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18/05/2010

Iconoclaste

dominique-strauss.jpgReviendra ou ne reviendra t-il pas à temps pour se présenter en 2012 ? la question du retour de DSK commence sérieusement à me chauffer les oreilles. Je trouve, en effet, assez insupportable que la gauche se mette en attente d’un homme providentiel… surtout pour le monde de la finance. Car, comme l’écrivait récemment Jean Marie Colombani, un expert du passage de la rive gauche à la rive droite de la Seine, DSK fait partie des trois français qui ont sauvé l’euro avec JC Trichetéternel patron de la banque centrale et Nicolas Sarkozy, magnifique référence de gauche. Aussi Ségolène Royal a raison de rappeler que le patron du FMI a « aidé » la Grèce en lui imposant : abaissements des salaires, démantèlement de la protection sociale et augmentation des taxes, un vrai programme de gauche ! Mais, me direz-vous, il est le chouchou des sondages qui le place meilleur candidat contre Sarko. Sans oublier le jeu manipulateur de ces plongées dans l’opinion il faut savoir que, selon un sondage BVA : 71% des dirigeants économiques souhaitent sa désignation à la candidature, le CAC 40 désignera-t-il le candidat socialiste ? Pour moi en tout cas voter DSK ce serait faire 1983 avant 1981 et je souhaite garder un peu petit espoir, celui qui amènera le peuple de gauche à regarder les choses en face et à se ressaisir en désignant une ou un candidat qui se dresse face à la situation actuelle en la regardant avec lucidité et la volonté de la changer. A l’image de Félipe Gonzalès l’ancien premier ministre socialiste espagnol qui déclarait récemment au quotidien El Païs : « nous avons sauvé le système financier mondial en sacrifiant des pourcentages très élevés de produit intérieur brut mais rien n’a changé dans son comportement qui est pourtant à l’origine de cette crise. » Dès lors le patron du FMI n’est pas le mieux placé pour prendre des mesures radicales, et pourquoi pas iconoclastes comme la nationalisation des banques, moyen assuré pour que l’Etat ne passe plus sous leurs fourches caudines mais aussi pour que leurs profits soient réorientés vers la relance de l’économie.

Philippe Dibilio

17/05/2010

Micky, Max, Rufus et les autres

mickygreen01.jpgDernière ligne droite avant l’armada pas toujours convaincante des festivals d’été. Voici quelques rendez-vous musicaux susceptibles d’en intéresser certains sans nécessairement se fâcher avec les autres.

  • > 18 mai, les fans de l’australienne et ex top model Micky Green seront ce soir là au Transbordeur pour un show qui risque d’être aussi pâle que sa crinière. Les plus « roots » seront bien entendu quelques rues plus haut, au CCO et à 20 heures pour le retour d’un Max Romeo perdu de vue depuis son passage à Woodstower mais jamais décevant.
  • > 22 mai, Ali Farka Touré est au Fil de Saint-Etienne (20, boulevard Thiers)
  • > 23 mai, Metallica est en exclusivité française à la Halle Tony Garnier et plus chanson française que jamais, sans gros son et moins réac, Romain Didier est quant à lui à Saint-Benoit en Bugey.
  • > Retour au Transbordeur le 26 mai pour le duo ricain Cocorosie toujours aussi cool mais qui lambine beaucoup pour évoluer. Les nostalgiques seront quant à eux à A Thou Bout d’chant pour le passage d’un voyage de Noz désormais mythique sur la place.
  • > Le lendemain Emmanuelle Seigner est au Transbordeur et la curiosité peut conduire les amateurs d’Ultra orange son précédent album aux accents d’un rock vélvetien de bon aloi à aller vérifier comment la chanteuse se débrouille sur scène avec son nouveau « Dingue ». Pour en rester sur cette idée les plus dingues parmi les fans de Arno iront ce soir là à Bourg-Lès-Valence, au théâtre Le Rhône, histoire de vérifier sur pièce ce que le dernier album du maître donne sur scène.

N’oubliez pas qu’entre Lyon et Vienne, en juin et juillet, Elvis Costello, Vampire Weekend, The National, Bob Dylan, Iggy Pop, Joe Cocker, Norah Jones et quelques autres sont attendus. Il est donc prudent de faire quelques économies.

Enfin, mercredi prochain, Rufus Wainwright est au Transbordeur. Un concert réservé à des fans qui prendront également plaisir à aller applaudir la sœurette Martha le 25 juillet aux Nuits de Fourvière pour la « Nuit Edith Piaf ».

