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07/12/2009

Fillon titulaire

FILLON NB.gifIl paraît que François Fillon est de retour ou plutôt prié de revenir pour "dépassioner" le débat sur l'identité nationale. Il a donc été expédié en fin de semaine dernière devant le public trié de l'institut Montaigne de Claude Bebear pour déminer le terrain des grandes manoeuvres de Sarkozy. Il a ainsi souhaité, leur a-t-il dit, faire valoir sa "contribution personnelle" à ce grand débat et donc expliqué qu'il parlait "en citoyen" apportant ainsi ses réponses "pour ce qu'elles valent, parmi 65 millions d'autres". Mon oeil !

Qu'un Premier ministre dans ce pays explique que les minarets doivent, suite à un référendum suisse, "s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social" ne choque plus et passe même pour un propos équilibré à la limite du progressisme alors que cette question des minarets est artificielle. Qu'en conre partie, le même Fillon, ne dénonce pas avec la plus extrême sévérité les propos du maire UMP de Gussainville ne semble pas émouvoir.

Qu'un Fillon explique, pour sauver le fêmon et son patron, que ceux qui refusent le "débat" sur l'identité nationale laissent la parole aux "tenants du repli naturel" et aux "nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de Paul Déroulède et de Vichy" ne heurte manifestement pas grand monde.

Que le "Chef" du gouvernement, saisissant ainsi l'opportunité pour exister, convoque De Gaulle, Jeanne d'Arc, Henri IV, Richelieu, Clemenceau et Philippe Auguste est risible de la part d'un sarthois amateur de course automobilie néanmoins collaborateur d'un président qui en son temps s'était autorisé à prendre en otage Jean Jaurès.

Nul n'est dupe du discours contorsioniste d'un Fillon qui était sur le banc depuis le début de la saison et que son coach ne titularise que quand il est dans la scoumoune. Fillon a indiqué devant l'Institut Montaigne que "l'identité nationale peut être frondeuse et j'accepte du même coup l'humour et même la raillerie". Voilà qui est fait Monsieur le Premier ministre.

Lyon, le 7 décembre 2009.

Photo: DR

03/12/2009

Nausées

« Cette question des minarets est un piège. Un piège parfait. Quoi qu’ils disent, les promoteurs de l’initiative visant à interdire la construction de nouveaux minarets s’en prennent à un symbole de l’islam et des musulmans. Or cet amalgame est non seulement insupportable, mais inacceptable : la démocratie directe ne doit pas être le prétexte pour s’en prendre à une communauté et la blesser. La limite démocratique est à mes yeux franchie. Je suis pour une démocratie directe « encadrée » par une Constitution qui ne permette pas de voter sur n’importe quoi. Une votation comme celle des minarets, qui cible une communauté en particulier, restera une tache noire sur la réputation de la Confédération. Pour l’effacer, les Suisses n’ont qu’une solution : se mobiliser et revoter » expliquait fort justement hier Dany Cohn-Bendit dans le quotidien suisse « Le temps ».

Cette affaire des minarets helvétiques qui vient par ailleurs de relancer la polémique la plus nauséabonde au sujet de la construction de mosquée en France intervient alors que Besson essaye de faire tourner à plein régime sa machinerie sur « l’Identité Nationale ». D’ailleurs à ce propos, d’après ce que j’entendais sur RMC info hier vers 7h30, le site du Félon réserve quant à lui de bien tristes commentaires. Celui qui aime tant faire le ménage dans la jungle de Calais serait inspiré de nettoyer au karcher sa babasse ministérielle. De Besson à l’UMP, il n’y a désormais plus qu’un pas qu’il convient de franchir. Le maire UMP d’un bled de la Meuse, un certain Valentin qui doit être lui aussi un bienheureux, n’a rien trouvé de mieux que de déclarer à France 2, je cite, « il est temps qu’on réagisse, on va se faire bouffer ». Par qui lui demande alors de journaliste. « Y’en a déjà dix millions, dix millions que l’on paye à rien foutre » poursuit alors notre Valentin qui peut-être rassuré. Toujours hier matin sur RTL, Copé s’est abstenu de tout commentaire à propos de son compagnon Valentin, le patron des députés UMP semblant expliquer que de telles déclarations sont essentiellement dues à l’absence de débat quant à « l’Identité Nationale ».

Début 1968 dans un célèbre éditorial, Le Monde expliquait que la France s’ennuyait. On pourrait rajouter que fin 2009, elle sent mauvais.

Lyon, le 3 décembre 2009.

