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19/11/2010

Irrespirable ?

ra_94.jpgC'est Denis Lafay, le directeur de la rédaction d'Acteurs de l'Economie qui rapporte dans le tout récent et dernier numéro de sa revue les propos d'un industriel concernant la guerre qui se mène pour le contrôle de la chambre de commerce. "Le climat dans la ville" nous dit le chef d'entreprise "est devenu irrespirable".

Denis Lafay n'est pas non plus le dernier à brosser un tableau préoccupant de l'ambiance qu'il croit être celle de Lyon alors que la CCI est en surchauffe électorale. "La gouvernance institutionnelle lyonnaise est lézardée" nous dit le journaliste. Pour illustrer son propos Denis Lafay indique que le "départ du Grand Lyon de Christophe Cizeron à l'été 2009, (le) remaniement du cabinet du Maire de Lyon, (le) flottement post-élections à la région, (les) rivalités des structures publiques internationales" comme la bataille consulaire actuellement à l'œuvre laisseront, précise le patron d'Acteurs de l'Economie, d'"irréversibles stigmates".

Contestable ou pas, dotée ou pas d'un trait trop dur, cette analyse est suffisamment nouvelle et inédite pour mériter l'attention qui convient. Même si de toute évidence les éléments de crise qui émergent ne convergent pas nécessairement notons qu'entre les coups qui volent bas ici, les contradictions motrices qui travaillent en profondeur là-bas ou les tendances centrifuges qui risquent de se manifester ailleurs en raison d'une gouvernance enivrée de solitude, les raisons de s'inquiéter sont bien réelles. Même si certains se rassureront en expliquant que Denis Lafay va un peu vite en besogne, force est de constater qu'un peu partout, respirer devient une épreuve. A suivre !

Lyon, le 19 novembre 2010.

22/08/2010

T comme "Théâtre"

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Triste et maudit été 2010 pour les lyonnais amateurs de théâtre puisque Philippe Faure, le directeur du théâtre de la Croix rousse s'en est allé, lui qui était tout sauf un malade imaginaire.

Demain, beaucoup d’entre-nous retrouveront le travail et, m’adressant là tout particulièrement aux lyonnais, je vous suggère de songer au cours de la semaine à vos abonnements si le théâtre vous intéresse. « Les Célestins » et « La Croix Rousse » proposent en effet une belle saison 2010-2011 et il ne faut pas être grand clerc pour prévoir à terme quelques embouteillages pour certains spectacles, certains jours. Plouf ! plouf ! Commençons par la Croix Rousse qui propose le beau menu concocté par Philippe Faure et accueille en Octobre l’excellent et toujours aussi beau Sami Frey, qui joue et met en scène « Premier amour » de Beckett, un spectacle créé l’hiver dernier au Théâtre de l’Atelier.

Pas le temps de se remettre de l’évènement puisque on nous suggère dans la foulée, « La Médaille », une adaptation du roman de Lydie Salvayre par Zabou Breitman puis début novembre 2 dates pour Christophe, le musicien étant sur le point de devenir un véritable pensionnaire croix roussien. Je ne vais pas vous faire l’article dans les moindres détails mais sachez que le théâtre de la Croix Rousse enchaîne avec Sylvie Mongin qui adapte Charles Juliet, des « Précieuses ridicules » popisantes, Victor Hugo mis en scène par Laurent Pelly, l’épatant Olivier Py adaptant les contes des frères Grimm sans oublier Perec est également de la partie.

