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02/02/2010

Dany Kasparov

daniel-cohn-bendit-danny-the-red-parigi-14-maggio-1968.1203589748.jpgJe n’aime pas Daniel Cohn-Bendit depuis…1968 période que nous n’avons pas traversé dans le même camp mais je lui reconnais une grande compétence politique qui s’est bonifiée avec le temps. Aujourd’hui par exemple il est certainement le seul à faire les constats habituels sur la réalité politique du moment tout en ébauchant des pistes alternatives réalistes et compréhensibles. Certes son statut d’électron libre l’aide sensiblement mais encore fallait-il construire ce positionnement. Il est de toute évidence un vrai animal politique et c’est pour ça, de mon point de vue, que les listes Europe-Ecologie ne feront pas d’aussi bon scores dans les régions : le choix de tête de liste de la société civile n’ayant pas l’impact des deux vieux routiers, Cohn-Bendit-Bové, qui ont tiré la liste aux européennes. Son talent celui que l’on n’appelle plus Dany le rouge l’a encore montré ces jours ci.

En lançant en début de la campagne des Régionales l’idée d’un accord avec le PS, sur la base des résultats de 2010, pour les législatives de 2012, c'est-à-dire après la présidentielle, il joue un coup digne du meilleur professionnel du jeu d’échec. Du Kasparov. Il n’est d’ailleurs pas sûr que cette fois Cecile Duflot, la patronne des Verts, pense comme elle le répète à souhaits qu’il n’y a pas de « lézard » entre Dany et elle au moment où ce dernier préempte la stratégie des verts pour les années à venir. Par cette initiative le député européen rappelle que la politique c’est avant tout de l’anticipation et du réalisme. Réaliste il admet ce que tout le monde pense ; la gauche sera encore trop divisée pour gagner la présidentielle de 2012 en même temps les français, beaucoup plus sages qu’on ne le dit ne laisseront pas à Sarkozy les mains libres et lui imposeront lors des législatives une cohabitation. Bien vu et c’est dans cette brèche qu’il engouffre Europe Ecologie comme troisième force politique et lui attribue le rôle d’aiguillon de cette majorité parlementaire. Voila qui donne un sens au combat de ce mouvement et une perspective lisible aux électeurs surtout ceux d’une génération qui veut sortir de l’affrontement binaire de ces dernières décennies.

Philippe Dibilio

Photo: DR

01/02/2010

Soyez stupides !

Diesel4-300x147.jpg« Soyez stupides », telle est la nouvelle campagne publicitaire de la marque de vêtements Diesel. Une communication déclinée à l’envie dans le « Next » de samedi, sur bien des modes mais sur un ton assez unique.

« Nous sommes du côté des stupides », « Les intellos ont le cerveau. Les stupides ont des couilles » nous disent les jeans italiens qui pensent. « Les intellos critiquent. Les stupides créent », « Les intellos écoutent leur tête. Les stupides écoutent leur cœur » rajoutent nos philosophes vénitiens qui, peut-être même sans trop le mesurer, tutoient le pur génie en particulier en écrivant, « Les stupides échouent. Les intellos n’essayent même pas » ou « Seuls les stupides peuvent vraiment être brillants ».

Remplacez comme il vous plaira, intellos par technos, toiseurs, poseurs, par bureaucrate ou commentateur, voire même en utilisant quelques mots ou expressions qu’une bonne éducation réprime, et vous découvrirez que les petites maximes cheaps des fils de pub de chez Diesel valent les bons sentiments qui s’échangent entre Fabius et Frêche, l’inconstance de Manuel Valls, les haines tenaces entre Villepin et Sarko, les mots-doux que s’expédient Raoult et Copé.

Bonne journée et sachez rester stupide en toute circonstance.

Lyon, le 1er février 2010.

30/01/2010

Formidable

Dans ce pays c'est à la radio, sur Europe 1, qu'un procureur de la République annonce le fait qu'il va faire appel suite à un procès. Ce pays aux ressources insoupconnées est par ailleurs le champion des gardes à vue. C'est toujours dans ce pays qu'on s'apprête à liquider le juge d'instruction. Elle est pas belle la vie ? Bon week-end.

