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18/09/2009

Face au labyrinthe

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpg« Une mutation est en cours » indiquait jeudi l’éditorial de Laurent Joffrin et Max Armanet dans le supplément présentant le forum. On verra bien si au terme de ces trois jours d’échanges, la promesse de débats et d’idées neuves pour mieux comprendre ce changement étaient de ce rendez-vous lyonnais.

En attendant, me voici, comme vous, face à un programme labyrinthique dans lequel il s’agit de faire des choix qui, pour ce qui me concerne ne sont dictés par aucun arrière plan tactique. Je compte donc « attaquer » par la rencontre sur la thématique du sport entre notre ministre Rama Yade et Arnaud Mourot de « Sports sans frontière ». A lire le billet de présentation de la Secrétaire d’Etat, je m’attends à un véritable festival de généralités, de bons sentiments et de langue de bois. Pour rédiger ce billet, les scribes de son cabinet ont convoqués Jean-Luc Godard, Coubertin, Giraudoux et Jean Prat (ce qui devrait faire plaisir au Thierry du même nom et néanmoins directeur adjoint du Musée d’Art Contemporain de Lyon).

Je vous dirais tout à l’heure ce que cela donne en « direct-live », mais pour tout vous dire je ne me fais pas d’illusions. Avant d’y aller, permettez-moi de remercier Olivier Bertrand pour cette invitation à donner mon grain de sel tout au long de cet impressionnant forum que je vais également relayer sur « de Lyon et d’ailleurs » (www.jysecheresse.com)

Jean-Yves Sécheresse

Live blogging en direct du Forum Libération Lyon

forum.gifAujourd'hui débute le Forum Libération Lyon. Je blogguerai en direct du Forum, tant sur le site du Forum qu'ici ou sur twitter (twitter.com/jysecheresse), en partenariat avec le site Libération Lyon.

J'ai prévu d'assister aux débats suivants:

Vendredi 18 septembre

> Arnaud Mourot / Rama Yade: Le sport peut il former des citoyens ? (9h30-11h)

> Martine Aubry / Daniel Cohn-Bendit: Quels termes pour une alliance ? Débat animé par Laurent Joffrin

> Joy Sorman / Bertrand Saint Vincent: Le zapping aura-t-il la peau de la civilisation ? (11h30-13h)

> Gérard Collomb- Dominique Voynet (14h30-16h00)

> [Edit] François Bayrou / François Hollande (16H30-18h)

Samedi 19 septembre 2009

> Nicolas Hulot / Patrick Viveret: L'écologie, nouvelle utopie du XXIème siècle ? (11h30 à 13h)

> Ladan Boroumand / Yann Richard: la République d'Iran est-elle une dictature ? (16H30-18h)

Dimanche 20 septembre 2009

> Frédéric Mitterrand / Volker Schlondorff: Quelle est l'identité culturelle de l'Europe ? (11h30-13h)

A très vite.

Live blogging en direct du Forum Libération Lyon

forum.gifAujourd'hui débute le Forum Libération Lyon. Je blogguerai en direct du Forum, tant sur le site du Forum qu'ici ou sur twitter (twitter.com/jysecheresse), en partenariat avec le site Libération Lyon.

J'ai prévu d'assister aux débats suivants:

Vendredi 18 septembre

> Arnaud Mourot / Rama Yade: Le sport peut il former des citoyens ? (9h30-11h)

> Martine Aubry / Daniel Cohn-Bendit: Quels termes pour une alliance ? Débat animé par Laurent Joffrin

> Joy Sorman / Bertrand Saint Vincent: Le zapping aura-t-il la peau de la civilisation ? (11h30-13h)

> Gérard Collomb- Dominique Voynet (14h30-16h00)

> [Edit] François Bayrou / François Hollande (16H30-18h)

Samedi 19 septembre 2009

> Nicolas Hulot / Patrick Viveret: L'écologie, nouvelle utopie du XXIème siècle ? (11h30 à 13h)

> Ladan Boroumand / Yann Richard: la République d'Iran est-elle une dictature ? (16H30-18h)

Dimanche 20 septembre 2009

> Frédéric Mitterrand / Volker Schlondorff: Quelle est l'identité culturelle de l'Europe ? (11h30-13h)

A très vite.

