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20/04/2010

Dommage

227.jpgDepuis de nombreux mois « Tribune de Lyon » offre un espace d’expression à une personnalité de la société civile lyonnaise. C’est Régis Neyret qui avait inauguré cette expérience. Et Régis, qui avec le temps est devenu notre mémoire à tous, avait trouvé le ton et choisi les sujets d’actualité. Derrière l’homme du patrimoine ressortait le journaliste émérite qu’il fût. Il continue d’ailleurs mais plus au rythme contraignant de la chronique hebdomadaire. Alors vint le tour d’Alain Jakubowitz. Je n’ai pas toujours été d’accord avec les prises de position du célèbre avocat lyonnais et son hyper médiatisation m’a souvent énervé mais je reconnais volontiers qu’il occupait ce créneau avec un réel talent. Il avait trouvé le ton et les sujets traités ne manquaient pad d’intérêt. Jacu ayant décroché c’est un autre avocat, Eric Pelet, qui, depuis quelques semaines, a hérité de cet espace. Ses chroniques étaient plus personnelle et les thèmes plus insolites mais le coup de plume restait convaincant. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des monde jusqu’à la livraison de cette semaine. Sous un titre sans équivoque : « Pour Hamelin » Eric Pellet se lance dans uns déclaration dithyrambique de soutien à la candidature auto proclamée du conseiller municipal UMP pour la mairie de Lyon en 2014. C’est son droit le plus absolu lui qui nous dit soutenir le parcours d’hamelin depuis plus de quinze ans. Ce n’est pas forcement dans l’esprit de cette chronique ni du journal qui sait traiter de la politique lyonnaise avec un recul qui correspond à son positionnement. Certes François Sapy, le patron de « Tribune de Lyon »ne savait peut-être pas en donnant ce créneau à Eric Pellet que celui-ci fût un, éphémère certes, mais néanmoins secrétaire départemental du RPR du temps où Henry Chabert était sur le devant de la scène. Quelque soit ses raisons et aussi respectables soient-elles en s’engageant de la sorte Eric Pellet donne une autre tonalité à cette rubrique et par voie de conséquences au journal. Et c’est dommage.

Philippe Dibilio

07/04/2010

Sottise et bouclier

Un Havard fiscal.jpgSottise que ce bouclier fiscal et sottises doctement énoncées par ces pauvres ministres envoyés en défenseurs par Nicolas Sarkozy. Sottises bêlées par les députés UMP du Rhône, petit doigt sur la couture du pantalon.

Sottises têtues. Ânonnées par Philippe Cochet. Le député-maire de Caluire-et-Cuire, en bon godillot, y va de son « Ce serait la pire des choses que de renoncer sur des engagements pris devant les citoyens ». Il ignore délibérément les écarts incommensurables entre ce que gagnent la plupart des citoyens et les quelques riches épargnants pour lesquels une plus grande solidarité serait scandaleuse quand d’autres manquent et s’endettent pour consommer le nécessaire.

Sottises simplistes. Rabâchées par Michel Havard : « Si nous voulons que les contribuables les plus riches quittent le pays, il faut le supprimer. Je pense que c’est la volonté du PS qui fait la chasse à ceux qui réussissent. Je suis favorable au bouclier fiscal ».

L’idéologie débridée qui nous a mis dans cette crise aliène leur bon sens. Ils en sont réduits à radoter les vieilles antiennes d’un PS lutteur de classes et de foire. Ils refusent de voir qu’il y a deux sortes de ce qu’ils appellent les « contribuables les plus riches » : ceux qui épargnent et ceux qui investissent dans l’économie, ceux qui vivent de leurs rentes et les capitaines d’industrie. Ceux qui épargnent déjà ont largement de quoi vivre très bien et tant mieux pour eux. Faut-il leur permettre d’augmenter encore leur épargne ? Les 100 restitutions les plus élevées faites par l’État (un tiers du coût) vont à des ménages qui détiennent 16 millions d’euros en moyenne. « Merci Nicolas, on va rajouter ça dans le bas de soie » ! Ceux qui investissent et qui fuiraient ne sont pas à craindre. S’ils sont des investisseurs, c’est dans les pays industrialisés et non dans les paradis fiscaux qu’ils investiront. Et la France, en matière d’investissements étrangers est plutôt bien placée.

