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13/11/2010

Nostalgies

michel_drucker_0002_michel_drucker02.jpgVous vous posez peut-être la question de l’opportunité de cette fameuse Maison Sarkozyste de l’histoire de France que l’on veut imposer contre l’avis quasi général des historiens. Comme le dit ce pauvre Mitterrand, pour savoir si un projet est « novateur et ambitieux », il suffit de mesurer la controverse qu’il produit. Concernant la Maison en question, la critique est dans une forme tellement olympique, que, comme le dit Frédo, c’est à coup sûr un projet aussi génial que grandiose. Regonflé à quelques encablures du remaniement, le neveu va même plus loin puisque l’animateur de télé devenu ministre n’hésite pas à comparer le barouf fait par le projet Sarkozyste à ce que fut, en son temps, la controverse du Centre Pompidou ou mieux le Grand Louvre avec sa pyramide combattue férocement par toute la droite regroupée derrière le Figaro Magazine.

Cela étant l’histoire et la mémoire ne se sont jamais aussi mal portées dans notre pays depuis que Nicolas Sarkozy est président. De l’Afrique aux captations d’héritages historiques, le chef de l’Etat bouffe et rumine l’histoire, manipule avec déraison la mémoire, triture les pires choses du passé pour en faire les douceurs nostalgiques d’aujourd’hui.

Après le come back de Patrick Sabatier imposé par l’Elysée, le retour du prof de gym Pierre Sled bombardé à la direction de France 3 par le Président, la nostalgie mémorielle sera ce soir à son comble puisque Michel Drucker nous administre une nouvelle fois ses « Champs Elysées » qui attendaient dans le formol depuis quelques années. Ce soir on arrache notre goute à goute mémoriel, on débranche la télé.

Lyon, le 13 novembre 2010

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12/11/2010

Deux balles

Canal---Le-Bouquet.gifComme l’ensemble des abonnés à Canal Plus et Canal Satellite, je viens de recevoir une lettre circulaire d’un dénommé Chamouton, Directeur des services clients, qui indique au « Cher abonné » que je suis, qu’à cause de la loi de finances 2011, la remise tarifaire de deux balles que l’on me faisait sur l’abonnement était désormais de l’histoire ancienne.

Ce Chamouton, qui n’était peut-être qu’un collégien au moment de la naissance de Canal, m’explique que son groupe est un acteur majeur du cinéma qui reverse chaque année une part importante de son chiffre d’affaires afin de financer des œuvres audiovisuelles. Arrêtez votre char Chamouton et cessez de prendre les abonnés pour des buses.

Si Canal Plus reverse de l’argent au cinéma c’est que la loi lui en fait obligation depuis la préhistoire de la chaîne payante. Nous dire dans une lettre à « deux balles » que tout cela est presque un acte d’amour de Canal à l’égard du cinéma n’est que pure manipulation. Chamouton vous qui venez d’adapter vos tarifs à cause de la loi de finances 2011, il convient d’expliquer à vos « chers abonnés » que si vous ne voulez plus soutenir le cinéma, il suffit de mettre la clé sous la porte et de céder ainsi à d’autres l’immense privilège que le pays tout entier vous accorde.

A un moment où certains pleurnichent à la première saillie démagogique de Mélenchon ou Montebourg, il n’est tout de même pas inutile de rappeler que les concessions accordées généreusement à TF1, Canal, Métropole Télévision ou Direct ne devraient pas bénéficier d’une automaticité de renouvellement. N’oubliez pas cher monsieur Chamouton que bien qu’excellente, la bonne soupe que vous dégustez pourrait être servie à d’autres. En attendant, et pour revenir à nos deux euros, sachez que votre initiative, monsieur Chamouton, a le mérite d’entretenir mon animosité à l’égard de Sarkozy mais, à bien y réfléchir, sachez aussi qu’il pourrait m’arriver de vouloir en finir avec votre télé à deux balles en me désabonnant.

Lyon, le 12 novembre 2010

Photo:DR

11/11/2010

Banlieues d’Europe

20ans-banlieues.jpgSi d’aventure certains d’entre-vous souhaitiez y participer, je veux évoquer dès aujourd’hui les 20 ans de « banlieues d’Europe » qui seront célébrés les 25, 26 et 27 novembre dans l’agglomération lyonnaise. Au cours de ces trois jours, l’association souhaite faire découvrir à tous des projets culturels et artistiques participatifs nés en Irlande du Nord, Angleterre, Allemagne, Italie, Autriche ou Slovénie.