14/09/2009

Voyage, Voyage (air connu)

coup-pour-coup.jpgAvez-vous entendu ces temps-ci André Glucksman, l’homme qui murmurait jadis aux oreilles du Président que son destin était de combattre pour les droits de l’homme, avec les Tchétchènes, contre la « Françafrique ». Envolé le Dédé. Comme quoi quand on fait le long voyage de Mao à Sarko, une fois arrivé à destination, on est débarqué.

Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

--

[EDIT JYS]:

Je viens d'apprendre avec tristesse le décès d'Yvonne L'Huillier, ancienne élue apparentée socialiste, adjointe du 9e arrondissement de Lyon. Pendant plusieurs mandats elle s'était occupée de nombreux dossiers en particulier consacrés aux affaires sociales, aux personnes âgées ou à la petite enfance.

Je présente donc à tous ses proches, à sa famille et ses enfants mes plus sincères condoléances.

Lyon, le 14 septembre 2009.

Illustration: DR

14/08/2009

P comme « Presse »

P 2.jpgComme je le suggérais il y a huit jours, l’année qui s’annonce risque d’être à haut risque pour Libération. Au cas, que je n’ose envisager, ou sa nouvelle maquette prévue d’ici quelques mois s’avérait un coup d’épée dans l’eau, l’avenir du quotidien pourrait s’annoncer noir.

Côté hebdos, l’avenir est également incertain. Avec les Inrockuptibles, si l’arrivée de Bernard Zekri (Actuel et Canal+) offre quelques garanties sur le plan rédactionnel, il convient de ne pas oublier que Pigasse, sympathique banquier de gauche chez Lazard Europe, en prenant en main les destins financiers de l’hebdo culturel risque de se trouver dans l’obligation d’orienter le titre vers des contrées plus markétées. Avec Télérama, en proie aux visées de Lagardère, l’enjeu est encore plus décisif et l’indépendance de la rédaction une interrogation. Si l’on ajoute à cela la curieuse trajectoire que le Sarko-compatible Olivennes est entrain de faire prendre au Nouvel Observateur, avouez qu’il y a de quoi être inquiet en particulier après la publication d’une interview du Président de la République concoctée par la direction de l’hebdomadaire en tenant à distance la rédaction.

Plus généralement, quand on ajoute aux problèmes économiques cette tendance néfaste de recentrage d’une partie de la presse, on retrouve en permanence l’ombre d’un Sarkozy et parfois d’une Carla « de gauche » Bruni servant de passerelle. La publicité institutionnelle de l’Etat Sarkozyen arrose depuis quelques temps de façon pas toujours parcimonieuse de nombreux titres au point que rares sont les lecteurs de dizaines de publications à être ignorants des affaires de l’année de terre ou de certains effets des politiques gouvernementales.

Ici à Lyon la raréfaction ou les difficultés de certains titres dans la période la plus récente demeurent des problèmes. Les disparitions successives de « Lyon Figaro », de la page lyonnaise du Monde. Le retrait de quelques radios nationales, les difficultés de TLM, les mésaventures de « Lyon Mag » ne peuvent que rendre inquiet.

Certains, en toute cordialité, m’ont fait le reproche de soutenir, face aux menées du propriétaire du Groupe Fiducial, l’équipe de « Lyon Mag ». Ceux là, persuadés par ailleurs que ma démarche est bien naïve, admettent que mon soutien à « Lyon Mag » serait identique à l’égard de tout autre titre dans la difficulté.

Il n’empêche, constatant comme chacun, qu’un magazine comme « Lyon Capitale », affiche comme une médaille son refus d’accueillir désormais de la publicité des collectivités tout en s’abstenant de nous en dire plus sur ses comptes et son actionnariat, est un problème.

Profitons de cet été pour acheter et lire la presse écrite. C’est le plus sûr soutien que nous pouvons lui apporter. Depuis quelques temps sur ce blog je me suis autorisé à mettre en lien la plupart des titres de la presse lyonnaise, allez-donc les visiter. Pour se quitter sur une note agréable, n’oubliez pas de vous procurer « Le coup de grâce », de vous y abonner. En pareil contexte, se lancer dans une telle aventure est une telle folie que c’est un acte quasi citoyen que d’aider cette nouvelle revue à s’imposer.

Lyon, le 14 août 2009.