Les Michel, les Philippe et toute la confrérie locale de l’UMP sont-ils aveugles et sourds pour ne pas voir ni entendre que ce bouclier reporte la fiscalité des plus riches vers les moins riches ? Est-il normal par exemple que le RSA soit financé par 1,1% des revenus fonciers et de l’épargne – un impôt payé par tous… sauf ceux qui sont cachés derrière le fameux bouclier ?

Non. Ils savent bien qu’il ne s’agit là que d’un élément d’une idéologie plus large dont ils sont les hérauts et dont la réforme de 2007 sur les droits de succession, l’ISF, la baisse de la TVA sur la restauration, le refus de remettre en cause les niches fiscales constituent les marqueurs. Toutes ces mesures vont dans le même sens : reporter la fiscalité des plus riches vers les moins riches. L’ensemble de la politique fiscale du pouvoir va dans ce sens… avec les résultats que l’on connaît.

Droite aveugle, crains la réaction de tes électeurs ! Léonard le génial peintre et inventeur le disait déjà : « La sottise est le bouclier de la honte, l’insolence est celui de la pauvreté. »

Jean-Paul Schmitt

02/04/2010

Un, deux, trois Estrosi

estrosi 2.jpgAlors que leur Président de champion plonge dans les sondages, que la grogne gagne les députés et que certaines personnalités umpistes font la trogne, la garde rapprochée du Sarkozysme tente de se mettre en ordre de bataille. Face au remuant Copé, c'est directement par le biais d'un Conseiller Elyséen, Olivier Biancarelli, que s'organisent les quelques troupes encore totalement acquises au président le tout sous le regard affectueux de Xavier Bertrand et de Frédéric Lefebvre. Regrettant la faiblesse politique du gouvernement à l'occasion d'un briefing destiné à remonter le moral de quelques députés, Xavier Bertrand aurait dit, tout en le regrettant, "on ne peut pas cloner Christian", entendez par là Christian Estrosi. Rendez-vous compte ces types sont tellement dans la mouise qu'ils seraient disposés en le clonant, à nous fourguer trois ou quatre Estrosi dans le gouvernement histoire de rendre l'aéropage de Fillon plus politique. Imaginez ce gouvernement dont ils rêvent et qui comprendrait, à l'instar des clones du Commandant Sylvestre dans les guignols de l'Info, une demi-douzaine d'Estrosi. Quand on nous dit que le Sarkozysme est malade, je n'osais imaginer que cela puisse l'être autant.

Lyon, le 2 avril 2010.

23/03/2010

Et maintenant

Regions roses.jpgDimanche la gauche a presque réussi le grand chelem en gagnant 21 régions sur 22 en métropole, seule l’Alsace ayant résistée à la vague rose-vert-rouge. Encore qu’il eut été intéressant de voir ce qu’aurait donné une candidature écologique au second tour d’autant qu’elle aurait représenté un signe fort pour les alliés du PS en terme de respect de ses partenaires aujourd’hui et demain. Mais n’en demandons pas trop.

Dimanche c’était aussi la chronique d’une victoire annoncée qui a remis en selle l’union de la gauche que les électeurs qui se sont exprimés ont semblé appréciée. Une union de la gauche recomposée avec les verts, ou plutôt Europe écologie, dans le rôle de numéro 2 en lieu et place d’un PCF qui aura vu disparaître jusqu’à son sigle lors de cette échéance politique. De ce point de vue J.L Melenchon a réussi son OPA et peut se poser en candidat à la présidentielle de 2012, il a des chances de voir sa campagne remboursée. Une fois donc ce bon résultat acquis une question se pose : et maintenant ? Maintenant il y a les « primaires à gauche » qui se dessinent. Initiative inédite elles représentent un enjeu capital. Si elles sont réussies, c'est-à-dire si leur organisation est irréprochable et que le peuple de gauche dans toute sa diversité se déplace en nombre, elles deviendront une force majeure pour le candidat ou la candidate choisi. Elles bousculeront aussi définitivement la vie et les pratiques politiques en France en installant une nouvelle forme de légitimité aux candidats. Sinon elles peuvent s’enliser dans une monstrueuse cacophonie qui discréditera la gauche. C’est peut être là le grand défi du PS.

