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10/09/2009

Chasseurs français

burqa1.jpg?w=171&h=222Alors qu’en août nous nous prélassions, le ministère de l’intérieur travaillait, pas seulement au charcutage de la carte électorale, il œuvrait pour comptabiliser les burqas.

Rappelez-vous, en juillet, dans une note de la direction de la police, on dénombrait dans le pays 367 femmes portant la burqa. Aujourd’hui, dans une note tout aussi confidentielle de la direction de l’information générale du même ministère, on découvre que le chiffre de 2000 est désormais le bon.

Le nouveau total semble satisfaire André Gerin, le député communiste de Vénissieux, initiateur de la croisade et membre de la mission parlementaire présidée par l’UMP Raoult. Gerin en rajoute même en indiquant que le chiffre de 367 jadis avancé était totalement « absurde » dans la mesure, je cite « on en compte plus dans la seule agglomération lyonnaise ».

De tels chiffres qui semblent pleinement satisfaire André Gerin devraient également donner « du peps » aux autres chasseurs de burqas pour l’essentiel membres de l’UMP. En vérité, la chose n’est pas si évidente puisque les coups de mentons ne suffisent plus et, de Copé à Raoult, on commence à se gratter la tête. Copé, qui par exemple pousse à une loi anti-burqa s’interroge sur la possibilité d’établir une période de transition pour que, nous dit le patron des députés UMP, « l’interdit ne tombe pas comme une sanction » (sic !)

Raoult, quant à lui, au nom du sens pratique, commence à percevoir les limites de l’agitation. « Nous n’allons pas créer » nous dit le chef des chasseurs, « une police de la burqa ». Seule Fadela Amara, qui décidemment bien en peine dans le dossier des banlieues trouve là l’occasion d’exister, envisage, sans rire, d’interdire la burqa dans les services publics, les mairies, les transports et, écoutez bien, les écoles…

La plupart des associations et des religieux musulmans, même s’ils sont opposés au port de la burqa, devraient d’ici quelques temps trouver la plaisanterie de nos chasseurs agités un peu longue. Il serait donc temps que Raoult et Gerin prennent conscience que leur ramdam a assez duré quitte à inviter le député de Vénissieux à continuer de compter les burqas dans la région lyonnaise avec le risque, parce que sa croisade intempestive peut donner des idées à certaines, de dénombrer d’ici quelques temps un bon millier d’adeptes trop contentes de lui faire la nique.

Lyon, le 10 septembre 2009.

Photo: DR.

08/09/2009

Taxés

pollution.jpgQu’on se le dise, la nouvelle pensée unique est verte, couleur il est vrai devenue très « tendance » dans le monde politique. Pensée unique donc, car celui qui ne partage pas le dogme de la taxe carbone même en son for intérieur, est renvoyé au rang d’ignare voire de dangereux théoricien de la destruction de la Planète. Il a suffi que Ségolène ose dire que cette taxe, telle que proposée alors, soit injuste pour qu’elle subisse des assauts de toute part et aurait en d’autres temps risquée le bûcher. Et pourtant il est évident qu’une taxe généralisée frappe toujours les revenus les plus faibles. D’ailleurs celui qui a pondu ce projet est un récidiviste puisque Michel Rocard, c’est bien de lui dont il s’agît, nous a déjà gratifié de la CSG. Qu’importe donc si les émissions de CO2 se répartissent en 30% pour les transports, 30% pour les logements et 40% pour l’industrie la charge sera la même pour tous. Car bien sûr cette taxe est indispensable au nom d’un principe applaudi tant à gauche qu’à droite : il faut frapper au porte monnaie de chacun pour modifier les habitudes et les comportements en terme de pollution. Et qui n’a pas compris ça n’a rien compris à la vie. Il serait donc vain de contredire cette affirmation et je ne m’y risquerait pas de peur de déclencher les foudres des sachants. Je me hasarderais seulement à faire remarquer que malgré des augmentations pharamineuses, et la prochaine nous attend au premier octobre, la consommation de tabac a encore augmenté cette année. Mais ce doit être la fameuse exception qui confirme la règle. Sur le sujet de la taxe carbone en tout cas écologistes et gouvernement ne veulent voir qu’une seule tête et n’entendre qu’une seule voix. Si Ségolène, encore elle, évoque d’autres pistes comme, entre autre, le lancement d’une politique de fabrication de la voiture électrique l’icône de l’écologie, Nicolas Hulot, la renvoie dans ses cordes en affirmant que ce n’est pas ainsi qu’on réglera le problème ; ce qu’elle n’a pas dit mais qu’importe. Quand Martine Aubry demande que l’on travaille sur une version plus équilibrée c’est Fillon qui la propulse dans le camp des cancres qui ne comprennent en rien l’état du monde. Et si l’on lâche l’hypothèse selon laquelle le revenu de cette taxe pourrait servir à équilibrer le budget de l’Etat on devient carrément malhonnête. Bref un seul verdict s’impose : que les français soit taxés puisqu’on nous le dit c’est la seule méthode pour qu’ils comprennent quelque chose.