Lyon, le 30 janvier 2010.

28/01/2010

En gros et en détail

Sarkozy NB.jpgLe Président est paraît-il ravi de sa prestation de lundi soir sur TF1 et les quelques 8 millions de téléspectateurs qui assistaient à l’émission sont quant à eux convaincus. Plus précisément, si l’on en croit « Le Parisien » et l’institut CSA, 57% des personnes ayant vu Nicolas Sarkozy l’ont trouvé convaincant.

Autant dire que l’Elysée est aux anges quand on songe à la côte de popularité médiocre du président. En vérité, quand on consulte ce sondage paru hier, on peut se dire que le président devra y réfléchir à deux fois avant de convoquer une seconde fois le ban et l’arrière-ban de TF1. En effet, en examinant les principaux thèmes abordés par Nicolas Sarkozy face au panel concocté par TF1, il y a de quoi perdre le sourire puisque la performance présidentielle s’avère bien modeste. Pas convainquant à 60% sur l’emploi, à 58% sur les retraites, à 51% sur les salaires de Proglio, à 61% sur le pouvoir d’achat, à 45% sur l’identité nationale et à 45% sur la réduction du nombre de fonctionnaires, le président a des soucis à se faire car sur aucune de ces thématiques les convaincus l’emportent. On pourrait dire que Sarkozy arrive à convaincre « en gros » mais jamais dans le détail. Malgré cela, Franck Louvrier, son conseiller en communication, nous confie que « la parole présidentielle n’est pas usée » autrement dit que, « plus c’est gros, plus ça passe ». D’ailleurs à l’occasion de cet échange avec le panel de TF1, Nicolas Sarkozy a utilisé les mêmes ficelles gagnantes que lors de la dernière campagne présidentielle expliquant que les problèmes économiques, d’emploi ou de retraites étaient à mettre sur le dos de la crise ou des socialistes et que pour le reste il convenait de faire confiance à sa détermination et à son acharnement. Reste à savoir si une telle ligne sera suffisante pour gagner « en gros » la prochaine présidentielle, tout le reste étant du détail.

Lyon, le 28 janvier 2010.

 

26/01/2010

Coup de Gueule

En se privant de 600.000 euros de publicité pour laisser une heure d’émission sans coupures à Sarkozy, TF1 ne lésine pas sur les moyens pour aider le Président à redresser la tête dans les sondages, ce qui ne veut pas dire dans le cœur des français. Cet exemple en dit long sur les liens qui unissent l’Elysée et les grands média à sa disposition. Que ce soit ceux du secteur privé lié par l’amitié et la connivence avec Sarko ou ceux du service public dont le PDG est désormais sous tutelle du chef de l’Etat, il est vrai à un très bon salaire (2 700 000 euros par an) Si l’on voulait d’ailleurs un exemple du soutien des média à la politique du pouvoir le débat sur l’identité nationale constitue un modèle du genre. Sans l’appui permanent de la presse, de la radio et de la télévision que serait devenue cette funeste initiative ? Une litanie de rencontres bon chic bon genre suivies par un public trié sur le volet et qui n’aurait intéressé personne. Mais le tapage médiatique a permis de relayer le souhait du gouvernement : faire renaître les vieux démons à la veille des élections régionales. L’étape lyonnaise a été significative de ce point de vue. A l’intérieur de la Préfecture quelques notables accompagnés de jeunes bien pensants, à l’extérieur un déploiement outrancier de forces de l’ordre qui ont laissé les manifestants se faire agresser par des nazillons qui eux avaient compris le sens de ce « débat »en se lâchant contre les immigrés. Certes depuis sa campagne présidentielle Sarkozy joue avec les média mais ce n’est pas une raison pour s’en habituer. Alors il est salutaire que des hommes politiques s’insurgent. Bien sûr la chaise vide de Vincent Peillon sur France 2 n’a pas le panache du « messieurs les censeurs bonsoir » de Maurice Clavel en son temps mais le député européen s’et rattrapé dans le Monde où il argumente sa position. Quant à François Bayrou il a bien fait de remettre en place cet indéboulonnable laudateur des politiques de droite qu’est J.P Elkabach. Ces situations démontrent en tout cas que le chantier de la liberté et de l’indépendance de la presse tout comme celui de la lutte contre les abus du pouvoir sur ce terrain reste ouvert et mérite des actions plus suivies.