 

25/05/2009

Le courage

30-1-170.jpgAu moment où la revue "Philosophie magazine" titre sa "une", "Le courage aujourd'hui. les héros sont parmi nous", un professeur de cette même discipline était, quant à lui, traduit devant un tribunal pour avoir crié, en pleine gare de Marseille, à des policiers qui effectuaient un contrôle d'identité, "Sarkozy je te vois". Nul ne sait encore si ce professeur de Philo sera condamné à ces 100 euros que certains aimeraient lui coller. En tout état de cause, avoir de tels comportements en public, citer simplement le nom du chef de l'Etat, est à priori et au minimum un acte de défiance dans la France d'aujourd'hui, pourquoi pas demain le signe d'un premier flirt avec le terrorisme. Pour revenir à la "une" de Philosophie magazine, ce professeur marseillais a de tout évidence fait acte de courage, c'est un héro parmi nous. Acte de bravoure ou pure folie c'est selon. Il n'empêche que ce "Sarkozy, je te vois" est un tapage injurieux, le tarif pouvant aller jusqu'à 450 euros. S'il s'agissait d'un outrage, la note serait plus salée puisque avoisinant les 7500 euros et à ce prix là un pofesseur est loin d'avoir les moyens de s'offrir une telle incartade.

Pour parler de quelque chose de plus sympathique, demain, Libération nous offre un cahier spécial sur le légendaire "Bed in" de John Lennon et Yoko Ono. Il s'agissait alors pour les deux tourtereaux du rock de rester une semaine au lit afin de faire passer un message de paix et d'amour. Alors que les supporters de DSK sont tous en train de s'intérroger sur comment réinstaller leur champion aux avant-postes de la vie politique sachant que le boss du FMI est un peu prisonnier de sa fonction et du calendrier, pourquoi ne pas proposer une évènement du type "In bed with DSK" ?. Une idée à creuser.

Lyon, le 25 mai 2009.

18/05/2009

Nouvelles du futur

courbe.gifIl y a une poignée de semaines, ils s’étaient tous passés le mot, « la fin de la crise » se profilait au terme de 2009 et au pire au début de 2010. Depuis, ceux qui s’acharnent à détruire avec application le fameux « modèle social français » depuis des années s’efforcent désormais de dire à qui veut bien l’entendre que le modèle en question serait le facteur explicatif du fait que « la France tient le coup ».
Dans le lot, il y en a un qui est en passe de devenir le meilleur agent d’ambiance du libéralisme avancé, c’est le Directeur Général de l’agence Global Equities. Il s’appelle Marc Touati et les médias sont particulièrement assoiffés de son crédo. Touati est donc à la manœuvre. Il explique par exemple que la progression de la consommation en France empêche l’effondrement de l’économie, que nous sommes « les moins mauvais élèves de la zone euro » prédisant illico, notez-le bien, non pas une reprise, mais un rebond au troisième trimestre 2009. D’ici quelques temps, en vérité, vous verrez que ceux qui comme Touati, parlaient de reprise hier et de rebond aujourd’hui finiront bien par nous indiquer demain que nous pouvons attendre, pour le 1er trimestre 2010 « l’ouverture d’une séquence pouvant déboucher au printemps prochain sur une phase initiale permettant d’entrevoir un premier rebond au terme de l’été 2010 qui pourrait être le prélude à l’émergence des premiers indicateurs favorables à la reprise qui aurait de bonnes chances d’arriver au cours de l’hiver 2011 ».
Passons donc à des analyses plus sérieuses. Elles étaient exposées dans Le Libération du weekend par Eric Heyer, un des responsables de la prévision à l’OFCE. En résumé, que disait Heyer ?
Tout en admettant que le prochain trimestre pourrait être moins négatif que prévu, mais négatif tout de même, le pire est devant nous. Les près de 140 000 emplois déjà détruits en France ne sont qu’une première « adaptation » qui annonce un mouvement encore plus violent. Pour Heyer le chômage va continuer à s’accroitre jusqu’à la fin 2010 dépassant probablement les 11% en entraînant, je cite, pour les ménages une « situation qui ira en s’aggravant ». L’économiste de l’OFCE annonce donc des jours encore plus noirs, fait l’analyse que le pari du gouvernement français est en passe d’être perdu et que la crise actuelle va se globaliser encore plus, les pays émergents ne pouvant restés déconnectés de la récession généralisée.
Attaquer ainsi la semaine, qui plus est après la déroute de Patricia Kaas, est, j’en conviens difficile. Fort heureusement il nous reste toujours les sourires de Roselyne Bachelot, de Bernard Laporte et de Jean-Louis Borloo.

