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24/11/2009

L'Etat de la France

9782110684769FS.gifJe me suis abonné à Siné-Hebdo le jour où les biens pensants en tout genre ont décidé de faire un procès à ce vieil anar de Siné pour des propos qui sont des broutilles à côté de ceux d’Hortefeux. Je n’ai jamais aimé les gauchistes et les anars sauf mon ami Albert Agostino qui, en partant trop tôt (putain de tabac) nous prive de son Clairon et de son amitié rugueuse. ; Je pensais donc ne regarder que les dessins, parfois bons de ce nouvel hebdo. Et j’y découvre de l'information, y compris pertinente.

Ce fût le cas la semaine dernière lorsque dans un bref article ils sont revenu sur le discours de Sarkozy dans la Drôme où le président était à la relance sur le fameux débat sur l’identité nationale. « Débat foireux, tombé de nulle part, dont personne n’ignore qu’il s’agît d’une énorme bouse lancée à la face de la gauche molle et du Front National réunis dans une même tentation de tomber dans le piège à pieds joints » comme l’écrit l’auteur Olivier Marbot. Mais là n’est pas la pertinence, non, elle réside dans le fait de poser la question pourquoi Sarko relance ce débat ce jour là dans la Drôme où il devait parler d’agriculture. Et Siné-hebdo de nous donner la réponse.

Le lendemain, en effet, l’INSEE publiait le portrait social de la France, ce que devait commenter toutes les rédactions. Et que dit-il ce portrait ? Le taux de chômage a atteint 9,1% contre 7,1% début 2008 et celui des jeunes monte à 23,9% soit le taux le plus élevé depuis trente ans. Sans oublier les huit millions d’entre eux qui vivent au dessous du seuil de pauvreté. Pas bon pour Sarko tout ça. Mais de cela il n’y eut pas trace dans les média. Même pas le moindre communiqué d’un parti de gauche quelconque ce qui révèle combien ce terrain de la dure réalité populaire est abandonné par ceux qui ne cherchent une alternative à Sarko que dans des combinaisons politiciennes. Et les think tanks ont d’autres sujets plus nobles et plus sérieux à approfondir, cela va de soi.. Il eut pourtant été salutaire de dénoncer tant la situation faite à la jeune génération que la méthode marketing du « camarade » Sarko.

Philippe Dibilio.

18/11/2009

Les autruches du Rhône et le fils Poucet

Autruches du Rhône.jpgPasse encore qu’on ait eu le PACS malgré les boutinades, bible à la main, mais l’adoption par des couples homosexuels  ! Soyons cohérents que diable ! Oyez ces courageux représentants du peuple qui disent que : « Dès qu’il y a un enfant, il faut un papa et une maman ». Déclaration d’Eric Raoult, illustre député au gentil sourire de bon père de famille. De famille Unie Mon Président, cela va sans dire, même si en ce moment cela ne va pas de soi. Vous savez, celui qui veut que l’on impose aux écrivains un droit de réserve s’ils ont eu le Goncourt.

Ils aiment la famille ces gens-là. Surtout celle qu’ils connaissent. Celle qui ressemble à la leur. Et là-dessus ils sont assez d’accord.

Il faut bien que quelqu’un rappelle – scrogneugneu - les valeurs catholiques apostoliques et romaines (encore que l’adoption chez nos ancêtres romains s’asseyait allègrement, si j’ose dire, sur les considérations d’homosexualité). Ces braves gardiens de valeurs en péril, d’identité nationale, de travail introuvable et de boucliers fiscaux pour armures dorées, soutiennent sans faille le principe sacré. Ils se battent pour ne pas séparer les enfants de leur papa et/ou de leur maman. Et cela malgré les difficultés innombrables et de tous ordres : pas facile de trouver de la place dans des centres de rétention déjà bondés pour que ces petits minots restent avec leurs parents jusqu’à ce qu’un avion les ramène chez eux : « Dis papa c’est où chez nous ? ». Pas facile d’être discret pour ne pas alarmer les Réseaux Éducation Sans Frontières pour pouvoir réunir sans bruit parents et enfants à la sortie de l’école. Pas facile de passer inaperçu dans les files de soupe populaire non plus.

Ils veillent sur l’ordre et la morale. Ils sont unis sur des valeurs. Ils soutiennent leur gouvernement comme un seul homme. Ils font du chiffre.