Du côté des « Célestins », le menu est lui aussi alléchant puisque Claudia Stavisky invite d’entrée Jean-Louis Trintignant qui interprétera Prévert, Vian et Desnos dans un spectacle teinté de musique. Après « La nuit, les brutes » une création mêlant également musique et théâtre, Bruno Boëglin nous revient avec « Le prix Martin » et je ne vous cache pas attendre avec impatience la confrontation de Boëglin à l’univers bourgeois de Labiche. Après « Les récits de Choukchine » spectacle en russe surtitré en français puis « L’Opéra du Dragon » mis en scène par Johanny Bert, Lavelli débarque aux Célestins avec « Le Garçon du dernier rang » précédant « Les nouvelles brèves de comptoir » de Gouriot (Théâtre du Rond Point). Pour les fêtes de fin d’année, place à Alfredo Arias et son « Cabaret Brecht Tango Broadway », en janvier Jean-Pierre Vincent avec un Marivaux (Théâtre des Amandiers) et surtout le Théâtre du Soleil qui, depuis le Palais des sports de Gerland, fortement inspiré par Jules Verne et en partie écrit par Hélène Cixoux, proposera son nouveau spectacle « Les naufragés du fol espoir (aurores) ». Un évènement ! Shakespeare, Ionesco, Molière prendront la suite sans oublier bien entendu du 17 mars au 7 avril le spectacle mis en scène par la patronne des Célestins, Claudia Stavisky, « Le dragon d’or » un dyptique dont on nous dit qu’il est « l’évocation du déracinement, le rapport au pays d’origine ou au pays d’accueil », comme une sorte d’interrogation sur « des crispations nationalistes qui hantent les sociétés en proie aux doutes et aux crises.»

Théâtre de la Croix-Rousse, accueil et réservations au 04 72 07 49 49 et sur www.croixrousse.com

Théâtre des Célestins, direction Claudia Stavisky et Patrick Penot, billetterie au 04 72 77 40 00 et sur www.celestins-lyon.org

Lyon, le 22 août 2010.

02/07/2010

Vers une métropole lyonnaise

3.jpgAujourd'hui c'est à un véritable marathon métropolitain que nous nous livrons puisque dès 9 heures, à l'invitation de la Communauté d'Agglomération du Pays Viennois, nous allons sceller un accord à quatre entre le Nord-Isère, le Grand Lyon, Saint Etienne et Vienne. Dès 11 heures s'ouvre à Givors l'Assemblée générale de la R.U.L. (Région Urbaine de Lyon) qui regroupe les collectivités qui couvrent la grande région lyonnaise à hauteur d'environ 3 millions d'habitants. Dès 16 heures c'est à Bourgoin-Jallieu que le Conseil Général de l'Isère nous invite à réfléchir sur l'avenir des territoires situés au nord du département en espérant que le président Vallini arrivera à se convaincre, par lui-même du fait que le phénomène métropolitain initié, entre-autre par Gérard Collomb et Alain Cottalorda, est désormais irréversible. Même si depuis des mois, c'est en faisant parfois la moue que les édiles départementaux de l'Isère se confrontent à la montée du phénomène métropolitain dans la région lyonnaise, nous pouvons demeurer optimistes quant à la capacité des élus départementaux à accepter la réalité telle qu'elle est. Longtemps en retrait, le Conseil Général de l'Isère et son président André Vallini ont donc décidé de provoquer le débat quant à l'avenir du Nord Isère. C'est de toute évidence une excellente chose et nul ne comprendrait qu'une telle initiative puisse être une simple diversion.

Lyon, 2 juillet 2010.

Photo: DR

17/06/2010

Blanc comme neige

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Etienne Blanc, le très droitier député UMP de l’Ain et président de l’ARC (Assemblée Régionale de Coopération du Genevois) semble sur le point de faire voter un amendement au projet de loi portant sur la réforme territoriale permettant à des ensembles frontaliers regroupant tout juste 50 000 habitants de bénéficier du titre de Pôle Métropolitain. Passons sur le côté comique du label métropolitain qui serait  ainsi attribué à 50 000 âmes pour nous concentrer sur deux aspects complémentaires à ce projet.

