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31/05/2010

Au nom du réel

Jean-Baptiste_Marie_Pierre_-_Vieillard.jpgSouvent, et à juste titre, on ne peut qu’être, si ce n’est effrayés tout du moins peinés, par l’irréalisme mêlé de populisme de certains secteurs de la gauche. Le refus de se coltiner la réalité telle qu’elle se présente demeure la maladie sénile d’une partie de la gauche et il est heureux de constater, en particulier au sein du Parti socialiste, que l’idée de se confronter à la réalité telle qu’elle s’impose, est très majoritaire. C’est ce que certains nomment le socialisme réformiste.

Concernant la question des retraites, c’est malheureusement parmi ceux qui ont pour habitude de convoquer le réel que l’on semble parfois faire le moins de cas de la réalité des choses. Dans cette réforme que touche par touche Sarkozy nous invite à adouber, les secteurs qui militent en général pour un socialisme fondé sur le réel sont paradoxalement ceux qui refusent, au nom d’une certaine idéologie, de voir la réalité dans toute sa nudité. En effet dans le combat des retraites qui s’offre à nous le réalisme ne peut que se conjuguer avec la lutte contre les inégalités et l’injustice.

Cette réforme des retraites qui va être proposée par la droite correspond ni plus ni moins qu’à pénaliser les ouvriers et les employés car repousser l’âge légal de 60 à 62 ou 63 ans c’est punir ceux qui connaissent les carrières les plus longues combinées la plupart du temps avec les salaires les plus courts. Par ailleurs en repoussant la décote au-delà de 65 ans, probablement vers 67 ou 68 ans, c’est également pénaliser les mêmes couches qui pour jouir de retraites à taux pleins devront s’user au travail jusqu’à des âges frisant leur espérance de vie. Face à cette situation aggravante et injuste, la réalité qui frappe les plus riches est autrement plus enviable puisque chacun sait que leurs niveaux d’imposition devraient être, au pire, proche de celui de l’avant bouclier-fiscal. Enfin, toujours au chapitre de l’injustice, nous savons que pour les carrières les plus courtes, celles des femmes par exemple, les inégalités risquent d’être encore plus criantes.

Face à ce projet gouvernemental, c’est donc au nom du réel que nous devons construire une opposition. Même si dans ce débat certains secteurs de gauche charrient encore leurs options démagogiques et populistes, ce n’est probablement pas une raison pour aller se perdre, au nom de je ne sais quel réalisme, dans des discours incompréhensibles qui, à tort ou à raison, apparaîtront inévitablement comme les cache-sexes de politiques injustes.

Lyon, le 31 mai 2010

Image: DR

19/05/2010

Les jours heureux

SarkoCNR.jpgLe 16 mai au plateau des Glières. Pas de banderoles. Pas de slogans. Pas de badges. N’en déplaise à la presse taiseuse qui parle du rassemblement de Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui comme d’un rassemblement anti-sarkozyste. Dans les interventions, rien que des témoignages avec des mots clairs : liberté, égalité, fraternité, progrès social, solidarité, service public, république… Des mots qui se heurtent durement au réel. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy se rend chaque année aux Glières pour y saluer la mémoire des maquisards massacrés en mars 1944 par les nazis et les miliciens français. Ce qui, au premier abord apparait comme normal et légitime, révèle à l’examen une instrumentalisation de l’Histoire quand il situe son action dans le droit fil « du Conseil National de la Résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française » (publié en mars 1944 sous le titre Les jours heureux, le programme du CNR annonçait un ensemble formidable de réformes économiques et sociales parmi lesquelles la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse).

Non, aux Glières les 15 et 16 mai 2010, pas besoin de slogans, pas besoin de banderoles, pas besoin de badges. Il suffisait d’entendre les témoignages d’actions de résistance vraie, collectives souvent, individuelles parfois, toujours subordonnant la légitimité de la dignité humaine à celle des règles établies ou des législations indignes. Non, l’esprit qui soufflait-là n’était pas celui de la revanche, mais celui de la résistance, autrement plus difficile.