Dans notre département du Rhône, ils ont des noms que l’on a déjà vus au bas d’un parchemin : Emmanuel Hammelin, Philippe Cochet le nouveau Pater Familias, François-Noël Buffet, Georges Fenech, Bernard Perrut, Michel Terrot…

Ils avaient tous signé en 2007 une entente parlementaire… contre l’adoption par des couples homosexuels. Les fantasmes ont la vie dure. Pour nos autruches départementales, un petit coup de Prévert :

L’Autruche :  « Je n’aime pas beaucoup ta mère, à cause de cette manie qu’elle a de mettre toujours des plumes d’autruche sur son chapeau… »

Le fils Poucet : « Le fait est que ça coûte cher… mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins »

L’Autruche :  « Au lieu d’éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s’occuper de toi, elle te giflait quelquefois… »

Le fils Poucet : «Mon Père aussi me battait »

Jean-Paul Schmitt

09/11/2009

Money Maker

jpg_Patrick-Buisson-6848e-1f84c.jpgD’ici quelques temps à la question, « Petit, qu’est-ce que tu veux faire comme métier quand tu seras grand ? », le premier gamin que vous croiserez répondra, « Je veux faire Patrick Buisson ». La réponse pourra probablement vous surprendre, voire même vous choquer, mais il faut se rendre à l’évidence, le Money-Maker Patrick Buisson est sur le point de devenir un exemple pour notre jeunesse.

Dès que l’info va se savoir dans nos quartiers, nos jeunes risquent donc de phosphorer pour fourguer à Nicolas Sarkozy des tas de trucs dont il a besoin, mais revenons au génial Buisson. Le type achète en gros des sondages pour même pas 200 000 euros et les refacture près de 1,1 million à Sarko, récupérant au passage plus de 900 000 euros. Ce qu’il y a d’épatant dans ce business réside dans le fait que la police regarde ailleurs pendant que s’opère le deal puisque la commission des sondages se déclare incompétente en la matière. Surfacturation, absence de contrôle, si un député socialiste n’était pas passé dans le coin, il est clair que le business continuerait de prospérer. Au cas où certains souhaiteraient en savoir plus sur le petit commerce de Buisson avec l’Elysée, la Ministre de la Justice vient de mettre les points sur les « i », la chose n’est pas possible. Fermez le ban.

Interrogé par quelques journalistes sur l’activité de sa petite entreprise, Patrick Buisson refuse de se justifier et l’Elysée nous explique aujourd’hui que ce léger dysfonctionnement est désormais du passé. Fermez le dossier.

Une fois dit que les Français devraient être reconnaissants envers le député socialiste Jean Launay, une fois constaté que pour le pouvoir, l’affaire est désormais close, reste tout de même une question. Que fait Patrick Buisson de tant d’argent ?

Lyon, le 9 novembre 2009.

Illustration: source Bakchich.info

04/11/2009

Le loup et le chien

Lefèbvre de garde.jpgC’est dit, Frédéric Lefèbvre prend la robe. Qu’il devienne bavard, peu me chaut, il l’est déjà trop. Que son phrasé un tantinet vulgaire et lourd aille se vidanger dans des prétoires d’où je suis absent, pas davantage. À chaque fois que je l’entends ou que je le vois, j’ai envie de hurler « taisez-vous enfin et disparaissez !» en me gendarmant pour ne pas crier un « la ferme et tire-toi! » qui ressemblerait par trop à son style.
D’autres plus connus que moi, n’ont pas de ces pudeurs. Il n’est que de voir et d’entendre quelques récentes déclarations à son propos. Elles vont du « Vous dites n’importe quoi » du journaliste Jean-Michel Aphatie sur RTL il y a quinze jours au « Crétin de service » de l’acteur Jacques Weber sur RMC la semaine passée, en passant par un « Frédéric Lefèbvre, qui paraît sorti de ‘réservoir dogs’ de Quentin Tarentino » de Pierre Moscovici. Je pense que ces francs parlers ne mesurent pas à leur juste valeur les pénibilités du dur métier de porte-parole. À lire sur le blog de l’excellent Maître Éolas l’article 1.3 du règlement intérieur national de la profession d’avocat - notamment le passage qui stipule qu’en toutes circonstances l’avocat respecte les principes « de délicatesse, de modération et de courtoisie » – il faut reconnaître la difficile conversion qu’il s’impose.
Messieurs les jurés, prenez donc en considération le poids de la charge qui incombe à l’accusé et la conversion dans laquelle il s’engage !
Non, Monsieur Apathie, Frédéric Lefèbvre ne dit pas n’importe quoi ! Il habille ses propos d’une simplicité qui lui permet de mieux se faire comprendre du peuple et dénoncer ceux qui complotent contre son maître.
Non, Monsieur Moscovici, Frédéric Lefèbvre ne paraît pas sortir de Réservoir dogs : il y tenait vraiment un rôle ! Comment pouvez-vous écrire dans votre blog que chez lui « l’excessif côtoie toujours l’insignifiant, le mur du grotesque – ou du çon, comme on dit au Canard Enchaîné » ?
Non, Monsieur Weber, Frédéric Lefèbvre n’est pas un troisième couteau ! D’ailleurs la vulgarité ne se niche pas que dans les mots : j’en connais qui à coups de charter vers l’Afghanistan ou de taille idiote, aveugle et comptable dans les moyens de la recherche et de l’éducation sont plus vulgaires encore. Non Monsieur Weber, la population ne pense jamais que les politiques qui la gouvernent actuellement la considèrent comme bête et imbécile ! Et vous vous trompez lourdement quand vous déclarez que « ce n’est pas un hasard si on prend le plus vulgaire, le plus c.., le plus effroyable qui soit pour parler à la population. La population est bête et imbécile donc il faut un bête et un imbécile pour leur parler ».
Il ne faut pas crier au loup car la tâche de chien de garde est digne de compassion. Relisez donc ces vers de la Fontaine quand le loup demande « Que me faudra-t-il faire ? » :
« Presque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons,
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. »

