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14/10/2010

Ça va ?

401px-Cohen-Solal_Mutualite_2008_03_03_n9.jpgComme dirait l’autre, en politique ça va, ça vient et quand ça va, ça va. Le problème c’est quand ça va pas pourrait rajouter un Bertrand Delanoë qui, hier encore était dans une telle lévitation que les moindres recoins de la stratosphère lui étaient mieux connus que le fond de sa poche et qui, aujourd’hui, suite à deux ou trois revers rame comme un malheureux. Rappelez-vous la fin de l’été, le Maire de Paris faisait son petit aller-retour à la Rochelle prenant bien soin, face caméra, de prendre cet air important que nombre de seconds couteaux aiment tant choper. L’ex présidentiable avait donc fait illusion à l’université d’été des socialistes et s’en était retourné à côté du bazar de l’hôtel de ville. Quelques temps plus tard, suite à son deal avec l’UMP concernant le sort de Chirac et en pataugeant sur l’exposition de Larry Clark, Delanoë s’est retrouvé, plus que contesté, banal.

Pour ces élus qui veulent jouer les grands fauves, la plupart du temps enfermés dans leur tour d’ivoire, le destin ne prévenant pas, il se retrouvent en deux temps, trois mouvements, dans la difficulté. Aujourd’hui, sans lui faire en aucune façon offense, celui qui était encore il y a quelques mois le plus formidable Maire de Paris pouvant s’honorer d’avoir été élu, se retrouve balloté, presque en stand-by vers la sortie. La chose est injuste mais c’est tout de même une réalité.

Il faut dire que l’ivresse des sommets ne concerne pas que les beffrois du Nord et du Pas-de-Calais. Dans certaines contrées moins exotiques, quelques-uns de nos chefs à plume, peuvent, à l’instar de ce qui arrive à ce pauvre Delanoë se retrouver, eux-aussi, victimes de leur foi inoxydable dans leur bonne étoile. Vous me direz qu’une saine colère ou deux peuvent tout à fait bien redonner le tonus nécessaire et nous ne pouvons que plaindre l’entourage d’un Maire de Paris qui, pour probablement se sortir de cette mauvaise situation, redouble de hurlements et de vexations à l’égard d’un premier cercle la plupart du temps anesthésié depuis des lustres et habitué à recevoir quelques claques entre camarades.

Lyon, le 14 octobre 2010.

Photo: © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons

13/10/2010

Le storytelling et DSK

DSKstory.jpgC’est l’âge des histoires. On n’achète plus des produits, on achète grâce à des histoires… Fini les marques.

Un qui prend le temps de prendre ses marques c’est DSK. Un peu trop selon Gérard Collomb qui rappelle à son ami qu’il a « le devoir moral » de répondre à l’attente des Français. Amis et ennemis de DSK se chargent donc en ce moment de préparer le terrain avec des histoires : c’est le storytelling appliqué à la politique. L’homo politicus entre dans l’âge des contes et légendes racontées aux enfants pour leur faire passer commande au Père Noël.

À droite, Fillon murmure à certains de ses invités que « le FMI ne veut plus de DSK pour un second mandat », histoire de faire comprendre que l’engagement du bonhomme dans la présidentielle à venir ne se ferait que faute de mieux.

À gauche, on raconte que « le bonheur, Dominique le connaît au poste qu’il occupe aujourd’hui. Il a tous les avantages du pouvoir sans les inconvénients. Il n’a de compte à rendre à personne, si ce n’est deux fois par an lors des AG du FMI » ou qu’il ne se soustraira pas à l’appel des Français car c’est pour lui un devoir moral. Tout cela, histoire de montrer l’esprit de sacrifice d’un homme absolument désintéressé…

Et pour ne pas être en reste, des conteurs solférinesques nous expliquent que « Les Français ne verront pas en Dominique le candidat des riches. La place est déjà occupée ! ». Gare au double tranchant que souvent la morale des fables comporte : les Français se souviendront peut-être aussi d’autres histoires racontées aux veillées ou des conseils dominicains au Cercle de l’Industrie, ce must de PDG qui préservaient leurs intérêts auprès de Bruxelles.

Les communicants de DSK sont informés heure par heure semble-t-il des histoires de l’adversaire et des attentes de merveilleux du bon peuple : du côté de Sarkozy, les faiseurs d’histoire sont regroupés au sein de « la firme » et du côté de DSK dans « le gang ». Le chef des deux bandes de storytelling est le même discret Stéphane Fouks et le Sarcellois Ramzi Khiroun, l’inamovible conseiller com’ de Dominique et actuel porte-parole d’Arnaud Lagardère fait partie du gang.

