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14/09/2009

Voyage, Voyage (air connu)

coup-pour-coup.jpgAvez-vous entendu ces temps-ci André Glucksman, l’homme qui murmurait jadis aux oreilles du Président que son destin était de combattre pour les droits de l’homme, avec les Tchétchènes, contre la « Françafrique ». Envolé le Dédé. Comme quoi quand on fait le long voyage de Mao à Sarko, une fois arrivé à destination, on est débarqué.

Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

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[EDIT JYS]:

Je viens d'apprendre avec tristesse le décès d'Yvonne L'Huillier, ancienne élue apparentée socialiste, adjointe du 9e arrondissement de Lyon. Pendant plusieurs mandats elle s'était occupée de nombreux dossiers en particulier consacrés aux affaires sociales, aux personnes âgées ou à la petite enfance.

Je présente donc à tous ses proches, à sa famille et ses enfants mes plus sincères condoléances.

Lyon, le 14 septembre 2009.

Illustration: DR

10/09/2009

Chasseurs français

burqa1.jpg?w=171&h=222Alors qu’en août nous nous prélassions, le ministère de l’intérieur travaillait, pas seulement au charcutage de la carte électorale, il œuvrait pour comptabiliser les burqas.

Rappelez-vous, en juillet, dans une note de la direction de la police, on dénombrait dans le pays 367 femmes portant la burqa. Aujourd’hui, dans une note tout aussi confidentielle de la direction de l’information générale du même ministère, on découvre que le chiffre de 2000 est désormais le bon.

Le nouveau total semble satisfaire André Gerin, le député communiste de Vénissieux, initiateur de la croisade et membre de la mission parlementaire présidée par l’UMP Raoult. Gerin en rajoute même en indiquant que le chiffre de 367 jadis avancé était totalement « absurde » dans la mesure, je cite « on en compte plus dans la seule agglomération lyonnaise ».

De tels chiffres qui semblent pleinement satisfaire André Gerin devraient également donner « du peps » aux autres chasseurs de burqas pour l’essentiel membres de l’UMP. En vérité, la chose n’est pas si évidente puisque les coups de mentons ne suffisent plus et, de Copé à Raoult, on commence à se gratter la tête. Copé, qui par exemple pousse à une loi anti-burqa s’interroge sur la possibilité d’établir une période de transition pour que, nous dit le patron des députés UMP, « l’interdit ne tombe pas comme une sanction » (sic !)

Raoult, quant à lui, au nom du sens pratique, commence à percevoir les limites de l’agitation. « Nous n’allons pas créer » nous dit le chef des chasseurs, « une police de la burqa ». Seule Fadela Amara, qui décidemment bien en peine dans le dossier des banlieues trouve là l’occasion d’exister, envisage, sans rire, d’interdire la burqa dans les services publics, les mairies, les transports et, écoutez bien, les écoles…

La plupart des associations et des religieux musulmans, même s’ils sont opposés au port de la burqa, devraient d’ici quelques temps trouver la plaisanterie de nos chasseurs agités un peu longue. Il serait donc temps que Raoult et Gerin prennent conscience que leur ramdam a assez duré quitte à inviter le député de Vénissieux à continuer de compter les burqas dans la région lyonnaise avec le risque, parce que sa croisade intempestive peut donner des idées à certaines, de dénombrer d’ici quelques temps un bon millier d’adeptes trop contentes de lui faire la nique.

Lyon, le 10 septembre 2009.

Photo: DR.

01/07/2009

Mémoires d’outre-mer

JégoDomota.jpgSi l’on en croit les conseillers de l’ex-ministre si fidèle, ça balance sec au lendemain du remaniement ministériel qui a vu, entre autres, le renvoi d’Yves Jégo. Parmi les proches d’icelui, il en est un qui se serait même lâché fort peu courtoisement en déclarant « Ils ont préféré les réseaux de la vieille Lucette [la vieille en question est la Sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry, mère de Marie-Luce Penchard, la remplaçante de Jégo]… ». Tout en rajoutant « C’est un peu comme la Françafrique… ». Il y a de la bile dans les postillons.

Yves Jégo serait, dit-on, furieux d’avoir été éjecté et menacerait d’user de sa « liberté retrouvée ». Bigre ! On en tremble dans les chaumières et, certainement, à L’Élysée. Il l’avait oubliée sa chère liberté, et d’une façon fort courtisane, lors de son retour en métropole, rappelé par François Fillon au beau milieu des négociations qu’il menait alors dans les départements d’Outre-mer. Il paraît aussi que les patrons békés martiniquais lui en veulent d’avoir trop cédé aux grévistes. Par décision du monarque, une Ultramarine accède au poste de ministre en charge de son territoire. À quelles sirènes cédera-t-elle ? De ses engagements, on ne connaît guère qu’une obscure fonction de conseillère technique du Prince, une très grande discrétion sur les évènements de début d’année aux Antilles et une candidature malheureuse aux dernières élections européennes.

