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29/09/2010

Après le bain

Après le bain.jpg

Après le bain

Acrylique sur toile, 80x80 cm

Lettre d’Occident, à rebours de l’inspiration magnifique d’Ingres.

À l’insu des maîtres, derrière la toile transparente, impalpable protection, je suis l’apprenti aux doigts maculés de pigments qui rêve désespérément.

Mes odalisques ont le corps interdit des femmes d’ici. Dans mon carré, lieu de fantasmes, le luth ou le tchégour est guitare. J’attends inquiet et tremblant que de la caresse des cordes naissent les sourdes vibrations et les cris clairs.

Je renie les arabesques moelleuses de l’érotisme magistral. Épuisé, j’épouse les longues fées blondes et rousses entrevues dans mes chambres celtiques.

Seuls deux corps emprisonnés dans un souvenir de harem turc, deux ombres sombres, scrutent encore la lumière au-delà des fenêtres à la recherche d’un ailleurs plus libre.

Songeur, j’ai baigné d’eau teintée les corps que je n’ai pas voulu sculpter.

Jean-Paul Schmitt

PS aux amateurs : mon blog « artistique » en tapant http://patmostarse.artblog.fr

04:16 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, occident, harem, jean-paul schmitt, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/09/2010

Bruno Gollnisch, itinéraire d'un infant raté

gollnisch.jpeg16 septembre 2010, parvis de la basilique Saint Denis. Bruno Gollnisch, aspirant président du Front National, lance sa campagne interne depuis la nécropole des rois de France. Car pour détrôner Jean-Marie et faire la nique à Marine, Bruno Gollnisch est prêt à tout, même à convoquer les rois de France, Sainte Geneviève et tous ceux qui, "Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur" sauveront, sauveront la France "Au nom du Sacré Coeur". Entre deux écrouelles et cinq pédiculoses corporelles à guérir, Bruno eut le temps de se rêver successeur de Louis I le Bègue, Louis IV d'Outremer, Louis VI le Gros et Louis XVI le Raccourci, tout en n'omettant pas d'écumer quelques vilénies contre la Révolution de 1789 et la horde de malheurs qui se sont bien évidemment abattus sur la France et sa mère l'Eglise.

Bruno Gollnisch, dont chacun à Lyon garde de son sens de l'Histoire un souvenir certain, a en plus un sens de l'optimisme à rendre jaloux ce porte-parole de Saddam Hussein qui chantait la douceur de vivre à Bagdad entre deux bombardements anglo-américains, n'ayant crainte de lancer sa croisade associative depuis une fosse commune de banlieue rouge. "Bruno, santo subito" pouvait-on entendre parmi la foule d'humanistes tridentins lefebvristes intégristes anticoncordataires venus participer au lancement de cette Reconquista des quartiers.

Pour être Kaiser à la place du Kaiser, Bruno Gollnisch avait pourtant toutes les cartes en main et les dieux très tôt s'étaient penchés sur son berceau.
Né à Neuilly le même jour - le 28 janvier - que Nicolas Sarkozy, ses parents lui attribuent le doux prénom de Bruno, qui, à lire les meilleures encyclopédies, viendrait du germanique brun, qui signifie bouclier mais aussi armure, couleur brune. Voyez combien la Divine Providence ne fut pas maladroite et n'a pas mégoté sur les grâces qui entourèrent la naissance celui dont nous parlons pour l'aider à son dessein national.

Et ce sans préjudice de la riche lignée dont il est le fruit : Gustave Flourens, son arrière grand-oncle fut défenseur des Crétois insurgés contre l'Empire Ottoman et les morceaux choisis de son oeuvre éphémère et discrète se trouvent, pour les amateurs de philanthropie, dans l'ouvrage de Marc Crapez, L’antisémitisme de gauche au XIXe siècle; Emile Flourens, son arrière-grand-père savait vivre avec son temps et fut un membre éminent de la Ligue Française Anti-maçonnique qui publia dès 1907 un excitant La liberté de l'esprit humain, pourquoi l'Église de France triomphera de la persécution. Bon sang ne saurait donc mentir et à voir pareil lignage, on n'ose imaginer, comme aurait dit Audiard, "l'aspect grandiose du mélange". Tous les ingrédients étaient dès lors réunis pour que Bruno perçât sous Gollnisch.