Rhamzi Khiroun ? Remember : en novembre 2006, il menait les partisans de DSK qui chahutaient Ségolène au Zénith… (voir l’article d’Ariane Chemin dans le Nouvel Obs d'avril 2010. Si DSK « y va » et gagne, RK a de beaux jours devant lui.

Jean-Paul Schmitt

12/10/2010

Transe télévisions, l'âme du sévice public

carla.jpgAmis du sarkozysme, vous avez sans doute, la semaine dernière, bu du petit lait - sans référence aucune à Notre Vénéré Derviche Tourneur évidemment - en regardant le documentaire polémique proposé par France 3 à une heure de grande écoute et fiévreusement intitulé, sans doute par goût de la subversion anarcho-syndicaliste "La Voie de Carla : un an dans la vie de Carla Bruni-Sarkozy". Chacun admettra que le réalisateur est audacieux, mais pas au point d'avoir réalisé la "voix" de Carla, ce qui pour une chanteuse aphone ne relevait plus de l'audace mais de la diffamation.

Assurément, la réalisation de ce documentaire a conduit à une irréparable pénurie de brillantine et de cirage sur la place de Paris et la sylve attenante, nous rassurant, chemin cirant, sur les desseins indépendantistes du nouveau président de France Télévisions. 25 images par seconde et 50 compliments à la minute suffisent à faire de ce documentaire un chef d'oeuvre d'astiquage qui ferait passer Michel Drucker pour un des douze salopards et Mireille Dumas pour une journaliste. 

Marc Berdugo, auteur de ce brûlot documentaire dont la doublure son aurait aisément pu être assurée par Alain Bougrain-Dubourg, nous invite donc à suivre, et ce gratuitement, Carla Bruni dans les méandres de sa vie élyséenne et emperlousée. Au menu roboratif de cette fable consacrée à l'extinction du paupérisme après 23 heures aux abords du Faubourg Saint Honoré, des permanentes, des brushing, des causeries philosophiques entre premières dames sur la dernière collection Dior ou l'alcoolisme mondain, des métaphores-gâteries à la gloire du petit Nicolas et ses acolytes anonymes. En somme, une véritable incitation à légiférer au plus vite sur le droit de mourir dans la dignité dès lors que les souffrances du téléspectateur deviennent insupportables. 

Dans un style aussi pudique que le fut la vie d'un membre de la Star Academy - à ceci près que certains pensionnaires de cette émission savent chanter -, le documentaire pérégrine dans les gardes-robes, les mains au panier et les confidences qui feront trembler la République :"Mon mari, ce n’est pas parce qu’il m’a épousée qu’il deviendra un chanteur folk" ou encore ""Je ne suis pas que la cerise sur le gâteau mais j’essaie d’être une belle cerise qui fait honneur à un gâteau fantastique" avant de glisser sur une raffarinade "Ce que j’essaye de faire, c’est de saisir les chances qui se sont offertes à moi"

Vous voyez que le service public a sacrifié la pipolisation à l'esthétisme et à l'ascétisme. Je terminerai sur cette citation de Carla qui assurément vous fera écumer d'amertume à l'idée que la saynète ne se produira jamais et qui pourtant ferait fureur à la foire du trône : « J’ai été stupéfaite de devoir être derrière lui pendant les discours. Il ne me viendrait pas à l’idée de le faire monter sur scène pendant que je chante, ou de l’obliger à jouer du tambourin."

A la semaine prochaine

Réponses du QCM "de l'insulte" : 1B, 2C, 3D, 4B, 5B, 6B, 7B, 8C, 9C, 10B. Quant aux auteurs de ces injures, la lecture de "Ta gueule Bukowski. Dictionnaire des injures littéraires" (Pierre Chalmin, L'Editeur, septembre 2010) viendra éclairer votre lanterne.

