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15/08/2010

Q comme "Quiès (boules)"

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En ce quinze août, je me dis qu’il est encore peut-être temps de convaincre certains de s’intéresser à la cause de leurs oreilles. Je m’adresse ainsi plus particulièrement à celles et ceux qui fréquentent les concerts à décibels ou qui écoutent leur mp3 du matin au soir.

Le CRDP (Centre Régional de documentation pédagogique) de Poitou-Charentes vient d’éditer un DVD destiné à sensibiliser les lycéens aux risques auditifs liés à la pratique et à l’écoute de la musique. Je ne sais pas si le pédagogique document poitevin est à la hauteur mais, pour ce qui me concerne, je veux me borner à dire le plus grand bien des boules quies, ces petites gommes que l’on se fourre dans chacune des oreilles et qui vous épargneront plus tard d’être dans la situation d’un Pete Townshend, les royalties de fin de mois en moins.

Croyez-moi, écouter Motörhead ou Rammstein avec des boules est non seulement la garantie de protéger son tympan mais aussi la possibilité d’apprécier beaucoup plus la musique. On ne dira donc jamais assez de bien de ce pharmacien parisien, dont je ne connais pas le nom, qui, en 1918, mit au point des boules dites « Quies » pour « calme » et « quiétude ». A l’origine mélange de cire et de coton ces boules qui s’appelleront un temps « sourdine » vont connaître quelques améliorations qui permettront à la marque de traverser les temps. Aujourd’hui on fabrique 60 millions de boules par an. Elles sont en silicone et doivent vous accompagner à chacun de vos concerts. Ne me dites pas merci !

« Hein ? », DVD de sensibilisation aux risques auditifs, CRDP de Poitou-Charentes, 6 rue Sainte-Catherine, 86034 Poitiers cedex. lib.crdp86@poitiers.fr (tel 05 49 60 67 60)

Lyon, le 15 août 2010.

07:43 Publié dans Sur le stade... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : concerts, crdp, motörhead, rammstein, dvd, poitou charentes, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/08/2010

P comme "Prix littéraires"

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Même si du côté de Gallimard, Grasset, Le Seuil et autre Hachette on commence à ferrailler pour, au final, se mettre d’accord sur qui devrait faire bingo lors des prix littéraires de l’automne, je ne suis pas devenu dingo au point de vous parler de ces fameux prix au milieu du mois d’août. En fait, je veux juste attirer votre attention sur un petit bouquin de Thomas Bernhard intitulé « Prix Littéraires » que Gallimard publie dans la collection blanche. Né aux Pays-Bas au début des années trente, au Zénith du succès dans les années soixante et disparu il y a presque vingt ans, Thomas Bernhard est probablement solidement implanté dans le quarteron des grands écrivains de langue allemande. En 1980, l’écrivain termine ce « Prix Littéraires » qui ne sera jamais publié du vivant de l’auteur. Bardé de prix, reconnu, adulé et respecté, Bernhard ne sera jamais du genre à se laisser embarquer dans le cirque littéraire et le monde artificiel des reconnaissances aux allures parfois articicielles. Dans ce très court ouvrage de quelques 150 pages, chacun, va en prendre pour son grade et avec un art exceptionnel de la détestation Bernhard interpelle l’industrie du livre, celle de la littérature et tout ce petit monde qu’il épingle avec talent et humour.

thomas bernhard.jpgA propos de distinctions honorifiques et de prix, je me demande après la remise par Iggy Pop, de la médaille de chevalier des Arts et Lettres à Philippe Manœuvre, s’il ne serait pas correct de remettre également le Goncourt au distingué rédacteur-en-chef de Rock n’Folk, tant la compilation de ses éditos, bien qu’aussi épais que des tranches de saumon d’Ecosse, mériterait au titre du patrimoine de figurer dans l’éternité de la littérature française. En attendant d’y voir plus clair dans l’avenir de Manœuvre et d’envisager sa publication dans la Pléiade, ruez vous sur ce « Mes Prix Littéraires » plutôt piquant.

