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11/07/2010

A comme "Arroyo (Eduardo)"

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J’aime Arroyo, Eduardo Arroyo, ce peintre qui s’exile en France en 1958 et qui va être le pivot nécessaire de cette « figuration narrative » encore injustement reconnue. C’est à la mort de Franco que Arroyo va refaire le chemin inverse pour au final revivre une sorte d’exil au point de s’imaginer étranger dans son propre pays. Après quelques bouquins dont le « Panama Al Brown » inspiré par l’autre passion d’Arroyo, la boxe, le peintre espagnol nous propose aujourd’hui, « Minutes d’un testament », un ouvrage qui trace dans la mémoire de son auteur des souvenirs compliqués qui à force de chambouler la chronologie finissent par perdre le lecteur. « Le présent testament » écrit Arroyo avec amusement « annule les précédents, qui ont été nombreux étant donné mon goût précoce pour la rédaction de ce genre de documents ». Pour Arroyo, tout commence à Madrid et plus précisément au 19 de la rue Argensola pour ce fils de pharmacien, croyant, pratiquant et phalangiste. Tout se poursuit à Paris à la fin des années cinquante pour se concrétiser en une peinture illuminée par la politique et l’Espagne, vers les mineurs des Asturies, un pays réprimé mais combattant. Le parcours d’Edouardo Arroyo est aussi celui d’un intellectuel en peinture qui lorgne un temps très lourdement vers la Havane, qui est au cœur du fracas de Mai 68 et scrute l’agonie du Caudillo.

arroyotestament.jpgArroyo aurait probablement souhaité être un écrivain. Son œuvre magnifique nous confirme qu’il a pourtant emprunté le bon chemin et la lecture de ce labyrinthique testament que Grasset vient de faire traduire ne fait que nous confirmer que la véritable mémoire d’une époque est dans la peinture d’un artiste dont il serait temps que l’on admette qu’il est majeur. Contestataire, politisé, ouvert sur la vie, Arroyo est donc un des peintres les plus importants de l’après-guerre et avec Aillaud, Télémaque, Adami et Rancillac, il représente la force de cette nouvelle figuration.

Eduardo Arroyo, « Minutes d’un testament », Grasset, 2010, 21.50 euros.

Lyon, le 11 juillet 2010.

09/07/2010

A comme "Abécédaire"

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Je ne le sais plus vraiment mais c’est probablement pour la troisième fois consécutive que « De Lyon et d’Ailleurs » proposera son abécédaire estival attendu par une très grosse partie de la planète. D’Imelda Marcos à Lydia Lunch, de Thomas Bernhard à Nick Hornby tout en passant par Sydney Govou et Sharon Jones, chaque jour aura droit à son petit billet, pas toujours indispensable, qui accompagnera nos hauts comme nos bas. La politique sera pour l’essentiel mise en sourdine sachant que dès la rentrée il conviendra de retrousser les manches ne serait-ce que pour s’opposer aux mauvais coups du pouvoir.

C’est donc de musique, de sport, de littérature, de ces « pas grand-chose » comme des évènements les plus divers que nous parlerons tout au long d’un été 2010 qui, pour ma part, sera plutôt tranquille et casanier. Je vous souhaite bien entendu tout le contraire, c'est-à-dire des voyages aux longs courts, des aventures aux antipodes, pas trop de coup de soleil et des petits rosés bien frais. En attendant le retour « à la normale » qui se situera le 30 août, je vous laisse aux bons soins de la formidable Sharon Jones qui sera, je vous le rappelle, lundi prochain aux Nuits de Fourvière dans le cadre d’une « Nuit Brooklyn » qui ne devrait pas décevoir.


Sharon Jones live @ Nova
envoyé par Novaplanet. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Lyon, le 9 juillet 2010.