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08:12 Publié dans Stéphane Nivet | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno gollnisch, front national, france, politique, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/09/2010

A star is born

francois-fillon-unite-nationale1222669696.jpgLundi en quinze, suite à un sondage publié la veille par le J.D.D., je m’efforçais d’expliquer que, bien qu’en sursis, le premier ministre en titre était sur le point de devenir l’alternative à droite, le grand concurrent de Sarkozy pour 2012. Deux semaines plus tard le phénomène semble non seulement perdurer mais se renforcer. A l’occasion du ripolinage de sa maquette, le Figaro Magazine vient de publier un sondage qui est, à droite, un véritable plébiscite pour Fillon.

La droite française redemande donc du Fillon, souhaite avec force le voir succéder à lui-même à la tête du gouvernement au point que désormais Alliot-Marie et Lagarde enregistrent 40 points de retard et Borloo pas moins de 52.

Tandis que les candidats s’activent pour faire valoir leurs bons services pour être dans le futur équipage, que d’autres lorgnent sur le parti présidentiel et que les guerres font rage, Fillon toise l’ensemble, Sarkozy compris, en démontrant à ce beau monde qu’il est le seul à pouvoir conduire la droite à la bataille contre le parti socialiste.

En face de lui, Sarkozy semble à la peine. Avec un Copé à la manœuvre, un Guéant qui laisse indifférent, la clique Morano-Estrosi-Hortefeux-Woerth à la ramasse, le président a la scoumoune et, même si cela devait lui rester en travers de la gorge, seule Alliot-Marie pourrait à terme apparaître comme le plus petit dénominateur commun pour tirer un gouvernement nouveau dont on peut s’interroger, dès avant sa constitution, sur sa capacité à mener la mère des batailles.

Lyon, le 27 septembre 2010.

Photo: DR

26/09/2010

Kate et le continent

En 2007, il y a en vérité déjà plus de trois ans, la délicieuse et ultra british Kate Nash avait frappé un grand coup en signant « Made of Bricks » un album largement popularisé par le hit « Fondations ». Au printemps dernier, dans une curieuse indifférence, la londonienne ne mollissait pas et son deuxième opus intitulé « My best friend is you » était également une petite bombinette pop produite cette fois-ci par Bernard Butler et destinée normalement à s’accrocher en haut des hits parades. De ce côté de la manche l’épatante anglaise avait probablement commis l’erreur de ne pas croiser dans nos provinces en ignorant le rude chemin de croix de nos salles dites de «  musiques actuelles ». La jeune chanteuse s’est donc retrouvée loin des oreilles et donc loin du cœur de son public français. Erreur tout du moins réparée pour les lyonnais puisque Kate Nash se produit ce soir au Ninkasi Kao, une occasion pour l’anglaise d’entonner ses rengaines spectoriennes, sa pop aux accents superficiels mais aussi une détermination sans faille qui devrait en surprendre plus d’un. En effet la petite Kate est tout sauf une écervelée bramant des sucreries dispensables. En bagarre, excusez du peu, aux côtés de Billy Bragg au sein de la Featured Coalition afin de faire valoir le point de vue des artistes face aux maisons de disques, la jeune anglaise, espérons-le, arrivera à convaincre le continent du sérieux de sa démarche ce d’autant qu’en prenant une nouvelle dimension quasi féministe avec des titres comme « Mansion Song » qui dénoncent les violences faites aux femmes, Kate Nash mérite d’élargir son audience. Kate est donc au Kao ce soir, sachons ne pas la décevoir en allant l’y applaudir.

> Kate Nash, ce soir 19 heures au Ninkasi Kao, 267 rue Marcel Mérieux, Lyon 7ème arrondissement, métro Stade de Gerland, 24 euros.

Lyon, le 26 septembre 2010.

06:00 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kate nash, ninkasi kao | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/09/2010

Petits emprunts

450px-2008.06.09._Michel_Houellebecq_Fot_Mariusz_Kubik_01.jpgLe grand et nécessairement immense Michel Houellebecq dont la dernière production, « La carte et le territoire » (Flammarion) est saluée unanimement par le monde des lettres comme un chef d’œuvre définitif s’est pourtant fortement « inspiré » de notices de Wikipedia sur la ville de Beauvais, Frédéric Nihous le leader des chasseurs ainsi que sur les mouches. Du côté de l’encyclopédie en ligne on devrait être fier de figurer dans un tel monument de la littérature mondiale. D’ailleurs j’en arrive même à me demander si Wikipedia n’est pas, avec toute cette histoire, sur le point d’accéder lui aussi au statut, inédit et rare, d’encyclopédie littéraire internationale.