Thomas Bernhard, « Mes Prix Littéraires », Gallimard, 12.50 euros

Lyon, le 14 août 2010.

13/08/2010

P comme "Parrain"

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C’est le sept avril 1994 que le parrain de Mazarine, la fille du Président, quittait ce monde. Il était retrouvé mort dans son bureau de l’Elysée, à quelques foulées de celui du Président. Bruits, rumeurs, fantasmes les plus récurrents vont immédiatement alimenter la chronique. Tout et pratiquement n’importe quoi va s’écrire, les pires délires vont également se colporter. Il faudra attendre 2010 et le livre de Raphaëlle Bacqué pour que la mort du parrain de Mazarine, François de Grossouvre, quitte le para-normal pour réintégrer l’histoire. En quelques 230 petites pages, petites en raison du format du livre, la journaliste du Monde règle définitivement cette pseudo-affaire de Grossouvre et nous explique, à l’instar des Rita Mitsouko, que les histoires d’Amour finissent parfois très mal. Celle entre les deux François, en suicide. C’est donc de l’amitié entre Mitterrand et de Grossouvre dont nous parle Raphaëlle Bacqué. De la rencontre de l’aristo-résistant avec celui qui, tel un aventurier venu parfois de nulle-part, allait devenir le grand président que nous connaissons. Une amitié amoureuse qui se termina par le suicide du responsable des chasses présidentielles avec un 357 Magnum.

Raphaelle Bacqué.jpgLivre d’enquête, produit de ce que l’on appelle « du travail », chose parfois rare dans les livres politiques, « le dernier mort de Mitterrand » est une lecture recommandée, un très bon bouquin à glisser dans le sac de voyage. Merci à André Soulier de m’avoir invité à le lire.

> Raphaëlle Bacqué, « Le dernier mort de Mitterrand », Grasset, 18 euros

Lyon, le 13 août 2010.

12/08/2010

P comme "Perron de l’opéra"

P 1.jpgFumée de cigarette. Et jazz. Dedans et dehors. Notes tremblées qui montent à l’assaut de l’Hôtel de Ville où, écrasés de chaleur, on attend les vacances en triturant des dossiers. Des lambeaux de triples croches s’accrochent aux crépis des façades de la place. La mousse des bières fraiches chuchote du Count Basie. Sur la place Pradel le disque d’Ipousteguy, rayé d’eau, joue du Labbé : « permet m’amour penser quelque folie ». Les skates claquent sur les dalles et leurs raclements scandent des rythmes free.

Les amis se sont retrouvés sur le perron de l’opéra ce soir d’été. Discussions passionnées et sourires échangés. Un homme seul aux cheveux blancs rêve d’ailleurs enfouis dans les plis du temps. La lumière se teinte d’orange en s’infiltrant dans la trame des grands rideaux. Elle coule discrète entre les tables et dessine sur le sol les découpes dansantes de Matisse.

La mousse me dessine des lèvres blanches et amères. La lanterne rouge attend son heure.

Perron de l'opéra.jpg

Perron de l’opéra, acrylique sur toile, 50x65 cm

Jean-Paul Schmitt.

11/08/2010

O comme "Orages ordinaires"

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Si enfoncé dans le hamac, un bouquin dans les mains, vous n’arrivez pas à tenir plus de cinq minutes avant de somnoler, il est probable que vous n’arriverez pas à vous sortir de la lecture pourtant passionnante du dernier William Boyd qui pèse presque ses 600 pages. Thriller épatant, « orages ordinaires » est le type d’ouvrage qui aurait illico produit des étincelles dans le cerveau particulièrement bien équipé d’un Hitchcock qui aurait tué père et mère pour en faire l’adaptation au cinéma. Quitte à choisir un « best seller » comme lecture de l’été, entre les Pancol, Levy, Musso, ou Tartempion, choisissez celui de l’Ecossais qui tisse ses intrigues entre labos et empreintes, traques et vengeance.

