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17/06/2010

Blanc comme neige

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Etienne Blanc, le très droitier député UMP de l’Ain et président de l’ARC (Assemblée Régionale de Coopération du Genevois) semble sur le point de faire voter un amendement au projet de loi portant sur la réforme territoriale permettant à des ensembles frontaliers regroupant tout juste 50 000 habitants de bénéficier du titre de Pôle Métropolitain. Passons sur le côté comique du label métropolitain qui serait  ainsi attribué à 50 000 âmes pour nous concentrer sur deux aspects complémentaires à ce projet.

En effet, une fois dit que ces métropoles frontalières de poche seront destinées, nous dit l’UMPiste et ancien Milloniste, « à faire le poids » face à des Genevois qui vont se gondoler en apprenant la nouvelle, ce nouveau statut est destiné, nous précise l’ami Etienne, je cite, « à inscrire ce territoire » tel qu’il est rêvé par Blanc « comme la troisième agglomération de Rhône-Alpes » derrière Saint-Etienne et Grenoble, oubliant au passage un truc qui s’appelle Lyon. Tout en remerciant le député Blanc de nous permettre d’esquisser un sourire en ces temps difficiles, un second aspect, cette fois ci inquiétant pose problème. Avec sa bonne copine la sénatrice Fabienne Keller, heureusement mise en congé par les électeurs strasbourgeois lors des dernières municipales, Etienne Blanc imagine également, si l’on décortique la prose des Echos du 15 juin, « de doter les zones frontalières d’un statut particulier ou notamment, le droit social et la fiscalité seraient adaptés pour les rendre concurrentielles et ainsi attirer les investisseurs ». Retraites, déficits, recul des droits, quand on vous dit que ces gens deviennent dangereux j’espère que chacun commence à prendre la dimension d’un phénomène qui permet même à de petits roitelets de province, comme Etienne Blanc, de nous construire peut-être le pire des avenirs.

Lyon, le 17 juin 2010

 

16/06/2010

Mauvaise augure

villeurbanne.jpgRichard Llung a été élu conseiller général de Villeurbanne centre avec 1677 voix sur 27442 électeurs inscrits et 11 voix d’avance sur Beatrice Vessilier. Il siégera donc au département avec le soutien de 6% de ses mandants. Aussi malgré l’argutie de la phrase, sortie de son contexte et attribuée à François Hollande : « les petits écarts font les grandes victoires » ce néo-villeurbannais aux dents longues ne fait pas sur son nom une entrée triomphante sur la scène politique locale. Et pourtant adjoint à l’urbanisme depuis 2008 il avait quelques atouts dont, notamment, le dossier de la rénovation du quartier des Gratte Ciels au cœur du canton qui lui a permis de rencontrer pas mal de monde ; mais ceci explique peut-être cela. Pourtant ce ne sont pas les chiffres qui auront marqué ce deuxième tour mais les déclarations du maire Jean Paul Bret. Etonnante attitude, en effet, de ce maire qui depuis le début de la campagne n’a eu de cesse d’essayer d’interdire à son adjointe verte de participer à l’élection lui proposant en contre partie un accord sur le tapis vert à l’occasion du renouvellement des trois cantons de la ville l’an prochain. Devant son refus et son score proche du candidat socialiste au premier tour elle choisit de se maintenir. Là les foudres de Bret redoublent, il veut lui imposer de se retirer comme s’il fallait à tout prix laisser le champ libre au camarade Llung. Le prétexte invoqué, c’est la droite qui va arbitrer le scrutin, révèle la piètre confiance des socialistes qui, s’ils avaient mobilisé leur électorat, auraient plié cette élection sans coup férir. Dimanche soir Bret a atteint les sommets en menaçant maintenant de sanctionner son adjointe sur le terrain municipal.

Ainsi à « Villeurbanne la socialiste » le PS, par la voix de son maire, distribuerait les autorisations de candidatures et les punitions d’après scrutin. En d’autre lieu on appellerait ça du stalinisme. Et pourtant c’est bien le même Bret qui a permis à Béatrice Veissilier ce parcours politique en renversant les alliances dès le mandat précédent pour accorder aux verts la place jusqu’alors acquise par le PC. C’est Bret qui jouait les vertueux en la désignant 2ème adjointe le tout au détriment de l’avancée de dossiers d’urbanisme importants. Et aujourd’hui c’est la guerre. Peut-être parce que le maire de Villeurbanne issu de l’appareil socialiste confond les genres au point d’appliquer à l’espace républicain les pratiques internes à sa section. Voila qui n’est pas de bonne augure à moins de deux ans d’une échéance nationale où le PS sera censé rassembler largement autour de lui pour l’emporter

Philippe Dibilio

15/06/2010

Centre ?

