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29/10/2010

pendaison

trek-aziz-2221.jpg

Depuis la liquidation physique et assez expéditive de Saddam on savait le nouvel Irak libéré encore très éloigné des standards démocratiques. Alors qu’il pensait mourir incarcéré après en avoir pris pour successivement 15 et 7 ans, l’ancien ministre des Affaires Etrangères de Saddam Hussein vient d’être condamné à mort à 74 ans passés. Depuis le début de la semaine, le compte à rebours est donc en marche. Tarek Aziz dispose désormais de moins de 30 jours pour faire appel.

Longtemps affublé de qualités de fin négociateur oriental, titulaire d’un brevet de compatibilité avec l’occident et surtout comme un homme « à part » dans l’appareil du Parti Baas puisque chrétien de rite Assyro-chaldéen, Tarek a longtemps joué au dandy au milieu du club de bouchers fédéré par la dictature. D’ailleurs, contrairement à la plupart de ses collègues, l’ex diplomate s’était rendu aux américains avant la fin des combats, en avril 2003, pensant ainsi pouvoir bénéficier de quelque mansuétude. Pour une fois un peu naïf, l’ancien ministre s’était retrouvé dans les mailles des filets du nouveau pouvoir remis en main propre par les G.I à la nouvelle justice de Bagdad. Canaille certifiée pur sucre, le sort de Tarek Aziz ne doit pourtant pas nous plonger dans l’indifférence. Puisque nous sommes opposés à la peine de mort à Paris comme à Bagdad la condamnation de Tarek Aziz nous est insupportable.

Par ailleurs, les méandres de la politique irakienne ne doivent pas nous faire perdre de vue que la pendaison promise à l’ex est le produit d’une vengeance du Parti Dawa et de la communauté Chiite, Tarek Aziz n’ayant pas été le dernier sous Saddam, à couvrir la liquidation de Mohammed Baqr Sadr il y a trente ans de cela. Pilier du régime de Saddam Hussein, artisan de la politique du dictateur, Tarek Aziz ne peut en aucune façon espérer que sa responsabilité puisse passer par pertes et profit. Pourtant le condamner à mort est une autre histoire ou plutôt la terrible reconnaissance d’un échec suite au pari engagé par l’Irak après la chute de Saddam. Une histoire qui touche à sa fin et au cours de laquelle Tarek Aziz sait qu’il ne pourra compter sur l’appui de ces nombreux occidentaux qui négociaient avec lui il y a trente ou quarante ans, une centrale nucléaire par ci, de l’armement par là.

Lyon, le 29 octobre 2010

Photo:DR

28/10/2010

A star is born

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C’est Lucchini qui est sur le point de faire du défunt Philippe Muray une sorte de rock-star de ce début de siècle et c’est bien entendu à chacun de nous d’imaginer comment, de là-haut, l’essayiste peut bien prendre la chose. Coup de chance, alors que l’acteur fétiche des abonnés de Télérama triomphe au théâtre de l’Atelier avec Muray, les éditions des Belles Lettres livrent en un seul volume, sous le nom de « Essais », l’ »Empire du Bien », « Après l’Histoire » ainsi que « Exorcismes Spirituels ».

Le paveton gris en question, lourd comme du granit, est une véritable arme par destination qui permettra au public le plus large de connaître, mieux que Lucchini ne pourra jamais le faire, une œuvre polémique jamais prise en défaut de faiblesse sur quelques 1800 pages. Si l’objet que vous allez vous offrir sans délais coûte ses 33 euros, avec « Essais » dîtes-vous bien que l’intelligence et l’ironie critique rodent au détour de chaque page. Je certifie la chose et légitime donc un achat d’autant plus indispensable qu’il vous permettra de picorer presque chaque jour, pendant des mois et des mois, dans ce labyrinthe parfois un peu dingo.

Il y a presque une quinzaine d’années, j’avais découvert ce Muray qui ne ressemblait à rien de connu dans l’intelligence nationale et j’ai le souvenir d’en avoir souvent parlé, entre deux candidats à l’oral du CAPES, avec un ami universitaire dijonnais savoureusement réac de gauche qui, découvrant lui aussi Philippe Muray, s’emportait au-delà du raisonnable pour un auteur désormais au zénith.