Jean-Paul Schmitt

15/10/2009

Vivement dimanche

david douillet.jpgDepuis quelques jours, il y en a un qui doit bien mieux respirer, c’est Frédo, le neveu de l’autre, devenu ministre de la culture. On lui lâche enfin la grappe depuis que Jean, le fils d’un autre, lui a piqué la vedette. Nouvelle patate chaude de la majorité Jean à beau avoir été expédié chez le coiffeur par son père et fermement invité à passer chez le Optic 2000 de Neuilly, cela ne va pas très fort en terre Umpiste suite à ces vagues scandaleuses qui viennent abîmer des plages de sable chaud de leur eldorado. On l’a vu hier, le porte parole du gouvernement était à cran pour répondre aux questions des journalistes après le conseil des ministres ce d’autant qu’en annonçant que les cigarettes allaient être commercialisées sur internet, « Les Echos » avaient semé un peu plus la zizanie. Frédo, Jean, Marlboro, les Etats-majors Sarkozystes avaient paraît-il toute la journée un peu le blues n’espérant plus rien si ce n’est que le temps s’accélère pour que l’on passe à autre chose. En fait tout ce beau monde qui phosphorait jusqu’à point d’heure, n’attend plus qu’une chose, la victoire de Douillet dans la législative partielle de dimanche. Il ne manque en effet plus que 6 points pour que le judoka chiraquien Sarko-compatible n’accède au rang de député. Six points ce n’est pas grand-chose se dit-on à l’UMP, le problème c’est que le champion n’a plus de réserves de voix et que dimanche dernier 70% des électeurs sont restés devant la télé pour voir « Vivement dimanche ». Du coup la possibilité que la circonscription passe de droite à gauche n’est pas chose impossible contrairement à ce que les médias moulinent depuis quelques jours.

Faisant le pari (en ligne) que les électeurs de l’Essonne sont tout sauf des idiots, je me dis moi aussi « Vivement dimanche ». Avouez que lundi matin si l’on constatait que cette chaîne de la scoumoune n’était pas rompue, nous pourrions constater qu’après Frédo, Jean, Marlboro, Douillet viendrait compléter cette réjouissante série avant que dès la fin de la prochaine semaine on nous annonce peut-être encore mieux.

Lyon, le 15 octobre 2009

Photo: DR

14/10/2009

Goût bizarre

journaux1.jpgJ’avais bien aimé cet été les billets qu’écrivait régulièrement Pascal Jalabert dans le « Progrès », ils me redonnaient un certain attrait à la lecture du journal. En quelques lignes en effet, l’auteur donnait un vrai point de vue, pas forcement politique et engagé, mais un point de vue tant sur des sujets politiques que de société.

Cela me rappelait un peu la belle période des années 70 où la presse quotidienne lyonnaise connût un moment de vraie diversité. Henri Amouroux éditorialisait chaque jour sur les positons de droite dans « Le Journal Rhône-Alpes » (ancêtre du Figaro Rhône-Alpes) et je lui répondais dans l’édition régionale de « L’Humanité » ; l’équipe de « Libération Rhône-Alpes » composée des Claude Jaget, Albert Agostino et autre Bernard Shalcha donnait ses points de vue toujours cinglants (Robert Marmoz n’était pas encore là, il a la chance d’être plus jeune) et Bernard Elie s’exprimait dans «  Le Monde » régional lui aussi. Quant au « Progrès » il livrait chaque jour un édito signé d’un « P » transpercé d’une plume.