Morin bascule.jpgÀ en croire feu Chaban-Delmas « le centre est immobile, la roue avance, son centre ne bouge pas ».

Quand c’est Bedos qui s’y met, « la gauche est au centre, le centre est à droite et la droite à l’extrême. Faut suivre… »

Mon maître d’école avait du mal à me faire comprendre que le centre est un point situé à égale distance de chacun des points d’un segment de droite !... Pour enfoncer le clou dans ma caboche, il insistait le bougre en me faisant apprendre par cœur que le centre c’est aussi un point situé à égale distance de chacun des points d‘un cercle ou de la surface d’une sphère. De là date pour moi cette perception que le centre est une chose étrange qui tourne en rond pour tenter de vous faire perdre la boule.

Morin, notre militaire en chef, vient d’avoir des élans de tribune qui me rappellent le même sentiment d’étrangeté. À ce Nouveau Centre pas vraiment centré qui l’a élu avec 93% des voix (score extraordinaire quand on sait la notoriété de son hyper médiatique challenger, Tayeb Touazi, conseiller municipal de Dreux) il tente de faire comprendre que c’en est fini avec le marais ; qu’il s’agit désormais de se « hisser pour sortir des sables mouvants » que sont l’UMP et Sarkozy, ce président qui traitreusement caresse Bayrou tout en tentant de convaincre Borloo de ne pas y aller.

Sarkozy et l’UMP Bayrou-compatibles ? C’en est sûrement trop et c’est probablement pour cela que le Morin nouveau se rebiffe. Oh un petit, tout petit peu ! Dans un élan rhétorique qui prendra place dans les manuels d’histoire et à côté duquel l’appel du 18 juin paraît une aimable pochade, il vient de déclamer lyrique : « Si nous n’allons pas jusqu’au bout, c’est que nous aurons échoué. »

Frisson dans les foules. Roulements de tambours.

Jean-Paul Schmitt

14/06/2010

Boycott

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La décision du réseau de salles de cinéma « Utopia » de revenir sur sa décision de déprogrammation du film israélien « A cinq heures de Paris » est un heureux dénouement.

Il faut dire que les propos initiaux de l’une des fondatrices du célèbre réseau Arts et Essais pour appuyer cette décision de boycott étaient inquiétants puisque fondés, je cite, sur le fait que « les israéliens votent, ce sont eux qui ont élu un gouvernement d’extrême droite. Ils sont donc partie prenante de ce qui se passe ». Un argument que chacun pourrait considérer comme particulièrement imbécile car pouvant être retourné, par exemple en direction de palestiniens qui ont portés au pouvoir des forces politiques également peu recommandables. Malheureusement cette inclinaison spontanée du réseau Utopia n’est pas unique et, par exemple dans la musique, de nombreux artistes viennent d’annoncer, après le triste épisode des flottilles, de ne plus faire étape en Israël. C’est le cas des Klaxons, de Santana, des Pixies ou de Gorillaz sachant que le refus d’Elvis Costello de jouer en Israël, bien que lié à la situation à Gaza, remonte avant les évènements récents. Il y a bien entendu une différence de nature entre le refus de se déplacer en Israël et celui de ne pas accueillir des artistes ou des spectacles dans notre pays. A ce propos la décision du Festival Folklorique de Montrejeau en annonçant son refus d’inviter le ballet Hora de Jérusalem pour de pseudo-raisons de sécurité n’est guère acceptable. Alors que la moitié de la planète fait le voyage dévot en direction de Shanghai évitant au passage de demander des comptes à la Direction du Parti Communiste Chinois sur la question des droits et singulièrement de ceux des prolétaires chinois, je ne peux que trouver malsaine cette attitude à l’égard des artistes israéliens. Vendredi dernier, en fin d’après midi, nous inaugurions à la demande de la municipalité de Francfort des tramways portant le nom de Lyon, Milan, Budapest ou Tel Aviv en présence des Maires de ces villes. Avouez qu’il aurait été injustifié, au nom de je ne sais quelle politique du gouvernement israélien, que nous refusions de nous associer à une telle manifestation avant tout chargée d’amitié et de volonté de coopération entre des peuples.