Ces trois jours seront par ailleurs rythmés par trois temps forts : une rencontre professionnelle, un forum européen ainsi qu’une programmation artistique très diversifiée.

Il est bien entendu difficile de décrire par le menu les nombreux ateliers et les séances plénières qui attendent les participants à ces rencontres européennes. Je vais donc concentrer le tir sur quelques aspects d’une programmation culturelle à priori très rafraichissante donc voici le détail.

Vendredi 26 novembre

> Avant-première du film « 9.3 la belle rebelle » de Jean-Pierre Thorn

    Cinéma Comoedia, 13 avenue Berthelot, Lyon 7ème (réservations au 08 92 68 69 22)

    > Théâtre du Grabuge, « Ulysse et moi » de Sylvain Bolle-Redat

      Salle Genton, 21 rue Genton, Lyon 8ème (réservation au 04 72 04 81 18)

      > Compagnie Kadia-Faraux, « Tartuffe(s) »

        Centre culturel Charlie Chaplin, Place de la Nation, Vaulx en Velin (réservations au 04 72 04 81 18)

        Samedi 27 novembre

        > « Fanfaraï et autres surprises artistiques… » Au Marché-gare, salle de musiques actuelles, Lyon 2ème.

          Pour participer à l’ensemble de la manifestation, joindre « Banlieues d’Europe » au 271 rue Vendôme, Lyon 3ème - Tél 04 78 60 97 80 et banlieues.deurope@wanadoo.fr

          Lyon, le 11 novembre 2010

          Photo:DR

          10/11/2010

          Massacre des innocents

          Ben.jpgDepuis sept ans, 300.000 Chrétiens ont disparus d’Irak. Ils étaient 1,2 million sur les 23 millions que comptait l’Irak à la fin des années 80. Ils ne sont plus guère que 300.000 à 500.000 aujourd’hui. Des centaines sont, depuis 2003 notamment, les victimes d’un fanatisme terroriste. Les 52 morts de la semaine passée dans la cathédrale de Bagdad, parmi lesquels 35 fidèles et deux prêtres, rajoutent encore de l’horreur à l’horreur.

          Revendiqués par une mouvance d’Al-Qaïda en Irak, ils s’inscrivent dans une volonté déterminée d’éliminer des humains, femmes et enfants compris, pour leur seule appartenance à la religion chrétienne.

          De nombreux témoignages décrivent les atrocités que subissent aujourd’hui ces communautés chrétiennes irakiennes. Le Secours Catholique a recueilli en juin 2010 celui de Nageeb Mekhail, supérieur des dominicains de Mossoul. Lui n’hésite pas à parler de génocide. Le silence assourdissant sur ce sujet est habituel de la part des médias et des intellectuels de tous poils. Hormis lorsque des hauts faits d’horreur, vite oubliés, permettent un gros titre bien sanglant.

          Raison de plus pour signaler le trop lointain mais néanmoins excellent article de l’ami Romain Blachier sur Lyonnitude(s) de novembre 2007. Déjà, il parlait des « Chrétiens d’Orient oubliés ». Mais – pardon Romain – permets-moi un petit tacle : à la date du 5 novembre 2010, à part les manifs, l’autocongratulation et le slow, nada sur ce sujet ? Seraient-ce tes recettes de cuisine qui ont fait grimper ton blog dans le top ten ?

          Plus sérieusement, à part celle de Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, les voix des musulmans ne sont pas très fortes non plus sur ce sujet. Que je sache, à la même date du 5 novembre, je n’ai toujours rien lu de tonitruant de la part du recteur Kaptane. Me trompais-je ?

          Allons, amis musulmans pratiquants ou autres, faites-vous entendre !

          Jean-Paul Schmitt

          09/11/2010

          Remaniement : le pire n'est jamais décevant

          remaniement.jpgLa droite est en ébullition à l'aune du prochain remaniement. Les amabilités virevoltent. Les Volfoni passeraient pour des chérubins affectueux en comparaison de sentiments prisables et réciproques que se font livrer par grappes charnues les tenanciers de l'UMP et apparentés.

