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28/05/2009

Barroso

Barroso.jpgComme si les élections européennes étaient déjà pliées, la "question Barroso" semble peu à peu occuper le devant de la scène. A coups d'interviews et de déclarations, le Président de la Commission européenne bouge ses pions afin d'apparaître, le plus rapidement possible, dès avant l'élection du 7 juin, comme incontournable, comme le seul capable de se succèder lui même. Alors que les travaillistes anglais, portugais ou espagnols font campagne pour Barroso, Sarkozy quant à lui souhaite se servir de l'actuel Président de la Commission comme d'un épouvantail. D'ailleurs écoutez bien , vous ne risquez pas d'entendre le moindre UMP soutenir Barroso. Tout au contraire, ce silence radio électoral qui annonce en vérité un soutien au Portugais quelques jours après l'élection, est un des éléments de la tactique de Sarkozy visant à se présenter comme un quasi opposant sur le front européen, un rebelle.

Se servir dans la limite du possible de Barroso pendant les quelques jours qui restent  encore dans cette campagne est d'ailleurs une bonne opportunité pour les candidats choisis par le Président. Par ailleurs, en imposant comme cirtère de réussite de leur entreprise le simple écart entre listes UMP et listes socialistes, Sarkozy et les siens évitent de focaliser l'attention de tous sur l'aspect très minoritaire des listes du Président. Une bonne partie de la presse jouant le jeu présidentiel, au soir du 7 juin, il sera alors très facile d'expliquer aux français que l'élection européenne de 2009 est une victoire pour le Président. Alors, vous l'avez compris, la seule façon d'indiquer dans son vote un refus de Sarkozy c'est à l'évidence de ne pas voter pour les listes de droite et surtout, en soutenant dans chacune des régions la liste du Parti socialiste c'est la seule manière d'interdire au Président de crier victoire au prétexte que l'écart serait important. Ouvrez grands les yeux, bloquez votre respiration et foncez, le 7 juin prochain, le bulletin socialiste à la main vers votre bureau de vote. C'est la seule façon d'être utile.

Lyon, le 28 mai 2009.

Photo: DR

23/05/2009

Prenez-le !

claude_allegre.jpgIl parait que dans la perspective de voir Claude Allegre rejoindre le gouvernement lors du remaniement en juillet c'est presque la panique dans les rangs de la majorité. A l'idée de voir débarquer l'ami de Jospin, qui plus est à un poste important dont la rumeur dit qu'il pourrait ressembler à un MITI français, on ne compte plus les réactions négatives. La simple idée de le savoir peut être demain membre de la future garde rapprochée de Sarkozy commence à pomper l'air des plus dévots de l'UMP.

Rassurez-vous Messieurs de la majorité, Allègre est tout sauf de gauche. Prenez-le ! Il est dispo ! Dans cette affaire, le seul qui risque d'en pâtir c'est Bernard Kouchner. Le Doc peut légitimement se dire que la période faste est sur le point de toucher à sa fin. Complètement démonétisé, Kouchner représente désormais moins que lui même un simple Ministre d'ouverture votant maintenant UMP. L'arrivée d'Allègre dans ce magasin de porcelaine risque de briser les dernières potiches et c'est tant mieux.

Alors un effort. Arrêtez vos simagrées et prenez Allègre dans votre futur gouvernement. Ca ne peut que nous faire plaisir.

Lyon, le 23 mai 2009.

20/05/2009

Posture

36330a-francois_bayrou_denonce_l_abus_de_pouvoir.jpgLe livre de François Bayrou, « Abus de pouvoir », est un livre politique et comme tous ceux du genre il dénonce beaucoup et propose peu ; encore que ! Il faut, en effet, lui reconnaître quelques mérites.

Tout d’abord l’homme se trouve là une posture, celle d’un défenseur des valeurs humanistes qui frise parfois l’analyse de classe comme on aurait dit dans les années 70. Certes il n’est pas question pour moi d’être naïf ; en s’appropriant le créneau des fondements de la république : liberté, égalité, fraternité le président du Modem se cherche une base suffisamment large pour poursuivre son seul objectif avoué : la présidentielle de 2012. Mais il faut lui reconnaître qu’il le fait avec un certain talent. Car, contrairement à beaucoup de commentaires qu’il a suscité son ouvrage n’est pas un pamphlet anti-sarkoziste primaire.

