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19/11/2008

Et pendant ce temps là, la méditerranée

62471589uj4.jpg« Et pendant ce temps là, la Méditerranée joue avec les galets » déclamait une chanson de Gilbert Becaud, je crois, car il me souvient de l’écouter en un temps où je portais des culottes courtes pas seulement l’été au bord de la plage, un temps où la date de mon anniversaire passait « comme une lettre à la Poste » ce qui ne fût pas le cas ce week-end. Certes Reims se situe loin de la Méditerranée mais il s’y passait des choses qui n’ont pas ébranlé le rythme des océans et des mers réunies. On s’y est allégrement étripé au nom des valeurs de gauche, une gauche qui ces deux derniers siècles, ou presque, a fait vibrer le peuple au rythme des espoirs qu’elle portait et des actions qu’elle menait. On y chantait même des chansons révolutionnaires jusque dans les congrès. Deux siècles ou presque parce que le rêve s’est éteint en 1983 lorsque François Mitterrand à peine élu lui a imposé une real-politique qui l’a engoncée dans les travers de ce capitalisme dont le premier secrétaire du congrès d’Epinay avait juré du haut de la tribune que pour être socialiste il fallait rompre avec ce système. Bien sûr il est inutile de ressasser le passé car, comme le disait Héraclite : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». Il n’en demeure pas moins que le PS d’aujourd’hui bégaye son histoire ce qui ne clarifie pas les choses. Car la question centrale qui se présente à lui et de savoir s’il s’engage dans un renouvellement du jeu politique national, ce qui suppose d’aller au bout du processus et afficher la perspective d’un bi-partisme à l’anglo-saxone plus proche du parti démocrate de Barak Obama que du parti socialiste de Jaurès. Dès lors il faut accepter de transformer les militants en supporters et s’adresser directement à eux en chuintant les processus de réflexion et de décisions toujours en vigueur. Un parti qui s’installe dans la société capitaliste avec la volonté de l’amender ; sans plus. Ou bien, maintenir valeurs et méthodes jusqu’alors en cours tout en affirmant plus clairement un discours de rupture. Le pire serait en tout cas un éternel compromis dont on a vu depuis onze ans qu’il ne menait qu’à l’impasse et pourtant c’est bien ce qui risque d’arriver, et pendant ce temps là, la Méditerranée continuera de jouer avec les galets.

Philippe Dibilio

Lyon, le 19 novembre 2008.

17/11/2008

Socialistes sous observation

logo PS.gifC’est donc les militants socialistes qui vont devoir réussir là ou le congrès de Reims a connu l’échec. Face à l’impossible synthèse nocturne et à l’absence d’accord entre les quatre principales motions, le vote qui interviendra en fin de semaine dans les sections sera donc décisif. Telle est la réalité.

En effet, en face de la raideur d’un trio Aubry – Delanoë – Hamon, par ailleurs inopérant pour tracer la moindre voie commune, les multiples tentatives de Ségolène Royal pour trouver une synthèse ont été combattues d’arrache pied au point que l’on se demande pourquoi ce qui était depuis des semaines de l’ordre de la nuance est devenu à Reims de l’ordre du rédhibitoire. La réalité est ainsi faite.

Jeudi, les adhérents vont donc voter. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour admettre que si un(e) premier(e) secrétaire n’émergeait pas lors de ce vote du 20 novembre, le scrutin de deuxième tour du lendemain risquerait de se révéler à très haut risque pour le PS avec la reconstitution perverse d’un front anti-Royal agrémenté des petits arrangements traditionnels entre chefs à plumes.

Ce matin, à quatre jours de ce vote, inutile d’indiquer que les électeurs socialistes, d’où qu’ils viennent dans le précédent débat de motions, seront sous observation de la part des Français. Ils seront donc, dans la perspective de remobilisation unitaire formulée par Ségolène Royal devant le congrès, conscients de vivre une situation proche du point de non retour, le pire étant devant nous, si la querelle Rémoise se perpétuait le lendemain. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Si jamais un second tour s’imposait le vendredi, veille du troisième du samedi destiné à installer la direction nationale, l’heure des combines artificielles reviendrait au galop avec, cette fois-ci un effet dévastateur démultiplié.

