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08/09/2010

Aux tyrans, la Languedoc-Roussillon reconnaissant

monuments1.jpgMichel Audiard, qui nous a prouvé toute sa vie que le bon mot et le bon esprit étaient solubles dans le Monthélie et le Santenay, avait commis une réplique, à la faveur d'un film culte, qui nous ramène aujourd'hui à une languedocienne actualité : "Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".

Du Languedoc-Roussillon émane en effet depuis quelques semaines ce fumet si caractéristique de l'andouillette qui a fait la réputation de nos meilleurs bouchons lyonnnais. Il s'agit bien évidemment du projet que Georges Frêche porte pour sa région, un projet moteur du rayonnement économique, social et culturel du Languedoc-Roussillon qui risque de rendre jaloux Jules César et Pompée enfin réunis : l'érection de statues quasi chryséléphantines à la gloire de bienfaiteurs de l'humanité que le Prix Nobel de la Paix a injustement ignorés : Lénine, Staline et Mao, en guise d'unique viatique au président qui claudique. Un triumvirat qui comptabilise un impressionnant bilan victimaire, tous fossoyeurs assassins de ce que l'idée de progrès avait pu faire naître d'espérance et d'ambitions pour l'Homme.

Pas de quoi détourner, certes, l'opinion publique des errements épistolaires d'un Eric Woerth, qui est à la vérité ce que Brice Hortefeux est à l'humanisme et à l'amitié franco-roumaine.

Ma conviction reste toutefois rivée à l'idée que certaines provocations, fussent-elles coulées dans le bronze, méritent le mépris.  Assurément, ces ombres tutélaires d'un passé meurtrier devenues les héros mythifiés d'un rond-point de zone artisanale au service d'un septimaniaque finissant comblent l'idée que je me faisais d'eux. Des nains à Lilliput.

La Corée du Nord risque de dépêcher une délégation pour inspirer son guide suprême.

A la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

Photo: DR

06/09/2010

Les chiffres et les lettres

eric_woerth_2.jpg?w=100&h=150On savait l’homme ami des chiffres. Avec sa bobine de comptable, Eric Woerth les manipulait comme personne. Ceux de l’Etat mais aussi ceux de l’UMP n’avaient guère de mystère pour lui. Depuis quelques semaines nous découvrons l’ancien ministre du budget sous un nouveau profil, celui d’homme de lettres. Ses échanges de missives avec De Maistre, l’ex patron de sa femme, sont en passe de devenir plus célèbres que celles de Madame de Sévigné. Woerth est donc un écrivain. Pour une simple question de breloque, il écrit, mais il écrit tant qu’il ne se souvient plus d’avoir écrit. A croire qu’entre Woerth et la veuve Bettencourt le plus sujet à perte de mémoire n’est pas nécessairement celui que l’on croit. Parmi les nombreux échanges épistolaires dont on nous parle aujourd’hui et qui concernent le si exemplaire ex-ministre du budget, Le Canard Enchaîné de la semaine nous révèle l’existence d’une lettre de Gaymard, alors ministre de l’agriculture, faisant un rappel à la loi concernant ces fameuses terres de la forêt de Compiègne dont il conviendrait que Woerth nous offre quelques explications quant au sort. Homme de chiffre devenu homme de lettres, Eric Woerth est, convenons-en, sur le point de devenir une super-star. Pour vous en convaincre, tapez simplement « Eric » sur google et vous constaterez que notre homme ne fait plus simplement partie de la crème de Chantilly, il est aussi en bonne place sur le plat à gratin. Notre alpiniste occasionnel et néanmoins funambule chez Sarkozy arrive donc désormais en tête des « Eric » devançant Zemmour, Cantona, Clapton, Besson, Bompard, l’autre moitié de Ramzy, Abidal et même l’ancien coach de l’OM, le belge Gerets.