Il réussit, en effet, à brosser un portrait pertinent du locataire de l’Elysée et surtout de mettre en perspective ses intentions profondes et les objectifs qu’il se donne pour le pays. Et il argumente autour de la proposition selon laquelle : « le président de la république a un plan. Il conduit la France là où elle a toujours refusé d’aller. L’abandon du modèle républicain, le culte de l’argent, le choix d’une société d’inégalités, le renoncement à ce qui faisait la force et l’originalité de la France dans le monde. » Et pour cela, selon Bayrou, Nicolas Sarkozy a  eu pour inspiration le mouvement néoconservateur américain version Bush qui a décidé de bâtir sa victoire sur le noyau dur de son électorat, la droite dure religieuse américaine, la droite qui soutenait la guerre en Irak. Modèle que les américains ont aujourd’hui rejeté. Et pour s’attacher le noyau dur de la droite française Sarkozy va jusqu’à le reconstituer en suscitant des polémiques pour opposer les français sur tous les sujets potentiellement explosifs.

De plus François Bayrou décortique, comme l’avait fait dans un livre également Ségolène Royal, la méthode et les astuces de Sarko pour arriver à ses fins. Ce livre, en fait, tape juste et il n’est pas étonnant qu’il ait déclenché l’ire des roquets du président comme celle des leaders de gauche d’ailleurs. Il est à ce propos dommage que ce soit un centriste qui occupe ce créneau qui s’apparente parfois à du Besancenot, l’esprit de responsabilité en plus. Me voilà pas converti au Modem pour autant d’autant que connaissant bien certains de ses acteurs locaux je ne sui pas persuadé qu’ils se retrouvent dans ce texte, mais je reconnais à son président une capacité à porter un regard éclairé sur l’état de la France et à proposer quelques pistes pour en sortir. Ce chapitre final n’est pas le plus étayé mais il pose les bases d’un rassemblement pour demain dont la gauche aurait tort de se moquer. Bayrou, en effet, n’écrit pas les premières lignes d’un programme commun mais trace les contours d’un rassemblement qui pourrait bien être celui du deuxième tour de 2012.

Philippe Dibilio

14/05/2009

Malheurs

tf1.jpgFrançois Bayrou est « colère ». Il est interdit, semble-t-il définitivement, de journal télévisé sur TF1 pour promouvoir son livre. Les téléspectateurs de la première chaîne ne vont donc rien savoir de son bouquin qui dit tant de mal de Nicolas Sarkozy. A ceux d’ailleurs qui pensent que le béarnais n’est pas dans l’opposition, je leur suggère de méditer cette anecdote, mais revenons à Bayrou. Il est toujours amusant de voir un type qui a passé l’essentiel de sa carrière à naviguer dans les eaux territoriales contrôlées par le RPR s’apercevoir à plus de 50 ans que ses anciens amis sont des brutes en politique.

Je ne sais si l’information fait plaisir à François Bayrou mais TF1 est en train de souffrir. La chaîne connait en effet une chute de 30% de ses recettes publicitaires au premier trimestre 2009. Comme le dit Le Figaro, on l’imagine la larme à l’œil, « La télévision paie un lourd tribut à la crise ».

Le malheur des uns faisant souvent le bonheur des autres, alors que TF1 paie son tribut, les chaînes de la TNT pètent la forme. Du coup les malheurs de Martin Bouygues pourraient faire le bonheur de Bolloré et il n’en faut pas plus pour alimenter la rumeur Bouygues Martin, l’ami de Nicolas, pourrait larguer la télé au bénéfice du nucléaire et Bolloré, l’autre ami de Nicolas, pourraient donc récupérer la « Une ».

Vous me direz, et vous aurez raison, tout cela ne changera rien au sort de François Bayrou. Maintenant qu’il est dans l’opposition le leader du Modem pourra toujours se gratter pour accéder au plateau de TF1, car Bouygues ou Bolloré, le boss de TF1 sera toujours Nicolas Sarkozy.

Lyon, le 14 mai 2009.

12/05/2009

Punition

cravache.jpgSarkozy et son gouvernement auraient-ils décidé de punir Lyon et son agglomération ? La question mérite d’être posée au regard de quelques faits récents.

Il y a eu, tout d’abord, le revirement inacceptable de la ministre de l’intérieur sur le projet de caserne de gendarmerie à Sathonay Camp. Un projet travaillé et pour lequel le Grand Lyon a engagé financement et travaux, de voirie en particuliers. Un projet bouclé par un groupement d’entreprises qui y a investi des sommes respectables et du travail de préparation au détriment d’autres marchés et qui se retrouve maintenant le bec dans l’eau.

Puis est tombée l’annonce de la participation financière de l’état aux transports de l’agglomération : 28 millions pour le Sytral contre 21 milliards pour Paris, soit environ 1000 fois moins et de toute façon un montant en baisse par rapport aux prévisions. Deux dossiers qui interrogent sur la validité du « plan de relance » du gouvernement qui passe ainsi à coté de chantiers prêt à partir.