Philippe Dibilio

09/01/2010

Histoire(s)

La bibliothèque de la Part-Dieu poursuit en 2010 son cycle de rencontres « Histoire et mémoire ». Après Pierre Nora, Marc Ferro, Paul Veyne, Yves Ternon, et tant d’autres, l’institution culturelle lyonnaise accueille successivement en ce début d’année, Catherine Coquery autour du « Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy » (la découverte) et Mona Ozouf pour son livre de mémoire, « Composition française ».

A un moment de « bessonisation » des esprits, d’organisation du très manipulatoire débat sur « l’identité nationale », mais aussi, convenons-en, d’une sorte de concurrence mémorielle, donner la parole aux historiens n’est pas un luxe. « Ni juge, ni romancier » comme le signale la bibliothèque de la Part-Dieu, « l’historien veille à échapper à la tyrannie des groupes, il oppose l’histoire collective aux mémoires particulières. L’histoire naît de la mémoire et s’en affranchit en mettant le passé à distance ».

A ce titre, l’ouvrage de Mona Ozouf est diablement intéressant dans la mesure où il est un va-et-vient entre la grande histoire de l’universel républicain et les souvenirs de l’enfance bretonne de celle qui allait devenir une historienne majeure.

  • Mercredi 27 janvier, 18h30, Rencontre avec Catherine Coquery-Vidrovith. « Le Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy » (la découverte) et « Les enjeux politiques de l’histoire coloniale » (Agone)
  • Mercredi 10 février, 18h30, Rencontre avec Mona Ozouf pour « Composition française, réflexions sur une enfance bretonne »

Programme complet des conférences sur www.bm-lyon.fr et sur Topo le journal des bibliothèques de Lyon.

Lyon, le 9 janvier 2010.

07/01/2010

1 - 0 pour la Suède

rafale.jpgBrésil-France, 1 - 0 pour la Suède. Tel semble le résultat de cette curieuse compétition visant à équiper l’armée brésilienne d’avions de chasse. Pourtant, le commis voyageur Sarkozy, l’homme qui fourgue des centrales nucléaires, des TGV et des zingues militaires comme d’autres respirent, avait présenté en septembre dernier, bombant le torse, l’affaire comme conclue. Hélas, les généraux brésiliens ne veulent pas plus du Rafale de Dassault que leurs homologues du monde entier. L’avionneur français n’est donc toujours pas sur le point de commercialiser un premier appareil à l’export.

En fait, la planète Kakie ne mérite pas notre meilleur avion du monde et il ne reste plus à Sarkozy que d’attaquer le marché du Vatican ou des Barbades pour espérer enfin vendre ce Rafale si cher au contribuable français. Cet avion qui coûte presque 100 millions d’euros l’unité avait pourtant été proposé par le président français aux brésiliens avec un rabais de 50% et pourtant l’armée de Lula serait manifestement sur le point de lui préférer un chasseur suédois qui n’existe même pas encore. C’est à n’y rien comprendre !

Comme le disait hier au Figaro de Dassault le ministre Hervé Morin à propos de l’Airbus A 400 M en cours de certification mais au centre d’une crise sans nom à propos de son financement, « Il faut voir ce qui fait partie du jeu de rôle et de la négociation ». Je suggère donc au même Morin de prendre la suite de Sarkozy pour fourguer le Rafale aux brésiliens car un chef d’escadrille comme celui-là, il serait capable, à coup sûr, de vendre de la neige aux suédois.

Lyon, le 7 janvier 2010

 

10:40 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rafale, sarkozy, bresil, suede, dassault | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/12/2009

2004 en vrac

Loi Perben II - Le PS obtient la présidence de 21 régions – Nicolas Sarkozy ministre de l’économie et président de l’UMP – Tsunami en Asie du Sud-Est – Décès de Ray Charles – Réélection de George W. Bush face à John Kerry – Succès des choristes – Disparition de Claude Nougaro …

Lannemezan, le 28 décembre 2009.

