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01/10/2010

Little Big Man

7729_programs_photo_298_original.jpg« Le gaucher », chef d’œuvre revivaliste et rénovateur du western de la fin des années cinquante, « little big man », inventive réussite du début des années soixante-dix foisonnantes, « Bonnie and Clyde » film tricardisé par Hollywood, « Alice’s Restaurant » fleurant bon sa rumba baba-cool, sont à des titres divers quelques-unes des nombreuses réussites d’Arthur Penn, une de ces progénitures remarquables de l’Actors Studio qui s’en est allé dans la nuit de mardi à mercredi. Que les américains se rassurent, s’ils n’étaient pas tous, loin s’en faut, de fidèles admirateurs du petit juif de Philadelphie, nous étions nombreux, ici en Europe, à avoir le culte presque dévot de cet artiste majeur du XXème siècle, de ce progressiste installé dans le 7ème art. Robert Redford, Warren Beatty, Faye Dunaway, Marlon Brando, Gene Hackman, Dustin Hoffman et de nombreux autres ont aidé Arthur Penn à imposer un art dont il aimait reconnaitre l’influence de la « nouvelle vague » venue de notre pays.

Arthur Penn va demeurer un chaînon indispensable de la grande histoire du cinéma américain. Un de ces rebelles qui n’auront pas froid aux yeux, un éclaireur qui annoncera la chevauchée fantastique des Martin Scorsese et des Francis Ford Coppola, le frère du photographe Irving Penn et, à bon entendeur, en aucune façon l’ancien beau père de Madonna même si le Sean en question à ce toupet qui le fait parfois ressembler au désormais regretté Arthur.

Lyon, le 1er octobre 2010.

Photo: DR

30/09/2010

Ed

ed-miliband-saura-redonner-de-la-force-au-labour.pngC’est donc avec l’appui massif des syndicats et sans vraiment convaincre le parti travailliste, élus compris, que Ed Miliband se retrouve à la tête de l’opposition quelques temps après la victoire de l’alliance Cameron-Clegg. On devrait d’ici quelques temps en savoir plus sur l’orientation que comptent mettre en œuvre les travaillistes car, convenons-en, au lendemain de la victoire de celui qui aime tant se présenter comme l’anti-Blair, le brouillard le plus londonien est sur le point d’envahir le parti travailliste. La question de l’Irak, les déficits publics, la crise financière, l’Etat et bien d’autres choses qui taraudent les britanniques sont sans réponses. Force est également de constater que le vague positionnement de Ed à la gauche du parti ne nous en dit pas vraiment plus sur ce que pourra être la politique des travaillistes. L’orientation assez fantomatique du nouveau leader sera-t-elle levée quand celui-ci installera son gouvernement non moins fantôme ? Nul ne le sait mais une chose paraît certaine : Ed Miliband a du pain sur la planche.

On le sait, face à son frère David, Ed Miliband a arraché à Manchester une belle victoire conditionnée par la peu glorieuse défaite du labour lors des dernières élections. Au-delà de cette réalité le peu connu Ed à tout intérêt à se retrousser les manches ce d’autant que les premiers sondages dégagent plus de problèmes que de réponses. A la question « Lequel des deux frères serait le plus capable d’exercer la fonction de premier ministre », David Miliband, le battu, semble en meilleure posture que Ed, le vainqueur. En effet David totalise 53% d’opinions le croyant capable de gouverner alors que le frangin Ed n’enregistre que 36% d’opinions favorables le voyant susceptible d’exercer le pouvoir comme quoi là-bas comme ailleurs la vérité d’un parti ne fait pas nécessairement la crédibilité dans l’opinion.

Lyon, le 30 septembre 2010.

Photo: DR

29/09/2010

Après le bain

Après le bain.jpg

Après le bain

Acrylique sur toile, 80x80 cm

Lettre d’Occident, à rebours de l’inspiration magnifique d’Ingres.

À l’insu des maîtres, derrière la toile transparente, impalpable protection, je suis l’apprenti aux doigts maculés de pigments qui rêve désespérément.

Mes odalisques ont le corps interdit des femmes d’ici. Dans mon carré, lieu de fantasmes, le luth ou le tchégour est guitare. J’attends inquiet et tremblant que de la caresse des cordes naissent les sourdes vibrations et les cris clairs.

Je renie les arabesques moelleuses de l’érotisme magistral. Épuisé, j’épouse les longues fées blondes et rousses entrevues dans mes chambres celtiques.