          Je vous propose quant à moi une sublimation : en exclusivité le futur casting gouvernemental, sous réserve bien sûr de disponibilité, mise en examen, inflation subite, nomination soudaine au conseil d'Etat, au Conseil économique,social et environnemental ou à la villa Médicis :

          Premier Ministre : Un Borloo sinon rien. L'UMP à visage humain. Notre Charles Bukowski de l'écologie mériterait à lui seul la création d'une appellation d'origine contrôlée "Grenelle" tellement il serait injuste qu'on nous le copiât. Chaque jour que Dieu fermente démontrera l'efficacité du sieur Borloo à Matignon, notamment depuis que le fils Dufeigneux, auteur d'une mémorable cuite à Varenne, a été éloigné de Matignon.

          Ministre du Travail, de la Santé et de l'Inflation présidentielle : Xavier Bertrand, assureur militant, qui aura à cœur d'exsuder l'ultrasarkozysme jusqu'à la transe façon convulsionnaire de Saint Médard. Si le sarkozysme était une religion, il serait préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

          Ministre de la Culture : Max Gallo, un Saint-Simon qui n'a rien vu. Et si Gallo n'est pas disponible, on peut rêver rue de Valois une des figures intellectuelles du sarkozysme : Jean-Marie Bigard, Michel Sardou, Christian Clavier ou Mireille Mathieu. Frédéric Mitterrand compte bien faire son Jack Lang et jouer les prolongations.

          Ministre de l'Economie, des Finances, du Milliard des Emigrés et du Budget: François Baroin, qui réclame depuis des semaines qu'on fasse donner Lagarde.

          Ministre de la Défense : Bruno Lemaire. Kaboul lui apprendra à rêver de Matignon.

          Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche : Valérie Pécresse, parce qu'elle le vaut bien. Un nouvel épisode de Martine en classe de découverte à ne pas manquer.

          Ministre de la Justice : Luc Châtel, mousquetaire du sarkozysme, Potemkine d'Intermarché, qui pourra mettre au service du parquet son expérience en matière de cirage et s'échinera à une politique pénale très keynésienne : généreuse et interventionniste. Ou pourquoi pas Philippe Courroye, pour services rendus.

          Ministres de la solidarité et de l'industrie, solidairement : Nadine Morano et Christian Estrosi, les Shirley et Dino de l'ump'iste aux étoiles.

          Ministre de l'Immigration, de l'Identité Nationale, haut commissaire aux expulsions matinales et à l'amitié franco-tunisienne: Eric Besson, dont le goût pour le maroquin est inextinguible.

          Ministre de la vile politique et des banlieues,  Porte parole du gouvernement : Eric Raoult, Démosthène avant les cailloux.

          Ministre de l'Agriculture, de l'espace rural et de l'aménagement de son territoire : Michel Mercier, marquise des granges, barriste rural usufruitier en survivance, qui ne fleurit qu'à la lumière que reflètent sur lui les lambris de préfecture et le mobilier national.

          Ministre de l'Intérieur, de l'Information et de la surveillance des fuites : Brice Hortefeux. Présumé innocent dans l'attente de son jugement pour injure raciale.

          Ministre Etranger aux Affaires : Eric-Innocent Woerth, dont le procès en béatification s'ouvrira sans doute avant tous les autres.

          Ministre de la Fonction Publique : Laurent Wauquiez. Dents longues, idées courtes.

          Secrétaire d'Etat aux sports et à la Validation des Acquis de l'Expérience : Rama Yade, Sémiramis de la gaffe. Serait médaillée d'or si les arts décoratifs étaient discipline olympique.

          Secrétaire d'Etat à l'Intérieur, chargé du démantèlement de la carte électorale et des collectivités : Alain Marleix, une sorte de petit Pasqua continental.

          Stéphane Nivet

          Photo: DR

          08/11/2010

          Trombinoscope

          mw08201.jpgSauf si Easy Jet en décidait autrement, c’est aujourd’hui que nous revenons entre Rhône et Saône au terme d’une escapade londonienne plutôt heureuse si l’on accepte d’oublier aussitôt quelques détails matériels comme, par exemple, l’hôtellerie ou les transports. Quand on évoque le potentiel museal de Londres on ne peut que penser à la Tate (Modern) mais malheureusement cette fascinante ancienne usine électrique semble dévorer les esprits au point que souvent certains touristes résument l’offre londonienne à ce monstre qui trône au bord de la tamise. C’est pourquoi je veux vous dire aujourd’hui deux mots sur une petite sœur plus pauvre, spécialisée dans le portrait, que je m’oblige à visiter lors de chaque séjour et qui recèle quelques petits trésors moins respectables sur le plan artistique mais d’autant plus attachants.