Il faut dire que depuis une bonne douzaine de semaines. Chaque jour nous en dit plus sur la vie tumultueuse d’Eric Woerth. La, les affaires Woerth n’en finissent pas d’en finir et la presse, tirant les fils de la bio du ministre, nous fait découvrir peu à peu le petit monde d’Eric Woerth. Madame et son goût du canasson, Liliane Bettencourt, De Maistre, Sérigny et l’affaire Molex, Compiègne, César, des collaborateurs œuvrant généreusement à l’UMP comme dans les ministères. Bref, même si le cas d’Eric Woerth restera dans l’histoire comme subsidiaire au regard de ce que cette affaire nous enseigne sur la déliquescence d’une République cornaquée par Sarkozy, il serait tout de même temps que Woerth se retire, terme aimable pour lui demander de dégager.

Lyon, le 6 septembre 2010.

Photo DR

04/09/2010

L’homme de l’été

brice-hortefeux-cout-depense.jpgC’est sans conteste l’homme de l’été. Même Estrosi doit se faire une raison, sur cinq longues semaines estivales, Brice Hortefeux demeure le meilleur des Sarko-Boys, celui qui a été capable, comme le lui avait demandé son chef, d’occuper sans avoir besoin de le demander les médias presque chaque jour. C’est par une interview au Monde du dimanche 22 août que l’Auvergnat a atteint l’apothéose en s’en prenant à « La gauche milliardaire » (Sic!) histoire d’enfiler à bon compte un costume de fils du peuple ce qui après tout n’est pas un mince exploit pour un fils de banquier né à Neuilly.

Ayant tout obtenu de son ami Sarkozy, sauf son diplôme de Sciences Po, Hortefeux a donc joué cet été le seul rôle qui puisse lui convenir. Celui de porte flingue, de voix de son maître, de lieutenant comme on aime tant le lire dans les colonnes du Figaro. Successivement Directeur de Cabinet du Maire de Neuilly, Administrateur territorial en poste à la Mairie de Neuilly, Chef de cabinet du Maire de Neuilly devenu ministre du budget, Brice Hortefeux est nommé préfet en 1995 enfilant par la suite des missions tant pour le compte du gouvernement que pour le président du sénat. Ministre dévoué des uns mais surtout de l’autre, Hortefeux est un bon spécialiste des astuces et blagues très limites au point que, suite à celle proférée l’an passé lors de l’université UMP, il se trouve un tribunal, celui de Paris, pour condamner l’intouchable pour injures à caractère raciste mais l’intéressé a, par la suite, fait appel.

En vérité, sans son pote, le protégé du président ne serait probablement grand-chose. Spécialiste du coup de menton et des propos honteux sur commande, Hortefeux n’est rien en dehors de sa base de Neuilly et d’homme de Sarko. Ayant beau présenter aux médias son profil le plus auvergnat, Hortefeux n’est pas grand-chose du côté de Clermont-Ferrand et le fait de renoncer à concourir en 2007 pour la municipale est assez éclairant. En fait son seul soutien dans la zone s’appelle Charasse le très Sarko-compatible sénateur fraichement recasé au Conseil Constitutionnel. Celui que le journaliste François Reinhard a désigné, avec complaisance, comme « Le mécano de Sarko » restera probablement dans l’histoire comme l’incarnation de ce petit personnel de la Vème république béatement dévoué au chef en raison d’une envergure modeste. En attendant, Hortefeux exprime un des aspects les plus nocifs de la politique conduite dans notre pays au point que par ses agissements et ses propos l’actuel ministre de l’intérieur est sur le point de revaloriser l’image des Marcellin, Bonnet, Poniatowski, Pasqua ou Pandraud, c’est dire !

Lyon, le 4 septembre 2010.

