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22/01/2009

Question de style


Lyon, le 22 janvier 2009.

21/01/2009

Décalé

obama.1201801546.jpgAvec cette chronique je vais sans doute commettre un crime de lèse-majesté, ou plutôt un crime de lèse-président-mondial. En effet je ne parlerai pas en ce jour historique de l’investiture de Barak Obama. Certes je ne minimise pas la portée de cet événement historique mais je ne tomberai pas dans l’Obamania universelle qui nous invite à attendre je ne sais quel miracle de cette élection. Bien sûr je mesure la portée de ce résultat sur son point le plus emblématique : l’arrivée du premier président noir aux USA. Moi qui suis de la génération qui a vibrée aux discours de Martin Luther King ; qui garde vivante l’émotion face au podium olympique aux trois hommes au poings noirs gantés dressés vers le ciel ; je mesure le chemin parcouru. Pour le reste j’attends pour voir et je me désole un peu de l’attitude des français qui comptent sur Obama pour améliorer leur sort car sur ce point notre avenir nous appartient et il est entre nos mains au travers de nos choix et de nos actions. C’est à nous de dire « oui nous pouvons ! » et surtout ce que nous voulons. Car, et c’est bien normal Barak lui s’intéressera à ce qui conviendra d’abord à l’Amérique. Alors je m’arrêterais aujourd’hui aux petites manœuvres de notre Sénat national qui nous fait, à juste titre, une crise d’urticaire après le traitement que lui a réservé Sarkozy au sujet de la loi sur la publicité à la télé. Allégrement court-circuité par un président de la République que rien n’arrête, la Haute assemblée lui a rappelé qu’il fallait compter avec elle en votant le texte à une faible majorité et en modifiant un point (l’augmentation de la redevance) cher au locataire de l’Elysée. Une manip qui n’a pu aboutir que grâce au président du groupe centriste ;Michel Mercier. Une attitude bien inattendue de la part de celui qui attend avec impatience un poste au gouvernement. Il s’agît de savoir comment interpréter sa position. Va-t-il mettre en valeur le fait qu’il a réussi à mobiliser les neufs membres de son groupe qui ont assuré la majorité nécessaire ? ou bien qu’il a montré au grand jour que le groupe centriste tient les clés du Sénat et donc qu’il est suffisamment puissant pour être incontournable? Dans les deux cas le président du Conseil Général du Rhône a mis en évidence le poids qui est le sien ce qui selon lui vaut bien un maroquin.

Philippe Dibilio

Lyon, le 21 janvier 2009

08/01/2009

Les fous qu’est-ce ?

Sarkofou.jpgQuestion à poser aux amis d’un établissement célèbre où une certaine victoire aux élections présidentielles dernières fut fêtée.
Il faut certes être fou pour incendier les voitures de ceux dont c’est parfois le bien le plus coûteux et un outil de travail. Rendez-vous compte : 1147 voitures incendiées durant la nuit de la Saint Sylvestre. Plus de 30% d’augmentation. Une vraie folie.
À en croire le gouvernement, c’est de la faute à tous ces tricheurs qui veulent changer de voiture sans payer. Déjà qu’il leur a fallu se saigner pour le cadeau de Noël des gosses à cause du prix fou des voitures miniatures.
Si, si ! Voilà les fautifs. Vous auriez mauvais esprit à ne pas reconnaître-là la source de cette flambée. La police a retrouvé quelque 30 auteurs présumés allumeurs de mèche (parfois éméchés). Pour autant qu’ils soient reconnus coupables par la justice, ils ne pourront pas passer l’examen du permis de conduire aussi longtemps que la victime des faits n’aura pas été indemnisée en totalité. Reste à espérer qu’ils ne soient pas pris en flagrant délit de conduite sans permis. C’est fou comme les situations peuvent se compliquer…
Vous me direz que pour une fois que notre Grand Justicier ne donne pas dans le tout répressif, il faut être un peu fou ou dérangé pour ne pas applaudir.
Certes. Quoique sa propension à se saisir de tout ce qui bouge avec un populisme des plus éreintants me rend fou moi aussi (en tout cas un peu plus que je ne le suis déjà).
Voyez son discours du 2 décembre dernier à Antony au centre Erasme. C’est complètement fou : il aura suffi d’un crime très rare de schizophrène pour que notre Grand Protecteur annonce une nouvelle politique avec emprisonnement, soins forcés etc…
Voilà la folie ramenée au stade de dangerosité sociale d’un âge que l’on pensait révolu.
Déjà, l’année passée, Christian Demuynck, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis stigmatisait les marginaux comme fous et meurtriers potentiels en souhaitant une politique vigoureuse de placement en institution spécialisée afin « d’éloigner durablement les sujets les plus perturbés », escamotant ainsi la complexité de la question des soins nécessaires à des populations que tout contribue à déstructurer.
Notre Grand Timonier continue à jouer sur les peurs du bon peuple et à proposer des aliénations renforcées, malgré les chiffres qui montrent que seuls 4 crimes sur 1000 font l’objet d’un non-lieu du fait d’irresponsabilité mentale. Une façon comme une autre de mettre au service de la seule répression des moyens déjà rognés et jusque-là dédiés tant bien que mal à ceux qui souffrent d’un mal que notre société leur inocule. Et cela permet peut-être de ne plus trop parler de la promesse concernant les Unités d’Hospitalisation Spécialement Aménagées (UHSA) destinées aux détenus atteints de troubles mentaux.
Pour ne pas encourir de poursuites judiciaires, j’éviterai les « Casse-toi, pauvre fou » et je me contenterai de citer La Rochefoucauld : « On trouve des moyens pour guérir de la folie, mais on n’en trouve point pour redresser un esprit de travers. »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 8 janvier 2009.