Stéphane Nivet

Photo: DR

11/10/2010

Lui-même

Jean-Louis-Borloo.jpgC’est ainsi et il convient de s’y faire. Chaque dimanche nous apporte son lot de sondages et celui proposé hier par le Parisien nous dit que Nicolas Sarkozy continue de perdre des plumes. Quant à la traditionnelle enquête d’opinion commanditée par le JDD elle nous indique que Jean-Louis Borloo, le chou-chou du même Sarkozy, est encore loin du zénith même si on s’efforce un peu partout de faire dire du bien de celui que l’Elysée semble vouloir pousser vers Matignon. Quant à savoir si Borloo pourrait faire un bon Premier Ministre ils sont, selon l’IFOP, 60% à répondre « Non ». On a donc connu booster plus efficace pour propulser un type sur la deuxième marche du pouvoir. Dans ce contexte plutôt morose, notre homme n’offre même pas une tête d’homme d’Etat et à lire le JDD on a la très nette impression que c’est Borloo lui-même qui a pris les choses en main avec pour objectif de dire le plus grand bien de lui-même, Lagarde et Alliot se chargeant de l’inverse. « Je suis quelqu’un de fiable, confortable et sans emmerdes » dit Borloo comme si se comparer à une Dacia pouvait être une qualité pour un futur Premier Ministre. Devant les journalistes, si l’on en croit le JDD, Borloo a même expliqué qu’il était « celui que l’on envoie toujours quand l’armée régulière a failli ». Fillon et l’UMP apprécieront ! Face à ceux, ils sont légions, à penser que le radical mal peigné n’est pas de taille, Borloo essaie de renvoyer une bonne image clamant son nouveau credo, « j’ai pris de bonnes résolutions cet été. » L’histoire ne nous dit pas si quelques-unes des prières de Sarkozy au Vatican étaient destinées à ce que le divin supporte le valenciennois mais il n’empêche que le Ministre de l’Ecologie redouble d’efforts depuis la rentrée comme s’il ne fallait compter que sur ses propres forces. Borloo fait désormais de la gym, il va chez le coiffeur et tente de se tenir soigné. De tels efforts seront-ils récompensés car suffisants ? Seul Dieu et Sarkozy le savent peut-être. Plus difficile, le Premier Ministre Jean-Louis Borloo est-il vraiment formaté et suffisamment fiable pour, deux années durant, conduire les troupes de Sarko à la victoire ? C’est bien entendu une toute autre histoire et il m’est agréable d’en douter.

Lyon, le 11 octobre 2010.

NB: Il y a une dizaine de jours j'étais l'invité de Surf TV. Sujet imposé: l'affaire Bettencourt (cliquer sur l'image pour lancer la vidéo).

JYS Surf TV.jpg

10:16 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : borloo, jdd, ifop, sarkozy, fillon, le parisien, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/10/2010

Amis catholiques

sarko.jpgAmis catholiques, c’est aujourd’hui dimanche et permettez-moi de vous interroger sur la façon dont le président s’intéresse à nouveau à vous. Mes Amis, je me demande donc quel effet cela peut bien faire que celui d’être dragué par Sarkozy. Il faut dire que le président doit particulièrement vous aimer à constater les efforts qu’il est entrain de produire pour vous séduire. Je ne sais pas si vous en avez conscience mais ce président déploie beaucoup plus d’activité pour vous reconquérir qu’il n’en avait développé à l’égard des paysans, une autre « catégorie », nous dit-on, qui, après les élections régionales, avaient échappé à la droite. Amis catholiques, la droite explique votre désamour à l’égard du président non pas à cause de la honteuse politique sécuritaire de l’été mais toujours par le fait que vous n’arrivez pas totalement à digérer ses errances bling-bling. Mieux, selon l’IFOP qui sonde votre âme pour le compte de la présidence, le danger, vous concernant, n’est pas tant de voter à gauche mais de vous abstenir. Pire, si l’on en croit les mêmes sondeurs, vous seriez de plus en plus de brebis égarées à ne plus hésiter à voter pour le Front National au point que parmi vous le vote pour Marine Le Pen serait particulièrement attractif. Amis catholiques qui ne semblez pas trop troublés par les agissements sécuritaires de Sarkozy mais qui doutez du comportement moral du président, j’espère que vous prenez conscience de la piètre image que vous offrez à la nation en restant de marbre face aux agissements de Hortefeux qui pourraient par ailleurs conduire certains d’entre-vous à déraper,le jour venu, face aux urnes.

Pendant que nous y sommes mes amis, si vous croisez Monseigneur Barbarin qui en ce moment bavarde beaucoup au point de donner des leçons au monde entier, demandez-lui s’il est convenable d'adhérer aux contorsions sécuritaires de Sarko, et même de voter F.N. Pour ce qui me concerne le plaisir de l’entendre sur ce thème ne m’a jamais été offert et, si j’en crois l’IFOP, il serait peut-être temps qu’il explique sont point de vue sur la question avant que la messe ne soit dite.

Lyon, le 10 octobre 2010.

Photo: DR

09/10/2010

Sous le soleil de l’UMP

panneau-solaire.jpgEn l’espace d’un temps et trois mouvements, en annonçant vouloir réduire les installations de panneaux solaires photovoltaïques, le gouvernement vient de fragiliser nombres de petites entreprises qui travaillent dans une filière loin d’être solide dans notre pays.