Même si comme moi, vos inclinaisons politiques et idéologiques ne vous conduisent pas nécessairement vers lui, lisez Muray. Même si vos choix politiques peuvent se retrouver estourbis par ce brillant polémiste qu’il convient de ne pas laisser au Figaro et à la droite, lisez « Essais ». Lisez un auteur drôle, cassant, à l’esprit extravagant et décapant. Un enragé, un pourfendeur souvent injuste, un as comme on disait dans le temps. Embarquez-vous sans retenue dans cette descente aux enfers de Muray, un type à qui vous ne donnerez que rarement le bon dieu sans confession mais un auteur formidable qui nous rend plus intelligent et pétillant tout en demeurant injuste, iconoclaste, provocateur à souhait et à l’occasion réac.

  • Philippe Muray, « Essais », Les Belles Lettres, 33 euros.

Lyon, le 28 octobre 2010

Photo:DR

27/10/2010

Stratégie de présence et d’influence ou mise à sac du politique ?

SAC.jpgLobbying !... Si en France, depuis 1995, les entreprises ne peuvent plus faire de dons aux partis politiques, en revanche c’est autorisé aux Etats-Unis. Mais aux Etats-Unis au moins, les affaires en question sont connues et publiées et l’on trouve sur les sites montants et bénéficiaires.

Comme le signalait Rue89, les entreprises françaises ne sont pas en reste pour arroser les candidats aux élections intermédiaires américaines. Il leur suffit pour cela de créer un comité d’action politique (Political Action Committee). Comme pour Obama ces élections risquent d’être difficiles, certains démocrates dénoncent les firmes étrangères qui interviennent de cette façon dans leur politique nationale. C’est le cas de certains fleurons français comme Areva, AXA, GDF Suez, Vivendi et autres Lafarge pour ne citer que les meilleurs donateurs parmi la douzaine d’entreprises citées et qui, pour la seule année en cours ont déjà versé plus de 625.000 $ et bien davantage depuis 2009 (voir Rue89). Que les « partisans » de tous bords se rassurent : 2/3 vont aux candidats démocrates et 1/3 aux républicains. Organisation actuelle du pouvoir oblige. Ouf !

S’il fallait une preuve nouvelle de l’intervention du système financier capitaliste dans les campagnes électorales…

Nous en France, nous sommes plus malins : nous créons des « premiers cercles » de donateurs dont la plupart sont des chefs de nos grandes entreprises et/ou de familles les contrôlant. Nous créons des micro-partis dont le Monde disait après enquête que : « le total des budgets des satellites du parti présidentiel atteint 4 938 451 euros. Une somme très supérieure à celle de l’ensemble des petits partis proche du PS, dont les budgets cumulés atteignent 796 964 euros ».

Et puisque nous en sommes à compter les points dans notre démocratie malmenée où les règles financières aveugles semblent supplanter les règles de la République issues de la Révolution et des Lumières, le rapprochement des comptes est éclairant :

- USA, Démocrates contre Républicains : gain 2 contre 1

- FRANCE, UMP contre PS : gain 6 contre 1

Espérons que le décompte des votes en 2012 soit inverse.

Qu’elles paraissent lointaines ces paroles d’Abraham Lincoln dans son premier message annuel au Congrès : « le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le travail n’avait tout d’abord existé. »

Certainement parole de bolchevik !

Jean-Paul Schmitt

26/10/2010

Pestilence, by Guerlain

9290-jean-paul-guerlain-recevra-la-legion-637x0-1.jpgFrance 2 a senti brusquement le remugle l'autre jour, lorsque Jean-Paul Guerlain, 73 ans, en pleine promotion de son dernier grimoire, s'est rendu coupable d'une odieuse confidence, furtivement lâchée comme une flatulence à peine honteuse et dont on sentait bien qu'il l'avait fermentée en lui depuis belle lurette : "Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin... ». Chacun aura compris que le mot nègre ne renvoie pas ici à l'acception littéraire du terme qui a fait la fortune de la moitié des membres de l'Institut.

Et lui, sans connaître la moindre interruption de la part d'une Elise Lucet d'ordinaire plus loquace et sans doute affriolée par la réputation et le complet veston du doyen des nez, de continuer son autopromotion, sans rougir, refermant comme il l'avait ouverte, la bonde de son dégazage sauvage.

Soudain, celui qui passait encore pour un vieux galant ayant passé toute sa vie à embaumer la gent féminine d'effluves orientaux et musqués s'est révélé empuanti au public comme une de ces vieilles bouteilles que l'on rêvait exquise et qui, une fois ouverte, ne saurait dissimuler plus longtemps qu'elle est outrancièrement bouchonnée.