Dans un article du Monde consacré à cet emprunt, Alain Beuve-Méry relevait le fait que Houellebecq s’était abstenu de remercier et même de citer Wikipedia à la fin de l’ouvrage. Sonnant d’ailleurs presque comme un reproche, alors que le mot « remercier » n’est probablement pas initialisé dans le cerveau du génie, la remarque du journaliste pourrait s’appliquer à bien d’autres domaines. On comprendrait par exemple fort mal que Sarkozy, Besson ou Hortefeux se sentent dans l’obligation de remercier Marine Le Pen à chaque fois qu’ils pompent dans le programme du F.N. A propos de ce qu’à chipé Houellebecq chez Wikipedia on dit que « Les parties empruntées sont d’une certaine banalité rédactionnelle ». En est-il de même concernant Sarkozy et le Front National ?

Lyon, le 25 septembre 2010.

Photo: (C) Mariusz Kubik.

24/09/2010

Fin d’histoire

fidel_castro_dead.jpgSi l’on écoute les plus dévoués serviteurs du régime, la réapparition de Fidel Castro il y a une quinzaine de jours de cela semble aussi spectaculaire qu’inespérée. En lisant son fameux discours le 3 septembre, le lider Maximo a manifestement regonflé le moral de ses troupes tout en indiquant clairement à tous qu’il ne pouvait se résigner à abandonner le pouvoir. Au lieu de nous indiquer ce jour là la fin d’une histoire, Castro nous a expliqué que l’histoire était sans fin. Tout un programme.

Dans un contexte économique déplorable, alors que les réformes promises ne demeurent que des mots et les libertés des concepts vides, le come back de Fidel est pitoyable. Pitoyable pour lui, pour son fantoche de frère et pour tout une nomenklatura qui pourrait à terme se diviser sur l’opportunité de conduire un minimum de changement.

En vérité, malgré ce regain de forme du chef, l’avenir du castrisme est derrière lui et il est peu probable que l’unanimité se fasse jour au sein de l’appareil d’état et du Parti pour trouver une issue à ce régime à bout de souffle. L’avenir démocratique de Cuba va commencer à s’écrire à brève échéance et il serait regrettable qu’au nom de la lutte contre les frères Castro, les forces obscurantistes tiennent le stylo au profit du libéralisme le plus trivial. Seule une solution social-démocrate pourrait garantir, à quelques encablures des côtes de Floride, une issue positive pour les Cubains, une perspective alliant développement économique et libertés.

La vieille Europe et singulièrement les socialistes espagnols et français seraient inspirés en voulant jouer un rôle positif dans ce processus mais, en ont-ils l’envie ?

Le PS quant à lui est entrain de préparer une convention internationale. La question de Cuba et de castrisme n’est même pas abordée dans le texte soumis au vote. Il est vraiment loin de nous le temps des réflexions internationales.

Lyon le 24 septembre 2010.

Photo: DR

23/09/2010

Retraite à 60 ans

phil-collins_going-back_album.jpgSur ce blog, il y a quelques années, je crois que c’était en 2007, à l’occasion du passage de Genesis au stade de Gerland, je m’en étais pris à Phil Collins m’attirant les foudres et parfois même la haine des fans de celui que je définissais alors comme « un batteur suisse ».

Mobilisés et la bave aux lèvres mes détracteurs s’illusionnaient sur la portée musicale de leur équipage de prédilection et surtout ne supportaient pas que l’on puisse s’en prendre à Collins qui était, encore fallait-il l’admettre, résident suisse mais néanmoins batteur.

Depuis quelques mois le leader de Genesis nous avait annoncé une retraite bien méritée, l’homme dépassant les soixante ans. Pour être franc je m’étais fait à cette formidable nouvelle et voilà que maintenant le quasi-helvète nous fait le coup du retour en signant « going back » un album de reprises de la Tamla Motown d’ailleurs pas plus mauvais que celui proposé avec succès par Seal il y a quelques années. Souffrant des mains, Phil Collins a désormais laissé tomber la batterie, notre homme n’étant plus, il faut l’admettre, qu’un résident suisse.