Et maintenant ? C’est aussi ce que vont faire les régions de leur victoire. Vont-elles, contrairement au mandat précédent, mutualiser leurs initiatives et fonctionner en réseau pour esquisser les contours d’une politique nationale alternative au moins dans leurs domaines de compétences ? La réponse à cette question tiendra aussi un rôle dans la préparation de 2012.

Philippe Dibilio

18/03/2010

Ce n’est qu’un début, la campagne continue.

prof foi queyranne 2e tour copie.jpgOn grogne à l’UMP. De Rachida Dati à Juppé, de Christine Boutin à Debré, on critique au point que ces nouveaux rouspéteurs commencent à énerver le château et à être dans le collimateur de Sarkozy et de Fillon. Même Longuet le patron des sénateurs UMP nous dit qu’une fois le 2ème tour passé, il va y avoir des explications. Apparu, ce sous-ministre et bon soldat Sarkozyste évoque quant à lui le risque d’autisme pour l’UMP. Bref, si officiellement tout va normalement mal le réveil post-électoral risque d’être troublé dans le parti de la majorité présidentielle. D’ailleurs les Copé et autres Morin ne s’y trompent pas. Ils se réfugient dans un silence prudent car la machine à claques risque de fonctionner dans les semaines qui s’avancent avec un certain Sarkozy à la manœuvre.

En attendant que le président patauge dans les sables mouvants il convient de ne pas assister à cette débandade comme à un spectacle. Le job n’est pas terminé. Les élections régionales ne sont pas gagnées pour la gauche et les écologistes. 6 duels, 15 triangulaires et une quadrangulaire attendent et il conviendrait de ne pas se laisser gagner par les effets pervers d’un euphorisant premier tour.

D’ailleurs, dès ce soir on remet le couvert. Jean-Jack Queyranne, Philppe Meirieu, Elisa Martin et l'ensemble des co-listier(e)s tiennent meeting. C’est à Villeurbanne au CCVA du Cours Emile Zola (métro Flachet) sur le coup de 19 heures.

Nous y serons.

Lyon, le 18 mars 2010.

13/03/2010

Leur corps

Ouf ! Le concept de « Corps français traditionnel » n’est pas validé par l’un de nos meilleurs spécialistes de l’identité nationale, je veux bien entendu parler de Eric Besson. L’ancien de l’amicale de la Simca 1000, le beauf de Bolloré, le tout juste blanchi du financement paraît-il problématique du Parti Républicain, je veux parler de Gérard Longuet, le président de l’UMP au Sénat, ne pourra désormais plus mettre en avant sa lumineuse pensée. Pourtant le Longuet en question ne désarme pas. Il maintient que la lutte contre les discriminations serait plus efficace si elle était menée par un « non-discriminé ». Tout est donc dans le paradoxe. Au même titre que le groupe Bolloré, comme entreprise citoyenne, est le meilleur défenseur des africains, les charcutiers les meilleurs amis des cochons, Sarkozy le pote des ouvriers, il conviendrait donc de nommer à la tête de la Halde, non pas Malek Boutih, mais un de ces français de souche né à Neuilly ou dans le 16ème arrondissement, un bon catholique pratiquant juste nostalgique de la messe en latin, un de ces lecteurs du Figaro depuis quatre générations, adhérent respecté de quelques cercles parisiens particulièrement bien en vue, un hétéro sexuel si possible père de famille nombreuse ayant des amis juifs et francs-maçons…

Entre les déclarations de Longuet, les rots d’Eric Zemour, après la chasse à Ali Soumare entreprise par l’UMP grand-parisienne, la droite française est entrain de dangereusement se désinhiber au point, si elle n’y prenait pas garde, de devenir « un grand corps malade ».

NB:

Lyon, le 13 mars 2010.

05/03/2010

Vivement demain

urne-bis.1204846919.jpgAlors que nous sommes à peine entrés dans la ligne droite qui va nous conduire au premier tour des élections régionales, élections qui je le rappelle imposent la tenue d’un second round, certains sont déjà entrain de reluquer leurs futures circonscriptions législatives. Prenez la 1ère circonscription du Rhône, après avoir diffusé quelques tracts l’autre dimanche sur un marché, Thierry Braillard (PRG) nous expliquait le sur-lendemain sur son blog avec, faut-il le dire, une certaine émotion, « le plaisir à mener campagne dans la 1ère circonscription de Lyon, celle où j’ai été candidat en 2007 et où j’espère bien poursuivre le combat en 2012 ».