Alors que pour les Français, ceux de gauche comme les autres, la nécessité est bien de construire une grande alternative républicaine et sociale face à Sarkozy, soyons certain qu’un épilogue aussi désastreux creuserait encore plus le fossé qui les sépare de socialistes plus préoccupés à leur yeux par leur jeu interne que par la mobilisation contre la crise épouvantable qui les frappe.

En se saisissant des éléments de convergence proposés à Reims par Ségolène Royal les militants socialistes disposent encore des cartes pour construire ce parti neuf et combattant que le congrès de Reims devait remettre sur les rails. Ils ont quelques jours pour réfléchir à la question.

Lyon, le 17 novembre 2008.

14/11/2008

Avant le Congrès

Je ne suis pas certain qu'à 15h, le Congrès s'ouvrira sous les meilleures auspices. La stratégie TSS "Tout sauf Ségolène" commence à provoquer une ambiance extrêmement nocive et les alliances les plus cocasses sont manifestement recherchées entre Martine Aubry, Benoît Hamon et Bertrand Delanoë. Ségolène Royal quant à elle a fait valoir des propositions concrètes de rassemblement contenues dans un certain nombre de courriers envoyés à chacun.

Afin de vous éclairer je vous renvoie à ces textes.

13/11/2008

Solferino

SR meeting.jpgDans le cadre du Congrès de Reims, pendant la longue phase de débat autour des motions, nous sommes nombreux, et c’était le point de vue défendu par la contribution « La ligne claire » dès avant l’été, à avoir de façon inlassable dit et redit qu’il s’agissait de faire de ce Congrès un élan vers la rénovation et non la présidentialisation. Samedi, ici même, en conclusion de mon billet, je ne faisais que réaffirmer cette évidence non sans m’inquiéter.

Depuis, comme on pouvait l’imaginer, la grande comédie socialiste est revenue au devant de la scène avec ses roucoulades, ses exclusives, ses grands airs d’opérettes usés et ses postures éculées et stéréotypées.

Comme le précisait Gérard Collomb, en particulier dans son entretien à LCI repris hier sur ce blog, notre souhait était qu’autour de la motion arrivée en tête, un rassemblement puisse s’opérer avec, à la clé, la possibilité d’avancer une candidature de synthèse. De ce point de vue, j’estimais que celle de Vincent Peillon, pouvait nous permettre d’avancer tous ensemble vers une saine rénovation partagée, une remise au travail mais aussi des signes lisibles de renouvellement.

Manifestement, dans ce parti, plus grand-chose ne tourne rond et l’idée de faire du PS une force neuve n’est que le cadet des soucis de certains. Quelques-uns des dirigeants socialistes semblent même avant tout motivés par l’idée d’exclure Ségolène Royal d’une solution politique basée sur des convergences réelles. L’idée d’une nouvelle mais illusoire bataille de Solferino semblerait tout compte fait séduire quelques hiérarques comme si à l’instar de l’Italie du 19ème siècle la moindre unité pouvait accoucher d’un affrontement Rémois. Que l’on se souvienne du fait que de la bataille sanglante de Solferino, celle du 24 juin 1859, est née la Croix-Rouge de Henri Dunant et je ne suis pas certain qu’en fin de semaine prochaine, à Reims, un industriel suisse passe par là et songe à se préoccuper du sort des gisants abandonnés sur le champ de bataille d’un congrès qui, si les choses continuent ainsi, pourrait devenir encore plus maudit que celui de Rennes.