Photo: DR

30/08/2010

Retraites à l’allemande

409px-SPD-Cube.svg.pngAlors que d’ici quelques jours la question des retraites va une nouvelle fois être posée dans la rue, c’est bien entendu du côté de l’Allemagne, pays très souvent montré en exemple de ce côté-ci du Rhin, que l’on lorgne. En effet, en invitant son pays à revoir l’âge de départ en retraite, Sigmar Gabriel, le président du SPD, a mis les pieds dans le plat en brisant ainsi le tabou imposé par son prestigieux mais contesté prédécesseur Gerhard Schroeder. Le leader social démocrate s’est donc manifesté en remettant en cause la loi de 2007 qui prévoyait une augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite à 67 ans à partir de 2012. La loi en question conditionnant son entrée en vigueur au niveau d’emploi des seniors, Sigmar Gabriel a mis en avant le fait que seulement 10% des 60-64 ans exercent une activité professionnelle en Allemagne. Pire, concernant certaines professions, le taux ne dépasse même pas les 2% ce qui fait dire au leader du SPD que « l’on ne peut pas punir ceux qui ne peuvent plus travailler au-delà de 65 ans en réduisant de facto leur pension ». Cette nouvelle position d’une fraction du SPD à l’égard des retraites pose de toute évidence l’abrogation de la loi de 2007 alors que d’autres mettent au contraire en avant la nécessité de repousser l’âge de départ en retraite à… 70 ans.

Ce débat allemand largement alimenté par la situation démographique d’un pays atteint de vieillissement n’autorise plus la droite française à inviter de force l’exemple allemand dans nos propres discussions. Fonctionnant jusqu’ici comme une sorte d’argument d’autorité, il va bien falloir que ceux qui entendaient imposer ici la réforme des retraites en s’appuyant sur cette mythique vision allemande, changent leur fusil d’épaule.

Lyon, le 30 août 2010.

15/07/2010

B comme "Bernard (merci)"

B 3.jpg

Excusez du peu mais le type peut revendiquer 20 pages sur Wikipedia alors que Jean-François Copé, le patron des députés Umpistes en pèse tout juste 7. Pourquoi alors vous parler en ce 15 juillet du French Doctor devenu Sarkozyste alors que depuis des mois et des mois notre homme est au fond des oubliettes, un tricard qui inspire le mépris de la part de ses nouveaux amis de droite.

Il est bien entendu trop tard pour sauver le caporal Kouchner. Sa disparition est annoncée pour octobre prochain et celui qui parlait il y a encore quelques mois diplomatie aux oreilles du président prendra la porte de sortie avec sa camarade Rama Yade flinguée par ses soins alors que la sous-ministre des droits de l’homme indiquait qu’elle avait une âme.

L’histoire devra trancher quand elle examinera la carrière contrastée du Docteur Bernard. De l’Uec à l’Ump, même Dieu aura un peu de boulot pour y retrouver les siens. Au terme de ce désastre politique qu’est la fin de carrière de Frenchy Nanard, je veux espérer que l’impressionnant temps libre qui sera offert à l’ex ministre dès novembre permettra à Kouchner de se remettre sérieusement au travail pour reprendre, là ou nous étions restés dans la série « Médecins de nuit ». Au centre de controverses lourdes, objet d’attaques plus ou moins fondées, personnage particulièrement irritant, il convient de prendre conscience que comme scénariste de ce feuilleton notre Bernard fait l’unanimité. D’ailleurs la récente expédition du Doc en Sarkozie pourrait inspirer le scénariste. Alain Minc pète un plomb et aussitôt notre toubib débarque, Pierre Péan passe sous un autobus et le Doc reste au rade à boire des canons avec ses potes, un parachuté essaye de se faire élire dans une circonscription communiste du nord de la France et illico le SAMU s’héliporte. Bref, les sujets d’inspirations ne manqueraient pas ce d’autant que, si le service public dirigé par Sarkozy, disposait de quelques sous on pourrait imaginer « médecins de nuit » aux quatre coins du monde et pourquoi pas en Birmanie ? Merci Bernard.

Lyon, le 15 juillet 2010.

 