Philippe Dibilio

Photo: DR

04/09/2009

Carbonisable ?

cecile-duflot.jpgA voir son comportement, sa façon de ne pas manquer d’air, sa manière de toiser la gauche, je reste expectatif quant à Cécile Duflot, la chef des Verts. Parfois je me dis que comme certains enfants de bonne famille Cécile Duflot s’efforce de multiplier les mauvaises manières qu’elle aurait tant aimé avoir dans son adolescence. Hier à sa sortie de l’Elysée, suite à son rendez-vous avec Sarkozy, elle continuait de surjouer. Son cocktail, deux doigts de suffisance, trois volumes de langue de bois, un zeste de certitude fait l’affaire de bien du monde. Pour l’instant les Verts, la presse, Sarkozy semblent apprécier la marche estivale de celle qui vient de s’auto-proclamer tête de liste en Ile-de-France. Dont acte !

Son conseiller spécial, le bien nommé Placé, mise gagnant sur sa protégée au point, pour justifier le manque de notoriété de Cécile Duflot, de lancer, « Qui connaissait Valérie Pécresse il y a encore deux ans ? » Manifestement l’entourage de Duflot préconise à sa championne de continuer à défiler, menton en avant, devant une gauche estomaquée, aux cris de « Le projet, rien que le projet », la taxe carbone en bandoulière.

A ce train là, la chef des Verts, qui se targue « d’être la seule à avouer du fond, rien que du fond », devrait se résoudre à danser un tango des familles avec le seul Sarkozy sous les yeux de ce monsieur Placé tenant la bougie. Mieux vaut que l’un et l’autre s’y préparent, je pense bien entendu à nos deux écolos, Sarkozy quant à lui ne pouvant tirer que profit de la situation.

Lyon, le 4 septembre 2009.

Photo: DR

01/09/2009

Primaire

Organiser des « primaires » l’idée nous vient d’un »think tank » Terra Nova en l’occurrence et le « think tank » semble  être la formule magique découverte par la gauche qui se veut moderne mais est surtout un brin bobo-caviar pour s’approprier la pensée et laisser au militant le soin de coller des affiches, arpenter les montées d’escalier et se faire engueuler par les électeurs. La formule magique nous viendrait des USA labellisée par le succès de Barak Obama. Seulement voilà l’Amérique a son histoire et nous la notre et la démocratie américaine n’a jamais réussi à s’imposer ailleurs, ni par la force des baïonnettes, voir l’Irak, ni par les fonds dispensés, voir le plan Marshall. Et puis aux Etats Unis, Etat continent s’il en est, les primaires se déroulent dans chacun des deux camps et les « petits » partis en sont exclus.

Alors si les primaires consistent à faire désigner le candidat socialiste de 2012 par les adhérents et au-delà les sympathisants socialistes qui se déclareront comme tel, pourquoi pas ? ce serait sans doute une belle ouverture démocratique et un excellent baromètre. Mais il ne faut pas négliger le chantier que cela représente et il faudra un certain doigté pour que ce temps là ne se déroule pas au détriment de la vie politique du moment. Mais pour nos penseurs les primaires sont « ouvertes » à toute la gauche et même à tous les opposants à Sarkozy, Modem compris. Comme si l’on pouvait créer le bi-partisme en France par le biais magique de « primaires ». Or la démocratie française a aussi son histoire plus ancienne que celle de states, même si ce n’est pas un argument, et l’on effacera pas les sensibilités de ce pays par le  biais d’une idée, forcement géniale, de la rive gauche parisienne.

Des « primaires « de ce type serait sans aucun doute un merveilleux cadeau à Nicolas Sarkozy. Quelle cacophonie, en effet, que de vouloir faire choisir des opposants plus ou moins bien identifiés entre la pléiade de candidats socialistes, celui des verts, du PCF ou encore entre Melenchon, J.M Baylet ou François Bayrou. D’autant que ce dernier n’a rien à faire dans une opération où il jouerait sur un coup de dès sa chance d’être présent au second tour. Et ce tour de chauffe mobiliserait toute l’opposition dans une action intériorisée qui laisserait des semaines durant la champ libre à Sarko. Lequel d’ailleurs ne se priverait pas de vanter l’unité de sa majorité fermant ainsi la porte à toute candidature alternative à la sienne à droite.

Non, décidément, les « primaires ouvertes » sont la vrai fausse bonne idée qui ne pouvait sortir que de quelques crânes d’œuf toujours réfractaires au bon sens. Dans l’histoire de la démocratie française les « primaires » s’effectuent lors du premier tour d’une élection où, selon le bon sens populaire, on choisit alors qu’au deuxième on élimine. C’est peut-être primaire mais il serait sage d’en rester là.