A lire la presse qui, avec une gourmandise non feinte, commence à se faire l’écho de ce phénomène et pour reprendre la formule de Thierry Braillard qui se dit que « d’autres candidatures seraient suggérées, envisagées, entrevues », on ne peut que se réjouir du fait que le défaut de candidatures n’est pas le malheur qui pourrait subitement s’abattre sur la vie politique française. D’ailleurs, toujours dans cette même 1ère circonscription du Rhône, l’actuel titulaire du poste de député, l’UMP Michel Havard, n’est pas disposé à se faire plumer comme une vulgaire volaille de Bresse. Il aurait déjà prévenu que même battu pour les prochaines législatives de 2012, il serait candidat aux municipales de 2014. Il y a maintenant quelques mois Thierry Braillard quant à lui avait annoncé qu’il pourrait être candidat aux dites municipales dans le cas où Gérard Collomb renoncerait à un troisième mandat, nous pouvons raisonnablement ne pas exclure qu’un combat Braillard- Havard risque d’avoir des allures de sommet Mohamed Ali/Foreman en 2014. Sachant que cette année là, se produiront les premières élections des fameux Conseillers Territoriaux qui précèderont les législatives de 2017, j’invite les plus jeunes d’entre-vous à réfléchir à tout cela dans la mesure où en 2020 de nouvelles échéances municipales se profileront et qui précèderont quant à elles ….

Lyon, le 5 mars 2010.

20/02/2010

Cochon de Brest


Sarkozy un petit cochon ? De Villepin se lâche !
envoyé par thony911. - Découvrez des webcam de personnalités du monde entier.

Les trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Le premier petit cochon se construit une maison de paille. Le deuxième petit cochon se construit une maison faite de brindilles. Le troisième petit cochon se construit une maison de briques et de ciment. Le grand méchant loup parvient à détruire les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon. Pour faire sortir le cochon de sa maison, le loup lui propose d’aller chercher des navets avec lui, mais le cochon sort tôt le matin et rentre chez lui avec des navets avant l’arrivée du loup. Le loup propose au cochon d’aller cueillir des pommes, le cochon lance une pomme très loin et se sauve chez lui pendant que le loup court après la pomme. Le loup propose ensuite au cochon d’aller à la foire. Arrivé le premier à la foire, le cochon achète une barrate. Sur le chemin du retour il voit venir le loup, il se cache alors dans la barrate qui dévale une pente et fait peur au loup. Ce dernier décide alors de rentrer chez le cochon par la cheminée, il tombe dans une marmite de soupe et s’ébouillante. Le cochon le mange pour son dîner.

Si ce troisième cochon se prénommait « Nicolas », Dominique de Villepin devrait donc se méfier sauf à se rêver finissant dans la soupe aux choux du Président.

Lyon, le 20 février 2010

(Texte emprunté à wikipidia)

 