Seuls deux corps emprisonnés dans un souvenir de harem turc, deux ombres sombres, scrutent encore la lumière au-delà des fenêtres à la recherche d’un ailleurs plus libre.

Songeur, j’ai baigné d’eau teintée les corps que je n’ai pas voulu sculpter.

Jean-Paul Schmitt

PS aux amateurs : mon blog « artistique » en tapant http://patmostarse.artblog.fr

04:16 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, occident, harem, jean-paul schmitt, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/09/2010

Bruno Gollnisch, itinéraire d'un infant raté

gollnisch.jpeg16 septembre 2010, parvis de la basilique Saint Denis. Bruno Gollnisch, aspirant président du Front National, lance sa campagne interne depuis la nécropole des rois de France. Car pour détrôner Jean-Marie et faire la nique à Marine, Bruno Gollnisch est prêt à tout, même à convoquer les rois de France, Sainte Geneviève et tous ceux qui, "Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur" sauveront, sauveront la France "Au nom du Sacré Coeur". Entre deux écrouelles et cinq pédiculoses corporelles à guérir, Bruno eut le temps de se rêver successeur de Louis I le Bègue, Louis IV d'Outremer, Louis VI le Gros et Louis XVI le Raccourci, tout en n'omettant pas d'écumer quelques vilénies contre la Révolution de 1789 et la horde de malheurs qui se sont bien évidemment abattus sur la France et sa mère l'Eglise.

Bruno Gollnisch, dont chacun à Lyon garde de son sens de l'Histoire un souvenir certain, a en plus un sens de l'optimisme à rendre jaloux ce porte-parole de Saddam Hussein qui chantait la douceur de vivre à Bagdad entre deux bombardements anglo-américains, n'ayant crainte de lancer sa croisade associative depuis une fosse commune de banlieue rouge. "Bruno, santo subito" pouvait-on entendre parmi la foule d'humanistes tridentins lefebvristes intégristes anticoncordataires venus participer au lancement de cette Reconquista des quartiers.

Pour être Kaiser à la place du Kaiser, Bruno Gollnisch avait pourtant toutes les cartes en main et les dieux très tôt s'étaient penchés sur son berceau.
Né à Neuilly le même jour - le 28 janvier - que Nicolas Sarkozy, ses parents lui attribuent le doux prénom de Bruno, qui, à lire les meilleures encyclopédies, viendrait du germanique brun, qui signifie bouclier mais aussi armure, couleur brune. Voyez combien la Divine Providence ne fut pas maladroite et n'a pas mégoté sur les grâces qui entourèrent la naissance celui dont nous parlons pour l'aider à son dessein national.

Et ce sans préjudice de la riche lignée dont il est le fruit : Gustave Flourens, son arrière grand-oncle fut défenseur des Crétois insurgés contre l'Empire Ottoman et les morceaux choisis de son oeuvre éphémère et discrète se trouvent, pour les amateurs de philanthropie, dans l'ouvrage de Marc Crapez, L’antisémitisme de gauche au XIXe siècle; Emile Flourens, son arrière-grand-père savait vivre avec son temps et fut un membre éminent de la Ligue Française Anti-maçonnique qui publia dès 1907 un excitant La liberté de l'esprit humain, pourquoi l'Église de France triomphera de la persécution. Bon sang ne saurait donc mentir et à voir pareil lignage, on n'ose imaginer, comme aurait dit Audiard, "l'aspect grandiose du mélange". Tous les ingrédients étaient dès lors réunis pour que Bruno perçât sous Gollnisch.

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08:12 Publié dans Stéphane Nivet | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno gollnisch, front national, france, politique, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/09/2010

Fin d’histoire

fidel_castro_dead.jpgSi l’on écoute les plus dévoués serviteurs du régime, la réapparition de Fidel Castro il y a une quinzaine de jours de cela semble aussi spectaculaire qu’inespérée. En lisant son fameux discours le 3 septembre, le lider Maximo a manifestement regonflé le moral de ses troupes tout en indiquant clairement à tous qu’il ne pouvait se résigner à abandonner le pouvoir. Au lieu de nous indiquer ce jour là la fin d’une histoire, Castro nous a expliqué que l’histoire était sans fin. Tout un programme.