On peut en tout cas s’interroger sur de telles décisions, Lyon serait-il devenu un territoire oublié du gouvernement ou bien veut-on punir cette ville qui s’est installée à gauche ? Il serait à ce propos intéressant de savoir ce qu’en pense François Noël Buffet, parlementaire en charge du suivi de l’application du plan de relance en Rhône-Alpes, à moins qu’il ne se sente plus concerné en matière de transports maintenant que les travaux du métro à Oullins sont engagés. Certes il n’y aurait rien d’extraordinaire à tout cela lorsque l’on regarde la pratique politicienne d’un Sarkozy toujours à l’affût d’un petit coup tordu pour déstabiliser son opposition. Sans aller jusqu’à penser que le Philippe Cochet soit derrière la manœuvre car il se dit que depuis l’épisode de la mayonnaise qu’il a monté autour des deux œufs lancés sur la caravane UMP lors de son passage place Bellecour sa côte a sensiblement baissée auprès d’un Xavier Bertrand qu’il a engagé dans cette manip médiatique dont le secrétaire général du parti sarkozyste a eu du mal à se sortir.

Mais l’on ne peut exclure que cette volonté de nuire à l’agglomération ne cache l’idée de gêner Gérard Collomb dans la réalisation de son mandat et ce en vue des prochaines échéances. C’est en tout cas bien à la mesure d’une opposition locale qui peine à se trouver un angle d’attaque et qui ne joue en fait que de son pouvoir de nuisance comme elle le fait déjà à propos du Grand Stade à Décines.

Philippe Dibilio

04/05/2009

Aeronef

nrc-t33-lr.jpgLe 15 février dernier, j’attirais votre attention sur le sort de André Barthelemy le président de l’ONG « Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme » qui était traduit devant le tribunal de Bobigny pour s’être opposé, à bord d’un vol Air France pour Brazzaville, contre la reconduite à la frontière de deux Congolais. Vous allez me dire que je me réveille un peu tardivement, mais mieux vaut tard que jamais, sachez que André Barthelemy a été condamné pour « Entrave à la circulation d’un aeronef », à 1500 euros d’amende par la 14ème chambre correctionnelle de Bobigny ce qui témoigne, à l’évidence, d’une volonté affirmée d’intimider celles et ceux qui, à bord d’un avion en partance pour l’Afrique, auraient la malheureuse idée de faire valoir leur indignation et leurs convictions en pareille circonstance.

André Barthelemy ne souhaite pas, vous l’imaginez, en rester là. C’est donc en appel, devant la Cour de Paris, que va se jouer d’ici quelques semaines le sort du président d’ »Agir ensemble pour les Droits de l’Homme ».

Si vous n’avez pas encore fait valoir votre soutien à Barthelemy, il est encore possible de signer la pétition en attendant que la Cour d’Appel de Paris ne tranche.

Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme

16, avenue Berthelot, 69007 Lyon

Tel 04 37 37 10 11 et communication@aedh.org

Quelques mots enfin pour parler, non pas de l’aeronef mais du chef d’escadrille. Jeudi dernier, ici même, j’indiquais qu’en s’en prenant à cette pauvre Princesse de Clèves, le Président Sarkozy n’avait pesé en rien sur les ventes de ce bouquin. Rien n’est plus inexact, car, si j’en crois « Marianne », en mettant en doute le fait d’étudier la Princesse de Clèves en classe, Sarkozy a fait œuvre utile. Il semble qu’en réaction aux propos présidentiels les Français se replongent dans « la Princesse ». C’est ainsi qu’Hatier annonce des hausses de 40%, pocket un doublement des ventes et le livre de poche une multiplication par trois. Il faut dire que certains profs outrés par les propos du locataire de l’Elysée assurent le come-back de « la Princesse » en inscrivant le texte sur les listes du bac de français.

Merci donc à notre Président d’assurer la promotion de la culture classique. S’il lui venait à l’idée de lire lui-même ce bouquin n’hésitez pas à lui dire qu’il n’est en aucune façon en vente exclusive aux « Galeries Lafayette ».

29/04/2009

L’option zéro

Obamasarko.jpgGlobal Zero, une initiative lancée il y a quelques mois par cent personnalités politiques, militaires et civiles de toutes tendances politiques pour éliminer totalement les armes nucléaires dans le monde d’ici 2025.
Parmi les signataires : Jimmy Carter, Mikhaïl Gorbatchev, Michel Rocard, Hans Dietrich Genscher, Zbigniew Brzezinski. En janvier 2010, une réunion de 500 personnalités parmi lesquelles notamment Poutine et Obama devrait confirmer la démarche engagée.
Chiche !
Ce ne sera pas facile. Jugez-en, il s’agit de rien moins que de réduire massivement les arsenaux russes et américains qui représentent 96% des 27.000 armes nucléaires mondiales. Cela se ferait certes graduellement et jusqu’à zéro, mais concernerait également les armes nucléaires des autres états qui en possèdent. Enfin, cela impliquerait de mettre en place un système de contrôle international et une gestion, elle aussi internationale, du cycle du combustible nucléaire pour prévenir tout développement futur d’armes nucléaires.