Ce moment de nostalgie passé j’ajoute que je lis régulièrement Jacques Boucaud ou Michel Rivet Paturel les journalistes politiques du « Progrès » d’aujourd’hui.

Pour revenir à l’ami Jalabert il signait hier un article sur les soucis de Sarkozy à mi mandat et la liste est longue, depuis les questions économiques jusqu’aux frasques de ses ministres en passant par les dossiers à venir : retraites, lycées etc. Même les Régionales ne s’annoncent pas comme une promenade de santé, les ministres se défilant les uns après les autres pour conduire les listes et les objectifs de conquête sont plus que réduits à la baisse. En fait, à force de gesticuler dans tous les sens Sarkozy a fait perdre la boussole à ses propres troupes et au-delà à ses électeurs. Il paraît que ça le rend nerveux, on peut le comprendre ; ça le rend aussi irascible à l’endroit de ses ministres aussi il s’enferme avec ses collaborateurs de l’Elysée ce qui est le pire des réflexes et de plus dangereux pour lui car face aux combats à venir ce ne sont pas les gens de l’ombre qui iront au contact de l’électeur. Une telle situation laisse en principe un boulevard au le PS qui malheureusement n’arrive pas à l’emprunter.

Alors que Martine Aubry commence tant bien que mal à mettre un peu d’ordre dans la maison voilà que les incurables des petites phrases remettent ça quasiment tous les jours. Il n’y avait pas assez des couacs sur l’affaire Mitterrand que Daniel Vaillant sortait le serpent de mer de la légalisation du cannabis pour que la cacophonie reprenne. Bref si le PS voulait laisser passer son tour en 2010 comme en 2012 il ne s’y prendrait pas autrement. Au fond si Sarkozy devait trébucher ce ne serait sûrement à cause du PS mais des transfuges de la gauche qui deviennent de plus en plus encombrants pour lui et indigestes pour ses amis politiques. Ce serait tout de même une victoire au goût bizarre.

Philippe Dibilio

Photo: DR

07/10/2009

« Viens au lycée t’auras de la thune »

Hirschthunes.jpgDe l’argent pour renforcer l’assiduité au lycée. Vous avez entendu parler de cette expérimentation lancée dans trois classes de l’académie de Créteil.

On aurait pu parler de projet collectif. On aurait pu parler de budget décentralisé démocratiquement aux élèves (je sais : cela fleure bon Ségolène). On aurait pu – on aurait dû - parler d’aide aux élèves en difficulté, aux « décrochés », aux « largués », cette aide fut-elle financière, pour payer des professeurs ou des cours adaptés à ceux que l’école a éjectés sur ses marges. Au lieu de quoi, on fait du concours à l’argent et à la chasse à la prime, le moteur de la réussite scolaire. Au lieu de quoi, on expérimente le jackpot des tripots et des machines à sous : le bandit manchot outil de réinsertion scolaire. Dans ce qui devrait être encore le haut lieu où l’on vient se préparer à apprendre un métier, où l’on vient apprendre à apprendre, où l’on vient continuer à se construire des valeurs que plus personne n’ose appeler républicaines, on installe désormais une nouvelle compétition, un nouveau défi : le fric, la thune. Une « cagnotte » - le mot est lancé – de 2000 euros. On est à « Qui veut gagner des millions ? ». On joue au Monopoly pour apprendre… comment faire fructifier sa mise de base et toucher le super banco de 10.000 euros. En faisant la nique à d’autres, forcément, car si la dotation et les moyens des lycées était suffisants, cela se saurait.

Prime à l’assiduité disent les participants de la méthode. Et prime collective pour un projet. Car pour eux, l’argent est le deus ex machina qui va résoudre les problèmes d’assiduité en même temps que leur propre impuissance. L’appât du gain va sauver cette génération d’élèves qu’ils s’accordaient à qualifier de perdue : une prime collective pour une assiduité collective, Monsieur ! Et comptez sur les élèves pour qu’ils se donnent le mot et mettent éventuellement au pas le ou la récalcitrante qui aurait tendance à ne pas contribuer à la quête du nouveau graal.