Philippe Dibilio

31/08/2009

Equations

Cet été 2009, n’a pas été plus palpitant que ses prédécesseurs mais ce mois d’août finissant mérite tout de même un rapide aller-retour.

Retour tout d’abord vers le Maroc et la popularité de Mohamed VI avec un sondage réalisé par l’hebdomadaire « Tel Quel » avec le soutien du Monde. Dès sa sortie, avant publication, l’hebdomadaire marocain auteur de la coupable enquête d’opinion a été mis au pilon par les autorités sans passer par la case justice. La raison est des plus simples : « La monarchie ne peut-être mise en équation ».

Pourtant cette première enquête historique n’était pas, loin s’en faut défavorable au souverain, le sondage du CSA ne mettant qu’un seul point négatif en évidence, le roi étant jugé par près de 50% des Marocains trop disposé à donner des droits aux femmes.

Pendant ce temps notre président se reposait comme un bien heureux suite à son malaise vagal. Bilan des opérations, selon le même CSA, 53% des Français indiquaient qu’ils étaient désormais satisfaits alors qu’ils n’étaient que 41% en mai dernier. J’enrage que pas une moindre seconde, Nicolas Sarkozy, l’homme qui adore sa mise en équation, n’a songé faire détruire les exemplaires de VSD.

Autre continent, autre sondage, celui là concernait, toujours début août, Barack Obama et a probablement fait grand plaisir à notre président car le nouveau président américain connaît un tassement de son indice de popularité.

Mohamed VI qui n’en veut pas, Sarkozy qui en redemande, Obama pris à son propre piège, en ce mois d’août au Maroc, en France et aux Etats-Unis, seules les opinions semblent avoir bossé cet été.

Toujours au registre des sondages, 78% des Français estiment que la France est bien préparée face à l’épidémie de grippe et  60%  trouvent que la mobilisation gouvernementale est adéquate. Tout va donc au mieux et si les Français avaient une bonne opinion du Parti Socialiste et de sa première secrétaire cela serait parfait.

En attendant les autres équations qui vont nous être proposées dans la semaine, terminons cette fin du mois d’août par une triste note. Suu kyi est toujours entre les mains de ses geôliers birmans, Thierry Jonquet s’en est allé et Willy De Ville doit être en ce moment à la recherche d’Edith Piaf, là haut au paradis.

Lyon, le 31 août 2009. 

19/08/2009

R comme « Remuer »

1827014920.jpgRassurez-vous, je ne vais pas vous entretenir jogging, gym ou sports extrêmes voyez ce qui est arrivé au Président de la République. Une fois n’est pas coutume, parlons cuisine, parlons risotto. Ce plat parmi les plus simples, fait souvent peur. Par ailleurs il devient relativement rare dans les restaurants que l’on peut fréquenter, si ce n’est au quotidien, au moins de temps à autre.

Il fût un temps ou il arrivait, ici à Lyon, que « Les Muses » (Opéra de Lyon) se risquaient dans cette aventure en proposant un risotto généreusement accompagné de quelques calamars bien venus. C’est désormais de l’histoire ancienne. « L’Ouest » comme « Le Nord » y allaient également du leur agrémenté de Saint-Jacques mais aujourd’hui les gambas ont repris le pouvoir et ce à un prix presque prohibitif. Passons à l’essentiel.

C’est donc à la maison que l’on peut déguster un risotto, celui qui nous convient, sachant que l’inspiration tempérée par nos moyens permet de voir les choses avec simplicité puisque des légumes de saison permettront d’élaborer un plat familial qui doit savoir ne pas trop se la jouer.

La première opération, peut-être celle qui demande le plus d’effort et qui exige de ne pas trop se montrer radin, consiste à se procurer le riz qui convient. Arborio, dont le grain demeure solide ou Carnaroli, riche en gluten, font l’affaire. Le truc avec le risotto c’est qu’une fois que lardons, oignons ou tout autre ingrédient sont correctement revenus il est nécessaire de prendre sa respiration, de se concentrer et de ne plus penser qu’à ça. Il faut donc se lâcher, c'est-à-dire ajouter le riz jusqu’à ce qu’il devienne translucide. C’est en général à ce stade que l’avenir de notre risotto se joue et notre crédibilité avec. Une fois le riz dans la casserole pas question donc d’aller prendre l’apéro, de téléphoner ou d’entamer la lecture de l’Equipe. Il faut remuer. Sans cesse remuer et remuer encore, car tel est le secret d’un bon risotto. On déglace au blanc sec. On remue. On ajoute le bouillon après évaporation du vin, on remue encore. On rajoute à nouveau du bouillon, on remue et c’est au bout d’une petite quinzaine de minutes que l’on rajoute nos pois, fèves ou asperges, en mouillant et en remuant. Maintenant l’essentiel est fait. Retiré du feu, le riz est enfin dispo pour accueillir dans la joie son parmesan pour enfin se reposer. Avant de passer à table on offre à notre risotto quelques copeaux de parmesan découpés à l’économe. Il faut se remuer pour se régaler.