À 1500 mètres d’altitude, par deux ou trois degrés et une neige timide aussi tremblotante que nos guiboles, nous étions trois mille, une trentaine des Monts du Lyonnais, à écouter durant plus de deux heures les témoins qui se sont succédés sur la petite tribune de fortune. Applaudissements. Émotion au souvenir de ces morts souvent très jeunes, aujourd’hui glorieux, mais que radio Paris qualifiait alors de « ramassis de lâches communistes et terroristes étrangers ».

À méditer, parmi les mots entendus, ceux de Serge Portelli, vice-président du tribunal de Paris et membre de l’Appel des appels. « Nous sommes dans un État-limite, situation intermédiaire où nous ne sommes ni dans la démocratie ordinaire, ni dans la dictature, mais où l’on trouve tous les ferments d’un basculement possible. ». Il déclarait dans un ouvrage récent : « l’État-limite conserve l’architecture de la démocratie. Nous voyons fonctionner un Parlement, des élections ont lieu, les médias existent, la justice juge, les oppositions s’expriment. Mais le régime se caractérise par une excitation, une agitation extrême qui contredit violemment le cadre visible des institutions. L’appareil d’État fonctionne de façon inhabituelle. Sur la base d’une idéologie inquiétante et démagogique, se développent une volonté d’absolu dans les résolutions, un extrémisme dans les positions, une impulsivité dans la parole, une agressivité dans l’action, qui se traduisent par une exacerbation permanente de la violence d’État. Les frontières sont tutoyées, dépassées même parfois, préservées souvent grâce à une mobilisation de plus en plus massive des forces démocratiques. L’État-limite, c’est – version optimiste – un équilibre très instable et précaire ou – version pessimiste – un déséquilibre permanent et dangereux. » (www.ldh-toulon.net/spip.php?article3836).

Jean-Paul Schmitt

29/04/2010

Même plus cap

dominique-strauss.jpgLe fait est suffisamment tenace pour que l’on s’y penche une fois de plus. Quand Dominique Strauss-Kahn déclare, « je dirige une institution internationale. Je suis heureux de ce que je fais. Je n’ai pas d’autre projet. Peut-être que je resterai encore au FMI pendant des années et des années, qui sait ? », il y a toujours une cohorte de spécialistes autoproclamés et de dévots aveuglés pour nous dire que de tels propos sont bien la preuve que l’ancien député de Sarcelles est candidat à la candidature pour les présidentielles de 2012. Il va pourtant falloir s’y faire. Au train où vont les choses, DSK ne sera pas candidat aux dites présidentielles, il devrait donc rester en transit à Marrakech, entre Paris et Washington, laissant les Cambadélis, Le Guen et toute la tribu à leurs destins les plus divers. The brain, l’idole des droites, le plus brillant des socialistes, l’ami des puissants, le charmeur, celui qui a effacé les frontières entre politique et argent va donc renoncer parce que la fonction présidentielle n’est pas un don mais un combat. Le regain d’agitation actuel atteste bien entendu de cette donne qui se précise de jour en jour. Puisque DSK préfère épuiser les charmes du FMI plutôt que d’affronter les difficultés d’un incertain combat électoral, peu à peu les candidatures se ramassent à la pèle au point que, grand rénovateur devant l’éternel, Arnaud Montebourg va devoir imaginer un processus d’organisation des primaires particulièrement alambiqué. Cela promet !

Lyon, le 29 avril 2010.

28/04/2010

Primaires primaires ?

SégoRostand.jpgÀ en croire le bel Arnaud, elles permettront en toute transparence et après une campagne très ouverte de choisir le meilleur candidat pour représenter la gauche dans son acception la plus large lors des prochaines échéances de 2012. Adviennent donc les primaires pour que l’on choisisse le meilleur candidat ou la meilleure candidate !