07/07/2010

Quel exemple

elysee.jpgComme à propos du rendez-vous avec Thierry Henry, on ne saura jamais qui de Nicolas Sarkozy ou de Joyandet a pris l’initiative de la démission du secrétaire d’Etat. Ce dernier l’avait annoncé sur son blog mais l’Elysée a voulu reprendre la main en ajoutant un nom ; celui de Christian Blanc. Du coté de chez Sarko on créait ainsi de l’exemplaire, on frappait du point sur la table. C’est raté car les français ont vite vu là une piètre manœuvre pour essayer de jeter un voile pudique sur la véritable affaire ; celle qui touche Eric Woerth. Car il n’y a pas de commune mesure entre le billet d’avion voire le permis de construire de Joyandet ou les chères cigares Christian Blanc et ce qui chaque jour se découvre un peu plus autour de l’ex-ministre du budget. A ce sujet en fin de semaine dernière ce sont nos voisins suisses qui ont rajouté une touche au tableau en détaillant par le menu les longs séjours de Madame Woerth à Genève. On y apprend qu’au moment où son mari exhibait la liste des 3000 noms d’exilés fiscaux que lui avait remise un « repenti » de la HBSC elle s’occupait du camouflage de l’argent de madame Bettancourt mais participait aussi à des soirées mondaines où les dits exilés n’oubliaient pas d’annoncer leur participation au financement de l’UMP. Pourquoi perdre son temps ? Mais là il est difficile de croire que son trésorier de mari n’était pas au courant. Car dans cette affaire nauséabonde le pire réside bien dans ce mélange de genres entre le rôle d’un ministre en charge de questions financières et le trésorier du parti majoritaire. On se demande à ce stade si cette république agonisante tombera encore plus bas. En attendant à Sarko qui voulait faire un exemple en virant deux sous ministres si importants qu’ils ne sont même pas remplacés, on peut crier dans tous les sens du terme : Quel exemple !

Philippe Dibilio

Photo: DR

05/07/2010

Soldat Woerth

Eric_woerth.jpgSi certains doutent encore de l’utilité du Figaro de Dassault pour la droite, qu’ils épluchent, pas nécessairement dans le détail, la façon dont le quotidien remue le ciel, la terre et une partie du cosmos pour sauver le bon Monsieur Woerth. Après Philippe Parini, le directeur général des finances publiques monté au créneau le 30 juin, ce week end le « premier » premier ministre de la France, l’indispensable Guéant tentait lui-même une contre attaque sur quatre pages du « Figaro-Magazine » dénonçant comme il se doit, les socialistes.

Alors que les révélations sur les mœurs de la république à l’égard des puissants se multiplient comme jamais, on se mobilise de toute part pour expliquer aux Français que Woerth est un perdreau de l’année, un gentil ministre désintéressé, un peu amorphe et la tête dans les étoiles. De toute évidence « Tenir bon » est désormais le mot d’ordre. Tenir bon jusqu’au 14 juillet en se disant que l’été faisant le soufflet aura une fort mauvaise mine à la rentrée. Tenir bon sur l’ensemble des fronts, sur Bettencourt, sur Woerth et Madame, sur la trésorerie de l’UMP. Manifestement cette affaire Bettencourt-Woerth à tout d’une poudrière alors que le pays traverse une crise terrible et que la rentrée s’annonce pire encore. A ceux qui ne seraient pas convaincus de cela l’agitation qui règne dans les rangs de la droite devraient les faire changer d’avis. Pire. Derrière le dossier Woerth les questions du fonctionnement partial de l’appareil d’Etat, de ses services fiscaux et peut-être même de sa justice, sont désormais posées. Mieux. Au-delà du cas de ce pauvre Woerth, trésorier de l’UMP, c’est de morale dont il s’agit de parler tout en s’interrogeant sur l’avidité financière de la machine électorale présidentielle. Dans le « Marianne » de la semaine on nous explique qu’étant donné le plafonnement des dons on invite du côté du parti présidentiel à multiplier les donations au sein d’une même famille et même à contribuer aux levées de fonds vers l’ensemble des formations de la majorité. Bref, le potentiel calorifuge de Woerth est chaque jour de plus en plus dangereux pour la droite et l’on peut, de moins en moins s’interroger sur les raisons qui conduisent la majorité à ne surtout pas lâcher le soldat Woerth en pleine campagne.

Fin de la saison 1 du feuilleton, le 14 juillet.

Lyon, le 5 juillet 2010.

Photo: DR

03/07/2010

Charité

IMG_0079.jpgEntre affaire Bettencourt, affaire Woerth-Bettencourt et Bettencourt-Woerth, l’histoire de la prime aux résultats accordée aux préfets n’a pas fait grand bruit. Pourtant depuis l’an passé, assez discrètement, nos préfets et sous-préfets peuvent bénéficier de primes allant de 40 à 60 000 euros par an pour peu que les statistiques en matière de sécurité et, nous dit-on, d’aide à l’emploi, soient bonnes.