02/12/2009

Consommation

Consommation.jpgJe ne suis pas un grand économiste et je ne m’en porte pas plus mal, au contraire, lorsque je vois la brasse coulée que nous fait sur ce sujet notre ancienne nageuse de ministre de l’Economie justement. Elle que, de surcroît, ses pairs ont élue meilleure d’Europe à ce poste. Après nous avoir annoncé il y a six mois que la crise était derrière nous la voilà qui vient à Lyon, au moment où le chômage reprend son ascension, déclarer solennellement que ce n’est pas la peine d’investir dans les secteurs à forte main d’œuvre, là où les chinois sont imbattables mais miser au contraire sur un fort contenu en recherche et développement qui peut permettre de l’innovation et une forte valeur ajoutée. Comprennes qui pourra! Le bon sens voudrait que pour créer de l’emploi aujourd’hui il faille aider l’industrie dès maintenant mais voilà qui est trop simple pour un économiste et plus encore un ministre. Cette position hasardeuse montre bien que pour l’équipe Sarkozy l’essentiel a été réalisé avec le sauvetage des banques qui retrouvent allégrement leurs profits et leurs travers, les rémunérations de leurs traders et bientôt le retour des stocks options et des parachutes dorés. Sarko voulait moraliser le capitalisme il a seulement relancé la machine sur les mêmes bases. Pourtant les faits sont têtus. Les chiffres de la croissance, en effet, montrent que si le PIB a progressé de juillet à septembre c’est grâce à l’industrie manufacturière et au secteur automobile en particulier. Pourquoi ? Parce que ce secteur a bénéficié des bonus sur les petits modèles et de la prime à la casse. C’est à dire grâce aux rares injections faites au bénéfice de la consommation. Car tel est bien le constat, c’est par le redémarrage de la consommation que la croissance reprend aussi faibles qu’aient pu être les moyens injectés par l’Etat notamment au travers de certaine prestations sociales. Lorsque la gauche proposait d’utiliser ce levier pour faire face à la crise Sarko et ses boys levaient les bras au ciel et pourtant c’est bien dans ce sens qu’il faut aller et ce n’est pas trop tard.

Philippe Dibilio.

01/12/2009

C’est la danse des taxés !

Canards.jpgDe leurs voix éraillées ils chantent l’antienne sarkozyste du moment sur les collectivités territoriales mal gérées. Avant-veille d’élection au goût de fin de banquet si peu républicain. Accents poujadistes.

À l’instar de Lefèbvre, ils vomissent la même goualante. Sans retenue. Oublieux de leurs turpitudes et des transferts de compétence sans transferts de moyens adéquats. Oublieux des promesses faites. Ivres de com’, ils s’amusent à décerner des Satanas d’or, d’argent ou de bronze. Sans entendre que c’est la danse des Canards qui leur sert d’hymne national.
« C’est la danse des canards – qui en sortant de la mare – se secouent le bas des reins – et font coin-coin »
Passons sur les canards, l’à-peu-près serait trop facile, et regardons un peu la mare de lisier dont ils sortent : presque 20 taxes nouvelles créées depuis 2007 par le jars qui nous mène :

Et une taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards), coin-coin !
Et une taxe sur les assurances et les mutuelles (1 milliard), coin-coin !
Et une taxe sur l'intéressement et la participation (400 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les stock-options (250 millions), coin-coin !
Et un p’tit coup de franchises médicales (850 millions), coin-coin !
Et une augmentation des cotisations retraite (150 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la publicité des chaînes privées (incalculable), coin-coin !
Et une taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions), coin-coin !
Et une taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les ordinateurs (50 millions), coin-coin !
Et une taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions), coin-coin !
Et une taxe sur le poisson (80 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les huiles moteurs (44 € par tonne de lubrifiant), coin-coin !
Et une taxe sur les imprimés publicitaires (incalculable), coin-coin !
Et une hausse de la redevance télévision (20 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la téléphonie et internet (80 millions minimum), coin-coin!
Et une taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 € par an par auto), coin-coin !

Sans compter les coin-coin du chèque transport qui n’a pas encore de plan de financement, la future taxe carbone, Hadopi...

Quand ils ne chantent pas, ils parlent doctement d’identité française. Ils y glissent quelques à-peu-près sur l’immigration. Espérant que le peuple s’amuse et oublie le chômage qui enfle et la République qui coule.

Jean-Paul Schmitt

26/11/2009

Où sont les femmes ?

dominique-strauss-khan.jpg?w=450&h=675Hier soir, Dominique Strauss-Kahn était l’invité vedette du « Grand Journal » sur Canal+ cette émission au cours de laquelle Ségolène Royal annonce, en direct, la mise à pied de ses anciens amis. Hier, Libération profitait donc de l’occasion pour nous parler de celui que Joffrin appelait « l’Imam caché » en nous livrant une batterie de sondages supposés nous en dire plus sur « le candidat incognito du PS ». A l’aide du baromètre Via Voice, Libé répondait, sous la forme de pourcentages d’opinions favorables, à la question « A qui Strauss-Kahn plait-il le plus ? ». Avec 66%, les cadres et professions intellectuelles figuraient en tête talonnés par les électeurs de l’UMP, les plus de 65 ans, les électeurs verts puis ceux du PS, les retraités, les hommes et enfin les jeunes qui approchaient les 54%. Au-delà de ce bon score aux contours gériatriques plutôt affirmés, j’imagine que DSK a été surpris de ne pas trouver parmi ses soutiens les plus sûrs « la moitié du ciel », en l’occurrence les femmes.