Soudain, Guerlain a laissé entrevoir sa France intériorisée et imaginaire : une France "monochrome", nostalgique d'un monde colonial qui fleurait comme baume la douceur de vivre et la main d'œuvre aussi pléthorique que corvéable.

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25/10/2010

Le bleu et le rouge

334906.jpgPlutôt que de faire une fixation impuissante sur Claude Puel, les associations de supporters de l’olympique lyonnais devraient plutôt s’occuper de deux députés du coin, l’un étant UMP et s’appelant Philippe Meunier, l’autre communiste et se nommant André Gerin, ces deux-là venant de co-écrire une lettre contre l’ « OL Land » dont je suis l’un des nombreux destinataires. Nos deux « coco », ou plutôt nos deux compères, dénoncent avec appétit « ce foot business et tous ses excès qui n’en finissent plus » sans oublier de préciser, par précaution, leur attachement aux « valeurs du sport ».

Qu’un député bleu horizon également repérable par quelques taches brunes signe une missive avec un paléo-communiste n’est vraiment pas pour me surprendre ce d’autant que le second a déjà fait ses preuves en exécutant le même type de glissade avec son ami Eric Raoult. Ce qui est intéressant dans la démarche réside aussi dans des arguties qui jusqu’ici étaient la spécialité des discussions avinées dans certains rades de nos quartiers. En effet nos deux députés dénoncent aussi dans les quelques lignes de cette lettre aux relants démagogiques le « cash pour régler les commissions délirantes liées aux transferts » ainsi que « les salaires supérieurs à 400 000 euros par mois ».

Si cette nouvelle définition du front républicain enfantée par Meunier et Gerin ne fait pas dans la dentelle, nos deux clients poussent un peu loin le ballon au point d’exiger de la ville de Lyon l’agrandissement de son stade municipal de Gerland. On a connu plus élégance de la part de députés de la république mais surtout plus de compétence, sachant que ces deux-là ne sont pas, loin s’en faut, effrayés par leurs propres limites dépassées depuis belle lurette. Il n’empêche qu’au-delà du triste combat de Meunier et Gerin et bien loin du strict dossier de l’OL Land, le football professionnel est sur le point de rentrer dans une zone des tempêtes que nous ne mesurons encore qu’avec imperfection. Devenu spectacle, le football doit s’interroger sur la validité de son modèle économique. Largement sous perfusion des droits versés par les télévisions, le désengagement d'orange ne sera pas sans conséquences et il suffit de voir la sur-activité de Fréderic Thiriez pour la création d’une chaîne de la ligue sur la TNT pour s’en convaincre. Sur un autre registre, la suggestion intéressée du président de Canal Plus visant à diminuer le nombre de club de L1 va dans le même sens. A L’heure ou en Europe la mauvaise santé du football professionnel est sur le point de produire des facteurs de déstabilisation et voire même de véritables dépôts de bilan, ceux qui font profession de nous indiquer l’avenir devraient se montrer particulièrement actifs. Dans cette catégorie ne figurent ni Rama Yade, ni sa surveillante Bachelot, encore moins nos deux agents d’ambiance locaux, je veux parler de Meunier le bleu et Gerin le rouge.

Lyon, le 25 octobre 2010

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24/10/2010

Jim et moi

JimHarrison-ReturningtoEart.jpg?size=81482Les heures passées dans les trains forgent et entretiennent les bons lecteurs, c’est d’ailleurs à ce titre que ce moyen de locomotion mérite le respect et les encouragements en particulier face à l’avion. La rentrée littéraire de septembre nous a proposé, au milieu d’un fatras, un nouveau Jim Harrison, un recueil de nouvelles intitulé « Les jeux de la nuit » et traduit par l’indispensable Brice Matthieusent. Ce bon vieux Harrison m’avait choqué en quittant Christian Bourgois pour Flammarion histoire probablement d’encaisser. Harrison, et il le sait parfaitement bien, ne serait rien ou pas grand chose sans Christian Bourgois, le talent d’écrivain n’étant pas la seule composante du succès pour s’imposer dans un pays comme le notre. Du coup, attitude parfaitement imbécile, je n’avais pas acheté l’objet du délit à savoir le précédent bouquin, le premier paru chez Flammarion, menant une sorte de petit boycott personnel. La risible période de froid entre Harrison et moi-même étant terminée, j’ai donc entamé la lecture de ce recueil de trois nouvelles dont la lecture devait s'achever initialement dans le train entre Lyon et Bruxelles. Je crois que c’est dans le supplément littéraire du Figaro que l’on avait écrit que Harrison n’était jamais aussi bon que sur ce format de romans que l’on pourrait qualifier de courts. La chose est juste. Le 1 500 mètres est la distance de prédilection du gros Jim qui n’est plus assez explosif sur le sprint et franchement balourd sur 10 000 mètres. Avec la belle Sarah et le vieux Tim, Jim Harrison nous piège à nouveau à la perfection pour nous entraîner dans des parages qui, pour tout vous dire, sont à priori très loin de me faire vibrer. Avec le gone Samuel personnage de la dernière nouvelle, Harrison, me semble-t-il, fait encore plus fort en nous enfermant dans un récit aux limites du para-normal. Sensible aux vins et à nos vignobles Jim Harrison sera heureux quand il apprendra que je suis réconcilié avec lui et que je vous encourage à lire ce « Jeux de la nuit » qui s’avère un très bon millésime.