16/02/2010

Qualificatif

PhilippeCochet.jpgInterviewé dans le dernier numéro de Lyon People, Philippe Cochet le député maire de Caluire et président départemental de l’UMP apparaît toujours aussi agressif mais beaucoup moins péremptoire. On est loin de 2007 où, dans Lyon Capitale, au lendemain de son élection comme secrétaire national à je ne sais quoi de son parti, il se prétendait plus important qu’un ministre. C’était le temps béni des lendemains de victoire. Depuis la vie a fait son œuvre. Pour les municipales de 2008 Cochet avait lancé une véritable fatwa contre les élus du groupe Synergies au Grand Lyon intimant à tous les maires de sa circonscription de rejoindre l’UMP. Résultat : tous les nouveaux élus sont allés à Synergies entrainant même avec eux un maire sortant du groupe UMP. Le genre de claque qui rend modeste et qui fait dire aujourd’hui à l’intéressé qu’il ne pense pas à la présidence du Grand Lyon tous les matins en se rasant. Mais il ne supporte toujours pas la présidence de Gérard Collomb dans cette assemblée qu’il situe à droite. Alors il cherche les angles d’attaque et après avoir dit tout le bien qu’il pense de la gestion de Michel Noir puis de Raymond Barre il reproche au président actuel son exécutif ouvert à l’opposition et ses 40 vice-présidents présentés comme un armée mexicaine. Seul détail c’est Raymond Barre lui-même qui a inauguré ce mode de gouvernance et son exécutif d’alors n’écartait que les représentants du FN et du Parti Communiste, encore que puisque Maurice Charrier y siégeait. Certes il n’était plus encarté au PC mais l’avenir a montré qu’il n’a jamais coupé les ponts en laissant au moment de son départ volontaire les clés de Vaulx en Velin à un membre très officiel de ce parti. Certes Barre avait ses raisons : il lui fallait contenir l’influence qu’il jugeait trop forte des amis de Noir regroupés autour d’Henri Chabert cela valait bien une alliance avec la gauche. Pourtant Philippe Cochet ne rechigne pas à prendre appui sur le passé pour poser la question qui lui paraît fatale : quel qualificatif donneriez vous aux années Collomb ? Pour Noir dit-il c’était propreté et lumière, pour Barre l’UNESCO, pour Collomb il ne voit rien même pas les Berges du Rhône par exemple ou peut-être a-t-il oublié ce qu’elles étaient avant. Mais son objectif aujourd’hui est de faire de Caluire un modèle pour le dupliquer au niveau de l’agglomération alors attendons et on verra bien quel qualificatif on pourra donner à la gestion Cochet en 2014.

Philippe Dibilio

Photo: DR

09/02/2010

En baisse

Begag.jpgPas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps un sondage ne fait une élection . Il en va ainsi pour les régionales. Il reste que  celui effectué ce week-end et  qui donne 10% aux listes Europe Ecologie ramène cette formation à des ambitions certainement plus proches des réalités. Il paraît évident, en effet, que l’aura médiatique du duo Bové-Cohn-Bendit pour les Européennes n’allait pas se démultiplier dans chaque région. Et pourtant c’est le pari fait par les écologistes qui sont allés chercher des figures de prou dans les régions pour conduire leurs listes. Un pari qui risque de faire flop s’il n’est pas soutenu par des enquêtes d’opinion favorables. Alors faut-il penser que le star system est en recul sur le champ politique et électoral ?

A voir certes le soir du premier tour qui est le seul instant de vérité. En revanche on peut dire dès aujourd’hui que le choix d’une « vedette médiatique » ne crée aucune rente de situation en soi. Qu’on en juge avec la liste Modem  conduite par l’ineffable Azouz Begag. Il faut bien reconnaître que l’attitude de François Bayrou dans cette affaire relève d’un aveuglement rarement atteint. Pourtant une répétition générale avait eu lieu pour les municipales de 2008. Déjà au sein du Modem lyonnais les attaques fusaient, les affrontements se succédaient pour aboutir à un abandon du combat en rase campagne par la tête de liste d’alors le même Azouz Begag. L’expérience n’a donc pas suffi et c’est encore  à l’écrivain villepiniste qu’a fait confiance Bayrou contre vent et marée. Résultat une liste qui écarte le président départemental et un certain nombre de figures du Modem comme Eric Laffond ou Richard Moralès. Une liste qui vit dans les contradictions quant à la conduite à tenir vis-à-vis de la gauche rejouant un remake des municipales où l’on trouvait des « oranges » sur toutes les listes.

Pire l’affrontement prend des proportions avec l’envoi de faux email porteurs de fausses informations mais envoyés par de vrais adhérents du Modem. Une confusion qui pourrait faire rire si elle ne faisait pas pleurer pour la politique déjà tant décriée par ailleurs. Car derrière tout cela il y a bien l’indigence politique d’un Begag qui n’offre ni programme ni stratégie ni campagne tout court. Comme si sa nomination pour mener la liste suffisait en soi. Et comme souvent il a annoncé à qui voulait l’entendre que lui allait faire de la politique autrement et comme toujours cela conduit à ne pas faire de politique du tout. 0n reste pantois devant le fait qu’un homme aussi expérimenté que Bayrou soit tombé dans ce panneau et on peut lui souhaiter que ce ne soit que l’unique situation en France mais c’est déjà une de trop dans le mouvement de baisse dans l’opinion qui frappe son parti.