Lyon, le 14 juin 2010

13/06/2010

Cash Cash

prince-20080221-380012.jpgEn ce début d'été les festivals se multiplient, les artistes se croisent et se recroisent sans vraiment formuler de belles promesses. Machine à cash, ces rencontres estivales ne valent pas toujours le détour c'est pourquoi je propose aux plus nomades et parfois fortunés d'entre-vous une première sélection qui bien entendu n'engage que moi.

  • 3 juillet, The Specials effectuent leur grand retour sur la grande scène des eurokéennes et Pearl Jam est au Main Square d'Arras.

  • 4 juillet, Stevie Wonder est dans des arênes de Nîmes qui comme chaque année affichent les affiches sans véritablement se poser d'autres problèmes

  • 8 juillet, Sauzanne Vega partage le plateau des Nuits du sud (Vence) avec Yousou n' Dour sachez que vous pourrez applaudir la new-yorkaise d'autres fois cet été alors qu'Elvis Costello assure ce soir là son unique apparition française (Jazz à Vienne). A vous de choisir.

  • 9 juillet, Prince est au Main Square Festival d'Arras qui cette année plante le décor à la Citadelle. Ce très et trop cher Prince devrait faire pour l'occasion son seul tour de piste français.

  • 16 au 18 juillet, les éternels Mika, M, Doherty et Coeur de pirate qui écument la France cet été passent par Musilac, cela étant le festival d'Aix-les-Bains offre deux ou trois originalités qui méritent réflexion, Paul Weller, l'ancien Jam et Style Council nous revenant en forme. Les partisans du trip hippy croisé américana monteront également à Musiclac pour faire la fête à Devandra Banhart.
  • Paris ne rate pas la marche en particulier en matière de Jazz. Entre Paris Jazz Festival (12/6 au 1/08), Festival All Stards du New morning (1/07 au 6/08), la Défense Jazz Festival (18 au 27/6) et Festival Jazz à la Villette (31/8 au 12/9) il y a de quoi faire et en particulier Mike Sterne Band (19/07), Booker T (22/7), Roy Hargrove les 27 et 28 juillet.

  • 24 juillet, amis lyonnais c'est très chic d'aller applaudir Carmen Maria Vega au Festival Musiques et terrasses de Verdun.

  • 5/08, Allen Toussaint est à Marciac en compagnie de l'éternel Wynton Marsalis qui a son rond de serviette à la cantine du festival.

  • 6 au 7 août, les amateurs de musiques noires ne peuvent aller ailleurs qu'à Saint Nazaire puisque le festival « Les escales » accueille Georges Clinton et les moins rares Satif Keita, Femi Kuti et Rokia Traore. En face d'un terrible dilemme les aficionados de reggae sont quant à eux à Saint Sauveur en Gironde pour un « sun ska » qui accueillera Alpha Blondy, Steel pulse et de nombreux artistes dont les lyonnais de High Tone.

Partout ailleurs en Europe, l'offre des « grandes surfaces » musicales est particulièrement impressionnante à condition de supporter les univers concentrationnaires. En Allemagne on peut toujours se rendre à Wacken (Red Hot Chili Pepers), au Hurricane de Scessel (Strokes, LCD Sound system...). Jamais en reste la Belgique peut être fière du Dour Festival ou de la Fiesta du rock même si cette année les têtes d'affiches ne se bousculent pas. Le Roskilde Festival (Danemark) avec Prince, Gorillaz, Muse, Patti Smith fait la pige à tout le monde comme ses rivaux du sud avec « Benicassim » (Kazabian, Lily Allen et surtout Ray Davis). Enfin, n'oublions pas la perfide Albion qui aligne ses festivals comme des bons soldats (Wickerman festival, Guilford, Henham Park, Kinrors, Herefordshire et des dizaines d'autres) mais les grosses concentrations demeurent à l'Est avec « Gdynia » (Pologne), Ostrava (République Tchèque) et surtout Strijet. Pour terminer sur une note humaine, il est nécessaire de saluer nos voisins suisses et les lyonnais seront inspirés d'en faire leur premier choix avec Montreux (www.montreuxjazz.com) qui accueille Tori Amos, Pat Metheny, Ben Harper, Roxy music ainsi que Nyon (www.paleo.ch) avec Crosty, Still & Nash, NTM, Gaetan Roussel, etc.