07/01/2009

Politique Gadget

Sarkozy NB.jpgSi l’on voulait un exemple de la vacuité des initiatives intempestives de Nicolas Sarkozy la dernière en date est un modèle du genre. En lançant avec sérieux l’idée, qui n’en est pas une, d’ interdire de permis de conduire les incendiaires de voitures jusqu’au remboursement des dégâts le président se couvre de ridicule tant cette « proposition » est irréalisable. Mais il prouve une fois de plus qu’il confond petite phrase et règlement d’un problème qui comme tout problème s’analyse et se travaille avant d’approcher une solution. Mais là n’est pas la question pour Sarko-l’agité qui ne vise qu’une chose : occuper les média qui le suivent comme des toutous sans le moindre recul. Car le phénomène des voitures brûlées, pas seulement au moment de la Saint Sylvestre d’ailleurs, recoupe plusieurs facettes des difficultés qui se sont installées de longue date maintenant dans les quartiers populaires devenus « sensibles ».En homme de terrain qu’il est, André Gerin, qui souvent agace avec ses déclarations intempestives ou iconoclastes, détaillait dans le Progrès les multiples causes possibles qui animent le brûleur de voitures rarement identifié d’ailleurs. « Il y a les escroqueries à l’assurance, la suppression des voitures ventouse sans frais, les règlements de comptes entre personnes, les actes de violences gratuites, les voitures brûlées pour effacer les traces et celles qui brûlent par propagation d’un premier incendie, explique le député maire de Vénissieux avant d’ajouter : mais c’est aussi devenu un jeu de con, un fait culturel qui veut que l’on aille brûler une voiture dans des quartiers mythiques comme les Minguettes ». Il paraît qu’à la Chancellerie on travaille sur ce dossier depuis l’annonce du chef de l’Etat, on souhaite bien du plaisir aux « cranes d’œuf » qui s’y sont collés. En tout cas il est évident que ce phénomène ne concerne pas que les auteurs de violences urbaines qui, effectivement sont plutôt des mineurs. Et donc une fois de plus Sarko montre su doigt les jeunes dans une affaire où ils ne sont pas les seuls concernés. Une mise à l’index de plus qui relève de la provocation et risque de relancer l’effervescence des banlieues à un moment où l’atmosphère est chaud. Mais on ne peut pas comprendre de telle situations vu de Neuilly. Il n’en reste pas moins que Sarko-le-gesticulateur va finir par devenir dangereux dans cette période de crise et d’extrême tension internationale.

Philippe Dibilio

Lyon, le 7 janvier 2009.

06/01/2009

Sarko-nostalgie ?

drapeau europeen.jpgC’est au Brésil que le quasi « Never ending tour » du « plus grand président de l’Europe », je veux bien entendu parler de Nicolas Sarkozy, s’est achevé dans un de ces palaces destinés à offrir un havre de paix à ceux qui n’en ont jamais. Voilà pour le côté VSD des choses.

Pendant ce temps, la Russie obtenait que l’OSCE retire ses observateurs destinés à superviser le respect du cessez-le-feu entre Russes et Georgiens suite à la guerre éclair de août dernier stoppée à l’époque par « le plus grand président de l’Europe », je veux toujours parler de Nicolas Sarkozy.