Philippe Dibilio

08/02/2010

Spleen

200px-%C3%89ric_Besson.jpgC’était il y a un peu plus de trois mois. Sur commande présidentielle, le dévoué transfuge Besson lançait son « grand débat sur l’identité nationale » avec pour mission de draguer quelques électeurs du Front National et de pourrir le débat public à quelques encablures des élections régionales.

Aujourd’hui, le gouvernement tient séminaire sur ce sujet. Attention, il ne s’agit pas du grand barnum dont rêvait, illuminé par la pensée présidentielle, l’appliqué Besson. C’est même tout le contraire, en guise d’évènement, Fillon va bénir ce que désormais beaucoup de monde à droite souhaite être une cérémonie des obsèques et le pauvre Besson doit ranger ses rêves de grandeur ministérielle dans le fond de sa poche. Accusé d’en avoir trop fait, d’avoir joué perso, d’être ingérable, le traitre devenu numéro 3 de l’UMP affiche une bobine des mauvais jours. Il faut dire qu’il y a peu, notre ministre, euphorisé par son débat avec Marine Le Pen, s’est retourné et n’a vu personne le suivre. Même Sarko qui devait pourtant présider ce fameux séminaire s’est fait porté pâle laissant en plan le ministre. En proie à des attaques Umpistes qui fusent, tricard et abandonné, le bon caporal Besson ne cesse pourtant de répéter qu’il assume, qu’il assume tout au point qu’il va se mettre à assumer même ce qu’il n’a pas encore eu le temps de faire.

Sur ce champs de bataille de l’Identité Nationale, le soldat Besson traîne son spleen et sa solitude et il n’est pas certain qu’à droite grand-monde songe à le sauver.

Lyon, le 8 février 2010.

Photo: Luc Legay

03/02/2010

Honorable légion

Légion sanglante.jpgLa France et son éminent président prennent pleinement la mesure de l’honorabilité des élites chinoises. Grâce en soit rendue à l’UMP, désormais parti frère de celui de Mao, depuis que Xavier Bertrand a signé en octobre 2009 un manifeste d’accord avec le PCC. Il est d’ailleurs question de rééditer en bleu le petit livre qui fit la joie des « mao » de tous poils de ma jeunesse.

À Pékin, dans la suite d’un processus bien rodé, Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, conseiller officieux en matière de sécurité et d’anti-terrorisme de l’illustre révolutionnaire de la commune de Neuilly, ex rocardien et pote à Valls, vient de décorer de la légion d’honneur l’honorable He Bingsong, criminologue de son état.

Déjà habitués à ce que l’insigne ruban rouge, synonyme d’honneur ou de bravoure, orne la boutonnière de nombre de chanteurs et de sportifs, vous me direz peut-être qu’il vaut mieux l’accrocher au veston d’un criminologue qu’à celui d’un criminel comme Vladimir Poutine décoré en 2006. Sauf que le dénommé He Bingsong est aussi celui qui justifiait il y a peu la condamnation à mort d’Akmal Shaik, ce Britannique souffrant de troubles psychologiques arrêté en Chine pour trafic de stupéfiants et exécuté depuis. La « patrie des droits de l’homme » décore ce faisant un partisan chinois de la peine de mort qui vient juste de contribuer par ses affirmations à une exécution capitale.

Que ceux qui se nourrissaient encore de quelques illusions quant au cynisme de nos gouvernants sans complexes, apprécient et jeunent en signe de deuil. Ils se referont au moins des amis chez les Britanniques qui s’étaient émus du sort réservé en décembre dernier à leur compatriote. J’entends déjà fuser les habituels « incorrigible droit-de-l’hommiste naïf !».

Si on peut concevoir qu’un dialogue ininterrompu soit mené avec les États qui bafouent les droits des humains, des honneurs aussi indignement rendus à leurs élites sont inacceptables. Pourquoi ne pas honorer les résistants des droits de l’homme dans ce pays ? Parce qu’ils sont en prison ? Parce que cela mettrait en péril nos relations économiques ? Parce que des « agitateurs » menacent le parti frère ? Alors si, au nom de la réal politique, on refuse de donner la légion d’honneur à des avocats des droits civiques comme Chen Guangcheng, à des résistants comme Hu Jia, à des écrivains comme Liu Xiaobo tous emprisonnés, pourquoi la donner à des He Bingsong en 2010 ou, comme en 2007, à des Long Xinmin, ce haut responsable de la censure ?