L’histoire n’est donc pas nouvelle puisque c’est un décret Fillon de novembre 2008, paraphé également par ce brave Eric Woerth, qui a mis en place ce Sarko-formatage de notre haute administration à l’aide de critères affinés par Brice Hortefeux. Passons sur le fait que les préfets sont les seuls fonctionnaires de ce pays à bénéficier de quelques subsides supplémentaires sans que leur nombre soit automatiquement divisé par deux et positivons. Jusqu’à présent quand on nous retirait quelques points sur notre permis de conduire et que l’amende nous frappait, nous ne savions pas exactement où allait l’argent. En sachant maintenant que nos coupables comportements aident des familles de préfet à mieux vivre, avouez que cela change la donne. Comme nos contributions au pouvoir d’achat des préfets ne sont pas minces, on nous parle en effet de sommes pouvant approcher les 60 000 euros, je suggère aux préfets et sous préfets ainsi gâtés par la république de faire preuve, en retour, de générosité. Je leur rappelle que les contributions privées au financement des partis politiques sont plafonnées à 7 500 euros. Au titre de la reconnaissance du ventre, comme l’a fait Madame Bettencourt, il m’est agréable de rappeler, à ces fonctionnaires primés, que l’UMP prépare d’ores et déjà une campagne présidentielle en 2012 et que son trésorier, Monsieur Eric Woerth, serait bien entendu disposé à accueillir leurs charitables offrandes.

Lyon, le 3 juillet 2010.

30/06/2010

Travailler moins et jouer plus.

Mouilllac micro.jpg« On travaille moins et on joue plus ». Le slogan de l’affiche de la fête de la musique à Lyon a décoiffé la belle chevelure de la droite lyonnaise. En l’occurrence, celle bien ordonnée de Thierry Mouillac, élu dans le 6ème arrondissement. Jamais à court de coups de cymbales et de grosse caisse dans sa fanfare anti-Collomb, le déjà vieux jeune sarkozyste Mouillac dénonçait la semaine passée une Fête de la Musique « support de propagande à grande échelle, basée sur un « slogan gauchiste » et dont le message est « choquant, mensonger et irresponsable »…

Bigre, quel émoi et pour quelle grande et noble cause !

Las, c’est pourtant vrai qu’on travaille moins puisqu’il y a davantage de gens qui pointent au chômage. Heureusement, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : voir les infirmières débordées, les agents des pôles emploi qui ont parfois 200 dossiers à suivre, j’en passe et des quantités. Tout ce monde-là travaille de plus en plus… Tout en gagnant moins ou pas plus.

Qui joue et à quoi, cher Mouillac ?

On connaît la musique, donc la réponse pleine de dièses : c’est la faute aux 35 heures et à tous ces paresseux de gauchistes aux poings gantés de rouge ; ce rouge qui affole les signataires du traité UMP-PC chinois comme la muleta un taureau. Il leur fait oublier qu’en matière de musique et de fête à Neuneu détournée, ils en connaissent un brin. Faut-il leur rappeler que créer de la musique est aussi un travail ? Et qui doit être rémunéré, comme tout le monde le sait.

Petit da capo après l’air du grand émoi chevroté par le fêtard musical Mouillac qui se proclame sur son blog farouche défenseur de la liberté individuelle (ça sonne fort façon cymbale et ça plait bien aux amateurs de fanfare) : pirater « Kids » du groupe MGMT comme ses chers amis Unionistes Musicaux Protestataires n’ont pas hésité à le faire, c’est pas très joli, joli. Ce vol du bourdon a été pénalisé avec comme altération à la clé, une amende de 30.000 euros. Ça devrait l’inciter à quelque gargarisme avant la prochaine aria.

Jean-Paul Schmitt

24/06/2010

Amours clandestines

Eric_woerth.jpg« De Lyon et d’ailleurs » est lui aussi capable de fournir à la nation une écoute clandestine qui apporte la lumière qui convient dans l’affaire Bettencourt-Woerth.

