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22/11/2010

Pause (toujours ?)

Color%20digital(1).jpgAprès quelques années de parfois bons mais toujours loyaux services, « De Lyon et d’ailleurs » va aller se faire voir ailleurs rejoignant ainsi l’immense cimetière des blogs. Ce blog n’a jamais été une passade conjoncturelle destinée à glaner quelques poignées de voix dans les caniveaux des campagnes électorales. Tout au contraire, avec ses milliers de billets publiés depuis le 20/11/2006, « De Lyon et d’ailleurs » m’a permis de donner mon grain de sel sur à peu près tout et n’importe quoi même si les arcanes de la vie politique locale n’ont jamais été mon obsession principale. En vérité, car tel était le cahier des charges que je m’étais fixé, les petites bassesses et les grands coups tordus qui enrichissent au quotidien notre vie politique tout en donnant naissance aux plus beaux ragots, n’ont jamais fait partie de la démarche de ce blog. Peut-être en sera-t-il autrement plus tard, Dieu seul le sait.

A deux ans des présidentielles, à quatre des municipales, le contexte qui va s’imposer à nous nécessite de changer et probablement d’imaginer un retour, pourrait-on dire, en fanfare, de la politique même au prix de l’abandon de mes dérisoires inclinaisons pour les sous-cultures, celles de ma génération. C’est donc avec ce type de perspective qu’un nouveau blog pourrait émerger d’ici quelques temps. Un blog probablement plus énergique que jamais, plus acide que parfois et peut-être même plus libre que jadis.

Que ce qui ont tant fait pour que « De Lyon et d’Ailleurs » existe se reconnaissent et soient remerciés chaleureusement. Que ceux qui, parfois en très grand nombre, se sont chaque jour tournés vers quelques-uns de mes morceaux de bravoure reçoivent mes plus cordiales salutations et enfin, que ceux qui ont toujours affiché un suffisant dédain à l’égard de cet exercice quotidien tout en se précipitant dès la première heure sur ce blog afin de renifler ce qui s’y disait soient également remerciés et pardonnés. Je vous embrasse tous et vous dis qu’il pourrait peut-être y avoir une vie après la pause, alors attendons la fin de la pause.

Lyon, le 22 novembre 2010.

21/11/2010

Ah ! Les filles

Ecoutez « Fidelity ! » l’inattendu album de la merveilleuse Chrissie Hynde qui nous revient affublée d’un compagnon que vous jugerez d’infortune, l’ancien leader des gallois de Grace, le dénommé J.P.Jones. En la circonstance, enlevez le mec, il vous reste Chrissie et un assez bon disque. Laissez le J.P. en question et vous obtiendrez un disque plus que dispensable et sans importance. Morale de l’histoire, dans bien des cas les filles gagneraient à se passer des gars. D’ailleurs ces temps-ci, les disques des filles semblent particulièrement bien troussés. Après un volume 1 du tonnerre de dieu, Suzanne Vega livre un excellent « close-up » (vol 2. People and places) annonciateur de deux autres à paraître dans les semaines qui viennent. Moins Folk et plus Soul, loin des âneries de Lady Gaga, Mavis Staples avec son « You are Not Alone » signe quant à elle, malgré ses soixante-dix ans bien sonnés, un assez formidable exercice de figures imposées se situant entre une Aretha Franklin en forme et l’énergie du regretté Salomon Burke. Au programme des reprises de Randy Newman, Allen Toussaint ou John Fogerty avec l’aide précieuse de Jeff Tweedy de Wilco.

Peu éprouvées par ma démonstration je vous imagine grognons et négatifs, pour tout dire chieurs à l’idée d’admettre que les filles sont formidables. Malgré ce faux-pas de la belle Chussie, avec la série gagnante en cours de Vega la New Yorkaise et le « peps » de Mavis Staples je ne dois, pour anesthésier définitivement votre soif de contestation vous lancer à la figure le nouveau Emily Jane White, ainsi qu’un « Bang bang » beau et agréable d’une anglaise née en Italie, Sara Schiralli, dont je dois vous avouer que je ne connais absolument rien.