Parce qu’en France on accusait un grand retard, face à l’Allemagne, au Japon et surtout à la Chine, le Ministère de l’écologie avait mis en place des mesures invitant les particuliers comme les professionnels à se tourner vers cette technologie. Compte tenu de l’absence de vision et de stratégie globale de la part de Borloo et de sa majorité, c’est la Chine qui avait principalement été en capacité de tirer profit de telles mesures, les incitations fiscales provoquant un aberrant soutien à nos concurrents. Depuis donc quelques semaines, budget 2011 oblige, les autorités françaises songent à faire marche arrière en annonçant la fin prochaine de ces réductions fiscales, fragilisant ainsi un tissu de pme qui était pourtant loin d’être en grande forme. Cette réaction qui tourne le dos au bon sens est, pour ne prendre que cet exemple, exactement à l’opposé de ce que, nos voisins allemands avaient jadis imprimé, à savoir prendre des mesures du même type d’emblée présentées comme figurant dans un système annoncé comme dégressif. Si le duo Bargoin-Estrosi persistait à prendre de telles mesures, il est clair, en particulier dans notre région et singulièrement dans notre espace métropolitain, que toute une filière de production et de recherche serait pénalisée. Comme l’écrit Geneviève Fioraso la dynamique député socialiste de l’Isère, « A quoi sert de financer la recherche sur le photovoltaïque et le rachat de l’électricité produite si c’est pour acheter des panneaux aux chinois dont on ne compte ni le coût carbone, ni la capacité à être maintenus, à garder une performance stable dans le temps pas plus que les modalités de recyclage au terme de ses 15 années de fonctionnement garanties ». On pourrait rajouter a quoi sert d’affaiblir une filière nationale qui ne demandait, à condition d’être soutenue, qu’à monter en puissance en garantissant une réelle qualité ? Décidemment, même le soleil commence à en avoir assez d’un président et d’un gouvernement qui, non seulement salissent tout ce qu’ils touchent, mais qui pénalisent aussi tout ce qui bouge.

Lyon, le 9 octobre 2010.

Photo: DR

08/10/2010

La liste de Requien

Lyon people 10 ans.jpgIl y a quelques temps, lors d’un match de l’OL, Marc Polisson le rédacteur en chef de Lyon People m’indiquait que dans le numéro 100 de sa revue, sorte de best of des 10 dernières années, Jean-Marc Requien dont le nom de plume est Justin Calixte allait m’estourbir. Je suis tombé le week end dernier sur le pensum en question, il est intitulé « Nos chers disparus », j’y figure et c’est après tout bien là l’essentiel car il n’y a pas de plus grand bonheur à Lyon que de se faire descendre par Requien, un de ces intellectuels locaux dont la reconnaissance éternelle de la cité commencera une fois qu’il aura rejoint, là-haut, au paradis, le marigot des aigris.

La dernière production littéraire de Jean-Marc Requien est cependant un peu décevante car, dans ce numéro spécial, il se risque à un exercice tout aussi spécial que nous appellerons, faute de mieux, « littéraire », puisqu’il s’agit de dresser la liste des gens que notre Justin déteste.

D’un côté Requien nous passe donc la liste des morts, les véritables, ceux qui ont la chance de compter pour l’ancien pubard, et de l’autre, la liste des « disparus » c'est-à-dire les mecs et les gonzesses qui sont morts aux yeux de Requiem et qui ont tout de même droit, à la rubrique « Autres disparus ». Au terme de cette liste de dénonciation figure ceux, « dits de pacotille » qui méritent nous dit le pisse-copie des Monts d’or « d’être oubliés » (sic).

C’est donc là que je figure, en bonne compagnie puisque avec mes collègues Roure, Deschamps, Laferrière, au milieu des journalistes Jean-François Mesplède, Elisabeth Chambard, Robert Marmoz, Guy Moïse, Régis Neyret ou Brunet Lecomte, parmi des personnalités diverses et variées comme Chabert, Nardone, Jacques Moulinier, Begag, Noir ou Jean-François Mermet. Bref, la compagnie de ces gens-là ne m’indispose pas et pour tout vous dire serait du genre à m’honorer.

Pour en finir, que dire à ce pauvre Requien qui en est rendu à faire des listes pour exister. J’avais fait partie des rares qui avaient défendu ce modeste professionnel de la communication avant son départ agité de l’Hôtel de ville. Je ne le regrette bien entendu pas même si la prose de notre provincial fouette maintenant un peu l’urine. Sachez tout de même que, bien qu’étant membre à vie du contingent des mecs détestés par Requien, Justin Calixte pourra toujours compter sur moi pour le défendre si quelques-uns voulaient le tondre à la libération.

Lyon, le 8 octobre 2010.

07/10/2010

Nobel

philip_roth_jrgen_frank2.thumbnail.jpgA quoi peuvent bien songer ceux du jury Nobel, des gens que j’imagine vieux, vieux et progressistes mais également dotés du sens de l’histoire. A quoi pense donc ce satané jury quand il phosphore sur qui pourrait-être le Lauréat du Nobel de littérature qui sera remis à 13h00. La planète entière des lettres milite pour l’évidence, la désignation de Philip Roth car il serait grand temps que l’un des grands écrivains américains de ce temps bénéficie enfin d’une telle reconnaissance.