Hautes Pyrénées, le 19 août 2009.

16/08/2009

Q comme « Quadras »

690368916.jpg

D’ici quelques jours, courants, clubs, côteries, écuries nichées au sein du PS vont se réunir avant de converger, fin août, vers la traditionnelle rentrée Universitaire de La Rochelle. Sous l’autorité de la Rectrice désormais tournée vers son unique tâche, « changer de cap », l’Université des socialistes va faire l’actualité. Plus exactement ce sont les fameux « quadras » qui seront au centre de l’agitation, Manuel Valls ayant vocation à en être le héro après le remontage de bretelles de Juillet. Il faut dire que la ridicule lettre de remontrance expédiée par Martine Aubry sera désormais portée par Valls comme une véritable médaille. De quoi d’ailleurs irriter un autre quadra, l’ex enfant terrible démonétisé, Arnaud Montebourg qui, après avoir soutenu Aubry lors du Congrès de Reims, révise ses gammes pour nous rejouer sa petite musique. Valls, Montebourg, Peillon, le troisième de ces quadras, sur le point de phosphorer à l’ombre des pins parasols de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, surveillera les deux autres comme le lait sur le feu mais sur un mode moins agité. Le quatrième, Benoit Hamon est probablement parmi ces quatre celui qui ne manque pas d’air. Rappelez-vous, il n’avait trouvé rien d’autre à déclarer, suite à la lettre d’Aubry au pétillant Valls que « parfois Manuel, lui aussi, a franchi la ligne jaune », un comble de la part d’un socialiste qui avait, contre le point de vue majoritaire de son Parti, voté « Non » au référendum européen.

Valls aux portes du conseil de discipline, Montebourg en jeune révolté, Peillon dont les postures sont plus variables que géométriques, Hamon en donneur de leçons, permettez-moi d’exprimer quelques réserves sur ces médiatiques quadras qui, au gré des vents, semblent avant tout préoccupés par la gestion de ce qui peut porter leur destin personnel.

Vous me direz que, à considérer l’impunité réservée aux anciens, on ne peut qu’être indulgent à l’égard du bouillant Maire d’Evry sachant que Martine Aubry ne semble pas avoir les mêmes exigences à l’encontre de quelques hiérarques décatis. C’est ainsi que Jack Lang, émissaire de Sarkozy à Cuba ou Rocard représentant du Président auprès des pingouins polaires semblent bénéficier de la mansuétude de la pionne socialiste.

Il est vraiment temps de préparer un saut de génération et d’inviter les trentenaires à monter en première ligne, après tout, aller à l’Université c’est encore de leur âge.

Lyon, le 16 août 2009.

13/08/2009

P comme « Pierre (l’abbé) »

P 1.jpgCe mois-ci, le Lyonnais de naissance Pierre Grouès aurait 97 ans.

Comme beaucoup, j’aimais bien l’abbé – le fondateur d’Emmaüs, pas l’ami de Garaudy - et si j’en parle aujourd’hui, c’est à cause de la peinture d’Ève Clair, une artiste parisienne du collectif Electron Libre du « squart » de Rivoli. Parmi les nombreux portraits de personnages célèbres qu’elle a réalisés - Michel Onfray au manteau noir, le trio infernal Villepin-Chirac-Sarkozy aux regards qui en disent plus long que leurs discours, les trop nombreux mais réussis Sarkozy, Wim Wenders, Télhonious Monk, Lutter Allison ou Eminem pour n’en citer que quelques-uns – il y a ceux de l’abbé Pierre. Des portraits vifs, colorés, francs.

Au passage, pardon pour la parenthèse due au fait que les portraits de Sarkozy m’ont saturé, je me demande quand arrivera l’abbé Pierre qui saura pousser sa gueulante et mobiliser les Français avant que le PS ne disparaisse dans l’indifférence générale un grand hiver ou bien avant. Sœur Martine devrait s’inspirer des méthodes de l’abbé : les compagnons d’Emmaüs ont retrouvé une dignité en recyclant et avec les promesses non tenues de l’omni président, il y aurait de quoi faire. Une fondation « Soeur Martine » ou quelque chose du genre « Les compagnes d’Epinay », ça aurait de l’allure. Parenthèse refermée.

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Allez plutôt sur le site d’Ève Claire (http://eve.clair.free.fr), dans son atelier lors d’un séjour parisien ou voir l’une de ses prochaines expositions. Ses œuvres abstraites elles aussi valent le détour.

Jean-Paul Schmitt

08/07/2009

F.Mitterrand

tu quoque.jpgLe Figaro en a fait des tonnes pour présenter celui qui devrait être le Malraux du XXIe siècle, Frédéric Mitterrand. Qu’on en juge : «  Passionné d’opéra et de cinéma, lecteur de Proust et de Julien Green, érudit à la culture classique mais curieux d’art contemporain, le nouveau ministre de la culture affiche des goûts de gentilhomme d’aujourd’hui ».