> Jim Harrison, « Les jeux de la nuit », traduction Brice Matthieusent, Flammarion, 21 euros

> Brice Matthieusent dont les fans de Harrison doivent posséder « Jim Harrison de A à X », collection titres chez Christian Bourgois.

Lyon, le 24 octobre 2010.

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23/10/2010

Vive la Belgique

belgique.gifTout à l’heure, je devais prendre la direction Gare de la Part-Dieu pour un petit week end à Bruxelles capitale controversée d’un pays dont le noir, le jaune et le rouge du drapeau sont l’emblème du chocolat, de la frite et de la mort subite. Cette mauvaise blague empruntée à la « désencyclopédie » ne doit pas nous laisser croire que la Belgique est un pays qui ne ressemblerait à rien ou à pas grand-chose, une sorte d’entité territoriale bonne à être la première puissance exportatrice de blagues, un ensemble hétéroclite au système politique miné et presque incompréhensible et accueillant à ce titre les institutions européennes. Pour partie, on retrouve si mes souvenirs sont bons, ce désordre jusque dans l’architecture coupable des années soixante et soixante-dix, dans l’organisation urbaine d’une ville qui, sur certaines séquences, ne ressemble à rien tout en offrant parfois un charme presque sans équivalent. Celà étant les pertubations actuelles viennent d'achever mes rêves de week end mais revenons à la Belgique.

Pour la plupart des français, la Belgique est un pays abstrait qui ne se visite même pas, une sorte de noman’s land sans frontières assisses qui serait, peu ou prou, l’annexe de leur pays et dont la population vivrait assez souvent dans les campings du sud. Avec Johnny Hallyday, Jean-Claude Van Damme, Eddy Mercks et Geluck, le Roi est probablement pour nombre de nos compatriotes le seul belge digne d’intérêt même si, depuis quelques années, Amélie Nothomb vient féminiser, au titre nous dit-on de la littérature, une liste qui comprenait aussi jusqu’ici comme auteurs Adamo et Hergé.

Berceau des frères Dardenne, des Delvaux, André et Paul, de Magritte mais aussi de Benoit Poelvoorde, la Belgique est probablement plus indispensable à notre culture que les apparences ne pourraient le laisser croire. Si Michaux et Simenon, Yourcenar ou Maeterlinck sont définitivement et abusivement annexés par la France, considérons qu’avec les Brel, Django Reinhardt, André Franquin, Albert Frère comme Noël Godin, notre pays n’aurait par la même gueule. Comme hier avec les Rik Van Looy ou Van Steenbergen les belges avaient la main mise sur le sprint mondial, c’est aujourd’hui avec les magnifiques Klim Clijsters et Justine Hénin que la Belgique domine le tennis international chose au demeurant parfaitement inaténiable pour la France. Bref, avec Arno, Alechinsky, Pierre Mertens et bien d’autres, la Belgique demeure une petite merveille qu’il convient de vénérer, de pratiquer et de visiter régulièrement. Me concernant cela sera pour une prochaine fois ce qui ne m'empêche en aucune façon de vous dire, Vive la Belgique !

Lyon, le 23 octobre 2010.

22/10/2010

Les riches lâchent Sarko

sarkozy-nb-fond-blanc.jpg?w=113&h=137Vous connaissez tous l’animosité que je peux avoir à l’égard du président de la république et de son gouvernement en phase terminale. Je la sais partagée par beaucoup et dans les cortèges qui parcourent nos villes, parfois chaque jour, les manifestants ne se cachent même plus pour dire que le sujet des retraites est désormais subalterne. Ce qui compte c’est avant tout d’exprimer son « ras-le-bol » en disant au président que le pays ne peut plus le voir, même en peinture.

