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17/07/2010

C comme "Collectionneur"

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S’il y a un bouquin particulièrement bien formaté pour connaitre, entraînant le plaisir, le succès pour cet été, c’est bien « Le collectionneur d’impostures » de Frédéric Rouvillois. Cet ouvrage, somme de ce qui se fait de mieux en matière d’impostures est un véritable plaisir à lire. De l’émission radiophonique d’Orson Welles à la fin des années trente à Françoise Giroud, quarante ans plus tard, qui s’était attribué illicitement la médaille de la résistance, Frédéric Rouvillois l’auteur de ce livre taillé pour la glande estivale, réalise un coup de maître.

De canulars en provocations, de tricheries en tromperies ce florilège du faux et de son usage qui peut en toute confiance vous accompagner pour ces vacances est, chose par ailleurs assez rare de nos jours, un objet particulièrement bien fabriqué et mis à la disposition du lecteur pour un prix « anti-crise » puisque de seize euros. Alors s’il vous accompagne sur la plage évitez de beurrer l’ouvrage de crème solaire avec cette légère couche de sable qui, de retour au bercail, vous empêcherait de ranger le bouquin dans votre bibliothèque ce « Collectionneur d’Impostures » ressemblant définitivement au produit de l’accouplement d’une plaquette Vapona et d’un filet d’églefin surgelé de chez Capitaine Cook.

> - Frédéric Rouvillois, « Le collectionneur d’Impostures », Flammarion, 16 euros.

bandeaux_small-summertime.jpgRappelez vous que l'Opéra de Lyon organise ce soir son "summer time Grand Bal", place des terreaux.

> Dès 18h, hommage à Ella Fitzgerald au Péristyle Café-Jazz

> 21h: Concert "Porgy and Bess" dans une version revisitée jazz sur la place des terreaux

>22h30 jusqu'à 1h: Grand Bal-concert aux rythmes africains, antillais et brésiliens.

Lyon, le 17 juillet 2010.

16/07/2010

B comme "Bernès (Jean-Pierre)"

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Il y a peu, on entendait à nouveau parler de Jean-Pierre Bernès cet ancien collaborateur de Bernard Tapie au sein de l’Olympique de Marseille de la « belle époque » qui, devenu agent de joueurs, négociait le contrat de Laurent Blanc avec la Fédération Française de Football. Un Jean-Pierre Bernès annoncé même un temps à la tête de l’A.S. St-Etienne et qui représente les intérêts de Franck Ribéry, Samir Nasri, Squillacci, Jimmy Briand, Adil Rami ou de l’entraîneur de l’O.M. Didier Deschamps. Un Bernès dont le retour à Marseille était souhaité il y a à peine un an par Jean-Claude Dassier afin de s’occuper du recrutement, un Bernès indispensable aux uns comme aux autres. Le petit monde des agents est probablement le moins connu des amateurs de football. Il y a peu, au fin fond de l’Afrique du Sud, ils étaient nombreux à tourner physiquement ou virtuellement autour de leurs poulains mis en garde à vue par Domenech dans un hôtel luxueux. Après ces affaires nauséabondes de l’équipe de France ils demeurent pratiquement les seuls à s’en sortir alors que joueurs, entraineurs et dirigeants ressortent amoindris ou détruits.

Très souvent la presse, quand elle souhaite se payer ce monde pas toujours très clair des agents de joueurs, s’offre le plus souvent Jean-Pierre Bernès, une cible facile dont la vertu essentielle est de faire passer le reste de la profession pour une filiale des compagnons d’Emmaüs.

ballon-foot2.gifL’Equipe, ce quotidien de référence si prompt à rapporter les propos de Nicolas Anelka après la rencontre France-Mexique ne semble pas frétiller autant quand il s’agit de nous décrire, par le menu, ce petit monde des agents, de leurs transactions, de ces petits arrangements avec la règle et même la loi. C’est malheureux.

Lyon, le 16 juillet 2010.