« Le plus grand président de l’Europe » a donc en l’espace de six mois été à l’origine d’un plan de paix, plutôt complaisant à l’égard de Poutine. Face à la crise financière il n’est vraiment pas certain que des initiatives du Président, comme la tenue du G4, rentrent par la grande porte de la construction européenne quand l’histoire entendra faire ses comptes. Quant aux mesures censées intervenir dans le soutien à l’économie réelle, nul n’est autorisé à prétendre qu’elles peuvent flirter avec le niveau d’exigences requis. Il n’empêche que les six mois passés par Nicolas Sarkozy à la tête de l’Europe risquent de se révéler comme étant un coin de ciel bleu en comparaison avec ce qui attend une Union Européenne présidée par le Président de la République Tchèque, je veux parler de Vaclav Klaus.

Populiste, ultra libéral-viscéral et europhobe militant, Klaus est donc depuis quelques jours « notre » nouveau Président, et cela ne peut que faire froid dans le dos. En effet si Vaclav Klaus se conduisait pendant les six mois qui viennent à l’identique de ce qu’il vient de faire depuis des années, quelque chose qui ressemblerait à de la honte pourrait envahir l’Europe ou plutôt celle des européens.

Considérant les questions environnementales comme de véritables pestes Klaus est un farouche adversaire de tout ce qui touche aux questions écologiques. « Maintenant que nous devons nous serrer la ceinture », avait d’ailleurs dit le lascar devant un congrès américain éberlué, « nous devons supprimer ce luxe ». Entendez par là supprimer le plan-climat. Anti-défenses de l’environnement, Klaus est aussi un ennemi acharné de l’idée européenne. En décidant de ne plus faire hisser le drapeau européen sur le château de Prague, le président Tchèque avait fait valoir il y a quelques mois de manière fort symbolique sa solide europhobie. C’est bien entendu sur le plan économique que ce dernier admirateur de Margaret Thatcher excelle. Pour lui, « l’Europe est un projet socialiste » et partant de là, tout ce qui peut contribuer à asseoir des politiques économiques communes doit être dénoncé dans l’instant.

La future présidence Tchèque sera-t-elle le cauchemar annoncé ? On ne peut que le craindre tout comme il convient de s’attendre à ce que celle de la France qui vient de prendre fin nous laisse rapidement un arrière goût de nostalgie.

En attendant le « Never ending tour » présidentiel continue. Il souhaite aux quatre coins du pays et tous les quatre jours ses vœux de bonne année 2009 aux policiers, aux artistes, aux enseignants…

Lyon, le 6 janvier 2009.

19/12/2008

Palmes 2008 - # 2

9782707156297R1.gifJ’ai fort heureusement oublié certains des bouquins lus cette année. Je pense à celui de Léotard sur Sarkozy ou bien à l’opuscule du Rédacteur-en-chef de Paris Match viré sur ordre. En mobilisant ma mémoire le « Courir » de Echenoz (Minuit) s’impose tout comme le court roman de mon ami Laurent Cachard (« Tébessa 1957 ») que nul Croix Roussien digne de ce nom se doit d’ignorer sous peine d’être désigné comme indécrottable. D’ici quelques jours je compte vous parler de François Mauriac mais sachez que lire ses chroniques sur la télévision (Bartillat) est chose surprenante et donc épatante. Limpressionnante érudition de Fernando Baez (« histoire universelle de la destruction des livres ») fait partie de mes coups de cœur de l’année même si je dois constater que ce gros bouquin est totalement passé inaperçu pour une raison que je ne cherche même pas à m’expliquer (Fayard).

On nous annonce une année noire, mais aussi une année « polar » 2009 exceptionnelle avec enfin le Ellroy, un nouveau Dennis Lehanne, un festival de rééditions pour le 50ème anniversaire de la disparition de Chandler et un Quarto Gallimard sur Hammett. En attendant je dois vous confier avoir laissé le polar de côté cette année. A signaler encore une fois aux fondus du genre la formidable et indispensable somme en deux volumes de Claude Mesplède (« Dictionnaire des littératures policières ») mais aussi le « correspondant étranger » de l’américain Alain Furst (l’olivier) qui est encore un auteur peu traduit en France alors que les prémices de sa carrière remontent aux années soixante-dix.

N’étant pas particulièrement sensible au phénomène de la rentrée littéraire de septembre, je me dois tout de même de vous rappeler la parution de « Le carnet d’adresses » d’Alain Fleisher, une curieuse plongée dans l’intimité du répertoire de la mémoire d’un auteur confirmé et reconnu que je découvre de manière tardive mais heureuse (Le seuil).