27/12/2009

2003 en vrac

Eté de canicule - Attentat suicide en Ossétie du Nord qui détruit un hôpital militaire - Désintégration de la Navette Columbia - Début de la guerre d’Irak - Bush reconnaît qu’il n’y a pas de liens entre Saddam Hussein et les attentas du 11 septembre - Saddam capturé à Tikrit - Installation du premier radar automatique en France - Entrée en vigueur de la loi Sarkozy contre « le racolage passif » et « la mendicité agressive » - Décès de Nina Simone …..

Lannemezan, le 27 décembre 2009.

26/12/2009

2002 en vrac

17 février, dernier jour d’utilisation officielle du Franc - Réélection de Jacques Chirac (82%) face à J.M. Le Pen (18%) - Raffarin est nommé premier ministre - Loi Perben - Maurice Papon libéré pour des raisons médicales - Nicolas Sarkozy fait fermer le centre de Sangatte - Le Congrès américain vote la guerre en Irak - Disparition de Lionel Hampton …

Lyon, le 26 décembre 2009.

22/12/2009

Père Noël chiche

P-cresse No-l-1.jpgMerci papa Noël !

 

Merci pour les 7,7 milliards d’euros dans les souliers des Universités, quel beau Noël, non ? Il y aura même des étrennes : 1,3 milliards d’euros de plus pour une Opération Campus qui aura désormais 5 milliards d’euros dans sa tirelire. Tant de milliards ! « C'est tellement énorme que j'arrive plus à compter » disait Valérie Pécresse, sur jouant à tout va la simplicité sur France Inter.

Mais ne soyons pas chagrins et fouillons dans la hotte pour déballer le cadeau.

Sur le paquet, une étiquette : « Bon pour une utilisation à partir de 2012 », une échéance qui rappelle vaguement quelque chose. Peau de balle pour Noël 2009 et rien pour 2010 ou 2011 ? C’est quoi ce cadeau ?! C’est à n’y rien comprendre. Il y a sûrement une explication. Ne boudons pas trop vite et déballons.

Bingo ! Un chèque cadeau avec quelques annotations de bas de page. Vite, déchiffrons :

Alinéa 1 : « Il s’agit d’une dotation en capital en pleine propriété destinée à permettre aux universités de se doter d’un capital générateur de revenus ».

Pas mal.

Alinéa 2 : « Seuls les revenus de ce capital pourront être utilisés ».

Force est de constater que la générosité de l’État a des limites. Mais après tout, avec un bon conseil de surveillance pour éviter des dérives spéculatives hasardeuses, on pourra peut-être faire fructifier le pécule.

Alinéa 3 : « Le capital devra être placé en bons du Trésor ».

Les petits bonshommes du Trésor sont passés par là. Ils nous font le coup des obligations à terme de 10 ans à 4% l’an. Des fois que des universitaires gauchisants et barbus ne connaissant rien à l’économie se mêleraient de vouloir gérer. Vive l’autonomie des universités !

Faisons un calcul rapide : le campus le mieux doté, le superissime campus français (pas sûr du tout que ce soit celui de Lyon, fut-il Lyon Métropole avec Saint-Étienne), doté d’un milliard, pourra disposer de 40 à 50 millions d’euros issus du placement à 4% d’une dotation qui sera faite au mieux d’ici quelques dizaines de mois.

Alinéa 4 à l’usage des ministres et des présidents d’université : « Bien insister lors de chaque intervention publique que vous ferez sur le fait que le gouvernement investit des milliards pour l’avenir du pays ».

Pas de quoi faire la nique avec notre cadeau aux copains d’outre Atlantique : leurs neuf facultés les plus prestigieuses ont 130 milliards de dollars de dotation. Dix fois plus que ce que nous promet saint Nicolas. Déjà qu’ils dépensent 21.600 dollars par an pour les étudiants (hors recherche et développement), soit trois fois plus que la France si j’en crois les statistiques de l’OCDE.

Merci papa Noël ! Merci saint Com’ ! Joyeux Noël !