Si l’on peut reconnaître à Yves Jégo des qualités d’écoute, on ne va pas pleurer pour autant sur son sort. Son dépit prêterait même à sourire si la situation dans les départements d’outre-mer n’appelait pas à la gravité. Nicolas Sarkozy vient d’y distiller quelques promesses qui resteront pour l’essentiel sans suite et quelques discours, drapé dans des habits dont on a l’impression qu’ils ne sont pas les siens. Cela ne changera probablement rien à la situation de nos concitoyens antillais et les états généraux de l’Outre-mer qui se déroulent en ce moment semblent être un grand masque posé sur ces départements et leurs habitants. À entendre nombre de témoignages sur place, le climat y est plutôt tendu.

En Guadeloupe, c’est plus que de la méfiance entre le LKP et les autres composantes en dialogue. À la Réunion, la question de la sur-rémunération des fonctionnaires est toujours aussi prégnante. L’évolution économique est de plus en plus préoccupante en Martinique et en Guyane.

Malgré les mesures décidées par le gouvernement – baisse du prix du carburant, des transports, de l’eau, du téléphone, augmentation de 200€ des bas salaires - on est toujours en rupture de stock sur les produits de première nécessité alors que le prix des autres produits, hors carburants, flambe et que, dans nombre d’entreprises, les 200€ des accords « Bino » (du nom du syndicaliste abattu) ne sont toujours pas appliqués. Ils le sont d’autant moins que la participation de l’État de 150€ pendant trois ans n’est toujours pas versée et que le décret promulgué par le ministère du travail n’oblige pas les entreprises à reprendre à leur charge l’intégralité des 200€, une fois la période de trois ans achevée. N’oublions pas que, dans tous ces départements, les taux de chômage continuent à être deux fois plus élevés qu’en métropole.

Mémoire d’Outre-mer… « Tous mes jours sont des adieux », comme l’écrivait Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe.

Jean-Paul Schmitt

17/06/2009

La mercerie du Père Michel

Mercier.jpgMichel Mercier pourrait « donner une assise plus large encore à Nicolas Sarkozy » affirmait récemment Dominique Paillé, le porte-parole de l’UMP en vadrouille à Lyon. D’ailleurs « il apporte régulièrement les voix qui manquent à l’UMP pour être majoritaire dans cette assemblée [le Sénat] », rajoutait-il.

Certes, Michel Mercier a les épaules larges et de quoi bien remplir toute assise ministérielle suffisamment confortable proposée par Nicolas Sarkozy dans un souci d’ouverture bien compris. Les rumeurs – ces bruits qui transpirent avant d’avoir couru – sont allées bon train ces derniers temps. Et pas un train de sénateur. On le voyait à la Réforme Territoriale récemment, ensuite à l’Agriculture ou, si l’on en croit l’Express de la semaine passée, au Logement à la place de Christine boutée ailleurs.

L’homme connaît son terrain. Un terrain bien centriste, notamment celui de l’Ouest du département où l’on s’affirme sans étiquette pour taire une sympathie somme toute bien démocratique pour la politique qui conserve les choses en l’état et qui craint la nouveauté. Un terrain où l’on n’aime pas trop parler de politique. Où, dans le même temps, la solidarité et le bien vivre ensemble (parfois un peu trop entre soi) jouent plutôt bien. Sa solide silhouette lorsqu’elle arpente ce terrain cache bien la souplesse de son échine.

Sans y toucher, en l’intégrant au gouvernement, Nicolas Sarkozy fait la nique à la direction nationale du PS pour qui les territoires sentent par trop la province et le méthane. Il envisage donc d’acheter le fonds de commerce de Mercier. Le magasin pourrait en même temps lui servir de vitrine Modem. Car il y a de tout dans la mercerie rhodanienne du Père Michel. Même du Modem pas tout à fait Modem. Et il y a du choix si l’on en juge par quelques clients.

En 2008, Azouz Bégag venu chercher de quoi faire un patron pour une veste aux municipales et quelques ourlets façon Modem, est reparti les points dans ses poches. Dans le même mouvement, il a fourgué tout un lot de toile que l’on se ramasse à Geourjon.