En effet, une fois dit que ces métropoles frontalières de poche seront destinées, nous dit l’UMPiste et ancien Milloniste, « à faire le poids » face à des Genevois qui vont se gondoler en apprenant la nouvelle, ce nouveau statut est destiné, nous précise l’ami Etienne, je cite, « à inscrire ce territoire » tel qu’il est rêvé par Blanc « comme la troisième agglomération de Rhône-Alpes » derrière Saint-Etienne et Grenoble, oubliant au passage un truc qui s’appelle Lyon. Tout en remerciant le député Blanc de nous permettre d’esquisser un sourire en ces temps difficiles, un second aspect, cette fois ci inquiétant pose problème. Avec sa bonne copine la sénatrice Fabienne Keller, heureusement mise en congé par les électeurs strasbourgeois lors des dernières municipales, Etienne Blanc imagine également, si l’on décortique la prose des Echos du 15 juin, « de doter les zones frontalières d’un statut particulier ou notamment, le droit social et la fiscalité seraient adaptés pour les rendre concurrentielles et ainsi attirer les investisseurs ». Retraites, déficits, recul des droits, quand on vous dit que ces gens deviennent dangereux j’espère que chacun commence à prendre la dimension d’un phénomène qui permet même à de petits roitelets de province, comme Etienne Blanc, de nous construire peut-être le pire des avenirs.

Lyon, le 17 juin 2010

 

11/06/2010

Ceinture

fond-ecran-equipe-de-france.jpgJe viens de rejoindre Gérard Collomb à Francfort pour les cérémonies commémoratives du 50eme anniversaire du jumelage entre nos deux villes – le risque est donc grand que nous faisions ceinture, ce soir, pour la diffusion de la rencontre France-Afrique du Sud. Réunions bilatérales, mise en lumière par la ville de Lyon de la Fontaine « Oktogon-Brunnen », coopération entre l'ENS Lyon et l'Université Goethe, visite de réalisations urbaines sont au programme d'un séjour également marqué par l'intervention du Maire de Lyon au Symposium sur les « stratégies d'agglomération et de la gouvernance métropolitaine ».

Pour revenir à l'équipe de France, après les deux premières rencontres amicales mais bien modestes, puis la defaite face à la Chine, nos craintes sont intactes. Même si Ribery, Toulalan et une petite poignée d'autres peuvent nous maintenir un moral pas trop en berne, convenons que  «devant » comme « derrière » l'équipe nationale inspire plus d'impuissance et d'approximation que de confiance.

Etant donné qu'en football, pour gagner, il suffit de marquer au moins un but de plus que l'adversaire on se demande qui pourrait, dans les rangs de l'équipe de France, glisser au fond des filets le ballon. Ni Anelka, Govou, Gourcuff, Malouda et même Ribery ne possedent pas pour l'instant cette force. Les Gignac ou Cissé, legitiment vautrés sur la banquette, ne peuvent guère en rever. Reste alors William Gallas notre plus certain atout offensif dont seul le mollet nous apporte jusqu'à ici satisfaction. Verdict ce soir.

Francfort, le 11 Juin 2010.

11/02/2010

Interview Surf TV

J'étais l'invité en fin de semaine passée de la Web tv Surf TV, la première télévision internet lyonnaise qu'anime Daniel Dubois.

Cette émission avait pour thème la métropole lyonnaise, or comme vous le savez en tant que Vice-président du Grand Lyon cette émission a été l'occasion de rappeler ce que le Grand Lyon entreprend avec nos partenaires (Saint Etienne, la Communauté d'Agglomération des Plaines de l'Isère, Vienne, Bourgoin Jallieu, etc.)

 

Nous aurons l'occasion d'en reparler prochainement ici même sur ce blog.

Lyon, le 11 février 2010.

06/12/2009

Noms

On connaissait « Le petit Marseillais », désormais grâce à Renaud Muselier, fort de sa défaite pour accéder à la présidence de la Communauté Urbaine de Marseille, le monde entier va découvrir « Le Grand Marseille ». En effet le second de Gaudin, la municipale de 2014 en vue, s’efforce lui aussi de réfléchir à une échelle plus grande. Il vient donc de colloquer en compagnie de Christian Blanc, l’homme du « Grand Paris ».

« Grand Marseille », « Grand Paris », tout est grand dans notre pays, sauf le Président dirait Villepin. A ce propos notre grand président qui rêve d’une petite réforme territoriale, confie à ses petites mains dirigées par Hortefeux, le soin de bricoler un petit hold-up territorial destiné à réduire toute poche de résistance dans nos provinces.