Lyon, 13 juin 2010.

 

12/06/2010

Sot, Socialiste

fesses1.jpgAprès un court séjour au pays de la saucisse, je serais tout à l'heure de retour dans celui de la quenelle et tenez vous bien, après m'en être pris lundi à thréard du Figaro, je m'en voulais de laisser tranquille un socialiste nommé Christian Manable, patron du Conseil général du Côté d'Arras et censeur qui s'assume. En effet, le chéfaillon en question qui, n'en doutons pas mériterait de devenir chef d'escadrille, vient de procéder à l'interdiction d'une exposition consacrée à des dessins érotiques intitulée « Pour adultes seulement ».

Deux oeuvres dont l'une d'Alain Gauthier montrant une foufounne épilée, motivent le censeur car elles heurtent nous dit cet authentique défenseur de la cause féminine, ses valeurs de gauche. « Image dégradante de la femme », « ambiguïté par rapport à la représentation de l'enfance », exposition inopportune, l'édile admettait au quotidien le Monde qu'il risquait « de passer pour un facho, un pisse-vinaigre, un censeur » tout en proposant que les dessins en question aillent se faire voir dans une galerie privée mais en aucun cas dans une institution publique comme la bibliothèque d'Amiens. J'ignore comment ce Manable se situe dans la géographie des coteries internes du PS et cela importe peu, mais je constate que cet individu n'est l'objet d'aucune condamnation de la part de la direction d'un Parti qui s'était, rappelez vous fortement mobilisé contre Frêche, l'ancien Maire de Montpellier ayant quant à lui fait beaucoup pour le développement de la danse contemporaine dans notre pays , un art qui il est vrai consiste avant tout à se trémousser à moitié à poil sur scène.

Francfort, le 12 juin 2010.

Image: DR

11/06/2010

Ceinture

fond-ecran-equipe-de-france.jpgJe viens de rejoindre Gérard Collomb à Francfort pour les cérémonies commémoratives du 50eme anniversaire du jumelage entre nos deux villes – le risque est donc grand que nous faisions ceinture, ce soir, pour la diffusion de la rencontre France-Afrique du Sud. Réunions bilatérales, mise en lumière par la ville de Lyon de la Fontaine « Oktogon-Brunnen », coopération entre l'ENS Lyon et l'Université Goethe, visite de réalisations urbaines sont au programme d'un séjour également marqué par l'intervention du Maire de Lyon au Symposium sur les « stratégies d'agglomération et de la gouvernance métropolitaine ».

Pour revenir à l'équipe de France, après les deux premières rencontres amicales mais bien modestes, puis la defaite face à la Chine, nos craintes sont intactes. Même si Ribery, Toulalan et une petite poignée d'autres peuvent nous maintenir un moral pas trop en berne, convenons que  «devant » comme « derrière » l'équipe nationale inspire plus d'impuissance et d'approximation que de confiance.

Etant donné qu'en football, pour gagner, il suffit de marquer au moins un but de plus que l'adversaire on se demande qui pourrait, dans les rangs de l'équipe de France, glisser au fond des filets le ballon. Ni Anelka, Govou, Gourcuff, Malouda et même Ribery ne possedent pas pour l'instant cette force. Les Gignac ou Cissé, legitiment vautrés sur la banquette, ne peuvent guère en rever. Reste alors William Gallas notre plus certain atout offensif dont seul le mollet nous apporte jusqu'à ici satisfaction. Verdict ce soir.

Francfort, le 11 Juin 2010.

10/06/2010

Stupide ?

Il y a quelques semaines de cela, alors que Lady Gaga, au zénith, remplissait deux Bercy et que la pauvre Whitney Houston, à la ramasse, annulait le sien, le père Jagger, soixante six ans déjà sonnés, aguichait le Festival de Cannes comme un éternel jeune homme.

Communication tirée à quatre épingles, charmeur et cynique, le beau Mick a fait chavirer la croisette jetant au passage quelques miettes aux journalistes ébahis et en manque de véritables stars. « En ce temps là » leur a-t-il dit « nous étions jeunes, beaux et stupides, maintenant nous ne sommes que stupides ». Le temps dont il s’agit est l’été 1971. Les Rolling Stones, du côté de Villefranche-sur-Mer, sont de véritables réfugiés (fiscaux). De cette période sexe, drogue et blues, l’histoire retiendra deux choses, le mariage de Mick et Bianca à St Tropez et un album intitulé « Exile on Main Street » faisant suite au mythique « Sticky Fingers ». Sortes de sessions avinées sous haute influence des drogues les plus tendance ce double album n’est pas le meilleur du groupe mais contient cependant quelques pépites comme « Tumble Dice », « All Down the Blues » ou « Rocks Off » et le magnifique et countrisant « Sweet Virginia » sous influence de Gram Parsons lui-même sous influence des dites drogues.