Presqu’aussi navrant : cette idée tordue vient de Martin Hirsch que j’aime plutôt bien. Autonomiser les compagnons d’Emmaüs par le salaire plutôt que par l’aumône est une réussite indéniable de l’abbé Pierre et qui a permis à beaucoup de retrouver une dignité que la vie et la société leur avait enlevée. Utiliser l’argent - fut-ce comme paie collective et pour un projet - comme ressort de l’acquisition des connaissances et du savoir apprendre, c’est préparer des femmes et des hommes encore en devenir à mesurer leur réussite à l’aune du tas d’euros.

C’est leur apprendre à avoir plutôt qu’à être. C’est aussi, comme l’expliquait déjà Simone Weil, reculer devant la complexité des rapports entre le signifiant et le signifié, c’est reculer devant la difficulté à penser les rapports entre l’effort et le résultat de l’effort. Et comme on n’arrive pas à cerner ces rapports qui ne gisent dans aucune pensée, comme en algèbre par exemple, on les remplace par un rapport qui gît dans une chose : l’argent.

« Argent, machinisme, algèbre. Les trois monstres de la civilisation actuelle. Analogie complète » disait la philosophe.

Jean-Paul Schmitt

03/10/2009

Bouger !

sondage.pngC’est parti. Un premier sondage relatif aux intentions de vote aux régionales nous est livré par le suspect trio Opinionway - Le Figaro - LCI.

L’UMP serait, au premier tour, devant un PS talonné par les verts. Avec respectivement 32%, 19% et 16% ces trois formations se détacheraient puisque le front de gauche serait à 8 %, le Modem à 7% et le FN à 6%.

Vous me direz que ce sondage n’intègre pas le formidable grand bon en avant que Martine Aubry vient tout juste de faire prendre au PS en organisant son référendum de jeudi soir. Ce scrutin interne dont la direction du PS, Harlem Désir en tête se glorifie, n’est en fait qu’un cache-misère. Il suffit de constater les taux de participation dans nos grandes villes pour s’interroger sur le niveau d’adhésion des militant(e)s socialistes à l’opération conduite par Solferino. Personnellement je ne suis pas allé voter et pour une fois j’ai la très nette impression d’être majoritaire dans ce Parti.

Dans la perspective des régionales et après ce quasi-flop, il serait grand temps que la direction du PS cesse de singer les autruches. Hier, sur I Télévision, Malek Boutih, qui, à force d’être tricard au PS est au moins doté d’une véritable et rare liberté de parole, s’interrogeait sur la possibilité pour les socialistes de réunir les forces de l’opposition autour de la table, l’ancien responsable de SOS racisme indiquant clairement la possibilité que les Verts puissent conduire dans certaines régions une liste unique avec la perspective de présider, après la victoire, certaines régions. Cette proposition de Malek Boutih mériterait d’être sérieusement explorée, y compris pour ce qui concerne l’Ile-de-France car, à trop s’auto proclamer le pivot de l’opposition, le Parti socialiste pourrait un de ces matins se réveiller centrifugé par une possible alliance de Cohn Bendit et de Bayrou. Si le PS veut nous prouver qu’il est encore vivant il serait temps qu’il nous démontre qu’il bouge encore. C’est quand même la moindre des choses à exiger d’un Parti qui se veut l’incarnation du mouvement.

Lyon, le 3 octobre 2009.

02/10/2009

Un peu de lumière

227314680.jpgHier je vous rappelais que samedi 3 octobre une soirée musicale de soutien était organisée à Lyon, à l’abbaye d’Ainay, par le Comité Guy-André Kieffer.

Il se trouve qu’un peu de lumière se projette ces jours-ci sur le dossier de ce journaliste disparu et probablement assassiné à Abidjan il y a cinq ans de cela.

Les contorsions actuelles de la justice Ivoirienne laissent penser que, le danger s’approchant à grand pas, le pouvoir du président Gbagbo commence à montrer les premiers signes d’inquiétude dans ce dossier Kieffer. En effet au cours de l’été, un nouveau témoignage a été recueilli par la justice française. Un sergent-chef de l’armée Ivoirienne, à l’époque des faits en poste à la présidence de la république de Côte d’Ivoire, a confirmé devant un juge français, des propos déjà tenus dans les médias. Il semble pratiquement établi qu’interrogé par des services de sécurité proches des époux Gbagbo, le journaliste français aurait bien été abattu suite à son rapt puis enterré à la sauvette on ne sait trop où.

