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30/08/2010

Retraites à l’allemande

409px-SPD-Cube.svg.pngAlors que d’ici quelques jours la question des retraites va une nouvelle fois être posée dans la rue, c’est bien entendu du côté de l’Allemagne, pays très souvent montré en exemple de ce côté-ci du Rhin, que l’on lorgne. En effet, en invitant son pays à revoir l’âge de départ en retraite, Sigmar Gabriel, le président du SPD, a mis les pieds dans le plat en brisant ainsi le tabou imposé par son prestigieux mais contesté prédécesseur Gerhard Schroeder. Le leader social démocrate s’est donc manifesté en remettant en cause la loi de 2007 qui prévoyait une augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite à 67 ans à partir de 2012. La loi en question conditionnant son entrée en vigueur au niveau d’emploi des seniors, Sigmar Gabriel a mis en avant le fait que seulement 10% des 60-64 ans exercent une activité professionnelle en Allemagne. Pire, concernant certaines professions, le taux ne dépasse même pas les 2% ce qui fait dire au leader du SPD que « l’on ne peut pas punir ceux qui ne peuvent plus travailler au-delà de 65 ans en réduisant de facto leur pension ». Cette nouvelle position d’une fraction du SPD à l’égard des retraites pose de toute évidence l’abrogation de la loi de 2007 alors que d’autres mettent au contraire en avant la nécessité de repousser l’âge de départ en retraite à… 70 ans.

Ce débat allemand largement alimenté par la situation démographique d’un pays atteint de vieillissement n’autorise plus la droite française à inviter de force l’exemple allemand dans nos propres discussions. Fonctionnant jusqu’ici comme une sorte d’argument d’autorité, il va bien falloir que ceux qui entendaient imposer ici la réforme des retraites en s’appuyant sur cette mythique vision allemande, changent leur fusil d’épaule.

Lyon, le 30 août 2010.

29/08/2010

Z comme "Zone critique 2010"

Z.jpgLes murs semblent tenir encore quand surgissent les extrêmes.

Les ordres aux visages colorés discutent doctement ou veillent, la violence cachée au creux des robes saintes et des boucliers.

Les peintres sont en bâtiment et le plafond de la Sixtine dégouline. On achète des burkas pendant que les rebelles, visière sur la nuque, bombent rageurs.

Un clown humain dirige le monde et tutoie l’Esprit de son doigt créateur. Il renverse les frontières fraternelles de ses paroles impulsives. Pendant que rêve le spectateur qui dort comme un enfant, d’étranges étrangers incorporés sur des listes d’asile noircies annuellement attendent résignés l’avion qui les emmènera vers le pays inconnu.

Don Quichotte épuisé dort à même le sol. Aux croisements des rues, les vierges ricanent. Qui voit encore Ernest Pignon Ernest sortir le crucifié du tombeau ?

L’état est limite et la zone est grise. Ni démocratie ordinaire, ni dictature. Ferments d’un basculement possible.

Zone critique 2010.jpg

Zone critique 2010, acrylique sur toile, 73x100 cm

Jean-Paul Schmitt

 

28/08/2010

Y comme "Yeshoua"

Y.jpgLe long des trottoirs bleus du midi, dans les pavés disjoints, à ras des murs de la ville, la balsamine ne pousse plus. Plus personne ne sait comment embaumer la plaie du temps.

Seul le vin amer calme encore l’impatience. L’eau est trop rare dans l’été de feu pour l’alegria. Où trouver ailleurs que dans l’ivresse le balsamo pour éviter les stigmates ?

Regarde-moi. Touche moi…

Yeshoua.jpg

Yeshoua, acrylique sur toile, 30x60 cm

Cadavre, l’homme qui titube et que les passantes ignorent tant elles croient le connaître ? Un seul regard les ferait impures pour sept jours ? Déjà enfants, elles courent se rincer avec l’eau des cendres de la vache rousse qui dort là-bas, après la place brûlante et blanche.

