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10/06/2009

Le PS aux urgences

Collombis.jpgJ’ai voté PS sans regret, sans difficulté, mais avec appréhension. Résultat presque attendu : une déculottée.

Gérard Collomb avait raison - et d’autres avec lui - lorsqu’il dénonçait une gouvernance PS « hors sol » depuis Solférino. C’était déjà vrai avant Martine Aubry, même si – tirée à hue et à dia comme elle l’est par les alliances contre-nature issues du congrès de Reims – sa direction laisse du mou dans la corde à nœuds. Son parachutage de Vincent Peillon sur la grande région Sud-Est pour faire de la place dans le Nord à son poulain lillois n’était probablement pas d’une intelligence politique de tout premier ordre, quoique Peillon soit l’un des plus brillants socialistes actuels. En témoigne entre autres son discours au Double-Mixte à Villeurbanne le 3 juin. Il a été l’un des meilleurs de tous ceux que des responsables socialistes ont prononcés depuis longtemps. Du Jaurès mâtiné de Mitterrand avec un zeste de Badinter. Vincent Peillon est certainement l’un des atouts majeurs pour que le socialisme français nous sorte un jour de ce pouvoir actuel qui caresse les citoyens d’une main et les bastonne de l’autre.

Ceci étant, pour le moment c’est très mal parti pour que ce pouvoir change de mains. À la veille de la catastrophe électorale de dimanche, lors de son dernier voyage au Japon, Gérard Collomb disait « Je vais créer ma PME pour apporter ma pensée au PS, comme j’ai créé ma PME pour prendre la ville de Lyon ». C’est à une sacrée entreprise de clarification et d’explication aux Français qu’il faut s’atteler d’urgence et il y faudra une PME bigrement performante et super innovatrice !…

Je lisais dans le Monde du 9 juin qu’il réclamait « une clarification qui passe par un rassemblement des réformistes contre les archéos ». Il a mille fois raison. Il y a urgence car, comme disent les juristes et les journalistes qui manient à merveille la novlangue, « le pronostic vital est engagé » : si dans les toutes prochaines semaines aucune mesure efficace n’est prise, le PS entre en soins palliatifs.

S’il y a urgence à se positionner clairement, comme il le dit justement, je crains cependant que cela ne suffise pas.

Cela ne suffira pas car il faut aussi un autre fonctionnement institutionnel de ce parti. Le PS vit de plain-pied dans des institutions où il y a prime en sièges à la formation arrivée en tête alors qu’il continue à fonctionner sur une représentation à la proportionnelle totale. C’est intenable et entraîne inévitablement des tractations obscures d’appareil. Des tractations déconnectées des idées votées. Le funeste congrès de Reims l’a démontré ad nauseam.

Cela ne suffira pas car il faudra aussi un autre langage que cette langue morte qui récite des catéchismes où le monde ne retrouve pas son actualité : la planète, la sécurité, l’entreprise, le monde rural, pour n’en citer que quelques-uns. Une langue morte qui dans les défilés chante l’Internationale de lendemains déjà vécus, mais où le monde ne retrouve plus les accents qu’il attend et le sens d’une utopie neuve.

Jean-Paul Schmitt

08/06/2009

L'avertissement

Martine Aubry NB.jpg

Nicolas Sarkozy et Daniel Cohn-Bendit sont, chacun à leur façon, les vainqueurs, en France, de ces élections européennes. Inutile d’y revenir si ce n’est pour dire qu’ils incarnent l’un et l’autre le succès de stratégies personnelles, bien peu celles de leur Parti. Si l’UMP et les Verts souhaitaient se convaincre du contraire leur avenir devrait se révéler plus obscur qu’ils ne peuvent le penser.

Du côté des défaits, il s’agit bien entendu du PS et du Modem, on paye cash, avec ces résultats catastrophiques, les effets d’une posture artificielle d’opposants à Nicolas Sarkozy. Pour les uns comme pour les autres la preuve est faite que pour être crédible il ne suffit pas de se revendiquer de l’anti-sarkozysme encore faut-il le faire en s’appuyant sur un projet politique de sortie de crise novateur, enraciné et crédible.

Chacun tirera ses propres leçons mais pour ce qui concerne le Parti Socialiste la preuve est faite que l’obscur aréopage majoritaire sortie du funeste Congrès de Reims est dans la peine, incapable de partager en son sein autre chose que des accords tactiques d’appareil. Derrière les alliances nouées à Reims pointe un désarroi que même la langue de bois ne peut cacher. Il convient que le PS en finisse avec de tels mœurs et s’engage dans la définition d’une véritable clarification politique.