          Il s’agit, vous l’avez compris, de la National Portrait Gallery, un musée aussi unique qu’impressionnant qui, logé à Trafalgar derrière la National Gallery, s’impose comme le plus grand trombinoscope jamais imaginé. De Churchill à Shakespeare, du Roi Charles I à Jane Austen, de (Sir) Paul McCartney à Richard Branson les portraits accumulés vont de la croûte de seconde zone au chef d’œuvre incontesté. Ce musée qui affiche dignement ses plus de 150 ans est donc un cas, par ailleurs gratuit d’accès, qui assume fièrement un principe jamais remis en cause. Ici la valeur artistique ou esthétique de l’œuvre importe peu. Ce qui compte c’est le portrait du personnage peint, photographié, sculpté ou caricaturé. Si les stars de l’histoire britannique vous lassent un peu, si les Tudor ne vous inspirent pas, allez tout de même à la National Portrait Gallery ne serait-ce que pour y débusquer David Bowie, Blur, Dickens ou John Peel. Bonne visite si vous croisez un jour par Trafalgar square.

          Londres, le 8 novembre 2010

          Photo:DR

          07/11/2010

          Ainsi soit-il

          olympia_600.jpg?w=500&h=500Ici à Londres comme là-bas en France, l’occasion de la sortie de « Olympia » la dernière production de Bryan Ferry est le prétexte incompréhensible pour un hommage un peu boursouflé à l’ancien de Roxy Music. En faisant sa danse du ventre devant un artiste bien en peine depuis des lustres, on se demande ce qui a bien pu piquer une presse devenue subitement a-critique. Soyons clairs, « Olympia », avec sa Kate Moss en jaquette, n’est pas un de ces rogatons casé en contre-bande par quelques rockeurs gériatriques. « Olympia » est un disque correct, une sorte de best of de Ferry qui ne voudrait pas dire son nom mais en aucun cas le disque génial du renouveau que la critique tente de nous imposer. Bien modeste sur le plan musical, cet « Olympia » bénéficie des yeux de Chimène et à coups d’interviews aussi exclusives les unes que les autres, on fait comme si la belle prestance de Ferry devait s’imposer aristocratiquement à tous. « Gentleman », « latin Lover », « sensuel », « glamour », on nous distille, comme au bon vieux temps d’ « Avalon », les poncifs à propos d’un crooner devenu un simple chromo. Pour ce qui concerne l’idéologie du beau gosse, il est manifeste que cela ne fait pas partie des questions qui s’abordent. Les errances du fiston, la fascination répétée de Ferry à l’égard du nazisme ne sont en aucune façon un sujet à traiter. On a décidé que Ferry était plus jeune que jamais, lisse comme la peau d’un bébé, en regain de forme musicale et entouré de jeunes talents comme Jonny Greenwood (Radiohead) ou Mani (Primal Scream). Ainsi soit-il !

          Londres, le 7 novembre 2010

          Photo:DR

          06/11/2010

          Souvenirs pour demain

          reine-elizabeth-2-angleterre.jpgHeureusement que la Reine continue de donner des ordres pour relever sa garde parce que Londres est sur le point de virer au banal. Adieu Marks & Spencer, Virgin Mégastore et boutiques de disques à profusion, adieu aux Fish & chips graisseux et aux restaux les plus improbables qui servent leur « pie » sur leurs tables en formica. Ici comme ailleurs, place nette est faite aux H&M, Starbucks, aux sushis et à la mal bouffe branchouillée. Même dans Soho ou sur Oxford street, croiser un de ces originaux que seule l’Angleterre pouvait jadis enfanter est devenu d’une rareté inquiétante. Une sorte de vent de tristesse convenue, comme si Londres était rentré dans le rang, souffle sur une ville qui se coltine la préparation des J.O. comme une sorte de fardeau.