Grâce à ce sondage il est donc prouvé que la légende est fausse, autrement dit que DSK n’est pas un homme à femmes. Pour l’instant Strauss qui retrouve une côte d’amour proche de celle qu’il avait au moment de quitter le gouvernement Jospin a donc du pain sur la planche sachant qu’il est dans notre pays plus d’électrices que d’électeurs.

Lyon, le 26 novembre 2009.

Photo: DR

18/11/2009

Les autruches du Rhône et le fils Poucet

Autruches du Rhône.jpgPasse encore qu’on ait eu le PACS malgré les boutinades, bible à la main, mais l’adoption par des couples homosexuels  ! Soyons cohérents que diable ! Oyez ces courageux représentants du peuple qui disent que : « Dès qu’il y a un enfant, il faut un papa et une maman ». Déclaration d’Eric Raoult, illustre député au gentil sourire de bon père de famille. De famille Unie Mon Président, cela va sans dire, même si en ce moment cela ne va pas de soi. Vous savez, celui qui veut que l’on impose aux écrivains un droit de réserve s’ils ont eu le Goncourt.

Ils aiment la famille ces gens-là. Surtout celle qu’ils connaissent. Celle qui ressemble à la leur. Et là-dessus ils sont assez d’accord.

Il faut bien que quelqu’un rappelle – scrogneugneu - les valeurs catholiques apostoliques et romaines (encore que l’adoption chez nos ancêtres romains s’asseyait allègrement, si j’ose dire, sur les considérations d’homosexualité). Ces braves gardiens de valeurs en péril, d’identité nationale, de travail introuvable et de boucliers fiscaux pour armures dorées, soutiennent sans faille le principe sacré. Ils se battent pour ne pas séparer les enfants de leur papa et/ou de leur maman. Et cela malgré les difficultés innombrables et de tous ordres : pas facile de trouver de la place dans des centres de rétention déjà bondés pour que ces petits minots restent avec leurs parents jusqu’à ce qu’un avion les ramène chez eux : « Dis papa c’est où chez nous ? ». Pas facile d’être discret pour ne pas alarmer les Réseaux Éducation Sans Frontières pour pouvoir réunir sans bruit parents et enfants à la sortie de l’école. Pas facile de passer inaperçu dans les files de soupe populaire non plus.

Ils veillent sur l’ordre et la morale. Ils sont unis sur des valeurs. Ils soutiennent leur gouvernement comme un seul homme. Ils font du chiffre.

Dans notre département du Rhône, ils ont des noms que l’on a déjà vus au bas d’un parchemin : Emmanuel Hammelin, Philippe Cochet le nouveau Pater Familias, François-Noël Buffet, Georges Fenech, Bernard Perrut, Michel Terrot…

Ils avaient tous signé en 2007 une entente parlementaire… contre l’adoption par des couples homosexuels. Les fantasmes ont la vie dure. Pour nos autruches départementales, un petit coup de Prévert :

L’Autruche :  « Je n’aime pas beaucoup ta mère, à cause de cette manie qu’elle a de mettre toujours des plumes d’autruche sur son chapeau… »

Le fils Poucet : « Le fait est que ça coûte cher… mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins »

L’Autruche :  « Au lieu d’éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s’occuper de toi, elle te giflait quelquefois… »

Le fils Poucet : «Mon Père aussi me battait »

Jean-Paul Schmitt

12/11/2009

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Besson.jpgEn ces temps où - comme à chaque veille d’échéance électorale, comme à chaque creux dans les sondages - la droite et son maître de chant entonnent des antiennes sur l’identité nationale et les accolent aux refrains parlant d’immigration, une nausée me prend. Non pas que le sujet soit inintéressant, mais parce qu’il est toujours abordé cyniquement dans des moments soigneusement choisis par ces mêmes surfeurs sur vagues xénophobes. Parce qu’il est toujours biaisé par des jeux tacticiens où les débatteurs déguisent leurs adversaires en lutteurs de foire : à ma droite, le catcheur aux pieds dans la glaise et la terre et à ma gauche, l’angélique laxiste naïf rêveur d’universel.

Non, le sujet est trop grave pour le confier d’emblée à ces spécialistes des coups tordus. Oui, comme le disait récemment Gérard Collomb dans Libération du 4 novembre, « Défendre l’identité française ne saurait se réduire à convoquer l’histoire. C’est le présent qu’il faut bâtir, c’est l’avenir qu’il faut inventer ».