Il est par ailleurs certain que le Capitaine Séka-Séka, chef de la sécurité du président Gbagbo participait à certains interrogatoires de Guy-André Kieffer. Chacun ne peut donc que se réjouir de la façon dont progresse l’enquête en se félicitant du travail effectué par le juge Ramaël. Cela étant, aujourd’hui, en se rapprochant du cercle des très proches de la présidence de la république, la justice française risque de se trouver très vite à la croisée des chemins. La récente réaction d’autorités judicaires ivoiriennes qui veulent mettre en examen le propre frère du journaliste disparu traduit probablement une sorte de panique qui n’augure pas nécessairement d’une issue favorable à l’expression de la vérité concernant la disparition de Guy-André Kieffer. Un bras de fer risque donc d’exister entre la justice française et l’Etat ivoirien.

Pour nous qui savons, parce que nous écoutons le président Sarkozy, que l’époque de la « Françafrique » est derrière nous, notre conviction est faite que la France va exiger de Gbagbo la collaboration nécessaire pour qu’éclate la vérité. Si la chose ne s’avérait pas possible, nous savons que l’Elysée et le Quai d’Orsay hausseront conjointement le ton. A suivre !

Lyon, le 2 octobre 2009.

25/09/2009

Paris, reine du monde.

affiche-40x60-gp-c_535f7.jpgCe midi je vais visiter, avec une délégation de notre Agence d’Urbanisme, l’exposition « Grand Paris » à la Cité de l’Architecture. Vous le savez, en France, la capitale et sa région bénéficient d’une attention et de moyens sans pareils au point que depuis quelques temps le gouvernement s’est même doté d’un ministre en charge de la région capitale. D’ailleurs la réforme territoriale que ce même gouvernement nous prépare ne semble avoir que faire de l’avenir de ce que encore hier on appelait « Les métropoles d’équilibre ». Avec Sarkozy, la bonne vieille expression « Paris et le désert français » semble reprendre du poil de la bête. Je disais donc que les provinciaux de Lyon allaient visiter l’exposition consacrée à la Capitale.

C’est la consultation sur le « Grand Paris » intervenue il y a moins de deux ans qui enfante cette exposition qui examine Paris à très grande échelle. C’est d’ailleurs un lyonnais le président du PRES, Michel Lussault, professeur de géographie à l’ENS, qui a coordonné le cahier des charges de cette consultation et visiter tout à l’heure l’exposition en sa compagnie est chose très précieuse.

Cette exposition s’est donnée pour mission de rendre compte de l’aspect novateur de la consultation, du foisonnement des propositions et des démarches. Elle devrait probablement nous permettre, à nous qui entamons un travail à l’échelle métropolitaine (Lyon - St-Etienne - Bourgoin - Vienne), de nous emparer d’un travail au contenu intellectuel riche, de nous pénétrer d’une démarche ouverte en direction des différents acteurs, plus souple en terme de procédure et, espérons-le, créative.

Comme l’a envisagé l’équipe du « Plan d’Urbanisme Construction et Architecture » (PUCA) du ministère de l’écologie, en refusant toute logique de « Master plan » et de schéma général, c’est le pragmatisme, l’histoire des lieux et des territoires, la géographie et les paysages qui dictent la réflexion à l’œuvre.

Nous verrons bien comment l’exposition traduit cette démarche et je ne manquerais pas, si nécessaire, de vous en dire deux ou trois mots dans les semaines prochaines. Si vous aussi, vous souhaitez visiter cette exposition sur les projets du Grand-Paris, c’est à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, 1 Place du Trocadéro, Paris 16ème, métro Trocadéro.

Paris, le 25 septembre 2009.

24/09/2009

Tranches de vie

fillon.jpgChargé de mouiller la chemise pour dire le plus grand bien de la réforme territoriale que souhaite imposer au pas de charge Nicolas Sarkozy, Gérard Larcher moulinait hier dans le Figaro quelques arguments sans grande conviction. Comme pour se justifier, le Président du Sénat nous indiquait, sans trop y croire, qu’il souhaitait que tout cela se fasse « sans précipitation ». Le bon soldat Larcher, dans une ultime tentative pour nous faire croire que sa parole serait susceptible de peser, nous indiquait que François Fillon » lui avait « assuré que nous auront tout le temps nécessaire pour aller au bout du débat ». Larcher devrait pourtant le savoir, dans ce pays ou désormais les ministres comptent pour du beurre, les propos du premier d’entre eux ne valent pas tripette. D’ailleurs, hier mercredi, le conseil des ministres avait été zappé, le président de la république étant Outre-Atlantique. En d’autre temps, l’élégance l’aurait maintenu avec un ordre du jour d’opérette. Telle n’est plus la pratique sous Sarkozy qui n’en oubliait pas de s’inviter hier soir sur les deux principales chaînes de télévision convoquant les deux présentateurs « passe-plats » à New York, faisant ainsi des quelques questions préparées d’avance des références en terme d’équivalent carbone. Dans le même temps l’Elysée distillait l’information comme quoi, depuis les Etats-Unis, le Président téléphonait cinq à six fois par jour à sa tour de contrôle, Claude Guéant, et seulement une malheureuse fois à un premier ministre prié de s’en contenter.