          Désormais cornaqué par un type qui ressemble à un chef des ventes dans la promotion immobilière, ce merveilleux pays file à nouveau du mauvais coton au point que d’ici quelques temps je vous mets mon billet qu’une « Blair nostalgie » va envahir les esprits. Pour l’heure, l’impact du plan Cameron-Osborne promis à Birmingham n’est vraiment pas évalué y compris par ses promoteurs. Pourtant les conséquences pour les moins nantis risquent d’être tragiques d’ici quelques mois suite à la purge promise. Londres sera d’ici quelques années encore plus une réserve pour indiens électeurs de Cameron, et pour financiers arrogants, le reste de l’immense métropole étant suffisamment vaste pour y faire prospérer, sans limites, les millions de déclassés et de pauvres gens que l’Angleterre se prépare à engendrer.

          Londres, le 6 novembre 2010.

          00:05 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : londres, reine, blair, birmingham, angleterre, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

          05/11/2010

          Pauvre Albion

          david-cameron.gifEn ce jour où Lyon accueille les superbes Tindersticks du côté de l’Epicerie Moderne, j’entame une petite virée à Londres me privant ainsi de la possibilité de baigner dans la dépressive mais ô combien géniale musique de la formation anglaise. A propos de la perfide Albion, alors que le mouvement d’opposition à la réforme des retraites s’amplifiait dans notre pays, les autorités locales mettaient en garde leurs compatriotes s’apprêtant à venir nous visiter. C’est donc, je dois le dire, avec un certain étonnement mêlé de tristesse que je vais à nouveau visiter un pays à qui on vient d’annoncer, sans broncher, la liquidation de 490 000 fonctionnaires, un pays dont le souvenir de retraites heureuses se dissipe dans les mémoires, des voisins qui depuis les coups de boutoirs de Thatcher et Major ne savent plus trop ce que faire valoir son droit de grève peut bien signifier.

          Non content de prodiguer une véritable leçon d’éducation anglaise aux britanniques, comme c’est désormais la tendance dans tout ce que le monde ultra-libéral compte de leaders, David Cameron, entame un pas de deux avec un patronat qui souhaitait parait-il être rassuré. Baisses de Taxes, suppression de verrous administratifs et autres friandises libérales viennent donc d’être promises à la CBI, le Medef briton. Toujours à cheval sur la question de l’immigration le jeune Cameron a juré sa détermination tout en promettant aux patrons que sa vigilance n’empêcherait pas les entreprises de faire venir la main d’œuvre leur étant le plus utile.

          Le 6 octobre dernier, devant son parti réuni en congrès à Birmingham, Cameron a hurlé, « Maintenant les radicaux, c’est nous ! ». Ce credo qui annonçait le plan d’austérité destiné à réduire de plus 80 milliards de livres les dépenses publiques est le prélude à une attaque en règle contre l’Etat providence avec pour objectif clairement revendiqué de saper les fondements d’acquis sociaux promis à la liquidation. Pauvre Albion.

          Lyon, le 5 novembre 2010

          Photo:DR

          04/11/2010

          Grenouilles de marigots

          6551-ehlkxyjcx3hr8e4c1w5p.gifAlors que Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien-démocrate, annonce sa vraisemblable candidature à l’élection présidentielle de 2012 et que le député UMP Christian Vanneste refait parler de lui en prônant une alliance avec le F.N., les milieux catholiques radicaux qui croisent au large des eaux territoriales mais néanmoins troubles de la droite et de l’extrême-droite annoncent la couleur.

          Ce week end à Lyon, lors du Congrès d’un cercle catholique qui avait invité l’incontournable Vanneste, Lemoine le maire UMP de Montfermeil, quelques anciens députés UMP mais aussi Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, on a annoncé la constitution de « Audace 2012 » une structure qui ambitionne, dans la perspective de la prochaine présidentielle, de fédérer tout ce que le monde chrétien compte comme associations réactionnaires. L’objectif de cette côterie née dans l’aile ultra-droite de l’UMP est pour le moins claire. Il s’agit de peser sur les candidats en les sommant de prendre position sur quelques-unes des thématiques chères tout à la fois à l’UMP et au Front National.

          Le président de cet « Audace 2012 » n’est autre que François Billot de Lochner le patron de la fédération UMP des métiers de la banque et à ses heures perdues un auteur émérite puisqu’il a commis le bouquin, « L’affaire Vanneste, la mise à mort de la liberté d’opinion ».