Mais le propos ne saurait s’arrêter là. Il est autrement plus vaste et le convoquer comme le font Besson et Sarkozy pour qui le sujet est un gri-gri électoral est assez indigne. Pour ne pas entrer trop dans la liste fourre-tout des définitions de l’omni-président-je-sais-tout-et-moi-je-vous-comprends-et-j’ai-été-élu-pour-çà, je citerai en vrac « La France, ce n’est pas une race, pas une ethnie. La France c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs. » (discours de Caen). Un peu court, Monsieur : la France est définie apophatiquement, c’est dire que rien n’en est dit, tout reste flou, tout est affaire de point de vue personnel et individuel non exprimé, mais « C’est tous les hommes qui aiment » ce je ne sais quoi ainsi exprimé, ce flou à tout le moins personnel et inexprimé, et « qui sont prêts à défendre ses idées et ses valeurs » ! Beau lyrisme creux. Et la belle affaire si on me rétorque le mot magique, imparable, de « patriotisme » que seuls sauraient comprendre ceux qui se battent et meurent pour une idée qui relève du sacré et de la recherche de transcendance si chevillée au cœur des hommes : je ne serai pas plus avancé quant à la gouvernance de notre société. Une société qui crève du manque de confiance dans l’avenir et dans ses dirigeants. Une société que ces dirigeants se sont ingéniés à découper en tranches de bons et de pas bons, de travailleurs valeureux et d’assistés, à dresser envieux « ceux qui se lèvent tôt le matin » contre « ces fonctionnaires à l’abri et trop nombreux », « ceux qui aiment la France » contre «ceux qui ne l’aiment pas et doivent la quitter », ceux visés par les racines chrétiennes du discours de Latran contre les laïcards de tous poils.

Je suis un peu comme Martin Hirsch, je ne me sens pas vraiment concerné par ce débat et comme lui je constate que dans ce pays « il y a des débats où l’on s’adresse à ses électeurs … moi je parle à des gens ». Je préfèrerais moi aussi un débat sur l’identité européenne ou sur le modèle européen.

Tiens, à propos d’identité, voici un extrait de l’un des poèmes de Mahmoud Darwich

Les étoiles n’avaient qu’un rôle :

M’apprendre à lire.

J’ai une langue dans le ciel

Et sur terre, j’ai une langue

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

Jean-Paul Schmitt

04/11/2009

Le loup et le chien

Lefèbvre de garde.jpgC’est dit, Frédéric Lefèbvre prend la robe. Qu’il devienne bavard, peu me chaut, il l’est déjà trop. Que son phrasé un tantinet vulgaire et lourd aille se vidanger dans des prétoires d’où je suis absent, pas davantage. À chaque fois que je l’entends ou que je le vois, j’ai envie de hurler « taisez-vous enfin et disparaissez !» en me gendarmant pour ne pas crier un « la ferme et tire-toi! » qui ressemblerait par trop à son style.
D’autres plus connus que moi, n’ont pas de ces pudeurs. Il n’est que de voir et d’entendre quelques récentes déclarations à son propos. Elles vont du « Vous dites n’importe quoi » du journaliste Jean-Michel Aphatie sur RTL il y a quinze jours au « Crétin de service » de l’acteur Jacques Weber sur RMC la semaine passée, en passant par un « Frédéric Lefèbvre, qui paraît sorti de ‘réservoir dogs’ de Quentin Tarentino » de Pierre Moscovici. Je pense que ces francs parlers ne mesurent pas à leur juste valeur les pénibilités du dur métier de porte-parole. À lire sur le blog de l’excellent Maître Éolas l’article 1.3 du règlement intérieur national de la profession d’avocat - notamment le passage qui stipule qu’en toutes circonstances l’avocat respecte les principes « de délicatesse, de modération et de courtoisie » – il faut reconnaître la difficile conversion qu’il s’impose.
Messieurs les jurés, prenez donc en considération le poids de la charge qui incombe à l’accusé et la conversion dans laquelle il s’engage !
Non, Monsieur Apathie, Frédéric Lefèbvre ne dit pas n’importe quoi ! Il habille ses propos d’une simplicité qui lui permet de mieux se faire comprendre du peuple et dénoncer ceux qui complotent contre son maître.
Non, Monsieur Moscovici, Frédéric Lefèbvre ne paraît pas sortir de Réservoir dogs : il y tenait vraiment un rôle ! Comment pouvez-vous écrire dans votre blog que chez lui « l’excessif côtoie toujours l’insignifiant, le mur du grotesque – ou du çon, comme on dit au Canard Enchaîné » ?
Non, Monsieur Weber, Frédéric Lefèbvre n’est pas un troisième couteau ! D’ailleurs la vulgarité ne se niche pas que dans les mots : j’en connais qui à coups de charter vers l’Afghanistan ou de taille idiote, aveugle et comptable dans les moyens de la recherche et de l’éducation sont plus vulgaires encore. Non Monsieur Weber, la population ne pense jamais que les politiques qui la gouvernent actuellement la considèrent comme bête et imbécile ! Et vous vous trompez lourdement quand vous déclarez que « ce n’est pas un hasard si on prend le plus vulgaire, le plus c.., le plus effroyable qui soit pour parler à la population. La population est bête et imbécile donc il faut un bête et un imbécile pour leur parler ».
Il ne faut pas crier au loup car la tâche de chien de garde est digne de compassion. Relisez donc ces vers de la Fontaine quand le loup demande « Que me faudra-t-il faire ? » :
« Presque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons,
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. »