« J’ai lu dans le Guardian » dira Boyd à Libération lors de la promo des « orages » « un article sur la brigade fluviale de Londres, qui récupère chaque année une soixantaine de corps. Le chiffre m’a surpris. J’ai tout de suite pensé à l’Ami commun, de Charles Dickens, qui commence avec un mort dans la Tamise. Je me suis dit que la vieille ville victorienne était toujours là, sous le vernis moderne, branché et technologique. Je me suis demandé si je pourrais écrire un roman néodickensien, qui soit un portrait de la société comme le sont les grands romans victoriens. »

william boyd.jpgLe défit est une réussite pourrait répondre chacun de ses lecteurs à Boyd et je vous encourage à rejoindre le monde d’inventivité et de suspense de William Boyd.

> William Boyd, « Orages ordinaires », Le Seuil, 21.80 euros.

    Lyon, le 11 août 2010.

    10/08/2010

    O comme "Olympia"

    O 2.jpgA quelques encablures de la fête de Marie je me dois de rester léger et donc de vous livrer une de ces informations qui, je dois vous le confesser, me laisse presque sans voix. La scène se passe à l’Olympia il y a tout juste un mois, Iggy Pop achève son set et par la même occasion son public. Il quitte la scène et va enfiler, backstage, un costume à la blancheur persil pour, dans la foulée, aller remettre au dénommé Philippe Manœuvre la médaille de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. Vous avez bien lu, Iggy Pop épinglant Manoeuvre à l’Olympia. En échange de cette distinction toute républicaine, le rayonnant juré de la Nouvelle Star va quant à lui coller au vieil iguane un de ces disques d’or dont le show biz a le secret. En l’occurrence Manœuvre, aux anges selon l’expression de quelques témoins, refile au rocker gériatrique un disque de platine correspondant aux 100 000 exemplaires de « Raw power » vendus en France selon une police pour une fois d’accord avec les organisateurs.

    iggypop.jpgCette cérémonie officielle et républicaine organisée dans les coulisses du célèbre music-hall en dit long sur les mœurs de la république et d’un ministre de la culture qui sous traite à une pop star sur le retour le soin de distinguer une nouvelle star de la télé tout en notant que la légalité de la manœuvre est avérée puisque le Iggy en question est dépositaire de cette distinction depuis 2003. A quand Manœuvre remettant une médaille à Lady Gaga ?

    Lyon, le 10 août 2010.

    Photo: DR

    09/08/2010

    N comme "Neverland"

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    Le pauvre Michael Jackson devrait encore rapporter quelques sous d’ici la fin de l’année puisque une sorte de jeu vidéo à mi chemin du karaoké devrait s’imposer pour les prochaines fêtes de noël. Cela étant, à mon sens, il y a pire. En l’occurrence « Neverland Lost », une exposition de photographies de Henry Leutwyler proposée à la Fnac Montparnasse il y a encore tout juste deux mois, qui fait également l’objet de l’édition d’un couteux album et qui, à mon sens, fleure bon le malaise. De quoi s’agit-il ?

    Comme l’écrivait Next le très chic supplément de Libération, avec ces photographies présentées comme une collection d’objets personnels ayant appartenus à Jackson on a constitué une sorte de « mausolée d’un vieil enfant de 50 ans ». En vérité, c’est quelques temps avant de les voir partir aux enchères que Leutwyler a photographié, à Neverland, des objets qui seront miraculeusement rachetés par Jackson lui-même afin de bloquer leur vente. Tel un rapace, Leutwyler avait mitraillé comme un dingue ces objets entreposés et une fois Jackson passé dans l’au-delà, voilà que certains clichés apparaissaient. Si certains objets comme des meubles, bibelots ou tableaux ont le mérite, même s’ils n’offrent strictement aucun intérêt, de ne poser aucun problème, d’autres, à mon sens, frisent l’obscénité propre à toutes les reliques. Chemise de scène légèrement souillée par le fond de teint ou des escarpins de scène déformés inspirent un certain malaise. D’ailleurs Leutwyler dira que photographier ces reliques lui inspirait « une grande tristesse ».