Honneur, vous avez dit honneur ? Les temps électoraux viendront où l’image d’un petit timonier sera affichée sur nos dazibao municipaux. Souvenons-nous de lui rendre les honneurs. Les occasions ne sont pas légion.

Jean-Paul Schmitt

12/01/2010

CANOL, médicament ou faux-nez ?

CANOL.jpgUne collectivité publique peut attribuer une subvention aux structures locales d’organisations syndicales, n’en déplaise à la fameuse ( ?) association CANOL (Contribuables Actifs du Lyonnais) qui contestait l’engagement de telles dépenses publiques. Fin novembre, le tribunal administratif de Lyon a donné raison à la Région, estimant qu’elle était parfaitement dans son droit en permettant aux structures aidées de participer « à la politique régionale en faveur de l’emploi et de la formation ». Quoi ? Une collectivité publique sauvegarde l’emploi sur son territoire avec nos impôts !

Celle qui se présente modestement comme « l’une des plus importantes associations de contribuables en France » a un crédo un tantinet poujadiste : « lutter contre le gaspillage de l’argent public ». Elle fait le délice des journaleux et nourrit les argumentaires du FN, de l’UNI et de l’UMP. Elle dénonce, attaque, traque tout ce qui touche à notre porte-monnaie d’imposés ou de taxés. Porte-monnaie en peau de hérisson ultralibéral quand la fiscalité y puise.

Si la veille est utile en la matière, la systématicité de ses angles d’attaque interpelle : dénonciations devant les tribunaux des aides du Grand Lyon aux Pays du tiers-monde ; attaques des subventions aux organisations culturelles ; critiques des trains régionaux du service public complètement renouvelés par le Conseil Régional « Le TER reste un moyen de transport marginal qui ne mérite pas les investissements colossaux de la Région… » ; plainte contre les subventions du Grand Lyon au technicentre SNCF avec au passage une gifle à l’ADERLY (Association pour le DEveloppement de la Région LYonnaise) « grassement subventionnée pour attirer les emplois vers notre région »…

Un style tout en nuances. La culture, puits sans fond pour l’association qui attaquait Lyon pour la production de films pour la jeunesse avec un « Contribuables, vos élus font vraiment n’importe quoi avec votre argent ! », fustigeant toutes ces associations culturelles « dont les recettes de billetterie sont si faibles que l’on peut se demander si elles sont d’une utilité quelconque, si ce n’est de verser des salaires à leurs animateurs ! ». Et de citer pêle-mêle la Villa Gilet, les Nouvelles Subsistances, le Théâtre de la Cité de Villeurbanne, la Commission du Film Rhône-Alpes, l’Institut d’Art Contemporain…

Le style dévoile l’idéologie. Il suffit de lire le choix qu’a fait CANOL pour décrire un moment de la biennale de la danse, infernale gourmande de subsides (le FN l’a reprise in extenso) : « la chorégraphie reprend toutes les étapes de la grossesse, de la danse de la séduction à l’accouchement : les fillettes feront la danse de l’ovule sur les trottinettes ». Vade retro satanas !

Certes, l’association choisit parfois de féliciter les bons élus. Elle distribue les meilleures notes sur 10 aux « élus du Rhône qui soutiennent les contribuables : - TERROT Michel : 9 - VERCHERE Patrick : 7 - COCHET Philippe : 6 - PERRUT Bernard : 5 - MEUNIER Philippe : 3 - HAVARD Michel ». Association bien sûr non politisée…

J’allais oublier : CANOL est aussi un médicament utilisé pour faciliter les fonctions d'élimination digestive et rénale. La notice prévient : « Risque de diarrhées à forte dose »

Jean-Paul Schmitt

 

28/12/2009

2004 en vrac

Loi Perben II - Le PS obtient la présidence de 21 régions – Nicolas Sarkozy ministre de l’économie et président de l’UMP – Tsunami en Asie du Sud-Est – Décès de Ray Charles – Réélection de George W. Bush face à John Kerry – Succès des choristes – Disparition de Claude Nougaro …

Lannemezan, le 28 décembre 2009.

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

 
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