Plus important en déclarant la semaine passée au Figaro, « vous savez je n’aimais pas tout dans Genesis » Collins m’a largement donné un coup de main au cas où je me retrouverais au purgatoire au milieu d’un troupeau de fans de Genesis. Mieux, en ajoutant dans la même interview, « j’aimerais pouvoir revenir en arrière et être un peu plus sélectif sur ce que j’ai fait » le batteur f.m. a démontré sa nouvelle clairvoyance comme quoi on peut tout à la fois revendiquer, comme Collins le fait, « le droit à la paresse », atteindre la sagesse et profiter d’une retraite au bord du Léman. Désormais j’aime Phil Collins.

Lyon, le 23 septembre 2010.

06:05 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : phil collins, genesis, figaro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/09/2010

Brice et les juges

Brice banzaï.jpgBrice, boutefeu de la Sarkozie, prône l’élection du juge d’application des peines.

Après avoir monté « ceux qui se lèvent le matin » contre les « assistés », les salariés du secteur privé contre les fonctionnaires, les riches pauvres qu’il faut doter d’un bouclier contre les pauvres riches de leurs RSA, CMU et autres avantages à abolir lors d’une prochaine nuit du 4 août, les jeunes contre les retraités, les Français de souche contre les Roms, le pouvoir mène aujourd’hui l’attaque contre les juges. Habilement – l’équipe est passée maître en matière d’intox – il laisse entendre que des juges en phase avec l’opinion majoritaire seraient moins laxistes.

Il pense qu’à force de seriner que l’insécurité est de la faute des juges et autres syndicats de la magistrature, l’opinion du bon peuple, si précieuse lors des élections, finira bien par intégrer que ce n’est pas la faute aux ministres successifs de l’Intérieur si la politique sécuritaire menée depuis huit ans est un échec. Haro donc sur ces magistrats gauchistes - ou peut-être Auvergnats – qui osent aller jusqu’à condamner un auguste politique pour injure raciale (Auguste : un nom prestigieux à Rome et dans les cirques) !

Brice trouve là à la fois de quoi contrer MAM en vue du futur remaniement et de quoi attirer l’attention des médias loin des affaires Woerth, Bettencourt, Roms et autres condamnations par les plus hautes instances européennes et internationales. Il sort de son chapeau un vieux lapin et, en bon gardien, il jappe contre le JAP. Le JAP élu : voilà la solution aux problèmes d’insécurité...

Pour mémoire, le JAP n’habite ni Tokyo ni Hiroshima : le Juge d’Application des Peines est le juge chargé de prononcer des mesures d’aménagement des peines qui peuvent aller jusqu’au bracelet électronique ou à la semi liberté. Il peut même dans certains cas suspendre des peines. C’est aussi le JAP qui suit l’exécution de la peine en milieu ouvert, qu’il s’agisse d’un sursis avec mise à l’épreuve ou d’un travail d’intérêt général.

Ici et là, d’aucuns enfourchent déjà la bicyclette uémpiste et tentent de nous expliquer que les juges de commerce et ceux des Prud’hommes sont élus et que cela ne choque personne. J’en lis même qui rappellent la Commune de Paris pour justifier cette lumineuse idée.

Je crois profondément que lorsqu’il s’agit de juger et de condamner un homme, l’opinion populaire, naturellement momentanée voire instrumentalisée, ne disposera jamais de suffisamment d’éléments pour déterminer la part de responsabilité réelle de celui que l’on juge ni sa capacité de réinsertion dans la société. En la matière, un juge bien formé, sans l’inflation phénoménale des textes de loi votés depuis 2002 – à chaque crime sa loi particulière aujourd’hui - , une justice indépendante du pouvoir exécutif valent mieux qu’un juge soucieux d’être réélu, fut-il compétent.

Comme le disait le poète argentin Antonio Porchia « L’homme juge tout dans la minute présente, sans comprendre qu’il ne juge qu’une minute : la minute présente ».

Jean-Paul Schmitt

21/09/2010

Une nuit à l'assemblée nationale

une-nuit-à-l-assemblée-nationale-affiche_253472_29171.jpgCertains trouveront sans doute que le titre du présent billet pourrait renvoyer subsidiairement au film du même nom réalisé par Jean-Pierre Mocky et à la faveur duquel on se plonge dans les turpitudes naturistes d'une attribution de Légion d'Honneur foireuse par un député qui répond au nom fleuri de Aimé Dugland. Un tel renvoi serait purement fortuit au regard de scandales plus proches de nous, chacun ayant à l'esprit que M. Patrice de Maistre n'est pas naturiste et à plus forte raison que Eric Woerth n'a pas une tête à s'appeler Dugland...