    Neverland.jpgGrand photographe, il paraitrait que ce bien triste personnage détient des photographies de l’harmonica de Dylan ou du révolver de Chapman l’assassin de Lennon. En y ajoutant les frusques de Bambi il s’apprête à nous sortir un nouvel ouvrage qui est destiné à recenser les objets mythiques de la culture pop. Pauvre Michael, pauvre Leutwyler.

    Lyon, le 9 août 2010.

    08/08/2010

    M comme "Montagne sacrée"

    M 3.jpgLes orphelins au visage de Christ oriental cherchent le graal dans les poubelles où fermentent sacrés les déchets d’un monde rêvé dont la glu et les glaires collent encore aux plastiques éventrés.

    Quelque part au fond d’une Indonésie fumante, un chariot se penche sous le poids des métaux, fer-blanc de fortune, stock en vrac de souvenirs et d’odeurs chaudes.

    Pendant qu’au pied de la montagne sacrée des enfants au nom de fleur et d’oiseaux mangent silencieux, d’autres continuent à la labourer crânement, triant des trésors dérisoires.

    Un sourire brun court, fugitif, sur un visage boudeur. Un sac, éclatant comme un suaire, pèse sur le dos courbé d’un des cinq cents mille orphelins que le pays engendre.

    Les fumées de soufre sentent l’enfer, mais au fond des boites de fer la nuit cache encore des pépites.

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    La montagne sacrée, acrylique sur toile, 60x82 cm

    Jean-Paul Schmitt

    07:38 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : indonesie, christ, jean-paul schmitt, lyon, peinture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

    07/08/2010

    M comme "Machiavelli"

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    Pour tout vous dire, c’est en lisant mi-juillet dans Libération son portrait par Marcela Iacub que je me suis aperçu que Machiavel avait une descendante et qu’elle descendante ! Dâme de près de quatre-vingt ans, combative, n’ayant pas froid aux yeux et vivant à Rome, Béatrice Rangoni-Machiavelli est donc la descendante de l’auteur du « Prince » (1469-1527). Cette vieille dâme est un personnage hors du commun détestant aussi bien Silvio Berlusconi que les curés, combattante de la cause des femmes et des droits des homosexuels. Cet été elle confiait donc à la chercheuse et écrivaine une de ses petites anecdotes savoureuses concernant son ancêtre dont elle jurait presque de l’authenticité. Machiavel, selon Beatrice Machiavelli, alors qu’il vivait ses derniers instants, reçut la visite d’un prêtre qui s’était fixé comme tâche de chasser le diable niché dans l’agonisant. Face à ce curé bien décidé à en découdre avec le démon, Machiavel aurait répondu, selon Béatrice, « Mais vous croyez que c’est le moment pour se faire des ennemis ». Vrai ou faux, seuls Machiavel et le diable peuvent le dire mais la tentation était grande d’aller voir du côté de la nouvelle biographie de Machiavel publiée il y a quelques semaines par Folio. Son auteur, Hubert Prolongeau, ne rapporte bien entendu pas les propos de Machiavel tels que racontés à Marcela Iacub par la descendante mais, comme dernière parole du maître, le définitif, « Je préfère aller en enfer discuter de politique avec les damnés plutôt que de m’ennuyer au paradis avec des imbéciles ». Pas mal non plus !

    Machiavel.jpeg> Hubert Prolongeau, « Machiavel », Folio biographie, inédit, 7 euros

    > Marcela Iacub, « Retour de Machiavel », Libération du 11 juillet 2010

    Lyon, le 7 août 2010.