C’est ce soir que France 5, après la ressortie de la version 2010 d’ »Exile » avec sa dizaine de bonus, propose « Stones in Exile » du britannique Stephen Kijak sorte de documentaire présenté dans le cadre de la quinzaine des Réalisateurs à Cannes lors de la dernière édition du Festival.

Comme vous pouvez vous en douter le toujours jeune et beau Mick n’est pas si stupide que cela et sa virée cannoise n’est en rien celle d’un retraité à la recherche d’une maison médicalisée pour y passer ses vieux jours. En ressortant « Exile » Universal et Jagger mettent le paquet et en multipliant les produits (coffret à plus de 100 euros, DVD de « Stones in exile » chez Eagle Vision) la PME Rolling Stones se remet en piste, une tournée « Exile on Main Street » n’étant pas à écarter un peu à l’instar de ce que font Brian Wilson ou Van Morrison. Tournée "Exile" ou pas, alors que les Stones devraient rejoindre d'ici la fin de l'année les studios pour nous infliger un énième album sans grand intérêt, Jagger a compris que l'avenir commercial du groupe résidait dans son glorieux passé. Pas si stupide que celà, le leader des Stones a  vu une nouvelle fois juste puisque il y a quelques semaines de cela "Exile on main street" était en tête des ventes en Angleterre chose inédite depuis des dizaines d'années. On pourrait bien entendu ne cesser de disserter sur les 10 inédits qui accompagnent cette nouvelle édition. Il n'empêche, et ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle, que cet "Exile" revu et corrigé, avec ou sans ses bonus a une tête pour figurer dans les dix meilleurs albums de l'année. Une façon de dire que hier comme aujourd'hui, Mick Jagger n'a jamais été stupide.

Dans toute cette affaire, ce qui m’inquiète le plus c’est qu’en 1972, année de sortie de « Exile on Main Street », on allait se tourner la dernière belle page de l’aventure des Rolling Stones. Il ne manquerait plus maintenant que Jagger nous reformate « Angie » l’an prochain afin de faire danser les baby-boomers dans les maisons de retraite pour que nous nous quittions, Jagger et moi, en très mauvais terme.

> « Exile on Main Street », CD, Universal

> « Stones in Exile », ce soir sur France 5 et disponible le 15 juin en DVD agrémenté de 90 minutes supplémentaires. (Eagle Vision)

Lyon, le 10 juin 2010.

09/06/2010

Mobilisation

fifa_mondial_2010.pngCette semaine nous n’avons pas le choix : il faut être derrière les bleus à la veille du match contre l’Uruguay. De Sophiane Abou, le gentil organisateur des soirées de Zahia, avec les footeux en particuliers qui le clamait sur Europe1, aux ministres de la République incités par Luc Chatel à la plus grande solidarité c’est clair pas une voix ne doit manquer, on se demande d’ailleurs comment se fait-il que Sarkozy n’y soit pas encore allé de son couplet. Pas une voix ne doit manquer mais plus encore aucune critique n’est permise. Alors pensez vous quelle trahison représente la remarque de Rama Yade sur le coût exorbitant de l’hébergement des joueurs en Afrique du Sud. Le tollé est général du président de la fédération à la ministre des sports plus quelques autres tous habitué aux facilités offertes par leur organisme de tutelle, ils y vont de leur cri du cœur : il n’ya rien à dire c’est la FIFA qui paye. Quel bel exemple d’esprit de responsabilité et dire que Marie George Buffet est allée mêler sa voix à ce concert. Et puis ces joueurs qui sont censés nous représenter rien n’est trop beau pour eux. En fait cet appel à la mobilisation tombe à pic pour en faire oublier une autre qui se tisse contre la réforme des retraites et qui fait ce mois encore plonger la côte de popularité de Sarko et de son premier ministre. Les bleus lui servent au moins à ça. Pour le reste c’est peu dire que je n’aime pas cette équipe de mercenaires qui ne chantent même pas la Marseillaise et portent le maillot bleu dans le seul but d’améliorer leur prix sur le marché. Ces joueurs sans engagement ni cohésion drivés par un entraineur surtout enclin à la provocation. Je ne me sentirai donc pas coupable de ne pas m’inscrire dans le bel élan bleu blanc rouge un peu trop convenu pour moi, je garde ça pour d’autres circonstances.