Dans un contexte économique déplorable, alors que les réformes promises ne demeurent que des mots et les libertés des concepts vides, le come back de Fidel est pitoyable. Pitoyable pour lui, pour son fantoche de frère et pour tout une nomenklatura qui pourrait à terme se diviser sur l’opportunité de conduire un minimum de changement.

En vérité, malgré ce regain de forme du chef, l’avenir du castrisme est derrière lui et il est peu probable que l’unanimité se fasse jour au sein de l’appareil d’état et du Parti pour trouver une issue à ce régime à bout de souffle. L’avenir démocratique de Cuba va commencer à s’écrire à brève échéance et il serait regrettable qu’au nom de la lutte contre les frères Castro, les forces obscurantistes tiennent le stylo au profit du libéralisme le plus trivial. Seule une solution social-démocrate pourrait garantir, à quelques encablures des côtes de Floride, une issue positive pour les Cubains, une perspective alliant développement économique et libertés.

La vieille Europe et singulièrement les socialistes espagnols et français seraient inspirés en voulant jouer un rôle positif dans ce processus mais, en ont-ils l’envie ?

Le PS quant à lui est entrain de préparer une convention internationale. La question de Cuba et de castrisme n’est même pas abordée dans le texte soumis au vote. Il est vraiment loin de nous le temps des réflexions internationales.

Lyon le 24 septembre 2010.

Photo: DR

22/09/2010

Brice et les juges

Brice banzaï.jpgBrice, boutefeu de la Sarkozie, prône l’élection du juge d’application des peines.

Après avoir monté « ceux qui se lèvent le matin » contre les « assistés », les salariés du secteur privé contre les fonctionnaires, les riches pauvres qu’il faut doter d’un bouclier contre les pauvres riches de leurs RSA, CMU et autres avantages à abolir lors d’une prochaine nuit du 4 août, les jeunes contre les retraités, les Français de souche contre les Roms, le pouvoir mène aujourd’hui l’attaque contre les juges. Habilement – l’équipe est passée maître en matière d’intox – il laisse entendre que des juges en phase avec l’opinion majoritaire seraient moins laxistes.

Il pense qu’à force de seriner que l’insécurité est de la faute des juges et autres syndicats de la magistrature, l’opinion du bon peuple, si précieuse lors des élections, finira bien par intégrer que ce n’est pas la faute aux ministres successifs de l’Intérieur si la politique sécuritaire menée depuis huit ans est un échec. Haro donc sur ces magistrats gauchistes - ou peut-être Auvergnats – qui osent aller jusqu’à condamner un auguste politique pour injure raciale (Auguste : un nom prestigieux à Rome et dans les cirques) !

Brice trouve là à la fois de quoi contrer MAM en vue du futur remaniement et de quoi attirer l’attention des médias loin des affaires Woerth, Bettencourt, Roms et autres condamnations par les plus hautes instances européennes et internationales. Il sort de son chapeau un vieux lapin et, en bon gardien, il jappe contre le JAP. Le JAP élu : voilà la solution aux problèmes d’insécurité...

Pour mémoire, le JAP n’habite ni Tokyo ni Hiroshima : le Juge d’Application des Peines est le juge chargé de prononcer des mesures d’aménagement des peines qui peuvent aller jusqu’au bracelet électronique ou à la semi liberté. Il peut même dans certains cas suspendre des peines. C’est aussi le JAP qui suit l’exécution de la peine en milieu ouvert, qu’il s’agisse d’un sursis avec mise à l’épreuve ou d’un travail d’intérêt général.

Ici et là, d’aucuns enfourchent déjà la bicyclette uémpiste et tentent de nous expliquer que les juges de commerce et ceux des Prud’hommes sont élus et que cela ne choque personne. J’en lis même qui rappellent la Commune de Paris pour justifier cette lumineuse idée.

Je crois profondément que lorsqu’il s’agit de juger et de condamner un homme, l’opinion populaire, naturellement momentanée voire instrumentalisée, ne disposera jamais de suffisamment d’éléments pour déterminer la part de responsabilité réelle de celui que l’on juge ni sa capacité de réinsertion dans la société. En la matière, un juge bien formé, sans l’inflation phénoménale des textes de loi votés depuis 2002 – à chaque crime sa loi particulière aujourd’hui - , une justice indépendante du pouvoir exécutif valent mieux qu’un juge soucieux d’être réélu, fut-il compétent.

Comme le disait le poète argentin Antonio Porchia « L’homme juge tout dans la minute présente, sans comprendre qu’il ne juge qu’une minute : la minute présente ».