Pour la couture dont il est un expert, il excelle à emmêler des fils de diverses nuances pâles - en camaïeux de bleu toujours - et il n’hésite jamais à une petite démonstration de son art. En témoigne l’une des dernières leçons du madré sur du Madras, le mois dernier. En fin de réunion de quartier dans son bourg, fuse la question qui tue « Quand allez-vous redevenir maire de Thizy ? » : le doigt habile et sans dé quittant la couture du pantalon, Michel a cousu d’un joli fil décoloré un « Il faut que je réfléchisse à comment répondre à votre question. Reposez- moi la dans un mois et demi ».

J’oubliais : la mercerie est aussi abondamment dotée de toile thermocollante double face dont il maîtrise toutes les techniques. Jusqu’aux étamines à fromage que les fabricants de Rigotte de Condrieu reconnaissants lui achètent désormais en quantité pour son intervention en faveur de l’inoubliable AOC.

Quant aux boutons, il ne les vend pas. Parfois, il en donne...

Jean-Paul Schmitt

15/06/2009

Le nom de la rose

couronne%20de%20laurier.GIFA chaque fois que le Parti Socialiste est dans la mouise, il y a toujours un petit malin pour évoquer la nécessité de changer de nom. Emmanuel Valls, un récidiviste, et Aurélie Filipetti sont les derniers sur la liste de ceux qui veulent donc trouver un nouveau nom au PS. Quand on demande d’ailleurs aux partisans du changement de nom ce que pourrait être la nouvelle appellation du PS, en général ça ne va pas très loin.

Prenez la députée royaliste de Moselle, elle propose vaguement quelque chose avec « à gauche ». On remerciera donc Aurélie Filipetti pour sa contribution.

Il y en a une qui vient de passer à l’acte, c’est Christine Boutin. Son forum des Républicains sociaux fort de ses 8500 membres revendiqués va donc changer de nom et désormais se nommer « Parti Chrétien-démocrate » pour affirmer, vous vous en doutiez, les valeurs chrétiennes au sein de la majorité.

Pour revenir au Parti Socialiste, il convient de passer sous les fourches caudines de l’air du temps. A l’instar de Monoprix qui s’appelle « Monop » quand il s’agit de désigner des points de vente plus petits, plus branchés, plus proches et plus disponibles, je propose que nous assumions le terme généralement utilisé pour nous nommer, celui de « soces ». Ainsi on dirait « Les soces » comme on parle « des Simpsons », « Les soces » sachant que l’on préfère parler « des Stones » plutôt que « des Rolling Stones », « Les soces » comme on dit « La Star-Ac » ou « un Coke ». Léger, direct, proche et qui se la pète pas, ce nouveau nom nous permettrait de cultiver ce capital de sympathie qui nous échappe et rapidement rares seraient les Français à rapprocher le nouveau terme « soces » de l’idée du socialisme. Un argument qui devrait aller droit au cœur de Valls.

Parlons clair entre-nous, la question qui pourrait fâcher concerne l’identité graphique des « soces », le logo, autrement dit le célèbre poing et la rose. En vérité le poing fait plus tâche que la rose. Supprimons-donc le poing, mais alors que faire de la rose. De toute évidence une rose toute seule avec en dessous le terme de « soces » n’a aucun sens. Supprimons donc la rose. Après un toilettage aussi radical il convient de revenir aux fondamentaux et en politique la métaphore est toujours végétale car les socialistes ne sont pas les seuls à puiser dans l’univers horticole pour imposer une identité. Regardez l’UMP, Les Verts, le pommier électoral de Chirac, il est impossible d’y échapper et par les temps qui courent se priver d’une référence écolo relèverait du suicide. Cherchons donc pour accompagner ce nom si sympathique de « soces » une fleur, plante ou arbre susceptible de faire l’affaire. Un visuel s’impose, le laurier, symbole de la victoire qui un jour reviendra. Avouez que cela aurait de la gueule une couronne de laurier avec « Soces » en dessous. Le laurier soce va s’imposer, c’est une certitude.

Lyon, le 15 juin 2009.

08/06/2009

L'avertissement

Martine Aubry NB.jpg

Nicolas Sarkozy et Daniel Cohn-Bendit sont, chacun à leur façon, les vainqueurs, en France, de ces élections européennes. Inutile d’y revenir si ce n’est pour dire qu’ils incarnent l’un et l’autre le succès de stratégies personnelles, bien peu celles de leur Parti. Si l’UMP et les Verts souhaitaient se convaincre du contraire leur avenir devrait se révéler plus obscur qu’ils ne peuvent le penser.