Ici à Lyon, nous sommes grands depuis belle lurette et le « Grand Lyon » qui deviendra probablement par la magie sarkozyste une métropole souhaite tout de même continuer à œuvrer à la construction d’une métropole multipolaire avec Saint-Etienne, Bourgoin et Vienne tout en sachant que cette entité multipolaire en devenir ne pourra s’appeler ainsi puisque dans le futur, seul le « Grand Lyon » sera habilité à porter ce nom si l’on se pénètre bien de la pensée territoriale du président. Comment pourra donc s’appeler demain cette métropole qui, pour compliquer les choses, contient en son sein « St Etienne Métropole », une collectivité qui aura du mal à justifier le port d’un tel nom.

Que l’on se rassure. Cette question qui semble tarauder bien du monde devrait se résoudre tant la matière grise accumulée ici ou là ne peut que produire la solution qui convient. Si tel n’était d’ailleurs pas le cas, il se trouvera bien quelques as de la communication qui, moulinant sur commande à grands frais, sauveront les neo-métropolitains que nous sommes du terrible destin qui serait le notre si nous n’avions pas de nom à porter.

Lyon, le 6 décembre 2009.

16/11/2009

I'm from Barcelona

drapeau%20catalan.bmpSamedi matin, après quelques jours passés à Barcelone pour parler « métropolisation », j’étais de retour dans notre bonne ville. Il est toujours amusant de constater sur une période aussi brève les quelques petits évènements qui font l’actualité d’une telle métropole sans que jamais la moindre information ne suinte jusque chez nous. Mis à part la probable fusion « Iberia-BA » et de nombreux articles situant l’Espagne en crise par rapport à ses voisins européens deux informations dominaient. La première concernait la mise en détention d’un Maire par le célèbre juge Garzón dont les agissements sont loin de faire l’unanimité. Le Parti Socialiste Catalan ayant désigné une jeune femme de 32 ans, genre sciences-po et végétarienne, pour succéder à cet élu indélicat, j’imagine que le type en question, du fond de sa cellule, a du se résigner au fait qu’en l’espace de quelques heures il avait basculé dans l’histoire ancienne, la jeune élue lui piquant la vedette. Encore plus catalino-centrée, l’annonce par l’actuel président du F.C. Barcelone qu’au terme de son mandat, il irait bien faire un petit tour en politique. Vous l’imaginez l’information à produit son petit effet ce d’autant que le dénommé Laporta ne compte pas aller coller des affiches pour les nationalistes mais bien être candidat lors de prochaines élections.

Un Bernard Tapie catalan est peut-être né la semaine passée ?

Toujours à propos de l’Espagne mais plus rock’n’roll, en parcourant le mensuel culturel « Go mag », je me suis aperçu que sans la « bibine » nos amis ibériques seraient bien en peine d’accéder au rock et à l’électro. C’est ainsi que « Heineken » fait du naming avec une salle de Madrid et dispose d’un site pour acheter des tickets de concert (heineken.es). La concurrence, en l’occurrence « Vetrins », coule de doux amours sponsorisés avec « Live Nation » et « Budweiser » invente là-bas la « Genvine music » (sic !) en soutenant la techno sans oublier « Jack Daniel’s » qui roucoule dans les oreilles des rockeurs en finançant un concours de maquettes depuis son site. Il conviendrait de signaler tout cela à notre Jean-Louis Murat national qui après son « portrait-pochtron » dans Libération il y a quelques temps (voir billet ici) pourrait avoir une ouverture sur un marché espagnol que Benjamin Biolay occupe presque à lui seul concernant les artistes français.

La France justement, bien que voisine, attriste nos amis catalans qui attendent toujours un TGV de plus en plus hypothétique qui connecterait Barcelone à Lyon en trois heures et des poussières. Nos voisins qui connaissent pourtant des difficultés en cette période de crise avec leur flux d’immigration sud-américaine, produit d’accords bilatéraux, ne comprennent pas pour autant « notre » débat sur « l’identité nationale ». Fort heureusement l’image de Bachelot se faisant piquer contre la grippe a été reprise par toutes les télévisions, confirmant ainsi notre sens du ridicule et mettant les rieurs de notre côté.

Lyon, le 16 novembre 2009.