Cette sainte colère qui vise sans détours le locataire actuel de l’Elysée est pourtant injuste au moment où Sarkozy est sur le point de connaître un véritable échec. En effet malgré des efforts sans mesure, des décisions financières scandaleuses et parfois des actes aux frontières de l’obscénité, Sarkozy doit se résoudre au fait qu’il n’arrive plus à faire plaisir à ses amis, les vrais, ceux qui sont victimes d’une fiscalisation confiscatoire et des honteuses menées du fisc. Expliquons-nous. Cette semaine la nouvelle est tombée sans prévenir, comme le tranchoir froid de la guillotine sur la nuque du condamné à mort, je vous la livre telle quel, ou plutôt comme vient de l’écrire Le Figaro, « Les ménages fortunés cherchent à nouveau à quitter la France. »

Vous vous en souvenez, dès son élection à la présidence, Sarkozy avait expliqué au pays que les exilés allaient revenir au bercail, la création du bouclier fiscal étant le signe fort envoyé à destination de ceux qui pantouflaient en Suisse ou en Belgique. A cet égard chacun pouvait également espérer, le retour du chanteur « ni belge - ni suisse », je veux parler de Johnny Hallyday. En fait de retour au pays, ces français dont on nous disait qu’ils avaient été chassés par la gauche, se firent plus que prier puisque depuis l’investiture du président ils continuaient de jouer l’Arlésienne. Reniflant la défaite de Sarko, peinés par la politique du gouvernement, il paraît que d’autres fortunés restés en France se ruent désormais vers les cabinets des meilleurs avocats spécialisés afin de prendre la tangente pour vivre un exil fiscal légitimé par la probable abrogation du bouclier, les coups de rabot de Fillon, l’agonie de quelques niches et la perspective de réaménagement de l’ISF.

Après les pauvres, les classes moyennes c’est maintenant au tour des riches de lâcher Sarko. Question d’élégance, il serait peut-être temps que les manifestants mettent la pédale douce pour ne pas trop désespérer un président mal aimé.

Lyon, le 22 octobre 2010

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21/10/2010

Trésor public

murat7620bxe6.jpgDe la salle Molière au Ninkasi-Kao en passant par le Transbordeur, je crois avoir vu et apprécié Jean-Louis Murat dans la plupart des salles lyonnaises. Situation étonnante. En 2010, plusieurs mois après la sortie de son album, c’est à Saint-Genis-Laval que l’auvergnat renfrogné se produit, dans cette périphérie-sud de l’agglomération en général négligée.

Cela étant, vous pouvez me croire, il convient d’avoir beaucoup de détermination et d’envie pour faire ce soir le voyage de Saint-Genis-Laval afin d’accéder à notre Neil Young national. L’histoire commence fin août. La rumeur annonce en effet un concert de Murat à Saint-Genis-Laval, Chaponost, Francheville… dieu seul le sait. Au final, en septembre, la confirmation du show à Saint-Genis arrive mais aucune Fnac, Virgin ou point habituel de location ne semble au parfum. En fait le candidat-spectateur doit contacter les autorités locales, envoyer un chèque de 22 euros à l’ordre du Trésor Public pour, au final, disposer d’un billet ouvrant largement les portes du centre culturel local pour applaudir cet autre Trésor Public qu’est Jean-Louis Murat. Un Murat désormais cela se mérite. Quant à la procédure utilisée par les gones de Saint-Genis, je propose humblement qu’elle puisse être la même que dans le reste du monde, à moins que cela soit trop exiger de cette nouvelle cité du rock and roll que d’acquérir des billets de concerts dans des endroits faits pour cela.

Lyon, le 21 octobre 2010.

Photo: DR

20/10/2010

Embrasser le passé…

L'Origine du monde.jpgKiss the Past Hello fait scandale paraît-il. L’exposition du photographe Larry Clarck au Musée d’Art Moderne de Paris est interdite aux mineurs. Les « déviances » des adolescents de celui qui est aussi l’auteur de Ken Park font crier à la pornographie.

Curieuse époque. Et parfois sinistre dans son rejet de ce qui en fait est vital. Même nos amis Suisses s’y mettent : le musée des beaux-arts de Berne et le centre Paul Klee qui devaient exposer deux photos de Clarck dans l’exposition « Vice et Volupté » consacrée aux sept péchés capitaux viennent de décider d'exclure deux clichés jugés trop choquants.