Jean-Paul Schmitt

21/09/2010

Une nuit à l'assemblée nationale

une-nuit-à-l-assemblée-nationale-affiche_253472_29171.jpgCertains trouveront sans doute que le titre du présent billet pourrait renvoyer subsidiairement au film du même nom réalisé par Jean-Pierre Mocky et à la faveur duquel on se plonge dans les turpitudes naturistes d'une attribution de Légion d'Honneur foireuse par un député qui répond au nom fleuri de Aimé Dugland. Un tel renvoi serait purement fortuit au regard de scandales plus proches de nous, chacun ayant à l'esprit que M. Patrice de Maistre n'est pas naturiste et à plus forte raison que Eric Woerth n'a pas une tête à s'appeler Dugland...

En vérité, mon humeur de la semaine a été franchement mise à l'épreuve par cette droite qui, décomplexée et aux abois, s'ébrène avec notre Constitution et notre Parlement. En effet, si la République était cotée en bourse - ce qui, au rythme où dégringolent les choses, ne saurait tarder, sa valeur avoisinerait sans doute le prix de l'action Eurotunnel des bonnes années, celles où son cours parvenait à atteindre victorieusement parfois jusqu'à un chiffre.

En cela, le "débat" organisé lors du vote de la "réforme" sur les retraites a été l'occasion de confirmer le niveau d'indignité dans lequel notre gouvernement enlise la République.

Eric Woerth - dont chacun admettra en ce moment qu'il a toutes les raisons de bomber son torse orné d'une légion d'honneur plastronnante et de faire le malin sur le banc du gouvernement avant, espérons-le, de rejoindre le banc des accusés - s'est vautré dans l'insulte crasse comme on n'en avait pas vu depuis longtemps à l'Assemblée Nationale, notamment lors de ces sessions extraordurières qui, en plein Dreyfus, voyaient pleuvoir des "glands de potence", des "du syndicat", des "torche-cul" et autres "fleur de pus" sur certains représentants du peuple. Comme en témoigne le compte rendu intégral des débats de l'assemblée nationale, Eric Woerth a cru bon renvoyer un pitoyable, un misérable et un lâche "collabo" à la députée Catherine Coutelle, députée de la Vienne.

Sans doute est-il bon de rappeler à cet instant que M. Eric Woerth, élémosinaire en chef des oeuvres sarkozystes, a promené sa gamelle de campagne chez André Bettencourt dont l'histoire familiale ne correspond pas précisément à l'idée que je me fais de la Résistance. Sauf à considérer que le fait de diriger les colonnes infernales d'un journal collaborationniste répondant au doux nom de "La Terre Française" et, en plein Vichy, d'y écumer d'amabilités contre les "Juifs pharisiens hypocrites", permet d'être éligible au titre de compagnon de la Libération.

L'indécence n'ayant aucune limite dans le moment présent, le dernier acte de cette séance lamentable aurait pu se dérouler dans le théâtre d'un casino d'une grande ville thermale de province au mois de juillet. Bernard Accoyer, dont les talents manquent aujourd'hui cruellement à l'oto-rhino-laryngologie, s'est livré à un exercice de partisannerie "factieuse" (Didier Mathus, député de Saône-et-Loire), mettant autoritairement fin aux débats de l'assemblée, transformant le règlement de l'assemblée en paillasson sur lequel les députés UMP vinrent essuyer à qui mieux mieux leurs godillots crottés.

Je propose donc sur le champs une modification de ce qu'il reste des lambeaux de notre constitution : "Les articles 24 à 33 de la Constitution sont abrogés. L'article 24 est désormais ainsi rédigé "Le Parlement est croupion. Le Président de la République est chargé de son exécution".

A la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

16/09/2010

Pathétique

Très franchement, à voir cette vidéo de l'animateur Jean-Luc Delarue, on a vraiment pas envie de se moquer de lui. Nicolas Canteloup, beauf de services sur Europe 1 devrait en faire autant, le pauvre type des deux n'étant nécessairement pas celui qu'on croît...

Lyon, le 16 septembre 2010.

15/09/2010

Philippe, Michel, Fabienne et les autres…

Fouette.jpgPhilippe veut être le cocher de l’Union Manichéenne Populiste. Michel, avare de sa notoriété, – c’est « l’inconnu » comme le qualifie un sondage récent de Mag2Lyon - essaie d’exister à côté du premier. Fabienne les vit tous les deux comme des copains et continue imperturbable à se glisser sur toutes les photos où il y a Borloo : le côté fripé de l’écolo-valoisien l’avantage.