    06/08/2010

    M comme "Mauvais geste"

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    Ancien journaliste sportif au Progrès, désormais ardent militant de la cause gastronomique et auteur prolifique de livres à la gloire de nos chefs étoilés, c’est Jean-François Mesplède qui m’a passé « Eloge du mauvais geste » d’Ollivier Pourriol. Cet ouvrage est l’un de ces nombreux bouquins apparus quelques temps avant la Coupe du Monde Sud-Africaine mais, il convient de le dire, un des plus intéressants. Pourriol essaye, vous l’avez compris, de nous dire que les « Mauvais gestes » en question, ceux de Maradona, Zidane, Henry ou Cantona sont en vérité autant de « chefs d’œuvres à l’envers », quasiment des gestes artistiques majeurs. Avec Pourriol, c’est l’agrégé lettré qui se mêle de football et, même si parfois la prose est légèrement gonflante, au bout du compte il s’agit d’un vrai plaisir de lecture.

    Depuis les exploits de notre équipe nationale en juin dernier, Pourriol doit pourtant admettre que les gestes presque romantiques de nos « Bad boys » sont désormais balayés par la triste réalité incarnée par les Gallas, Ribéry, Anelka ou Evra, par des loustiques aux comportements et aux inclinaisons douteuses dont il conviendra bien un jour procéder à l’inventaire précis et ce, sans états d’âmes.

    Gallas.jpg> Ollivier Pourriol, « Eloge du Mauvais geste », Nil Editions, 13,50 euros

    Lyon, le 6 août 2010.

    Photo: DR

    05/08/2010

    L comme "Lunch (Lydia)"

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    Lydia Lunch est un de ces mythes dont le rock and roll est particulièrement friand. Chanteuse, écrivaine et plus ou moins actrice, Lydia, de son vrai nom Koch, est issue de la rue new yorkaise. Fugue, inceste, zonant dans l’underground des années soixante-dix c’est avec Teenage Jesus and the Jerks que la chanteuse va s’imposer au point de totaliser aujourd’hui une impressionnante discographie. Plus ou moins tenante d’une sorte de « Spoken words » dans la lignée de Henry Rollins, Lydia Lunch, à partir de sa base de Barcelone continue d’écumer les petites scènes européennes. Alors que peu de ses ouvrages sont traduits en français, « Au Diable Vauvert » vient de mettre à la disposition du public francophone « Déséquilibres synthétiques » (« Will Work For Drugs ») traduit par Virginie Despentes et Wendy Delorme.

    Cette compilation de textes parfois proches du chaos est un mélange de fictions et d’entretiens (Hubert Selby Jr, Nick Toshes…) qui valent leur détour. Loin de la noirceur de « Paradoxia » ce recueil pour fans aborde tout à la fois l’Irak ou la religion mais surtout nous plonge dans l’univers cruel de sa jeunesse à Rochester entre une mère inquiétante et un père qui joue la virginité de la fille au poker. « La bête », un autre texte de ces « déséquilibres » nous raconte l’histoire du batteur fou de Teenage Jesus, quelques dizaines de pages résumées par la formule « dope-detox-hosto-prison » par Geraldine Sarratia dans les Inrockuptibles. Recommandé aux amateurs éclairés attirés par le noir.

    lydia lunch.jpg> Lyndia Lunch, « Déséquilibres Synthétiques », Au Diable Vauvert, 2010, 18 euros.

      Lyon, le 5 août 2010.