08/07/2010

Declan et Diana

elviscostello.jpg?w=300&h=200Declan Patrick MacManus est ce soir en Isère avec madame. Le génial binoclard végétarien et ancien employé de la Midland Bank (service informatique) est donc avec sa dulcinée, Diana Krall, sur la scène de Jazz à Vienne. Vous l’avez compris je veux parler d’Elvis Costello. Les Lyonnais enclins à apprécier la musique encyclopédique de l’auteur de « Watching the Detectives » gardent un souvenir incomparable de son passage aux Nuits de Fourvière il y a, je crois, deux ans de cela. Ce soir de fin juillet, à l’Odéon, Costello et Allen Toussaint transportèrent sous le ciel étoilé lyonnais un public nécessairement réduit mais aux anges en partance pour le paradis.

Ce soir à Jazz Vienne, on change de format et en étant inscrit au programme de la très jazzy mère de ses enfants le britannique devra se coltiner un public largement composé d’abonnés à Télérama qui viendra essentiellement pour la Krall. Il n’est donc pas très certain que le charme s’invite sur la scène du Festival viennois à moins que nos deux amoureux, ce dont on peut douter, se réunissent pour un bœuf au terme du spectacle. Costello sera quant à lui sans ses célèbres Attractions mais à la tête d’une formation qui devrait distiller un de ses albums les plus roots, son dernier en date, « Secret, Profane and Surgarcane ». Bref, une soirée viennoise à ne rater sous aucun prétexte.

> « Jazz à Vienne », ce soir 8 juillet, Diana Krall et Elvis Costello, 21h00, Théâtre Antique de Vienne

Lyon, le 8 juillet 2010.

Photo: DR

07/07/2010

Quel exemple

elysee.jpgComme à propos du rendez-vous avec Thierry Henry, on ne saura jamais qui de Nicolas Sarkozy ou de Joyandet a pris l’initiative de la démission du secrétaire d’Etat. Ce dernier l’avait annoncé sur son blog mais l’Elysée a voulu reprendre la main en ajoutant un nom ; celui de Christian Blanc. Du coté de chez Sarko on créait ainsi de l’exemplaire, on frappait du point sur la table. C’est raté car les français ont vite vu là une piètre manœuvre pour essayer de jeter un voile pudique sur la véritable affaire ; celle qui touche Eric Woerth. Car il n’y a pas de commune mesure entre le billet d’avion voire le permis de construire de Joyandet ou les chères cigares Christian Blanc et ce qui chaque jour se découvre un peu plus autour de l’ex-ministre du budget. A ce sujet en fin de semaine dernière ce sont nos voisins suisses qui ont rajouté une touche au tableau en détaillant par le menu les longs séjours de Madame Woerth à Genève. On y apprend qu’au moment où son mari exhibait la liste des 3000 noms d’exilés fiscaux que lui avait remise un « repenti » de la HBSC elle s’occupait du camouflage de l’argent de madame Bettancourt mais participait aussi à des soirées mondaines où les dits exilés n’oubliaient pas d’annoncer leur participation au financement de l’UMP. Pourquoi perdre son temps ? Mais là il est difficile de croire que son trésorier de mari n’était pas au courant. Car dans cette affaire nauséabonde le pire réside bien dans ce mélange de genres entre le rôle d’un ministre en charge de questions financières et le trésorier du parti majoritaire. On se demande à ce stade si cette république agonisante tombera encore plus bas. En attendant à Sarko qui voulait faire un exemple en virant deux sous ministres si importants qu’ils ne sont même pas remplacés, on peut crier dans tous les sens du terme : Quel exemple !

Philippe Dibilio

Photo: DR

06/07/2010

Chercher la rigueur avec les dents

Dentifrice sarkozy.jpgJ'en entends qui râlent dans les chaumières : « Quoi, on va nous priver de Garden-party élyséenne ! »

Ben oui manants, cette année pas de Johnny à un million d'euros ! Et ce n'est pas tout : le roi a promis que le G8 en France coûtera « dix fois moins cher que les deux sommets équivalents organisés au Canada ».