Bref vous l’avez compris, les bons disques de femmes se ramassent cet automne à la pelle. Pourquoi s’en priver ce d’autant que l’on dit également grand bien de Warpaint, une sorte de phénomène du moment, mais aussi de Women, un groupe de canadiens composés…de mecs.

  • JP, Chrissie and the Fairground Boys, " Fidelity ", Ear music
  • Suzanne Vega, "Close up - vol 2, people and places” Cooking vinyl/Pias
  • Marvis Staples, “You are not Alone”, Anti/pias.
  • Emily Jane White, “Ode To sentience”, Talitres/Differ-Ant. Sachant que l’éditeur bordelais de la chanteuse réédite les deux premiers albums dans un petit coffret vendu entre 15 et 20 euros
  • Sara Schiralli, " Bang Bang ", Universal

 

Lyon, le 21 novembre 2010.

20/11/2010

Chute, Berry

Laurent Cachard.pngLes plus attentifs d’entre-vous doivent s’en souvenir, j’avais pensé le plus grand bien du premier roman (édité) de Laurent Cachard, il s’agissait de « Tébessa, 1956 ». Fidèle à son éditeur dijonnais « Raison et passions », l’auteur lyonnais propose aujourd’hui son second roman, « La partie de cache-cache », un texte tout aussi court mais guère dans la même veine de son devancier puisque ici nul contexte historique ou politique ne vient à la rescousse d’un récit qui nous plonge dans les terres berrichonnes de Jean, Grégoire et Emilie pour une partie de cache-cache au final pleine d’enseignement et loin de l’innocence.

Mourir ? Suspendu dans le vide ? Aux prises avec les esprits ? Crier ? Apprendre à respirer ; Ne compter sur personne, s’enfoncer dans l’obscurité, se terrer ? Cette partie de cache-cache manipulée par Laurent Cachard frise au glacial en nous faisant piquer du nez dans le marais. Pour tout vous dire quand Cachard le Croix-Roussien nous entraînait dans les marges d’une guerre qui ne voulait pas dire son nom, chacun pouvait y retrouver ses petits. Maintenant qu’il cultive, avec les petits, ses angoisses dans le Berry, Laurent Cachard a plus à voir avec le loup garou qu’avec les canuts et contrairement à ce qu’il écrit, l’auteur se met enfin à renouer avec les bassesses de sa vie d’enfant, de quoi faire dire à certains qu’il était temps. A lire sans délais, d’un seul bloc, le soir, quand on est seul.

  • Laurent Cachard, « La partie de cache-cache », Editions Raison et Passions, 11 euros.

Contact : Editions Raison et Passions, 33 rue Philippe Genreau Dijon et www.raisonetpassions.fr.

Lyon, le 20 novembre 2010

 

13/11/2010

Nostalgies

michel_drucker_0002_michel_drucker02.jpgVous vous posez peut-être la question de l’opportunité de cette fameuse Maison Sarkozyste de l’histoire de France que l’on veut imposer contre l’avis quasi général des historiens. Comme le dit ce pauvre Mitterrand, pour savoir si un projet est « novateur et ambitieux », il suffit de mesurer la controverse qu’il produit. Concernant la Maison en question, la critique est dans une forme tellement olympique, que, comme le dit Frédo, c’est à coup sûr un projet aussi génial que grandiose. Regonflé à quelques encablures du remaniement, le neveu va même plus loin puisque l’animateur de télé devenu ministre n’hésite pas à comparer le barouf fait par le projet Sarkozyste à ce que fut, en son temps, la controverse du Centre Pompidou ou mieux le Grand Louvre avec sa pyramide combattue férocement par toute la droite regroupée derrière le Figaro Magazine.

Cela étant l’histoire et la mémoire ne se sont jamais aussi mal portées dans notre pays depuis que Nicolas Sarkozy est président. De l’Afrique aux captations d’héritages historiques, le chef de l’Etat bouffe et rumine l’histoire, manipule avec déraison la mémoire, triture les pires choses du passé pour en faire les douceurs nostalgiques d’aujourd’hui.