Concernant la musique, beaucoup de livres sortent et parmi un tel nombre de parutions les titres intéressants sont légion. Castor Astral livre ces jours-ci le second volume du Presley de Guralnick (pas encore lu) et une très intéressante traduction sur le folk-rock de la fin des années soixante intitulée « Hôtel California ». Plus ébouriffante et en aucune façon politiquement correcte, la biographie du Pink Floyd intitulée « Pigs night fly » (Tournon) du journaliste anglais Mark Blake mérite plus que le détour. Un livre à ne surtout pas mettre entre les mains d’un baba encore persuadé que la vie est rose chez les volatiles de Cambridge.

Qui dit fin d’année dit « beaux livres ». Un gros bouquin de photographies s’impose ; « Over », c’est son nom, est une vue du ciel de l’Amérique du gaspillage, de la déraison et des « torture-tests » de paysages. Plus agréable à lire et feuilleter que la plupart des pensums écolos, cette vue plongeante sur notre terre est loin d’être une jérémiade, c’est un vrai bouquin militant mais fort sympathique à parcourir. C’est si rare de pouvoir observer l’absurdité écologique assis dans son fauteuil (La découverte). Enfin, les passionnés de cinéma ne pourront se passer de caser dans leur bibliothèque l’énorme nouvelle édition des « Amis américains » de Bertrand Tavernier avec ses mille pages, ses centaines d’illustrations et ses dizaines d’entretiens de l’auteur avec les plus grands noms d’Hollywood (Actes sud - Institut Lumière).

Lyon, le 19 décembre 2008.

18/12/2008

Palmes 2008 - # 1

The age of the understatement.jpgAvant de liquider 2008, il est plaisant de retenir quelques perles qui nous auront aidé à passer des zones de tempêtes et à penser à autre chose qu’à Sarkozy, à Lehmann Brothers et à ce funeste Congrès de Reims, vous savez ce truc dont Montebourg dit que c’est l’aboutissement de ses combats. Bref, à ces petits riens, en vérité peu nombreusarkx, qui laisseront quelques traces sympathiques mais centrifugées par la grande actualité avec en tête l’impensable victoire de Obama, ici à Lyon la magnifique réélection de Gérard Collomb sans oublier l’historique traversée de Paris par la flamme olympique chinoise.
Le meilleur disque, le plus lumineux et le plus dégoulinant de l’année et sans conteste à mettre à l’actif de The last shadow puppets, cache-sexe country cinématographique de l’Artic Monkeys Alex Turner et du Rascals Mils Kane. C’est vraisemblablement un truc sans lendemain mais à coup sûr le disque le plus voluptueux de l’année. Côté France, Alain Bashung et son « Bleu pétrole » épouvantent et surclassent l’ensemble de la production nationale. Au rang des rééditions il y a pléthore et du très bon au point que l’on peut s’interroger sur une musique qui brille parfois plus par ses « oldies » que par des nouveautés déjà faisandées le lendemain de leur sortie. Quitte à passer pour un vieux hippie, je veux remercier les camarades Sony et BMG d’avoir, probablement suite à une erreur manifeste de leur service marketing, ravivé notre mémoire musicale en ressortant le mythique « Pacific Ocean Blue » de Dennis Wilson.

Au cinoche, circulez il n’y a rien à voir. En cette année ch’tis, le style baraque à frites s’impose définitivement et on ne remerciera jamais assez l’adorable Dany Boon d’avoir assuré la promotion du service public postal qui en a bien besoin. Si je voulais être poseur, au rayon documentaire, je me devrais de porter au pinacle Raymond Depardon dont l’obsession paysanne semble être le dernier truc chic. Quitte à aggraver mon cas, ma palme ira donc à Julien Temple et son « Futur is unwritten » vu au CNP Terreaux en compagnie d’une poignée de spectateurs et dont j’ai oublié de parler sur ce blog tout comme d’ailleurs « Gomorra ». Demain place aux livres.

Lyon, le 18 décembre 2008.

17/12/2008

L’indécence de Fillon ou sa honte ?