Lyon, le 17 mai 2010.

16/05/2010

Nuits Sonores # 5

750px-The_Residents.jpgC’est au Parc de Gerland, avec vue plongeante sur le Confluent qui les accueillait jadis avant que Michel Mercier ne décide d’en faire un musée, que s’organisent cette année les traditionnelles « Siestes Sonores » de 12h00 à 20h00 avec des DJ venus de Londres, Berlin, Barcelone et le régional de l’étape, Jose Lagarellos.

La grande affaire de cette dernière journée de l’édition 2010 des Nuits Sonores c’est de toute évidence le concert spécial des Residents au théâtre des Célestins. Après la production de près d’une soixantaine d’albums, les anonymes de San Francisco présenteront dans le théâtre lyonnais « Talking Light » leur dernier opus qui nous parle d’histoires de fantômes.

Fait de musique contemporaine, d’électro, d’inspirations rock comme country, la musique des Residents est à nulle autre pareille même si parfois des albums comme « The Third Reich’n’ Roll » ou « Cube E » sont influencés par le rockabilly ou la musique traditionnelle tandis que d’autre comme « Eskimo » se résument à des chevauchements de sons particulièrement indigestes.

Le retour des Residents à Lyon après une si longue absence est donc un évènement dont je ne sais s’il est « Sold out ». A vous de voir en contactant le 06 66 38 02 12.

Pour rester dans le grand guignol et le charme de l’horreur notons que la librairie Le bal des ardents (Rue Neuve, Lyon 1er) organise, et c’est étonnant, une projection du très culte « The Rocky Horror Picture Show » la semaine qui vient. Il est bien entendu plus que prudent de réserver.

  • « The Rocky Horror Picture Show », projection le 20 mai du film à la librairie Le bal des ardents, rue Neuve, Lyon 1er.

Renseignements et réservation sur http://assoc.amorce.free.fr et au 06 81 31 09 36.

Lyon, le 16 mai 2010.

15/05/2010

Nuits Sonores # 4

Visages tirés, les yeux cernés, les jambes douloureuses, certains festivaliers vont enchaîner ce soir leur quatrième et avant-dernière nuit. Soyons certains qu’à la conclusion du set de Agoria (06h00, scène 1) il sera temps d’aller se plonger dans les bras de Morphée ce d’autant qu’après les traditionnelles Siestes Sonores de demain, le concert des mythiques Residents attendra tout le monde aux Célestins. Pour ma part, chacun s’en doute, ma curiosité me conduira à fréquenter essentiellement la scène 2 avec Trans Am un groupe du Maryland que l’on nous annonce comme étonnant avec sa mixture musicale faite de Ska et de reprises de Bowie et Stravinsky, Liars, des New Yorkais qui propulsent un funk mêlé de punk et d’électro depuis une bonne dizaine d’années et surtout les célèbres Gang of Four qui vont nous resservir l’album « Entertainment !» qui dépasse ses trente ans d’âge.

N’étant pas certain que le cold funk du gang  de Leeds bénéficie des mêmes qualités que l’Armagnac, c’est avec mesure que je vous recommande le show des revenants avant tout au nom des services rendus au rock à la fin des années soixante-dix. C’est en effet en 1979 qu’Emi livre « Entertainment !» le premier album de Gang of Four. Pendant sa courte carrière le quatuor de Leeds avec son punk rock matiné de Funk va s’imposer sur le plan musical tout en revendiquant un sain combat contre La Dame de Fer. Avec des titres comme « Ether » et surtout « At home he’s a tourist », le Gang of Four va marquer l’époque puis s’évanouir. Après un retour sans intérêt au début des années quatre-vingt-dix, grâce aux Nuits Sonores, le Gang of Four est de retour. Nous serons au rendez-vous, car ce groupe largement ignoré du grand public demeure un grand inspirateur des Bloc Party, Franz Ferdinand ou The Rapture.