A soixante-dix-sept ans, cheminant encore alerte dans la république internationale des lettres, Roth est loin d’être semblable à son héro Zuckerman, fatigué. Entre l’Upper west side hivernal et les beaux jours dans le connecticut, Philip Roth écrit, il écrit et écrit encore. « Indignation » vient d’être traduit ici par Gallimard alors que quelques jours plus tôt « Nemesis », un roman qui évoque la polio intervenue en 1944 dans son New Jersey natal triomphe aux Etats-Unis. Le plaisir et la nécessité d’écrire, avec l’âge, deviennent un combat pour Roth. Un combat, car Roth, torturé par son mal de dos continue d’écrire, debout. Alors, tant qu’il est debout, espérons que du côté de Stockholm un jury jugera que cette affaire a trop duré et que le Prix Nobel 2010 de littérature est donc attribué à …. Philip Roth.

Lyon, le 7 octobre 2010.

Photo: DR

06/10/2010

Our body or not our body ?

_L'homme à la mandibule_, par Honoré Fragonard.jpgL'homme à la mandibule, Honoré Fragonard, Maison-Alfort

Peut-on faire payer pour exposer des cadavres ? Non a estimé mi septembre dernier la Cour de Cassation. Exit la possibilité d’exposer quelque chose comme « Our body, à corps ouvert » comme ce fut le cas à la Sucrière en 2008.

Si la France n’est plus première en matière de Droits de l’Homme, que notre éminent président se rassure la voilà première à statuer contre les expositions payantes de cadavres humains. Gunther von Hagens – anatomiste de l’université de Heidelberg promu au rang d’artiste - est invité à aller plastiner ailleurs (il a inventé la plastination pour conserver les corps et leur éviter la putréfaction et les odeurs qui vont avec). Dommage ! En France l’odeur de pourriture frôle parfois l’insupportable en ce moment.

Vous m’objecterez qu’il y avait soupçon sur l’origine des corps et qu’on craignait qu’ils ne proviennent des 6000 condamnés à mort annuels en Chine. Pour cette cause-là, une telle interdiction serait justifiée. Las, ce n’est pas pour cela que la décision de justice est prise : l’arrêt rendu par la Cour juge seulement que "l'exposition de cadavres à des fins commerciales" est contraire au Code civil qui stipule que "les restes des personnes décédées doivent être traités avec respect, dignité et décence".

Et si l’on avait pu prouver qu’il s’agissait de corps de personnes consentantes, comment la Cour de cassation aurait-elle interprété la loi ? Se serait-elle placée dans le domaine de la morale ou dans celui de l’éthique ?

Et que dire de cette notion de « fins commerciales » qu’elle évoque, dès lors qu’il s’agit de musées ?

Quant aux écorchés de Fragonard – Honoré, l’anatomiste cousin germain du peintre Jean Honoré Fragonard – conservés au musée Fragonard de Maison-Alfort : seront-ils à jamais soustraits aux yeux des visiteurs pour satisfaire à la morale du temps ?

Our body or not our body ?

Jean-Paul Schmitt

05/10/2010

De l'injure

bukowski.jpgEn ces temps où outrage et caviardage sont devenus, dans un élan nauséeux, les deux mamelles de la Sarkozye, je ne saurais que trop vous conduire à la lecture de l'excellent "Ta gueule Bukowski. Dictionnaire des injures littéraires" (Pierre Chalmin, L'Editeur, septembre 2010) afin de renouer avec l'aimable temps où l'on savait villipender son prochain avec un talent certain et très éloigné des bassesses racistes estivales de comptoir répandues à gorges déployées contre les Auvergnats par un membre éminent du sarkozysme.

A mille lieux des unes du Figaro dont les manchettes exhibent fièrement leurs traces de cirage et de résidus "d'inflation", des "Casse-toi pauv'con" et autres "La France, tu l'aimes ou tu la quittes", ce bréviaire de l'injure nous rappelle cruellement que ce qu'il y a de pire dans le sarkozysme, ce n'est sans doute pas le volume d'immondices qu'il déverse sur la Constitution, la République, et autres textes futiles mais c'est le manque de talent, l'inculture crasse qui orne désormais les frontons de nos ministères.

Plutôt que de vous livrer quelques morceaux choisis de cette Bible de l'offense, je vous propose de deviner en faveur de qui les adresses suivantes ont été fomentées. Un X masquera éventuellement le patronyme de l'injurié; ceci est évidemment un jeu à la faveur duquel l'injurié est conduit à une hasardeuse, fortuite, accidentelle mitoyenneté de QCM avec une kyrielle d'individus pour lesquels vous imaginez le niveau de considération qui leur sera bien évidemment dû. Loin de moi l'idée de les confondre, les assimiler, les comparer, les mesurer même avec l'injurié susévoqué. Mais pour faire un QCM, il faut de multiples choix.