La scène se passe au petit déjeuner dans la cuisine Vogica du couple Woerth. Florence qui couve à l’époque la fortune de Madame Bettencourt déguste un Earl Grey de marque offert par Christian Blanc tandis que son époux Eric, alors ministre du budget, lui beurre la tartine ...

Florence : tu sais honey, j’ai découvert que Madame Bettencourt …

Eric : stop mon amour, je ne veux en savoir plus.

Florence : mais arrête Honey, j’allais te dire que Madame Bettencourt utilisait plizz pour faire briller ses surfaces modernes.

Eric : pardonnez-moi ma mie mais je croyais que vous alliez me faire des révélations sur des évasions fiscales, des comptes en Suisse ou sur quelques manières peu recommandables de payer moins d’impôts.

Florence : vous n’y pensez pas Honey, il convient de séparer notre vie professionnelle de notre intimité. Concernant le financement de l’Ump passe encore mais pour le reste sachons rester, l’un comme l’autre, dans notre rôle.

Eric : je t’aime Florence

Florence : moi aussi Honey

Eric : bonne journée amour de ma vie, je m’en vais compter l’argent des Français

Florence : bonne journée Honey, moi celui de Madame Bettencourt

Bien que court, cet extrait d’écoute clandestine devrait fermer définitivement le clapet de ce monsieur Montebourg et rétablir l’honneur des Woerth. Ne me dites pas merci.

Lyon, le 24 juin 2010.

Photo: DR

17/06/2010

Blanc comme neige

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Etienne Blanc, le très droitier député UMP de l’Ain et président de l’ARC (Assemblée Régionale de Coopération du Genevois) semble sur le point de faire voter un amendement au projet de loi portant sur la réforme territoriale permettant à des ensembles frontaliers regroupant tout juste 50 000 habitants de bénéficier du titre de Pôle Métropolitain. Passons sur le côté comique du label métropolitain qui serait  ainsi attribué à 50 000 âmes pour nous concentrer sur deux aspects complémentaires à ce projet.

En effet, une fois dit que ces métropoles frontalières de poche seront destinées, nous dit l’UMPiste et ancien Milloniste, « à faire le poids » face à des Genevois qui vont se gondoler en apprenant la nouvelle, ce nouveau statut est destiné, nous précise l’ami Etienne, je cite, « à inscrire ce territoire » tel qu’il est rêvé par Blanc « comme la troisième agglomération de Rhône-Alpes » derrière Saint-Etienne et Grenoble, oubliant au passage un truc qui s’appelle Lyon. Tout en remerciant le député Blanc de nous permettre d’esquisser un sourire en ces temps difficiles, un second aspect, cette fois ci inquiétant pose problème. Avec sa bonne copine la sénatrice Fabienne Keller, heureusement mise en congé par les électeurs strasbourgeois lors des dernières municipales, Etienne Blanc imagine également, si l’on décortique la prose des Echos du 15 juin, « de doter les zones frontalières d’un statut particulier ou notamment, le droit social et la fiscalité seraient adaptés pour les rendre concurrentielles et ainsi attirer les investisseurs ». Retraites, déficits, recul des droits, quand on vous dit que ces gens deviennent dangereux j’espère que chacun commence à prendre la dimension d’un phénomène qui permet même à de petits roitelets de province, comme Etienne Blanc, de nous construire peut-être le pire des avenirs.

Lyon, le 17 juin 2010

 

15/06/2010

Centre ?

Morin bascule.jpgÀ en croire feu Chaban-Delmas « le centre est immobile, la roue avance, son centre ne bouge pas ».

Quand c’est Bedos qui s’y met, « la gauche est au centre, le centre est à droite et la droite à l’extrême. Faut suivre… »

Mon maître d’école avait du mal à me faire comprendre que le centre est un point situé à égale distance de chacun des points d’un segment de droite !... Pour enfoncer le clou dans ma caboche, il insistait le bougre en me faisant apprendre par cœur que le centre c’est aussi un point situé à égale distance de chacun des points d‘un cercle ou de la surface d’une sphère. De là date pour moi cette perception que le centre est une chose étrange qui tourne en rond pour tenter de vous faire perdre la boule.