          Mettre au pied du mur les candidats est donc au centre des préoccupations de « Audace 2012 » pour, explique son fondateur, « inviter les candidats à l’Elysée à adopter des positions claires sur les valeurs qui nous paraissent éssentielles », traduisez l’avortement, la famille fondée sur le mariage et ce que « Audace » nomme la liberté de conscience. Ces petites manœuvres qui concernent pour l’heure essentiellement la pataugeoire de l’aile la plus conservatrice du catholicisme n’en est pas moins inquiétante car jusqu’ici ce type d’agitation provenait essentiellement des rangs du F.N. et de ses associations satellites. Aujourd’hui, c’est du sein même de la majorité qu’émerge ce genre de propos. Aux uns comme aux autres, à l’UMP et au pouvoir, de nous indiquer leur façon de se situer face aux grenouilles qui s’égosillent dans le marigot et si, dans le même temps, l’église avait quelque courage pour nous indiquer son sentiment, la chose ne serait pas inutile.

          Lyon, le 4 novembre 2010

          Photo:DR

          03/11/2010

          Gauguin, un trader de génie

          gauguin.christ-jaune.jpgPaul Gauguin à Paul Sérusier peignant un paysage : « Comment voyez-vous ces arbres ? Plutôt jaunes, non ? Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre plutôt bleue peignez-là avec de l’outremer pur ; ces feuilles plutôt rouges avec du vermillon ! »

          Quand Gauguin peint des citrons, ils sont d’un jaune acide comme leur jus. Quand il peint son Christ, il est d’un jaune plus mystique que l’or des icônes byzantines. Les robes des femmes à genoux près du calvaire sont d’un bleu plus proche du lapis-lazuli des atours d’antiques Égyptiennes que de celui des robes brutes des bretonnes bretonnantes.

          Les toiles de celui qui fut appelé un temps le génial peintre du dimanche font rêver les amateurs aux pinceaux maladroits. Je rêve donc. Gauguin est mort, mais ses œuvres traversent de temps à autres les murailles de riches propriétaires pour rejoindre leurs sœurs dans les salles toujours trop lointaines des musées.

          Peut-être feront-elles rêver aussi certain trader de la Société Générale : l’art ne nourrissant pas son homme, Gauguin fut agent de change et peintre en même temps. Jusqu’à la grande crise de 1882...

          Petit rappel du bégaiement de l’histoire : 1882 c’est l’année de la crise de l’Union Générale à Lyon, une banque catholique et légitimiste dans le capital de laquelle le secrétaire du pape d’alors est partie prenante. Croissance rapide, investissements risqués, création de la Société lyonnaise des eaux et de l’éclairage, la banque spécule en bourse. Suite à la manipulation des cours, c’est la faillite. La Bourse de Paris est touchée. La crise gagne l’ensemble du pays et dure plusieurs années touchant durement les mines, la métallurgie, le bâtiment avec l’habituel et désespérant cortège funèbre de misère et de conflits sociaux.

          Comme j’ai un peu l’esprit d’escalier, après Gauguin et l’Union Générale je reviens à la peinture : la faillite de la banque lyonnaise oblige un certain Paul Durand-Ruel, marchand d’art, à rembourser immédiatement ses créanciers. Il doit vendre nombre de ses toiles, mais grâce au directeur de l’American Art Association, il peut exposer en 1886 les œuvres des impressionnistes à New York : c’est enfin la reconnaissance des artistes de ce courant.

          Quelques années après la crise, les grands fauves arrivent. Pas les Lehman Brothers et consort, mais Matisse, Derain et les autres.

          La Tate Modern expose les œuvres de Gauguin jusqu’au 11 juin 2011. À voir et revoir.

          Jean-Paul Schmitt

          00:49 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lyon, gauguin, jean-paul schmitt | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

          02/11/2010

          Meunier, tu mords ...

          meunier.jpgPhilippe Meunier, député UMP du Rhône, ne semble pas être à l'aise au sein de sa formation politique, inquiet qu'il est de la dérive gauchiste de l'UMP. Il a d'ailleurs rejoint le collectif de la "droite populaire", appellation intrépide qui pourrait laisser alléguer, on ne sait par quelle aberration fantaisiste, qu'il existerait actuellement en France une droite "impopulaire".