Fillon1.jpgÀ écouter notre sourcilleux Premier ministre, le PS serait indécent et trop bruyant, trop pressé : "Je leur demande un peu de décence, restez silencieux, aidez-nous à redresser notre pays et attendez le moment venu ce délai de décence pour pouvoir de nouveau donner des conseils à la France entière". C’était lors d'une réunion des nouveaux adhérents de l'UMP, salle Gaveau dans le VIIIe arrondissement de Paris, fin novembre.
Le PS aurait failli aux bonnes moeurs ? Aurait-il commis des actes que la morale réprouve ? Est-ce que je me méprends sur le sens des mots ?
Je saute sur le Littré et j’y lis : « La décence désigne ce qui est honorable ».
Ouf !
Que Fillon François, parangon de décence, réponde donc à ces simples questions parmi les dizaines qu’appellent ses actes.
N’attendez pas de réponses autres que de bois, mais pointez l’honneur. Ou la honte… :
Est-il décent et honorable d’intervenir de façon brutale avec des maîtres-chiens et des gendarmes dans les collèges (du Gers, comme à Marciac par exemple)?
Est-il décent et honorable que la police encadrant des parents vienne se saisir d’enfants en maternelle et en CE1 pour les mettre dans une prison – ce qu’est de fait un centre de rétention – puis les expulse manu militari en urgence avant même que la CIMADE ne puisse les contacter (comme ces enfants kosovars de l’école Jardin de Ville à Grenoble le 24 novembre) ?
Est-il décent et honorable de voter l’abaissement à 12 ans de l’âge où il est permis d’emprisonner un enfant ?
Est-il décent et honorable de refuser que les plus riches participent au Revenu de Solidarité Active pour les plus faibles ?
Est-il décent et honorable de ne pas respecter les 20% de logements sociaux que la loi SRU prévoit et de la contourner alors que tant de personnes n’ont pas de toit et que parmi celles-là, le tiers a un travail ?
Est-il décent et honorable d’avoir les pires prisons d’Europe, surpeuplées et où plus de cent personnes se suicident chaque année ?
Est-il décent et honorable…

Relisez les Châtiments. Il faudrait ici le talent dans la rage qu’avait Hugo pour dénoncer cette façon de nous gouverner :
« Si nous les laissons faire, on aura dans vingt ans,
Sous les cieux que Dieu dore
Une France aux yeux ronds, aux regards clignotants,
Qui haïra l’aurore »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 17 décembre 2008.

15/12/2008

Morale et Moral

Thierry_Breton.jpgParce que le capitalisme français a décidé de se moraliser, Philippe Germond, l’ancien patron d’Atos vient de perdre près de 4 millions d’euros d’indemnités de départ après son « remerciement » au terme des 15 mois qu’il venait de passer à la tête de l’entreprise. Quinze mois, 4 millions, avouez que le ratio est sympathique. Le hic dans l’histoire c’est que Germond se rebiffe, jugeant cette décision illégale. Il va donc demander à la justice de trancher.

Parce que le capitaliste Français Philippe Germond s’est fait virer, on a recruté pour lui succéder l’ancien ministre Chiraquien, l’oublié Thierry Breton. Pas fou, Breton à tout de suite expliqué qu’il ne toucherait ni prime d’arrivée, ni parachute le jour de son départ, histoire de démontrer que le capitalisme français se moralisait. Le hic dans l’histoire c’est que Breton touchera tout de même 1,2 millions d’euros de fixe, une deuxième couche de 1,2 millions de bonus sous conditions de résultats, 233 000 euros d’options basées sur les performances chaque année, dès 2008. Quand on sait que le chiffre d’affaire de l’entreprise est de 5,6 milliards d’euros, avouez que le ratio demeure sympathique.

Il faut dire que ça moralise sec dans le capitalisme français. D’ailleurs suite à ce que l’on pourrait assimiler à un « acharnement » du Medef alors en pleine crise, on nous annonce que plus de la moitié des dirigeants du CAC 40 viennent de renoncer à d’éventuelles indemnités de départ. Ce n’est pas suffisant explique l’UMP dont des esprits malveillants disent qu’elle est entrain de courir au secours des grands patrons. Le député UMP Houillon, soutenu en l’espèce par Lagarde exige du Medef d’étendre la mesure aux 700 entreprises cotées c'est-à-dire à ce qui constitue la base du syndicat patronal.

Flûte, encore une revendication que le PS français, le plus à gauche de l’univers, s’est encore fait chiper par Sarkozy. Ça casse le moral des trucs pareils.

Lyon, le 15 décembre 2008.