Lyon, le 18 mai 2009.

15/01/2009

La cause de la paix

guerre gaza.jpg

C'est je crois, Raymond Aron qui en substance avait écrit ou dit qu’Israël avait moins de difficulté pour faire la guerre que la paix. L’actuelle opération conduite à Gaza semble une nouvelle fois donner raison à Aron tant la victoire militaire semble évidente et les conséquences politiques catastrophiques. Pire, on peut même se demander si au-delà de l’issue des combats, la bataille politique ne semble déjà pas perdue pour un Etat Hébreux en prise avec des difficultés intérieures et diplomatiques plus que sévères. Ne serait-ce que dans notre pays, au-delà des improbables et parfois douteux quarteront qui descendent dans la rue à chaque fois que leur besoin se fait sentir, depuis des lustres on n’avait pas connu des mobilisations aussi importantes dans les rues de nos cités. Nombreux sont en effet les jeunes et singulièrement ceux de nos quartiers à rejoindre les cortèges. On nous objectera que ces derniers sont « travaillés » par les forces obscures de l’Islam radicalisé. Baliverne. Il y a du monde dans les rues et ce fait n’est en rien subalterne.

Par ailleurs la guerre des images, ou plutôt des non images, et la stratégie de communication distillée par l’Armée et le gouvernement israéliens jettent le trouble dans les opinions même si en regard de cela bien peu de monde ne se berce d’illusions sur la nature profonde du Hamas. Il n’empêche que la gestion médiatique du conflit risque plus vite que les experts ne l’imaginent de se retourner au désavantage d’Israël.

Dire cela, comme s’interroger d’ailleurs sur de probables lendemains qui risquent de déchanter n’est peut-être pas neutre mais en aucun cas une attaque contre l’Etat d’Israël.

Constatant les torrents d’insanités qui se déversaient sur le net je m’étais jusqu’ici abstenu d’aborder la question de Gaza. Le fait que régulièrement les sites et forums de Libération ou 20 minutes jettent l’éponge en baissant le rideau ne me rendaient pas très enclin à m’aventurer sur ce sujet. Aujourd’hui, en guise de conclusion, je voudrais vous livrer quelques lignes du célèbre exposé de Raymond Aron intitulé « Kippour 5734 ». C’était dans les années soixante-dix et Aron disait à son auditoire :

«Je suis convaincu que mes amis israéliens savent les sentiments que j’éprouve ; ils savent que dans toute la mesure du possible, en fonction de l’effort de probité intellectuelle que j’essaie d’accomplir chaque jour, je fais tout mon possible pour les aider - mais les aider ce n’est pas plus être sur tous les points, et en toutes circonstances, d’accord avec le gouvernement de Jérusalem qu’il n’est nécessaire pour un citoyen français d’être tous les jours d’accord avec son gouvernement, et c’est en conservant autant de sang froid que possible dans les moments où nous pouvons, je crois, servir la cause à laquelle nous sommes tous profondément attachés. »

Je veux juste rajouter pour ma part qu’il y a une seule cause à laquelle il convient d’être attaché. C’est celle de la paix et c’est ici que les choses se compliquent …

Lyon, le 15 janvier 2009

31/07/2008

K comme Kravetz (Marc)

272991667.jpgJe n’écoute pratiquement jamais France Culture. Dois-je avoir honte ? Je ne savais donc pratiquement rien de ces chroniques de Marc Kravetz diffusées dans « Les matins » de la station et éditées fort opportunément par les Editions du Sonneur sous le titre « Portraits du jour, 150 histoires pour un tour du monde ».