Dans ce monde de brutes heureusement que Giscard est là pour nous rappeler qu’il y a aussi de l’amour, de la séduction et du romantisme. Une attitude que François Fillon devrait également reprendre à son compte, l’actuel premier ministre partageant avec « l’ex » une totale indifférence de la part des Français et le fait de s’être fait pourrir la vie par un président de la république.

Lyon, le 24 septembre 2009.

Photo: DR

20/09/2009

Le brunch du neveu

1865459533.3.jpgCertains auraient très certainement préférés que le Ministre de la culture planche sur la loi Hadopi plutôt que sur la culture européenne. pour ce troisième jour du Forum Libération de Lyon. Il est vrai qu'un débat, avec par exemple le socialiste Patrick Bloche sur cette question aurait donné un peu de piment, mais c'est ainsi. La légendaire élégance de Libé nous a donc offert un échange entre le réalisateur Allemand Volker Schlondorff et le neveu devenu Ministre. Plat imposé "l'identité culturelle de l'Europe". On a donc connu chose beaucoup "fun" pour un brunch du dimanche matin.

Ce midi, Frédéric Mitterrand, avec nombre d'anecdotes, des témoignages personnels, des souvenirs, des touches sans retouches et de lyrisme a fait du Frédo prouvant ainsi, comme l'a probablement toujours souhaité Sarkozy, que le neuveu n'est pas dans le gouvernement pour faire le Ministre mais pour demeurer lui-même.
Je l'ai dis aux profs qui ont fait de ce forum une obligation de participation à leurs étudiants avec l'impérative nécessité de remettre une fiche dès demain matin 8h. Soyez cool, car Frédéric Mitterrand a fait plus de manière que de matière. Si vous retrouvez, chers collègues enseignants, des traces du grand oncle de la famille disparue dans cette macédoine qui ne peut plus dire son nom, mettez leur trois points. Le témoignage du grand-père qui a appris l'allemand après la Première guerre mondiale, doublez la note. Deux ou trois trucs sur l'Europe des cathédrales et celle de commerçants, la moyenne doit être acquise. Si vos poulains citent Lanzmann et le shoah, le moteur Franco-Allemand et le "9ème jour" de son ami Volker. Un seize s'impose.
Parmi les propos fortement décousus du Ministre après l'Albanie, la Macédoine, l'Inde, le TGV Madrid-Lisbonne, l'étape Turque est de loin la plus remarquable. Tendant un bâton pour mieux se faire battre, à propos de la Turquie et des frontières de cette Europe, sur l'élargissement notre Ministre a été à la peine, répondant que le matin il y était favorable et l'après-midi contre.
Le Ministre de la culture était donc présent ce midi au Forum lyonnais de Libération. Il a fait ce pourquoi Sarkozy l'a promu, du Frédo et à bien y réflechir c'est tout à fait en cela que réside sa force.

15/09/2009

Retour sur un dérapage

hortefeux.jpgJ’ai lu ce week-end, dans les colonnes du « Dauphiné-Libéré Dimanche » un billet bien tourné au sujet du dérapage de Brice Hortefeux. Le journaliste y soulignait non sans à-propos combien la parade du ministre impliquant sa formule (quand il n’y en a qu’un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème) non pas aux arabes mais aux auvergnats était tout aussi blessante pour ces derniers.

Car sur le fond c’est le fait de stigmatiser une communauté qui pose problème, une communauté quelle quel soit. Cela montre  bien que l’ami de Nicolas Sarkozy ne sait pas comment se dépêtrer de ce dérapage bien réel. Et ce n’est pas parce que la victime de ces propos se veut consentante que les faits ne sont pas là.

Il était, en effet, pathétique de voir et d’entendre sur les média le jeune militant UMP concerné répéter qu’Hortefeux ne faisait que plaisanter. Décidément on a chacun ses plaisanteries. Je ne suis pas sûr, pour poursuivre le raisonnement du journaliste du Dauphiné- Libéré, que les électeurs de la région Auvergne devant laquelle va se présenter le ministre à l’occasion de Régionales rigolent beaucoup de ce « bon mot », ils risquent plutôt de bouder le vote UMP et ce ne serait que justice.