En matière de rénovation, il en va de même. Il faut en finir avec ces généralités jamais suivies d’effet. Hier Martine Aubry nous indiquait que « les choses avançaient ». Au même moment sur une autre antenne son n°3, Arnaud de Montebourg expliquait que « nous n’en sommes plus à rénover mais à reconstruire ». Qui croire ? Qui suivre ? Que penser d’un parti dont le chef de la minorité est le porte parole ?

Hier chacun expliquait que « le message était compris et partagé ». On verra bien mais ce scrutin peut être considéré comme un premier et ultime avertissement sans frais. Cela étant les élections régionales sont devant nous et il n’est pas acceptable que le travail impressionnant effectué par nos exécutifs régionaux puisse être mis en péril par un Parti en passe d’être disqualifié.

Espérons-donc que le message sera réellement « compris et partagé ».

--

NB: Demain soir, Mardi 9 juin, à l’initiative de la Société des lecteurs de Libération, débat sur « La crise de la presse et l’avenir de Libération »

19H, Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon, 1 Place de la Comédie (Métro Hôtel de ville)

Lyon, le 8 juin 2009.

05/05/2009

Cinco de mayo

1er mai lyon.jpgLe mois de mai est joli dans nos mémoires.

Mois de Marie pour d’anciens enfants de choeur et petites filles aux bas blancs. Adolescents chanteurs de mai ivres de printemps et courant les campagnes pour troquer leur goualante contre quelques piécettes ou un bout de saucisson et du vin. Mois de soulèvement pour les naïfs amoureux de ces plages de liberté que nous cherchions sous les pavés. Mois de défilés et de muguets cueillis sous les hêtres en bottes parfumées. Mois d’avènement aux liesses populaires colorées de roses rouges, place de la Bastille. Mois aux ponts multiples qui réjouissent les salariés au grand dam de leur patron. Mois de transition avant les grandes chaleurs qui suffoquent. Mois de dangers aussi, parfois comme ce Tres de Mayo de Goya aux couleurs de nuit.

Dans ce mai où les dates célèbres abondent, le 5 tient sa place :

> 5 mai 2009, la France est UMP, l’opposition est malade et sans pouvoir ; à Nîmes, le président de la république - dixit Barnier -« va donner le ton et présenter le projet » de l’UMP pour les élections européennes. Devant les affiches qui plagient Obama avec un « Quand l’Europe veut, l’Europe peut », les licenciés chantent l’Internationale pour oublier…
> 5 mai 2002, la gauche est KO debout. Hormis Lutte Ouvrière qui refuse de donner consigne, on vient de voter Chirac au deuxième tour de l’élection présidentielle ; à défaut d’un projet d’union nationale, la France aura Raffarin comme cocher…
> 5mai 1930, Gandhi le désobéissant est arrêté dans la nuit ; le non-violent déclare que son poing peut bien être brisé, le sel qu’il tient ne sera pas rendu volontairement. Il aura bientôt raison du colonisateur …
> 5 mai 1821, Napoléon meurt à saint Hélène. Un jour prochain, celui qu’Hugo appellera Napoléon le Petit lui succédera. L’histoire bégaye…
> 5 mai 1789 (juillet est proche), ouverture des états généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles ; on conviendra que cette date marque le début de la Révolution française…

    Choix arbitraire et de mauvaise foi de cinco de mayo, quand la grippe sévit pour nous faire oublier la crise ? Oui. Cinq fois oui.

    C’est le mai, le beau mai. C’est le joli mois de mai.

    Jean-Paul Schmitt

    14/04/2009

    L’abeille et l’archiVert.

    Cohn Bendit abeille.jpg« Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre ».

    Daniel Cohn-Bendit, tête de liste des Verts aux prochaines élections européennes, recycle l’image dans son dernier livre « Que faire ? ».

    Il attribue la métaphore à Einstein. C’est paraît-il sujet à caution et il n’est pas sûr que le cher Albert à la langue bien pendue ait effectivement affirmé cela...

    Voyons les arguments en faveur de la thèse.

    Il n’y aurait donc plus de miel à vendre dans nos échoppes ?

    Mais, fussent-ils quelque peu ours, les humains ne vivent pas que de cette pitance sucrée dont ils surent tôt faire de l’hydromel pour oublier leur dure condition.

    Les humains disparaîtraient ?

    Les Inuits – éminents humains aux traditions fortes et froides - n’ont que faire de la pollinisation.

    Peu importe ces arguties me direz-vous. Avec raison.