Après le come back de Patrick Sabatier imposé par l’Elysée, le retour du prof de gym Pierre Sled bombardé à la direction de France 3 par le Président, la nostalgie mémorielle sera ce soir à son comble puisque Michel Drucker nous administre une nouvelle fois ses « Champs Elysées » qui attendaient dans le formol depuis quelques années. Ce soir on arrache notre goute à goute mémoriel, on débranche la télé.

Lyon, le 13 novembre 2010

Photo:DR

12/11/2010

Deux balles

Canal---Le-Bouquet.gifComme l’ensemble des abonnés à Canal Plus et Canal Satellite, je viens de recevoir une lettre circulaire d’un dénommé Chamouton, Directeur des services clients, qui indique au « Cher abonné » que je suis, qu’à cause de la loi de finances 2011, la remise tarifaire de deux balles que l’on me faisait sur l’abonnement était désormais de l’histoire ancienne.

Ce Chamouton, qui n’était peut-être qu’un collégien au moment de la naissance de Canal, m’explique que son groupe est un acteur majeur du cinéma qui reverse chaque année une part importante de son chiffre d’affaires afin de financer des œuvres audiovisuelles. Arrêtez votre char Chamouton et cessez de prendre les abonnés pour des buses.

Si Canal Plus reverse de l’argent au cinéma c’est que la loi lui en fait obligation depuis la préhistoire de la chaîne payante. Nous dire dans une lettre à « deux balles » que tout cela est presque un acte d’amour de Canal à l’égard du cinéma n’est que pure manipulation. Chamouton vous qui venez d’adapter vos tarifs à cause de la loi de finances 2011, il convient d’expliquer à vos « chers abonnés » que si vous ne voulez plus soutenir le cinéma, il suffit de mettre la clé sous la porte et de céder ainsi à d’autres l’immense privilège que le pays tout entier vous accorde.

A un moment où certains pleurnichent à la première saillie démagogique de Mélenchon ou Montebourg, il n’est tout de même pas inutile de rappeler que les concessions accordées généreusement à TF1, Canal, Métropole Télévision ou Direct ne devraient pas bénéficier d’une automaticité de renouvellement. N’oubliez pas cher monsieur Chamouton que bien qu’excellente, la bonne soupe que vous dégustez pourrait être servie à d’autres. En attendant, et pour revenir à nos deux euros, sachez que votre initiative, monsieur Chamouton, a le mérite d’entretenir mon animosité à l’égard de Sarkozy mais, à bien y réfléchir, sachez aussi qu’il pourrait m’arriver de vouloir en finir avec votre télé à deux balles en me désabonnant.

Lyon, le 12 novembre 2010

Photo:DR

11/11/2010

Banlieues d’Europe

20ans-banlieues.jpgSi d’aventure certains d’entre-vous souhaitiez y participer, je veux évoquer dès aujourd’hui les 20 ans de « banlieues d’Europe » qui seront célébrés les 25, 26 et 27 novembre dans l’agglomération lyonnaise. Au cours de ces trois jours, l’association souhaite faire découvrir à tous des projets culturels et artistiques participatifs nés en Irlande du Nord, Angleterre, Allemagne, Italie, Autriche ou Slovénie.

Ces trois jours seront par ailleurs rythmés par trois temps forts : une rencontre professionnelle, un forum européen ainsi qu’une programmation artistique très diversifiée.

Il est bien entendu difficile de décrire par le menu les nombreux ateliers et les séances plénières qui attendent les participants à ces rencontres européennes. Je vais donc concentrer le tir sur quelques aspects d’une programmation culturelle à priori très rafraichissante donc voici le détail.

Vendredi 26 novembre

> Avant-première du film « 9.3 la belle rebelle » de Jean-Pierre Thorn

    Cinéma Comoedia, 13 avenue Berthelot, Lyon 7ème (réservations au 08 92 68 69 22)

    > Théâtre du Grabuge, « Ulysse et moi » de Sylvain Bolle-Redat

      Salle Genton, 21 rue Genton, Lyon 8ème (réservation au 04 72 04 81 18)

      > Compagnie Kadia-Faraux, « Tartuffe(s) »

        Centre culturel Charlie Chaplin, Place de la Nation, Vaulx en Velin (réservations au 04 72 04 81 18)

        Samedi 27 novembre

        > « Fanfaraï et autres surprises artistiques… » Au Marché-gare, salle de musiques actuelles, Lyon 2ème.