Kiss the Past ?

Quel passé embrassons-nous et avec quel manque de confiance ? Faut-il que nous revenions aux excès de pudeur, à la pudibonderie de certains passés qu’on croyait révolus ? Si dans d’autres cultures que la nôtre la nudité n’est justifiée qu’en privé tout comme le dévoilement de la sexualité, faut-il désormais mettre au ban des musées des mineurs à cause de représentations que certains jugent pornographiques ? Les mêmes qui souvent se soucient comme d’une guigne de la violence de certains jeux de rôle qu’ils laissent au libre arbitre de leur mineur chéri ?

Je ne suis pas un fervent admirateur de Larry Clarck. Les grands adolescents à la mine havre qu’il met en scène se shootant devant son objectif ne sont pas ce que je préfère et j’ai admiré des œuvres d’art avec d’autres ambigüités, beaucoup plus fortes. Mais la censure des œuvres de Clarck me gêne bien plus que leur exposition. Les corps nus de son couple d’ados faisant l’amour dans une baignoire sont plutôt beaux, même si je leur préfère l’érotisme brûlant de l’origine du monde de Courbet. Quant à la leçon de guitare de Balthus, elle est infiniment plus forte, plus fiévreuse, plus provocante et plus mystérieuse. Là déjà, les pudibonds de service hurlaient à la pornographie et si le mot avait couru comme il court aujourd’hui ils auraient aussi hurlé à la pédophilie…

«  Aujourd’hui, l’érotisme dans l’art est la seule chose qui fasse encore sursauter les pantins… » écrivait Balthus en 1934. Parole d’actualité.

Jean-Paul Schmitt

Image: (c) Courbet : l’Origine du Monde

19/10/2010

Ramassée

rama-yade.jpgLes défenseurs du sarkozyme, en ces temps difficiles pour le pouvoir, sont de plus en plus rares au somme de l'Etat : Frédéric Lefebvre, preuve vivante qu'on peut partir de rien pour arriver nulle part, Dominique Paillé, persuadé que derrière chaque journaliste se cache un bolchévique sanguinaire, et Xavier Bertrand, camelot patte-pelu d'un roi nu, ont cessé d'être audibles, si on peut croire qu'ils l'aient été un jour, exception faite bien sûr des électeurs fascistes inquiets de leur dérive droitière.

A l'occasion de l'émission "A vous de juger", présentée par la suave Arlette Chabot, flanquée du sémillant Nicolas Beytout, journaliste qui partage sa vie entre la rédaction des Echos et le comité d'éthique du MEDEF - nous voilà rassurés pour la moralisation du capitalisme et du journalisme réunis !- et Alain Duhamel, dernier journaliste vivant avec Jean Daniel à avoir chroniqué tous les présidents de la Veme République, le sarkozysme a envoyé Rama Yade au front défendre les retraites, l'identité nationale, le bessonisme, la brasse coulée et l'athlétisme en salle.

Mac-Mahon, s'il était encore en vie et Danièle Gilbert, si elle était encore à l'antenne, seraient en droit de déposer plainte pour plagiat, tant la kyrielle de banalités creuses et de conneries cyclopéennes déversées par Rama Yade atteignit un niveau inédit à la télévision depuis Jean-Pierre Raffarin en campagne référendaire, lui ouvrant ainsi séance tenante la route fleurie du Guinness Book des records et par voie de conséquence, celle de l'Académie Française, si Héléne Carrère d'Encausse, ce jeune bourgeon libertaire, daigne casser sa pipe immortelle un jour.

Subsidiairement en auto-promotion de sa Lettre à la jeunesse qui rendra nécessairement jaloux, de là où ils sont, Pierre-Mendès France et Albert Camus, Rama Yade est venue expliquer combien le sarkozysme, et bien, c'était les "Bisounours", "l'île aux enfants", "Oui-Oui et les lapins roses", "Mary Poppins"... L'occasion d'entrevoir le monde potemkinisé de Rama Yade : l'UMP incarne vous l'aurez compris, la défense des libertés, des droits de l'homme, et, n'ayons pas peur des mots, de la femme, le sens du dialogue, le compromis tandis que le vilain, le méchant PS incite la jeunesse à casser et que dans le même temps Europe Écologie deale du cannabis bio à la sortie des collèges.