De quoi appeler Jack au secours, fut-ce en bêlant. Comment ne pas se réjouir d’un avènement aussi divinement annoncé ?

Tout le monde fréquente peu ou prou les salles obscures, même si tous n’aiment pas l’opéra. On ne saurait d’ailleurs trop conseiller à ceux que le bel canto rebutent d’aller voir le Didon et Enée de Purcell dont la mise en scène par la chorégraphe allemande Sasha Waltz vient d’émerveiller les Nuits de Fourvière. Et puis, « lecteur de Proust », cela marque son homme. Tout le monde connaît l’auteur. Même ceux qui ne l’ont jamais lu - ou qui redoutent de le lire, trop habitués au style actuel à phrases courtes - connaissent sa madeleine. Et tant pis pour les bêtises s’ils confondent Combray et Cambrai.

Entendez que Frédéric n’est pas seulement un « érudit à la culture classique », mais qu’il est aussi un homme de culture complet car « curieux d’art contemporain ». Voyez comme tout cela est équilibré. Comme cela sonne bien. Comme cela convient à tous les goûts, fussent-ils ceux d’un « gentilhomme d’aujourd’hui ». Admirez au passage la formule qui suggère l’illustre ascendance – on n’est gentilhomme que de noblesse - et qui, tout en faisant référence au goût littéraire raffiné de l’oncle, rappelle les qualités de celui qui fut le seul Président de la République socialiste qu’un grand nombre de Français ont connu.

Tout, dans ces quelques mots du quotidien qui en rajoute dans l’éloge flatteur, est là pour nous convaincre avant l’heure de l’excellence du choix de Sa Majesté ; choix éclairé, paraît-il, par le chant murmuré de sa compagne. Quant à l’impétrant, force nous est de lui reconnaître une certaine connaissance du sujet.

En accrochant à son générique l’illustre patronyme, le Prince qui nous gouverne s’est montré une fois de plus un bon metteur en scène. Un patronyme qui risque cependant d’être prononcé « Mittrand » par ceux qui détestent le neveu sans attendre de le juger à ses actes.

Le nouveau ministre de la culture a déclaré à Paris-Match – vous savez : le poids des mots etc… - qu'il n'a «pas trahi la mémoire» de son oncle. On le croit d’autant plus volontiers que ses premiers courriers arrivés dans le monde de la culture sont signés F.Mitterrand… Il y aurait eu paraît-il des rires et des sourires dans le microcosme.

À tort certainement, s’il faut en croire la confidence faite à Paris-Match : « Je suis quelqu’un de modeste, plein d’humilité ». Bonne chance f.Mitterrand ! La culture en a besoin, mais gare, le monde politique est âpre.

Et comme disait Tonton : « Dans la vie politique, on ne se fait pas, on ne se crée pas de véritables amitiés. On a quelques bons compagnons »…

Jean-Paul Schmitt.

06/07/2009

Territoires

carte de frannce.jpgAlors que les collectivités locales assurent, par leurs investissements, une aide précieuse à une économie nationale en mauvaise posture, alors qu’elles maintiennent les services publics de proximité et l’essentiel du lien social, alors que communes et communautés urbaines gèrent à l’équilibre leurs budgets et que leur endettement, contrairement à celui de l’Etat, est contenu, nous allons assister d’ici peu à la première offensive de Sarkozy à l’encontre de ces mêmes collectivités locales.

Chacun constatera ainsi, une fois de plus que le Président ne manque pas d’air. Après avoir donné des leçons au monde entier, c’est donc aux Maires et aux Présidents des collectivités territoriales que Nicolas Sarkozy va accorder bons et surtouts mauvais points.

Il va même prendre à témoin les Français en leur expliquant que les élus locaux poussent directement le pays dans le mur. C’est le fidèle Hortefeux, lui qui n’a jamais géré la moindre collectivité locale, qui sera en charge d’une réforme destinée avant tout, par l’émergence de ces fameux nouveaux conseillers territoriaux, à faire reprendre du poil de la bête à la droite dans nos régions.

A ceux, bien naïfs, qui imaginaient parce que le pays en a besoin, à partir du Rapport Balladur, qu’un large débat allait être noué pour réformer en profondeur l’architecture territoriale du pays, le réveil risque d’être difficile. Il parait que le Président à changé. Plaisanterie. En s’attaquant sous peu aux territoires, Sarkozy ne fait que poursuivre son œuvre. Loin de lui l’idée de marcher et de hisser encore plus haut nos collectivités dans un monde de plus en plus compétitif. Loin de lui la volonté de résoudre les problèmes engendrés par ces fameux mille-feuilles qui rendent difficile la gestion des territoires. Il faut que chacun se rende à l’évidence. La pensée de Sarkozy se résume à des arrières pensées. Assurer à la droite la reconquête de nos institutions locales en utilisant, comme à l’habitude, le charcutage mais aussi s’efforcer, afin que les collectivités serrent la ceinture, de tripatouiller la fiscalité locale.