Philippe Dibilio

08/06/2010

Crétinerie

Cohn-Haddock.jpg« Il y a quatre types idéals : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré des quatre », écrivait Umberto Eco dans le Pendule de Foucault.

À méditer par certains politiques qui tirent sur leurs amis. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire ici tout le bien que je pensais des jugements à la Moulinsard de Gérard Collomb à propos de Martine Aubry et Ségolène Royal. Du côté rose de la belle province lyonnaise et depuis quelques jours, c’est plus calme. Merci. Du côté vert, sale temps pour les mouches et déchirements d’égos. À Eurovertsland, les noms d’oiseaux pleuvent. Dans l’art de choisir des qualificatifs sympathiques pour affubler les membres de la famille, nos protecteurs de la nature laissent parler la leur et prennent le relais.

Leur côté bordélique m’amuse. Je les savais imprévisibles et, au plan local, capables de s’allier lors de certains votes régionaux avec la droite la plus marquée. Naïf, je croyais leur vocabulaire moins vachard. Je découvre que dans le genre baston verbale, même façon coopérative amicale où l’on s’étrille en famille, ils sont champions.

Lors de leur dernier concert de samedi à la Cigale, Daniel Cohn Bendit a usé d’un vocabulaire revigorant et direct. Simple. Facile à comprendre. Un mélange de Frédéric Dard, de capitaine Haddock et de Mélanchon pour invectiver Jean-Vincent Placé : « crétin » ! Le Vert Numérobis avait osé parler d’Eva Joly en disant qu’elle faisait « vieille éthique ». Un réel progrès dans le choix des mots par le bouillonnant Dany qui se renouvelle après ses « Ignoble », « Minable » jetés à Bayrou sur un plateau de télévision. C’est plus moderne que le « Bouse de vache » envoyé par Clémenceau à la figure d’Edouard Herriot. Mais cela ne vole pas encore à l’altitude où le cerveau commence à souffrir du manque d’oxygène, celle du « Salope » de Devedjian à l’adresse d’Anne-Marie Comparini ou du « Casse-toi pauv’con ! » du plus distingué linguiste de France.

Jean-Paul Schmitt

07/06/2010

Charlots

0_other_portraits_-_general_de_gaulle_by_yerbury.jpgIl y a tellement peu d'écrivains en France qu'un quarteron d'inspecteurs zélés vient de décider d'intégrer "les mémoires de guerre" de De Gaulle parmi les textes littéraires soumis à la sagacité des lycéens de Première L pour leur épreuve anticipée de Français au Bac. Editorialiste souvent commis d'office, Yves Thréard du Figaro est illico monté au créneau pour défendre ce choix ne craignant pas, pour l'occasion, de passer pour un vulgaire factotum lettré et dévoué d'un pouvoir bling-bling fouettant de plus en plus la moisissure. Ne craignant donc pas le ridicule, le journaliste appliqué nous a expliqué que l'on ne pouvait contester la qualité d'écrivain ainsi que le style du Général. Parlant de la valeur littéraire de la plume de l'homme du 18 juin et s'en prenant à la pétition du Snes, le plumitif du Figaro nous a expédié à la face un De Gaulle "outragé" par les pétitionnaires de gauche. Avec des types comme Thréard susceptibles de faire le job en toutes circonstances pourvu que l'ordre vienne d'en haut nous pouvons craindre le pire. Que, par exemple le premier châtel venu inscrive la musique militaire en option musique, qu'en théâtre l'étude de l'œuvre de Louis De Funes devienne fortement conseillée ou que la peinture de Pal Sarkozy serve de boussole aux lycéens toqués d'arts plastiques. Après les ridicules consignes à propos de Guy Mocquet, les péroraisons lamentables sur la Princesse de Clèves, les opérations de communication sur la vertueuse culture cheap du président on pensait que les leçons étaient définitivement tirées. Ce n'est manifestement pas le cas.

Lyon, le 7 juin 2010.