Petit exercice de calcul à votre attention, bon peuple : sachant que le G8-20 du Canada -  considéré comme un record en matière de dépense - a coûté 940 millions d'euros, combien devrait coûter celui dans note beau royaume ? Pour les faibles en calcul mental : pas plus de 94 millions. Conclusion : c'est encore presque quatre fois le coût de la même réunion tenue à Londres en 2009 et qui avait coûté 24 millions. Comme quoi, tout est dans l'art de communiquer. Et dans cet art-là, Nicolas Premier est passé maître.

Mais parfois la communication trébuche...

Vous qui pensez que la Bastille était prise depuis longtemps, lisez la lettre écrite par le bon roi à Fillon. Elle dévoile l'ultime farce d'un régime qu'on croyait ancien en nous jouant un mauvais ersatz de la nuit du 4 août : désormais « les frais privés des ministres seront payés sur leurs deniers personnels ».

On rêve et le Roi Sommeille... Quand il ne se brosse pas les dents ! Oyez, vous qui rêvez de jacqueries en ignorant jusqu'où va le souci d'honnêteté du monarque : Nicolas paie lui-même son dentifrice quand il voyage ! C'est son fidèle aboyeur Lefebvre qui le dit :


Lefebvre Sarkozy paye son dentifrice [ITV] FR2 280610
envoyé par peanutsie. - L'info internationale vidéo.

 

Privilégiés bénéficiaires de la CMU n'ayez point la dent qui vous reste trop dure : notre bon roi garde le souci de payer son dentifrice sur sa cassette personnelle. Une vraie ponction sur ses émoluments et qui obère grandement leur modeste augmentation de 170% !

Comme le disait déjà il y a plus de 20 ans le Che français : « Dans le plan de rigueur, il y trop de mou dans ce qui est dur et trop de dur dans ce qui est mou. »

Jean-Paul Schmitt

03/07/2010

Charité

IMG_0079.jpgEntre affaire Bettencourt, affaire Woerth-Bettencourt et Bettencourt-Woerth, l’histoire de la prime aux résultats accordée aux préfets n’a pas fait grand bruit. Pourtant depuis l’an passé, assez discrètement, nos préfets et sous-préfets peuvent bénéficier de primes allant de 40 à 60 000 euros par an pour peu que les statistiques en matière de sécurité et, nous dit-on, d’aide à l’emploi, soient bonnes.

L’histoire n’est donc pas nouvelle puisque c’est un décret Fillon de novembre 2008, paraphé également par ce brave Eric Woerth, qui a mis en place ce Sarko-formatage de notre haute administration à l’aide de critères affinés par Brice Hortefeux. Passons sur le fait que les préfets sont les seuls fonctionnaires de ce pays à bénéficier de quelques subsides supplémentaires sans que leur nombre soit automatiquement divisé par deux et positivons. Jusqu’à présent quand on nous retirait quelques points sur notre permis de conduire et que l’amende nous frappait, nous ne savions pas exactement où allait l’argent. En sachant maintenant que nos coupables comportements aident des familles de préfet à mieux vivre, avouez que cela change la donne. Comme nos contributions au pouvoir d’achat des préfets ne sont pas minces, on nous parle en effet de sommes pouvant approcher les 60 000 euros, je suggère aux préfets et sous préfets ainsi gâtés par la république de faire preuve, en retour, de générosité. Je leur rappelle que les contributions privées au financement des partis politiques sont plafonnées à 7 500 euros. Au titre de la reconnaissance du ventre, comme l’a fait Madame Bettencourt, il m’est agréable de rappeler, à ces fonctionnaires primés, que l’UMP prépare d’ores et déjà une campagne présidentielle en 2012 et que son trésorier, Monsieur Eric Woerth, serait bien entendu disposé à accueillir leurs charitables offrandes.

Lyon, le 3 juillet 2010.