À écouter et à entendre - dans ces primaires dont les militants du PS ont demandé qu’elles soient ouvertes - les valeurs qui sont celles des postulantes et postulants (sans réelle surprise gageons-le), les objectifs prioritaires (plus difficile), les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs (encore plus difficile, compte tenu de la dette et de la crise). Une sacrée foire d’empoigne se prépare-là à n’en pas douter. Après l’indispensable castagne des idées, il faudra des soins d’urgence. Le temps du mercurochrome et de la poche à glace sera court avant de rejoindre l’équipe plus vite que des joueurs de foot taclés après le pschitt-pschitt miracle du soigneur. D’autant plus vite que les fameuses primaires auront lieu assez tard en 2011 pour satisfaire les tenants de DSK, dont notre cher Gérard semble fan si j’en crois les récentes déclarations qu’il a faites sur la chaine Public Sénat, le 22 avril dernier. I want my DSK back dit GC qui déclare « À mon avis c’est le meilleur pour faire à la fois une politique économique crédible et performante et faire de grandes réformes sociales ». Ouf ! Voici l’homme providentiel nouveau. Qui l’eu cru ? GC nous l’a pourtant dit dès le 25 mars sur son blog : « Au regard du projet réformiste que j’appelle de mes vœux, Martine Aubry est aujourd’hui trop conservatrice. » sans oublier d’ajouter aussitôt, in cauda venenum, « Quant à Ségolène Royal, elle avance trop en zigzag pour pouvoir ranimer cette flamme qui a fait autrefois son succès. » Le tacle sur les gambettes des miss a lieu avant même d’entrer sur le terrain.

Primaires, vous avez dit primaire ? Comme c’est primaire…

Et si on laissait se jouer le match devant deux ou trois millions de citoyens ?

Quant à parler du flair politique soi-disant sinueux de la sorcière du Poitou :

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme !

En variant le ton, par exemple, pour plaire :

Agressif : « Moi, Madame, si j’avais un tel flair,

Il faudrait tout le temps que je me mouchasse ! »

Timoré : « Trop souvent vos intuitions nous glacent,

Souffrez Madame, que pour d’autres on retape ! »

Descriptif : « C’est du toc !... C’est le hic !... C’est du rap !

Que dis-je, c’est du rap ?... Cette fraternitude ! »

Sentencieux : « Martine, Fabius ont des études

Que gênent Madame votre persévérance ! »

Amical : « Laissez Madame vos espérances

Les planches des tréteaux sont si souvent glissantes ! »

Jean-Paul Schmitt

22/04/2010

Mouvement, # 55

couv_55_enkiosque.jpg

Retour à la normale après mon épisode volcanique et quelques larmes pour un pays qui en est réduit à avoir des chefs d’escadrille comme Borloo et Bussereau pour faire face à de telles situations. Quelques mots donc pour évoquer le sort de la culture, un truc désormais quasi perdu pour la cause, autant dire un département ministériel qui pourrait être confié à Bussereau si d’aventure l’UMP arrivait à chasser Mitterrand du gouvernement.

« Avis de décès : sans fleurs ni couronnes, le ministère de la culture est mort dans sa cinquantième année », telle est la formule qui ouvre l’intéressant dossier « Culture, en attendant le crash » proposé par la revue trimestrielle « Mouvement ».

Il faut dire qu’entre les propos, parfois contradictoires mais toujours inquiétants, de Nicolas Sarkozy et ceux zélés et culpabilisateurs de son ministre funambule Mitterrand (Frédéric), « Mouvement » tape juste en proposant une sorte de panorama peu encourageant de la politique culturelle menée au plan national. En laissant la parole à des personnalités avisées mais parfois peu exposées comme Jacques Livchine (Théâtre de l’Unité), François le Pillouër (président du syndicat national des entreprises artistiques et culturelle) ou Emmanuel Wallon (professeur de sociologie à Paris-Ouest Nanterre) la revue artistique qui se veut indisciplinée apporte un point de vue rugueux dans un débat qui, convenons-en, a bien du mal à émerger. A l’instar de ce que tente ces temps-ci « Mouvement » il serait très certainement indispensable que converge un mouvement tout à la fois de contestation de la politique culturelle sarkozyste mais aussi les premiers éléments d’une relance de l’action culturelle dans ce pays. Ce qui s’élabore dans les régions et les grandes villes et agglomérations doit être pris en compte mais nullement suffisant pour définir la totalité des politiques culturelles de demain. Au travail si nous voulons qu’une nécessaire alternance réveille ce pays.