En vérité, mon humeur de la semaine a été franchement mise à l'épreuve par cette droite qui, décomplexée et aux abois, s'ébrène avec notre Constitution et notre Parlement. En effet, si la République était cotée en bourse - ce qui, au rythme où dégringolent les choses, ne saurait tarder, sa valeur avoisinerait sans doute le prix de l'action Eurotunnel des bonnes années, celles où son cours parvenait à atteindre victorieusement parfois jusqu'à un chiffre.

En cela, le "débat" organisé lors du vote de la "réforme" sur les retraites a été l'occasion de confirmer le niveau d'indignité dans lequel notre gouvernement enlise la République.

Eric Woerth - dont chacun admettra en ce moment qu'il a toutes les raisons de bomber son torse orné d'une légion d'honneur plastronnante et de faire le malin sur le banc du gouvernement avant, espérons-le, de rejoindre le banc des accusés - s'est vautré dans l'insulte crasse comme on n'en avait pas vu depuis longtemps à l'Assemblée Nationale, notamment lors de ces sessions extraordurières qui, en plein Dreyfus, voyaient pleuvoir des "glands de potence", des "du syndicat", des "torche-cul" et autres "fleur de pus" sur certains représentants du peuple. Comme en témoigne le compte rendu intégral des débats de l'assemblée nationale, Eric Woerth a cru bon renvoyer un pitoyable, un misérable et un lâche "collabo" à la députée Catherine Coutelle, députée de la Vienne.

Sans doute est-il bon de rappeler à cet instant que M. Eric Woerth, élémosinaire en chef des oeuvres sarkozystes, a promené sa gamelle de campagne chez André Bettencourt dont l'histoire familiale ne correspond pas précisément à l'idée que je me fais de la Résistance. Sauf à considérer que le fait de diriger les colonnes infernales d'un journal collaborationniste répondant au doux nom de "La Terre Française" et, en plein Vichy, d'y écumer d'amabilités contre les "Juifs pharisiens hypocrites", permet d'être éligible au titre de compagnon de la Libération.

L'indécence n'ayant aucune limite dans le moment présent, le dernier acte de cette séance lamentable aurait pu se dérouler dans le théâtre d'un casino d'une grande ville thermale de province au mois de juillet. Bernard Accoyer, dont les talents manquent aujourd'hui cruellement à l'oto-rhino-laryngologie, s'est livré à un exercice de partisannerie "factieuse" (Didier Mathus, député de Saône-et-Loire), mettant autoritairement fin aux débats de l'assemblée, transformant le règlement de l'assemblée en paillasson sur lequel les députés UMP vinrent essuyer à qui mieux mieux leurs godillots crottés.

Je propose donc sur le champs une modification de ce qu'il reste des lambeaux de notre constitution : "Les articles 24 à 33 de la Constitution sont abrogés. L'article 24 est désormais ainsi rédigé "Le Parlement est croupion. Le Président de la République est chargé de son exécution".

A la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

20/09/2010

Droite (républicaine ?)

logo_ump.jpgLa droite française est-elle dans son ensemble encore républicaine ? Par convention, voire même par habitude, on s’efforçait jusqu’ici, dans notre pays, d’accoupler le terme « républicaine » au mot « droite » pour la distinguer du Front National. Parce qu’il était nécessaire de maintenir un cordon sanitaire salutaire entre l’UMP et le Front National, ce qualificatif de « républicaine » pouvait même prendre, de temps à autre, des contours électoraux, la gauche ayant toujours préféré voir élire un député ou un président UMP plutôt qu’un sbire du F.N. Même si le danger n’était que théorique, nous avions fait par exemple le choix de voter Chirac plutôt que nous réfugier dans l’abstention.

Aujourd’hui, au terme d’une séquence estivale à nulle autre pareille, il n’est peut-être pas inutile de se reposer la question, avec un œil neuf, c'est-à-dire éclairé par la situation politique. Nous devons, autrement dit, nous demander si, dans sa globalité la droite demeure républicaine donc fondalement enracinée dans des réponses qui n’auraient rien à voir avec celles du F.N. Au terme de cet été, on peut désormais en douter si nous prenons en compte les prises de position, les propos et les agissements du président et de quelques-uns de ses ministres. L’agitation intempestive à l’égard des roms, les coups de menton répétés et les propos parfois aux limites de l’obscénité de la clique Estrosi, Besson, Ciotti, Mariani mais aussi d’Hortefeux nécessitent un réexamen de la caractérisation d’une droite désormais occupée à surfer durablement sur les positions du Front National.