Du côté des défaits, il s’agit bien entendu du PS et du Modem, on paye cash, avec ces résultats catastrophiques, les effets d’une posture artificielle d’opposants à Nicolas Sarkozy. Pour les uns comme pour les autres la preuve est faite que pour être crédible il ne suffit pas de se revendiquer de l’anti-sarkozysme encore faut-il le faire en s’appuyant sur un projet politique de sortie de crise novateur, enraciné et crédible.

Chacun tirera ses propres leçons mais pour ce qui concerne le Parti Socialiste la preuve est faite que l’obscur aréopage majoritaire sortie du funeste Congrès de Reims est dans la peine, incapable de partager en son sein autre chose que des accords tactiques d’appareil. Derrière les alliances nouées à Reims pointe un désarroi que même la langue de bois ne peut cacher. Il convient que le PS en finisse avec de tels mœurs et s’engage dans la définition d’une véritable clarification politique.

En matière de rénovation, il en va de même. Il faut en finir avec ces généralités jamais suivies d’effet. Hier Martine Aubry nous indiquait que « les choses avançaient ». Au même moment sur une autre antenne son n°3, Arnaud de Montebourg expliquait que « nous n’en sommes plus à rénover mais à reconstruire ». Qui croire ? Qui suivre ? Que penser d’un parti dont le chef de la minorité est le porte parole ?

Hier chacun expliquait que « le message était compris et partagé ». On verra bien mais ce scrutin peut être considéré comme un premier et ultime avertissement sans frais. Cela étant les élections régionales sont devant nous et il n’est pas acceptable que le travail impressionnant effectué par nos exécutifs régionaux puisse être mis en péril par un Parti en passe d’être disqualifié.

Espérons-donc que le message sera réellement « compris et partagé ».

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NB: Demain soir, Mardi 9 juin, à l’initiative de la Société des lecteurs de Libération, débat sur « La crise de la presse et l’avenir de Libération »

19H, Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon, 1 Place de la Comédie (Métro Hôtel de ville)

Lyon, le 8 juin 2009.

28/05/2009

Barroso

Barroso.jpgComme si les élections européennes étaient déjà pliées, la "question Barroso" semble peu à peu occuper le devant de la scène. A coups d'interviews et de déclarations, le Président de la Commission européenne bouge ses pions afin d'apparaître, le plus rapidement possible, dès avant l'élection du 7 juin, comme incontournable, comme le seul capable de se succèder lui même. Alors que les travaillistes anglais, portugais ou espagnols font campagne pour Barroso, Sarkozy quant à lui souhaite se servir de l'actuel Président de la Commission comme d'un épouvantail. D'ailleurs écoutez bien , vous ne risquez pas d'entendre le moindre UMP soutenir Barroso. Tout au contraire, ce silence radio électoral qui annonce en vérité un soutien au Portugais quelques jours après l'élection, est un des éléments de la tactique de Sarkozy visant à se présenter comme un quasi opposant sur le front européen, un rebelle.

Se servir dans la limite du possible de Barroso pendant les quelques jours qui restent  encore dans cette campagne est d'ailleurs une bonne opportunité pour les candidats choisis par le Président. Par ailleurs, en imposant comme cirtère de réussite de leur entreprise le simple écart entre listes UMP et listes socialistes, Sarkozy et les siens évitent de focaliser l'attention de tous sur l'aspect très minoritaire des listes du Président. Une bonne partie de la presse jouant le jeu présidentiel, au soir du 7 juin, il sera alors très facile d'expliquer aux français que l'élection européenne de 2009 est une victoire pour le Président. Alors, vous l'avez compris, la seule façon d'indiquer dans son vote un refus de Sarkozy c'est à l'évidence de ne pas voter pour les listes de droite et surtout, en soutenant dans chacune des régions la liste du Parti socialiste c'est la seule manière d'interdire au Président de crier victoire au prétexte que l'écart serait important. Ouvrez grands les yeux, bloquez votre respiration et foncez, le 7 juin prochain, le bulletin socialiste à la main vers votre bureau de vote. C'est la seule façon d'être utile.

Lyon, le 28 mai 2009.

Photo: DR

23/05/2009

Prenez-le !

claude_allegre.jpgIl parait que dans la perspective de voir Claude Allegre rejoindre le gouvernement lors du remaniement en juillet c'est presque la panique dans les rangs de la majorité. A l'idée de voir débarquer l'ami de Jospin, qui plus est à un poste important dont la rumeur dit qu'il pourrait ressembler à un MITI français, on ne compte plus les réactions négatives. La simple idée de le savoir peut être demain membre de la future garde rapprochée de Sarkozy commence à pomper l'air des plus dévots de l'UMP.