Pas une pour toucher ce Yeshoua qui rêve dans un ultime hoquet de leur dire : « Noli me tangere ».

Il a vu tant de Corrège, de Bronzino, de Fra Bartolomé, Mantegna, Holbein, Greco, Guerchin et autres Poussin pour ne pas crever du désir de rencontrer enfin celle qui voudrait le toucher.

Jean-Paul Schmitt

06:49 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, jean-paul schmitt, poussin, lyon, greco | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/08/2010

X comme "XX (The)"

X.jpg

Il y a presque un an nous arrivait du sud-ouest londonien the XX un de ces groupes venus de nulle part qui en l’espace de quelques semaines peuvent aussi bien entamer une ascension définitive comme sombrer dans les oubliettes. Au terme d’un été plutôt favorable puisque écumant quelques-uns des festivals majeurs, the XX est, à condition que Dieu lui prête vie, en passe, si le deuxième album est à la hauteur, de bifurquer dans le monde des vedettes. Il faut dire que la pop légèrement new wave minimaliste du groupe de Oliver Sim est charmeuse malgré quelques inclinaisons à la déprime. De là à penser que nous tenons là Les Cure ou Depeche Mode d’après demain il y a un cap que je ne suis pas disposé à franchir.

A l’affiche des Eurockeennes, du Festival d’Hérouville Saint-Clair et des Nuits de Fourvière, j’ignore si l’essai a été transformé sur les scènes estivales mais de toute façon le plus difficile reste à faire. En effet, après le tourbillon engendré par le succès plus que remarqué du premier album, les gamins The XX devront être solides. D’après Hugo Cassavetti de Télérama l’environnement familial du groupe devrait être un atout car avec the XX pas question de conflit de génération, de rébellion ou de contestation. Il faut s’y faire, désormais nos rockeurs sont des fayots.

J'étais l'invité hier de la web TV lyonnaise Surf TV qu'anime Daniel Dubois. Voici la vidéo:

JYS Surf TV.jpg

Pour poursuivre sur la musique, je suis, avec l'équipe de Woodstower, l'invité demain à 10h samedi d'Hervé Laurent sur Radio Pluriel (FM 91.5). Vous pouvez écouter en direct l'émission ici. On parlera du festival, de culture à Lyon et de rock and roll.

Lyon, le 27 août 2010.

26/08/2010

W comme "Woodstower"

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C’est donc les 3, 4 et 5 septembre prochain que se tient sur le Parc Nature de Méribel-Jonage le Festival de Woodstower.

Chaque année je m’évertue à vous convaincre d’aller faire un petit tour sur le « grand parc » histoire de soutenir ce festival qui, rappelons-le, était prié il y a quelques années de quitter sa base de l’ouest-lyonnais. Chaque fin d’été, malgré le travail effectué par les équipes de Woodstower et celles du Parc, les jeunes lyonnais ne sont pas en nombre suffisant pour assurer l’avenir d’une manifestation prometteuse. En effet, au-delà des quelques milliers de spectateurs qui se déplacent, si seulement les milliers d’autres, tous persuadés que c’est une idée géniale d’organiser un festival dans un Parc naturel, passaient enfin aux actes, dans les années qui s’annoncent la région lyonnaise serait à la tête d’un magnifique évènement musical, Woodstower devenant un véritable tremplin musical pour la saison à venir.

Arno JYS.jpgPour revenir à l’édition 2010 qui s’ouvre dans quelques jours, l’équipe de Woodstower a fait l’effort d’une programmation qui devrait faire l’affaire de tous autrement c’est à ne plus rien comprendre. Avec comme têtes d’affiches Peter Doherty, l’homme qui fume si bien sur scène, Arno notre meilleur rocker continental, Archive et Olivia Ruiz, Woodstower accueille également ce que Thomas le programmateur m’annonçait comme une véritable surprise pour le public français à savoir Tokyo Ska Paradise Orchestra. La très énergique Jeanne Cherhal, Luke, Four Tet ainsi qu’une kyrielle d’autres artistes attendent, entre fin des vacances et rentrée celles et ceux qui apprécient les évènements rassembleurs et à l’esprit aussi positif comme peut l’être Woodstower. Juré, craché, vous serez tous à Miribel-Jonage le premier week end de septembre.