02/07/2010

Vers une métropole lyonnaise

3.jpgAujourd'hui c'est à un véritable marathon métropolitain que nous nous livrons puisque dès 9 heures, à l'invitation de la Communauté d'Agglomération du Pays Viennois, nous allons sceller un accord à quatre entre le Nord-Isère, le Grand Lyon, Saint Etienne et Vienne. Dès 11 heures s'ouvre à Givors l'Assemblée générale de la R.U.L. (Région Urbaine de Lyon) qui regroupe les collectivités qui couvrent la grande région lyonnaise à hauteur d'environ 3 millions d'habitants. Dès 16 heures c'est à Bourgoin-Jallieu que le Conseil Général de l'Isère nous invite à réfléchir sur l'avenir des territoires situés au nord du département en espérant que le président Vallini arrivera à se convaincre, par lui-même du fait que le phénomène métropolitain initié, entre-autre par Gérard Collomb et Alain Cottalorda, est désormais irréversible. Même si depuis des mois, c'est en faisant parfois la moue que les édiles départementaux de l'Isère se confrontent à la montée du phénomène métropolitain dans la région lyonnaise, nous pouvons demeurer optimistes quant à la capacité des élus départementaux à accepter la réalité telle qu'elle est. Longtemps en retrait, le Conseil Général de l'Isère et son président André Vallini ont donc décidé de provoquer le débat quant à l'avenir du Nord Isère. C'est de toute évidence une excellente chose et nul ne comprendrait qu'une telle initiative puisse être une simple diversion.

Lyon, 2 juillet 2010.

Photo: DR

01/07/2010

Dans le coup

couv3.jpgAlors que le cinquième numéro du « Coup de grâce » est livré dans nos boites aux lettres, Guillaume Tanhia l'inspirateur et barreur en chef de la revue lance un avis de tempête enattirant notre attention sur la fragilité financière de sa revue. Pourtant dans un édito plutôt vitaminé, l'ami Guillaume nous la joue héroïque en dénonçant l'Etat qui se désengage et,grand classique des élites, l'invasion du divertissement et du spectaculaire qui tient lieu depolitique culturelle de la part des édiles. Bref, il y a encore de la vie du côté du « Coup de grâce » et ce n'est pas moi qui songe à m'en plaindre. Préparation, du côté de Bron, de la biennale de la danse, interview de Bill T. Jones, c'est tout de même en s'interrogeant sur l'avenir des politiques culturelles que ce « Coup de grâce » estival monte au créneau non sans avoir donné la parole à un DRAC qui, ce qui est bien normal, s'autorise à faire le service après vente de l'Etat. Comme c'est désormais la tradition,au travers sa découpe, le magazine culturel lyonnais ne craint pas la dispersion avec des articles sur le Quatuor Debussy, un beau zoom sur le travail de Denis Serre et le plasticien Pierre David qui s'aventure dans un retour étonnant vers la commande. A fourrer dans le sac de plage ou la valise il est important d'acheter ce numéro ne serait-ce que pour soutenir une aventure journalistique qui ne mérite pas de rester en rade. Comme vous n'aurez plus un rond à votre retour de vacances et que le gouvernement nous prépare à affronter le pire pour septembre, abonnez-vous dès maintenant au « Coup de grâce ». Pour se quitter sur une bonne note c'est ce matin vers 11 heures qu'à l'Institut Lumière, Thierry Frémeaux présente la 2ème édition du festival du film piloté par le Grand Lyon. Un de ces évènements imaginé par les édiles dont le caractère divertissant déplait tant à l'ami Tanhia.

Lyon, le 1er juillet 2010.

30/06/2010

Travailler moins et jouer plus.

Mouilllac micro.jpg« On travaille moins et on joue plus ». Le slogan de l’affiche de la fête de la musique à Lyon a décoiffé la belle chevelure de la droite lyonnaise. En l’occurrence, celle bien ordonnée de Thierry Mouillac, élu dans le 6ème arrondissement. Jamais à court de coups de cymbales et de grosse caisse dans sa fanfare anti-Collomb, le déjà vieux jeune sarkozyste Mouillac dénonçait la semaine passée une Fête de la Musique « support de propagande à grande échelle, basée sur un « slogan gauchiste » et dont le message est « choquant, mensonger et irresponsable »…

Bigre, quel émoi et pour quelle grande et noble cause !