Rassurez-vous Messieurs de la majorité, Allègre est tout sauf de gauche. Prenez-le ! Il est dispo ! Dans cette affaire, le seul qui risque d'en pâtir c'est Bernard Kouchner. Le Doc peut légitimement se dire que la période faste est sur le point de toucher à sa fin. Complètement démonétisé, Kouchner représente désormais moins que lui même un simple Ministre d'ouverture votant maintenant UMP. L'arrivée d'Allègre dans ce magasin de porcelaine risque de briser les dernières potiches et c'est tant mieux.

Alors un effort. Arrêtez vos simagrées et prenez Allègre dans votre futur gouvernement. Ca ne peut que nous faire plaisir.

Lyon, le 23 mai 2009.

19/05/2009

Bacheloter ?

Roselyne Bachelot.jpgBacheloter : verbe intransitif qui signifie étudier la verve féminine dans le microcosme politique (de Bachelot Roselyne, pharmacienne d’Angers de tendance conservatrice RPR puis UMP, qui fut ministre à plusieurs reprises).

Se dit plus généralement de l’effort qui consiste à trouver des qualités cachées dans toute déclaration politique davantage tournée vers la communication que vers l’action.

Je bachelote et je remplis des « fiches de pompe ». Sur mes fiches, colonne des points négatifs, j’avais déjà noté les révélations de dame Roselyne concernant la surdité d’un ancien chef d’État (elle aurait eu un éclat coquin dans les yeux en confiant ce secret d’État aux journalistes). Bon, j’avais trouvé cela beaucoup moins méchant que les confidences « off » qui qualifiaient un prédécesseur de roi fainéant. J’avais noté aussi, dans la même colonne, mais avec hésitation, son « garez votre voiture à l’ombre » adressé aux petits vieux pendant la canicule de l’été 2003 : une action autrement plus rapide à mettre en œuvre que la climatisation dans les maisons de retraite. J’avais eu également une hésitation au moment de noter, dans la colonne des points positifs cette fois, une certaine spontanéité et une certaine franchise, mais tout de suite après avoir écrit le mot « franchise », j’ai sorti ma gomme jugeant que les franchises médicales ne méritaient pas un tel classement. J’étais en train d’annoter la décidément longue colonne des passifs avec sa loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), tout en me reprochant in petto d’être par trop partial, lorsque j’ai eu connaissance de sa toute dernière déclaration concernant les transsexuels. Enfin me suis-je dit ! Voilà de quoi positiver un peu. Ne venait-elle pas de déclarer, à la veille de la Journée mondiale contre l’homophobie, qu’elle allait saisir la Haute Autorité de Santé « afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée ». Vingt-huit ans après que Robert Badinter a fait sortir l’homosexualité du code pénal, Roselyne fait sortir la transsexualité de la psychiatrie.

Du coup, j’ai repris espoir et j’ai poursuivi un tout petit peu plus avant le bachelotage que je vous livre ici et j’ai rajouté trois autres points positifs : 1) dès 1998, Roselyne avait eu le courage d’affronter les membres de son groupe à l’Assemblée en faveur du PACS, 2) Roselyne est favorable au mariage gay 3) Roselyne est favorable à l’adoption par les couples homosexuels.

J’ai encore beaucoup de questions en suspens :

> pourquoi Roselyne fait-elle une loi HPST si sotte et a-t-elle des points de vue si intelligents parfois sur notre société ?

> pourquoi reste-t-il autant de personne ignares – fussent-elles des autorités morales ou religieuses en vue – qui persistent à ranger dans les déviances des vies minoritaires différentes ?

Jean-Paul Schmitt

12/05/2009

Punition

cravache.jpgSarkozy et son gouvernement auraient-ils décidé de punir Lyon et son agglomération ? La question mérite d’être posée au regard de quelques faits récents.

Il y a eu, tout d’abord, le revirement inacceptable de la ministre de l’intérieur sur le projet de caserne de gendarmerie à Sathonay Camp. Un projet travaillé et pour lequel le Grand Lyon a engagé financement et travaux, de voirie en particuliers. Un projet bouclé par un groupement d’entreprises qui y a investi des sommes respectables et du travail de préparation au détriment d’autres marchés et qui se retrouve maintenant le bec dans l’eau.