Lyon, le 26 août 2010.

25/08/2010

V comme "Valse ou tango ?"

V.jpgSonge de valse ou tango rêvé ?

L’accordéon de Richard Galliano fait rouler des trilles de triolets, billes de verre aux couleurs emprisonnées d’agates, qui claquent en cascades sur les gradins de Fourvière. En bas, dans la rue, des rêves d’amants tournent gouailleurs et nostalgiques devant la tente oubliée d’un bar perdu. Blessures de lumière. Regards accrochés au lointain des horizons intérieurs. La ville tourne, tourne.

Valse.

Ralenti. Arrêt infime. Le bruit d’un rideau ponctue le silence. Argentique argentin au futur de papier glacé trop tôt jauni.

Pas glissés sur l’asphalte.

Tango !

Valse ou tango_.jpg

Valse ou tango ? acrylique sur toile, 73x54 cm

Jean-Paul Schmitt

24/08/2010

U comme "Urbatopies"

U.jpg

L’an passé, ici même, je vous disais le plus grand bien de l’ouvrage de Jean Haëntjens intitulé le « Pouvoir des villes » publié par les éditions de l’Aube. Cette année, le même auteur, chez le même éditeur, nous propose « Urbatopies » un voyage dans des villes qui, selon Haëntjens « sont en train d’inventer l’urbanisme du XXIème siècle ». Cocorico, avec Barcelone, Bilbao, Copenhague, Turin, Hambourg, Vancouver ou Nantes, Jean Haëntjens distingue Lyon ce qui, vous vous en doutez n’est pas pour me déplaire. Plus sérieusement dans un bouquin efficace car ramassé, Jean Haëntjens, qui tire quelques utiles leçons comme praticien car patron d’une agence d’urbanisme, nous propose avec « Urbatopies » une sorte de prolongement du « Pouvoir des villes ». Planification, Stratégie, Urbanisme durable, interrogations quant à la qualité urbaine sont au menu d’un bouquin dont les contours politiques, au bon sens du terme, sont particulièrement présents ne serait-ce qu’en s’en prenant « au glamour planning », « aux coups architecturaux sans lendemain » et en affirmant la nécessité d’impliquer nos concitoyens.

Le livre est destiné à l’ensemble des, professionnels de la ville, étudiants, élus, militants associatifs. Publié par l’Aube, il bénéficie au sein de la collection « Villes et territoires » de l’environnement de l’ESSEC business school pour, au bout du compte, se situer dans une collection que je ne résiste pas à vous conseiller.

- L’aube, « Villes et territoires » - ESSEC business school

- Jean Haëntjens, « Urbatopies », 2010, 16 euros

- Patrice Noisette et Franck Vallérugo, « Un monde de villes », 2010, 21 euros

- Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabin, « Urbi et Orbi – Paris appartient à la ville et au monde », 2010, 19 euros.


NB: Réponses du quizz d'hier:

  1. Réponse A : le Front National
  2. Réponse B : Nicolas Sarkozy
  3. Réponse A : le Front National
  4. Réponse B : le Front National
  5. Réponse B : Marine Le Pen
  6. Réponse B : Nicolas Sarkozy
  7. Réponse A : Marine Le Pen
  8. Réponse B : Nicolas Sarkozy

Lyon, le 24 août 2010.