1. "Le plus con des veaux est celui qui court après son boucher. X fut de ce genre là"
A. Dieudonné
B. Brasillach
C. Céline
D. Martin Hirsch

2."Ce vieillard avide se ruant à la Table Sainte pour y bâfrer des honneurs ... Misère !"
A. Maurice Druon
B. Marc Fumaroli
C. Paul Claudel
D. Maurice Quénet, recteur honoraire qui est à l'Académie de Paris ce que Jack Lang fut à la culture ...

3."Inquiétant et banal comme un poignard du Caucase"
A. Eric Besson
B. Brice Hortefeux
C. Vladimir Poutine
D. Staline

4. "J'ai cru qu'il était du marbre dont on fait les statues. Il n'était que de l'émail dont on fait les bidets"
A. Nicolas Sarkozy
B. Jacques Chirac
C. François Bayrou
D. Michel Rocard

5."C'est un homme qui s'est fait tout seul, qui s'est hissé au premier plan, malgré une inculture et une pauvreté d'esprit qu'on ne rencontre plus guère que chez les animateurs de radios libres. Un homme qui a fait une carrière politique remarquable en étant persuadé toute sa vie que Marceau, Berthier et Périphérique étaient des maréchaux d'Empire"
A. Nicolas Sarkozy
B. Georges Marchais
C. Jean-Michel Baylet
D. Bernard Tapie

6. "Avec X, il faudrait deux quotidiens. Un pour la connerie du matin et un du soir pour démentir la connerie du matin"
A. Nadine Morano
B. Nicolas Sarkozy
C. Fadela Amara
D. Rama Yade

7. "Monsieur X fait dans la culture comme d'autres font dans leur culotte. Monsieur X fait de l'incontinence ministérielle. Il ne peut pas se retenir"
A. André Malraux
B. Jack Lang
C. Frédéric Mitterrand
D. Renaud Donnedieu de Vabres

8. "La littérature de X méritera de demeurer comme témoignage des ravages que peuvent occasionner , sur les esprits simples, le décervelage en règle de ce qu'on nomme encore l'Education Nationale et la lecture hebdomadaire de Télérama"
A. Marc Lévy
B. Marc Lambron
C. Philippe Delerm
D. Guillaume Musso

9. "Vous savez à quoi on reconnaît que X est en train d'écrire un nouveau livre ? On entend les ciseaux et la photocopieuse !"
A. Alain Minc
B. Paul-Loup Sulitzer
C. Jacques Attali
D. Bernard-Henry Lévy

10. "Quand ça débande dans la société humaine, une femme en général, se dévoue, en tablant sur la virginité et la frigidité primordiales. Ca refait bander illico"
A. Ségolène Royal
B. Jeanne d'Arc
C. Marie-France Garaud
D. Carla Bruni

Les réponses à ces insoutenables questions la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

04/10/2010

Noël en octobre, dettes en décembre

?id=725X1342&site=audiogrammes.wordpress.com&url=http%3A%2F%2Faudiogrammes.files.wordpress.com%2F2010%2F03%2F20100403-john-lennon.jpg&sref=http%3A%2F%2Faudiogrammes.com%2F2010%2F04%2Fpage%2F2%2FAttention ! Dans le monde merveilleux du rock, en cette saison 2010-2011, les morts devraient rapporter comme jamais. Avec John Lennon, qui aurait fêté son anniversaire le 9 octobre, et Jimmy Hendrix, dont les têtes de gondoles devraient raffoler, l’année risque d’être bénie pour une industrie du disque en manque de cash. Tout commence d’ici quelques jours avec la nouvelle édition remasterisée par EMI de huit des albums de l’ancien Beatles sachant que « Double Fantasy » devrait bénéficier carrément d’une nouvelle production signée Jack Douglas et par l’inévitable veuve . Les fans les plus malins et les plus fortunés attendront quelques temps avant de bouger afin de se procurer le mausolée, à savoir un coffret intitulé « John Lennon signature box » qui devrait réunir l’ensemble des disques réédités ainsi qu’un double album d’enregistrements inédits. Si les plus fauchés s’offriront quant à eux une compilation de 15 titres probablement sans grand intérêt, les fans les plus fondus, déjà possesseurs du fameux « Signature Box », se paieront, sans délais, « Gimme some truth », un autre coffret comprenant 72 titres remastérisés. Si d’aventure, les nostalgiques de Lennon, atteints de fringale, peinaient encore à assouvir leur faim, le 8 décembre, un biopic consacré à John Lennon sortira exactement 30 jours après l’anniversaire de la disparition du liverpuldien devenu new yorkais.