Les anciens lecteurs de Libération doivent, comme moi, avoir la nostalgie de l’époque July- Kravetz, mais le problème n’est pas là. Le bouquin qui compile, avec quelques réactualisations intelligentes, les chroniques de Kravetz est un vrai régal. De Piyush Mordia, superintendant de la police de Ghaziabad, à David lu, cet ancien gangster qui prêche l’amour de Jésus à Taipei, en passant par Shada Hassoun qui remporta la Star’Ac Irakienne et Zébulon Simentor, le dernier juif de Kaboul, les 470 pages d’histoires proposées par Marc Kravetz constituent des lectures idéales pour l’été. Chaque billet du journaliste, talentueusement expédié en trois à quatre pages, peut être lu au fil des vacances, en attendant à l’aéroport, à la terrasse d’un café, avant la sieste ou après l’apéro. Les « portraits du jour » seront le vrai voyage de vos vacances organisé par un tour-operator expert, sensible, humain et passionnant.

A un moment ou la France frétille à l’idée de voir, d’ici quelques semaines, une nouvelle blonde hitchcockienne présenter le journal de vingt-heures tout juste piqué à un ex nouveau romantique, la lecture de ces portraits de Kravetz devraient vous remémorer ce qu’est le journalisme. La preuve par neuf de la différence qu’il peut y avoir entre un travail de passeur et une fonction de passe-plats.

Lyon, le 31 juillet 2008.

03/07/2008

Le chef a dit

decarolis.jpgDe Carolis, le PDG de France Télévisions, devrait se tenir tranquille. Sarkozy l’a dit. Concernant les programmes, « on peut mieux faire ». Au lieu d’accepter un profil plus bas, notre PDG, dans un élan rebelle que l’on ne lui connaissait pas jusqu’ici, a répondu du tac au tac, « Personne ne m’imposera à moi et à mes équipes de faire les émissions et les programmes que nous n’avons pas décidés ».
Au même titre que Sarkozy est chef de la police, chef des armées, chef de l’Europe, le Président est aussi chef de la télévision donc le chef des programmes. Il conviendrait donc que Carolis saisisse bien la situation. En vérité, tout porte à croire que Carolis est sur un siège éjectable et que le principal intéressé en a pris acte. Le futur ex Président de France Télévision devrait donc avoir d’ici quelques mois un peu de temps à consacrer aux éventuelles mémoires de Bernadette Chirac ou mieux à celles du Général Bruno Cuche désormais ancien chef d’état-major de l’armée de terre, lui aussi poussé vers la sortie.
1515821972.jpg

24/06/2008

Une cuite à l’eau pure

41%2B1hX8yjBL._SL500_AA240_.jpgCe soir Marianne Faithfull lit des sommets de Shakespeare à l’Odéon dans le cadre des nuits de Fourvière sur le coup des 22 heures. Rassurez-vous, bien qu’étant en anglais, le spectacle est surtitré et les vrais fans se rendront avant tout là-haut pour entendre la voix envoutante de Marianne. Les mêmes fans reprendront le chemin de Fourvière le 11 juillet cette fois-ci pour assister au concert de Marianne Faithfull, la chanteuse anglaise partageant l’affiche avec Etienne Daho.
Dans le même temps les Editions Christian Bourgois proposent « Mémoires, rêves et réflexions » de la même Marianne Faithfull, un ouvrage traduit par Jean Guiloineau et mis à disposition du public français tout juste un an après sa sortie britannique, chapeau !
Ce bouquin comblera ces fans qui monteront deux fois en pèlerinage à Fourvière mais laissera probablement froid le simple amateur de « broken english » ou « as tears go by » qui n’est pas fêlé au point de s’attarder sur le plus petit souvenir de la descendante du baron Sacher-Masoch. Pire le swinging london étant abordé de façon marginale dans ce recueil, le spectateur-chic des Nuits de Fourvière qui viendra applaudir la Faithfull le 11 juillet comme Lou Reed l’an passé afin de nourrir ses dîners en ville s’abstiendra de lire ce « Mémoire, rêves et réflexions », c’est un conseil.
Pour ma part je dois vous confier avoir pris un certain plaisir à lire l’ouvrage en question. L’autobiographie parue en 1994 ayant répondu à l’essentiel des questions soulevées par la vie de cette superbe artiste, je vous suggère quand même de faire de l’ouvrage de Marianne un de vos livres de l’été. L’excellent article de Gérard Lefort dans Libération étant parfait, je vous invite à le parcourir, histoire de vous plonger dans les rêves et les souvenirs de l’anglaise. Cela étant je veux vous soumettre l’ultime phrase de l’article de Lefort. « Ce livre se lit comme une cuite à l’eau pure, comme une fumée sans drogue, une imagination ». C’est bien vu. Il n’y a rien à rajouter. Bravo Lefort et vive Marianne.
 