  • > « Mouvement », n° 55, avril-juin 2010, 9 euros.

Renseignements sur www.mouvement.net ou au (0)1 43 14 73 70

Lyon, le 22 avril 2010.

21/04/2010

À la niche !

Copéniche.jpgChaque chien a sa niche. C’est son repaire à lui. Tous les toutouphiles vous le diront, le chien aime la présence des personnes de SA famille et apprécie que SA niche soit près d’elle. Tous savent aussi qu’il faut éviter d’exciter le toutou lorsqu’il s’agit de sa niche. Il déteste ça. Surtout quand on lui a confié le rôle de gardien de la maison. S’il s’agit de construire la niche, se souvenir qu’elle doit lui ressembler. Conséquence immédiate – si le chien est suffisamment savant et dressé – faites la lui construire lui-même. S’il ne le fait pas pour son propre usage, il le fera pour ses compagnons.

J’en connais un, très propret sur lui, très belles dents, très photogénique qui l’a fait. Si, si ! Il faut dire qu’il a passé quelques temps dans une niche déposée et consignée, nourri aux croquettes Dexia et qu’il a déjà officié, poils noirs brillants et discrète collerette blanche, très affairé dans l’une des plus belles niches de France avant d’être un des cabots les plus médiatisés du monde politique.

La niche de Copé est un os à 22 milliards… Dans le chenil gouvernemental, ça fait tache.

Songez donc : en trois ans elle a coûté à elle seule le tiers du prix de toutes les niches de France. Si vous traduisez en langage wouah-wouah sa notice de montage, c’est assez compliqué. En traduction simplifiée : si une société (pas forcément canine) fait une plus-value en vendant une de ses filiales ou des titres de participation qu’elle détient depuis plus de deux ans, on lui fait cadeau de son impôt sur les sociétés. Tous les cadors de Bercy ont juré que cela allait faire venir plein d’entreprises (soi dit en passant grâce à un dumping fiscal pas très pro-européen) dans notre beau pays.

Du monde il y en a eu. Personne ne sait s’il est venu s’installer, mais ce qui est sûr c’est que, parmi les principaux bénéficiaires, figurent des fonds d’investissement spécialisés dans les opérations de rachat et de revente rapide d’entreprise achetées par endettement (en langage canin cela s’appelle des opérations de LBO) qui de toute façon auraient réalisé leurs opérations, souvent de destruction sociale. Et c’est double bingo pour Bolloré, Lagardère, Danone, Suez et autres fonds type PAI Partners et banques diverses. Pas pour des PME ni des TPE. Pas pour des start-up. Pas pour des chefs d’entreprise que la collectivité pourrait légitimement aider. Mais pour des boîtes déjà, heureusement, bien profitables. Rien que pour Danone, l’os donné en cadeau a été d’un demi milliard d’impôt qu’elle aurait dû payer si Copé n’avait pas construit sa belle niche. 

Dans le même temps, Copé en bel animal libéré et libéral, continue à aboyer ; à belles dents, il a détruit la petite niche des accidentés du travail. Gain net selon le cabot : 120 millions d’euros.