06/06/2010

Melenchais ?

thumb_jean_luc_melenchon_3.jpgDemain, 7 juin, c’est le quatre-vingt-dixième anniversaire de la naissance de Georges Marchais dans un coin perdu du Calvados. Le petit mécano de l’usine Voisin, passé par Messerschmitt puis façonné par les très formatrices écoles de la CGT et du PCF jusqu’à être vingt-deux ans durant le responsable le plus important de l’un des principaux partis du pays, est aujourd’hui presque oublié. Oublié et disparu de notre vie politique, oublié des médias et vous verrez demain matin que rares seront les quotidiens à noircir quelques colonnes sur notre homme. Oublié surtout de ses camarades qui voient probablement dans Marchais tout ce qu’ils veulent oublier méprisant ainsi leur histoire et une trajectoire.

C’est en assistant médusé à la prestation de Mélenchon chez Ruquier que je me suis souvenu de Jojo. Chez les deux hommes il y a de toute évidence une sacré différence mais ils partagent le même goût de la démagogie et de la gouaille censée incarner les intérêts du peuple. Chez Marchais, comme chez Mélenchon, on a le même talent naturel favorisant l’envié statut de « bon client » à la télévision, la même esbroufe frisant le grossier mais aussi cette formidable présence susceptible d’intéresser tout le monde à des propos jugés dans le même temps comme des inepties. Bien entendu avec Mélenchon le compteur est très largement au dessus du baccalauréat et le QI stratosphérique. Alors que Marchais nous faisait très souvent pitié il est clair que l’ancien sénateur socialiste est quant à lui un excellent orateur doublé d’un animal politique au flair affirmé.

Mélenchon a aujourd’hui les yeux rivés sur la présidentielle, il se verrait bien candidat du Front de gauche. Il commence d’ailleurs à faire peur à un PCF qui commence à comprendre pourquoi ce passager sauvé de la noyade n’a fait pleurer personne au sein du Parti socialiste quand il a sauté dans le bouillon. Les communistes s’interrogent, beaucoup appréhendent négativement cette pièce rapportée aux allures d’aventurier qui leur rappelle probablement, en certaines occasions, les illusoires menées médiatiques d’un Marchais qui en avait fait beaucoup pour faire mousser Elkabbach et bien peu pour regonfler le Parti.

Le jour de ses obsèques, c’est la musique de Miles Davis, avec « Bitches brew », qui a accompagné Georges Marchais vers sa dernière demeure démontrant ainsi que lui au moins avait des goûts particulièrement sûrs en matière de musique.

Lyon, le 6 juin 2010.

05/06/2010

Cités végétales

Il y a une bonne dizaine de jours, je visitais avec l’agence d’Urbanisme de Lyon l’exposition « Cités Végétales » conçue par Luc Schuiten et qui ferme ses portes à la fin du mois de Juin. Une fois dit que l’architecte et dessinateur Luc Schuiten est le plus exquis des guides pour visiter son exposition, je ne peux vous engager qu’à vous précipiter à la Sucrière (Lyon 2ème) pour vous perdre dans le royaume urbain imaginé par un auteur qui conjugue à merveille utopies et projets les plus crédibles. Revendiquant ses élans de jeunesse liés à une radicalité issue de Mai 68, Schuiten nous invite à refaire son parcours personnel pour échouer avec ravissement dans une Part-Dieu lyonnaise revisitée avec ses ilots de verdure aux allures baroques. Au terme du parcours proposé par le sympathique Belge, le travail effectué par les étudiants lyonnais en architecture mérite lui aussi le détour. Très bonne visite à tous.

> « Cités Végétales » de Luc Schuiten, La Sucrière, quartier du nouveau confluent, Tram T1, arrêt Montrochet.



Découvrez Les Cités végétales de Luc Schuiten à La Sucrière sur Culturebox !

 

Lyon, le 5 juin 2010.