Depuis quelques temps on commence à voir fleurir dans certaines pages de la presse les premiers articles qui tendent, à coup de populisme le plus médiocre, d’accréditer l’idée que les collectivités vivent au dessus de leurs moyens, que leurs élus mènent grand train et que la gabegie règne en maître. En aboyant ainsi on prépare bien entendu le terrain car dans cette affaire il est nécessaire pour le pouvoir de convaincre des Français qu’un régime minceur doit être administré à l’instar de ce qui est entrain de se faire avec l’Etat. On devine la suite ….

Lyon, le 6 juillet 2009

01/07/2009

Mémoires d’outre-mer

JégoDomota.jpgSi l’on en croit les conseillers de l’ex-ministre si fidèle, ça balance sec au lendemain du remaniement ministériel qui a vu, entre autres, le renvoi d’Yves Jégo. Parmi les proches d’icelui, il en est un qui se serait même lâché fort peu courtoisement en déclarant « Ils ont préféré les réseaux de la vieille Lucette [la vieille en question est la Sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry, mère de Marie-Luce Penchard, la remplaçante de Jégo]… ». Tout en rajoutant « C’est un peu comme la Françafrique… ». Il y a de la bile dans les postillons.

Yves Jégo serait, dit-on, furieux d’avoir été éjecté et menacerait d’user de sa « liberté retrouvée ». Bigre ! On en tremble dans les chaumières et, certainement, à L’Élysée. Il l’avait oubliée sa chère liberté, et d’une façon fort courtisane, lors de son retour en métropole, rappelé par François Fillon au beau milieu des négociations qu’il menait alors dans les départements d’Outre-mer. Il paraît aussi que les patrons békés martiniquais lui en veulent d’avoir trop cédé aux grévistes. Par décision du monarque, une Ultramarine accède au poste de ministre en charge de son territoire. À quelles sirènes cédera-t-elle ? De ses engagements, on ne connaît guère qu’une obscure fonction de conseillère technique du Prince, une très grande discrétion sur les évènements de début d’année aux Antilles et une candidature malheureuse aux dernières élections européennes.

Si l’on peut reconnaître à Yves Jégo des qualités d’écoute, on ne va pas pleurer pour autant sur son sort. Son dépit prêterait même à sourire si la situation dans les départements d’outre-mer n’appelait pas à la gravité. Nicolas Sarkozy vient d’y distiller quelques promesses qui resteront pour l’essentiel sans suite et quelques discours, drapé dans des habits dont on a l’impression qu’ils ne sont pas les siens. Cela ne changera probablement rien à la situation de nos concitoyens antillais et les états généraux de l’Outre-mer qui se déroulent en ce moment semblent être un grand masque posé sur ces départements et leurs habitants. À entendre nombre de témoignages sur place, le climat y est plutôt tendu.

En Guadeloupe, c’est plus que de la méfiance entre le LKP et les autres composantes en dialogue. À la Réunion, la question de la sur-rémunération des fonctionnaires est toujours aussi prégnante. L’évolution économique est de plus en plus préoccupante en Martinique et en Guyane.

Malgré les mesures décidées par le gouvernement – baisse du prix du carburant, des transports, de l’eau, du téléphone, augmentation de 200€ des bas salaires - on est toujours en rupture de stock sur les produits de première nécessité alors que le prix des autres produits, hors carburants, flambe et que, dans nombre d’entreprises, les 200€ des accords « Bino » (du nom du syndicaliste abattu) ne sont toujours pas appliqués. Ils le sont d’autant moins que la participation de l’État de 150€ pendant trois ans n’est toujours pas versée et que le décret promulgué par le ministère du travail n’oblige pas les entreprises à reprendre à leur charge l’intégralité des 200€, une fois la période de trois ans achevée. N’oublions pas que, dans tous ces départements, les taux de chômage continuent à être deux fois plus élevés qu’en métropole.

Mémoire d’Outre-mer… « Tous mes jours sont des adieux », comme l’écrivait Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe.

Jean-Paul Schmitt

29/06/2009

Quelque chose de Michaël

michael-jackson.jpgNouveau Ministre de la Culture, l’une des premières déclarations de Frédéric Mitterrand me laisse presque sans voix. Qu’à donc dit notre Frédo national ? « Nous avons tous un Michaël Jackson en nous ». Certains diront que cette parole est autant définitive qu’obscure mais pour tout vous dire je suis toujours expectatif à la lecture de ce propos néo-ministériel me demandant dans la foulée, même inscrit au plus profond de l’âme du neveu, ce que Mitterrand peut bien avoir en commun avec Bambi. Comme dirait l’autre, « ça ne nous regarde pas ».