Las, c’est pourtant vrai qu’on travaille moins puisqu’il y a davantage de gens qui pointent au chômage. Heureusement, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : voir les infirmières débordées, les agents des pôles emploi qui ont parfois 200 dossiers à suivre, j’en passe et des quantités. Tout ce monde-là travaille de plus en plus… Tout en gagnant moins ou pas plus.

Qui joue et à quoi, cher Mouillac ?

On connaît la musique, donc la réponse pleine de dièses : c’est la faute aux 35 heures et à tous ces paresseux de gauchistes aux poings gantés de rouge ; ce rouge qui affole les signataires du traité UMP-PC chinois comme la muleta un taureau. Il leur fait oublier qu’en matière de musique et de fête à Neuneu détournée, ils en connaissent un brin. Faut-il leur rappeler que créer de la musique est aussi un travail ? Et qui doit être rémunéré, comme tout le monde le sait.

Petit da capo après l’air du grand émoi chevroté par le fêtard musical Mouillac qui se proclame sur son blog farouche défenseur de la liberté individuelle (ça sonne fort façon cymbale et ça plait bien aux amateurs de fanfare) : pirater « Kids » du groupe MGMT comme ses chers amis Unionistes Musicaux Protestataires n’ont pas hésité à le faire, c’est pas très joli, joli. Ce vol du bourdon a été pénalisé avec comme altération à la clé, une amende de 30.000 euros. Ça devrait l’inciter à quelque gargarisme avant la prochaine aria.

Jean-Paul Schmitt

29/06/2010

Rassurant

400px-Clara_Gaymard.jpgDans le civil Clara Gaymard est l’épouse de l’élu savoyard et ex-ministre, professionnellement elle est la patronne de la filiale française de Général Electric le géant industriel américain. C’est à ce titre qu’elle était dernièrement invitée aux « matins du journal Challenges » et les propos qui en ont été rapportés m’ont plutôt ravi. Pleine d’humour cette femme de 50 ans n’hésite pas à déclarer : « mère de famille outrageusement nombreuse, blonde, énarque, mariée à un politique, on peut dire que je les collectionne. » Mais la force de son propos tient à son analyse de la situation économique. Dirigeante d’une société qui réussit même pendant la crise elle se fait le chantre du développement industriel et déclare dans ses conclusions : « Un, la politique industrielle n’est pas un gros mot comme on pouvait l’entendre avant 2008 à Davos. Deux, le monde ne va pas vers moins d’Etat. Trois, le sens de l’histoire n’est pas un passage du secondaire au tertiaire comme on l’a longtemps cru : l’innovation ne peut se faire sans l’industrie. » Et elle est bien placé pour le dire au vu des résultats de son groupe. Evoquant la crise du capitalisme Clara Gaymard n’est pas tendre non plus : «  elle a prouvé que ce qui est légal n’est pas forcement moral ». Et d’afficher enfin un patriotisme économique qu’elle définit ainsi : «  Le vrai patriotisme économique ce n’est pas celui de la localisation du siège social ou de la nationalité des actionnaires. C’est celui des emplois sur le sol français ». Il faut dire que sur ce point GE a donné l’exemple dans les Yvelines, à Belfort ou au Creusot. Clara Gaymard nous tient au fond un discours somme toute rassurant qui révèle que même au cœur d’une société hyper mondialisée comme GE on peut s’éloigner de la pensée unique. Voila qui est agréable à entendre à la veille des vacances.