Jean-Paul Schmitt

02/11/2009

Odeurs et bruits

Chirac.jpgIl vient de le dire. Sarkozy n'est pas du genre à commenter les décisions de la justice à fortiori quand elles concernent son prédécesseur à l’Elysée, un certain Jacques Chirac. Fonction présidentielle oblige que l’on ne s’attende donc pas à ce que le président abaisse ainsi la République. Quand il s’agit d’un ancien premier ministre du même Jacques Chirac, la chose est de nature différente ce d’autant que Villepin n’était jamais qu’un coupable traduit devant un tribunal. Avec Jacques Chirac c’est bien entendu différent.

Affaire Clearstream, Balladur coincé aux entournures dans quelques affaires, Pasqua aux prises avec des malheurs judiciaires, Chirac sommé de s’expliquer devant la justice, cela commence à sentir mauvais quand on approche son nez des égouts du RPR. Il n’est bien entendu pas question pour le Président de la république de commenter de telles affaires qui concernent ce parti chiraco-gaulliste vague prédécesseur de l’UMP. D’ailleurs, on peut se demander si le même Sarkozy a été membre du RPR, certains prétendant même que l’actuel locataire de l’Elysée aurait été ministre du dit Jacques Chirac chose qui demanderait à être établie.

Reste à savoir si dans le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle le parquet va faire appel. S’il le faisait tout ceci se plaiderait devant la chambre de l’instruction dont l’avocat général, nous rappelait Libération de samedi, n’est autre que l’ancien conseiller judiciaire de Jacques Chirac.

Un peu de bruit en perspective et peut être quelques odeurs. Allez savoir ?

Lyon, le 2 octobre 2009.

29/10/2009

Pauvre France

Il conviendrait tout de même qu’un jour quelqu’un nous propose les œuvres complètes de Frédéric Lefebvre le porte parole de l’UMP. Cette semaine, à propos des filouteries du gouvernement destinées à expliquer aux Français que « l’identité nationale » était la chsoe la plus importante pour eux, le caniche de l’UMP est venu hurler derrière le grillage avec le secret espoir de mordiller les mollets du premier qui passerait par là. « La défense de notre modèle culturel et de la douce France chantée par Charles Trenet passent » nous a expliqué Lefebvre, « pas la redéfinition de notre identité nationale ». Une fois dit que nous pouvons être choqués de voir l’UMP salir la mémoire de Charles Trenet, je voudrais rappeler que notre « Douce France » à nous c’est aussi celle chantée par Carte de séjour il y a bien des années de cela.

J’imagine que le simple nom de Rachid Taha n’est jamais parvenu jusqu’aux oreilles de Lefebvre et que les mots « Carte de séjour » doivent être initilisés dans la région la plus mal odorante de son cerveau. Quand le groupe Carte de séjour décide d’enregistrer « Douce France » de Trenet, nous sommes en pleine polémique « Droit du sol / Droit du sang ». Pasqua et Pandraud sont à la manœuvre comme Besson aujourd’hui. Rachid Taha l’écrit d’ailleurs dans son autobiographie « Rock la casbah » (Flammarion). La « Douce France » de Carte de séjour c’est « de l’ironie pour une France qui justement n’était pas douce pour les immigrés que nous étions. » Plutôt que de bramer en défendant leur loi Hadopi, bien des musiciens devraient être déjà en studios pour proposer une 3ème version du succès de Trenet en prenant l’engagement d’aller distribuer eux-mêmes aux députés leur enregistrement, chose qui avait été faite avec la version de Carte de séjour.

Pour terminer sur une bonne note je voudrais vous dire deux choses. Un : Rachid Taha demeure l’un de nos meilleurs rockeurs. Deux : il suffit d’écouter son tout dernier album pour s’en convaincre.

> Rachid Taha, « Bonjour », Barclay

Lyon, le 29 octobre 2009.

20/10/2009

Le gone du cabas

AZOUZ.jpgIl y a quelques jours Azouz donnait un entretien à Mag2Lyon qui sous-titrait « C’est le grand retour d’Azouz Begag en politique ».

Je vous passe le titre : « Je ne suis pas un blagueur » tant j’en doute encore vu son parcours depuis quelques années, digne des tours et détours d’un chemin de randonnée dans le Pilat.