          Pour participer à l’ensemble de la manifestation, joindre « Banlieues d’Europe » au 271 rue Vendôme, Lyon 3ème - Tél 04 78 60 97 80 et banlieues.deurope@wanadoo.fr

          Lyon, le 11 novembre 2010

          Photo:DR

          08/11/2010

          Trombinoscope

          mw08201.jpgSauf si Easy Jet en décidait autrement, c’est aujourd’hui que nous revenons entre Rhône et Saône au terme d’une escapade londonienne plutôt heureuse si l’on accepte d’oublier aussitôt quelques détails matériels comme, par exemple, l’hôtellerie ou les transports. Quand on évoque le potentiel museal de Londres on ne peut que penser à la Tate (Modern) mais malheureusement cette fascinante ancienne usine électrique semble dévorer les esprits au point que souvent certains touristes résument l’offre londonienne à ce monstre qui trône au bord de la tamise. C’est pourquoi je veux vous dire aujourd’hui deux mots sur une petite sœur plus pauvre, spécialisée dans le portrait, que je m’oblige à visiter lors de chaque séjour et qui recèle quelques petits trésors moins respectables sur le plan artistique mais d’autant plus attachants.

          Il s’agit, vous l’avez compris, de la National Portrait Gallery, un musée aussi unique qu’impressionnant qui, logé à Trafalgar derrière la National Gallery, s’impose comme le plus grand trombinoscope jamais imaginé. De Churchill à Shakespeare, du Roi Charles I à Jane Austen, de (Sir) Paul McCartney à Richard Branson les portraits accumulés vont de la croûte de seconde zone au chef d’œuvre incontesté. Ce musée qui affiche dignement ses plus de 150 ans est donc un cas, par ailleurs gratuit d’accès, qui assume fièrement un principe jamais remis en cause. Ici la valeur artistique ou esthétique de l’œuvre importe peu. Ce qui compte c’est le portrait du personnage peint, photographié, sculpté ou caricaturé. Si les stars de l’histoire britannique vous lassent un peu, si les Tudor ne vous inspirent pas, allez tout de même à la National Portrait Gallery ne serait-ce que pour y débusquer David Bowie, Blur, Dickens ou John Peel. Bonne visite si vous croisez un jour par Trafalgar square.

          Londres, le 8 novembre 2010

          Photo:DR

          07/11/2010

          Ainsi soit-il

          olympia_600.jpg?w=500&h=500Ici à Londres comme là-bas en France, l’occasion de la sortie de « Olympia » la dernière production de Bryan Ferry est le prétexte incompréhensible pour un hommage un peu boursouflé à l’ancien de Roxy Music. En faisant sa danse du ventre devant un artiste bien en peine depuis des lustres, on se demande ce qui a bien pu piquer une presse devenue subitement a-critique. Soyons clairs, « Olympia », avec sa Kate Moss en jaquette, n’est pas un de ces rogatons casé en contre-bande par quelques rockeurs gériatriques. « Olympia » est un disque correct, une sorte de best of de Ferry qui ne voudrait pas dire son nom mais en aucun cas le disque génial du renouveau que la critique tente de nous imposer. Bien modeste sur le plan musical, cet « Olympia » bénéficie des yeux de Chimène et à coups d’interviews aussi exclusives les unes que les autres, on fait comme si la belle prestance de Ferry devait s’imposer aristocratiquement à tous. « Gentleman », « latin Lover », « sensuel », « glamour », on nous distille, comme au bon vieux temps d’ « Avalon », les poncifs à propos d’un crooner devenu un simple chromo. Pour ce qui concerne l’idéologie du beau gosse, il est manifeste que cela ne fait pas partie des questions qui s’abordent. Les errances du fiston, la fascination répétée de Ferry à l’égard du nazisme ne sont en aucune façon un sujet à traiter. On a décidé que Ferry était plus jeune que jamais, lisse comme la peau d’un bébé, en regain de forme musicale et entouré de jeunes talents comme Jonny Greenwood (Radiohead) ou Mani (Primal Scream). Ainsi soit-il !