Jean-Paul Schmitt

02/04/2010

Un, deux, trois Estrosi

estrosi 2.jpgAlors que leur Président de champion plonge dans les sondages, que la grogne gagne les députés et que certaines personnalités umpistes font la trogne, la garde rapprochée du Sarkozysme tente de se mettre en ordre de bataille. Face au remuant Copé, c'est directement par le biais d'un Conseiller Elyséen, Olivier Biancarelli, que s'organisent les quelques troupes encore totalement acquises au président le tout sous le regard affectueux de Xavier Bertrand et de Frédéric Lefebvre. Regrettant la faiblesse politique du gouvernement à l'occasion d'un briefing destiné à remonter le moral de quelques députés, Xavier Bertrand aurait dit, tout en le regrettant, "on ne peut pas cloner Christian", entendez par là Christian Estrosi. Rendez-vous compte ces types sont tellement dans la mouise qu'ils seraient disposés en le clonant, à nous fourguer trois ou quatre Estrosi dans le gouvernement histoire de rendre l'aéropage de Fillon plus politique. Imaginez ce gouvernement dont ils rêvent et qui comprendrait, à l'instar des clones du Commandant Sylvestre dans les guignols de l'Info, une demi-douzaine d'Estrosi. Quand on nous dit que le Sarkozysme est malade, je n'osais imaginer que cela puisse l'être autant.

Lyon, le 2 avril 2010.

26/03/2010

Mercenaire

eric-woerth-municipales-2008.1209985754.jpgTout a été dit et redit depuis le début de la semaine à propos de ce remaniement liliputien spécialement dédicacé à l’UMP. Le débarquement dans la douleur d’un Xavier Darcos au destin Versaillais. Amara et Besson sauvés peut-être pour la dernière fois des eaux boueuses du marigot majoritaire. Petite pincée de Chiraquisme, Baroin étant désormais en charge de l’abyssal déficit qu’il dénonçait hier. Zeste de Villepinisme avec la récupération de l’homme Tron, un Libéral pur-sucre chargé de compter fleurette aux fonctionnaires. Copé en embuscade et Sarko se projetant déjà en 2011 avec ce qui sera alors le véritable remaniement du mandat, une opération destinée à prolonger le bail du Président.

Taxe carbone en fumée, pleurnicherie de la championne de karaté et silence coupable de Borloo. Ministres pour l’essentiel encore pétrifiés de toujours l’être, Bertrand adoubé, en vérité le plus important dans toute cette affaire s’appelle Woerth le mercenaire embauché pour faire le sale job sur les retraites, ce comptable que Sarkozy veut reconvertir en boucher du pacte social. Avec Eric Woerth, il va y avoir du sang, quelques larmes et beaucoup de sueur. Woerth est affûté, à lui de faire reculer les forces syndicales et leurs mandants, à lui de prendre les coups, de recevoir les quolibets de la rue quitte à jouer les martyrs. Ministre du budget, il a creusé les déficits comme d’autre leur tombe, Ministre des affaires sociales il sera celui capable de faire reculer, sans états d’âmes, les acquis sociaux en particulier en matière de retraites. Woerth est celui qui devra offrir à Sarkozy, sur un plateau, la réforme capable d’assurer la résurrection d’un président qui songera alors peut-être à lui confier les reines d’un futur gouvernement.

En attendant, Villepin et Patrick Sébastien ont fait hier l'actualité, le second n'étant pas nécessairement le plus rigolo des deux.

Lyon, le 26 mars 2010.

Photo: DR

19/03/2010

Changement de séquence en vue

Sarkozy NB.jpgPartant du principe que le président de la république n’est pas, loin de là, un perdreau de l’année, nous pouvons considérer qu’entre ces deux tours des élections régionales, Nicolas Sarkozy est désormais persuadé de ce nouvel adage, « à scrutin régional, conséquences nationales ». L’homme qui voulait décomplexer la droite en promettant d’en découdre avec Mai 68, de réformer – comprendre de faire reculer le plus d’acquis possibles -, de promouvoir « la valeur travail » se retrouve dans une mauvaise passe dont il n’est plus certain de se sortir d’ici les prochaines présidentielles. Autrement dit, ce qui apparaissait il y a quelques temps encore comme une évidence, Sarkozy se succédant à lui-même, n’est plus du tout une certitude tant le petit génie du bricolage qui siège à l’Elysée est en situation inconfortable à l’égard du pays comme de sa majorité.