À regarder de près les projets et les dires de la triplette de la belle ville, on se dit qu’à part enfourcher la bicyclette UMP pour exister, c’est assez léger.

Si côté sympa, Michel Havard arrive largement en tête, que dire de ses projets ? Il affirmait récemment « En ville il faut faire du métro à chaque fois qu’on peut le faire ». C’est plutôt court : vise-t-il la seule faisabilité technique ou l’usage le plus efficient des deniers publics ? Rapprocher des gens et des territoires par un tram qui coûte 3 à 5 fois moins au kilomètre qu’un métro est-il si aberrant ? Ou bien s’agit-il seulement pour lui d’exister un peu en fouettant Collomb à l’instar du cocher ? Quant il prône par exemple un métro qui irait de la gare Saint-Paul à celle de la Part-Dieu, il oblige les voyageurs de l’Ouest-Lyonnais allant de l’Arbresle à Part-Dieu et au-delà vers Meyzieu à changer de moyen de transport ; le tram-train est bien moins cher et beaucoup plus attractif. Et lorsqu’il affirme que l’extension du réseau de métro tel qu’il le souhaite prendra peut-être dix ans, il faut soit une belle méconnaissance des délais nécessaires (études, avant-projet, projet, consultations publiques, votes, expropriations, réalisation…), soit plus vraisemblablement – l’homme n’est pas sot – une bonne dose de mauvaise foi.

Côté Fabienne, l’élue radicale du 1er, on joue de la brosse à reluire : « Michel est un chef d’équipe élégant, efficace et discret qui donne sa place à chacun et à chacune. ». La vacherie est dans le sourire, mais c’est bien dit. D’autant qu’avant de se glisser sur la photo à côté de l’inénarrable fripé lors des ateliers du parti qui n’a plus de radical que le nom, elle prend soin d’ajouter à propos de Michel « C’est un homme comme Borloo qui arrive à mettre des gens différents autour de la table et à les faire bosser ensemble » (gageons qu’à table, Borloo sait aussi les faire trinquer).

Vous me direz que notre avocate radicale a déjà tant à faire sur son blog pour le remettre à jour que cela ne lui laisse guère le temps pour faire dans la dentelle. Elle s’y laisse aller à une « caCAphonie » qui mélange allégrement dissonances et matières fécales. Le reste dudit blog est d’une richesse confondante : « Oui, le centre est peut-être un solution jamais miracle mais pragmatique. Oui Jean-Louis Borloo est peut être celui qui la transformera demain avec vous. ». C’est « le stress au lieu et place de la sérénité »…

Jean-Paul Schmitt

14/09/2010

Liliane, fais les valises

bettencourt_gode-7ca9a.jpgJusque-là sans doute ignorant de la chose, Eric Woerth vient de découvrir ce que le mot "pénibilité" au travail signifie pour lui-même.

Avec sa bobine de gendre idéal en comparaison de laquelle Michel Drucker a des allures de braqueur de vieilles dames récidiviste, il se sentait sans doute protégé de la sollicitude des médias et de l'attention populaire, commodément planqué qu'il était derrière les tombereaux d'ignominies antirépublicaines déversées par ses acolytes gouvernementaux dont certains, dit-on, seraient auvergnats.

Et puis il y eut Liliane et le déclenchement de mésaventures à fragmentation pour Eric Woerth. La crème Chantilly, sur laquelle il semblait ondoyer, se mit à tourner jusqu'à l'aigreur, la vérité d'un jour assénée par le ministre étant immédiatement frappée de caducité par les révélations du lendemain. La sauce à l'oseille dans laquelle il barbotait devînt rapidement une marinade cardinalice, de la couleur de ces rubans que l'on troque dans certaines civilisations primitives contre des enveloppes bourrées de verroterie ou de grisbi fraîchement importé de lointains îlots des Seychelles.

Liliane Bettencourt, submergée par le tsunami médiatique, semble en dehors du monde, prête à concourir pour le titre de Miss sous tutelle 2010, en dépit de certaines photos de vieillesse osées qui feraient bondir Mme de Fontenay et à la faveur desquelles on aperçoit sur le bureau de la douairière cosmétique les traces évidentes d'une érotomanie débridée.