Lyon, le 24 juin 2008.

10/10/2007

Précisons la précision

medium_BHL.jpgLa chasse au BHL est ouverte. Pensez donc Levy vient de sortir un bouquin, qui plus est sur la gauche, alors pourquoi ne pas ressortir les vieux troublons se disent nombre de chroniqueurs. Eric Aeschimann lundi dans Libération ne souhaitait pas rater l’ouverture démontrant ainsi que les chasseurs sont des gens dangereux, mais le plus étonnant n’est pas là.

Hier matin, dans un recoin de la page 5 de Libération on pouvait lire un rectificatif titré, je vous le donne en mille, « Précision ». Que nous disait donc cette fameuse précision qui transpirait tout de même la honte ? « Dans le portrait de Bernard-Henry Levy publié (lundi) en deuxième page, une formule donnait à croire, à tort, que BHL n’a jamais rencontré le chef de la résistance afghane. BHL, a rencontré Massoud au moins à deux reprises, en 1992 et 1998 » nous indiquait, profil bas, notre quotidien préféré.

A l’aide de cette pseudo précision, Libération voulait en vérité se dédouaner d’un dérapage coupable car il ne s'agissait pas d'une simple formule qui donnait à croire que BHL n’avait pas rencontré Massoud mais bien des propos d'Eric Aeschimann qui écrivait lundi au sujet de BHL que « son imagination fertile (la fausse rencontre avec le commandant Massoud, le « romanquête » sur Daniel Pearl) » était suspecte.

Que Aeschimann cesse de nous "donner à croire" et qu’il fasse valoir son imagination fertile en écrivant de véritables fictions.

Lyon,  le 10 octobre 2007.

05/10/2007

Charles est en forme

medium_Fiterman.jpgElle est peut être passée inaperçue pour certains d'entre-vous, c'est pourquoi je vous recommande tout particulièrement la tribune de mon ami Charles Fiterman publiée ce lundi 1er octobre par Libération. Charles est en forme et cela fait plaisir.

Bonne lecture.

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medium_logo_liberation.pngLionel Jospin dans l’impasse

L’ancien leader socialiste et candidat malheureux à la présidence en 1995 et 2002 persiste et signe dans son refus de remise en question.


Par Charles Fiterman, ancien Ministre. | Edition du lundi 1 octobre 2007.

L'attaque virulente lancée par Lionel Jospin à l’encontre de Ségolène Royal constitue une faute politique majeure.

Faute de méthode d’abord. Lionel Jospin veut écarter la candidate socialiste de 2007 de l’avant-scène politique et de la candidature en 2012. Il devrait savoir, puisqu’il dit la connaître, que l’agression va plutôt l’inciter à vouloir relever un défi aussi provocant. Il va rendre plus difficile un examen critique collectif sérieux de ce qui s’est passé, et obliger à des prises de distance avec la parole inconvenante du maître à penser qu’il veut être. A vouloir juger des capacités de quelqu’un à l’aune d’un résultat électoral, il prend un terrible risque, car la comparaison entre 2002 et 2007 ne plaide certes pas en sa faveur. Comment comprendre un tel aveuglement ?

Faute sur le fond surtout. Ce qui a manqué et ce qui manque encore au Parti socialiste, c’est avant tout un projet politique fondé sur ses valeurs et inscrit dans le XXIe siècle, capable de constituer ainsi une alternative mobilisatrice à la politique de la droite. Un travail avait été engagé dès 1994 en vue de construire à gauche un tel projet sous le label des «assises de la transformation sociale». Or Lionel Jospin qui a d’abord pris appui sur cette initiative l’a par la suite fait interrompre et n’a jamais depuis ni permis ni favorisé sa reprise.

Il a fait perdre une douzaine d’années à son parti et à la gauche tout entière. Il s’est contenté de quelques interventions personnelles et a laissé sans réponse pertinente en 2002 le besoin de proposition d’une véritable perspective politique, ce qui est la cause centrale de la défaite. Il a voulu en 2001 une inversion du calendrier électoral qui a donné le résultat que l’on sait et qui a accentué la présidentialisation et la personnalisation du système politique, favorisant toutes les dérives médiatiques de la campagne de 2007.