          La semaine dernière, à l'occasion des émeutes de la place Bellecour, le député de l'est lyonnais s'est sublimé à la faveur de déclarations qui feraient passer Bruno Gollnisch pour le président de la Ligue des Droits de l'Homme :

          "Nous sommes en face de prédateurs qui n'ont pour objectif que de casser, de piller et d'agresser la population française. Face à ces casseurs prédateurs, il n'y a que deux solutions possibles. Premièrement : condamner très lourdement ces délinquants qui ne respectent rien et qui remettent en cause l'existence même de notre contrat social. Deuxièmement : expulser de notre territoire national les casseurs de nationalités étrangères."

          Les amateurs d'audace apprécieront la distinction opérée par M. Meunier entre d'un côté "les prédateurs" et de l'autre "la population française". C'est sans doute mutatis mutandis la même audace qui avait poussé Raymond Barre, les cendres de la rue Copernic encore tièdes, à grabeler les Juifs des Français innocents. Et M. Meunier de rebondir sur son postulat pour requérir, en bon populiste, que ces "prédateurs" réputés étrangers regagnassent leur pays.

          Sans doute été frappé nuitamment par une apparition mariale d'Eric Ciotti lui annonçant l'apocalypse et le sac de Lugdunum Caput Galliarum par les hordes vandales , Philippe Meunier n'a pas manqué de gratifier la représentation nationale, mercredi 27 octobre, d'une autre glissade, façon invasions barbares avec une mouillette d'immixtion parlementaire dans le judiciaire :

          "La ville de Lyon a subi une semaine de violences perpétrées par des casseurs, véritables prédateurs, qui ont volé, pillé et agressé la population. Dès les premiers jours des décisions de justice ont été rendues : quelques sursis mais surtout des relaxes. Ces décisions sont d'autant plus surprenantes que la justice a emprisonné plusieurs semaines un retraité ayant tiré sur des cambrioleurs surpris à son domicile. Il a fallu l'exaspération des Lyonnais et l'appel du parquet pour qu'enfin les premières décisions de prison ferme soient prononcées par les tribunaux lyonnais."

          D'aucuns s'inquiéteront de voir un député de la République blâmer des décisions de justice rendues par des magistrats indépendants. Mais au point où nous en sommes, le pouvoir judiciaire n'en est plus à s'offusquer qu'on lui fasse subir les derniers outrages.

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          01/11/2010

          Férié

          bougie-allummee-noir-20070630.jpgQue l’on ne s’y trompe pas, comme son nom l’indique, la fête d’aujourd’hui est destinée à honorer les saints, tous les saints. Si cette Toussaint est fêtée le 1er novembre c’est au Pape Grégoire III que nous le devons et si, en ce lundi, depuis les cieux, l’ami Grégoire nous faisait le plaisir de nous lire, nous ne pourrions que le saluer tout en le remerciant de nous avoir apporté un jour férié supplémentaire. Contrairement aux croyances les plus enracinées, c’est donc demain 2 novembre que se situe la commémoration des défunts c'est-à-dire de tous les autres autrement dit ceux qui ne sont pas des saints. Cette fête des trépassés située le lendemain de la Toussaint n’est donc pas un jour férié ce qui nous oblige à fêter les communs des mortels le jour où il conviendrait d’honorer uniquement nos saints. Cette sorte de mélange des torchons et des serviettes n’est pas convenable et il serait grand temps, tout en maintenant le 1er novembre jour férié pour honorer les saints, tous les saints, d’instituer le 2 novembre comme un jour férié destiné à avoir une pensée pour les autres trépassés. Sachant par ailleurs que le 3 novembre est jour de Saint Hubert, patron des chasseurs, et que je propose que cette journée devienne la Saint Hortefeux, le plus exemplaire de nos chasseurs, nous pourrions alors tous jouir d’un week end prolongé qui commencerait le 29 octobre au soir pour s’achever le 4 novembre au matin. Je crois que je vais en dire deux mots à De Maistre pour qu’il en parle à Woerth.

           

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          Après tant de promenades et déambulations, la vache Lucile chère à Jean-Charles Daclin (jcd@silenceprod.com), va se reposer quelque peu du côté de l’Indo Café, 14 rue de la Thibaudière dans le 7ème arrondissement. En effet, couchée sur une bâche de 3x4m, Lucile se balade un peu partout dans la ville mais aussi jusqu’en Asie. A partir du 3 novembre elle s’expose.