L’interview ce week end au Figaro Magazine du ministre Hortefeux est une nouvelle illustration de l’évolution à petits pas des délimitations politiques et idéologiques de certains. En remettant une bonne couche de confusion sur la question des mineurs, de la délinquance, sur la récidive, l’exécution des peines, l’Auvergnat de Neuilly a une nouvelle fois démontré qu’il quittait, sur ordre, la sphère qui jusqu’ici caractérisait la droite « présentable ». La droite est-elle donc toujours républicaine ? Il convient de ne pas tirer un trait d’égalité entre le FN et l’UMP mais il n’empêche que devenus complètement désinhibés, Sarkozy et certains des siens fréquentent de plus en plus l’infréquentable ne serait-ce qu’en réclamant maintenant que « le peuple puisse être associé aux décisions de justice relatives à l’exécution des peines ». Une telle position n’est pas seulement un coup porté aux magistrats c’est aussi une étrange posture aux allures berlusconiennes donc aux accents de moins en moins républicains.

Lyon, le 20 septembre 2010.

19/09/2010

Demandez le programme

Entre les principales salles de l’agglomération c’est bien de plusieurs centaines de concerts dont il s’agit de parler pour ce qui concerne les derniers mois de 2010. Que l’on se rassure, les concerts qui valent bien des détours se comptent sur trois mains mais attention il s’agira aussi de rester de marbre face au retour de certains séniors qui voudront, nous tirant une petite larme, nous convaincre d’assister à des prestations hors-d’âge. Laissant donc les Supertramp (Halle), Deep Purple (Halle), Joe Jackson (Ninkasi), Barclay James Harvest (Auditorium) ou autre Katie Melua (Amphithéâtre) s’occuper des go-gos, je vous invite à concentrer le tir sur quelques soirées qui méritent plus que de l’attention. Par ordre d’entrée en scène.

Je vous conseille donc…

  • Kate Nash, Ninkasi-Kao, le 26/09, 24 euros
  • Sophie Hunger, Ninkasi-Kao, le 21/10, 20 euros. Vive la Suisse !
  • Jeff Beck, l’ex génie de la six cordes dont on ne sait plus grand-chose débarque le 30/10 à l’Amphithéâtre. Entre 40 et 60 euros la place.
  • Wedding Présent, le 2/11 à l’Epicerie Moderne de Feyzin, 16 euros
  • Susheela Raman, la pakistano-anglaise tout en douceur et en rythmes est à l’Epicerie Moderne le 4/11 et pour 18 euros.
  • Retour le lendemain à Feyzin pour ce qui devrait être l’un des concerts de cette fin d’année à savoir les Tindersticks (16 euros). A ne pas rater.
  • Ils ont le vent en poupe et sont très probablement sur-évalués, ils seront pourtant au Ninkasi-Kao le 23/11. Il s’agit bien entendu de nos petits anglais de Foals, 23 euros.
  • C’est le 26/11 que devrait se tenir l’évènement du trimestre. Forts de leur album de banlieue, les canadiens de Arcade Fire sont à la Halle Tony Garnier deux ans après leur passage remarqué aux Nuits de Fourvière, 37 euros.
  • Les derniers crins-crins d’Arcade Fire à peine évaporés, Tiken Jah Fakoly occupe le Transbo le 25/11 avec son reggae aux sons africains jamais décevant (29 euros)
  • Noël arrivant, la Halle Tony Garnier offre aux lyonnais les décibels délictueux de Mötorhead (14 /12-50 euros) et ceux tant attendus de Gossip quatre jours avant (10/12, 40 euros)
  • On termine en beauté le 9 décembre avec notre Santa Klaus d’Ostende. Arno est en effet de retour à Lyon et plus précisément au Transbordeur (30 euros)

Lyon, le 19 septembre 2010.