Jean-Paul Schmitt

 

06/12/2009

Noms

On connaissait « Le petit Marseillais », désormais grâce à Renaud Muselier, fort de sa défaite pour accéder à la présidence de la Communauté Urbaine de Marseille, le monde entier va découvrir « Le Grand Marseille ». En effet le second de Gaudin, la municipale de 2014 en vue, s’efforce lui aussi de réfléchir à une échelle plus grande. Il vient donc de colloquer en compagnie de Christian Blanc, l’homme du « Grand Paris ».

« Grand Marseille », « Grand Paris », tout est grand dans notre pays, sauf le Président dirait Villepin. A ce propos notre grand président qui rêve d’une petite réforme territoriale, confie à ses petites mains dirigées par Hortefeux, le soin de bricoler un petit hold-up territorial destiné à réduire toute poche de résistance dans nos provinces.

Ici à Lyon, nous sommes grands depuis belle lurette et le « Grand Lyon » qui deviendra probablement par la magie sarkozyste une métropole souhaite tout de même continuer à œuvrer à la construction d’une métropole multipolaire avec Saint-Etienne, Bourgoin et Vienne tout en sachant que cette entité multipolaire en devenir ne pourra s’appeler ainsi puisque dans le futur, seul le « Grand Lyon » sera habilité à porter ce nom si l’on se pénètre bien de la pensée territoriale du président. Comment pourra donc s’appeler demain cette métropole qui, pour compliquer les choses, contient en son sein « St Etienne Métropole », une collectivité qui aura du mal à justifier le port d’un tel nom.

Que l’on se rassure. Cette question qui semble tarauder bien du monde devrait se résoudre tant la matière grise accumulée ici ou là ne peut que produire la solution qui convient. Si tel n’était d’ailleurs pas le cas, il se trouvera bien quelques as de la communication qui, moulinant sur commande à grands frais, sauveront les neo-métropolitains que nous sommes du terrible destin qui serait le notre si nous n’avions pas de nom à porter.

Lyon, le 6 décembre 2009.

04/12/2009

Coup tordu

071G_Collomb%20det-2.jpgParfois la presse lyonnaise a de curieux mœurs. On se souvient par exemple de « Lyon Capitale » mettant il y a quelques années la bobine de son repreneur à la « Une », un luxe que même les patrons successifs du Figaro n’auraient jamais accepté de s’offrir. Dans le numéro trois du « Coup de grâce », l’innovation est de nature différente puisque Guillaume Tanhia, le boss de la revue, titre en couverture, « Collomb, le petit Sarkozy de province », cette accroche aguicheuse renvoyant à trois maigrelettes colonnes en page vingt-deux sur un total de près de 150.

Passons donc sur ce procédé qui disqualifie une charge d’autant plus gratuite que le même Guillaume Tanhia se croit obligé de nous infliger quelques arguments plutôt « cheaps » dans un feuillet plus hargneux que « classieux ».

Pré-Marxiste, notre éditorialiste dénonce le fait « d’offrir des bâtiments publics prestigieux aux grands groupes financiers ». Populiste, notre nouvelle conscience patrimoniale s’indigne de ne pas filer 120 millions à l’Hôtel-Dieu alors que le stade de Décines va engendrer 150 millions en aménagements publics. Lyrique, le directeur de conscience du « Coup de grâce » nous invite à nous remémorer « La générosité des milliers de lyonnais qi firent des dons pour l’édification et le fonctionnement de l’Hôtel-Dieu ». Plutôt que de draguer le passant avec son titre de couverture renvoyant à sa mauvaise humeur déguisée en édito, Guillaume Tanhia aurait mieux fait de travailler et de proposer à ses lecteurs un véritable dossier documenté et donc utile sur l’avenir de l’Hôtel-Dieu. Sans rancune.

Lyon, le 4 décembre 2009.