A deux jours de l’ouverture du congrès, hier soir sur TF1, Ségolène Royal a réaffirmé avec mesure, beaucoup de mesure, que tout était ouvert, intact. Selon l’ex-candidate à la présidentielle, jusqu’à samedi, jour du dépôt des candidatures comme jusqu’à jeudi, jour du scrutin, sa disponibilité, sa volonté de rassemblement pour un congrès apaisé étaient une volonté première et de ce fait la question du / de la Premier(e) Secrétaire n’était pas un préalable pour elle. Exprimant avec calme et conviction son souhait d’être « rassembleuse pour tous, pour un, pour deux, pour trois » Ségolène Royal a pris à témoin devant les Français hier soir sur TF1 des adhérents socialistes qui, fatigués par cette guerre de tranchée, pourraient lui dire plus vite qu’on ne peut le penser leur volonté de rassemblement, qu’ils viennent de la motion A, B, C, D, E ou F.

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Albert Camus

Ce soir, conférence et vernissage de l’exposition consacrée à « Albert Camus et les libertaires » autour de l’ouvrage paru chez EGREGORES éditions.

Librairie « Le bal des ardents, 17 rue Neuve, Lyon 1er arrondissement.

Contact 04 72 98 83 36, www.lebaldesardents.com

Lyon, le 13 novembre 2008.

12/11/2008

Congrès PS

Gérard Collomb s'est exprimé sur le Congrès du PS ce matin sur LCI au micro de Christophe Barbier. Voici l'intégralité de l'entretien avant que, demain, je revienne sur les petits pas et les grandes manoeuvres du Congrès de Reims.


LCI le 12 novembre from Gérard Collomb on Vimeo.

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27/10/2008

Motion

Je m'envolle aujourd'hui pour Erevan afin de poursuivre le travail concernant le jardin de Lyon qui va être réalisé dans l'arrondissement d'Erebonni. Au PS, pendant ce temps, la surchauffe est patente car la semaine prochaine, plus précisemment le jeudi 6 novembre, les militant(e)s vont se déplacer de 17h à 22h dans leurs sections afin de voter pour l'une des motions soumises pour le Congrès de Reims qui se déroulera les 7 et 8 novembre. Inutile de dire que cette échéance devrait être cruciale tant les capacités d'action et l'image du PS se dégradent. Comme vous le savez, signataire de la contribution "La ligne claire", je me suis engagé derrière la motion E dont le premier signataire est Gérard Collomb.

Souvent on m'interroge sur mon choix et on me demande quelles sont les orientations principales de cette motion. Une courte synthèse vallant mieux que de nombreux billets sur mon blog, voici les principaux axes, ici résumés, qui permettent à celles et ceux qui, socialistes ou non, entendent mieux comprendre les enjeux de ce prochain Congrès. Cliquez ci-dessous et vous en saurez plus.

Motion E.jpg

Invit Peillon.jpgVincent Peillon.jpg

07/10/2008

L’assourdissant silence

Logo PS.jpgAh l’assourdissant silence des Socialistes !
Que le thème est porteur. Comme cela vole bien dans l’air du temps - cet air qui décoiffe les petits et chapeaute les puissants.
Nous aimons nous flageller ? La belle affaire ! Il y a dans les medias et sur nos blogs de quoi mettre nos sangs dans tous les sens.
Que je sache, les élections ont eu lieu. Et nous sommes en démocratie que diable. Nous avons voté, majoritairement, à la présidentielle, pour Nicolas Sarkozy : certains franchement, mais beaucoup de nos belles âmes progressistes ont permis son arrivée au pouvoir en savonnant les planches de leurs propres tréteaux. Peut-être est-ce cela que nous voulons fustiger…
Il paraît qu’il faut que les Socialistes proposent… Pour le peu qu’en rapportent les médias, cela semble aider considérablement ce cher Nicolas à mettre sur le marché des litres et des litres de Canada dry. Mais je crois savoir que les Socialistes(*) ont mis en fûts un nouveau nectar en cours de maturation ; laissons-le prendre ses degrés d’alcool pour la prochaine foire nationale ou européenne où la concurrence sera rude. Pas la foire de Reims : le vin n’est pas à maturité et les producteurs ne se sont pas encore mis en coopérative. Pour continuer à filer la mauvaise métaphore : quand le vin est tiré il faut le boire ! Et celui, amer, du caviste Nicolas est surabondant sur le marché aujourd’hui.
Quant aux idées… Elles existent, mais sans le pouvoir, c’est au mieux la spécialité des docteurs derviches tourneurs producteurs de miel de synapses. On en a besoin, comme on a besoin de l’avis et de la participation des habitants de la cité. Mais sans la possibilité de les passer dans l’action, c’est stérile.
Au fait, j’oubliais : il existe pourtant bien des lieux où le pouvoir, pragmatique, fait passer les idées progressistes dans les faits en faisant de l’économie un levier pour le bien-être des gens. Par exemple, et pour être un peu chauvin, à Lyon, au Grand Lyon et à la région Rhône-Alpes.
Et si les Socialistes s’inspiraient de cela pour mener le combat national ? Banco !
Des vers de mirliton me remontent (comme disait mon grand-père après un bon plat de patates au lard). Vite fait sur le gaz et pour vous éviter silices et fouets, une rengaine façon Balasco :