10/11/2009

L’Europe des métropoles

seapflags.jpgCe soir, en route pour Barcelone, pour participer en compagnie du Directeur de l’Agence d’Urbanisme, au séminaire sur les modèles de gouvernance métropolitaine en Europe. Chacun le sait cette question se pose sur l’ensemble du vieux continent et même si dans la funeste réforme territoriale imaginée par Nicolas Sarkozy cette question est le cadet des soucis des autorités gouvernementales françaises, constatons qu’à partir de demain à Barcelone, universitaires et élus venus de Catalogne, Londres, Paris, Turin et d’ailleurs s’efforceront, en partageant leurs analyses et expériences, d’étudier les points majeurs concernant les phénomènes de métropolisations sous les aspects institutionnels, économiques, d’aménagement et culturels.

Il s’agira pour nous, en décrivant l’obscur maquis institutionnel français d’expliquer à nos collègues européens en quoi la nouvelle aventure métropolitaine que nous initions, ici à Lyon, avec St-Etienne, le Nord Isère et le Pays Viennois, a vocation à changer la donne pour que L’Euro métropole lyonnaise se hisse au bon niveau en Europe. En effet, cet ensemble métropolitain que nous souhaitons multipolaire, se situe, pour l’heure, bien en deçà des grandes métropoles comme Barcelone, Manchester, Milan ou Francfort. Pourtant avec ses presque 3 millions d’habitants, dotée d’une armature urbaine forte, l’Euro Métropole lyonnaise peut légitimement prétendre intégrer le « club » des grands ensembles métropolitains dont les leaders sont Barcelone (4,8 millions d’habitants), Milan (3,9), Manchester (2,5) ou Francfort (2,5). Face à ces enjeux qui ne sont, loin s’en faut, pas uniquement démographiques, sur les plans de la cohérence de nos territoires, des facteurs aussi importants que le dynamisme économique et une culture partagée en matière de développement durable et d’aménagement, Lyon avec sa région urbaine a vocation à relever le défi métropolitain.

En attendant, pour notre territoire qui, je le rappelle est constitué de plus de 800 communes, 60 intercommunalités, 13 autorités organisatrices de transports et sur 6 départements, l’heure n’est pas à se lamenter sur l’existence des mille-feuilles à la française. Notre volonté de construire cette métropole multipolaire est bien plus forte que les résistances générées par ces découpages institutionnels. C’est ce que nous tenterons d’expliquer ces jours-ci à Barcelone en faisant valoir les premières pistes de nos réflexions communes.

Lyon, le 10 novembre 2009.

Photo: DR

05/11/2009

Palmarès

palmares.jpgPour la cinquième année consécutive, Lyon pointe en tête du palmarès des villes de plus de 500 000 habitants. Avec ses 5 pôles de compétitivité, son guichet unique d’accueil des entreprises sans oublier la présence de deux incubateurs, selon le classement 2009 établi par « L’entreprise », Lyon fait toujours la course en tête en matière d’innovation et de Recherche-développement.

La constitution du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur, le PRES, qui marque le rapprochement des Universités Lyonnaises et Stéphanoises, indique lui aussi que la vision lyonnaise des territoires est sur le point de changer d’échelle. En s’engageant depuis quelques mois dans la perspective de construction d’une Euro-Métropole multipolaire, Lyon, St Etienne et le Nord Isère, viennent, en commun, d’initier un nouveau type de coopération. Il débouchera d’ici quelques temps sur une volonté partagée de lier leur avenir en matière de transports en commun, de planification territoriale, de recherche et d’université mais aussi dans le domaine des grands évènements culturels rassembleurs que sont les Biennales de la Danse et de l’Art Contemporain pour ce qui concerne Lyon, du Design avec St Etienne et probablement demain avec « Jazz à Vienne », le Pays Viennois ayant vocation à rejoindre ce mouvement.