15/07/2010

B comme "Bernard (merci)"

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Excusez du peu mais le type peut revendiquer 20 pages sur Wikipedia alors que Jean-François Copé, le patron des députés Umpistes en pèse tout juste 7. Pourquoi alors vous parler en ce 15 juillet du French Doctor devenu Sarkozyste alors que depuis des mois et des mois notre homme est au fond des oubliettes, un tricard qui inspire le mépris de la part de ses nouveaux amis de droite.

Il est bien entendu trop tard pour sauver le caporal Kouchner. Sa disparition est annoncée pour octobre prochain et celui qui parlait il y a encore quelques mois diplomatie aux oreilles du président prendra la porte de sortie avec sa camarade Rama Yade flinguée par ses soins alors que la sous-ministre des droits de l’homme indiquait qu’elle avait une âme.

L’histoire devra trancher quand elle examinera la carrière contrastée du Docteur Bernard. De l’Uec à l’Ump, même Dieu aura un peu de boulot pour y retrouver les siens. Au terme de ce désastre politique qu’est la fin de carrière de Frenchy Nanard, je veux espérer que l’impressionnant temps libre qui sera offert à l’ex ministre dès novembre permettra à Kouchner de se remettre sérieusement au travail pour reprendre, là ou nous étions restés dans la série « Médecins de nuit ». Au centre de controverses lourdes, objet d’attaques plus ou moins fondées, personnage particulièrement irritant, il convient de prendre conscience que comme scénariste de ce feuilleton notre Bernard fait l’unanimité. D’ailleurs la récente expédition du Doc en Sarkozie pourrait inspirer le scénariste. Alain Minc pète un plomb et aussitôt notre toubib débarque, Pierre Péan passe sous un autobus et le Doc reste au rade à boire des canons avec ses potes, un parachuté essaye de se faire élire dans une circonscription communiste du nord de la France et illico le SAMU s’héliporte. Bref, les sujets d’inspirations ne manqueraient pas ce d’autant que, si le service public dirigé par Sarkozy, disposait de quelques sous on pourrait imaginer « médecins de nuit » aux quatre coins du monde et pourquoi pas en Birmanie ? Merci Bernard.

Lyon, le 15 juillet 2010.

 

14/07/2010

B comme "Bouquins de l'été"

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Empilés à droite comme à gauche, en délicatesse on ne sait parfois pas trop pourquoi, à la limite de l’abandon, ils attendent sagement, sans trop broncher, que l’été arrive. Achetés lors d’une descente couteuse dans une librairie lointaine, récupérés à l’occasion d’un salon ou bien stokés dans l’attente de jours meilleurs, ces bouquins qui ne se la ramènent pas accompagneront comme chaque année nos mois de Juillet et août. Voici la liste de ceux qui se morfondent chez moi et qui seront, soyons réalistes, invités à être rejoints par d’autres au gré de nos visites dans les librairies. Dans le désordre le moins significatif voici …

  • - Jean Haëntjens, « Urbatopies », L’aube, 2010
  • - Craig Johnson, « Le camp des morts », Gallmeister, 2010
  • - John Robb, « Manchester music city », Rivages, 2010
  • - Dan Berger, « Weather Underground », L’échappée, 2010
  • - Thomas Bernhard, « Mes prix littéraires », Gallimard, 2010
  • - Frederic Rouvillois, « Le collectionneur d’impostures », Flammarion, 2010
  • - Nick Hornby, « Juliet, Naked », 10-18, 2010
  • - Jean-Noël Coghe, « Rory Gallagher », Castor music, 2010

Lyon, le 14 juillet 2010.

13/07/2010

B comme "Berninger (Matt)"

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Alors que nous entamons à peine ce nouvel abécédaire de l’été il me fallait absolument vous dire quelques bonnes choses de The National une formation américaine peu connue mais heureusement programmée ce soir aux « Nuits de Fourvière » en compagnie des proto-Talking Heads des années deux-mille, je veux parler de Vampire Weekend. Votre « B » d’aujourd’hui est donc celui de Berninger chanteur et leader d’un groupe qui a déjà, en comptant « High Violet » un disque sorti début mai, cinq albums à son actif.