Philippe Dibilio

28/06/2010

Ira, Ira pas

promo_5020.jpgIl paraît que Sarkozy ne sait plus faire vendre les hebdos. Parmi les politiques, seul Dominique Strauss-Kahn semble encore faire l’affaire ou plus exactement, comme c’est le cas cette semaine pour l’Express, à faire faire des affaires. Biographie usée mais revisitée, inter-titre comme quoi son père était franc-maçon, liste des diplômes, débat « au sommet » entre Mosco et Mélenchon, tout y passe. Bref, la marmite Strauss-Kahn est sur le feu et le fumet qu’elle peut dégager est dirigé vers nos narines, « Ira, Ira pas ? »  That-is the question.

Pote de Denis Kessler, Schumpétérien à ses heures, plus promoteurs de solutions qu’inventeur, méchant flic du FMI, l’Express tourné vers les courbes de vérités souffle le chaud puis le froid sur un Strauss qui n’en demande d’ailleurs pas tant. « Ce garçon remarquable » comme aime à le définir Sarkozy marque pourtant des points. A la hausse parmi les plus de 65 ans, il est peut-être sur le point d’arriver à la hauteur de Sarko sur le segment de ces séniors traditionnellement acquis à la droite. Déçues par le Chef de l’Etat, les classes moyennes seraient, si l’on en croit certains sondages prêtes à se jeter dans les bras de DSK. Reste la « France qui se lève tôt » qui, pour ce qui la concerne, semble peu attirée vers ce type de gauche dont la droite ne cesse de dire qu’il est des siens.

« Ira, Ira pas ? », vous le savez depuis longtemps, je pense à tort ou à raison que DSK se décidera à y aller uniquement si le contenu de la gamelle lui est délicatement dressé dans l’assiette, prêt à consommer, avec son brin de persil. Dans le cas contraire il faudra bien que les réformistes qui s’affichent dispersés dans le PS s’interrogent et décident de choisir l’un d’entre-eux. C’est alors que nous nous perdrons une fois de plus dans nos calculs les plus effroyables en nous demandant, pour chacun de ces candidats réformistes, « Ira, ira pas ? »

Pour parler d’autre chose. Hier soir à Fourvière, le mot d’ordre était plutôt « ira pas » puisque c’est devant un auditoire modeste que s’est produit à l’Odéon Richard Hawley. D’un équilibre parfait la prestation de l’anglais était pourtant magnifique, les absents avaient encore une fois tort et la lune presque rousse ne s’y était pourtant pas trompée. Elle était là, au balcon, pour saluer le crooner de Scheffield.

Clermont, le 28 juin 2010.

27/06/2010

Viva Guillon !



26/06/2010

Jacques Duvernay

C'est avec une très grande tristesse que jeudi, en fin d'après-midi, nous avons appris la disparition de notre ami Jacques Duvernay, Directeur de cabinet du Maire de Bourgoin-Jallieu et du Président de la Communauté d'Agglomération des Portes de l'Isère (CAPI).

Travailleur, rigoureux, élégant et d'une grande courtoisie, Jacques avait beaucoup apporté à notre travail commun pour construire une métropole lyonnaise bâtie à partir des territoires du Nord Isère, du Pays viennois, de la métropole stéphanoise et du Grand Lyon. C'est en 2000 que Jacques nous avait rejoint pour aider, dans une difficile campagne municipale, Gérard Collomb à remporter une victoire qui s'avérait comme historique. Depuis, Jacques Duvernay travaillait aux côtés d'Alain Cottalorda avec qui il avait permis de hisser le Nord Isère au rang de territoire majeur de notre métropole.

Toujours accueillant et déterminé à aider sa ville et les berjalliens, Jacques consacrait aussi beaucoup de son énergie à se battre pour le CSBJ, le club de rugby de Bourgoin étant un des éléments majeurs du rayonnement de la ville. J'avais souvent répondu à ses invitations en particulier alors que le célèbre club du TOP 14 connaissait nombre de difficultés.