Au cas où parmi les amateurs de Lennon se nichaient des accros de Jimmy Hendrix, je préfère prévenir. Une large campagne de rééditions et de publications d’inédits devrait frapper au point, peut-être, de mettre sur la paille ces malheureux dingos de rock. Pire et avis aux familles, si l’un de vos proches, amateur de Lennon, admirateur de Hendrix mais aussi fan de Springsteen sommeillait dans l’un des recoins de votre sphère,  attendez-vous à connaitre les affres les plus dévastatrices puisque Sony, après l’édition du Bleu Ray du concert de Hyde Park, propose d’ici quelques semaines une nouvelle édition remasterisée de « Darkness on the edge of town » livrée avec un paquet d’inédits soit au total trois CD et trois DVD. De quoi, vous l’admettrez, fêter noël en octobre et, ce faisant, vous faire prendre le risque de réveillonner avec un simple cheeseburger et un Sunday caramel lors du nouvel an en raison d'une fin de mois particulièrement difficile.

Lyon, le 4 octobre 2010.

Photo: DR

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03/10/2010

Le nom des ministères

Comme c'est parfois le cas, notre ami Marc Gauchée m'envoie un billet de son cru. Celui d'aujourd'hui nous parle de cette façon, jamais innocente, de donner un nom aux ministères. En attendant les nouveaux ministères de Sarkozy, voici quelques propos de l'ami Gauchée au sujet de celui de l'Agriculture.

Jean-Yves Sécheresse

"Bientôt la Toussaint et le grand remaniement gouvernemental ! Certains ministères vont peut-être changer de noms. Ces changements ne sont pas seulement destinés à faire plaisir au titulaire du maroquin concerné ou à faire vivre le petit commerce des fabricants de plaques. L’exemple par l’agriculture et le développement rural…

En 1881, pour la première fois, un département ministériel est dédié exclusivement et uniquement à l’agriculture. Le tout nouveau « ministère de l’agriculture » (Paul Devès) se sépare ainsi du commerce (trop libre-échangiste), de l’industrie ou de l’intérieur auxquels il avait été précédemment rattaché. Depuis, hormis 2 ans d’absence (1956-1957), chaque gouvernement a compris un « ministère de l’agriculture ».

Seule la guerre peut remettre en cause l’appellation du ministère. En 1916-1917 (Constant Roden), l’« agriculture » se retrouve brièvement avec les « commerce, industrie, travail, postes et télégraphes », renouant ainsi avec l’avant 1881. Mais la guerre est surtout l’occasion d’ajouter le « ravitaillement » au portefeuille (1917-1920, Victor Boret et Joseph Noulens ; 1940-1941, Albert Chichery et Pierre Caziot ; 1942-1944, Jacques Leroy-Ladurie, Max Bonnafous et Pierre Cathala ; 1945-1946, François Tanguy-Prigent).

Si le ministère de l’agriculture a été marqué par une grande constance dans son appellation, il a aussi connu plusieurs appellations complémentaires.

Gauchee.jpgParmi elles, il y a l’éphémère, celle qui marque l’intérêt politique d’une époque. Il en est ainsi de la « forêt » (1988-1992, Henri Nallet et Louis Mermaz). D’autres s’imposent durablement comme la « pêche » à partir de 1993 (Jean Puech). L’« alimentation » apparaît entre 1995 et 1997 (Philippe Vasseur) puis s’impose définitivement à partir de 2002 (Hervé Gaymard) jusqu’à passer en première place dans l’ordre de dénomination du ministère qui devient, en 2009, « ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche » (Bruno Le Maire)… avant peut-être de disparaître quand le ministère de la santé aura retrouvé ses prérogatives.

Quant aux appellations concernant la politique rurale, elles possèdent 3 caractéristiques originales. La première est leur -relative- ancienneté puisque le « développement rural » est l’appellation complémentaire qui apparaît dès 1972-1974 (Jacques Chirac et Raymond Marcellin) puis en 1992-1993 (Jean-Pierre Soisson). La deuxième est la variabilité des dénominations : outre le « développement rural », la politique rurale fut également nommée « affaires rurales »  (2002-2004, Hervé Gaymard) et « ruralité » (2004-2005, Dominique Bussereau). La troisième caractéristique est que ses apparitions furent plutôt rares et souvent courtes.