Mais après tout, Azouz l’« agnostique qui respecte le ramadan » tel qu’il se serait lui-même décrit a peut-être trouvé son chemin de Damas. D’autant que sa gouaille est parfois sympathique quand il joue, à l’instar de saint Paul, l’avorton politique ou qu’il fustige avec ardeur le prince qui nous gouverne.

Le voilà donc qui plaide pour une grande alliance républicaine contre l’UMP. Why not ! Encore qu’une « alliance contre » ne fasse pas vraiment rêver et qu’un programme ou à défaut quelques grandes lignes seraient mieux venues. Mais passons, cela viendra sûrement en son temps… si les centristes lyonnais adoubent « l’écrivain connu pour son franc-parler » comme l’écrit le mag’ mentionné plus avant.

Et alors, croyez-le sur parole, il ira jusqu’au bout ce coup-ci pour retailler son manteau de futur élu ; un Manteau Ourlé d’Elu du Mitan, un MODEM quoi, comme on les taille de nos jours ; un vrai manteau de rebelle, cousu avec du fil moins blanc que celui de la mercerie du père Michel qui ne cessait de fuser. Coupe droite, mais ligne souple. Col blanc et ceinture serrée. Et puis François Bayrou le lui a promis : il l’aidera à l’enfiler et le soutiendra, lui le mec resté si simple et qui, comme un brave gone, fait ses courses au Franprix, habite à la Guillotière et a toujours sur lui sa carte Vélo’v. Toujours montrer sa carte Vélo’v au journaliste qui l’interviewe : une bonne astuce que Gilles Vesco lui a soufflé dans le creux de l’oreille au cani où depuis près de deux ans selon ses dires, Azouz rencontre un petit groupe d’une dizaine d’élus, dont Thomas Rudigoz que j’aime bien. Azouz déclare qu’ils ne sont pas moins légitimes qu’Éric Laffont : là je souris et, comme je le trouve déjà sympa, j’en arriverais presque à le trouver crédible. Et quand il dit que ce dernier manque de charisme c’est franc-vrai, mais je me bidonne tant ça sent son coup de pied de l’âne à cent lieues.

Bon, il dit aussi qu’il a eu un déjeuner très sympathique avec Gégé, mais que not’bon maire aurait fait la grimace quand le grand écrivain lui a annoncé qu’il se verrait bien futur maire de Lyon.

À l’immense auteur du « Gone du Chaâba », qui remplit son cabas au Franprix j’ai envie de demander s’il n’a pas enfilé comme vagnotte un nouveau cache-guenilles et si, dégauné comme ça, il nous prend pas un peu pour des grands gognands ou de grandes bugnes. J’y dirai aussi que c’est pas en se lantibardanant comme il l’a fait jusqu’à présent avec des idées hypothéquées sur les brouillards du Rhône qu’y va se dénicher une gâche facile, à cacaboson au milieu de nos échevins, pour jouer à ceux qui – comme on dit dans nos Monts du Lyonnais et pardon pour la phonétique – « I disont qu’i font, i font pas tant qu’i disont !».

Sinon, une fois de plus il va s’abouser et ronfler comme un charretier que c’est la faute à nous autres au lieu d’admettre qu’il a garsaillé.

Jean-Paul Schmitt

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Voici le texte du communiqué commun signé par l’ensemble des groupes qui siègent au conseil municipal de Lyon concernant le spectacle de Dieudonné qui se tient au transbordeur le 24 octobre prochain.

Jean-Yves Sécheresse

Communiqué

L’ensemble des groupes du conseil municipal de la ville de Lyon déplore la tenue du spectacle de M. Dieudonné M’Bala M’Bala, le 24 octobre prochain. Dans une agglomération qui fut capitale de la Résistance dans l’une des périodes les plus terribles de l’Histoire, où les valeurs humanistes et la lutte contre le racisme ont toujours été des préoccupations fortes, il est choquant d’avoir à accueillir toute personne qui, sous couvert d’humour et de création, défend des thèses négationnistes, en lien avec des partis politiques extrémistes, et profère des injures raciales condamnables au regard de la loi, comme en témoigne le jugement du tribunal correctionnel de Paris.

La législation ne donne pas, à la Ville de Lyon, les moyens d’interdire ce spectacle, aussi les groupes politiques réaffirment que la plus grande vigilance doit être observée quant aux propos qui seront tenus durant le spectacle. La loi doit s’appliquer pleinement : si des propos racistes ou injurieux devaient être tenus, ces dérives devront faire l’objet de la plus ferme condamnation.        
Les groupes politiques du conseil municipal renouvellent leur soutien aux associations qui se sont mobilisées.