11/12/2008

Content et déçu

Sarkozy NB.jpgContent, le Président se dit l’être à propos d’Eric Besson son ministre en charge de l’avenir. Ne me demandez pas pourquoi vu qu’a part la notation des Ministres, les clubs de foot et quelques trucs sans importance sur l’internet nul ne sait exactement ce que peut bien faire « le transfuge ».

Content mais surtout admiratif, notre Président l’est également au sujet de Claude Allègre. Ici aussi inutile de me demander de fournir une explication puisque après les sciences de la terre, celles de l’éducation, l’art de la politique, la couche d’ozone, l’ami de Lionel est aujourd’hui devenu, comme Alain Minc, un historien. Notre homme est donc compétent en tout ce qui explique peut-être l’admiration sans borne du Président.

Content, Sarkozy se dit l’être aussi à l’égard de Nadine Murano dont la gouaille, façon populasse, botte bien à l’ancien Maire de Neuilly. Mais attention, le Président n’est pas seulement content de lui-même et de quelques autres, il est aussi déçu.

Il est déçu par Patrick Devedjian d’où la nomination au poste de Ministre de l’UMP du « chouchou ». Déçu aussi Jean-Pierre Jouyet qui vient de filer à l’anglaise et qui va surveiller les marchés. Déçu par Rama Yade qui ose refuser de prendre la tête d’une liste UMP au prétexte qu’elle souhaite demeurer ministre, Sarko est aussi peiné par quelques députés qui ne veulent pas faire travailler les Français le dimanche. Le Président semble également pensif à l’égard de quelques autres ministres et en particulier de Rachida Dati. Heureusement que Nicolas Sarkozy a encore une saine haine chevillée au corps à l’égard de Villepin sans quoi cette déception affichée et quasi généralisée pourrait se transformer en déprime au point de voir réapparaître cette célèbre migraine dont on ne nous parle plus depuis son élection.

Reste le cas Kouchner dont la quasi inutilité commence à se faire sentir et qui, tel un Jean-Louis Debré Sarkozyste, en est rendu à jouer les utilités en tirant le tapis sur lequel marche Rama Yade.

Tout ceci est donc très moyen. Moyen comme le sondage du dévoué Paris-Match qui note, de quoi être déçu, une baisse de popularité pour le Président mais qui fort heureusement indique dans le même temps une hausse d’opinions favorables parmi les classes populaires. Justement, à propos des classes populaires, si vous les croisez, il convient de leur expliquer que le PS fait le maximum pour être à gauche et les voilà à honorer le Président. Pour tout vous dire cela me laisse froid, mais avouez que si vous étiez à la place de Martine Aubry et Benoît Hamon vous auriez de quoi être déçu.

Lyon, le 11 décembre 2008.

09/12/2008

En attendant demain

medium_313780.jpg« Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain », c’est cette formule éculée, attribuée à Willy Brand, qu’ a osé ressortir Alain Minc sur le plateau de Serge Moati dimanche lors de l’émission « ripostes » sur la Cinq et ce pour justifier le plan de anti-crise de Sarkozy qui privilégie les investissements plutôt que la relance par la consommation. Ce « monsieur je sais tout » qui met sa gouaille plus que son savoir au service des puissants du pays, tous proches du président de la République, se foutait une fois encore de nous. Si cette formule, prononcée dans les années soixante dix avait eu un effet il y a bien longtemps que l’on n'aurait plus de problèmes d’emploi tant les profits ont surfé sur les sommets depuis ce temps là. Mais les profits, c’est bien connu, y compris d’Alain Minc, profitent par nature à ceux qui les réalisent lesquels ne situent pas dans le camp de ceux qui partagent.

Dès lors la relance Sarkozy aura le même effet que les autres ; elle permettra à ceux qui ont joué avec l’argent des autres de refaire leur pactole. D’ailleurs les premiers exemples pointent à l’horizon. Ainsi un groupe de banques dont Daxia, la Caisse d’Epargne et le Crédit Agricole, toutes recapitalisées par l’état, ne se sont partagé que la moitié des prêts locatifs sociaux attribués par le gouvernement. Hic politique ces crédits devaient servir à racheter les logements programmés mais pas construits tel que le souhaitait Nicolas Sarkozy pour donner un coup de pouce au bâtiment en particulier. Voilà donc un volet de la relance qui démarre mal. L’explication de cette frilosité nous est donnée par le secrétaire général de la Caisse des Dépôts (un expert) : « ce secteur (du logement social) n’intéresse pas les banques, elles préfèrent faire du logement à loyer libre où elles obtiennent de meilleurs rendements ». Des profits d’aujourd’hui donc qui ne serviront pas plus à la relance qu’ à l’emploi de demain et qui révèle la supercherie de Minc.