Dès lundi matin, le pays rentrera définitivement dans la séquence politique des présidentielles. Nicolas Sarkozy n’aura d’ailleurs guère que quelques mois pour inverser une tendance pour le moins défavorable et il n’est plus certain que l’ensemble des propos contenus dans l’interview du Figaro Magazine de samedi dernier continuent d’être d’actualité d’ici là. Si l’actuel Président n’arrivait pas à remonter la pente dans des délais relativement contraints il n’est plus sûr et certain que sa candidature pour un second mandat s’imposerait sauf si l’actuelle opposition, Parti Socialiste en tête, demeurait dépourvue de réponse globale, crédible et donc réaliste. Il y a quelque peu, à l’occasion de la disparition du leader travailliste anglais Michael Foot, certains faisaient état de son programme pour les élections de 1983 jugé alors comme très à gauche. Un programme dont la pureté n’avait d’égal que l’échec retentissant puisque il n’avait permis, face à Thatcher, de recueillir l’adhésion de seulement 30% des électeurs. Un programme qui restera dans la mémoire du socialisme anglais comme, « la plus longue lettre qu’un suicidé ait jamais écrite ».

Lyon, le 19 mars 2010.

18/03/2010

Ce n’est qu’un début, la campagne continue.

prof foi queyranne 2e tour copie.jpgOn grogne à l’UMP. De Rachida Dati à Juppé, de Christine Boutin à Debré, on critique au point que ces nouveaux rouspéteurs commencent à énerver le château et à être dans le collimateur de Sarkozy et de Fillon. Même Longuet le patron des sénateurs UMP nous dit qu’une fois le 2ème tour passé, il va y avoir des explications. Apparu, ce sous-ministre et bon soldat Sarkozyste évoque quant à lui le risque d’autisme pour l’UMP. Bref, si officiellement tout va normalement mal le réveil post-électoral risque d’être troublé dans le parti de la majorité présidentielle. D’ailleurs les Copé et autres Morin ne s’y trompent pas. Ils se réfugient dans un silence prudent car la machine à claques risque de fonctionner dans les semaines qui s’avancent avec un certain Sarkozy à la manœuvre.

En attendant que le président patauge dans les sables mouvants il convient de ne pas assister à cette débandade comme à un spectacle. Le job n’est pas terminé. Les élections régionales ne sont pas gagnées pour la gauche et les écologistes. 6 duels, 15 triangulaires et une quadrangulaire attendent et il conviendrait de ne pas se laisser gagner par les effets pervers d’un euphorisant premier tour.

D’ailleurs, dès ce soir on remet le couvert. Jean-Jack Queyranne, Philppe Meirieu, Elisa Martin et l'ensemble des co-listier(e)s tiennent meeting. C’est à Villeurbanne au CCVA du Cours Emile Zola (métro Flachet) sur le coup de 19 heures.

Nous y serons.

Lyon, le 18 mars 2010.

16/03/2010

Message

regionales 2004.jpgComme à l’occasion de chaque élection les français ont adressé leur message et en général il reflète l’air du temps de manière simple et empreinte de bon sens. Comme à chaque élection on se dit qu’il faut l’entendre et mieux encore l’écouter. Encore faut-il le décrypter. Et comme après chaque élection chacun peut y aller de son analyse ; alors allons y ! Sans aucun doute le premier tour des régionales est un échec pour Sarkozy et sa tactique d’alliance de toutes les formations de la majorité mais au-delà c’est aussi un vote sanction y compris de la part des électeurs de droite.

Sans aucun doute c’est aussi une victoire du PS qui retrouve sa place de leader dynamique au cœur d’une gauche redevenue combative. Une gauche qui intègre aujourd’hui des écologistes plus « responsables » et prêts à s’inscrire dans un processus de gestion en particuliers des régions. Et sans aucun doute enfin c’est un succès pour Martine Aubry qui a su, quoiqu’en pensent certains, redonner nationalement une image cohérente du PS.