04/06/2010

Dangers du portable

?id=725X1342&site=combuzz.wordpress.com&url=http%3A%2F%2Fcombuzz.files.wordpress.com%2F2010%2F03%2Fsteve-jobs-with-iphone.jpg&sref=http%3A%2F%2Fcombuzz.wordpress.com%2F2010%2F03%2F27%2Fsteve-jobs-apple-comment-reussir-ses-presentations%2FLa chose est assez terrible. Pris en tenaille entre la nécessité d’aider financièrement leurs familles demeurées au pays et une forme de refus d’un travail abrutissant fort mal payé, certains ouvriers chinois de l’usine Foxcomm préfèreraient en finir avec la vie sachant qu’après leur disparition leur employeur verserait à la famille une somme allant de 10 000 à 40 000 euros. Pour évoquer le succès de l’iPhone, de certains appareils Nokia, de la console de jeu Sony ou des ordinateurs Dell on mettait jusqu’ici en avant le design, l’ergonomie, la technologie ou la convivialité, il convient d’y ajouter aussi la déprime et le stress d’ouvriers payés 150 euros par mois pour douze heures de travail par jour, des chaines fonctionnant 24 heures sur 24 avec une pression sans mesure.

Ce malaise généralisé et ces suicides traduisent une situation déplorable qui accouche aussi de grèves sauvages organisées clandestinement. D’ailleurs les experts de la Chine commencent à pronostiquer des tensions et le fait que Honda vienne d’accorder à ses salariés chinois quelques 24% d’augmentation de salaires est, à cet égard, assez significatif.

Bienfaiteur de l’humanité et du peuple chinois, Steve Jobs le charismatique patron d’Apple est bien le seul à nier le calvaire des ouvriers de Foxcomm qui dépriment tout en agençant son foutu iPhone. Jobs, arpentant il y a quelques jours un salon californien a déclaré confus que les ouvriers de Foxcomm disposaient tout de même de restaurants, de cinémas, d’hôpitaux ainsi que de piscines précisant au final, et je cite, que « c’était plutôt chouette » (Libération du 3 juin). L’histoire ne dit pas si emporté par l’émotion, le patron d’Apple était prêt à offrir une morgue toute neuve à ceux de Foxcomm. Il n’empêche que nous pouvons tous nous demander s’il nous est vraiment indispensable d’acquérir un iPhone bien que, très officiellement, après enquête, Apple a tenu à préciser que toutes ces rumeurs concernant Foxcomm étaient infondées.

Lyon, le 4 juin 2010.

Photo: DR

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03/06/2010

Plus belle la vie

martine-aubry.jpgAlors que ce pauvre Montebourg persuadé de jouer un rôle historique fait des moulinets devant les caméras pour parler de son rapport sur les primaires, en coulisse on commence à se mettre d’accord sur la répartition des postes. Nous n’en sommes pas encore à voir débouler Lamy sur les marches de Solferino pour nous annoncer la composition du gouvernement Aubry I mais les choses vont bon train. Une fois dit que la République Solferinienne est en joie puisque dimanche dernier Martine Aubry vient d’être élue présidente de la République sachez chers amis que l’on peut s’attendre, d’une minute à l’autre, à ce que François Hollande devienne le nouveau premier ministre, Ségolène Royal présidente de l’Assemblée Nationale et Laurent Fabius celui du Sénat à condition bien entendu qu’il devienne lui-même sénateur (Que voulez vous il y a des règles absurdes dans ce pays). Pour ce qui concerne le gouvernement Hollande, Jérôme Cahuzac est annoncé à Bercy pour le reste l’espoir reste intact pour l’ensemble des prétendants. Cela étant ne rigolez pas car, dans le même temps, à droite, un évènement de première bourre vient d’intervenir. Méhaignerie vient de rencontrer Bayrou et le boss de ce qui reste du Modem se montrerait favorable à une intégration dans la majorité de droite à condition que Sarkozy introduise une dose de proportionnelle pour les législatives. Sachant que Bayrou se décide toujours à prendre des décisions conduisant avec certitude à sa défaite, vous ne pouvez que vous dire qu’une victoire de Martine Aubry peut sérieusement s’envisager à partir du moment où Bayrou rejoindrait la droite. Mieux, Monin le patron du « Nouveau Centre » grogne fort contre Sarkozy et menace de se présenter aux prochaines présidentielles non sans tirer à boulets rouges contre Bayrou qu’il accuse d’être une girouette et un opportuniste.

Que Montebourg cesse de stresser, l’organisation de ces fameuses primaires, c’est juste un truc pour passer le temps. Maintenant que Martine est certaine d’aller à l’Elysée, François à Matignon, Ségolène à l’Assemblée, bien que n’étant pas députée, et Laurent au Sénat, bien que n’étant pas sénateur, il ne reste plus qu’à indiquer à Dominique de rester Dirlo à Washington. Elle est pas belle la vie ?

Lyon, le 3 juin 2010

 
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