23/08/2010

U comme "Ulcérés"

812274608.jpgCet été, à propos du « président voyou », Jean-François Kahn nous a proposé une explication au nauséabond discours de Sarkozy suite aux événements dits de Grenoble. Pour Kahn, la thèse est simple. Sarko n’est pas un xénophobe ou un raciste, encore moins une variante des Le Pen. Pour l’ancien patron de Marianne, Nicolas Sarkozy est une sorte d’animal politique totalement désinhibé, affecté d’aucun interdit moral, politique ou idéologique. Comme le caïd dans sa cité, Sarkozy est, selon Jean-François Kahn, prêt à déclarer toutes les guerres à toutes les bandes rivales pour assurer l’avenir de son business. C’est donc un « président voyou » pas du tout effarouché qui, pour continuer à squatter l’Elysée après 2012, déploie les pires méthodes inspirées par les plus hideuses idées.

Brice_Hortefeux311008275_thumb%5B2%5D%2051DCD105.jpgBien que séduisante l’explication de Kahn peut être contestée mais il n’empêche que ce mois d’août 2010 demeurera dans la mémoire des démocrates et républicains français comme l’un des pires de la Vème république. Au nom de la défense des « honnêtes gens », les Hortefeux, Ciotti et autres Estrosi, chiens de garde du sarkozysme, ont dépassé les bornes en promettant des déchéances de nationalité, en pratiquant la chasse aux roms, en menaçant d’emprisonner les parents d’enfants délinquants, en voulant supprimer le paiement en espèces des allocations de rentrée ou en menaçant les maires (de gauche) soupçonnés de faire le lit de la violence. Le Monde daté de lundi dernier a judicieusement rappelé à ses lecteurs l’étrange similitude des formulations du Président avec celles des responsables du Front national. Au cas ou vous ne seriez pas ulcérés au terme de ce mois d’août par les vociférations gouvernementales et les propositions présidentielles, voici quelques extraits des propos tenus par la famille Le Pen et par le chef de l’Etat. A vous de faire le test, réponse demain.

Ils ont dit :

1)« La déchéance de nationalité pourra être prononcée par la juridiction concernée dans le cas de naturalisation acquise depuis moins de 10 ans et dans le cas de crime ou de délit grave ayant entrainé une condamnation à plus de 6 mois de prison, non assortie de sursis.»

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

2)« La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique »

Réponse A : Jean-Marie Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

3)« Nous voulons généraliser la tolérance zéro dans certains domaines et instaurer une répression sévère contre les attaques organisées visant les forces de l’ordre, les secours ou les pompiers, notamment dans les quartiers sensibles »

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

4)« Il faut supprimer l’acquisition automatique de la nationalité. L’acquisition dépendrait alors de critères reposant sur la bonne conduite et le degré d’intégration. »

Réponse A : Brice Hortefeux

Réponse B : le Front National

5)« Un terme doit être mis à l’avancée des signes ostensibles de l’Islam »

Réponse A : Nicolas Sarkozy

Réponse B : Marine Le Pen

6)« Chacun doit savoir se garder de toute ostentation, de toute provocation »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

7)« Les Français ressentent douloureusement le fait d’être bousculés dans leur identité nationale »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

8)« Le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

Lyon, le 23 août 2010.

Photo: DR

22/08/2010

T comme "Théâtre"

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Triste et maudit été 2010 pour les lyonnais amateurs de théâtre puisque Philippe Faure, le directeur du théâtre de la Croix rousse s'en est allé, lui qui était tout sauf un malade imaginaire.

Demain, beaucoup d’entre-nous retrouveront le travail et, m’adressant là tout particulièrement aux lyonnais, je vous suggère de songer au cours de la semaine à vos abonnements si le théâtre vous intéresse. « Les Célestins » et « La Croix Rousse » proposent en effet une belle saison 2010-2011 et il ne faut pas être grand clerc pour prévoir à terme quelques embouteillages pour certains spectacles, certains jours. Plouf ! plouf ! Commençons par la Croix Rousse qui propose le beau menu concocté par Philippe Faure et accueille en Octobre l’excellent et toujours aussi beau Sami Frey, qui joue et met en scène « Premier amour » de Beckett, un spectacle créé l’hiver dernier au Théâtre de l’Atelier.