Où sont donc les Socialistes ?
Où est donc leur beau projet ?
Tirez pas sur ces pianistes,
Cacophoneurs enragés.
Leur mue se fait à bon train
N’en déplaise au gouverneur
Rond de sons, gavé de grains
Qui s’amuse à l’embrouilleur.

Jean-Paul SCHMITT
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(*)Je mets à chaque fois une majuscule à Socialistes. Le style est certes un peu plus pompeux, mais c’est un nom propre. Et puis, pour ne rien vous cacher et au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je les aime bien.

30/09/2008

EDVIRSP

Oeil.jpgComme l’écrivait très justement dans le Nouvel Observateur Matthieu Croissandeau, les socialistes ont raté la bataille contre EDVIGE trop occupés pour l’essentiel à construire d’improbables coalitions pour estourbir Ségolène Royal. Prenez Bertrand Delanoë, grand spécialiste de la lutte anti-Modem, qui en d’autres temps a préféré faire élire Tiberi plutôt qu’un centriste, il a très certainement constaté que Bayrou s’était montré particulièrement actif contre EDVIGE. Hollande quant à lui (voir mon billet du 3/09) s’étant contenté d’une petite phrase sibylline au milieu d’un très long discours à la Rochelle plutôt que de monter au créneau. En attendant que les uns et les autres réfléchissent à tout cela, je veux vous dire aujourd’hui que le « Collectif Non à EDVIGE » reste mobilisé, même si la nouvelle version du fichier baptisée EDVIRSP( ?) est une avancée produit de la mobilisation citoyenne.
Sachez tout de même que le nouveau fichier va s’intéresser aux « personnes dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique ». Peut-être pire, la notion de « trouble à l’ordre public » devient « atteinte à la sécurité publique ». Bref le collectif appelle, le 16 octobre prochain à une manifestation destinée à exiger que le nouveau texte ne sauvegarde pas, sous une forme déguisée, les atteintes aux libertés qui figuraient dans EDVIGE.
Je l’évoquais en juillet dernier, alors que « De Lyon et d’Ailleurs » prenait ses quartiers d’été en publiant l’abécédaire du même nom, ce blog s’ouvre à d’autres contributeurs permanents. Dès demain Philippe Dibilio, ancien journaliste et observateur politique particulièrement à l’affût, postera un billet hebdomadaire. Pour en savoir plus sur notre nouvel invité permanent, il suffit de cliquer sur sa photo et ainsi accéder à sa « biographie express ». Demain, « De Lyon et d’ailleurs » fait donc sa révolution d’octobre et ce n’est qu’un début…

Lyon, le 30 septembre 2008.