          Londres, le 7 novembre 2010

          Photo:DR

          05/11/2010

          Pauvre Albion

          david-cameron.gifEn ce jour où Lyon accueille les superbes Tindersticks du côté de l’Epicerie Moderne, j’entame une petite virée à Londres me privant ainsi de la possibilité de baigner dans la dépressive mais ô combien géniale musique de la formation anglaise. A propos de la perfide Albion, alors que le mouvement d’opposition à la réforme des retraites s’amplifiait dans notre pays, les autorités locales mettaient en garde leurs compatriotes s’apprêtant à venir nous visiter. C’est donc, je dois le dire, avec un certain étonnement mêlé de tristesse que je vais à nouveau visiter un pays à qui on vient d’annoncer, sans broncher, la liquidation de 490 000 fonctionnaires, un pays dont le souvenir de retraites heureuses se dissipe dans les mémoires, des voisins qui depuis les coups de boutoirs de Thatcher et Major ne savent plus trop ce que faire valoir son droit de grève peut bien signifier.

          Non content de prodiguer une véritable leçon d’éducation anglaise aux britanniques, comme c’est désormais la tendance dans tout ce que le monde ultra-libéral compte de leaders, David Cameron, entame un pas de deux avec un patronat qui souhaitait parait-il être rassuré. Baisses de Taxes, suppression de verrous administratifs et autres friandises libérales viennent donc d’être promises à la CBI, le Medef briton. Toujours à cheval sur la question de l’immigration le jeune Cameron a juré sa détermination tout en promettant aux patrons que sa vigilance n’empêcherait pas les entreprises de faire venir la main d’œuvre leur étant le plus utile.

          Le 6 octobre dernier, devant son parti réuni en congrès à Birmingham, Cameron a hurlé, « Maintenant les radicaux, c’est nous ! ». Ce credo qui annonçait le plan d’austérité destiné à réduire de plus 80 milliards de livres les dépenses publiques est le prélude à une attaque en règle contre l’Etat providence avec pour objectif clairement revendiqué de saper les fondements d’acquis sociaux promis à la liquidation. Pauvre Albion.

          Lyon, le 5 novembre 2010

          Photo:DR

          30/10/2010

          Roms, Tsiganes, voyageurs

          9782911939754TN.gif&wmax=70&hmax=108Aux plus forts des coups portés par Hortefeux, je m’étais promis, mais je ne tiens pas toujours mes promesses, de vous conseiller la lecture d’un petit opuscule écrit par Claire Auzias intitulé « Roms, Tsiganes, voyageurs : l’éternité et après ? », édité par Indigène une maison qui vient également de donner la parole au formidable Stéphane Hessel mais revenons à Claire Auzias. Le nom de l’auteur doit parler aux lyonnais puisque Claire est la fille du regretté Jean-Marie Auzias qu’il m’arrivait de côtoyer au sein des éditons Federop. Si Claire Auzias travaille depuis de nombreuses années sur les Tsiganes et les Roms avec cette petite brochure vendue trois petits euros cette spécialiste met à la portée de tous en une trentaine de pages un dossier qui en général est dominé par les faux-semblants, le contre-sens permanent et souvent l’ignorance. Cela étant l’historienne ne se limite pas à pointer uniquement les repères majeurs de l’histoire douloureuse des Roms, Tsiganes et voyageurs. Elle aborde aussi sans fioriture la réalité d’un combat d’aujourd’hui, celui non seulement de la reconnaissance, de la revendication mais aussi de l’auto-détermination.

          « Qui sont les Roms », « Que sont les Roms » s’interroge à la fin de son texte Claire Auzias. Qu’elle est cette ethnie aterritoriale particulièrement diversifiée ? Quel est ce peuple sans Etat ? Comment peut émerger cette nécessaire hospitalité que nous devrons bien un jour lui prodiguer ? Tel un regard rapide et circulaire ce texte donne envie d’en savoir plus sur une question piétinée courant août par le président et ses factotums.