Quant au plan de Sarkozy il ne s’annonce pas sous les meilleures auspices. D’ailleurs son conseiller spécial Henri Gauino craint une révolte des classes moyennes qui vont être touchées de plein fouet par la crise. Aussi il veut donner des signes de moralisation du capitalisme, lui au moins il est sûr d’avoir du travail pour longtemps.

Philippe Dibilio

Lyon, le 9 décembre 2008.

DR

02/12/2008

À quand les crèches-prisons ?

Enfant barreaux.jpgLa cour se fleurit de souci

Comme le front

De tous ceux-ci

Qui vont en rond

En flageolant sur leur fémur

Débilité

Le long du mur

Fou de clarté …

"En prison" - Paul Verlaine,1889

 

On va encore m’accuser de faire de l’anti-Dati primaire.

Madame Dati a confié à André Varinard, éminent spécialiste en droit pénal de la faculté de droit de Lyon, une commission chargée de réformer l'ordonnance de 1945 relative à la délinquance des mineurs ; ordonnance déjà réformée 30 fois depuis. Il faut, dit-elle, mettre de la cohérence dans tout cela.

En fait, on veut une fois encore condamner à l’enfermement plus de jeunes, moins âgés, plus vite et plus lourdement. Idéologiquement, on joue sur les peurs de la société à qui l’on serine :

Que c’est chez les moins de 13 ans que la délinquance progresse le plus. Or, la seule statistique disponible, la statistique judiciaire, note une remarquable stabilité : les moins de 13 ans ont 0,3% des condamnations en 2006, soit 8 fois moins que les plus de 60 ans. Vous devriez avoir plus peur de moi que d’un jeune encagoulé au regard de braise.

« Il y a 204 000 mineurs qui sont mis en cause pour des actes graves  […] des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes […] » (Dati sur France 2 le 16/10). Or, 98,7% de cette délinquance sont des vols, des dégradations, des bagarres, des usages de drogue, etc... Et Madame Dati de rajouter : « alors qu’on a une réponse beaucoup plus ferme sur les mineurs délinquants, la délinquance des mineurs continue d’augmenter ». Or, parmi les personnes "mises en cause" par la police, la part des mineurs baisse depuis 10 ans, passant de 22% en 1998 à 18% en 2007.

Comme le dit le sociologue Laurent Mucchielli : « le diagnostic sur l’évolution de la délinquance des mineurs, avancé pour justifier un nouveau durcissement de l’arsenal pénal, n’est en réalité ni neutre, ni objectif, ni fondé. »

Julien s’est suicidé le 2 février dernier dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu. Il avait 16 ans. Dans cet établissement « modèle », les alertes des éducateurs et psychologues n’ont pas fonctionné, le directeur n’a pas trouvé mieux que de conseiller au jeune déprimé de réfléchir au thème du suicide. Pendant ce temps, la Protection Judiciaire de la Jeunesse voit les moyens dédiés à la prévention supprimés.

Une première infraction, un premier délit, doit appeler une première sanction, mais l’enfermement, fut-il dans un centre pour mineurs, doit être réservé aux actes les plus graves. Faute de quoi les suicides et les récidives croîtront.

Je ne sais pas si la condamnation de Julien à deux mois de prison pour vol avec violence était la plus pertinente des mesures à prendre, mais je suis persuadé que notre société va encore longtemps continuer à dissimuler sa peur derrière les rodomontades sécuritaires de nos gouvernants.

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 2 décembre 2008.

25/11/2008

Orphelin

01_img_7356.jpg« Vous imaginez Hamon demandant rendez-vous au président de la République pour discuter de la situation économique du pays ? Quelle serait sa crédibilité ». Tel est le jugement péremptoire que portait Jean Christophe Cambadélis, dans le cas où il devienne numéro 1 du PS, sur un garçon qui a finalement obtenu 20% de votes des militants socialistes et qui porte son jeune âge, pour un politique, en bandoulière. Il est vrai que pour le vieux routier qu’est Cambadélis en matière d’économie seul son ami DSK peut dialoguer avec le chef de l’Etat ce qu’il fait déjà depuis son poste au FMI que lui a offert Sarkozy. Mais là n’est pas le problème.