25/09/2008

Home sweet home

Pierre Moscovici.jpgMême si ma retenue estompait un sentiment profond d'inquiétude, je dois vous confier que depuis vendredi dernier, je m'interrogeais sur le comportement de Pierre Moscovici. Tout le monde expliquait que notre homme était aux abonnés absents. Pour tout vous dire, je voyais les choses en noir et pour être sincère je craignais une fugue. Comme ces adolescents qui un beau matin remplissent leurs sacs à dos Eastpack en larguant les amarres, le MP3 sur les oreilles, je ne cessais d'avoir à l'esprit l'image d'un Mosco prenant à Montbeliard le premier autobus qui se présentait rompant ainsi les ponts avec tous. Sur la route, tel un nouveau Jack Kerouac, un traveller des temps modernes. Fort heureusement, Pierre est revenu hier à la raison ou plus précisément à la maison. Aujourd'hui j'imagine que sa famille est rassurée, heureuse de voir que les mauvaises fréquentations envahissantes qui lui avaient tourné la tête étaient lointaines.

Tout est bien qui finit bien. Je sais maintenant que ses oncles Lionel et Michel vont lui faire réviser ses cours de rénovation car les échéances approchent. Que son parrain François va l'entourer de son affection. Bref, tout va rentrer dans l'ordre car il faut bien que Pierre se mette cela dans la tête. Ce n'est quand même pas toutes les familles françaises qui comptent en leur sein un futur Président de la République.

Lyon, le 25 septembre 2008.

22/09/2008

Qu’est-ce qui va se passer ?

logo PS.gifHier dimanche, au cimetière de « La Mouche », en marge de la cérémonie d’hommage aux victimes de la shoah, comme plus tard lors des manifestations célébrant le 17ème anniversaire de l’indépendance de la République d’Arménie, de nombreux compagnons de route de la gauche sont venus m’interroger sur l’état du malade. Vous avez compris qu’il s’agissait du Parti Socialiste. La plupart d’entre eux se sentaient obligés de m’entourer d’un certain réconfort amical en évitant d’employer un mot ou une formule qui pourrait s’avérer blessant. En attendant chacun essayait d’en savoir plus. On pourrait d’ailleurs résumer leur interrogation commune par la question, « Alors qu’est-ce qui va se passer ? ».

Il faut dire qu’entre l’alliance de Bertrand Delanoë signée avec quelques autres, dont une brochette d’archéos, les coups de boutoirs quasi mono-maniaques de Martine Aubry à l’égard de Ségolène Royal et la plongée dépressive de Moscovici s’apercevant qu’en énonçant l’idée d’un congrès de rénovation et non de présidentialisation seuls les amis de Ségolène Royal pouvaient converger, mes interlocuteurs tous préoccupés par l’issue du Congrès de Reims affichaient une mine de compassion comme si, arrivé au bout de l’au-delà, le PS n’avait plus comme solution que de choisir une pierre tombale.

Remarquez que du côté des quelques élus communistes présents, et non des moindres, la tendance n’était pas non plus à la gaudriole sachant qu’après celui du PS cela sera au tour du PCF d’entrer en scène. En rajoutant à cela les effets de la catastrophe financière et la légitime inquiétude qui émerge à chaque fois que le Président de la République parle de « réformes », je peux vous assurer que dans cette situation interlope le baromètre n’était pas au « beau fixe ».

Dans une Tribune au Monde du même jour, l’ex socialiste, Jean-Pierre Jouyet, à propos de la crise financière expliquait naïvement, « nous pensions, après la crise Enron en 2001, que les acteurs financiers avaient compris l’importance de l’éthique ». En détournant ces propos, j’ai très envie de dire à quelques dirigeants socialistes, que « nous pensions, après la déculottée de Jospin en 2002, que le Parti Socialiste avait compris le sens de cette défaite ». Comme quoi, c’est aussi illusoire d’attendre de la part des milieux financiers un sens de l’éthique que de la part de certains socialistes d’intégrer la réalité telle qu’elle est.

Lyon, 22 septembre 2008.