Trop occupés à grimper aux honneurs le long de leur indignité, les mécènes du sarkozysme sont sur le point provoquer sa chute. Qu'ils en soient chaleureusement ici remerciés.

Comme disait le comique, bien mal acquis ne profite qu'après.

A la semaine prochaine

Stéphane Nivet

11/09/2010

Forum durable ?

Forum Libé 2010.jpgC’est donc fait. Depuis la semaine passée le menu du deuxième forum lyonnais de Libération n’est plus sous embargo. Intitulé, on a connu mieux, « Planète Durable », l’évènement a bien du mal à ne pas générer la déception tant le contenu est dans l’ensemble convenu et prévisible et même, sur certains points, dispensable. Si le pari de Libé est de nous agiter les neurones, de réfléchir à une nouvelle échelle et de ripoliner une bonne couche sur nos vieux repères, nous pouvons donc craindre de faire du sur-place. En effet avec son énième débat sur le nucléaire, sur ses déchets ou autour d’un vibrant « comment aider les pays pauvres ? », sauf à ce qu’ils se considèrent comme intouchables, il est bon d’expliquer à Joffrin et Armanet que leur évènement risque de s’enliser. En convoquant à nouveau les éternels Jean-Daniel, Nicolas Vanier, Arthus Bertrand, Pascal Lamy ou Bruckner, Libé nous repasse de vieux plats tout juste réchauffés et le risque est grand qu’en guise de Forum on assiste à une convention. Cela étant de salutaires joutes demeurent au programme. Je ne pense bien entendu pas à notre politologue local, Aries, qui, après Mac Do et la Sciento prospère sur la décroissance. Encore moins à un Alain Minc dont on se demande en quoi il est qualifié pour parler de démocratie. Sûrement pas au sommet que devrait être le face à face entre les philosophes Séguéla et Enthoven sur la pub, le pubard n’étant nécessairement celui à qui vous pensez. Plus sérieusement la rencontre entre Alphandéry et Brauman sur « Faut-il empêcher les riches de s’enrichir ? » devrait valoir une affluence méritée. Idem concernant le débat entre le boss de Total et la leadeuse des verts et la perspective de voir enfin souffrir Eva Joly face à Andrew Simms (New Economics Foundation) un débat que devrait apporter son lot de cacahuètes équitables. Cela étant, le pompon de ce Forum est ailleurs et, pour tout dire me trouble. En invitant Jean-Louis Borloo à parler de « pensée durable » Libé me laisse expectatif. Qui plus est en demandant à Hollande, je le sais en soif d’exposition, à débattre avec le chou-chou de Sarko sur cette thématique me laisse encore plus interrogatif.

Bref, vous l’avez compris c’est avec une certaine hantise que j’attends ce Forum lyonnais des 24, 25 et 26 septembre en espérant au final m’être trompé car faisant partie de celles et ceux qui pardonnent presque tout à Libé. On ne se refait pas.

  • > « Planète Durable » Forum Libération les 24, 25 et 26 septembre à l’Hôtel de Ville de Lyon et à l’Opéra

Entrée libre et gratuite sur inscription à www.forum-lyon-liberation.org

Lyon, le 11 septembre 2010.

08/09/2010

Aux tyrans, la Languedoc-Roussillon reconnaissant

monuments1.jpgMichel Audiard, qui nous a prouvé toute sa vie que le bon mot et le bon esprit étaient solubles dans le Monthélie et le Santenay, avait commis une réplique, à la faveur d'un film culte, qui nous ramène aujourd'hui à une languedocienne actualité : "Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".

Du Languedoc-Roussillon émane en effet depuis quelques semaines ce fumet si caractéristique de l'andouillette qui a fait la réputation de nos meilleurs bouchons lyonnnais. Il s'agit bien évidemment du projet que Georges Frêche porte pour sa région, un projet moteur du rayonnement économique, social et culturel du Languedoc-Roussillon qui risque de rendre jaloux Jules César et Pompée enfin réunis : l'érection de statues quasi chryséléphantines à la gloire de bienfaiteurs de l'humanité que le Prix Nobel de la Paix a injustement ignorés : Lénine, Staline et Mao, en guise d'unique viatique au président qui claudique. Un triumvirat qui comptabilise un impressionnant bilan victimaire, tous fossoyeurs assassins de ce que l'idée de progrès avait pu faire naître d'espérance et d'ambitions pour l'Homme.