18/09/2010

Patrimoines

Lyon Free VTT.jpgC’est donc aujourd’hui et demain que se tiennent les 27ème journées du patrimoine qui, une nouvelle fois, dans l’agglomération mais aussi la métropole lyonnaise, prennent un contour particulièrement gigantesque. Il est bien évidemment impossible de faire figurer ici les centaines d’opportunités, parfois rares, qui s’offrent à nous pour ces deux jours. Voici donc, avec le plus honteux des arbitraires, ma petite sélection :

· « Promenades musicales » avec l’orchestre National de Lyon le dimanche 19 septembre : Forts militaires de l’agglomération, Berges du Rhône, Hôtel de ville de Lyon, siège de LCL, Auditorium.

· « Carte blanche à Jean-Luc Chavent » au centre culturel de Villeurbanne, dimanche de 19h à 21h30.

· « Croisières en Val de Saône et Rhône », renseignements et réservation au Pavillon du tourisme (04 72 77 69 69)

· « Navigation culturelle et éducative » au fil de la Saône et du Rhône. Réservation au 04 78 82 07 26 et sur contacts@peniche.fr

· « Parcours Art Contemporain, Art et paysage », Parc de la Cerisaie 25 rue Chazière, Lyon 4ème

· « Festival Jazz sur les places », Place Benoît Crépu (Saint-Georges) Renseignements, Philippe Dechevre 06 08 76 94 34

· « Lyon Free VTT », dimanche, départ Parc de Gerland

Par ailleurs, comme l’an passé, le Grand Lyon propose « A la croisée des destins, Petits et Grands noms de l’histoire du Grand Lyon », une série de rendez-vous à la rencontre des hommes, de leur inventivité, des goûts mais aussi des saveurs. En voici également une sélection.

· Marcel Mérieux, l’aventure humaine au service de la science, 309 avenue Jean Colomb, bus 98, Parc de la Croix-Laval.

Renseignements au 04 37 20 01 01

· Roger Planchon, « décentraliser la culture », Brasserie le Sapristi, 26 rue Emile Decorps, Villeurbanne (T3, Bus C3)

· Eugénie Brazier et Pierre Poivre, « brassage des cultures et de saveurs » à la bibliothèque de la Part-Dieu, Halles Paul Bocuse, Institut Paul Bocuse, Grand Parc Miribel Jonage.

· Les Utopies réalisées, au Musée Urbain Tony Garnier, les Gratte-ciel Villeurbanne, Cité des étoiles à Givors, Firminy, le Couvent de la Tourette

Audio-guides mp3 téléchargeables gratuitement sur www.utopies-realisees.com

Bon weekend patrimonial, renseignements sur www.culture.gouv.fr/rhone-alpes et Lyon en direct (04 72 10 30 30)

Lyon, le 18 septembre 2010

17/09/2010

Nalbandian à Gerland

20211.gifTrès franchement, il y a bien longtemps que le tennis ne m’intéresse plus vraiment ce qui ne m’interdit en aucune façon de me féliciter du fait qu’une nouvelle fois, à partir d’aujourd’hui, la Coupe Davis fasse étape à Lyon. Comme beaucoup de monde j’ai la nostalgie Mac Enroe, le blues Villas, le spleen Noah et par le fait même, la dent dure envers un Borg et la kyrielle de suédois, tchèques ou ricains qui nous a infligé depuis un tennis soporifique.

Avec ce France-Argentine, nous devrions normalement avoir un choc latin de première importance un peu à l’instar de ce qui se fait en rugby avec nos amis pumas. Ne rêvons pas, le Palais des sports de Gerland ne sera pas en 2010 le théâtre d’un rendez-vous mythique de la qualité émotionnelle de celui qui s’était produit au même endroit, il y a des lustres, contre les Etats-Unis, coach Noah en tête. Faute de mieux, admettons que côté Argentin, avec David Nalbandian on nous offre une star, un client intéressant, un type susceptible de nous passionner ce d’autant que le natif de Cordoba s’est payé un break dans sa carrière pour aller conduire, jeu encore plus stupide que le tennis, des voitures de rallye. Au final, Nalbandian nous revient à un très bon niveau depuis le fin fond du classement ATP. Vainqueur d’une douzaine de titres, monté jusqu’à la 3ème place de l’ATP, le droitier argentin n’a pourtant rien d’extraordinaire avec son 1m80 et son revers à deux mains. Avec le vainqueur de l’US Open Junior de 1998 l’important réside dans le mélange car cet arménien d’origine par son grand-père et italien par sa mère incarne la vertueuse solexine de notre jeunesse qui faisait faire des bonds à nos solex. Nalbandian est donc capable ce week end à Lyon de produire son meilleur tennis transcendé par le fait de jouer avec l’équipe nationale. Les français auraient bien tort de considérer que la défaite cuisante de l’argentin contre Andy Murray expédiée en 70 minutes lors du tournoi de Toronto il y a une demi-douzaine de semaines représente la véritable valeur d’un David Nalbandian qui a la particularité d’être l’un des joueurs les plus doués de sa génération mais infoutu de remporter le moindre tournoi du « Grand Chelem ». Nalbandian est donc de retour et l’ancien numéro 3 mondial pourrait avoir envie de le faire savoir au monde entier et en particulier ce weekend à Gerland. Aux Français de s’y préparer.