 

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02/10/2010

Inspecteur Harry

369.jpgCertains aiment le voir comme le « Latin lover » des ministères, tombeur de présentatrice télévisuelle puis d’une blonde rapidement recentrée fiscalement des Etats-Unis vers notre beau pays. D’autres ne peuvent s’empêcher de croire que notre Harry Potter national ne pourrait faire de mal à une mouche même si ses honteuses arguties contre les socialistes afin de défendre Woerth devant la représentation nationale laissent un goût plus qu’amer. Fils de son père puis heureux rejetons adoptif du fondateur du RPR, le gnard est donc devenu roi des comptes et à ce titre nous aurions tous bien tort de penser que ce « baby face » de la politique française pourrait être un ange. Désormais chef comptable dans la maison Sarkozy, la première ponte fiscale de notre ex-jeune premier est une œuvre dont l’injustice n’a d’égal que la tromperie. A coup sûr, ménages et classes moyennes se souviendront longtemps des méfaits du Chiraquien devenu Sarko-compatible. Futurs mariés et pacsés, candidats au divorce, refoulés du dispositif Scellier, employeurs d’employés, militants de la rétroactivité de l’aide au logement, accros des assurances-vie et squatters du taux marginal de la tranche supérieure, empapaoutés des crédits d’impôts verts, souvenez-vous que votre Harry adoré est l’auteur docile et revendiqué d’un budget 2011 qui a par ailleurs taxé les loyers HLM, augmenté le « Triple play », assuré l’augmentation de vos assurances sans jamais porter la main sur le bouclier fiscal. Bref, à ce Harry ne lui dites jamais merci.

Lyon, le 2 octobre 2010.

Photo: DR

01/10/2010

Little Big Man

7729_programs_photo_298_original.jpg« Le gaucher », chef d’œuvre revivaliste et rénovateur du western de la fin des années cinquante, « little big man », inventive réussite du début des années soixante-dix foisonnantes, « Bonnie and Clyde » film tricardisé par Hollywood, « Alice’s Restaurant » fleurant bon sa rumba baba-cool, sont à des titres divers quelques-unes des nombreuses réussites d’Arthur Penn, une de ces progénitures remarquables de l’Actors Studio qui s’en est allé dans la nuit de mardi à mercredi. Que les américains se rassurent, s’ils n’étaient pas tous, loin s’en faut, de fidèles admirateurs du petit juif de Philadelphie, nous étions nombreux, ici en Europe, à avoir le culte presque dévot de cet artiste majeur du XXème siècle, de ce progressiste installé dans le 7ème art. Robert Redford, Warren Beatty, Faye Dunaway, Marlon Brando, Gene Hackman, Dustin Hoffman et de nombreux autres ont aidé Arthur Penn à imposer un art dont il aimait reconnaitre l’influence de la « nouvelle vague » venue de notre pays.

Arthur Penn va demeurer un chaînon indispensable de la grande histoire du cinéma américain. Un de ces rebelles qui n’auront pas froid aux yeux, un éclaireur qui annoncera la chevauchée fantastique des Martin Scorsese et des Francis Ford Coppola, le frère du photographe Irving Penn et, à bon entendeur, en aucune façon l’ancien beau père de Madonna même si le Sean en question à ce toupet qui le fait parfois ressembler au désormais regretté Arthur.

Lyon, le 1er octobre 2010.

Photo: DR

30/09/2010

Ed

ed-miliband-saura-redonner-de-la-force-au-labour.pngC’est donc avec l’appui massif des syndicats et sans vraiment convaincre le parti travailliste, élus compris, que Ed Miliband se retrouve à la tête de l’opposition quelques temps après la victoire de l’alliance Cameron-Clegg. On devrait d’ici quelques temps en savoir plus sur l’orientation que comptent mettre en œuvre les travaillistes car, convenons-en, au lendemain de la victoire de celui qui aime tant se présenter comme l’anti-Blair, le brouillard le plus londonien est sur le point d’envahir le parti travailliste. La question de l’Irak, les déficits publics, la crise financière, l’Etat et bien d’autres choses qui taraudent les britanniques sont sans réponses. Force est également de constater que le vague positionnement de Ed à la gauche du parti ne nous en dit pas vraiment plus sur ce que pourra être la politique des travaillistes. L’orientation assez fantomatique du nouveau leader sera-t-elle levée quand celui-ci installera son gouvernement non moins fantôme ? Nul ne le sait mais une chose paraît certaine : Ed Miliband a du pain sur la planche.

On le sait, face à son frère David, Ed Miliband a arraché à Manchester une belle victoire conditionnée par la peu glorieuse défaite du labour lors des dernières élections. Au-delà de cette réalité le peu connu Ed à tout intérêt à se retrousser les manches ce d’autant que les premiers sondages dégagent plus de problèmes que de réponses. A la question « Lequel des deux frères serait le plus capable d’exercer la fonction de premier ministre », David Miliband, le battu, semble en meilleure posture que Ed, le vainqueur. En effet David totalise 53% d’opinions le croyant capable de gouverner alors que le frangin Ed n’enregistre que 36% d’opinions favorables le voyant susceptible d’exercer le pouvoir comme quoi là-bas comme ailleurs la vérité d’un parti ne fait pas nécessairement la crédibilité dans l’opinion.

Lyon, le 30 septembre 2010.

Photo: DR

 
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