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18/10/2010

« Nègre » de Sarko

JacquesAttali.gifPourquoi tant d’hésitation et de circonvolution ? Il paraît que le président hésite encore ne sachant plus faire la part de l’utile entre le choix d’un premier ministre centriste, d’un ancien Villepiniste, d’un troisième Chiraquien ainsi que d’une quatrième Umpiste revêche. Bref, Nicolas Sarkozy pourrait même se laisser aller à faire à nouveau les yeux doux à son collaborateur actuel, François Fillon. Pour Sarkozy comme pour nous parfois dans la vie, nous n’arrivons pas à percevoir une bonne solution qui s’impose pourtant comme le nez au milieu de la figure. Cette solution évidente s’appelle Attali, l’homme qui vient de proposer à la droite un programme clé-en-main jusqu’en 2020. Il faut dire que dans la série des conseillers qui ne méritent pas d’être oubliés, Jacques Attali s’impose. Jadis avec Tonton, aujourd’hui avec Sarko, Attali s’est déjà fait remarquer en 2008 comme chef de la commission destinée à booster la croissance nationale. On connait le résultat et Attali s’est fait, à cette occasion, beaucoup d’amis parmi les chauffeurs de taxis. Attali le larbin nous revient donc deux ans plus tard et en cet automne 2010 il livre le plan d’austérité qui manquait tant à la droite coupant presque l’herbe sous les pieds à des hiérarques de l’Ump qui ne doivent pas en croire leurs yeux. Avec « sa stratégie à dix ans » et son objectif « croissance 2.5% », Attali vient donc de formuler 27 propositions à Sarko. Au rayon des finances publiques et du retour du déficit à 3%, le nouveau conseiller de l’Elysée propose le gel du point d’indice pour les fonctionnaires d’Etat comme de la Fonction publique territoriale ainsi que le remplacement d’un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Au rayon sécu, Attali veut présenter une posture de gauche en s’interrogeant sur la prise en charge de certaines maladies lourdes pour les bénéficiaires de gros revenus ce qui, tout à la fois, représente une attaque contre l’universalité de la sécu mais surtout une probable généralisation, dans un second temps, de ces mesures à des français loins d’être fortunés. Chasse aux niches fiscales, réexamen de la fiscalité du patrimoine, l’héroïque Attali ne nous explique pas ce qu’il compte faire de la TVA réduite dans la restauration, ne semble pas plus très au clair sur la question des retraites ou de la réforme fiscale tout en envisageant sérieusement une hausse de la TVA. Avouez que Attali à Matignon cela aurait une autre gueule que Borloo ou Alliot-Marie et pour une fois Sarkozy pourrait se réjouir d’avoir non seulement comme premier ministre, un collaborateur mais presque « un nègre », une situation pour le moins inédite pour Jacques Attali.

Lyon, le 18 octobre 2010.

17/10/2010

Spontaneous

spontaneous-2010.jpgComme chaque année, en bon pèlerin, je vous invite à répondre à l’appel de l’association « Et Compagnie » qui organise « Spontaneous » un des rares festivals du pays consacré à l’improvisation. Pourtant ne croyez pas une seule seconde que le collectif de comédiens, musiciens et danseurs organisateur de « Spontaneous » est une association de fainéants qui ne travaille qu’une fois l’an. C’est même plutôt le contraire car ceux de « Et Compagnie » improvisent du 1er janvier au 31 décembre en organisant les fameux « Catch-Impro », rendez-vous programmés à l’Espace Gerson, mais revenons au festival qui va se tenir du 23 au 30 octobre pour la sixième fois de rang. C’est, rien de plus normal, à l’Espace Gerson que s’effectuent une partie des hostilités mais « Spontaneous » est aussi basé à la Salle Rameau et au Rail Théâtre, avec de la danse, de la musique, du cinéma et des arts plastiques en perspective.

En effet il suffit en ce moment de se promener à Lyon pour admirer les affiches uniques et improvisées qui occupent nos trottoirs pour prendre conscience que cet art de l’improvisation ne saurait concerner que la musique et le théâtre. Tout au long du festival, « Spontaneous » va donc s’attaquer aux thèmes et formes les plus diverses. Revue de détail …

  • Samedi 23 octobre, soirée « secrète » (Rdv. 19h00 à Saint Paul)
  • Mardi 26 octobre, soirée « Catch impro » (Espace Gerson)
  • Mercredi 27 octobre, soirée « d’époque»
  • Vendredi 28 octobre, soirée « Sulfureuse » autour de l’amour et de la séduction
  • Samedi 30 octobre, Nuit de clôture avec entre autre un concert festif

L’espace est ici beaucoup trop contraint pour passer en revue l’ensemble des secrets de « Spontaneous 2010 » mais je ne résiste pas au plaisir de vous annoncer que le célèbre professeur Rollin improvisera lui aussi sans filet entouré de Arnaud Tsamère et Virginie Gritten. Quant à Howard Buten il sera pour l’occasion de retour à Lyon. Elle est pas belle la vie avec « Spontaneous » ?