Pas de quoi détourner, certes, l'opinion publique des errements épistolaires d'un Eric Woerth, qui est à la vérité ce que Brice Hortefeux est à l'humanisme et à l'amitié franco-roumaine.

Ma conviction reste toutefois rivée à l'idée que certaines provocations, fussent-elles coulées dans le bronze, méritent le mépris.  Assurément, ces ombres tutélaires d'un passé meurtrier devenues les héros mythifiés d'un rond-point de zone artisanale au service d'un septimaniaque finissant comblent l'idée que je me faisais d'eux. Des nains à Lilliput.

La Corée du Nord risque de dépêcher une délégation pour inspirer son guide suprême.

A la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

Photo: DR

05/09/2010

Friends

vincent-bollore-sarkozy-yacht.jpgVous vous en souvenez très certainement, l’an passé en annonçant le lancement de son journal télévisé du soir, M6 avait présenté la chose comme un évènement relevant de l’histoire. En plus de l’inévitable gargarisme sur l’interactivité, M6 nous indiquait alors que le choc de son futur J.T. résidait dans le fait que la présentatrice allait être debout et en jeans. On connait la suite. Cette année, et plus particulièrement le 18 octobre, on va descendre encore plus en gamme puisque c’est Direct 8 qui annonce un Journal Télévisé sur le coup de 18h50 et la daube actuellement en chantier est d’ores et déjà présentée par Yannick Bolloré, le fils du proprio, comme rien de moins qu’une révolution. Si l’on écoute bien l’héritier, dans le futur JT de Direct 8 le présentateur sera entouré d’un panel autorisé à intervenir en direct. On imagine d’ici les rébellions et les appels à l’insurrection qui vont s’y dérouler. Mieux, histoire d’en tirer argument, le Yannick en question explique dans le Figaro que la rédaction du J.T. sera la mutualisation de celles de Direct Matin, Direct Soir et Direct 8, de quoi, vous l’admettrez avoir peur.

L’objectif du groupe Bolloré est bien entendu de s’installer dans le paysage télévisuel à marche forcée. Même si aujourd’hui les ambitions de Direct 8 sont liées à une audience qui végète à 2%, il convient de remarquer qu’en cette rentrée Bolloré Médias lance Direct Star une chaîne rachetée à Lagardère, l’autre pote du président. En passe de devenir le 3ème groupe audiovisuel privé, Bolloré média souhaite poursuivre sa stratégie vorace en voulant répondre à un appel à candidature de la part du CSA pour s’offrir, sur la TNT, une fréquence « haute définition ».

Cerise sur le gateau, jeudi dernier, Vincent Bolloré a confirmé son grand intérêt pour le Parisien/Aujourd'hui en France qualifiant la possible opération de rachat "d'opportunité extrêmement intéressante".

Entre Bouygues, Lagardère et Bolloré (1) le président peut toujours se rassurer sur la façon dont les élections de 2012 se préparent sachant que la solide amitié le liant à Dassault et la caporalisation du service public devrait lui apporter un lot de lèche encore plus important.

Lyon, le 5 septembre 2010

(1) qui représentent à eux trois TF1, LCI, Europe 1, Direct 8, Direct Star, Eurosport, TF6, TMC, TV Breizh, Odyssée, Ushuaia TV, Histoire, Mezzo mais aussi le JDD, Direct Soir, Direct Matin, Direct Sport, Télé 7 jours, Femina, Première, Public, Paris Match, Elle…

Photo: DR

04/09/2010

L’homme de l’été

brice-hortefeux-cout-depense.jpgC’est sans conteste l’homme de l’été. Même Estrosi doit se faire une raison, sur cinq longues semaines estivales, Brice Hortefeux demeure le meilleur des Sarko-Boys, celui qui a été capable, comme le lui avait demandé son chef, d’occuper sans avoir besoin de le demander les médias presque chaque jour. C’est par une interview au Monde du dimanche 22 août que l’Auvergnat a atteint l’apothéose en s’en prenant à « La gauche milliardaire » (Sic!) histoire d’enfiler à bon compte un costume de fils du peuple ce qui après tout n’est pas un mince exploit pour un fils de banquier né à Neuilly.