La disparition de Jacques Duvernay est une terrible épreuve pour sa famille, ses proches et toute l'équipe municipale de Bourgoin. J'adresse à ses proches, à Alain Cottalorda, le Maire de la ville, toute ma sympathie. Nous serons nombreux à garder de Jacques Duvernay le souvenir d'un homme droit tourné vers les autres, un ami doté des plus grandes qualités humaines.

Lyon, le 26 juin 2010.

24/06/2010

Amours clandestines

Eric_woerth.jpg« De Lyon et d’ailleurs » est lui aussi capable de fournir à la nation une écoute clandestine qui apporte la lumière qui convient dans l’affaire Bettencourt-Woerth.

La scène se passe au petit déjeuner dans la cuisine Vogica du couple Woerth. Florence qui couve à l’époque la fortune de Madame Bettencourt déguste un Earl Grey de marque offert par Christian Blanc tandis que son époux Eric, alors ministre du budget, lui beurre la tartine ...

Florence : tu sais honey, j’ai découvert que Madame Bettencourt …

Eric : stop mon amour, je ne veux en savoir plus.

Florence : mais arrête Honey, j’allais te dire que Madame Bettencourt utilisait plizz pour faire briller ses surfaces modernes.

Eric : pardonnez-moi ma mie mais je croyais que vous alliez me faire des révélations sur des évasions fiscales, des comptes en Suisse ou sur quelques manières peu recommandables de payer moins d’impôts.

Florence : vous n’y pensez pas Honey, il convient de séparer notre vie professionnelle de notre intimité. Concernant le financement de l’Ump passe encore mais pour le reste sachons rester, l’un comme l’autre, dans notre rôle.

Eric : je t’aime Florence

Florence : moi aussi Honey

Eric : bonne journée amour de ma vie, je m’en vais compter l’argent des Français

Florence : bonne journée Honey, moi celui de Madame Bettencourt

Bien que court, cet extrait d’écoute clandestine devrait fermer définitivement le clapet de ce monsieur Montebourg et rétablir l’honneur des Woerth. Ne me dites pas merci.

Lyon, le 24 juin 2010.

Photo: DR

23/06/2010

Oublier Buffet ?

Camembert Fabien1.jpgLe 18 juin Nicolas Sarkozy jouait à Londres « Plus gaulliste que moi tu meurs », histoire de coller son affiche par-dessus celle d’un amuseur concurrent qu’il rêve d’accrocher à un croc de boucher et dont la première était le 19 juin.

Plus intéressant : le 18 juin Marie-George Buffet rendait les rennes du PC devant un parterre où se pressaient ce qu’il est convenu d’appeler toutes les forces de gauche. Elle passait le relais à Pierre Laurent après une course d’obstacles assez longue et aussi décevante que le score de l’équipe de France face au Mexique.

Si le passage à la postérité de Marie-George - femme engagée et attachante - devait être mesuré à l’audience de son parti, il y a fort à parier que peu de gens se rappelleront d’elle. Il vaudrait sans doute mieux miser pour cela sur le souvenir qu’elle laissera comme féministe. Et retenir de son discours du 18 juin 2010 – un peu convenu tant les invités avaient hâte d’aller faire buffet (facile, je sais) – cette jolie formule : «Je ne veux pas parler du problème des femmes dans mon discours de départ. Car les femmes ne sont pas un problème, elles sont la moitié de la solution.».

Ce 18 juin-là je le retiens pour la femme engagée qui a créé l’AAAA2004 « Afganes, Afghans Après Athènes 2004 » (rien à voir avec une quelconque agence de notation ni avec l’AAAAA, Association Amicale des Amateurs d’Andouillete Authentique), une association de soutien aux femmes afghanes autour de la pratique du sport et qu’elle préside ; je le retiens pour la femme active dans la coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception et pour la femme debout des assises des droits des femmes…

Si « Oublier le cantal, ça peut être fatal » - pub fromagesque qui avait provoqué l’indignation de Marie-George et des Chiennes de garde – « Oublier Buffet, c’est peut être exagéré »…

Jean-Paul Schmitt

 
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