Lyon, le 17 septembre 2010.

Photo DR / tenniswallpapers.net

16/09/2010

Pathétique

Très franchement, à voir cette vidéo de l'animateur Jean-Luc Delarue, on a vraiment pas envie de se moquer de lui. Nicolas Canteloup, beauf de services sur Europe 1 devrait en faire autant, le pauvre type des deux n'étant nécessairement pas celui qu'on croît...

Lyon, le 16 septembre 2010.

15/09/2010

Philippe, Michel, Fabienne et les autres…

Fouette.jpgPhilippe veut être le cocher de l’Union Manichéenne Populiste. Michel, avare de sa notoriété, – c’est « l’inconnu » comme le qualifie un sondage récent de Mag2Lyon - essaie d’exister à côté du premier. Fabienne les vit tous les deux comme des copains et continue imperturbable à se glisser sur toutes les photos où il y a Borloo : le côté fripé de l’écolo-valoisien l’avantage.

À regarder de près les projets et les dires de la triplette de la belle ville, on se dit qu’à part enfourcher la bicyclette UMP pour exister, c’est assez léger.

Si côté sympa, Michel Havard arrive largement en tête, que dire de ses projets ? Il affirmait récemment « En ville il faut faire du métro à chaque fois qu’on peut le faire ». C’est plutôt court : vise-t-il la seule faisabilité technique ou l’usage le plus efficient des deniers publics ? Rapprocher des gens et des territoires par un tram qui coûte 3 à 5 fois moins au kilomètre qu’un métro est-il si aberrant ? Ou bien s’agit-il seulement pour lui d’exister un peu en fouettant Collomb à l’instar du cocher ? Quant il prône par exemple un métro qui irait de la gare Saint-Paul à celle de la Part-Dieu, il oblige les voyageurs de l’Ouest-Lyonnais allant de l’Arbresle à Part-Dieu et au-delà vers Meyzieu à changer de moyen de transport ; le tram-train est bien moins cher et beaucoup plus attractif. Et lorsqu’il affirme que l’extension du réseau de métro tel qu’il le souhaite prendra peut-être dix ans, il faut soit une belle méconnaissance des délais nécessaires (études, avant-projet, projet, consultations publiques, votes, expropriations, réalisation…), soit plus vraisemblablement – l’homme n’est pas sot – une bonne dose de mauvaise foi.

Côté Fabienne, l’élue radicale du 1er, on joue de la brosse à reluire : « Michel est un chef d’équipe élégant, efficace et discret qui donne sa place à chacun et à chacune. ». La vacherie est dans le sourire, mais c’est bien dit. D’autant qu’avant de se glisser sur la photo à côté de l’inénarrable fripé lors des ateliers du parti qui n’a plus de radical que le nom, elle prend soin d’ajouter à propos de Michel « C’est un homme comme Borloo qui arrive à mettre des gens différents autour de la table et à les faire bosser ensemble » (gageons qu’à table, Borloo sait aussi les faire trinquer).

Vous me direz que notre avocate radicale a déjà tant à faire sur son blog pour le remettre à jour que cela ne lui laisse guère le temps pour faire dans la dentelle. Elle s’y laisse aller à une « caCAphonie » qui mélange allégrement dissonances et matières fécales. Le reste dudit blog est d’une richesse confondante : « Oui, le centre est peut-être un solution jamais miracle mais pragmatique. Oui Jean-Louis Borloo est peut être celui qui la transformera demain avec vous. ». C’est « le stress au lieu et place de la sérénité »…

Jean-Paul Schmitt

 
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