Morin, notre militaire en chef, vient d’avoir des élans de tribune qui me rappellent le même sentiment d’étrangeté. À ce Nouveau Centre pas vraiment centré qui l’a élu avec 93% des voix (score extraordinaire quand on sait la notoriété de son hyper médiatique challenger, Tayeb Touazi, conseiller municipal de Dreux) il tente de faire comprendre que c’en est fini avec le marais ; qu’il s’agit désormais de se « hisser pour sortir des sables mouvants » que sont l’UMP et Sarkozy, ce président qui traitreusement caresse Bayrou tout en tentant de convaincre Borloo de ne pas y aller.

Sarkozy et l’UMP Bayrou-compatibles ? C’en est sûrement trop et c’est probablement pour cela que le Morin nouveau se rebiffe. Oh un petit, tout petit peu ! Dans un élan rhétorique qui prendra place dans les manuels d’histoire et à côté duquel l’appel du 18 juin paraît une aimable pochade, il vient de déclamer lyrique : « Si nous n’allons pas jusqu’au bout, c’est que nous aurons échoué. »

Frisson dans les foules. Roulements de tambours.

Jean-Paul Schmitt

01/06/2010

Référendum

31619-canne-vieux-vieilles.jpgPour faire avaler sa réforme des retraites Nicolas Sarkozy joue, comme souvent de la part des gouvernements, sur le pourrissement de la situation. Et pour cela ministres, aboyeurs UMP et autres experts bien orientés répètent à l ‘envi que l’allongement de la durée de cotisations ou celui de l’âge de départ est inévitable. Et d’aligner les lieux communs pour faire passer ce point de vue. Le débat, bien évidemment, est biaisé dans la mesure où l’on entretient une confusion volontaire entre l’âge légal du départ à la retraite et l’âge réel de la cessation d’activité. Ce qui est évident, en effet, c’est que nombre de salariés vont déjà au delà des 60 ans par nécessité. En maintenant l’âge légal à 60 ans on leur permet seulement d’en profiter s’ils le peuvent au vu de leurs cotisations et surtout de ne pas être obligé à continuer de cotiser alors que leur niveau de participation est atteint. Mais toutes les « solutions » de Sarko et des siens sont de même nature et visent à faire payer d’une manière ou d’une autre la note aux salariés. C’est pourquoi il est trop facile de parler de dogme à ce sujet, l’important c’est d’aller voir ce qui se cache derrière cette volonté de bouger l’âge légal ce chiffre qui n’a rien de butoir et qui n’obère pas la prise en compte de l’allongement de la durée de vie laquelle est de surcroît calculée en moyenne ce qui cache beaucoup de disparités. Globalement d’ailleurs les Français ne sont pas dupes et les sondages montrent clairement leur refus face à cette réforme telle qu’elle s’annonce. Alors l’idée d’un référendum lancée par Ségolène Royal et qui semble reprise par le PS est peut-être opportune. Sarkozy ayant lui-même déclaré qu’il n’avait pas de mandat des électeurs sur ce sujet il paraît naturel de leur demander leur avis.

Philippe Dibilio

Photo: DR

28/05/2010

Soixante ans

200px-Strauss-Kahn%2C_Dominique_%28official_portrait_2008%29.jpgC’est après tout normal, mardi dernier l’UMP tenait convention à propos des retraites, le Parti du président en profitant pour exiger que saute le verrou du départ en retraite à soixante ans, entérinant ainsi une décision prise depuis belle lurette à l’Elysée. Une fois le mini ramdam Umpiste exécuté, il suffisait au ministre Woerth de claironner la bonne nouvelle sur LCI, en prenant tout de même le soin de préciser que les cheminots ne pouvaient être concernés par une telle décision.