Lyon, le 19 octobre 2009

Texte signé par

  • PS
  • PC
  • Lyon Demain
  • Groupe Démocrates
  • GAEC
  • Les Verts
  • Lyon Démocrate Modem
  • UMP – Ensemble pour Lyon

15/10/2009

Vivement dimanche

david douillet.jpgDepuis quelques jours, il y en a un qui doit bien mieux respirer, c’est Frédo, le neveu de l’autre, devenu ministre de la culture. On lui lâche enfin la grappe depuis que Jean, le fils d’un autre, lui a piqué la vedette. Nouvelle patate chaude de la majorité Jean à beau avoir été expédié chez le coiffeur par son père et fermement invité à passer chez le Optic 2000 de Neuilly, cela ne va pas très fort en terre Umpiste suite à ces vagues scandaleuses qui viennent abîmer des plages de sable chaud de leur eldorado. On l’a vu hier, le porte parole du gouvernement était à cran pour répondre aux questions des journalistes après le conseil des ministres ce d’autant qu’en annonçant que les cigarettes allaient être commercialisées sur internet, « Les Echos » avaient semé un peu plus la zizanie. Frédo, Jean, Marlboro, les Etats-majors Sarkozystes avaient paraît-il toute la journée un peu le blues n’espérant plus rien si ce n’est que le temps s’accélère pour que l’on passe à autre chose. En fait tout ce beau monde qui phosphorait jusqu’à point d’heure, n’attend plus qu’une chose, la victoire de Douillet dans la législative partielle de dimanche. Il ne manque en effet plus que 6 points pour que le judoka chiraquien Sarko-compatible n’accède au rang de député. Six points ce n’est pas grand-chose se dit-on à l’UMP, le problème c’est que le champion n’a plus de réserves de voix et que dimanche dernier 70% des électeurs sont restés devant la télé pour voir « Vivement dimanche ». Du coup la possibilité que la circonscription passe de droite à gauche n’est pas chose impossible contrairement à ce que les médias moulinent depuis quelques jours.

Faisant le pari (en ligne) que les électeurs de l’Essonne sont tout sauf des idiots, je me dis moi aussi « Vivement dimanche ». Avouez que lundi matin si l’on constatait que cette chaîne de la scoumoune n’était pas rompue, nous pourrions constater qu’après Frédo, Jean, Marlboro, Douillet viendrait compléter cette réjouissante série avant que dès la fin de la prochaine semaine on nous annonce peut-être encore mieux.

Lyon, le 15 octobre 2009

Photo: DR

08/10/2009

Hortesson et Beffeux

eric-besson.jpgOn se souvient, il y a quelques semaines, ayant invité les télévisions à venir l’interroger à New-York, Nicolas Sarkozy avait expliqué que l’heure de savoir s’il devait se représenter pour un second mandat était loin d’être venue. Pire la chose paraissait incongrue à notre président tant les tâches l’attendant pour l’avenir de la planète et du pays étaient immenses.

Hier, dans le Figaro, c’était donc « à titre personnel » que Claude Guéant, le faisant-fonction de premier ministre auprès du Président, exprimait son désir de deuxième mandat. Ça tombe bien car les grands préparatifs pour le renouvellement du mandat sont d’ores et déjà lancés. Côté logistique politique, la messe est dite, et c’est autour d’un périmètre qui va de l’UMP à de Villiers que s’organise la majorité. Coté thématiques, il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir qu’avec l’immigration et la sécurité on prépare la tambouille. Adieu déficit public. Ciao chômage et misère. Bye-bye la crise. Pour Sarkozy il s’agit de reprendre les standards, ceux qui ne déçoivent jamais.

Il va y avoir du sang et des larmes, de la peur et du stress dans l’électorat. Pour mettre en musique cette symphonie pathétique, deux chefs sont pressentis. Hortefeux et Besson qui travaillent actuellement tous les deux leur image. D’ailleurs le second bénéficie depuis quelques jours d’une couverture médiatique hors du commun. Il faut dire que commence à suinter l’idée que l’un de ces deux cerbères présidentiels devrait être le futur premier ministre capable de conduire à la victoire Nicolas Sarkozy pour un deuxième mandat.

En attendant « Le traitre » multiplie les exactions. Il nettoie la jungle, veut expédier les Afghans à domicile. Besson le félon, l’homme qui a éclaté de rire la dernière fois qu’il s’est brûlé est sur orbite. L’homme qui en deux ans est devenu Ministre et n°3 de l’UMP a-t-il pour autant une tronche de locataire de Matignon ? Allez-savoir ! De toute façon c’est Sarkozy qui décide.

Lyon, le 8 octobre 2009.

 

Taisez-vous !

Porte parole de la direction du Parti Socialiste, il est clair que Benoît Hamon n’avait pas à mêler notre Parti aux propos de Marine Le Pen relatifs à un livre de Frédéric Mitterrand paru il y a maintenant quatre ans. Si on écoute bien un de ses amis, Razzy Hamadi, quant à lui Secrétaire National en charge du service public (!), les commentaires livrés par le Porte parole se justifient par le simple fait de ne pas « Laisser ce terrain au Front National ». Martine Aubry doit faire taire ces deux-là.