19/09/2008

Heureux

francois Hollande.jpgDifficile d’écrire que rien ne va plus au P.S. mais force est d’admettre que ça ne va pas fort et que demain les choses pourraient aller encore plus mal. A quelques jours du dépôt des motions il faut dire que lassitude, soupirs et parfois même résignation dominent parmi nombre d’adhérents. Au milieu, mais pas forcément au centre de tout cela, il y en a un qui semble heureux, c’est François Hollande.
Certains d’entre vous, peu informés de la zoologie interne du Parti Socialiste, doivent se dire qu’il a bien raison d’être heureux. Pensez-donc, après plus de dix ans à la tête du PS, l’idée d’en finir avec tant de moments pénibles justifie le port ostentatoire du sourire. J’imagine même que vous êtes quelques-uns à ne pas hésiter comme moi à saluer un parcours plus qu’honorable et à lui souhaiter de pâturer quelques sous-bois corréziens à la recherche de cèpes en attendant des jours meilleurs. François Hollande est heureux, c’est un fait, mais sa satisfaction et sa motivation se nichent loin des forêts corréziennes. François Hollande est heureux parce qu’il se rêve toujours à la manœuvre aujourd’hui comme en 2012.
En rejoignant Bertrand Delanoë, l’homme qui sait murmurer aux oreilles de Jospin, Rocard et Vaillant, François Hollande a fait un choix que l’on connait bien dans le milieu du sport de haut niveau. Lui qui est passionné de football sait bien que le moment le plus difficile dans une carrière c’est de choisir le moment opportun pour la stopper. Ce moment crucial, vécu souvent comme un drame, on l’appelle « La petite mort ». Rien de macabre dans cette formulation qui a pourtant le mérite d’en dire long sur cette folle espérance qui consiste à penser que l’on est toujours au sommet de son art alors que la fatigue est bien installée dans les jambes.
Comme d’autres, j’ai toujours appuyé François Hollande, j’ai toujours salué son travail et fait valoir ses qualités et sa sympathique personnalité mais aujourd’hui, alors que son devoir est de se situer au-dessus de la mêlée, son comportement me peine sachant que si d’aventure son alliance avec Delanoë se trouvait majoritaire, cela en serait terminé de ses légitimes rêves Elyséens.
François Hollande mérite mieux qu’un avenir à la Jeannie Longo sûrement pas un sort à la Armstrong et par les temps qui courent il devrait s’inspirer plutôt d’un certain Yannick Noah.

Lyon, le 19 septembre 2008

01/09/2008

Vu d'ici

1407425393.JPGVu d'ici, c'est à dire sur LCI, l'Université socialiste de la Rochelle pourrait se résumer en quelques plans diffusés en boucle par les télévisions depuis vendredi dernier. Ségolène Royal, peu taillée pour un rôle de provocatrice, ponctuant son discours par un énième « Aimez-vous » agrémenté cette fois là d’un « ou disparaissez ! », le tout sur fond de promotion du chabichou. Le nouvel, et pas forcément dernier attelage de Martine Aubry « surpris » par des dizaines de caméras dans un restaurant local, première occasion de figer l’image de sa nouvelle alliance et surtout unique opportunité de voir les bouclettes généreuses nichées sur la nuque de Laurent Fabius. Moscovici seul à la terrasse d’un rade une fois largué par la troïka Aubriste. Et aussi les lunettes de soleil profilées de Delanoë, la transpiration dominicale d’un Hollande qui veut bien retenir de ces dernière années que ce qui l’arrange et un Gérard Collomb, baptisé définitivement baron de province par une presse folle de clichés, tentant de ramener tout ce petit monde à la raison c'est-à-dire à un réformisme assumé d’une social-démocratie rénovée. Je voudrais enfin retenir de cette réunion de syndic de co-propriété la colère d’un Benoît Hamon martyrisé s’en prenant à Moscovici accusé de l’avoir empêché de faire le voyage de Denver pour assister au sacre de Obama.

Pour celles et ceux d’entre vous qui n’étaient heure par heure, et je ne peux que les envier, en train de scruter notre rendez-vous charentais, sachez tout de même que de nouvelles énergies fédérées pour l’occasion entendent faire don de leurs corps au Parti Socialiste dans le cadre du Congrès actuellement en préparation.