  • Nuits Sonores, numéro 4 (sélection)

Place de la bourse, les canadiennes de Lesbian On Ectasy sont de retour à Lyon pour un concert gratuit (18h00). Les dernières héritières du mouvement Riot Girls méritent le détour

>Scène 1, de 21h30 à 6h00, Enola, Chloé, Dixon, Agoria

>Scène 2, Trans Am (23h15), Gang Of Four (00h45) et Liars (02h15)
>Scène 3, 2 Manydjs (02h00), le duo bruxellois étant présent pour la première fois aux Nuits Sonores
>Scène 4, carte blanche à Bee Records de 22h00 à 04h00

Lyon, le 15 mai 2010

14/05/2010

Nuits Sonores # 3

Jamie_Lidell.jpgSelon la terminologie en vigueur, en ce vendredi 14 Mai, les Nuits Sonores affichent leur troisième nuit au compteur. Il suffit d’ailleurs de voir la bobine de certains pour en être persuadé. Sur les 4 scènes proposées par le Festival Lyonnais au Marché Gare il y a bien entendu ce soir pléthore d’artistes. Entre un Laurent Garnier programmé sur le coup de 23h30 et des Raveonettes susceptibles de monter à 0h15 sur une autre scène il conviendra de choisir ce d’autant que scène 1 le formidable Jamie Lidell doit se produire entre 23h30 et 0h30. Face à cette équation impossible à résoudre il conviendra donc de ne pas se tromper. Pour ma part, par pure curiosité, peut-être d’ailleurs pas si saine que cela, c’est au pied de la scène 3, peu après minuit, que je compte jauger le duo danois qui revisite avec force et actualité le rock and roll des années 50 et 60, vous l’avez compris, je veux parler des Raveonettes dont le nom rime ridiculement si bien avec « Ronettes ».

Les Raveonettes c’est donc Sune Rose Wagner et Sharin Foo, une paire de danois revivalistes qui combine avec une réussite certaine la veine pop des années soixante, façon Phil Spector, la saturation des guitares et le côté parfois crassouilleux de combos comme Jesus and Mary Chain. Convenons, histoire de poser un regard nostalgique sur les éditions précédentes, que, avec les Raveonettes, on est légèrement en deçà des Heavy Trash et autres Violent Femmes c’est pourquoi, pour ceux qui auraient quelques états d’âmes je ne peux que conseiller, presque à la même heure, ce Jamie Lidell peu connu en dehors des cercles d’initiés. L’anglais est déjà à la tête d’une confortable discographie et sa soul teintée de hip-hop mais jamais bégueule face à l’électro mériterait de passer par une reconnaissance du grand public.

Ce soir à Lyon, Jamie Lidell devrait consacrer une belle partie de son show à son nouvel album « Compass » sur le point d’être commercialisé. Enregistré en Californie, à New York et au Canada avec le concours de Feist, de Gonzales mais aussi des Grizzly Bear et de Pat Sansone de Wilco, cet enregistrement semble l’aboutissement de deux longues et difficiles années de travail pour le natif de Cambridge. A vous de voir.

Nuits Sonores, numéro 3 (Sélection)

- Scène 1, Jamie Lidell (23h30) et Unkle (01h00)

- Scène 2, A Place to Bury Strangers (23h00) un groupe New yorkais     compagnon de tournées de Black Motorcycle club et autres Brian Jonestown Massacre, The Ravenettes (00h15)

- Scène 3, Laurent Garnier (23h30 - 03h30)

- Scène 4, carte blanche au Label Dawn Records (22h00 - 4h00)

Lyon, le 14 mai 2010.

Photo: DR

13/05/2010

Nuits sonores # 2

Nuits sonores 2010.jpgDepuis hier au soir l’édition 2010 des Nuits Sonores est sur ses rails. Comme le veut désormais la tradition, la nuit du jeudi, est consacrée aux Apéros Sonores et au circuit électronique avec ses 14 étapes gratuites et sa débauche d’initiatives. Impossible de rendre compte ici de cette offre pléthorique mais le site et la remarquable communication écrite du Festival lyonnais permettront à chacun de s’y retrouver.

Tout commence en début d’après-midi du côté de la piscine du Rhône avec un « All Day Long » (14h30-23h00) confié au Label Kill the Dj. Même créneau horaire mais lieux différents pour les Apéros Sonores conduits par « Les Enfants de la Techno » et « Glaçound » respectivement place Charles de Gaulle et aux Jardins de la Bourse. L’affaire devient plus compliquée quand il s’agit de présenter le circuit électronique, étape désormais mythique, qui va accueillir gratuitement les festivaliers tout au long de 14 étapes. L’an passé ils étaient plus de 15000 à parcourir la ville, il y a fort à parier que la fréquentation sera à la hausse en 2010 jusque vers 6h00 demain matin. C’est au Bloc Discothèque, au Marché Gare, à l’Auditorium, à l’Ambassade, au Loft Club, à La Cour des Grands, au DV1, à La Voile, au Sound Factory, à La Marquise, au Ninkasi, à la Plateforme, au Road 66 que les forts sympathiques hostilités devraient faire plaisir à tous.