Puis est tombée l’annonce de la participation financière de l’état aux transports de l’agglomération : 28 millions pour le Sytral contre 21 milliards pour Paris, soit environ 1000 fois moins et de toute façon un montant en baisse par rapport aux prévisions. Deux dossiers qui interrogent sur la validité du « plan de relance » du gouvernement qui passe ainsi à coté de chantiers prêt à partir.

On peut en tout cas s’interroger sur de telles décisions, Lyon serait-il devenu un territoire oublié du gouvernement ou bien veut-on punir cette ville qui s’est installée à gauche ? Il serait à ce propos intéressant de savoir ce qu’en pense François Noël Buffet, parlementaire en charge du suivi de l’application du plan de relance en Rhône-Alpes, à moins qu’il ne se sente plus concerné en matière de transports maintenant que les travaux du métro à Oullins sont engagés. Certes il n’y aurait rien d’extraordinaire à tout cela lorsque l’on regarde la pratique politicienne d’un Sarkozy toujours à l’affût d’un petit coup tordu pour déstabiliser son opposition. Sans aller jusqu’à penser que le Philippe Cochet soit derrière la manœuvre car il se dit que depuis l’épisode de la mayonnaise qu’il a monté autour des deux œufs lancés sur la caravane UMP lors de son passage place Bellecour sa côte a sensiblement baissée auprès d’un Xavier Bertrand qu’il a engagé dans cette manip médiatique dont le secrétaire général du parti sarkozyste a eu du mal à se sortir.

Mais l’on ne peut exclure que cette volonté de nuire à l’agglomération ne cache l’idée de gêner Gérard Collomb dans la réalisation de son mandat et ce en vue des prochaines échéances. C’est en tout cas bien à la mesure d’une opposition locale qui peine à se trouver un angle d’attaque et qui ne joue en fait que de son pouvoir de nuisance comme elle le fait déjà à propos du Grand Stade à Décines.

Philippe Dibilio

11/05/2009

Réalistes

Tout va décidemment bien pour Alain Marleix le charcutier-traiteur du gouvernement. Il vient de transmettre sa copie à son ami Yves Guena qui devrait confirmer, en tant que sage parmi les sages, que la découpe de la carte électorale est parfaite. Parfaite car la gauche devrait avec certitude y perdre quelques plumes, au bas mot une douzaine de circonscriptions. Bruno Le Roux, le député socialiste de Seine-Saint-Denis estime même qu’en fonction de ce nouveau tripatouillage il faudrait que l’opposition obtienne 51,2% pour espérer l’emporter en sièges. En attendant le plan de découpe de Marleix est invisible puisque il a été transmis à Guena de façon confidentielle afin que le sage puisse, je cite, « travailler en dehors de toute pression ».

Parmi des dizaines, une circonscription devrait quitter le giron de la gauche, c’est celle d’Arcachon, perdue par l’UMP lors d’une législative partielle il y a quelques mois. Après le charcutage de Marleix elle devrait revenir dans l’escarcelle UMPiste en couvrant le pourtour de ce bassin si cher à Nicolas Sarkozy. Bénéficiaire de l’opération le Secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte qui pourrait ainsi se recaser dans le cas de figure où le conte de fée gouvernemental prendrait fin. Histoire de se mettre en jambes, Laporte serait désigné candidat aux régionales sur la liste que pourrait conduire Xavier Darcos l’an prochain.

Laporte justement était au Stade de France samedi soir, niché dans la pénombre, laissant ainsi dans la lumière sa Ministre de tutelle trôner à côté d’un Nicolas Sarkozy contraint et forcé de venir assister à la finale bretonne de la coupe. Le Président est donc passé par Saint-Denis samedi mais, comme tout le monde l’a remarqué, il s’est abstenu de descendre sur la pelouse avant le coup d’envoi afin, comme l’exige pourtant la tradition, de se faire présenter les équipes.

Réaliste le Président !

PS: Demain, dans le cadre de la campagne des européennes aura lieu un meeting en présence des candidats de la liste de Sud-Est

Europeennes Meeting 12 mai 2009.jpg

09/05/2009

A la relance

grues.jpgVient d’arriver dans l’agglomération lyonnaise une de ces mésaventures porteuses de sens. Alors que la commune de Sathonay-Camp devait accueillir le siège régional de la gendarmerie sur un site appartenant à La Défense, une heure avant la signature définitive entre le représentant de l’Etat et le Responsable du Consortium en charge de la construction, un fax arrive dans les bureaux de l’entreprise choisie : « Rendez-vous annulé ». Motif invoqué désormais par le gouvernement, « l’opération n’est plus retenue ».