Mais une fois ceci dit il faut bien se poser les deux vraies questions : celles de l’abstention et de la remontée du FN. Si pour l’abstention on peut évoquer pour partie une bouderie de l’électorat de droite au vu des zig zag de la politique de Sarko par rapport à ses fondamentaux, il faut bien convenir qu’elle reflète aussi autre chose. Et en premier lieu une rupture entre le politique et le citoyen. Le mécontentement réel, en particuliers des couches populaires, ne s’exprime plus majoritairement par le vote à gauche, ni même à l’extrême gauche si l’on en juge par les résultats de LO et du NPA alors que nous traversons une période où les luttes sociales se durcissent. Et ce n’est pas l’OPA, au demeurant réussie, de Mélenchon sur le PC qui infirme la tendance. Dès lors le bulletin de vote perd sa signification et se dilue dans l’abstention. Mais les choses vont encore plus loin, en particuliers dans les milieux populaires, où il se transforme en vote FN. Car c’est là aussi une donnée du scrutin le FN relève la tête d’abord dans les cités et sur l’humus du désespoir et de la colère des couches populaires exposées à la crise et à l’injustice triomphante. Il est donc grand temps de renouer le dialogue avec ce peuple qui souffre et ce ne sont pas les propos convenus prononcés au soir du premier tour qui suffiront. Il faut afficher clairement les propositions pour demain et se positionner sans ambage vis-à-vis du système . Il faut le faire avec des mots simples, avec des mots plu proches de ceux qu’utilise Georges Frèche que ceux des pensionnaires de Normal Sup ou de l’ENA.

Je twisterai les mots s’il fallait les twister chantait Jean Ferrat, peut être convient-il aujourd’hui de passer par le RAP ou le SLAM à condition que ce soit le langage de la clarté et de la sincérité. L’essentiel étant de renouer le dialogue qui permettra d’aller vers le changement.

Philippe Dibilio

15/03/2010

A créteil

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« Nuit et brouillard, Potemkine, Camarade, Ma môme ou encore La montagne, c’est cela Ferrat » a dit justement le Ministre de la Culture parlant d’un, « mélange d’engagement politique, de fraternité et d’amour ». Le Ministre samedi a donc visé juste, en tout cas beaucoup plus que Martine Aubry disant que Ferrat « était un hymne à la résistance » ou qu’un Sarkozy semble-t-il enfin libéré de la disparition « d’une conception intransigeante de la chanson française ». (Sic !)

Politique et amour, avec Ferrat disparaît un chanteur populaire et populiste à l’instar de ce qu’était  « Ma môme »

 

« Ma môme

Elle joue pas les starlettes

Elle porte pas des lunettes

De soleil

Elle pose pas par les magazines

Elle travaille en usine

A Créteil. »

Pour le reste, il y a bien longtemps que Ferrat appartenait plus à Drucker qu’à la place du Colonel Fabien.

Lyon, le 15 mars 2010.

02/03/2010

Crise de nerfs

C’est une histoire aussi saisissante que vraie que m’a racontée l’autre jour Hélène Geoffroy, conseillère générale socialiste de Vaulx en Velin. Lors d’une assemblée générale des salariés de l’entreprise Florence et Peillon, une entreprise industrielle en difficulté, mais c’est là aujourd’hui un pléonasme tant le monde de la finance soutenu par le gouvernement a pris le pas sur l’industrie malgré les discours toujours ronflants de Sarkozy.

Lors de cette assemblée générale on annonçait la liste des personnes licenciées. Soudain l’une des salariés est prise d’une violente crise de nerfs et doit être conduite d’urgence à l’hôpital. C’est le choc de la perte de son emploi pense-t-on alors. Et bien non c’est parce qu’elle n’est PAS sur la liste des licenciés que cette personne a craqué. Voila bien une situation qui interpelle sérieusement. On peut d’ailleurs la rapprocher de l’action de ces travailleurs de Meyzieu qui ont retenu leur direction non pour maintenir leur emploi mais pour obtenir une prime supra légale de licenciement. Ainsi donc les salariés ont aujourd’hui intégré le déclin de l’activité et ne posent plus vraiment dans une perspective inverse. Dès lors le montant de la prime de licenciement devient l’objet principal des luttes du désespoir. Le « no future » est entré dans les mœurs. Derrière cela il y l’endettement des familles qui, avec cette prime, effacent pour un temps l’ardoise ; quant à demain on verra bien, on fera avec. Voila qui modifie complètement l’approche des luttes sociales aujourd’hui et il n’est pas étonnant que les actions pour des hausses de salaires reviennent plus fort à l’ordre du jour.