La position française, issue de la théorie gaullienne de dissuasion du faible au fort, risque d’être un écueil réel à l’atteinte d’un tel objectif. Et ce ne sont pas les 18 points de la déclaration fourre-tout intitulée « Déclaration sur le renforcement de la sécurité internationale » des ministres européens des Affaires Étrangères de l’UE qui facilitera la solution ; résolution emmenée par la présidence française le 8 décembre 2008 au moment même où, le 9 décembre à Paris, Global Zero se lançait.
Les promoteurs de cette initiative ne s’y trompent pas. Ils tiennent la France pour un interlocuteur difficile. Nicolas Sarkozy y est d’ailleurs allé d’un petit couplet savamment savonnant affirmant que les propositions européennes se veulent « concrètes et réalistes ». Traduisez : celles de Global Zero ne le sont pas
Cette position de la France, avocate du désarmement – un désarmement limité qui ne dit pas son nom - n’est pas neuve. En 1999, Lionel Jospin affirmait dans la plus pure continuité : « la dissuasion nucléaire demeure un fondement essentiel de notre défense. »

Le sujet est important et ne peut se limiter ni à des réponses naïvement morales, ni à un rejet pur et simple, au nom de je ne sais quelle realpolitik, de ce qui pourrait être un grand progrès pour notre planète et tous ceux qui y vivent. Il mérite un vaste débat national. Ce temps de crise est-il opportun alors que les préoccupations concernant l’emploi et le pouvoir d’achat sont si prégnantes ?

Mais existe-t-il des moments privilégiés pour ce genre de débats ?
Je ne le pense pas.

Raison de plus pour les mener sans tarder.

Jean-Paul Schmitt

24/04/2009

24 avril

peter-gabriel854_MainPicture.jpgComme chaque 24 avril, la journée d’aujourd’hui est consacrée de part le monde à rendre hommage aux victimes du génocide des arméniens. Alors que grâce à l’action de franges de plus en plus élargies d’intellectuels et démocrates turcs la question de la reconnaissance du génocide des arméniens s’impose dans le débat public on mesure l’importance des manifestations qui visent à exiger une telle reconnaissance et la dénonciation de la négation.

Pour des raisons stratégiques, en apportant son soutien sans réserve à l’actuel gouvernement turc, le Président Obama semble avoir fait le choix, comme ses prédécesseurs, de passer par perte et profit le génocide de 1915. En recommandant que l’Europe fasse de l’intégration de la Turquie au sein de l’Union une question prioritaire, Obama n’est en rien, contrairement à ce que pensent Sarkozy et Villiers, en dehors de son rôle mais le nouveau Président américain aurait été particulièrement inspiré d’assortir son point de vue de quelques conditions liées à la démocratie, à la condition de la femme, à la place des minorités mais aussi, car c’est incontournable, à la reconnaissance du génocide des arméniens.

Comme chaque année, je m’efforce de faire valoir le point de vue de certains « Grands anciens » comme Jean Jaurès ou Justin Godard pour démontrer que cette « question arménienne » doit continuer à s’imposer y compris quand les grands de ce monde ne souhaitent pas l’inviter.

Assez récemment, le bi-mensuel « France-Arménie » se faisait l’écho des propos de Peter Gabriel quant à la reconnaissance du génocide. Voici l’essentiel d’une déclaration tout à fait en adéquation avec l’ensemble des combats menés jusqu’ici par l’ancien leader de Genesis.

« Lorsque j’ai composé la musique pour La Dernière tentation du Christ, j’ai découvert l’un des instruments les plus émouvants : le doudouk arménien. Je suis ensuite allé en Arménie à l’occasion de l’anniversaire du joueur de doudouk Djivan Kasparyan. Nous avons visité le Mémorial du Génocide consacré à plus d’un million d’Arméniens morts en 1915 » […] « Les Turcs nient le Génocide arménien et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne l’ont pas reconnu mais j’espère qu’ils vont le faire. Il faut en parler afin que les Turcs acceptent les évènements du passé pour se libérer et avancer ».

Peter Gabriel

Lyon, le 24 avril 2009.

Photo: DR

22/04/2009

Décomplexés

president-republique1.jpg?w=197&h=159Nicolas Sarkozy avait inauguré ce style pendant la campagne présidentielle durant laquelle il est apparu comme un ultra-libéral décomplexé. Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui d’agir comme un interventionniste d’Etat tout aussi décomplexé. Car au fond tout désormais en politique est dans la manière.