Photo:DR

03/10/2009

Bouger !

sondage.pngC’est parti. Un premier sondage relatif aux intentions de vote aux régionales nous est livré par le suspect trio Opinionway - Le Figaro - LCI.

L’UMP serait, au premier tour, devant un PS talonné par les verts. Avec respectivement 32%, 19% et 16% ces trois formations se détacheraient puisque le front de gauche serait à 8 %, le Modem à 7% et le FN à 6%.

Vous me direz que ce sondage n’intègre pas le formidable grand bon en avant que Martine Aubry vient tout juste de faire prendre au PS en organisant son référendum de jeudi soir. Ce scrutin interne dont la direction du PS, Harlem Désir en tête se glorifie, n’est en fait qu’un cache-misère. Il suffit de constater les taux de participation dans nos grandes villes pour s’interroger sur le niveau d’adhésion des militant(e)s socialistes à l’opération conduite par Solferino. Personnellement je ne suis pas allé voter et pour une fois j’ai la très nette impression d’être majoritaire dans ce Parti.

Dans la perspective des régionales et après ce quasi-flop, il serait grand temps que la direction du PS cesse de singer les autruches. Hier, sur I Télévision, Malek Boutih, qui, à force d’être tricard au PS est au moins doté d’une véritable et rare liberté de parole, s’interrogeait sur la possibilité pour les socialistes de réunir les forces de l’opposition autour de la table, l’ancien responsable de SOS racisme indiquant clairement la possibilité que les Verts puissent conduire dans certaines régions une liste unique avec la perspective de présider, après la victoire, certaines régions. Cette proposition de Malek Boutih mériterait d’être sérieusement explorée, y compris pour ce qui concerne l’Ile-de-France car, à trop s’auto proclamer le pivot de l’opposition, le Parti socialiste pourrait un de ces matins se réveiller centrifugé par une possible alliance de Cohn Bendit et de Bayrou. Si le PS veut nous prouver qu’il est encore vivant il serait temps qu’il nous démontre qu’il bouge encore. C’est quand même la moindre des choses à exiger d’un Parti qui se veut l’incarnation du mouvement.

Lyon, le 3 octobre 2009.

15/09/2009

Retour sur un dérapage

hortefeux.jpgJ’ai lu ce week-end, dans les colonnes du « Dauphiné-Libéré Dimanche » un billet bien tourné au sujet du dérapage de Brice Hortefeux. Le journaliste y soulignait non sans à-propos combien la parade du ministre impliquant sa formule (quand il n’y en a qu’un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème) non pas aux arabes mais aux auvergnats était tout aussi blessante pour ces derniers.

Car sur le fond c’est le fait de stigmatiser une communauté qui pose problème, une communauté quelle quel soit. Cela montre  bien que l’ami de Nicolas Sarkozy ne sait pas comment se dépêtrer de ce dérapage bien réel. Et ce n’est pas parce que la victime de ces propos se veut consentante que les faits ne sont pas là.

Il était, en effet, pathétique de voir et d’entendre sur les média le jeune militant UMP concerné répéter qu’Hortefeux ne faisait que plaisanter. Décidément on a chacun ses plaisanteries. Je ne suis pas sûr, pour poursuivre le raisonnement du journaliste du Dauphiné- Libéré, que les électeurs de la région Auvergne devant laquelle va se présenter le ministre à l’occasion de Régionales rigolent beaucoup de ce « bon mot », ils risquent plutôt de bouder le vote UMP et ce ne serait que justice.

En attendant nous avons eu droit tout le week-end aux contorsions des médias qui ont essayé de  dégonfler les faits en limitant la portée de la phrase en question. Ils ont pu prendre appui sur la solidarité gouvernementale qui s’est exprimée jusque par la bouche de Nora Berra. Seul Azouz Begag y est allé de son excès habituel en nous racontant à la télévision, geste à l’appui, qu’Hortefeux l’avait accueilli au conseil des ministres en lui signifiant qu’il l’égorgerait volontiers. Mais Azouz est tellement mythomane que j’en reste prudent, il est difficile de penser que l’ambiance du conseil ne soit pareille à celle d’un bar mal famé.

En attendant le buzz est retombé et le ministre des cultes ni ne s’excuse  ni ne démissionne mais il ira rompre le jeûne à Paris, ce qui est tout simplement sa place. Un geste qui a d’ailleurs valeur d’aveu car ce ne sont pas les auvergnats qui en finissent avec le ramadam. Brice Hortefeux se sort donc sans trop de dégâts de ce faux pas qui n’a pas vraiment ému les associations anti-racistes, la LICRA, pourtant sourcilleuse sur ces questions, ayant même déclaré dès vendredi l’incident clos.

Philippe Dibilio

Photo: DR

 
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