02/12/2009

Consommation

Consommation.jpgJe ne suis pas un grand économiste et je ne m’en porte pas plus mal, au contraire, lorsque je vois la brasse coulée que nous fait sur ce sujet notre ancienne nageuse de ministre de l’Economie justement. Elle que, de surcroît, ses pairs ont élue meilleure d’Europe à ce poste. Après nous avoir annoncé il y a six mois que la crise était derrière nous la voilà qui vient à Lyon, au moment où le chômage reprend son ascension, déclarer solennellement que ce n’est pas la peine d’investir dans les secteurs à forte main d’œuvre, là où les chinois sont imbattables mais miser au contraire sur un fort contenu en recherche et développement qui peut permettre de l’innovation et une forte valeur ajoutée. Comprennes qui pourra! Le bon sens voudrait que pour créer de l’emploi aujourd’hui il faille aider l’industrie dès maintenant mais voilà qui est trop simple pour un économiste et plus encore un ministre. Cette position hasardeuse montre bien que pour l’équipe Sarkozy l’essentiel a été réalisé avec le sauvetage des banques qui retrouvent allégrement leurs profits et leurs travers, les rémunérations de leurs traders et bientôt le retour des stocks options et des parachutes dorés. Sarko voulait moraliser le capitalisme il a seulement relancé la machine sur les mêmes bases. Pourtant les faits sont têtus. Les chiffres de la croissance, en effet, montrent que si le PIB a progressé de juillet à septembre c’est grâce à l’industrie manufacturière et au secteur automobile en particulier. Pourquoi ? Parce que ce secteur a bénéficié des bonus sur les petits modèles et de la prime à la casse. C’est à dire grâce aux rares injections faites au bénéfice de la consommation. Car tel est bien le constat, c’est par le redémarrage de la consommation que la croissance reprend aussi faibles qu’aient pu être les moyens injectés par l’Etat notamment au travers de certaine prestations sociales. Lorsque la gauche proposait d’utiliser ce levier pour faire face à la crise Sarko et ses boys levaient les bras au ciel et pourtant c’est bien dans ce sens qu’il faut aller et ce n’est pas trop tard.

Philippe Dibilio.

01/12/2009

C’est la danse des taxés !

Canards.jpgDe leurs voix éraillées ils chantent l’antienne sarkozyste du moment sur les collectivités territoriales mal gérées. Avant-veille d’élection au goût de fin de banquet si peu républicain. Accents poujadistes.

À l’instar de Lefèbvre, ils vomissent la même goualante. Sans retenue. Oublieux de leurs turpitudes et des transferts de compétence sans transferts de moyens adéquats. Oublieux des promesses faites. Ivres de com’, ils s’amusent à décerner des Satanas d’or, d’argent ou de bronze. Sans entendre que c’est la danse des Canards qui leur sert d’hymne national.
« C’est la danse des canards – qui en sortant de la mare – se secouent le bas des reins – et font coin-coin »
Passons sur les canards, l’à-peu-près serait trop facile, et regardons un peu la mare de lisier dont ils sortent : presque 20 taxes nouvelles créées depuis 2007 par le jars qui nous mène :

Et une taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards), coin-coin !
Et une taxe sur les assurances et les mutuelles (1 milliard), coin-coin !
Et une taxe sur l'intéressement et la participation (400 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les stock-options (250 millions), coin-coin !
Et un p’tit coup de franchises médicales (850 millions), coin-coin !
Et une augmentation des cotisations retraite (150 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la publicité des chaînes privées (incalculable), coin-coin !
Et une taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions), coin-coin !
Et une taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les ordinateurs (50 millions), coin-coin !
Et une taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions), coin-coin !
Et une taxe sur le poisson (80 millions), coin-coin !
Et une taxe sur les huiles moteurs (44 € par tonne de lubrifiant), coin-coin !
Et une taxe sur les imprimés publicitaires (incalculable), coin-coin !
Et une hausse de la redevance télévision (20 millions), coin-coin !
Et une taxe sur la téléphonie et internet (80 millions minimum), coin-coin!
Et une taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 € par an par auto), coin-coin !

Sans compter les coin-coin du chèque transport qui n’a pas encore de plan de financement, la future taxe carbone, Hadopi...

Quand ils ne chantent pas, ils parlent doctement d’identité française. Ils y glissent quelques à-peu-près sur l’immigration. Espérant que le peuple s’amuse et oublie le chômage qui enfle et la République qui coule.

Jean-Paul Schmitt

 
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