Ce nouveau statut permet en tout cas aux électrons libres d’occuper le terrain au détriment des formations politiques engluées dans les jeux d’appareil ou d’obéissance au chef. Les derniers jours nous ont montré en effet, combien la parole libre était à la mode. Dernier exemple en date un Dominique de Villepin qui nous annonce une situation révolutionnaire dans le pays. Voilà un sacré contre pied de la part de ce gaulliste affiché. Pourtant il le fait de manière si décomplexée que ça le rendrait presque crédible.

Ségolène Royal de son coté nous a quasiment habituée à des propos autant libérés que décalés. Dommage quand même que sa deuxième demande de pardon estompe la première autrement plus forte. Quant à François Bayrou lui aussi il affiche des positions bien « gauchistes » au regard de l’histoire de la famille centriste dont il est l’héritier. Et pendant ce temps là leurs formations politiques respectives, sauf peut-être pour Bayrou que ses troupes suivent, sont empêtrées dans des propos politiques tellement traditionnels qu’ils en deviennent ringards.

Ainsi l’UMP dont la seule vocation est de relayer les frasques du président de la République avec plus ou moins de goût et même plutôt moins que plus. Coté PS on n’est pas mieux loti car à vouloir composer entre tous, y compris un DSK qui affirme que les états n’ont pas encore assez donné aux banques pour « nettoyer » le crédit des produits toxiques qu’elles ont elles même crées, on ne dégage plus qu’un discours aseptisé. Bref, il faudra peut-être s’y faire l’heure est au discours décomplexé et ce sont ceux qui le portent qui se retrouveront demain sur le devant de la scène pour l’élection présidentielle.

Philippe Dibilio

16/04/2009

Conseils

pierre_assouline.jpgIl y a quelques semaines de cela, Pierre Assouline nous proposait un pétillant billet dans Le Monde 2 (n°268 du 4 avril) intitulé « Effet collatéral ». Il s’agissait pour l’écrivain et journaliste d’évoquer ces livres qui connaissent un destin merveilleux par le seul fait de rentrer dans l’actualité de façon imprévue oubien de se retrouver entre les mains d’une personnalité. A l’appui de sa démonstration Assouline nous parlait des « Hauts de Hurlevent » ouvrage dont les ventes sont subitement dopées suite au succès de « Fascination », la saga de Stephenie Meyer. Du côté des personnalités susceptibles de faire exploser les ventes, Obama est de loin le plus efficace puisqu’il suffit d’un cliché du Président lisant un bouquin pour qu’un essai ou une biographie assurent des droits d’auteur à vie à un écrivain. Même si notre chauvinisme doit en prendre un coup, il convient d’admettre qu’avec Sarkozy il n’en va pas de même. Notre Président reste loin d’être un booster car même cette pauvre Princesse de Clèves pourfendue par la parole présidentielle ne décolle pas d’un pouce.

Amis éditeurs, sachant que les temps sont difficiles, voici donc quelques suggestions, lestées d’une bonne dose de street-marketing, qui devraient donner du tonus à vos ventes sachant, à condition d’être parfaitement choisie, qu’une personnalité, pour des investissements parfois mineurs peut vous éviter de dépenser les budgets publicitaires les plus lourds. A l’instar de ce que Run DMC avait fait jadis pour Adidas ou Lady Diana pour le sac « Lady Dior », voici mes conseils très opérationnels susceptibles de vous sortir de la mouise.

Prenez les socialistes, deux noms s’imposent. Martine Aubry avec l’opuscule de Arthur Schopenhauer, « l’Art d’avoir toujours raison » (Mille-et-une-nuits, 2,5 euros) et Benoît Hamon pour « Convaincre en moins de deux minutes » de Nicolas Boothman (Marabout, 6,90 euros) sont les totems qui manquent à l’évidence à ces deux éditeurs.

A droite, comment se passer d’un Président comme le notre qui, photographié avec « Le petit traité de manipulation à l’usage des gens honnêtes » de Joule et Beauvois rendrait les choses beaucoup plus simples pour les éditions PUG (19 euros). Le chouchou, le miel incarné et président de l’UMP, Xavier Bertrand doit devenir le vecteur de communication de l’éditeur « Vie sociale » qui avec son « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie cartonne déjà.

Cela étant, à bien y réfléchir, « tout est sous contrôle » de Hugh Laurie, le célèbre interprète de Docteur House (21 euros) pourrait également convenir. Aux Editions Sonatine d’y réfléchir.