Originaire de l’Ohio, c’est à New York que The National a pris son envol et si le groupe demeure peu connu au sein du grand public il peut se vanter d’afficher une belle côte d’amour parmi la critique et les amateurs éclairés sur les deux rives de l’atlantique. Il est bien entendu difficile de décrire la musique de The National autrement qu’en essayant de la comparer à d’autres uniquement dans le but de se faire comprendre. Même si l’exercice n’est pas sans danger on pourrait dire que derrière la musique de Berninger et des deux Dessner (Aaron le bassiste et Bryce le guitariste) il y a du Velvet matiné d’un Nick Cave aux accents de Tindersticks.

The+National+2.jpgPrésent deux soirées de suite aux « Nuits de Fourvière », figurant en première partie de Pavement il y a quelques semaines à Paris, The National, engagé dans une tournée mondiale d’importance, pourrait être une des révélations (tardives) de 2010 tant l’album « High Violet » est excellent et son prédécesseur « The boxer » tristement magique. Malgré ce nom accrocheur, les amis d’Eric Besson ne seront pas autorisés à monter à Fourvière ce soir pour applaudir « The National », il convenait de le préciser.

> Vampire Weekend et The National, « Nuits de Fourvière », 13 juillet 2010, 21h00, tarif 27 euros.

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J'étais l'invité vendredi dernier de la web TV lyonnaise Surf TV. L'émission animée par Daniel Dubois avait pour thème l'affaire Bettancourt.

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(Cliquer sur l'image pour voir la vidéo)

Lyon, le 13 juillet 2010.

Photo: DR

12/07/2010

B comme "Brooklyn"

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Ce soir, avec leur Nuit Brooklyn, « Les Nuits de Fourvière » frappent juste et fort en accueillant en particulier Sharon Jones et The National, deux des meilleurs ambassadeurs de ce quartier mythique de la grosse pomme. Nous reviendrons demain sur The National dont les accents velvetiens et indie méritent un vrai détour, la formation de Matt Berninger partageant l’affiche avec Vampire Weekend. Aujourd’hui, pour vous convaincre de monter à Fourvière ce soir, je veux vous dire le plus grand bien de cette chanteuse formidable qu’est Sharon Jones et qui, accompagnée de ses Dap-Kings, est un authentique bonheur et la chose la plus rafraîchissante de ce bon vieux R’N’B qu’il convient de ne surtout pas confondre avec ce piètre « are end bee » comme quoi le mot « Soupe » n’est pas la traduction française de « Soul ».

Née en 1958, ancienne surveillante à la prison de Ryker Island et convoyeur de fonds, ce n’est qu’en 1996 que Sharon Jones devient l’énergique chanteuse des Dap-Kings, le plus beau fleuron du label Daptone et ainsi la sublime incarnation du renouveau de la soul music à l’ancienne. A ce jour Sharon Jones et ses Dap-Kings sont à la tête d’une discographie, toute recommandable, enclenchée en 2004 avec « Dap Dippin’with Sharon Jones », « Naturally » (2006), « 100 days 100 nights » (2007) ainsi que le tout nouveau « Learning the hard way ». Ayant mis peu à peu de plus en plus de soul dans son funk, Sharon Jones, petite bonne femme dont l’intensité vocale est merveilleuse et étonnante, mériterait de connaître une reconnaissance internationale même si la France est loin d’être le dernier pays à lui faire la fête. Vue il y a deux ans au Ninkasi-Kao, le passage de ce soir aux « Nuits de Fourvière » mériterait d’être transformé l’an prochain par un mémorable concert pour le public de « Jazz à Vienne » histoire d’asseoir définitivement la notoriété de Sharon Jones.

> « Nuit Brooklyn » avec Sharon Jones and the Dap-Kings, Dirty Projectors, The National et invités. (Direction artistique the National). Lundi 12 juillet 2010, 21h00, tarif 27 euros.


Nuit Brooklyn
envoyé par NuitsdeFourviere. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Lyon, le 12 juillet 2010.