    Certes, les abeilles permettent la reproduction de plus de vingt mille espèces de plantes. Difficile aux bêtes et, partant, aux hommes de se nourrir si une telle reproduction s’arrêtait. La disparition de la petite bestiole qui était sur terre bien avant nous causerait un très grave déséquilibre de la chaîne de la vie. Mais, comme le dit fort justement Dany le Vert, la métaphore d’Einstein nous entraîne au-delà des alertes que les abeilles nous lancent par apiculteurs et chercheurs interposés.

    Mettre en réseau les intelligences est une pollinisation aussi incommensurable qu’essentielle. La dissémination du savoir peut allier les chercheurs, les artisans, les ingénieurs et faire que des initiatives individuelles fabriquent du collectif. Encore que, comme le dit Edgar Morin, tout ce qui est compartimenté résiste à la pollinisation ; les idées se répandent comme des pollens, mais ne germent que sur des terrains fertiles.

    Jean-Paul Schmitt

    30/01/2009

    L'armée de l'ombre

    besson.jpgMercredi dernier sortait sur nos écrans "Espions", un film de Nicolas Saada ayant pour vedette Guillaume Canet. En guise d'accroche de la campagne de promotion du film figurait cette formule, "chaque année, des centaines d'anonymes sont recrutés par les services secrets pour effectuer une mission".

    Samedi dernier sortait de la manche de Nicolas Sarkozy la nouvelle superprodruction de l'UMP, "le chouchou et le traître", avec dans les rôles titres Xavier Bertrand et Eric Besson. Nul n'a tenté le moindre rapprochement entre ces deux informations. Mise à part quelques protestations rapidement étouffées de députés UMP particulièrement bougons, la nomination du transfuge Besson à la direction du Parti Présidentiel semble être passée comme une lettre à la poste.

    En vérité, régulièrement, des dizaines d'anonymes socialistes sont recrutés par les services spéciaux du PS pour effectuer des missions à l'intérieur des lignes ennemies. Parmi ceux là, celui que l'on nomme le transfuge est assez représentatif du phénomène. Prototype du parfait anonyme, élevé par Jean-Marie Messier puis entraîné par Lionel Jospin jusqu'au jour de son exfiltration, Eric Besson est à placer au rang des grands aventuriers du mouvement ouvrier comme les Trepper et autres Valtin.

    Aujourd'hui avec ses réseaux, Besson contrôle les Affaires étrangères, la pauvreté, la politique de la ville, l'immigration, les marchés bourssiers. D'autres moins exposés que lui déterminent les voies et moyens de la croissance et même de temps à autre les réformes institutionnelles.

    Grâce à l'ensemble de ces camarades à qui l'histoire rendra un jour justice, le pouvoir Sarkozyste, quasi fantôche, est presque sous contrôle idéologique et la gauche est en passe de devenir hégémonique sur le plan des idées. Il suffit de constater les appels du Président pour la refonte du capitalisme, la liquidation des énarques, la promotion de la classe ouvrière, la chasse aux nantis et autres banquiers pour s'en convaincre. Désormais Jaurès et Blum triomphent et, sous peu, Max Gallo devrait devenir Secrétaire perpétuel de l'académie française.

    Depuis que je vous parle, des dizaines de ces anonymes viennent de rejoindre l'UMP et des centaines d'agents dormants n'attendent qu'un signe d'Eric Besson pour investir toutes les superstructures de l'appareil Umpiste. Leur combat est l'aurore de nos victoires. Par le don de son corps à la gauche nous pouvons dire qu'Eric Besson nous démontre que l'orient est rouge et qu'il va faire beau demain. Il n'était pas inutile de resituer le rôle de cette armée de l'ombre dans le mouvement général qui est en marche.

    Lyon, le 30 janvier 2009

    (Je sais que certains ne vont pas me croire mais la publication de ce billet le jour de la Sainte Martine est totalement fortuit)

    photo:DR

    10/01/2009

    Juré, craché

    benoit-hamon1191673979.jpg?w=201&h=307

    L’autre jour dans Libération je lisais cette brève qui rapportait les propos de Benoît Hamon au mensuel « Bretons » (sic !). Le numéro deux du PS y pourfendait, je cite, les supporters de Ségolène Royal qui

    « ont le sang ce poison de la division, dans des proportions que l’on n’a jamais connues auparavant ». « Je vois par exemple tous les jours, sur Dailymotion ou sur des blogs, des partisans de Ségolène Royal mettre en ligne des films, des podcasts ou de simples commentaires juste pour nous taper dessus ! Leur rage se focalise contre nous, et pas du tout contre la droite ».