Pour ces raisons, je considère Lionel Jospin comme le premier responsable du déficit de projet dont souffre aujourd’hui le Parti socialiste. Cherche-t-il à le faire oublier avec une diversion grossière ? Et puis, il y a la faute de savoir vivre ensemble. C’est peut-être la plus irrémédiable.
En 2002, le projet rassembleur fait défaut, la gauche plurielle se délite, Lionel Jospin perd… et il s’en va. Le peuple de gauche lui a manqué, il n’a pas su reconnaître ses mérites. Lionel Jospin regrette très vite son départ et passe les années qui suivent à tenter d’organiser son retour, en faisant peser sur le parti son ombre tutélaire. Et voilà qu’une «moins que rien» surgie de nulle part se lance dans le vide existant et se fait désigner candidate, s’octroyant au surplus le droit de faire l’inventaire de l’héritage de son prédécesseur.

Pour couronner le tout, le premier secrétaire, sollicité, ne lance pas l’appel au retour du partant d’hier. Une telle outrecuidance ne pouvait rester sans suite. Lionel Jospin remâche son ressentiment et se venge. On ne peut que s’interroger sur les ressorts d’une attitude aussi affligeante. Elle n’aura pour seul effet que d’enfoncer définitivement Lionel Jospin dans l’impasse qu’il a lui-même choisie.


Tournons la page et passons, comme nous y a appelé François Hollande à La Rochelle, au travail d’élaboration d’un projet politique porteur des changements attendus par le pays et d’un parti libéré de ses entraves, capable de réaliser autour de lui un rassemblement victorieux. L’avenir est ouvert.

> Lien vers l'article

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Lyon, le 5 octobre 2007.

03/09/2007

« Mémoire et Photographie »

medium_Affiche_Resistants_-_libération_de_Lyon.jpgLe 3 septembre 1944 Lyon était libéré. A l’occasion de l’anniversaire de la libération de Lyon, l’exposition « Mémoire et Photographie » sera présente dans les rues de Lyon jusqu'au 6 septembre.

21 portraits de résistants, morts pour la liberté, seront exposés sur le réseau d’affichage public de la Ville de Lyon.

 

23/05/2007

Ségolène, la gauche, le parti et nous.

medium_SR-Second_tour.jpgManifestement Ségolène Royal continue, et c’est une excellente chose, d’avoir une « côte d’amour » chez des électeurs de gauche qui ne semblent pas aveuglés puisqu’ils estiment massivement que le manque de soutien du Parti Socialiste est un élément important qui explique la défaite.

Ils ont raison et on ne dira jamais assez que le flingage organisé mis en œuvre pendant des mois aura plombé l’élan dont était porteuse la candidate.

Sans tirer des conclusions définitives de ce genre de sondage proposé hier par Libération- LH2, force est de constater qu’il sera bien difficile à certains de passer Ségolène Royal par pertes et profits tant elle incarne de manière vivante le besoin de renouvellement, de rénovation et de reconstruction d’une alternative à Sarkozy pouvant conduire à de futurs succès.

Favorables à Ségolène Royal, les électeurs socialistes montrent également un désir d’unité de la gauche mais n’écartent en rien la possibilité d’une alliance avec le centre comme si la main tendue par Ségolène Royal entre les deux tours marquait durablement les esprits.

Reste le parti. Il doit évoluer pour se refonder. Peu importe les mots et les formules sachant que c’est à partir du réel et des attentes des Français qu’un projet moderne, un projet de ce siècle, doit être désormais imaginé. La question des contours de ce parti se posera tant sur les plans politiques et organisationnels qu’en matière de rayonnement mais aussi de capacité à fédérer une multitude de sensibilités quasi centrifuges.

Chacun doit donc aussi se dire clairement que la méthode employée n’est en rien secondaire. Il est en effet nécessaire, pour construire ce nouvel outil, d’afficher une volonté inoxydable d’aller à la rencontre des Français et singulièrement des électeurs de gauche. Les débats participatifs, les consultations citoyennes, bref tout ce qui a fait la vitalité de Ségolène Royal doit trouver droit de citer dans cette nécessaire refondation qui, si elle avait le visage traditionnel de l’affrontement interne des écuries et des coteries, conduirait avec certitude la gauche à d’autres échecs dont le Parti socialiste ne se relèverait probablement pas.

Lyon, le 23 mai 2007.

 
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