S’il n’avait pas été nommé ministre, Mitterrand détenait alors avec ce pauvre Jackson matière à faire un de ces docus aux envolées lyriques surfaites ponctué par une mort tragique presque aussi féconde que celles de Lady Diana et Marilyn réunies. Pensez-donc, s’il n’avait pas été ministre, un de ces jours, Mitterrand nous aurait probablement concocté avec sa façon si « old school » une histoire revisitée de la trajectoire de la star venue de l’Indiana. L’histoire du petit Jacko élevé à la dure et devenu enfant prodige puis déchu. Il nous aurait raconté en bon racoleur cathodique les coups reçus, les souffrances, les médocs avalés, Peter Pan, le caisson, les attouchements, les frais d’avocats et le passage imprévu de la grande faucheuse.

En vérité, dans son malheur, la dernière chance de ce pauvre Michaël est, ascension ministérielle oblige, d’échapper aux péroraisons signées Frédo. Avec un peu de chance notre documentariste, quand Mick Jagger ira prendre rendez-vous avec le diable, ne sera plus ministre. Il pourra ainsi nous raconter l’existence d’un fils de prof de gym devenu star planétaire envoûtant les foules par son ambigüité fascinante. On a tous quelque chose de Mick Jagger...

Lyon, le 29 juin 2009.

Photo: DR

 

23/06/2009

Burqa ou niqab ?

Gérin.jpgLe député maire de Vénissieux, André Gérin, agite la chronique avec une soixantaine de députés de tous bords politiques. Ils demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la pratique du port de la burqa ou du niqab en vue de « définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ». On sait le communiste un brin provocateur. Ce n’est pas son coup d’essai, pourtant, il aborde-là une vraie question de société.

J’ai parfois des réactions primaires en amont de tout raisonnement. Par exemple, avant de songer aux révoltes adolescentes et au conformisme qui l’accompagne, je suis vite agacé par la tenue vestimentaire d’un gamin qui enfonce sa tête casquettée sous une capuche ample pour dissimuler son visage et me faire voir davantage ses pieds et ses Nike que son regard hardi ; je suis mal à l’aise devant un curé en soutane probablement parce que, sachant l’évolution qu’a voulu faire l’institution catholique (et il reste tant à faire), tout uniforme chrétien dans la rue m’est symbole d’intégrisme ; je suis naturellement révolté par les casseurs encagoulés de fin de manifestation….

Fi donc des réactions primaires. Raisonnons donc ensemble.

À entendre les avis contradictoires sur le sujet, il faut faire la part entre ceux et celles qui revendiquent l’usage de cet habillement au nom de la liberté individuelle et ceux et celles qui condamnent cette attitude au nom de l’égalité entre hommes et femmes.

Admettons qu’il existe des femmes portant par choix la burqa - le grillage comme seule transparence permise au regard - ou le niqab - le regard aperçu à travers la fente étroite du tissu. Combien sont-elles ? Heureusement les statistiques sur le sujet n’existent pas. Affirmation identitaire et/ou choix religieux ?

Prenons acte du fait que le choix soit celui d’une foi prêchée par un Islam importé qui leur demande de cacher leur féminité. Je sais que c’est difficile à accepter pour notre culture et pour notre histoire, somme toute récente, de combat pour l’égalité. À celles-ci, faisons entendre Malek Chebel qui vient de faire paraître chez Fayard une nouvelle traduction du Coran et un dictionnaire encyclopédique de l’Islam : « Mon Islam n’a pas besoin d’artifices, il est dans le cœur, pas dans les vêtements ».

Et puis enfin, quittons la thématique religieuse qui attise les conflits et examinons le problème du seul point de vue de trois concepts qui structurent notre notion républicaine de laïcité : le primat d’une même loi laïque pour tous, la non-aliénation de la personne et l’adhésion aux valeurs essentielles de la communauté des citoyens français. Aucun accommodement de pratiques culturelles et religieuses qui permettrait à chaque communauté – quelle qu’elle soit - d’appliquer son propre droit et de vivre selon ses propres valeurs en niant les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité n’est alors acceptable.

Oui, il y a choc de deux revendications de liberté : revendication individuelle et culturelle de celles qui veulent se voiler totalement si bon leur semble et revendication de liberté de la femme égale de l’homme. Mais ces deux revendications n’ont pas le même poids dans la balance de la liberté.

Celles qui revendiquent le droit de porter la burqa ou le niqab dans l’espace commun, aussi sincères soient-elles, utilisent un vêtement qui est, pour la collectivité où elles vivent et pour toutes celles qui sont obligées de se vêtir ainsi dans le monde, le symbole évident de l’aliénation de la femme.

Un sujet de réflexion à faire circuler sous le manteau, fut-il islamique….

Jean-Paul Schmitt

22/06/2009

Droit au but

DESCHAMPS_Didier_19990918_NF_R.jpgLa semaine qui s’annonce devrait être décisive pour l’Olympique de Marseille après le départ de Diouf de la Présidence du club. Dassier, l’homme de R.L. Dreyfus, de TF1 et de Sarkozy conditionne semble-t-il son accession à la tête du club à l’arrivée de son ami Jean-Pierre Bernès, l’homme de l’affaire VA-OM, l’agent du nouvel entraîneur Deschamps lui-même recruté par Diouf.