Et Bayrou, me direz-vous. C’est juste. Le leader de l’extrême centre à géométrie variable est détenteur d’un potentiel exceptionnel que même ses derniers amis n’arrivent pas à reconnaître. Les Editions Flammarion qui connaissent fort bien leur business devraient se pencher sur le cas du béarnais qui pourrait ainsi relancer les ventes de « On ne pense qu’à ça » (19,90 euros)

Il n’y a pas, loin s’en faut, que la politique dans la vie. Les vedettes du sport peuvent devenir des officiers traitants de la littérature à très haut rendement même si, comme pour le Président, l’idée de les associer à la lecture peut s’avérer suspecte à certains consommateurs. Compte tenu de cette difficulté, le dernier ouvrage de Harlan Coben pourrait convenir aussi bien avec Ribery que Anelka car « Sans un mot » est un titre totalement accrocheur (Belfond, 21,50 euros).

Enfin, un petit regard circulaire sur notre élite artistique s’impose tout de même. Avec Julien Doré, Fayard devrait miser gagnant pour doper « Grandir » le livre de Claude Halmos qui s’efforce de faire comprendre les étapes de la construction de l’enfant (20,90 euros) et, au final, je recommande sans réserve aux Editions Actes Sud de se rapprocher des agents de Mylène Farmer, seule artistique capable de donner un bon coup de fouet aux ventes de « La Princesse des glaces » de Lamula Läckberg (21 euros).

Hautes-Pyrénées, le 16 avril 2009

 

11/04/2009

Nous ne vous disons pas merci

anniversaire.jpgAujourd’hui c’est mon anniversaire. Cinquante-huit-ans au compteur, cinquante-huit bougies à souffler. Rassurez-vous je n’en fais pas une affaire étant considéré depuis huit ans déjà comme un vieux, pardon un sénior, par les gens de marketing. Profitant de l’occasion, je voudrais vous parler aujourd’hui des vieux ou plutôt des plus vieux que moi c'est-à-dire de ceux qui, inoxydables, continuent de représenter la base la plus solide de Nicolas Sarkozy. Lors de l’élection présidentielle ils étaient déjà ceux qui avaient assuré la victoire de Sarkozy. 75% des soixante-cinq ans et plus avaient voté pour le Président de l’UMP contre 25% pour la candidate socialiste. En d’autres termes si les électeurs plus vieux que moi étaient restés à la maison, Sarkozy serait également demeuré dans la sienne puisque pour les électeurs de 18 à 64 ans le vote Royal était majoritaire.

Je sais bien que Sarkozy s’était engagé à revaloriser les retraites, à lutter contre l’insécurité, à redorer le blason de la France et en parlant d’identité nationale il avait visé juste. Après l’élection, certains observateurs expliquaient que les frasques matrimoniaux du champion élyséen, souvenez-vous de Cécilia et de la vie tourmentée de Carla, risquaient de vacciner les électeurs les plus âgés. Rien de tel. Les plus de soixante-cinq ans demeurent accro. Ils plébiscitent le Président. Ils sont les derniers à croire à ces balivernes comme « Travailler plus, pour gagner plus », insensibles à la montée du chômage et de la précarité. Ils souhaitent que les Français triment encore plus, détestent les fonctionnaires, etc…

Pourtant la politique mis en œuvre par le gouvernement ne devrait pas remplir de confiance les personnes âgées. L’accès au soin se réduit. Le pouvoir d’achat des retraités est en carafe. Même le sort parfois peu enviable de leurs petits enfants ne préoccupe les anciens. Bref, plus ça va mal, plus les anciens trouvent ça bien.

A toutes ces taties Danielle et ces tonton Marcel, à ces mamies Nova, je veux le dire tout net, nous ne vous disons pas merci.

Lyon, le 11 avril 2009

Photo:DR

 

26/03/2009

D'jeunes

sarkozyjeune.jpgMême Le Figaro-Magazine l’écrit, c’est dire. L’Elysée craindrait par-dessus tout le désespoir des jeunes qui ne trouvent plus d’emplois. Mieux une indiscrétion Elyséenne indique, toujours dans le Fig-Mag que « la mèche qui peut provoquer l’embrasement social, ce sont les jeunes ». Il faut dire que depuis quelques temps, Sarkozy surveille la jeunesse comme le lait sur le feu. Déjà les manifestations étudiantes d’Athènes avaient eu raison de la forme olympique du Président et après quelques semaines de protestations la réforme des lycées concoctée par Darcos sur ordre présidentiel était passée par-dessus-bord, le ministre de l’Education étant perdu pour la cause.

Un peu plus tard, nul n’avait prêté beaucoup d’attention à la nomination de Hirsh comme super-commissaire à la jeunesse. C’était une erreur. Aujourd’hui Sarkozy dispose avec Martin Hirsh d’un ministre qui mouille sa chemise et qui « s’y croit ». La jeunesse n’est pas sacrifiée ne cesse de répéter, souvent dans le désert, notre commissaire qui, à chaque fois que l’opportunité se présente à lui, n’hésite pas à bomber le torse. Il est même monté, devant le Grand Jury RTL-LCI, au créneau pour contrer Christine Lagarde la gardienne du temple en disant que « d’habitude on endette la France et on demande aux jeunes d’éponger. Là, ce sera l’inverse ».