11/07/2010

A comme "Arroyo (Eduardo)"

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J’aime Arroyo, Eduardo Arroyo, ce peintre qui s’exile en France en 1958 et qui va être le pivot nécessaire de cette « figuration narrative » encore injustement reconnue. C’est à la mort de Franco que Arroyo va refaire le chemin inverse pour au final revivre une sorte d’exil au point de s’imaginer étranger dans son propre pays. Après quelques bouquins dont le « Panama Al Brown » inspiré par l’autre passion d’Arroyo, la boxe, le peintre espagnol nous propose aujourd’hui, « Minutes d’un testament », un ouvrage qui trace dans la mémoire de son auteur des souvenirs compliqués qui à force de chambouler la chronologie finissent par perdre le lecteur. « Le présent testament » écrit Arroyo avec amusement « annule les précédents, qui ont été nombreux étant donné mon goût précoce pour la rédaction de ce genre de documents ». Pour Arroyo, tout commence à Madrid et plus précisément au 19 de la rue Argensola pour ce fils de pharmacien, croyant, pratiquant et phalangiste. Tout se poursuit à Paris à la fin des années cinquante pour se concrétiser en une peinture illuminée par la politique et l’Espagne, vers les mineurs des Asturies, un pays réprimé mais combattant. Le parcours d’Edouardo Arroyo est aussi celui d’un intellectuel en peinture qui lorgne un temps très lourdement vers la Havane, qui est au cœur du fracas de Mai 68 et scrute l’agonie du Caudillo.

arroyotestament.jpgArroyo aurait probablement souhaité être un écrivain. Son œuvre magnifique nous confirme qu’il a pourtant emprunté le bon chemin et la lecture de ce labyrinthique testament que Grasset vient de faire traduire ne fait que nous confirmer que la véritable mémoire d’une époque est dans la peinture d’un artiste dont il serait temps que l’on admette qu’il est majeur. Contestataire, politisé, ouvert sur la vie, Arroyo est donc un des peintres les plus importants de l’après-guerre et avec Aillaud, Télémaque, Adami et Rancillac, il représente la force de cette nouvelle figuration.

Eduardo Arroyo, « Minutes d’un testament », Grasset, 2010, 21.50 euros.

Lyon, le 11 juillet 2010.

10/07/2010

A comme "Amona"

A1.jpgLe galop des chevaux sort du cerveau bloqué de Sharon en pulsant la poussière. Leurs cavaliers bleus cravachent les kippas d’Amona. Janvier 2006 brûle dans les colonies froides de Cisjordanie.

Maisons sauvages

Où verts de rage,

Des rabbins guerroient.

Les terres palestiniennes pleurent d’anciens ouvriers depuis longtemps exilés.

Dans un jardin de Jérusalem, des cartes divines au dos couvert d’étoiles bleues claquent, biseautées, sur les tables près du temple.

Les philactères pendent du ciel pâle et soufflent le feu dans le creux des oliviers volés.

Des rêves fous flottent entre l’Euphrate et le Nil, bandes de bannières bannissant à jamais des exclus natifs.

Comme un juste retour, les flammes d’Amona brûlent des colons qui cloîtrent dans leurs checkpoints des vies impossibles.

Amona 2006.jpg

Amona 2006, acrylique sur toile, 60x82 cm

Jean-Paul Schmitt

08:13 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amona, cisjordanie, jerusalem, nil, euphrate | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/07/2010

A comme "Abécédaire"

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Je ne le sais plus vraiment mais c’est probablement pour la troisième fois consécutive que « De Lyon et d’Ailleurs » proposera son abécédaire estival attendu par une très grosse partie de la planète. D’Imelda Marcos à Lydia Lunch, de Thomas Bernhard à Nick Hornby tout en passant par Sydney Govou et Sharon Jones, chaque jour aura droit à son petit billet, pas toujours indispensable, qui accompagnera nos hauts comme nos bas. La politique sera pour l’essentiel mise en sourdine sachant que dès la rentrée il conviendra de retrousser les manches ne serait-ce que pour s’opposer aux mauvais coups du pouvoir.

C’est donc de musique, de sport, de littérature, de ces « pas grand-chose » comme des évènements les plus divers que nous parlerons tout au long d’un été 2010 qui, pour ma part, sera plutôt tranquille et casanier. Je vous souhaite bien entendu tout le contraire, c'est-à-dire des voyages aux longs courts, des aventures aux antipodes, pas trop de coup de soleil et des petits rosés bien frais. En attendant le retour « à la normale » qui se situera le 30 août, je vous laisse aux bons soins de la formidable Sharon Jones qui sera, je vous le rappelle, lundi prochain aux Nuits de Fourvière dans le cadre d’une « Nuit Brooklyn » qui ne devrait pas décevoir.