Quelques heures de sommeil, une douche et il faudra être en forme demain vendredi pour l’étape Elektro System qui débute dès 15h00 Place Maréchal Lyautey et celle du Café Cousu et Boolimix au Passage Tiaffait (14h00) sachant que la carte blanche à Montréal s’ouvre à 17h00 au Palais de la Bourse. Quand on vous dit qu’il convient d’être en forme pour faire face aux échéances des Nuits Sonores le conseil n’est pas superflu. Le fait que certains footballeurs particulièrement affûtés réussissent parfaitement bien dans la vie nocturne n’est probablement pas tout à fait du domaine du hasard. Bonne nuit numéro deux à tous.

Lyon, le 13 mai 2010.

12/05/2010

Assurance Tout-Risque

Hamontourix-1.jpgCDS : tous les experts qui inondent nos radios et télévisions nous en abreuvent à longueur d’antenne. Les CDS sont ces fameux Credit Default Swap qui inondent la finance pour le plus grand bonheur des spéculateurs et le plus grand malheur des Grecs.

Le CDS est une sorte de contrat d’assurance par lequel une institution financière assure un prêteur contre le risque de non-paiement de son emprunteur. Si l’emprunteur fait défaut, c’est l’assureur qui paie le prêteur, moyennant une prime d’assurance versée par ce dernier bien entendu. L’assureur s’en sort – normalement – car il en souscrit beaucoup des contrats comme celui-là et le total des primes perçues est en règle générale plus important que les remboursements de capital qu’il est contraint de faire suite aux quelques inévitables défaillances qui surviennent. Sauf quand la bulle en question éclate parce qu’on a trop joué à ce petit jeu.

Je passe sur les différentes astuces techniques inhérentes à ces fameux CDS comme par exemple celles qui permettent de les comptabiliser hors bilan. Imaginez des papiers tout ce qu’il y a de plus sérieux et qui peuvent se revendre sans problème. Même à quelqu’un qui est tout à fait étranger au contrat initial ; même à quelqu’un qui n’est pas soumis aux risques de non remboursement qui ont justifié ces assurances. Des contrats qui peuvent être échangé de gré à gré sans qu’il soit nécessaire d’avoir de fonds de garantie ! Et le tout, sans aucun contrôle. Une aubaine pour ceux qui achètent ces CDS dès lors que les difficultés de l’emprunteur augmentent : pour le paiement d’une prime, somme toute modique de quelques % du capital qu’ils reluquent, l’assureur va leur apporter un joli paquet cadeau. Il leur suffit donc de parier sur l’échec de l’emprunteur et d’affoler tout le monde car plus les autres seront inquiets, plus les papiers en question achetés de gré à gré vont pouvoir se revendre cher. Et plus ils vont se revendre cher, moins on aura confiance dans l’emprunteur qui va se trouver obligé d’emprunter à des taux de plus en plus élevés.

À Arrêt sur Images, face à un Touati qui n’arrivait pas à en placer une, Mélenchon en bon tribun « plus à gauche que moi tu meurs » a ramassé toute cette explication un peu laborieuse en quelques mots brillants et très clairs. Je vous conseille de juger par vous-même.

Pauvres amis Grecs : Sarkozy et son gouvernement vont vous prêter 6 milliards d’euros à 5%. Des euros qu’ils auront eux-mêmes empruntés à 3,5%... Il n’y a pas de petits profits, il n’y a qu’un seul et grand « chacun pour soi » qui nous fera tous couler. L’Europe, elle, va jouer pour nous tous le rôle de grand pourvoyeur de CDS. Une affaire de 750 milliards. Diantre !