Darcos et sa réforme out ! Hirsh en première ligne. Sarkozy pétoche et tente donc de multiplier les signes pour calmer une jeunesse scolarisée qui demeure remuante et potentiellement mobilisée. A cet égard, le mouvement des universitaires et chercheurs est lui aussi un des détonateurs que le Président cherche à mettre sous observation tant son potentiel calorifuge est jugé important. Sarkozy est donc sur le point de repartir dans son travers habituel, la bougeotte. C’est le sens de sa nouvelle opération de drague de l’électorat populaire, c’est peut-être aussi l’explication de ces rumeurs qui suintent à propos d’un remaniement gouvernemental dès le lendemain des élections européennes. Remuscler politiquement son gouvernement est une nécessité pour Nicolas Sarkozy ce d’autant qu’à force de l’utiliser comme un paillasson force est de constater que l’équipe de Fillon est de plus en plus indécrottable. C’est ainsi que l’on parle du retour des Juppé et Seguin. Des signes qui devraient de toute façon aller droit au cœur des jeunes qui sont légion parmi les 80000 chômeurs supplémentaires comptabilisés en février.

Lyon, le 26 mars 2009.

Photo:DR

14/03/2009

L'Apocalypse selon Maffesoli

maffesoli.jpgLe Président Sarkozy l’a dit. Nous sommes au milieu d’une crise dont nul ne sait quand elle pourrait s’achever. Vous avez donc un bon bout de temps pour réfléchir à ce propos qui mériterait de figurer dans les « brèves de comptoir ».

En attendant, sans vouloir nécessairement trouver une réponse à l’énigme présidentielle, je vous conseille une lecture utile. Celle de la brochure de Michel Maffesoli intitulée « Apocalypse » et écrite, est-ce un signe, la nuit du 4 août 2008. Cette petite cinquantaine de pages titille neurones et estomac. Maffesoli attaque d’entrée en nous disant que nous sommes « au seuil d’une ère nouvelle » et qu’il « est vain de vouloir rafistoler les idéologies élaborées au XVIII et XIX siècles, et dont nous fûmes, dans tous les sens du terme, irradiées. Oui, il faut bousculer les idées rancies, rejeter les analyses apprêtées et quelque peu maussades ». En bref, se « dessiller les yeux ».

S’interrogeant, entre autre sur le terme crise et « la grande confusion des esprits », Michel Maffesoli nous le dit tout net dès la page quinze, « l’époque attend sa propre apocalypse ». Après quelques propos sur le culte du présent et une savoureuse dégression sur le design et les objets, le philosophe nous dit que « l’époque a changé de peau » et après un bref passage du côté de chez Marx et du « mythe du progrès », c’est vers les tribus postmodernes qui n’ont « en général, que faire de la primauté du politique » que l’on nous entraîne. Quant aux professeurs et aux élites, notamment celles qui se cachent « derrière leurs barbes de trois jours », Maffesoli les considère comme des voyous.

Vous l’avez compris ce petit bouquin est hygiénique. Il fait du bien car il fait un peu mal là ou cela passe et même si je dois admettre qu’une seconde lecture appliquée s’impose à moi, je voulais vous en conseiller la fréquentation.

  • Michel Maffesoli, « Apocalypse », éditions du CNRS, 2009 – 4 euros

Lyon, le 14 mars 2009

 

03/03/2009

Réactionnaire

balladur2.jpgUne fois n’est pas coutume mais je vais aujourd’hui mettre mes pas dans ceux de Jean-Yves Sécheresse et dire tout haut ce que beaucoup (et peut-être lui- même) pensent tout bas : sur le projet de réforme Balladur, le PS et la gauche dans son ensemble campe sur une attitude réactionnaire au sens littéral du terme.

C’est à dire qu’elle refuse tout mouvement avant même de l’étudier. Le document préparé par la commission n’est pas encore remis à Sarkozy, dont on ne sait encore pas ce qu’il va en faire et avec lui on peut s’attendre à tout, mais déjà les leaders socialistes nationaux et locaux, pour le coup réunis, tirent à boulets rouges. Fabius, qui sur Canal+ y va de sa musique envers un Balladur, brave et honnête homme qui n’aurait pas vu venir le jeu masqué de Sarko prenant prétexte de la simplification administrative pour changer les règles du scrutin. Et d’expliquer avec une part de mauvaise foi comment de deux régions de Normandie à gauche on en fera une seule à droite. Tout ça parce que pour l’ancien premier ministre les électeurs des cantons sont de droite et ceux des régions de gauche. Quelle tristesse.