Sharon Jones live @ Nova
envoyé par Novaplanet. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Lyon, le 9 juillet 2010.

08/07/2010

Declan et Diana

elviscostello.jpg?w=300&h=200Declan Patrick MacManus est ce soir en Isère avec madame. Le génial binoclard végétarien et ancien employé de la Midland Bank (service informatique) est donc avec sa dulcinée, Diana Krall, sur la scène de Jazz à Vienne. Vous l’avez compris je veux parler d’Elvis Costello. Les Lyonnais enclins à apprécier la musique encyclopédique de l’auteur de « Watching the Detectives » gardent un souvenir incomparable de son passage aux Nuits de Fourvière il y a, je crois, deux ans de cela. Ce soir de fin juillet, à l’Odéon, Costello et Allen Toussaint transportèrent sous le ciel étoilé lyonnais un public nécessairement réduit mais aux anges en partance pour le paradis.

Ce soir à Jazz Vienne, on change de format et en étant inscrit au programme de la très jazzy mère de ses enfants le britannique devra se coltiner un public largement composé d’abonnés à Télérama qui viendra essentiellement pour la Krall. Il n’est donc pas très certain que le charme s’invite sur la scène du Festival viennois à moins que nos deux amoureux, ce dont on peut douter, se réunissent pour un bœuf au terme du spectacle. Costello sera quant à lui sans ses célèbres Attractions mais à la tête d’une formation qui devrait distiller un de ses albums les plus roots, son dernier en date, « Secret, Profane and Surgarcane ». Bref, une soirée viennoise à ne rater sous aucun prétexte.

> « Jazz à Vienne », ce soir 8 juillet, Diana Krall et Elvis Costello, 21h00, Théâtre Antique de Vienne

Lyon, le 8 juillet 2010.

Photo: DR

07/07/2010

Quel exemple

elysee.jpgComme à propos du rendez-vous avec Thierry Henry, on ne saura jamais qui de Nicolas Sarkozy ou de Joyandet a pris l’initiative de la démission du secrétaire d’Etat. Ce dernier l’avait annoncé sur son blog mais l’Elysée a voulu reprendre la main en ajoutant un nom ; celui de Christian Blanc. Du coté de chez Sarko on créait ainsi de l’exemplaire, on frappait du point sur la table. C’est raté car les français ont vite vu là une piètre manœuvre pour essayer de jeter un voile pudique sur la véritable affaire ; celle qui touche Eric Woerth. Car il n’y a pas de commune mesure entre le billet d’avion voire le permis de construire de Joyandet ou les chères cigares Christian Blanc et ce qui chaque jour se découvre un peu plus autour de l’ex-ministre du budget. A ce sujet en fin de semaine dernière ce sont nos voisins suisses qui ont rajouté une touche au tableau en détaillant par le menu les longs séjours de Madame Woerth à Genève. On y apprend qu’au moment où son mari exhibait la liste des 3000 noms d’exilés fiscaux que lui avait remise un « repenti » de la HBSC elle s’occupait du camouflage de l’argent de madame Bettancourt mais participait aussi à des soirées mondaines où les dits exilés n’oubliaient pas d’annoncer leur participation au financement de l’UMP. Pourquoi perdre son temps ? Mais là il est difficile de croire que son trésorier de mari n’était pas au courant. Car dans cette affaire nauséabonde le pire réside bien dans ce mélange de genres entre le rôle d’un ministre en charge de questions financières et le trésorier du parti majoritaire. On se demande à ce stade si cette république agonisante tombera encore plus bas. En attendant à Sarko qui voulait faire un exemple en virant deux sous ministres si importants qu’ils ne sont même pas remplacés, on peut crier dans tous les sens du terme : Quel exemple !