          • Claire Auzias, « Roms, Tsiganes, voyageurs : l’éternité et après ? », éditions Indigène, 3 euros (www.indigene-editions.fr)

          Mais aussi

          • Claire Auzias, « Chœur de femmes tsiganes », Egrégores éditions (2009)
          • Claire Auzias, « Les funambules de l’histoire, les Tsiganes entre préhistoire et modernité », La Digitale (2002)

          Lyon, le 30 octobre 2010

          28/10/2010

          A star is born

          philippe-muray-1.jpg

          C’est Lucchini qui est sur le point de faire du défunt Philippe Muray une sorte de rock-star de ce début de siècle et c’est bien entendu à chacun de nous d’imaginer comment, de là-haut, l’essayiste peut bien prendre la chose. Coup de chance, alors que l’acteur fétiche des abonnés de Télérama triomphe au théâtre de l’Atelier avec Muray, les éditions des Belles Lettres livrent en un seul volume, sous le nom de « Essais », l’ »Empire du Bien », « Après l’Histoire » ainsi que « Exorcismes Spirituels ».

          Le paveton gris en question, lourd comme du granit, est une véritable arme par destination qui permettra au public le plus large de connaître, mieux que Lucchini ne pourra jamais le faire, une œuvre polémique jamais prise en défaut de faiblesse sur quelques 1800 pages. Si l’objet que vous allez vous offrir sans délais coûte ses 33 euros, avec « Essais » dîtes-vous bien que l’intelligence et l’ironie critique rodent au détour de chaque page. Je certifie la chose et légitime donc un achat d’autant plus indispensable qu’il vous permettra de picorer presque chaque jour, pendant des mois et des mois, dans ce labyrinthe parfois un peu dingo.

          Il y a presque une quinzaine d’années, j’avais découvert ce Muray qui ne ressemblait à rien de connu dans l’intelligence nationale et j’ai le souvenir d’en avoir souvent parlé, entre deux candidats à l’oral du CAPES, avec un ami universitaire dijonnais savoureusement réac de gauche qui, découvrant lui aussi Philippe Muray, s’emportait au-delà du raisonnable pour un auteur désormais au zénith.

          Même si comme moi, vos inclinaisons politiques et idéologiques ne vous conduisent pas nécessairement vers lui, lisez Muray. Même si vos choix politiques peuvent se retrouver estourbis par ce brillant polémiste qu’il convient de ne pas laisser au Figaro et à la droite, lisez « Essais ». Lisez un auteur drôle, cassant, à l’esprit extravagant et décapant. Un enragé, un pourfendeur souvent injuste, un as comme on disait dans le temps. Embarquez-vous sans retenue dans cette descente aux enfers de Muray, un type à qui vous ne donnerez que rarement le bon dieu sans confession mais un auteur formidable qui nous rend plus intelligent et pétillant tout en demeurant injuste, iconoclaste, provocateur à souhait et à l’occasion réac.

          • Philippe Muray, « Essais », Les Belles Lettres, 33 euros.