On ne fait pas mieux chez nous où les présidents de Rhône-Alpes et d’Auvergne ne veulent rien toucher de leurs frontières comme si la question était de savoir si Clermont est plus tournée vers Toulouse ou de nous convaincre aujourd’hui qu’en Haute Savoie ou dans le Pays de Gex on se sent totalement rhône-alpin. Comme l’écrit sur ce sujet Guy Mathiolon, président de la chambre de commerce de Lyon, « dans l’absolu, la fusion est utile s’il y a un projet ». Et c’est bien là le problème, ce tir de barrage de la gauche s’effectue à priori sans analyses détaillées et surtout sans propositions alternatives ce qui accrédite l’idée que tout va pour le mieux dans la jungle administrative de notre pays. D’autant qu’en jetant ainsi le bébé avec l’eau du bain on évacue la question de la mise en place de grandes agglomérations dont on sait à Lyon qu’elles sont indispensables pour avancer avec notre temps.

Mais ce qui m’est peut-être le plus insupportable est que cette réforme, si elle est amorcée un jour, n’est prévue qu’à l’horizon 2014 ce qui veut dire que les élections cantonales et régionales auront lieu sur le mode de scrutin actuel, que d’ici là on aura eu une élection présidentielle. Bref que les électeurs auront été informés et sollicités plusieurs fois avant que quelque chose ne change. Mais non on fait comme si tout allait arriver demain. 2014, cela veut aussi dire que les actuels titulaires des postes en cause au département, à la région ou dans les grandes villes auront allégrement passé les 70 ans et qu’il est donc temps qu’ils laissent la parole à celles et ceux qui auront à gérer cette échéance.Car la question centrale est bien de savoir si la France a besoin de simplifier son système institutionnel et à cela tout le monde répond oui.

Alors puisqu’il faut commencer par un bout que le PS apprécie ce qu’offre ce projet de réforme et le travaille pour le faire évoluer sinon il ne sera pas crédible ni devant l’opinion, ni devant l’histoire.

Philippe Dibilio

Lyon, le 3 mars 2009

 

06:38 Publié dans Philippe Dibilio | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : balladur, sarkozy, fabius, guy mathiolon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/02/2009

Le dernier des mohicans ?

debord.jpgC’est peut-être, après tout ce qui restera de « l’œuvre » de notre actuelle Ministre de la culture. Christine Albanel vient d’interdire, par un arrêté du 29 janvier et publié récemment au journal officiel, l’exportation des archives de Guy Debord qui étaient convoitées par l’Université de Yale et plus précisément son Centre de Recherche sur les avant-gardes.

Il faut dire qu’outre atlantique on est presque raide-dingue de tout ce qui concerne Debord. Quinze ans après la disparition du Fondateur de l’Internationale Situationniste, tout ce que les states comptent d’Universitaires arty et branchouilles se pament, on se demande en vérité pourquoi. D’ailleurs, à contrario, il suffit de lire Maurice G. Dantec le seul écrivain français néo-catholique, néo-canadien, sioniste et réac assumé et sa prose anti post-hippie-gaucho, pour mesurer, tant sa haine à l’égard de Debord est sans limite, l’audience importante de l’intellectuel et Situationniste Français en Amérique du Nord.

C’est donc Racine, Bruno et non Jean, le patron de la Bibliothèque Nationale de France, qui est à l’origine de cette décision ministérielle. Il faut probablement l’en remercier mais surtout le féliciter pour cette victoire pas si évidente que cela sous Sarkozy 1er.

A propos de Sarkozy, imaginons une seconde qu’un journaliste l’interpelle à l’occasion d’un banal déplacement présidentiel. « Monsieur le Président, Monsieur le Président, SVP » dirait l’un au second. « Monsieur Le Président, comment réagissez-vous au classement des archives de Guy Debord par votre Ministre Christine Albanel » clamerait dans le brouhaha de la foule le premier à l’autre. « Euh ! » répondrait le Président tout en continuant à serrer quelques-mains. « Monsieur le Président, Christine Albanel vient d’interdire l’exportation des archives du fondateur du situationnisme. Quel est votre sentiment ? » reprendrait le journaliste en tendant son micro. « Euh !...c’est bien ! » rétorquerait un Sarkozy tout la fois ennuyé et donc irrité. « Monsieur le Président, vous pourriez nous en dire plus » et là, tout de go, notre Président enchainerait avec un « Casse-toi pauv’con » qui retentirait face à la cohorte des caméras rassemblées pour le déplacement Elyséen.

Tout ça pour vous dire que le dernier situationniste du pays est peut-être après tout notre Président. C’est d’autant plus impressionnant qu’il est peut-être un des seuls à ne pas savoir qui est Guy Debord. Trop fort !

Lyon, le 26 février 2009

photo:DR

 
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