Voila qui doit aussi amener le monde syndical et la gauche à se pencher sur le problème et à proposer des issues totalement revisitées aux conflits sociaux. Quant aux perspectives politiques elles ne pourront pas se résumer à des propositions économiques construites au tableau noir par quelques experts fussent ils internationaux. La situation exige au contraire un vrai travail de fond qui passe par une analyse approfondie de ce qui fait craquer une salariée parce qu’elle n’est pas licenciée.

Philippe Dibilio

20/02/2010

Cochon de Brest


Sarkozy un petit cochon ? De Villepin se lâche !
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Les trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Le premier petit cochon se construit une maison de paille. Le deuxième petit cochon se construit une maison faite de brindilles. Le troisième petit cochon se construit une maison de briques et de ciment. Le grand méchant loup parvient à détruire les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon. Pour faire sortir le cochon de sa maison, le loup lui propose d’aller chercher des navets avec lui, mais le cochon sort tôt le matin et rentre chez lui avec des navets avant l’arrivée du loup. Le loup propose au cochon d’aller cueillir des pommes, le cochon lance une pomme très loin et se sauve chez lui pendant que le loup court après la pomme. Le loup propose ensuite au cochon d’aller à la foire. Arrivé le premier à la foire, le cochon achète une barrate. Sur le chemin du retour il voit venir le loup, il se cache alors dans la barrate qui dévale une pente et fait peur au loup. Ce dernier décide alors de rentrer chez le cochon par la cheminée, il tombe dans une marmite de soupe et s’ébouillante. Le cochon le mange pour son dîner.

Si ce troisième cochon se prénommait « Nicolas », Dominique de Villepin devrait donc se méfier sauf à se rêver finissant dans la soupe aux choux du Président.

Lyon, le 20 février 2010

(Texte emprunté à wikipidia)

 

08/02/2010

Spleen

200px-%C3%89ric_Besson.jpgC’était il y a un peu plus de trois mois. Sur commande présidentielle, le dévoué transfuge Besson lançait son « grand débat sur l’identité nationale » avec pour mission de draguer quelques électeurs du Front National et de pourrir le débat public à quelques encablures des élections régionales.

Aujourd’hui, le gouvernement tient séminaire sur ce sujet. Attention, il ne s’agit pas du grand barnum dont rêvait, illuminé par la pensée présidentielle, l’appliqué Besson. C’est même tout le contraire, en guise d’évènement, Fillon va bénir ce que désormais beaucoup de monde à droite souhaite être une cérémonie des obsèques et le pauvre Besson doit ranger ses rêves de grandeur ministérielle dans le fond de sa poche. Accusé d’en avoir trop fait, d’avoir joué perso, d’être ingérable, le traitre devenu numéro 3 de l’UMP affiche une bobine des mauvais jours. Il faut dire qu’il y a peu, notre ministre, euphorisé par son débat avec Marine Le Pen, s’est retourné et n’a vu personne le suivre. Même Sarko qui devait pourtant présider ce fameux séminaire s’est fait porté pâle laissant en plan le ministre. En proie à des attaques Umpistes qui fusent, tricard et abandonné, le bon caporal Besson ne cesse pourtant de répéter qu’il assume, qu’il assume tout au point qu’il va se mettre à assumer même ce qu’il n’a pas encore eu le temps de faire.

Sur ce champs de bataille de l’Identité Nationale, le soldat Besson traîne son spleen et sa solitude et il n’est pas certain qu’à droite grand-monde songe à le sauver.

Lyon, le 8 février 2010.

Photo: Luc Legay

 
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