bailleurs sociaux et parfois même collectivités on installe là ceux qui ne peuvent refuser et l’on crée des ghettos. Et pourtant ils se battent ces habitants, contre la fatalité d’abord pour en sortir aussi et ils font preuve d’imagination de solidarité et d’espoir. Et quand ils franchissent un cap social ils restent majoritairement dans la ville parce qu’il y trouve un lien et un soutien social qu’ils ne sont pas sûr d’avoir ailleurs. Car ces habitants des quartiers avec ou sans papiers sont une composante de la classe ouvrière émiettée d’aujourd’hui. Chômeurs, travailleurs occasionnels, précaires ils sont néanmoins les acteurs potentiels du peuple de gauche. Ceux que l’on n’entend pas et qui ne votent plus. Ceux que les derniers militants des quartiers continuent à rattacher à une vie sociale et collective. Ceux à qui la gauche a le devoir de parler en allant sur place, sur leur terrain pour les entendre et construire avec eux des propositions proches de leurs soucis sans leur parler d’impôts que dans leur grande majorité ils ne paient pas faute de revenus suffisants. A l’heure où s’ébauche , nous dit-on, le programme de la reconquête il faut leur consacrer des heures, en direct ; sinon ce sera trop court et ils ne seront pas au rendez vous.

Philippe Dibilio

30/03/2010

Allez l’OL

lyon.pngJe n’arrive pas à vibrer pour l’équipe de l’OL cette saison et encore moins pour son entraîneur. Je ne vois pas, en effet, de joueur qui enflamme Gerland même si les supporters ont jeté leur dévolu sur Lisandro Lopez. Gros travailleur il manque à mes yeux de ce talent qui fait la différence et basculer un match, au prix du transfert c’est dommage. Quant à Claude Puel je ne sens pas ce personnage ; solitaire et coupé de sa ville il ne me convainc pas. Vous me direz ils s’en moquent tous les deux mais je tenais à rappeler ces points de vue au matin de la rencontre contre Bordeaux avant de dire « Allez l’OL » sans la moindre réserve.

A quelques heures du coup d’envoi il n’y a pas d’hésitation à avoir pour soutenir la formation lyonnaise. Durant cette saison au débouché incertain, on peut ne pas être qualifié pour la ligue des Champions pour la première fois depuis plus de dix ans, une victoire ce soir et l’accès aux demi finale dans la foulée serait de nature à illuminer le palmarès du club. Pour cela il faut gagner et très nettement pour se rendre à Bordeaux dans de bonnes conditions. Gagner et surtout ne pas encaisser de but. Il faudra donc que les joueurs se transcendent et soient portés par leur public. Un échec lors de ce quart de finale au goût particulier s’apparenterait à un gros coup d’assommoir pour un club aux ambitions de l’OL.

Alors ce soir au-delà de tout état d’âme sur l’équipe, sur le jeu, sur l’entraineur mais aussi sur OL Land, la côte des actions en Bourse ou sur les salaires des joueurs un seul cri doit nous réunir : Allez l’OL !

Philippe Dibilio

23/03/2010

Et maintenant

Regions roses.jpgDimanche la gauche a presque réussi le grand chelem en gagnant 21 régions sur 22 en métropole, seule l’Alsace ayant résistée à la vague rose-vert-rouge. Encore qu’il eut été intéressant de voir ce qu’aurait donné une candidature écologique au second tour d’autant qu’elle aurait représenté un signe fort pour les alliés du PS en terme de respect de ses partenaires aujourd’hui et demain. Mais n’en demandons pas trop.