En indiquant que « l’ambition du Grand Lyon est de compter parmi les métropoles européennes de référence », le magazine l’Entreprise indique clairement que si le désir métropolitain nouveau incarné par nos trois agglomérations est plus que justifié, il n’en oubli pas de dire qu’il se construit à partir « d’une alchimie réussie entre le dynamisme entrepreneurial, la performance économique et le cadre de vie ». Ces encouragements ainsi formulés par le palmarès démontrent aussi l’importance de l’armature urbaine de notre pays car des villes comme Lille (2ème), Nantes et Bordeaux (3ème) sont également des chances décisives pour une France en Europe.

Ne croyez pas un seul instant que mon propos d’aujourd’hui est à placer sous le signe du chauvinisme ou d’un « Cocorico lyonnais ». Au contraire. Alors que ce gouvernement nous prépare une réforme territoriale indigente, tout juste bonne à assouvir l’avidité électorale de l’UMP, il serait utile, en consultant cette étude, que les Sarkozy et Hortefeux en tirent des enseignements. Au lieu de considérer que le pays est constitué d’une région-capitale et d’un désert provincial, les autorités gouvernementales gagneraient beaucoup à rompre avec ce mal bien français. D’ailleurs la politique actuellement esquissé autour de l’idée d’un « Grand Paris » doté d’un ministère de tutelle est une aberration. Aujourd’hui, en tournant le dos à la décentralisation, en s’en prenant aux collectivités territoriales, en n’étant pas animé d’un projet d’avenir pour la France des territoires, Sarkozy se trompe de chemin. L’avenir du pays se situe à Lyon, mais aussi à Lille, Nantes, Bordeaux, Marseille ou Toulouse. Il serait utile et urgent que le chef de l’état en prenne conscience sous peine d’entraîner le pays dans une impasse.

> « L’entreprise », novembre 2009, 3,50 euros, en kiosque.

Lyon, le 5 novembre 2009.

Illustration: DR

25/09/2009

Paris, reine du monde.

affiche-40x60-gp-c_535f7.jpgCe midi je vais visiter, avec une délégation de notre Agence d’Urbanisme, l’exposition « Grand Paris » à la Cité de l’Architecture. Vous le savez, en France, la capitale et sa région bénéficient d’une attention et de moyens sans pareils au point que depuis quelques temps le gouvernement s’est même doté d’un ministre en charge de la région capitale. D’ailleurs la réforme territoriale que ce même gouvernement nous prépare ne semble avoir que faire de l’avenir de ce que encore hier on appelait « Les métropoles d’équilibre ». Avec Sarkozy, la bonne vieille expression « Paris et le désert français » semble reprendre du poil de la bête. Je disais donc que les provinciaux de Lyon allaient visiter l’exposition consacrée à la Capitale.

C’est la consultation sur le « Grand Paris » intervenue il y a moins de deux ans qui enfante cette exposition qui examine Paris à très grande échelle. C’est d’ailleurs un lyonnais le président du PRES, Michel Lussault, professeur de géographie à l’ENS, qui a coordonné le cahier des charges de cette consultation et visiter tout à l’heure l’exposition en sa compagnie est chose très précieuse.

Cette exposition s’est donnée pour mission de rendre compte de l’aspect novateur de la consultation, du foisonnement des propositions et des démarches. Elle devrait probablement nous permettre, à nous qui entamons un travail à l’échelle métropolitaine (Lyon - St-Etienne - Bourgoin - Vienne), de nous emparer d’un travail au contenu intellectuel riche, de nous pénétrer d’une démarche ouverte en direction des différents acteurs, plus souple en terme de procédure et, espérons-le, créative.

Comme l’a envisagé l’équipe du « Plan d’Urbanisme Construction et Architecture » (PUCA) du ministère de l’écologie, en refusant toute logique de « Master plan » et de schéma général, c’est le pragmatisme, l’histoire des lieux et des territoires, la géographie et les paysages qui dictent la réflexion à l’œuvre.

Nous verrons bien comment l’exposition traduit cette démarche et je ne manquerais pas, si nécessaire, de vous en dire deux ou trois mots dans les semaines prochaines. Si vous aussi, vous souhaitez visiter cette exposition sur les projets du Grand-Paris, c’est à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, 1 Place du Trocadéro, Paris 16ème, métro Trocadéro.

Paris, le 25 septembre 2009.

 
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