Quant au PS, Mélenchon n’a pas toujours tort : il aurait mieux valu ne pas donner sa caution à cette façon d’aider et s’abstenir de voter un tel prêt sous de telles conditions…

Jean-Paul Schmitt

11/05/2010

Colère

aulas.jpgElle n’était pas feinte la grosse colère de Jean Michel Aulas samedi soir devant les caméras de Canal+ au terme du match nul, arraché de manière heureuse dans la dernière minute du match. Un match nul qui met l’OL en situation délicate pour cette fin de championnat. Le club lyonnais n’est, en effet, plus maitre de son destin car même s’il gagne les deux dernières rencontres qu’il lui restent il faudra un faux pas de Lille pour qu’il atteigne la deuxième place du championnat et donc une qualification directe en champion’s league. Sinon c’est le tour préliminaire source de galère mais moindre mal tout de même. On imagine donc la pression qui pèse sur les épaules du président du club lyonnais ce qui explique, sans forcement l’excuser, cette colère furieuse contre les décisions de l’arbitre du match. Certes revenir sur les choix de l’arbitre fait partie du sport national des supporters mais en général ils le pratiquent sous un angle sportif. C’est d’un autre point de vue que se plaçait JMA, celui des 20 millions d’euros de perte pour l’OL, mais pas pour le club qui se qualifiera, en cas d’absence en C1. Le foot retrouvait là son statut lyonnais celui du foot buisness dont il ne peut plus se sortir aujourd’hui. Car il faut aller jusqu’au bout du raisonnement ; samedi soir le président lyonnais a entrevu sérieusement l’éventualité d’une absence de la compétition européenne reine et les conséquences qui vont avec. Les 20 millions certes mais aussi l’impact sur une action en bourse déjà plus que mal en point et la dégradation de l’image du club, aussi injuste que cela puisse être, avec les conséquences sur l’état d’esprit général à propos de dossiers comme celui d’OL-Land. Car, on le sait bien, nombreux sont ceux qui en ville attendent le moindre faux pas, la moindre faiblesse de JMA pour lui jeter le coup de pied de l’âne ; on peut d’ailleurs noter que déjà quelques hommes d’affaires lyonnais n’hésitent plus à l’affronter en s’investissant dans d’autres projets d’équipements concurrentiels en terme de stade ou de salle ou en le privant de TLM. C’est avec ces soucis en tête que le patron de L’OL a réagi samedi soir oubliant bien vite qu’une saison ne se joue pas sur une rencontre et qu’il y a bien d’autres choses à revoir au terme de celle-ci. En attendant il lui faut reprendre ses esprits car un nouveau faux pas lors des deux rencontres à venir pourrait le priver totalement d’Europe la saison prochaine et là s’écrirait un scénario catastrophe.

Philippe Dibilio

10/05/2010

La crise en crissant

528071960.gifAprès le discret séminaire gouvernemental de la semaine passée, on peut dire que la Grèce s’est définitivement invitée dans la politique française même si, vous l’avez tous compris, la rigueur est en aucune façon à l’ordre du jour dans ce pays, pas plus d’ailleurs que l’austérité. Ce qu’est entrain de fourbir l’Elysée n’a vraiment pas de nom mais soyez certain que, comme tous les coups portés, cela laissera des traces. En effet en voulant situer illico le déficit public à 8% cette année, 4.6% du PIB en 2012 et définitivement moins de 3% par la suite, le fumet de la soupe à la grimace des deux « tord-boyaux » de Matignon et l’Elysée à des allures d’austérité mais que l’on se taise. Que l’on se fiche dans le crâne qu’il n’y aura jamais, au grand jamais, d’austérité et de rigueur sous Sarko Ier. Même si Fillon a déclaré en 2007 que l’Etat était en faillite les baffes que les Français vont encaisser dès le prochain budget ne seront présentées que comme de simples efforts, de petits soufflets. Bien entendu rien n’est plus manipulateur. L’attaque va être rude et injuste. De Lagarde à Jouyet, la galaxie Sarko se prépare à l’offensive généralisée et comme toujours, en pareilles circonstances, la lumière provient des « sources gouvernementales » et jamais des ministres. Dans Le Figaro du 7 mai, l’une d’entre-elle mérite méditation sur la nature de l’attaque qui se prépare, la fameuse source indiquant que « Très peu de gens sont énormément taxés alors que beaucoup ne le sont pas du tout. Il y a sûrement un moyen de rééquilibrer tout ça. » Alors si vous estimez faire partie de ceux qui pourraient se sentir que peu taxés, je ne peux que vous remercier par avance pour votre contribution à ce rééquilibrage imaginé par l’Elysée, Matignon et Bercy.

Quitte à avoir des idées noires et peut-être même des envies peu recommandables de violence, je vous conseille la lecture de polars. Cela tombe bien puisque « Quai du Polar » invite deux auteurs dans les prochains jours.