Le frais et moderne Bertrand Delanoë, coaché par Jospin et Rocard, devrait faire alliance avec Hollande. Le monde est remarquablement bien fait puisque le premier qui souhaite succéder au second vient d’annoncer qu’être premier Secrétaire ce n’est pas automatiquement être candidat à la prochaine présidentielle. Une formule qui semble avoir été droit au cœur du second.

En face, et peut être demain avec le Maire de Paris, l’alliance Aubry-DSK-Fabius illustre assez bien le fait que ce qui compte en pareille conjoncture c’est la clarté et le débat de fond. Nos trois hiérarques qui partagent au moins en commun un TSS (« tout sauf Ségolène ») forment un équipage que certains militants devraient finir par qualifier d’obscène au cas où certains spécialistes de la gauche « hors-sol » du Parti décidaient de les rejoindre à brève échéance.

Du côté de Ségolène Royal, l’isolement semble pour l’heure tenir lieu d’orientation politique et sauf, dans les délais les plus brefs, à se ranger derrière la candidature de Pierre Moscovici et de « la ligne claire », tout porte à croire que bien des désirs se priveront d’avenir si un tel état de chose se perpétuait.

Au final, cette fin d’août Rochelaise n’est qu’un premier tour de piste dans ce grand bal des prétendants. Comme le disait François Hollande hier midi « nous avons besoin de tous au Parti socialiste ». C’est un fait, il est indéniable. Pour reprendre également les propos du même Hollande, si nous devons franchir une nouvelle étape nous devons aussi renouveler les pratiques, avouez qu’il y a de quoi se montrer inquiet.

Lyon, le 1er septembre 2008.

21/08/2008

U comme université

812274608.jpg C’est bientôt la rentrée universitaire, celle du PS. Les Franco-Folies des socialistes Français sont en effet de retour et à l’aube du Congrès de Reims coteries, cohortes et sous-courants doivent à l’heure où nous écrivons préparer, avec une application que les Français ne peuvent imaginer, le moment tant attendu.

Pensez-donc avec pas moins de dix-sept ou dix-huit contributions dites généralistes, La Rochelle sera un véritable Warm-up avant que n’intervienne la nouvelle segmentation en motions porteuse des alliances internes de demain. Les dizaines et dizaines de caméras et micros qui vont se ruer d’ici quelques jours dans ce Lourdes socialiste épargné des miracles imposent d’être au rendez-vous, au sommet de sa forme. D’ici quelques jours donc il faudra flinguer ou charmer, combiner sourire carnassier ou naïveté feinte, petite phrase assassine ou posture câline. Les uns doivent déjà songer à leur fond de discours, d’autres à la façon de se vêtir, la cravate étant à l’évidence prohibée en pareille circonstance. Untel décidera de jeter avec une désinvolture calculée un pull sur ses épaules, il sera mandarine, bleu azur ou rose tyrien. Dieu seul le sait. Un autre en polo dont il décidera de ne jamais exposer la griffe prendra peut-être au dernier moment la décision de se faire filmer en plan américain afin que l’on ne puisse voir le ridicule pli indélébile marqué sur son jean. Un troisième enfin mandaté pour organiser la claque et les sifflets se rappellera ses années étudiantes et abreuvera de consignes, dès la semaine prochaine, ses officiers traitants à qui on rappellera les coups tordus faits à Ségolène il n’y a après pas si longtemps que cela.

En ce jeudi d’août collaborateurs et affidés sentent déjà monter l’adrénaline. Les vacances entrent dans leur dernière ligne droite. D’ici huit jours il conviendra de prendre sa respiration et de plonger en apnée jusqu’à début novembre au rythme des coups de gueules et des baffes distillées par leurs patrons sujets à déconvenues et stress. Dans huit jours c’est donc la rentrée des socialistes, juste une affaire de routine.

Londres, le 21 août 2008.