En attendant nous avons eu droit tout le week-end aux contorsions des médias qui ont essayé de  dégonfler les faits en limitant la portée de la phrase en question. Ils ont pu prendre appui sur la solidarité gouvernementale qui s’est exprimée jusque par la bouche de Nora Berra. Seul Azouz Begag y est allé de son excès habituel en nous racontant à la télévision, geste à l’appui, qu’Hortefeux l’avait accueilli au conseil des ministres en lui signifiant qu’il l’égorgerait volontiers. Mais Azouz est tellement mythomane que j’en reste prudent, il est difficile de penser que l’ambiance du conseil ne soit pareille à celle d’un bar mal famé.

En attendant le buzz est retombé et le ministre des cultes ni ne s’excuse  ni ne démissionne mais il ira rompre le jeûne à Paris, ce qui est tout simplement sa place. Un geste qui a d’ailleurs valeur d’aveu car ce ne sont pas les auvergnats qui en finissent avec le ramadam. Brice Hortefeux se sort donc sans trop de dégâts de ce faux pas qui n’a pas vraiment ému les associations anti-racistes, la LICRA, pourtant sourcilleuse sur ces questions, ayant même déclaré dès vendredi l’incident clos.

Philippe Dibilio

Photo: DR

14/09/2009

Voyage, Voyage (air connu)

coup-pour-coup.jpgAvez-vous entendu ces temps-ci André Glucksman, l’homme qui murmurait jadis aux oreilles du Président que son destin était de combattre pour les droits de l’homme, avec les Tchétchènes, contre la « Françafrique ». Envolé le Dédé. Comme quoi quand on fait le long voyage de Mao à Sarko, une fois arrivé à destination, on est débarqué.

Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

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[EDIT JYS]:

Je viens d'apprendre avec tristesse le décès d'Yvonne L'Huillier, ancienne élue apparentée socialiste, adjointe du 9e arrondissement de Lyon. Pendant plusieurs mandats elle s'était occupée de nombreux dossiers en particulier consacrés aux affaires sociales, aux personnes âgées ou à la petite enfance.

Je présente donc à tous ses proches, à sa famille et ses enfants mes plus sincères condoléances.

Lyon, le 14 septembre 2009.

Illustration: DR

11/09/2009

Papa Malick

Affiche-Papa-Malick.jpgEntre les avions de Dassault, vendus pas vendus, par Sarkozy aux Brésiliens, la réforme territoriale qui semble avoir pour le moment un peu de plomb dans l’aile, les tripatouillages électoraux du congrès socialiste de Reims qui remontent à la surface, le retour en force de la « Françafrique » ou l’offensive nauséabonde de la droite américaine contre Obama, les sujets et occasions ne manquent pas en cette rentrée. Cela étant je m’étais promis de vous dire quelques mots sur l’exposition de rentrée du Musée Africain de Lyon qui présente depuis le 9 septembre, et jusqu’au 4 octobre, « Guissané : la poésie du signe », le travail de l’artiste contemporain Papa Malick, plus connu dans certaines contrées du Sénégal sous le nom de « Vieux » Niang.

« Guissané » est un terme wolof qui signifie « sorcier » ou plutôt un sorcier lisant l’avenir par une interprétation de traces dessinées dans le sable avec les doigts. Partant de ces gestes du sorcier, Papa Malick, sur ses toiles, propose donc des œuvres faites de pigments et sciures qui entendent renouer avec la tradition, la culture sénégalaise, la mémoire. Ces œuvres faites de traces, signes indéchiffrables, pictogrammes mystérieux, sont visibles dans le Musée Africain du cours Gambetta qui demeure malheureusement un lieu peu connu que j’invite chacun à visiter.

Avec l’exposition consacrée à François Maspero par le Musée de l’Imprimerie que je compte évoquer demain, il convenait de signaler ces deux manifestations qui risquent de peser bien peu lourd face à la Biennale d’Art Contemporain qui déboule avec ses gros « Ça beau ! ».

  • Papa Malick, Musée Africain de Lyon – 150, Cours Gambetta, Lyon 7ème arrondissement – Métro Ligne D, Garibaldi. Renseignements au 04 78 61 60 98 et sur www.musee-africain-lyon.org

Lyon, le 11 septembre 2009.

 
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