Parlant de démagogie et d’irresponsabilité à propos de la position défendue par Martine Aubry d’un maintien du départ à 60 ans, le petit monde de l’UMP s’autorisait à jouer DSK contre le PS. Malgré la défense serrée de son équilibriste en chef, Jean-Christophe Cambadélis, les amis de DSK commençaient ainsi à percevoir les contours de l’épreuve qui les attend même si leur volonté de jouer l’opinion contre le parti apparaît comme de plus en plus nécessaire. En effet en épousant les thèses défendues à Paris, Rome, Athènes ou Londres, en surjouant son rôle de « Sachant », DSK a commis l’erreur de s’affaiblir dans le contexte qui devrait être celui de la désignation du candidat socialiste. En acceptant de toucher à la retraite à 60 ans, c'est-à-dire à participer à une agression contre un symbole, DSK a peut-être fait l’erreur de trop. En vérité, sur cette question de l’âge du départ en retraite, la seule possibilité pour la gauche est de passer un pacte avec les Français, un deal indiquant d’un côté que des salariés usés par une vie de labeur ne travailleront désormais plus que jusqu’à l’âge de 56 ou 57 ans, de l’autre que des catégories comme les enseignants ou les cadres voient l’âge légal reporté à 62 ou 63 ans. Sans pacte de ce type devant la nation, la question de l’âge de départ en retraite est un piège dans lequel DSK vient de plonger avec d’ailleurs une certaine délectation. Quant à Martine Aubry, si pour l’heure elle peut bénéficier d’un certain doute, il conviendrait, compte tenu de ses ambitions, qu’elle nous en dise un peu plus, question de principe.

Lyon, le 28 mai 2010.

21/04/2010

À la niche !

Copéniche.jpgChaque chien a sa niche. C’est son repaire à lui. Tous les toutouphiles vous le diront, le chien aime la présence des personnes de SA famille et apprécie que SA niche soit près d’elle. Tous savent aussi qu’il faut éviter d’exciter le toutou lorsqu’il s’agit de sa niche. Il déteste ça. Surtout quand on lui a confié le rôle de gardien de la maison. S’il s’agit de construire la niche, se souvenir qu’elle doit lui ressembler. Conséquence immédiate – si le chien est suffisamment savant et dressé – faites la lui construire lui-même. S’il ne le fait pas pour son propre usage, il le fera pour ses compagnons.

J’en connais un, très propret sur lui, très belles dents, très photogénique qui l’a fait. Si, si ! Il faut dire qu’il a passé quelques temps dans une niche déposée et consignée, nourri aux croquettes Dexia et qu’il a déjà officié, poils noirs brillants et discrète collerette blanche, très affairé dans l’une des plus belles niches de France avant d’être un des cabots les plus médiatisés du monde politique.

La niche de Copé est un os à 22 milliards… Dans le chenil gouvernemental, ça fait tache.

Songez donc : en trois ans elle a coûté à elle seule le tiers du prix de toutes les niches de France. Si vous traduisez en langage wouah-wouah sa notice de montage, c’est assez compliqué. En traduction simplifiée : si une société (pas forcément canine) fait une plus-value en vendant une de ses filiales ou des titres de participation qu’elle détient depuis plus de deux ans, on lui fait cadeau de son impôt sur les sociétés. Tous les cadors de Bercy ont juré que cela allait faire venir plein d’entreprises (soi dit en passant grâce à un dumping fiscal pas très pro-européen) dans notre beau pays.

Du monde il y en a eu. Personne ne sait s’il est venu s’installer, mais ce qui est sûr c’est que, parmi les principaux bénéficiaires, figurent des fonds d’investissement spécialisés dans les opérations de rachat et de revente rapide d’entreprise achetées par endettement (en langage canin cela s’appelle des opérations de LBO) qui de toute façon auraient réalisé leurs opérations, souvent de destruction sociale. Et c’est double bingo pour Bolloré, Lagardère, Danone, Suez et autres fonds type PAI Partners et banques diverses. Pas pour des PME ni des TPE. Pas pour des start-up. Pas pour des chefs d’entreprise que la collectivité pourrait légitimement aider. Mais pour des boîtes déjà, heureusement, bien profitables. Rien que pour Danone, l’os donné en cadeau a été d’un demi milliard d’impôt qu’elle aurait dû payer si Copé n’avait pas construit sa belle niche. 

Dans le même temps, Copé en bel animal libéré et libéral, continue à aboyer ; à belles dents, il a détruit la petite niche des accidentés du travail. Gain net selon le cabot : 120 millions d’euros.

Jean-Paul Schmitt
 
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