          Lyon, le 28 octobre 2010

          Photo:DR

          24/10/2010

          Jim et moi

          JimHarrison-ReturningtoEart.jpg?size=81482Les heures passées dans les trains forgent et entretiennent les bons lecteurs, c’est d’ailleurs à ce titre que ce moyen de locomotion mérite le respect et les encouragements en particulier face à l’avion. La rentrée littéraire de septembre nous a proposé, au milieu d’un fatras, un nouveau Jim Harrison, un recueil de nouvelles intitulé « Les jeux de la nuit » et traduit par l’indispensable Brice Matthieusent. Ce bon vieux Harrison m’avait choqué en quittant Christian Bourgois pour Flammarion histoire probablement d’encaisser. Harrison, et il le sait parfaitement bien, ne serait rien ou pas grand chose sans Christian Bourgois, le talent d’écrivain n’étant pas la seule composante du succès pour s’imposer dans un pays comme le notre. Du coup, attitude parfaitement imbécile, je n’avais pas acheté l’objet du délit à savoir le précédent bouquin, le premier paru chez Flammarion, menant une sorte de petit boycott personnel. La risible période de froid entre Harrison et moi-même étant terminée, j’ai donc entamé la lecture de ce recueil de trois nouvelles dont la lecture devait s'achever initialement dans le train entre Lyon et Bruxelles. Je crois que c’est dans le supplément littéraire du Figaro que l’on avait écrit que Harrison n’était jamais aussi bon que sur ce format de romans que l’on pourrait qualifier de courts. La chose est juste. Le 1 500 mètres est la distance de prédilection du gros Jim qui n’est plus assez explosif sur le sprint et franchement balourd sur 10 000 mètres. Avec la belle Sarah et le vieux Tim, Jim Harrison nous piège à nouveau à la perfection pour nous entraîner dans des parages qui, pour tout vous dire, sont à priori très loin de me faire vibrer. Avec le gone Samuel personnage de la dernière nouvelle, Harrison, me semble-t-il, fait encore plus fort en nous enfermant dans un récit aux limites du para-normal. Sensible aux vins et à nos vignobles Jim Harrison sera heureux quand il apprendra que je suis réconcilié avec lui et que je vous encourage à lire ce « Jeux de la nuit » qui s’avère un très bon millésime.

          > Jim Harrison, « Les jeux de la nuit », traduction Brice Matthieusent, Flammarion, 21 euros

          > Brice Matthieusent dont les fans de Harrison doivent posséder « Jim Harrison de A à X », collection titres chez Christian Bourgois.

          Lyon, le 24 octobre 2010.

          Photo: DR

          23/10/2010

          Vive la Belgique

          belgique.gifTout à l’heure, je devais prendre la direction Gare de la Part-Dieu pour un petit week end à Bruxelles capitale controversée d’un pays dont le noir, le jaune et le rouge du drapeau sont l’emblème du chocolat, de la frite et de la mort subite. Cette mauvaise blague empruntée à la « désencyclopédie » ne doit pas nous laisser croire que la Belgique est un pays qui ne ressemblerait à rien ou à pas grand-chose, une sorte d’entité territoriale bonne à être la première puissance exportatrice de blagues, un ensemble hétéroclite au système politique miné et presque incompréhensible et accueillant à ce titre les institutions européennes. Pour partie, on retrouve si mes souvenirs sont bons, ce désordre jusque dans l’architecture coupable des années soixante et soixante-dix, dans l’organisation urbaine d’une ville qui, sur certaines séquences, ne ressemble à rien tout en offrant parfois un charme presque sans équivalent. Celà étant les pertubations actuelles viennent d'achever mes rêves de week end mais revenons à la Belgique.

          Pour la plupart des français, la Belgique est un pays abstrait qui ne se visite même pas, une sorte de noman’s land sans frontières assisses qui serait, peu ou prou, l’annexe de leur pays et dont la population vivrait assez souvent dans les campings du sud. Avec Johnny Hallyday, Jean-Claude Van Damme, Eddy Mercks et Geluck, le Roi est probablement pour nombre de nos compatriotes le seul belge digne d’intérêt même si, depuis quelques années, Amélie Nothomb vient féminiser, au titre nous dit-on de la littérature, une liste qui comprenait aussi jusqu’ici comme auteurs Adamo et Hergé.

          Berceau des frères Dardenne, des Delvaux, André et Paul, de Magritte mais aussi de Benoit Poelvoorde, la Belgique est probablement plus indispensable à notre culture que les apparences ne pourraient le laisser croire. Si Michaux et Simenon, Yourcenar ou Maeterlinck sont définitivement et abusivement annexés par la France, considérons qu’avec les Brel, Django Reinhardt, André Franquin, Albert Frère comme Noël Godin, notre pays n’aurait par la même gueule. Comme hier avec les Rik Van Looy ou Van Steenbergen les belges avaient la main mise sur le sprint mondial, c’est aujourd’hui avec les magnifiques Klim Clijsters et Justine Hénin que la Belgique domine le tennis international chose au demeurant parfaitement inaténiable pour la France. Bref, avec Arno, Alechinsky, Pierre Mertens et bien d’autres, la Belgique demeure une petite merveille qu’il convient de vénérer, de pratiquer et de visiter régulièrement. Me concernant cela sera pour une prochaine fois ce qui ne m'empêche en aucune façon de vous dire, Vive la Belgique !