> Rencontre avec DOA auteur entre autres de Citoyens clandestins (Gallimard) et de Fous d’avril, lauréat du prix Quai du Polar 2005

Mercredi 12 mai à 19h

Librairie Grand Guignol. 91, montée de la Grande Côte, Lyon 1er.

> A l’occasion de la sortie de Résurgences (Au diable vauvert)

Rencontre avec Ayerdhal

Jeudi 20 mai à 19h

Librairie Passages. 11, rue de Brest, Lyon 1er.

Réservations conseillées : 04 72 56 34 84

Lyon, le 10 mai 2010.

09/05/2010

Il venait d’avoir 18 ans … (chanson)

bachelot-roselyne-video-martine-aubry.jpg?w=300&h=199Bachelot et Yade ne veulent pas d’un mis en examen portant la tunique nationale lors de la coupe du monde de football qui s’ouvre le 11 juin prochain. En indiquant cela nos courageuses ministres sont certaines de tenir bon puisque Franck Ribery et surtout Karim Benzema ne seront auditionnés par les policiers de la mondaine qu’après leur retour Sud-Africain. L’honneur est donc sauf. Celui des ministres, celui d’une police se montrant compréhensive et d’une justice connectée au réel. Ce n’est probablement pas plus mal ce d’autant que cette affaire de « proxénétisme aggravé » est le produit de quelques fuites et d’hallucinants contours.

Hallucinant, quand on considère qu’il s’agit d’un jeune homme de 18 ans, fréquentant trois fois, dont une seule tarifée, une jeune fille de 17 ans. Hallucinant quand on remarque que ce délit de « sollicitation de relations sexuelles avec une mineure » est passible de trois ans de prison. Hallucinant car il conviendrait que ce jeune homme de 18 ans ait agi en connaissance de cause, c'est-à-dire parfaitement conscient que Zahia était une mineure de 17 ans.

Avouez qu’il serait plaisant que nos deux tuniques bleues reviennent d’Afrique du Sud avec le trophée, l’un fort de six passes décisives l’autre d’une demi-douzaine de buts. Bachelot et Yade nous expliqueraient alors que c’est un évènement majeur pour le pays et que certains incidents mineurs intervenus avant la compétition ne peuvent ternir la joie collective d’un peuple rassemblé, l’équipe de Raymond Domenech ayant pour l’occasion passée avec succès son examen d’entrée dans la légende.



Dalida "Il venait d'avoir 18 ans"
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Lyon, le 9 mai 2010.

Photo: DR

08/05/2010

Mainstream

994191439.jpgComme certains d’entre-vous, c’est avec plaisir et satisfaction que j’avais dévoré, « De la Culture en Amérique » le précédent et assez novateur ouvrage de Frédéric Martel. Aujourd’hui, le même auteur nous propose « Mainstream » un livre sous-titré « Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde ». Cet ouvrage bien moins rigoureux que son prédécesseur demeure pourtant une lecture non seulement utile mais agréable. Au gré des voyages et des rencontres de Martel aux quatre coins du monde, l’auteur s’essaye à dessiner le panorama des industries créatives. Au cœur du bouquin de Martel figurent bien entendu en bonne place l’Amérique. En allant visiter Valenti, Geffen, Eisner, en parcourant Hollywood mais aussi Bollywood et Naccache, en s’intéressant au Prince Al Waleed, à Al Jazzera tout comme à l’aventure de Berry Gordy, la puissance américaine demeure pourtant au cœur de cette enquête mais la force de Frédéric Martel dans son nouveau bouquin est de nous entraîner aussi vers ces contrées que l’on désigne comme émergentes et qui sont déjà de solides machines à rêve et à divertissement.

Chichiteur, comme parfois il affectionne de l’être, le quotidien Le Monde a été une des rares publications à mettre un bémol à son enthousiasme indiquant, à juste titre d’ailleurs, que l’approche européenne est un peu le parent pauvre du bouquin de Martel. Cela étant, ne cachons pas notre joie, cette chevauchée dans les industries du divertissement concoctée par Frédéric Martel est épatante même si, de temps à autre, on a envie de laisser l’auteur interviewer tel ou tel de ses interlocuteurs sans nous. « Mainstream » est donc une lecture nécessaire et qui donnera la salutaire envie à ceux qui découvriront pour l’occasion l’auteur de se ruer sur son précédent ouvrage. Soyez-en certain.