      04/08/2010

      L comme "Lumière"

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      Après Clint Eastwood en 2009, pour cette seconde édition du Grand Lyon Film Festival, c’est donc Milos Forman qui va être honoré en recevant le « Lumière 2010 ». Avec ce festival dédié, ce qui est unique, au patrimoine et à l’histoire, Thierry Frémaux le directeur de l’Institut Lumière et patron de l’évènement est sur le point de transformer l’essai marqué dès la première édition. En effet en 2010, Frémaux n’a pas souhaité mollir puisque les copies restaurées vont se chamailler avec les copies neuves, le ripolinage sonore va être de la partie, des films vont sortir de l’oubli, les hommages et rétrospectives vont se multiplier. Véritable 14 juillet cinématographique, le Festival lyonnais va être du 4 au 10 octobre, le feu d’artifice populaire qu’il revendique.

      Intégrale des films de Luchino Visconti en copies neuves, hommage à Raymond Bernard, fils du célèbre Tristan mais surtout réalisateur oublié, coups de zoom sur les seventies, le Grand Lyon Film Festival 2010 s’annonce comme particulièrement riche. Avec « The Big Fix », une sorte de rappel rafraîchissant des années 70, Thierry Frémaux souhaite remettre en évidence le cinéma de Bill Norton ou de Richard Sarafian. Même inclinaison avec « Profondo Rosso » un coup de chapeau à Dario Argento ou la rétrospective « Déjà classique » qui regroupera par exemple le cinéma de Costa-Gavras, de Jean-Jacques Annaud ou des « Valseuses » de Blier.

      Côté restaurations, le festival lyonnais imprime sa marque puisque une sélection des grandes restaurations sera proposée au public avec par exemple « Boudu sauvé des eaux » (Renoir, 1932), « Le Tambour » (Schlöndorff, 1979), « La 317ème section » (Schoendorffer, 1964) et bien d’autres.

      Avec sa nuit du cinéma, une Halle Tony Garnier réservée aux enfants le mercredi après-midi, un « Tribute à Antony Quinn », les plus sublimes moments du muet, la venue de Jean-Louis Trintignant en « guest star », le festival n’en continue pas moins d’irriguer le Grand Lyon en étant présent dans 40 salles qui accueilleront toutes des réalisateurs et acteurs. Deux villages, dont l’un sur la péniche la Plateforme sera nocturne, serviront de base arrière au festival qui s’appuiera, rappelons-le sur 4 cinémas permanents (Institut Lumière, Pathé Bellecour, Comoedia et CNP Terreaux). Comment vous en dire plus au risque de vous lasser. Pour vous informer sur ce Grand Lyon Film Festival qui prendra directement la succession de la biennale de la dance, une seule solution, le www.festival-lumiere.org et éventuellement le 04 78 76 77 78 pour acheter ses billets.

      Lyon, le 4 août 2010.

      03/08/2010

      L comme "Laura (Smet)"

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      En toute extrémité de 2009, quelques jours avant de faire une tentative de suicide, Laura Smet fille de Johnny Hallyday enregistrait avec son demi-frangin, David, artiste lyrique, un duo. Universal pariait alors beaucoup sur ce « On se fait peur » dont le clipage était confié à Olivier Dahan, le réalisateur du biopic de Piaf. Ne pouvant, encore une fois, résister à la diffusion de ce qui se fait de mieux dans notre pays sur le plan culturel, voici quelques extraits de ce « Sweet lover » malheureusement passé inaperçu en raison de la vie agitée du père, les louches soutiens du président à l’égard du demi-frangin, les tournées avortées et les plantages les plus divers.

      « David

      A trop vouloir l’impossible

      à trop se croire invincible

       

      Laura

      A trop craindre les regrets

      De vivre à moitié

       

      Ensemble

      On se fait peur

      au quotidien

      on se fait peur

      freine

      tire un peu plus fort sur les rênes

      avant qu’on se fasse de la peine

      avant que le vide nous entraîne

      freine

      tire un peu plus fort sur les rênes

      avant qu’on finisse à la benne

      avant que le vide nous entraîne »

       

      Encore une fois, ne me dites pas merci.

       


      Johnny Laura 1986
      envoyé par ejr2. - Clip, interview et concert.

      Lyon, le 3 août 2010.