Philippe Dibilio

Photo: DR

06/07/2010

Chercher la rigueur avec les dents

Dentifrice sarkozy.jpgJ'en entends qui râlent dans les chaumières : « Quoi, on va nous priver de Garden-party élyséenne ! »

Ben oui manants, cette année pas de Johnny à un million d'euros ! Et ce n'est pas tout : le roi a promis que le G8 en France coûtera « dix fois moins cher que les deux sommets équivalents organisés au Canada ».

Petit exercice de calcul à votre attention, bon peuple : sachant que le G8-20 du Canada -  considéré comme un record en matière de dépense - a coûté 940 millions d'euros, combien devrait coûter celui dans note beau royaume ? Pour les faibles en calcul mental : pas plus de 94 millions. Conclusion : c'est encore presque quatre fois le coût de la même réunion tenue à Londres en 2009 et qui avait coûté 24 millions. Comme quoi, tout est dans l'art de communiquer. Et dans cet art-là, Nicolas Premier est passé maître.

Mais parfois la communication trébuche...

Vous qui pensez que la Bastille était prise depuis longtemps, lisez la lettre écrite par le bon roi à Fillon. Elle dévoile l'ultime farce d'un régime qu'on croyait ancien en nous jouant un mauvais ersatz de la nuit du 4 août : désormais « les frais privés des ministres seront payés sur leurs deniers personnels ».

On rêve et le Roi Sommeille... Quand il ne se brosse pas les dents ! Oyez, vous qui rêvez de jacqueries en ignorant jusqu'où va le souci d'honnêteté du monarque : Nicolas paie lui-même son dentifrice quand il voyage ! C'est son fidèle aboyeur Lefebvre qui le dit :


Lefebvre Sarkozy paye son dentifrice [ITV] FR2 280610
envoyé par peanutsie. - L'info internationale vidéo.

 

Privilégiés bénéficiaires de la CMU n'ayez point la dent qui vous reste trop dure : notre bon roi garde le souci de payer son dentifrice sur sa cassette personnelle. Une vraie ponction sur ses émoluments et qui obère grandement leur modeste augmentation de 170% !

Comme le disait déjà il y a plus de 20 ans le Che français : « Dans le plan de rigueur, il y trop de mou dans ce qui est dur et trop de dur dans ce qui est mou. »

Jean-Paul Schmitt

05/07/2010

Soldat Woerth

Eric_woerth.jpgSi certains doutent encore de l’utilité du Figaro de Dassault pour la droite, qu’ils épluchent, pas nécessairement dans le détail, la façon dont le quotidien remue le ciel, la terre et une partie du cosmos pour sauver le bon Monsieur Woerth. Après Philippe Parini, le directeur général des finances publiques monté au créneau le 30 juin, ce week end le « premier » premier ministre de la France, l’indispensable Guéant tentait lui-même une contre attaque sur quatre pages du « Figaro-Magazine » dénonçant comme il se doit, les socialistes.

Alors que les révélations sur les mœurs de la république à l’égard des puissants se multiplient comme jamais, on se mobilise de toute part pour expliquer aux Français que Woerth est un perdreau de l’année, un gentil ministre désintéressé, un peu amorphe et la tête dans les étoiles. De toute évidence « Tenir bon » est désormais le mot d’ordre. Tenir bon jusqu’au 14 juillet en se disant que l’été faisant le soufflet aura une fort mauvaise mine à la rentrée. Tenir bon sur l’ensemble des fronts, sur Bettencourt, sur Woerth et Madame, sur la trésorerie de l’UMP. Manifestement cette affaire Bettencourt-Woerth à tout d’une poudrière alors que le pays traverse une crise terrible et que la rentrée s’annonce pire encore. A ceux qui ne seraient pas convaincus de cela l’agitation qui règne dans les rangs de la droite devraient les faire changer d’avis. Pire. Derrière le dossier Woerth les questions du fonctionnement partial de l’appareil d’Etat, de ses services fiscaux et peut-être même de sa justice, sont désormais posées. Mieux. Au-delà du cas de ce pauvre Woerth, trésorier de l’UMP, c’est de morale dont il s’agit de parler tout en s’interrogeant sur l’avidité financière de la machine électorale présidentielle. Dans le « Marianne » de la semaine on nous explique qu’étant donné le plafonnement des dons on invite du côté du parti présidentiel à multiplier les donations au sein d’une même famille et même à contribuer aux levées de fonds vers l’ensemble des formations de la majorité. Bref, le potentiel calorifuge de Woerth est chaque jour de plus en plus dangereux pour la droite et l’on peut, de moins en moins s’interroger sur les raisons qui conduisent la majorité à ne surtout pas lâcher le soldat Woerth en pleine campagne.