          > « Les promenades de Lucile », vernissage le 3 novembre avec DJ Astronome (Electro Saoul et pâturages). Jusqu’au 1er décembre à l’Indo Café.

          > Devenez fan de Lucile sur Facebook

              Lyon, le 1er novembre 2010.

              31/10/2010

              Cent-onze

              les-111-des-arts.1206329990.jpgC’est le 10 novembre, sous le grand Dôme de l’Hôtel Dieu, que l’édition lyonnaise de l’exposition 2010 des « 111 des Arts » va s’ouvrir. Rappelons que cette manifestation est destinée à apporter le soutien financier nécessaire aux enfants hospitalisés, en particulier à ceux touchés par le cancer. Depuis sa création en 2003, l’association « les 111 des Arts Lyon » a pu, pour améliorer le sort des enfants hospitalisés, reverser 288 000 euros à l’Institut d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique de Lyon (IHOP).

              Une nouvelle fois, le grand Dôme de l’Hôtel Dieu va donc accueillir le célèbre « mur des 111 » puisque pour l’association tout s’organise autour du chiffre « 11 », chacun des 111 artistes présentant au moins 11 œuvres qui seront vendues au prix de 111 euros.

              Cette manifestation de soutien à l’IHOP désormais solidement ancrée s’achèvera le dimanche 21 novembre pour renaître à Paris le 26 novembre (Mairie du 8ème) et à Toulouse le 25 novembre (Chapelle de l’Hôtel Dieu).

              Association « les 111 des Arts Lyon », www.les111desarts.org

              Pour adhérer écrire au 4, boulevard des belges, téléphone 06 03 03 41 54

              • > Exposition-vente, grand Dôme de l’Hôtel Dieu – 61, quai Jules Courmont, 69002 Lyon (Metro Bellecour) du 11 au 21 novembre 2010.

              Lyon, le 31 octobre 2010.

              06:01 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lyon, 111 des arts, hotel dieu, ihop, cancer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

              30/10/2010

              Roms, Tsiganes, voyageurs

              9782911939754TN.gif&wmax=70&hmax=108Aux plus forts des coups portés par Hortefeux, je m’étais promis, mais je ne tiens pas toujours mes promesses, de vous conseiller la lecture d’un petit opuscule écrit par Claire Auzias intitulé « Roms, Tsiganes, voyageurs : l’éternité et après ? », édité par Indigène une maison qui vient également de donner la parole au formidable Stéphane Hessel mais revenons à Claire Auzias. Le nom de l’auteur doit parler aux lyonnais puisque Claire est la fille du regretté Jean-Marie Auzias qu’il m’arrivait de côtoyer au sein des éditons Federop. Si Claire Auzias travaille depuis de nombreuses années sur les Tsiganes et les Roms avec cette petite brochure vendue trois petits euros cette spécialiste met à la portée de tous en une trentaine de pages un dossier qui en général est dominé par les faux-semblants, le contre-sens permanent et souvent l’ignorance. Cela étant l’historienne ne se limite pas à pointer uniquement les repères majeurs de l’histoire douloureuse des Roms, Tsiganes et voyageurs. Elle aborde aussi sans fioriture la réalité d’un combat d’aujourd’hui, celui non seulement de la reconnaissance, de la revendication mais aussi de l’auto-détermination.

              « Qui sont les Roms », « Que sont les Roms » s’interroge à la fin de son texte Claire Auzias. Qu’elle est cette ethnie aterritoriale particulièrement diversifiée ? Quel est ce peuple sans Etat ? Comment peut émerger cette nécessaire hospitalité que nous devrons bien un jour lui prodiguer ? Tel un regard rapide et circulaire ce texte donne envie d’en savoir plus sur une question piétinée courant août par le président et ses factotums.

              • Claire Auzias, « Roms, Tsiganes, voyageurs : l’éternité et après ? », éditions Indigène, 3 euros (www.indigene-editions.fr)

              Mais aussi

              • Claire Auzias, « Chœur de femmes tsiganes », Egrégores éditions (2009)
              • Claire Auzias, « Les funambules de l’histoire, les Tsiganes entre préhistoire et modernité », La Digitale (2002)

              Lyon, le 30 octobre 2010

               
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