« Mainstream » de Frédéric Martel, Flammarion, 22,50 euros

« De la Culture en Amérique » de Frédéric Martel, Gallimard, 32 euros.

Egalement disponible en Folio-Gallimard

Lyon, le 8 mai 2010.

07/05/2010

Résister

affiche_fdlj.jpgC’est à partir d’aujourd’hui 7 mai que la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne va battre son plein. « Résister » est le thème central de l’édition 2010, une thématique que reprenait Raymond Terracher dans l’éditorial de la brochure de présentation, un texte qui était probablement le dernier de l’adjoint à la culture disparu il y a peu.

« Je suis né dans le Limousin, terre de résistance, s’il en fut » écrivait alors Raymond Terracher qui poursuivait en indiquant que dès sa « petite enfance j’entendais parler de maquis, de résistants qui se cachaient et cherchaient à manger, d’Oradour-sur-Glane, de miliciens dont il fallait se méfier surtout lorsque le vieux poste acheté à la « la Manu » était branché sur Londres.

Mais ce n’est que bien plus tard que j’ai pu me rendre compte de ce que recouvrait vraiment la notion même de résistance et ses multiples champs.

Le barrage résiste à l’eau, le malade à la maladie, l’homme libre à l’oppresseur…

L’écrivain, le poète, le journaliste, le cinéaste portent souvent ce combat sans fin. Nous devons entendre leurs cris, leurs passions, leurs « coup de gueule. Parfois ils savent aussi manier le silence et c’est alors que nous devons le plus nous interroger et nous-mêmes, entrer en résistance »

Au-delà de l’émotion qui frappe la vie culturelle villeurbannaise après la disparition de son adjoint, l’édition 2010 de cette fête unique dans l’agglomération est une nouvelle fois à la hauteur des espérances de tous. Impossible ici de décrire les moindres recoins de l’évènement, il convient donc de se reporter au site www.fetedulivre.villeurbanne.fr ou au 04 72 65 00 04.

Pour terminer sur une note pétillante et joviale, Villeurbanne accueille cette année Plonk et Replonk avec l’exposition « Le Rezizistan, république oubliée » à la Maison du livre, de l’image et du son mais aussi ce soir à 18h leur très attendue conférence de presse et demain à 11h, lors de l’inauguration, le très officiel discours du roi de Suisse, sa majesté Helvétus IV, protecteur des Alpes.

Lyon, le 7 mai 2010.

06/05/2010

Priez pour eux

dieu_2.gifAujourd’hui, en ce jour de la Sainte Prudence, comment ne pas mettre en garde nos amis chrétiens. En effet, après le boom de la finance islamique, on nous annonce l’essor de la finance chrétienne suite à l’arrivée sur le marché d’un indice chrétien d’actions européennes dont la société Stoxx est à l’origine et qui porte le nom de baptême de « Stoxx Europe Christian Index ». D’après les fondateurs de cet indice béni des dieux, la demande des investisseurs chrétiens pour des placements conformes à leurs croyances était tel que l’on ne s’explique pas l’aspect tardif de cette innovation. Par la grâce de Stoxx et du comité des experts chrétiens réunis pour l’occasion on va pouvoir enfin se lâcher sans la crainte de voir son pognon se nicher dans des trucs pas très jolis-jolis comme la pornographie, le tabac, la contraception ou les jeux d’argent. Je ne sais pas si vous êtes nombreux en lisant ces quelques lignes et à vous réjouir de ce notable progrès mais sachez que votre pognon ainsi divinement sécurisé prendra automatiquement le chemin de la banque HSBC, de Nestlé, de BP dont la contribution généreuse aux côtes américaines relève du miracle, sans oublier la Royal Dutch Shell dont les pêcheurs du monde entier saluent la dévotion. Que l’on se calme, d’autres sociétés cotées sont accueillis dans cet indice chrétien. C’est le cas de quelques-unes nées sous les couleurs de la fille aînée de l’Eglise, je veux parler de Sanofi, BNP-Paribas, LVMH dont les très fortes inclinaisons mystiques sont reconnues ici-bas comme tout là haut et, très bonne nouvelle, Pernod-Ricard.

Avec cet indice chrétien, bien sous tout rapport, il ne sera pas possible d’engraisser les fabricants de clopes ou de pilules contraceptives mais on pourra, en cas de catastrophe boursière, se taper quelques petits jaunes, histoire d’oublier la déculottade et de monter, non pas au septième ciel, mais au moins d’aller vomir dans les toilettes du purgatoire. A quant la carte « Vatican Express » ?