Pas le temps de se remettre de l’évènement puisque on nous suggère dans la foulée, « La Médaille », une adaptation du roman de Lydie Salvayre par Zabou Breitman puis début novembre 2 dates pour Christophe, le musicien étant sur le point de devenir un véritable pensionnaire croix roussien. Je ne vais pas vous faire l’article dans les moindres détails mais sachez que le théâtre de la Croix Rousse enchaîne avec Sylvie Mongin qui adapte Charles Juliet, des « Précieuses ridicules » popisantes, Victor Hugo mis en scène par Laurent Pelly, l’épatant Olivier Py adaptant les contes des frères Grimm sans oublier Perec est également de la partie.

Du côté des « Célestins », le menu est lui aussi alléchant puisque Claudia Stavisky invite d’entrée Jean-Louis Trintignant qui interprétera Prévert, Vian et Desnos dans un spectacle teinté de musique. Après « La nuit, les brutes » une création mêlant également musique et théâtre, Bruno Boëglin nous revient avec « Le prix Martin » et je ne vous cache pas attendre avec impatience la confrontation de Boëglin à l’univers bourgeois de Labiche. Après « Les récits de Choukchine » spectacle en russe surtitré en français puis « L’Opéra du Dragon » mis en scène par Johanny Bert, Lavelli débarque aux Célestins avec « Le Garçon du dernier rang » précédant « Les nouvelles brèves de comptoir » de Gouriot (Théâtre du Rond Point). Pour les fêtes de fin d’année, place à Alfredo Arias et son « Cabaret Brecht Tango Broadway », en janvier Jean-Pierre Vincent avec un Marivaux (Théâtre des Amandiers) et surtout le Théâtre du Soleil qui, depuis le Palais des sports de Gerland, fortement inspiré par Jules Verne et en partie écrit par Hélène Cixoux, proposera son nouveau spectacle « Les naufragés du fol espoir (aurores) ». Un évènement ! Shakespeare, Ionesco, Molière prendront la suite sans oublier bien entendu du 17 mars au 7 avril le spectacle mis en scène par la patronne des Célestins, Claudia Stavisky, « Le dragon d’or » un dyptique dont on nous dit qu’il est « l’évocation du déracinement, le rapport au pays d’origine ou au pays d’accueil », comme une sorte d’interrogation sur « des crispations nationalistes qui hantent les sociétés en proie aux doutes et aux crises.»

Théâtre de la Croix-Rousse, accueil et réservations au 04 72 07 49 49 et sur www.croixrousse.com

Théâtre des Célestins, direction Claudia Stavisky et Patrick Penot, billetterie au 04 72 77 40 00 et sur www.celestins-lyon.org

Lyon, le 22 août 2010.

S comme "Saison en images (une)"

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Lyon, le 22 août 2010.

20/08/2010

S comme "Saatchi"

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Début juillet, Charles Saatchi annonçait vouloir offrir à la Grande-Bretagne pour 30 millions d’euros d’œuvres d’art. Quelle générosité ! Charles Saatchi, co-fondateur de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi célèbre en son temps pour sa dévotion à l’égard de Margaret Thatcher est donc, comme il sait parfaitement le faire, de retour dans l’actualité. Une actualité qui n’a rien à voir avec la publicité puisque se situant dans l’autre grand domaine de l’arnaque, à savoir l’art contemporain. Ce Charles, que l’on ne doit pas confondre avec Maurice, l’autre Saatchi, est donc un pubard en exil dans l’art contemporain, un type qui a tendance à réussir tout ce qu’il touche. A la tête de la première agence mondiale à l’époque du thatchérisme triomphant, Charles va très vite, malgré ses déboires de fils de pub devenir un incontournable de l’art contemporain Londonien. Fondateur d’une galerie sur Boundary Road, le collectionneur invétéré qu’il est devenu va faire sensation avec justement « Sensation » une exposition qui en 1997 va promouvoir à l’échelle de la planète les YBA (Young British Artists) tout d’abord à Londres (Royal Academy) puis à New York (Brooklyn Museum). Le scandale aidant Saatchi va s’en mettre plein les poches en assurant « la promo-vente » d’artistes comme Damien Hirst. « Sensation » devenant un véritable trampoline dans la carrière du natif de Bagdad, c’est donc, fort de sa nouvelle mauvaise réputation que Saatchi va ouvrir sur King’s Road 6 500 m² d’exposition d’art contemporain, un record planétaire pour une galerie. Peu bavard et cultivant son mystère oriental, époux de la célèbre Nigella Lawson, fille de son père éminent membre du part conservateur et productrice d’émission sur la bouffe, Charles aime s’entourer du mystère qui convient. Phaidon vient de traduire en français « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique » une série d’entretiens que je vous engage à lire car c’est à mon sens la seule manière d’être certain de continuer à détester Charles Saatchi. Alors faites comme moi, si le cœur vous en dit.