Ce qui est étrange c’est de juger de la valeur future d’un premier secrétaire sur son éventuelle capacité à demander un rendez-vous au chef de l’Etat pour discuter d’une situation économique dont on connaît les méfaits, et qu’il faut donc plutôt combattre en avançant des propositions alternatives débattues avec les militants, les salariés, le pays tout entier sans l’aval d’un Sarkozy dont la position est avérée et ne risque pas de changer au cours d’une conversation.

Benoît Hamon l’a bien compris lui qui ce week-end manifestait à Paris contre la privatisation de la poste, un exercice qui semble bien loin des habitudes de Cambadélis, loin de l’étudiant militant de la MNEF. Au-delà du côté anecdotique de ces propos perce une question majeure qui aura traversé le congrès du PS à savoir sa capacité à renouer avec les citoyens qui, dans leur majorité, connaissent des difficultés en tout genre, ou bien son enfermement dans le statut d’un parti d’Etat plus prompt à comprendre les situations qu’à les combattre. Une question loin d’être tranchée ce qui risque de laisser le peuple de gauche orphelin de perspectives jusqu’en 2012 et même au-delà.

Philippe Dibilio

Lyon, le 25 novembre 2008.

13/11/2008

La grande émission

Thierry_Saussez.jpgLes directeurs des chaînes publiques devraient, à entendre les uns et les autres, être dotés prochainement d’un permis à points mais depuis quelques semaines, une autre rumeur végète. Thierry Saussez, l’un des experts en communication qui veille sur l’image du Président, songerait à installer sur une grande chaîne (publique ?) de télévision, une émission destinée à mieux nous faire comprendre les bienfaits de la politique de Nicolas Sarkozy. En effet le vieux baroudeur du RPR devenu Spin Doctor de Sarko, le « Monsieur Com » de l’Elysée, n’a trouvé rien d’autre à dire qu’il « réfléchissait à une émission de communication gouvernementale à la télé » au point que l’on se demande si Saussez n’est pas la réincarnation d’Alain Peyrefitte.
Je ne sais pas s’il convient d’y voir une explication, mais en atteignant tout juste 25% de points d’audience en octobre, TF1 semble installée sur une pente glissante. On peut donc se demander si pour le pouvoir il ne s’agit pas d’anticiper un mouvement qui semble inexorable. Changer son fusil d’épaule, donc produire soi-même son propre programme de propagande, est peut-être une nécessité même si les Bouygues font encore si bien, si spontanément et depuis si longtemps leur travail. Allez savoir !
Pour m’en informer, je me suis rendu sur le site de notre expert en communication (www.thierry-saussez.com) histoire de prendre des nouvelles à la source. Déception ! Saussez doit tellement bosser pour Sarkozy qu’à la rubrique « actualité » de son site, la dernière information remonte au 26 février 2008. Il s’agit de nous prévenir d’une invitation du grand communiquant à débattre chez Fogiel avec Cambadélis sur M6. Autre rubrique, autre déception. En cliquant sur « candidat » on nous indique que Saussez a été élu le 9 mars 2008 sur la liste UMP de Rueil-Malmaison. Des infos plus fraiches figureraient-elles alors à la rubrique « Le délégué Interministériel à la communication » ? Malheureusement ce n’est pas le cas puisque rien de neuf ne nous est proposé depuis le 16 avril 2008.
Saussez est donc totalement absorbé, non seulement par sa nouvelle mission gouvernementale mais, probablement aussi, par son projet de « remake » de la voix de son maître. Un conseil tout de même à Thierry Saussez. Ça la fiche vraiment mal de constater que le site du Délégué Interministériel à la communication ne nous propose que des rogatons.

Lyon, le 13 novembre 2008

06/11/2008

Des paradis aux enfers en cercueil écolo

Paradis.jpgCurieuse, cette semaine passée qui bégaie et rassemble enfers, paradis et cercueils dans un temps raccourci.

Paradis : (1)

De quoi nourrir mon exégèse farfelue sur Sarkodieu, l’omniscient-multiforme et sa conception évolutive des paradis :

Dans la version la plus ancienne et la plus courante, il en est le jardinier. Quand il les cultive, ces paradis, il apparaît sous la forme d’avatars. Citons-en deux parmi les plus courants : tantôt il est appelé Prince d’Andorre (certains exégètes voient dans ce nom la déformation d’une injonction antique appelant au meurtre rituel des démocrates athéniens : « endors la vieille ! ») ; d’autres fois, il est appelé Suzerain de Monaco (on parle à ce propos de rites monacaux, mais la tradition fastueuse et sarkodieuse va à l’encontre de cette interprétation, notamment la version dite Bling-Bling très souvent attestée).

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