Contact et renseignements sur le site.

Lyon, le 17 octobre 2010.

16/10/2010

Benz-Benz-Benz.

l'original couleur.jpgA l’instar de ce que peuvent faire les équipes du Festival « Les Nuits Sonores », « l’Original », le grand rendez-vous hip-hop du Printemps Lyonnais, se décline tout au long de l’année. Comme il ne suffit pas de s’en féliciter voici donc le détail des initiatives prises par « l’Original » dans notre ville et ce, seulement, jusqu’au 15 novembre.

> Lundi prochain, 18 octobre, 20h au Transbordeur, pour la première fois à Lyon le pionner du Smooth jazz Lonnie Liston Smith. Tarif 18 euros, première partie Karmen Dellie.

> Mercredi 20 octobre, toujours au Transbordeur mais à 19h30, Casey + Black Milk + Solillaquists, autrement dit 3 heures de hip hop pur sucre pour 18.50 euros.

> Mercredi 27 octobre, KRS One est pour la première fois en ville. Les spectateurs du Ninkasi Kao pourront aussi faire la fête au fondateur de Boogie Down Productions. 28 euros, Fisto et Larson en ouverture.

> Pas le temps de respirer et « l’Original » attaque novembre le dimanche 7 en proposant Ryan Leslie au Kao, un artiste qui, non content de produire Beyonce, Mary J Blidge ou Snoop Dog, propose une savante mixture de hip hop, Rn B et sont en direct live. 28 euros, 19h30.

> Lundi 15 novembre, huit jours après Ryan Leslie, on change d’approche avec la venue, également pour la première fois à Lyon, de Rahzel - DJ JS-One, l’ex-Roots étant paraît-il irréprochable surs scène. 13 euros, 20h toujours au Ninkasi Kao avec Oddatee en ouverture.

Renseignements sur www.loriginal-festival.com


KRS one live in Paris 29/06/07 (Elysée montmartre)
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Lyon, le 16 octobre 2010.

15/10/2010

Art pour tous

affiche art pour tous.jpgIl m’arrive assez souvent de vous dire le plus grand bien d’un (petit) musée malheureusement peu connu, celui de l’Imprimerie.

Chaque année ce musée nous propose en effet des expositions séduisantes et fort bien troussées souvent capables de nous rendre vifs les souvenirs de notre enfance ou de notre jeunesse. L’an passé avec l’hommage fait à François Maspéro, le musée de l’imprimerie avait frappé un grand coup. Cette saison, en programmant « Art pour tous, promenade graphique au cœur des transports britanniques », le musée lyonnais renoue avec la tradition et cette exposition de quelques quatre-vingt cinq affiches du « London Transport » qui arrivent tout droit de l’Université de Yale va être un petit moment de bonheur pour les amateurs d’Art graphique et d’expression visuelle.

Exécutées par les meilleurs graphistes entre 1908 et 1960, ces affiches remarquables ont été les compagnons de route des voyageurs du métro et des gares ferroviaires britanniques. Témoins des grands courants du modernisme, elles seront une découverte pour la plupart d’entre-nous et le moyen de mieux comprendre la grande tradition des arts visuels de la Grande-Bretagne. La commissaire de l’exposition, Teri J. Edelstein, par ailleurs ancienne directrice adjointe de l’Art Institut of Chicago, est garante de la qualité de cette promenade qui sera proposée aux Lyonnais du 15 octobre au 13 février 2011 et que je vous encourage à venir découvrir

> « Art pour tous », collection du Yale Center fort british art, Musée de l’imprimerie de Lyon, 13 rue de la Poulaillerie (Lyon 2ème), métro Cordeliers.

Renseignements sur www.imprimerie.lyon.fr et au 04 78 37 65 98 et sur mil@mairie-lyon.fr

> Conférence de Teri J. Edelstein le 18 octobre 2010 au Musée de l’imprimerie

> Catalogue disponible chez Fage Editions

Lyon, le 15 octobre 2010.

 
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