La chose pourrait apparaître comme cocasse puisque c’est la Ministre Alliot-Marie, jadis en charge de la Défense et donc de la gendarmerie qui avait donné le feu vert à une telle opération. Depuis, vous le savez, la même Alliot-Marie est devenue Ministre de l’Intérieur avec une compétence nouvelle sur la gendarmerie et c’est elle qui au dernier moment vient de renvoyer gendarmes, élus et entrepreneurs dans une mouise sans nom.

En effet, l’entreprise retenue pour édifier le siège dans cette commune du « Grand Lyon » était à la tête, pour l’occasion, d’un groupement constitué de constructeurs, architectes et bureaux d’études.

Dans la nécessaire phase d’études du projet pas moins de 10 M d’euros avaient été engagés en études pour un chantier comprenant six bâtiments et 422 logements. Depuis le Fax assassin, il ne reste plus que les yeux pour pleurer aux opérateurs de ce projet qui, d’après les milieux de la construction, représentait 400 emplois à temps plein sans compter ceux induits. La Communauté Urbaine quant à elle qui avait conduit les études nécessaires peut désormais classer un dossier qui devrait prendre le chemin des oubliettes.

Alors que le gouvernement ne cesse de palabrer sur son « plan de relance », que le Ministre Devedjian parade et que le Sénateur UMP local désigné pour occuper le très honorifique poste d’ « Ambassadeur pour les régions Bourgogne et Rhône-Alpes » (Sic !) regarde ses chaussures, il ne reste plus aux élus locaux et entrepreneurs qu’à méditer sur la façon dont on s’occupe aujourd’hui du pays.

Je vous le disais cette mésaventure a du sens. Elle en dit probablement beaucoup sur la capacité du gouvernement à naviguer dans cette crise. Plus sûrement à indiquer, qu’au-delà de l’incompétence, le mépris est sa deuxième nature.

Lyon, le 9 mai 2009.

06/05/2009

Allez l'OL !

121879_jean-michel-aulas.jpg?w=345&h=200Il y a, me direz vous, des sujets plus sérieux en cette période de crise encore que. A Lyon, en effet, l’Olympique Lyonnais a pris un tel poids dans la vie sportive mais aussi économique et même politique que ses pérégrinations concernent finalement tout le monde. Et en cette fin de saison le club lyonnais va beaucoup moins bien que les saisons précédentes.

Dans ce contexte les réactions excessives ressurgissent avec force. Ce club adulé au terme de ses sept titres de champions d’affilé, son président porté aux nues par les uns respecté de tous, sont aujourd’hui sur la sellette. Cet hallali laisse un goût amer qui rappelle combien l’opinion est versatile et les instincts basiques toujours prêts à émerger. Si les supporters dans leur majorité souffrent de cette situation il est toujours des extrémistes pour aller caillasser les locaux. Et puis il y a tous ceux que les succès du club et de son président dérangent et qui se déchaînent aujourd’hui. Mais quelle est donc cette catastrophe qui a touché l’OL ?

Le club ne sera certainement pas champion de France une huitième fois, ce n’est ni un drame, ni la fin d’une histoire. Il risque de ne pas participer à la ligue des champions ; ce serait la première fois depuis dix ans. On peut se demander où est le problème, sauf à considérer que la victoire est éternelle.

En fait derrière ce déchaînement qui atteint aussi certains hommes politiques il y a un goût nauséabond de règlements de comptes. Les succès de Jean Michel Aulas sont toujours mal passés dans les esprits ces dernières années. Qu’il ait amené le club de la D2 au premier cercle du foot européen ne lui a jamais été pardonné dans cette ville où la réussite dérange sauf si elle est cachée. Alors au premier faux pas les passions se déchaînent. Qu’une explication « entre hommes » ait lieu entre le président et quelques uns de ses amis administrateurs et l’on parle de cellule de crise et de mise en cause de l’édifice. Que les résultats ne soient pas au rendez-vous et l’opinion se déchaîne sur le président, les joueurs le staff et le choix de l’entraîneur qui a, certes, sa part de responsabilité. Les opposants au Grand Stade de Décines vont même, le député UMP Philippe Meunier en tête, jusqu’à se réjouir de ces déconvenues qui pour eux remettent en cause ce projet. Aussi face à ce déchaînement j’ai envie de dire : Allez l’OL ! avec la certitude que la saison prochaine nous serons des milliers à reprendre la formule tous en cœur.