      02/08/2010

      K comme "Kerouac"

      K.jpg

      On savait, tout du moins la légende le colportait jusqu’à nous, on savait donc que Kerouac avait tapé à la machine à écrire « Sur la route » en trois semaines sur un …. Rouleau de papier d’une quarantaine de mètres. On savait aussi que la version, que nous lisions depuis que nous avions découvert Jack Kerouac, était passée à la machine, comme lessivée par des éditeurs que d’ailleurs l’auteur avait mis du temps à convaincre de faire leur travail. Aujourd’hui Gallimard publie dans une traduction de Josée Kamoun cette version du « rouleau original » de ce canadien français devenu un mythe de la littérature américaine. Ce fameux rouleau objet de cette édition définitive est réapparu à New York en 2001 lors d’une vente aux enchères mais les spécialistes supposent qu’il y manque les derniers mètres. Ne comptant pas me mettre à la lecture de « Sur la route (le rouleau original) » et de ses 500 pages il n’est pas impossible que j’attende que l’on publie la version, cette fois-ci définitive, avec les quelques mètres faisant défaut. En revanche si certains d’entre vous avaient jusqu’ici échappé à ce chef d’œuvre de la littérature beatnik, la publication de la version « rouleau » est peut-être une opportunité de lecture en ce mois d’août, un rouleau qui vous rappellera une route, un manuscrit qui faisait dire à Kerouac « je l’ai déroulé sur le plancher et il ressemble à la route ».

      • > Jack Kerouac, « Sur la route » (le rouleau original), Gallimard, 24 euros

      Lyon, le 2 août 2010.

      01/08/2010

      J comme "Jour de Fête"

      J.jpgAujourd’hui 1er août c’est jour de fête chez nos voisins suisses ou plus exactement jour de Fête nationale, le seul jour férié officiel dans toute la confédération et ce depuis seulement 1994. Cette fête nationale renvoie à l’acte fondateur de la confédération datant quant à lui de 1291. Les suisses sont parfois jugés comme lents mais avouez qu’attendre 1994 pour fêter un évènement survenu en 1291 témoigne d’une farouche volonté de réfléchir avant de prendre une décision. A propos de réflexion, nos amis suisses vont parfois plus vite que leur musique à l’instar de la chasse aux minarets entamée il y a peu. Territoire refuge des migrants et évadés fiscaux, la Suisse est connue pour son climat qui convient parfaitement bien à nos sportifs qui peuvent ainsi bénéficier de l’air helvète pour se refaire une santé entre deux compétitions. Point noir, si pilotes de Formule 1 et tennismen (et women) s’acclimatent à la perfection au mode de vie suisse, convenons que le reste de la planète ne fait que peu de cas des sports nationaux suisses puisque la lutte suisse, le lancer de pierre, le hornuss, le jass, le eidsstock ou les combats de reines sont ignorés par tous. Au nom de l’ensemble des lecteurs de « De Lyon et d’ailleurs » qui, pour certains, vont s’aventurer toute la journée dans les bouchons, je veux souhaiter une bonne fête nationale aux suisses et spécialement aux membres de la garde suisse pontificale, aux conseillers du canton du Valais, de Genève ainsi qu’aux membres du gouvernement jurassien.

      suisse.gifBonne fête au Crédit Suisse, à l’UBS ainsi qu’aux Youngs Gods, à Stéphan Eicher et Patrick Juvet.

      Bonne bourre aussi à Johnny Halliday (Gstaadt), Charles Aznavour (Cologny), alain Delon (Genève), Henri Leconte (Cologny), au camarade Kinder-Bueno Tsonga (La Rippe), à Guy Forget (Neuchâtel), Alain Prost (Nyon), Jean Alesi (Nyon) en leur disant de faire attention à la frontière car il n’est pas rare d’y rencontrer Eric Woerth traîner, le pauvre homme se croyant encore ministre du budget.

      Lyon, le 1er août 2010.

       
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