Dimanche c’était aussi la chronique d’une victoire annoncée qui a remis en selle l’union de la gauche que les électeurs qui se sont exprimés ont semblé appréciée. Une union de la gauche recomposée avec les verts, ou plutôt Europe écologie, dans le rôle de numéro 2 en lieu et place d’un PCF qui aura vu disparaître jusqu’à son sigle lors de cette échéance politique. De ce point de vue J.L Melenchon a réussi son OPA et peut se poser en candidat à la présidentielle de 2012, il a des chances de voir sa campagne remboursée. Une fois donc ce bon résultat acquis une question se pose : et maintenant ? Maintenant il y a les « primaires à gauche » qui se dessinent. Initiative inédite elles représentent un enjeu capital. Si elles sont réussies, c'est-à-dire si leur organisation est irréprochable et que le peuple de gauche dans toute sa diversité se déplace en nombre, elles deviendront une force majeure pour le candidat ou la candidate choisi. Elles bousculeront aussi définitivement la vie et les pratiques politiques en France en installant une nouvelle forme de légitimité aux candidats. Sinon elles peuvent s’enliser dans une monstrueuse cacophonie qui discréditera la gauche. C’est peut être là le grand défi du PS.

Et maintenant ? C’est aussi ce que vont faire les régions de leur victoire. Vont-elles, contrairement au mandat précédent, mutualiser leurs initiatives et fonctionner en réseau pour esquisser les contours d’une politique nationale alternative au moins dans leurs domaines de compétences ? La réponse à cette question tiendra aussi un rôle dans la préparation de 2012.

Philippe Dibilio

16/03/2010

Message

regionales 2004.jpgComme à l’occasion de chaque élection les français ont adressé leur message et en général il reflète l’air du temps de manière simple et empreinte de bon sens. Comme à chaque élection on se dit qu’il faut l’entendre et mieux encore l’écouter. Encore faut-il le décrypter. Et comme après chaque élection chacun peut y aller de son analyse ; alors allons y ! Sans aucun doute le premier tour des régionales est un échec pour Sarkozy et sa tactique d’alliance de toutes les formations de la majorité mais au-delà c’est aussi un vote sanction y compris de la part des électeurs de droite.

Sans aucun doute c’est aussi une victoire du PS qui retrouve sa place de leader dynamique au cœur d’une gauche redevenue combative. Une gauche qui intègre aujourd’hui des écologistes plus « responsables » et prêts à s’inscrire dans un processus de gestion en particuliers des régions. Et sans aucun doute enfin c’est un succès pour Martine Aubry qui a su, quoiqu’en pensent certains, redonner nationalement une image cohérente du PS.

Mais une fois ceci dit il faut bien se poser les deux vraies questions : celles de l’abstention et de la remontée du FN. Si pour l’abstention on peut évoquer pour partie une bouderie de l’électorat de droite au vu des zig zag de la politique de Sarko par rapport à ses fondamentaux, il faut bien convenir qu’elle reflète aussi autre chose. Et en premier lieu une rupture entre le politique et le citoyen. Le mécontentement réel, en particuliers des couches populaires, ne s’exprime plus majoritairement par le vote à gauche, ni même à l’extrême gauche si l’on en juge par les résultats de LO et du NPA alors que nous traversons une période où les luttes sociales se durcissent. Et ce n’est pas l’OPA, au demeurant réussie, de Mélenchon sur le PC qui infirme la tendance. Dès lors le bulletin de vote perd sa signification et se dilue dans l’abstention. Mais les choses vont encore plus loin, en particuliers dans les milieux populaires, où il se transforme en vote FN. Car c’est là aussi une donnée du scrutin le FN relève la tête d’abord dans les cités et sur l’humus du désespoir et de la colère des couches populaires exposées à la crise et à l’injustice triomphante. Il est donc grand temps de renouer le dialogue avec ce peuple qui souffre et ce ne sont pas les propos convenus prononcés au soir du premier tour qui suffiront. Il faut afficher clairement les propositions pour demain et se positionner sans ambage vis-à-vis du système . Il faut le faire avec des mots simples, avec des mots plu proches de ceux qu’utilise Georges Frèche que ceux des pensionnaires de Normal Sup ou de l’ENA.

Je twisterai les mots s’il fallait les twister chantait Jean Ferrat, peut être convient-il aujourd’hui de passer par le RAP ou le SLAM à condition que ce soit le langage de la clarté et de la sincérité. L’essentiel étant de renouer le dialogue qui permettra d’aller vers le changement.

Philippe Dibilio

 
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