          Lyon, le 23 octobre 2010.

          21/10/2010

          Trésor public

          murat7620bxe6.jpgDe la salle Molière au Ninkasi-Kao en passant par le Transbordeur, je crois avoir vu et apprécié Jean-Louis Murat dans la plupart des salles lyonnaises. Situation étonnante. En 2010, plusieurs mois après la sortie de son album, c’est à Saint-Genis-Laval que l’auvergnat renfrogné se produit, dans cette périphérie-sud de l’agglomération en général négligée.

          Cela étant, vous pouvez me croire, il convient d’avoir beaucoup de détermination et d’envie pour faire ce soir le voyage de Saint-Genis-Laval afin d’accéder à notre Neil Young national. L’histoire commence fin août. La rumeur annonce en effet un concert de Murat à Saint-Genis-Laval, Chaponost, Francheville… dieu seul le sait. Au final, en septembre, la confirmation du show à Saint-Genis arrive mais aucune Fnac, Virgin ou point habituel de location ne semble au parfum. En fait le candidat-spectateur doit contacter les autorités locales, envoyer un chèque de 22 euros à l’ordre du Trésor Public pour, au final, disposer d’un billet ouvrant largement les portes du centre culturel local pour applaudir cet autre Trésor Public qu’est Jean-Louis Murat. Un Murat désormais cela se mérite. Quant à la procédure utilisée par les gones de Saint-Genis, je propose humblement qu’elle puisse être la même que dans le reste du monde, à moins que cela soit trop exiger de cette nouvelle cité du rock and roll que d’acquérir des billets de concerts dans des endroits faits pour cela.

          Lyon, le 21 octobre 2010.

          Photo: DR

          17/10/2010

          Spontaneous

          spontaneous-2010.jpgComme chaque année, en bon pèlerin, je vous invite à répondre à l’appel de l’association « Et Compagnie » qui organise « Spontaneous » un des rares festivals du pays consacré à l’improvisation. Pourtant ne croyez pas une seule seconde que le collectif de comédiens, musiciens et danseurs organisateur de « Spontaneous » est une association de fainéants qui ne travaille qu’une fois l’an. C’est même plutôt le contraire car ceux de « Et Compagnie » improvisent du 1er janvier au 31 décembre en organisant les fameux « Catch-Impro », rendez-vous programmés à l’Espace Gerson, mais revenons au festival qui va se tenir du 23 au 30 octobre pour la sixième fois de rang. C’est, rien de plus normal, à l’Espace Gerson que s’effectuent une partie des hostilités mais « Spontaneous » est aussi basé à la Salle Rameau et au Rail Théâtre, avec de la danse, de la musique, du cinéma et des arts plastiques en perspective.

          En effet il suffit en ce moment de se promener à Lyon pour admirer les affiches uniques et improvisées qui occupent nos trottoirs pour prendre conscience que cet art de l’improvisation ne saurait concerner que la musique et le théâtre. Tout au long du festival, « Spontaneous » va donc s’attaquer aux thèmes et formes les plus diverses. Revue de détail …

          • Samedi 23 octobre, soirée « secrète » (Rdv. 19h00 à Saint Paul)
          • Mardi 26 octobre, soirée « Catch impro » (Espace Gerson)
          • Mercredi 27 octobre, soirée « d’époque»
          • Vendredi 28 octobre, soirée « Sulfureuse » autour de l’amour et de la séduction
          • Samedi 30 octobre, Nuit de clôture avec entre autre un concert festif

          L’espace est ici beaucoup trop contraint pour passer en revue l’ensemble des secrets de « Spontaneous 2010 » mais je ne résiste pas au plaisir de vous annoncer que le célèbre professeur Rollin improvisera lui aussi sans filet entouré de Arnaud Tsamère et Virginie Gritten. Quant à Howard Buten il sera pour l’occasion de retour à Lyon. Elle est pas belle la vie avec « Spontaneous » ?

          Contact et renseignements sur le site.

          Lyon, le 17 octobre 2010.

           
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