Fin de la saison 1 du feuilleton, le 14 juillet.

Lyon, le 5 juillet 2010.

Photo: DR

03/07/2010

Opiums des peuples

sommaire_2292_grand.jpgEn ce dimanche si décisif dans cette coupe du monde de football 2010, si l’envie vous prenait de lever le pied en vous intéressant également au rock and roll, précipitez-vous sur le numéro de juillet de Rock & Folk qui nous livre un dossier très opium du peuple puisque consacré au foot et au rock. Cette semaine dans Libé c’est le guitariste ricain de The National qui nous expliquait que le football était un sport roi, ce mois-ci, Rock & Folk nous rappelle cette interview de Rivers Cuomo, le binoclard des américains de Weezer, qui rentrait en lévitation en abordant le sujet dans l’excellent « So Foot ». Bref, de Bob Marley qui, avec ses Wailers rencontrait régulièrement en tournée les journalistes lors d’une partie de football, à Rod Stewart ou Iron Maiden, les fans de football sont légion dans le rock. C’est donc essentiellement du côté d’une Albion, automatiquement perfide, que le foot recrute les meilleurs rockeurs. Ils s’appellent les frangins Gallagher et soutiennent Manchester City, Damon Albarn qui ne rêve que de Chelsea F.C., Lily Allen en fan de Fulhan ou les liverpuldiens de the Coral adeptes des Reds. Discographie, article sur le rock des stades, beaux gestes, tout y passe grâce à Jean-Vic Chapus, Basile Farkas, Jérôme Reijasse et quelques-autres. A lire donc dans Rock & Folk, Juillet 2010, numéro 515,6, 10 euros.

Renseignements sur www.rocknfolk.com

Lyon, le 4 juillet 2010.

Charité

IMG_0079.jpgEntre affaire Bettencourt, affaire Woerth-Bettencourt et Bettencourt-Woerth, l’histoire de la prime aux résultats accordée aux préfets n’a pas fait grand bruit. Pourtant depuis l’an passé, assez discrètement, nos préfets et sous-préfets peuvent bénéficier de primes allant de 40 à 60 000 euros par an pour peu que les statistiques en matière de sécurité et, nous dit-on, d’aide à l’emploi, soient bonnes.

L’histoire n’est donc pas nouvelle puisque c’est un décret Fillon de novembre 2008, paraphé également par ce brave Eric Woerth, qui a mis en place ce Sarko-formatage de notre haute administration à l’aide de critères affinés par Brice Hortefeux. Passons sur le fait que les préfets sont les seuls fonctionnaires de ce pays à bénéficier de quelques subsides supplémentaires sans que leur nombre soit automatiquement divisé par deux et positivons. Jusqu’à présent quand on nous retirait quelques points sur notre permis de conduire et que l’amende nous frappait, nous ne savions pas exactement où allait l’argent. En sachant maintenant que nos coupables comportements aident des familles de préfet à mieux vivre, avouez que cela change la donne. Comme nos contributions au pouvoir d’achat des préfets ne sont pas minces, on nous parle en effet de sommes pouvant approcher les 60 000 euros, je suggère aux préfets et sous préfets ainsi gâtés par la république de faire preuve, en retour, de générosité. Je leur rappelle que les contributions privées au financement des partis politiques sont plafonnées à 7 500 euros. Au titre de la reconnaissance du ventre, comme l’a fait Madame Bettencourt, il m’est agréable de rappeler, à ces fonctionnaires primés, que l’UMP prépare d’ores et déjà une campagne présidentielle en 2012 et que son trésorier, Monsieur Eric Woerth, serait bien entendu disposé à accueillir leurs charitables offrandes.

Lyon, le 3 juillet 2010.

 
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