Ayant tout obtenu de son ami Sarkozy, sauf son diplôme de Sciences Po, Hortefeux a donc joué cet été le seul rôle qui puisse lui convenir. Celui de porte flingue, de voix de son maître, de lieutenant comme on aime tant le lire dans les colonnes du Figaro. Successivement Directeur de Cabinet du Maire de Neuilly, Administrateur territorial en poste à la Mairie de Neuilly, Chef de cabinet du Maire de Neuilly devenu ministre du budget, Brice Hortefeux est nommé préfet en 1995 enfilant par la suite des missions tant pour le compte du gouvernement que pour le président du sénat. Ministre dévoué des uns mais surtout de l’autre, Hortefeux est un bon spécialiste des astuces et blagues très limites au point que, suite à celle proférée l’an passé lors de l’université UMP, il se trouve un tribunal, celui de Paris, pour condamner l’intouchable pour injures à caractère raciste mais l’intéressé a, par la suite, fait appel.

En vérité, sans son pote, le protégé du président ne serait probablement grand-chose. Spécialiste du coup de menton et des propos honteux sur commande, Hortefeux n’est rien en dehors de sa base de Neuilly et d’homme de Sarko. Ayant beau présenter aux médias son profil le plus auvergnat, Hortefeux n’est pas grand-chose du côté de Clermont-Ferrand et le fait de renoncer à concourir en 2007 pour la municipale est assez éclairant. En fait son seul soutien dans la zone s’appelle Charasse le très Sarko-compatible sénateur fraichement recasé au Conseil Constitutionnel. Celui que le journaliste François Reinhard a désigné, avec complaisance, comme « Le mécano de Sarko » restera probablement dans l’histoire comme l’incarnation de ce petit personnel de la Vème république béatement dévoué au chef en raison d’une envergure modeste. En attendant, Hortefeux exprime un des aspects les plus nocifs de la politique conduite dans notre pays au point que par ses agissements et ses propos l’actuel ministre de l’intérieur est sur le point de revaloriser l’image des Marcellin, Bonnet, Poniatowski, Pasqua ou Pandraud, c’est dire !

Lyon, le 4 septembre 2010.

Photo: DR

02/09/2010

Sarkozy, le grand tisonnier

feu.jpgComme l'avait prédit dès 1979 le célèbre duo pythique Stone et Charden, l'été fut chaud. Non pas de cette chaleur bolloréene des premiers jours du quinquennat à la faveur desquels Notre Infaillible Nespote allait pudiquement se prélasser sur le frêle esquif d'un ami boursicoteur.

Cette fois-ci, la chaleur fut davantage étouffante et pesante, du type de celle qu'on rencontre bien souvent dans la cuvette grenobloise. Sarkozy semble y avoir troqué son Kärcher contre un tisonnier ardent, attisant des sentiments peu glorieux et érigeant l'esprit d'amalgame en mode de gouvernement. Si son discours prononcé à Grenoble fut pire que les autres, c'est aussi sans doute parce qu'il fut inaugural d'un festival de démagogie qui permet légitimement de proposer à l'UMP de devenir sans plus tarder l'Union pour un Mouvement Populiste.

Et les sicaires chargés du sévice après vente purent jouer, sous les feux de la rampe, aux exégètes décomplexés de la déchéance nationale, du sécuritarisme caravanesque et de la charterisation des roms, confirmant cet adage populaire qui nous apprend que le pire n'est jamais décevant.

Il y eut bien évidemment la triplette azuréenne - Estrosi, Ciotti, Mariani - toujours à l'affût d'une générosité sécuritaire, coutumière de ses plaidoiries altruistes qui nous font apprécier chaque jour que Dieu fomente le rattachement du comté de Nice et du Comtat Venaissin à la France.

Surtout il y eut Brice et Eric, les fameux duettistes de l'immigration nationale et de l'identité française désunies, l'un disputant à l'autre, dans une surenchère épatante et en technicolor, la conquête du bâton de Maréchal du sarkozysme. Le réchauffé n'effraya personne, à l'instar de Brice Hortefeux, pourfendeur sans rougir des leçons données par une supposée gauche caviar dont il est bon de rappeler ici qu'elle n'eut jamais à se démettre, elle, pour avoir fait payer aux contribuables des volutes cubaines tant appréciées ces dernies temps d'une certaine droite cigare. Et puis voir un ministre, né à Neuilly et par surcroît fils de banquier, s'attaquer aux milliardaires, fussent-ils de gauche, est assurément d'une volupté de fin gourmet...

"Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles." (Charles Péguy, droite grognard)

A la semaine prochaine

Lyon, le 2 septembre 2010

Stéphane Nivet

 
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