Le nouveau trio marseillais, Dassier-Bernès-Deschamps, s’est d’ailleurs rencontré dans un restaurant parisien pour consolider ce qui semble être un pacte. Reste à faire passer la pilule, en particulier aux supporters, qui, pourvu qu’on leur balance l’arrivée d’une star, ne devraient pas être trop à cheval quant à cet attelage. La star s’appelle Didier Drogba. Drogba est-il pour autant de retour à Marseille. Rien n’est moins certain. L’attaquant qui émarge à 7 millions d’euros par an est, comme son actuel club de Chelsea, plutôt gourmand, c’est un premier point et l’OM n’a manifestement pas les moyens de s’offrir à nouveau ce magnifique buteur. Mieux, quand il était agent de joueur, avant donc de prendre la présidence de l’OM, Pape Diouf détenait dans son portefeuille un certain ….. Didier Drogba. Bonjour l’ambiance.

A ceux qui annoncent donc, Drogba attaquant prochain de la formation phocéenne, Jean-Claude Dassier futur président du club, Jean-Pierre Bernès comme son bras droit et Didier Deschamps toujours entraîneur de l’O M, je dis, soyez prudents. Il est possible que d’ici quelques jours l’OM se retrouve avec l’inévitable Djibril Cissé sur les bras et ses 400 000 euros de salaire mensuel, sans président ni bras droit et un entraîneur seul, bien seul, qui heureusement pourra toujours compter sur le soutien de José Anigo.

Lyon, le 22 juin 2009.

Photo: DR

17/06/2009

La mercerie du Père Michel

Mercier.jpgMichel Mercier pourrait « donner une assise plus large encore à Nicolas Sarkozy » affirmait récemment Dominique Paillé, le porte-parole de l’UMP en vadrouille à Lyon. D’ailleurs « il apporte régulièrement les voix qui manquent à l’UMP pour être majoritaire dans cette assemblée [le Sénat] », rajoutait-il.

Certes, Michel Mercier a les épaules larges et de quoi bien remplir toute assise ministérielle suffisamment confortable proposée par Nicolas Sarkozy dans un souci d’ouverture bien compris. Les rumeurs – ces bruits qui transpirent avant d’avoir couru – sont allées bon train ces derniers temps. Et pas un train de sénateur. On le voyait à la Réforme Territoriale récemment, ensuite à l’Agriculture ou, si l’on en croit l’Express de la semaine passée, au Logement à la place de Christine boutée ailleurs.

L’homme connaît son terrain. Un terrain bien centriste, notamment celui de l’Ouest du département où l’on s’affirme sans étiquette pour taire une sympathie somme toute bien démocratique pour la politique qui conserve les choses en l’état et qui craint la nouveauté. Un terrain où l’on n’aime pas trop parler de politique. Où, dans le même temps, la solidarité et le bien vivre ensemble (parfois un peu trop entre soi) jouent plutôt bien. Sa solide silhouette lorsqu’elle arpente ce terrain cache bien la souplesse de son échine.

Sans y toucher, en l’intégrant au gouvernement, Nicolas Sarkozy fait la nique à la direction nationale du PS pour qui les territoires sentent par trop la province et le méthane. Il envisage donc d’acheter le fonds de commerce de Mercier. Le magasin pourrait en même temps lui servir de vitrine Modem. Car il y a de tout dans la mercerie rhodanienne du Père Michel. Même du Modem pas tout à fait Modem. Et il y a du choix si l’on en juge par quelques clients.

En 2008, Azouz Bégag venu chercher de quoi faire un patron pour une veste aux municipales et quelques ourlets façon Modem, est reparti les points dans ses poches. Dans le même mouvement, il a fourgué tout un lot de toile que l’on se ramasse à Geourjon.

Pour la couture dont il est un expert, il excelle à emmêler des fils de diverses nuances pâles - en camaïeux de bleu toujours - et il n’hésite jamais à une petite démonstration de son art. En témoigne l’une des dernières leçons du madré sur du Madras, le mois dernier. En fin de réunion de quartier dans son bourg, fuse la question qui tue « Quand allez-vous redevenir maire de Thizy ? » : le doigt habile et sans dé quittant la couture du pantalon, Michel a cousu d’un joli fil décoloré un « Il faut que je réfléchisse à comment répondre à votre question. Reposez- moi la dans un mois et demi ».

J’oubliais : la mercerie est aussi abondamment dotée de toile thermocollante double face dont il maîtrise toutes les techniques. Jusqu’aux étamines à fromage que les fabricants de Rigotte de Condrieu reconnaissants lui achètent désormais en quantité pour son intervention en faveur de l’inoubliable AOC.

Quant aux boutons, il ne les vend pas. Parfois, il en donne...

Jean-Paul Schmitt

 
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