Philippe Dibilio

Photo: DR

[Edit JYS]: J'apprends le décès de Roland Bernard, Sénateur de 1986 à 1995, Député du Rhône de 1981 à 1986 et Maire d’Oullins de 1977 à 1990. Je présente mes sincères condoléances à ses proches.

05/05/2009

Cinco de mayo

1er mai lyon.jpgLe mois de mai est joli dans nos mémoires.

Mois de Marie pour d’anciens enfants de choeur et petites filles aux bas blancs. Adolescents chanteurs de mai ivres de printemps et courant les campagnes pour troquer leur goualante contre quelques piécettes ou un bout de saucisson et du vin. Mois de soulèvement pour les naïfs amoureux de ces plages de liberté que nous cherchions sous les pavés. Mois de défilés et de muguets cueillis sous les hêtres en bottes parfumées. Mois d’avènement aux liesses populaires colorées de roses rouges, place de la Bastille. Mois aux ponts multiples qui réjouissent les salariés au grand dam de leur patron. Mois de transition avant les grandes chaleurs qui suffoquent. Mois de dangers aussi, parfois comme ce Tres de Mayo de Goya aux couleurs de nuit.

Dans ce mai où les dates célèbres abondent, le 5 tient sa place :

> 5 mai 2009, la France est UMP, l’opposition est malade et sans pouvoir ; à Nîmes, le président de la république - dixit Barnier -« va donner le ton et présenter le projet » de l’UMP pour les élections européennes. Devant les affiches qui plagient Obama avec un « Quand l’Europe veut, l’Europe peut », les licenciés chantent l’Internationale pour oublier…
> 5 mai 2002, la gauche est KO debout. Hormis Lutte Ouvrière qui refuse de donner consigne, on vient de voter Chirac au deuxième tour de l’élection présidentielle ; à défaut d’un projet d’union nationale, la France aura Raffarin comme cocher…
> 5mai 1930, Gandhi le désobéissant est arrêté dans la nuit ; le non-violent déclare que son poing peut bien être brisé, le sel qu’il tient ne sera pas rendu volontairement. Il aura bientôt raison du colonisateur …
> 5 mai 1821, Napoléon meurt à saint Hélène. Un jour prochain, celui qu’Hugo appellera Napoléon le Petit lui succédera. L’histoire bégaye…
> 5 mai 1789 (juillet est proche), ouverture des états généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles ; on conviendra que cette date marque le début de la Révolution française…

    Choix arbitraire et de mauvaise foi de cinco de mayo, quand la grippe sévit pour nous faire oublier la crise ? Oui. Cinq fois oui.

    C’est le mai, le beau mai. C’est le joli mois de mai.

    Jean-Paul Schmitt

    14/04/2009

    L’abeille et l’archiVert.

    Cohn Bendit abeille.jpg« Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre ».

    Daniel Cohn-Bendit, tête de liste des Verts aux prochaines élections européennes, recycle l’image dans son dernier livre « Que faire ? ».

    Il attribue la métaphore à Einstein. C’est paraît-il sujet à caution et il n’est pas sûr que le cher Albert à la langue bien pendue ait effectivement affirmé cela...

    Voyons les arguments en faveur de la thèse.

    Il n’y aurait donc plus de miel à vendre dans nos échoppes ?

    Mais, fussent-ils quelque peu ours, les humains ne vivent pas que de cette pitance sucrée dont ils surent tôt faire de l’hydromel pour oublier leur dure condition.

    Les humains disparaîtraient ?

    Les Inuits – éminents humains aux traditions fortes et froides - n’ont que faire de la pollinisation.

    Peu importe ces arguties me direz-vous. Avec raison.

    Certes, les abeilles permettent la reproduction de plus de vingt mille espèces de plantes. Difficile aux bêtes et, partant, aux hommes de se nourrir si une telle reproduction s’arrêtait. La disparition de la petite bestiole qui était sur terre bien avant nous causerait un très grave déséquilibre de la chaîne de la vie. Mais, comme le dit fort justement Dany le Vert, la métaphore d’Einstein nous entraîne au-delà des alertes que les abeilles nous lancent par apiculteurs et chercheurs interposés.

    Mettre en réseau les intelligences est une pollinisation aussi incommensurable qu’essentielle. La dissémination du savoir peut allier les chercheurs, les artisans, les ingénieurs et faire que des initiatives individuelles fabriquent du collectif. Encore que, comme le dit Edgar Morin, tout ce qui est compartimenté résiste à la pollinisation ; les idées se répandent comme des pollens, mais ne germent que sur des terrains fertiles.

    Jean-Paul Schmitt

     
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