Lyon, le 6 mai 2010.

05/05/2010

Tonton flingueur

Collomb Flingueur.jpgÀ peine le PS commence-t-il à s’installer dans une espèce de paix des braves en arrêtant ses petites phrases assassines entre frères et sœurs de la famille et voila que Gégé les Gones, se mettant en tête de monter à la capitale, sort l’artillerie lourde.

Du gros calibre sans silencieux sur le pétard ! Et de plus, c’est dans le beau Monde, celui du 30 avril, qu’il canarde. Aux abris, Martine, Ségolène !

J’ai l’impression de voir un mauvais remake des Tontons Flingueurs et d’entendre ânonner les dialogues extraordinaires d’Audiard que Ventura, Blier et Blanche articulaient si savoureusement. Autant je ris à ceux du film de Lautner, autant quand Gégé s’y met, j’ai du mal à me dérouiller les zygomatiques. Au lieu de s’embarquer dans la énième guerre des gangs en prenant le risque de nous éparpiller façon puzzle, il devrait travailler la tirade de Blier dans la scène de la cuisine : « Non mais t’as vu ça ? En pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! ».

Que Gégé veuille défendre un art de vivre à gauche à sa façon, on peut comprendre. Un art de vivre en ville qui n’est d’ailleurs pas si mal que ça (grâce à lui notamment), mais qu’a-t-il besoin de défourailler sur sa propre famille ? D’autant que les balles peuvent ricocher en retour à l’envoyeur : en matière de zigzag qu’il dénonce, on pourrait en énoncer quelques-uns de son fait. De Hollande à Moscovici, de son appui – tactique - à Ségolène qu’il a mise ensuite au frigo pour en sortir Peillon avant de le battre froid pour cause de lèse-lyonnaiserie, jusqu’à son actuel « retenez-moi ou je fais un malheur et vais aux primaires si DSK n’y va pas », la souplesse de ses déclarations est mise à rude épreuve.

Si tout le monde s’accorde sur le fait que son phrasé n’est pas celui d’Eva Perón ou d’un télévangéliste, on sait que le gone a du fond, alors pourquoi diable donner l’impression qu’il veut dézinguer pour empocher l’oseille ?

À moins qu’il ne peaufine un futur rôle. Celui de maître Folace alias Francis Blanche, dans la même scène de la cuisine avec sa célèbre réplique : « Touche pas au grisbi ! S… ! »

Jean-Paul Schmitt

04/05/2010

A méditer

elysee.jpg« On n’endosse pas comme ça d’un claquement de doigt le costume présidentiel, c’est au contraire une longue évolution qui fait que tout d’un coup les gens vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là » ; ce n’est pas parce que, selon l’AFP, cette phrase est répétée depuis des années par François Bayrou qu’elle n’en est pas moins frappée au coin du bon sens. Un bon sens qu’auraient dû garder Michel Noir ou Alain Carignon abattus en vol par Chirac du fait de leurs velléités présidentielles. Une phrase que pourraient méditer feu Raymond Barre et Edouard Balladur qui, de toute évidence, n’ont pas attendu assez longtemps pour être reconnus comme tels. Une phrase toujours d’actualité malgré la dévaluation de la fonction après le passage à l’Elysée de Chirac et de Sarkozy. Certes aujourd’hui le jeu peut paraître plus ouvert mais l’essence de la Vème République demeure et la fonction présidentielle reste l’expression d’un rapport direct entre l’électorat et un homme ou une femme, un rapport qui se construit avec le temps et sur des idées fortes. Certes la perspective de primaires peut laisser penser que le champ des possibles s’est élargi mais cette méthode, bien rodée aux Etats Unis état fédéral, ne fera que ses premiers pas chez nous, avec quel succès ? On ne peut, vu sous cet angle, que s’interroger sur la précipitation mise par Gérard Collomb à se lancer dans une campagne pré-primaires en affichant d’ailleurs sa candidature par défaut c'est-à-dire en cas de défection de DSK ce qui constitue un positionnement totalement antinomique avec l’objectif déclaré. Etre candidat à la présidence de la république sous la Vème c’est développer une idée de la France et des idées pour la France dans tous les domaines et directement avec le peuple. C’est seulement dans ce cas que les gens « vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là ». Et, c’est sur, cela prend du temps.

Philippe Dibilio

 
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