30/10/2007

Les hommes de Ségolène

medium_Rebsamen.jpgmedium_Patrick_Mennucci_-_Ma_candidate.jpgEn l’espace de quelques jours deux ouvrages de proches de Ségolène Royal au cours de la dernière campagne présidentielle viennent de sortir. Le premier de Patrick Menucci (Albin Michel) s’inscrit dans la tradition des témoignages. « Ma candidate », puisque tel est son titre, sera utile aux lecteurs qui veulent saisir l’occasion de se remettre à l’esprit la chronologie de cette année électorale et plus particulièrement le parcours de Ségolène Royal en y trouvant un certain plaisir de lecture.

Côté castagne, le rugbyman qu’est l’élu marseillais en est avare. Mis à part quelques baffes à Stéphane Le Foll, une béquille à Jack Lang, un raffut dans le camp Strauss-Khanien et un renvoi dans leur vingt-deux-mètres de quelques-uns des fonctionnaires de Solférino, le lecteur fouineur restera sur sa faim.

Concernant ceux qui souhaiteraient dans « Ma candidate » trouver des raisons de comprendre pour agir, il faut dire que Patrick Menucci demeure sur la réserve puisque introduire les débats de demain n’est pas le fort d’un ouvrage qui se réfugie dans le témoignage. Avec le bouquin de François Rebsamen, « De François à Ségolène », long entretien de 320 pages avec Philippe Alexandre, le propos est plus politique et d’une certaine façon plus utile (Fayard).

En vérité j’ai rarement lu un livre d’un dirigeant politique s’engager avec autant de conviction et donc si peu de frilosité pour décrire et analyser une situation politique aussi peu enviable. Tout y passe Jospin, Hollande, Royal, le PS et bien d’autres choses. Les deux bouquins qui cheminent de manières parallèles dans l’actualité immédiate méritent l’attention nécessaire même si celui de François Rebsamen ouvre beaucoup plus de portes. Les deux auteurs qui demeurent et probablement demeureront des proches de Ségolène Royal dans les années si décisives qui s’annoncent méritent, chacun pour des raisons différentes, une lecture attentive. Avec le livre de Mélenchon dont l’intérêt est manifeste, même si je n’en partage pas le point de vue global, Menucci et Rebsamen éclairent notre réflexion. Pour ce qui concerne les autres livres sur le Parti Socialiste et la campagne de Ségolène Royal parus depuis l’été, je leur souhaite une bonne destination pilon.

Lyon, le 30 octobre 2007.

26/10/2007

Blues

medium_pendu.gifIl y a des jours comme aujourd’hui ou on se dit qu’il conviendrait de rester le matin sous la couette. Un rapide feuilletage de la presse du jour et votre journée est pourrie.Claude Allègre quitte le PS le 31 janvier prochain. Vous allez me dire qu’il nous reste encore plus de deux mois pour en profiter mais que sera le Parti Socialiste sans lui ce d’autant que l’on murmure que Charrasse pourrait en faire autant afin de s’installer au Conseil Constitutionnel.
 
Avec Eric Besson c’est pire. Le felon qui ne compte plus un seul ami à gauche est rejeté par ceux qu’il croyait être ses nouveaux copains. A l’occasion de la visite présidentielle au Maroc, Besson a été surpris mangeant seul au comptoir d’un restaurant alors qu’un peu plus loin le député Lellouche et le conseiller Sarkoziste Benamou baffraient.Pire encore car la rumeur enfle, Colombani l’ex boss du quotidien le Monde ne toucherait que 950 000 Euros à l’occasion de son pot de départ alors qu’il pouvait légitimement prétendre à plus de 1,5 millions d’Euros si l’on considère son salaire et son ancienneté.
 
Du côté de Rachida Dati certains de ses amis mal attentionnés continuent à mettre en cause la légitimité d’un diplôme obtenu, je crois, à HEC. La chose me paraît d’autant plus suspecte que l’actuelle ministre de la justice préside ce soir un diner-débat à la Chambre de Commerce de Lyon sur le thème « Les mécanismes socio-psychologiques favorisant une croissance économique partagée ».
 
Heureusement depuis hier la révolution verte est lancée. Avec le froid qui arrive il fallait bien une ecopastille pour faire passer la pilule.
 
Lyon, le 26 octobre 2007

 
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