charles_saatchi.jpgCharles Saatchi, « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique », Phaidon, 9.95 euros.

Lyon, le 20 août 2010.

Photo: DR

19/08/2010

S comme "Sociologie de Lyon"

S 1.jpg

Voilà un petit bouquin de 120 pages, au demeurant fort intéressantes, qui pourrait s’adresser à priori à celles et ceux qui sont d’ailleurs, les gens d’ici étant toujours persuadés de connaître à la perfection leur ville. En fait cette « sociologie de Lyon » conçue par des universitaires lyonnais peut-être utile à tous. On peut la mettre entre toutes les mains car elle évite avec soin les clichés que très souvent la presse nationale continue de colporter. Cette petite sociologie est également recommandée à ceux qui voient des bobos partout ou qui doutent de la vocation internationale de la ville. Bref, vous saurez tout (ou presque) sur Lyon, sur une cité jeune, active et dynamique. Sur des Lyonnais qui sont plutôt sur-diplômés et qui semblent ne penser qu’à bosser au point d’oublier de se marier et donc de faire des enfants.

Vous l’avez compris aux confins de la géographie, de l’économie et de la sociologie, cet ouvrage de la collection « Repères » de La Découverte examine, après Bordeaux et Paris, le cas lyonnais avec un regard expert et un sérieux qui devient parfois rare de nos jours.

Sociologie de lyon.gif

« Sociologie de Lyon », Jean-Yves Authier, Yves Grafmeyer, Isabelle Malon et Marie Vogel, collection Repères, La Découverte.

Lyon, le 19 août 2010.

18/08/2010

R comme "Run in Lyon"

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Le simple fait de vous en dire quelques mots me fatigue déjà. En effet « Run In Lyon », le nouvel évènement marathonesque pour dératés pointe le bout du nez puisque c’est le 3 octobre prochain que l’association « oxygène évènement » nous livre la première édition de son concept transpirant trois en un (10 km, 21 km, 42 km).

Un peu à la manière du Lyon Free VTT dont la réussite n’est plus à démontrer et qui fait manifestement des émules, « Run In Lyon » va tenter, en vous faisant cavaler, de faire découvrir notre bonne ville à ceux d’ici comme d’ailleurs.

Avec son 10 km, quais et cœur historique inclus sans oublier une petite grimpette à Fourvière jusqu’au Marathon estampillé 42 kilomètres chacun pourra souffrir selon son choix sachant que les organisateurs qui se veulent probablement rassurants prévoient un « village santé prévention ». Grâce à la société générale, chère au Lyonnais Kerviel, on pourra s’inscrire en binômes sur deux des courses. Flottants fluos, Nike huilées prêtes à souffrir, marcels en tissus technologiques seront donc de sortie le 3 octobre mais comme ces courses sont plus faites pour des gens comme vous que comme moi je vous signale que les radins ne doivent pas traîner pour s’inscrire. Sorte de marathon low coast ce « Run In Lyon » vous taxe de 10 euros jusqu’au 31 août, de 13 euros à partir du 1er septembre et de 16 le jour de la course. Maintenant que vous voilà prévenus il ne vous reste plus qu’à vous entraîner, à manger des pâtes et à accepter mes encouragements.

- « Oxygène Evènement », vélodrome du parc de la tête d’or, 69006 Lyon. Téléphone, 04 72 44 92 32 et oxygen.patrimoine@wanadoo.fr

Lyon, le 18 août 2010.

07:47 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : run in lyon, marathon, oxygene, course, lyon, lyon free vtt | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/08/2010

R comme "Rock and Roll"

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Depuis quelques temps, le monde du rock connaissait ses prix de tickets prohibitifs, son goût pour les places assises et parfois même numérotées, aujourd’hui les fans les plus friqués exigent d’occuper des places VIP pour assister au concert de leur idole. Il y a peu, le New York Times nous racontait l’histoire de fans qui pour 1750 dollars avaient droit, sur la tournée de Bon Jovi, à un siège au premier rang ainsi qu’une chaise pliante en métal noir dont le coussin était frappé d’un logo rouge et or aux armes du chanteur. Mieux, les répétitions du bébé chantant Justin Bieber sont à l’occasion facturées 350 dollars, pour 800 dollars Christina Aguilera pose pour une photo et pour 900 dollars on peut même dîner avec Les Eagles l’histoire ne disant pas si c’est au restau de l’Hôtel California.

Au terme de son excellent ouvrage « Culture d’en haut, culture d’en bas » sous-titré « l’émergence des hiérarchies culturelles aux Etats-Unis », Lawrence W. Levine, grand spécialiste de l’histoire culturelle, cite avec une certaine délectation Allan Bloom l’auteur à succès de « l’âme désarmée » un pensum réactionnaire qui, en son temps, s’en était pris à « la crise intellectuelle » qui, disait-il, minait le pays et à cette dégénérescence culturelle qui frappait en particulier la jeunesse. La musique classique, pratiquée par ceux qui avaient une bonne éducation, y était saluée, la musique rock symbole de la culture d’en bas, condamnée sans appel. D’ailleurs le réquisitoire de Bloom largement partagé par les élites faisait du rock une musique qui ne contenait « rien de noble, de sublime, de profond, de délicat, de savoureux ou même de décent ». Bloom assurait que la musique rock ne pouvait accueillir que ce qui était « changeant, grossier et immédiat », Bloom précisant que cela vérifiait l’intuition de Tocqueville sur « le caractère de l’art démocratique ». Le rock n’était donc qu’une « nourriture de pacotille pour les âmes », un « phénomène fangeux » bref une « descente aux enfers ».

41%2Br4HoHfxL._SL500_AA300_.jpgJe suis certain que s’il était encore parmi nous, Bloom réviserait sa position, le rock étant devenu parfois « une nourriture de pacotille pour les âmes bien nées ou les blaireaux les plus friqués ».

Lawrence W. Levine, « Culture d’en haut, culture d’en bas », La Découverte, 26 euros.

Lyon, le 17 août 2010.

16/08/2010

R comme "Robe rouge"

R 1.jpgIl imagine le dos de nacre et, sous la robe rouge, la courbe des reins qui joue avec l’ombre de la chambre comme un rappel d’origines enfouies.

Il rêve de mondes oubliés, soyeux et souples, chauds et parfumés d’odeurs roses et rondes d’aréoles.

Il la devine presque cachée derrière le bois de la coiffeuse où Elle se mire, les yeux mi-clos, en tirant lentement sur ses cheveux.

Il entend le froissement de papier crépon de ses cheveux. Il se souvient des jours clairs et blonds et des promesses de moissons.

Sous le lit la lumière se glisse, bleue comme un début de nuit. Comme une longue attente qui respire.

Ils jouent avec le temps et le repoussent. Un peu. À peine. Suffisamment pour laisser monter en eux comme un vouloir de désir assouvi.

Robe rouge.jpg

Robe rouge, acrylique sur toile, 92x65 cm

Jean-Paul Schmitt

07:47 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, été, jean-paul schmitt, abécédaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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