    Poison, Rage, il n’y va pas de main morte notre porte-parole. Vous commencez à me connaître. Je me suis mis aussitôt à culpabiliser me disant qu’au détour de tel ou tel billet j’ai pu blesser, comme d’autres, Benoît Hamon et toute la nouvelle équipe dirigeante du PS. C’est décidé pendant huit jours, juré, craché, pas un mot sur nos camarades qui sont en première ligne du combat contre la droite. Ca nous mène au 19 janvier cette histoire. Sachant que le 19 je dirais le plus grand bien de Obama, ne vous attendez-pas à lire un perfide billet sur la direction du PS avant le 22 janvier. C’est toujours comme ça, en début d’année je m’inflige des contraintes que je ne suis pas toujours certain de tenir.

    Lyon, le 10 janvier 2008.

    05/01/2009

    Lamourette

    montebourg_copie.jpgLamourette, Antoine Lamourette, c’était son nom. Evêque de Rhône-et-Loire, cet Antoine Lamourette termina son parcours dans ce bas monde sur l’échafaud mais son souvenir est toujours vivant pour une tout autre raison. En effet à l’assemblée législative en juillet 1792, Lamourette prononça un discours paraît-il si pathétique pour réconcilier les extrêmes qu’il fut ponctué par une embrassade généralisée, un grand moment d’émotion partagée mais sans lendemain.

    N’allez surtout pas croire que je souhaite que nos nouveaux Lamourette de la nouvelle direction du Parti Socialiste terminent sur l’échafaud. Loin de là, mais avouez qu’il y a quelque chose de réellement pathétique à contempler le spectacle des embrassades qui marque cette alliance artificielle depuis le congrès de Reims. J’en chiale encore. Nous savons tous que cet accord digne de l’industrie de la cosmétique n’est qu’un cache misère probablement sans lendemain.

    Bien sûr pendant quelque temps encore l’image de ces effluves va suinter pour faire bonne figure mais les câlins de nos Lamourette ont de forte chance d’être de courte durée. Déjà on nous parle de « desinhollandisation » du PS. Peu investie, Martine Aubry semble tentée de redonner le mistigri à son porte-parole Benoît Hamon, à Harlem Désir et même à Arnaud Montebourg. Dorénavant la direction du PS devrait se réunir seulement chaque quinzaine alors que Sarkozy pratique l’art de l’annonce de façon au minimum bi-hebdomadaire. C’est dire!

    En cette rentrée je préfère rester positif et adresser à notre nouvelle direction mes meilleurs vœux en faisant mien ce vers de Vigny, « Aimons ce que jamais on ne verra deux fois. »

    Lyon, le 5 janvier 2008.

    31/12/2008

    L’humanisme pour les nuls

    L'humanisme_pour_les_nuls.jpgUn cadeau pour François Bayrou.

    Un livre marrant et simple pour celui qui, benoîtement, gentiment sinon innocemment, surfe sur un concept aussi vieux que la philosophie. Après « La philosophie pour les nuls », « La mythologie pour les nuls », « Le Parti Socialiste pour les nuls » (eh oui !), pour ne citer que les meilleurs, voici un cadeau utile pour ce cher François qui s’approprie ce beau mot - mot-valise s’il en est – d’une manière un peu trop exclusive à mon goût.
    Comme pour le sujet de philo du bac, le cher ex-ministre de l’éducation qui à l’époque n’avait pas encore fait son chemin de Damas, pourra méditer et approfondir. Je n’aurai pas la cruauté de lui retourner ce qu’il disait concernant Martine Aubry (qui avait d’ailleurs largement mérité la charge, compte tenu de sa position sur les alliances avec le Modem) : « Moi je n’aime pas les gens qui disent une chose et font le contraire ». Je lui rappellerai cependant les propos plus récents d’un de ses lieutenants qui voulait « tailler dans le gras de l’hôpital » à coups de 10 milliards d’euros sur 5 ans. Humanisme comptable ?
    Peut-être est-il sincère. Habile, sûrement. Parfois drôle malgré lui. Ne disait-il pas récemment, certes après avoir avalé un grand bol de vin chaud : « Généralement, les gens commencent révolutionnaires et finissent ministres. Moi, j’ai commencé ministre et je finis révolutionnaire ». Désopilant.
    Bayrou nuls.jpgEn tout cas, son langage révolutionne parfois les centristes sarkozyens. Mais, quand il qualifie l’humanisme du Modem de troisième voie entre le socialisme et le capitalisme, c’est surtout une « ficelle » destinée à phagocyter le PS en vue de 2012 (comme si ses organes dirigeants avaient besoin de lui pour l’affaiblir).
    La lecture lui rappellera que le sujet est vaste et, qu’à défaut de définition partagée, il risque fort de prêter à toutes les manipulations. Je lui recommande cette définition : « Est humaniste celui qui se bat contre la discrimination et la violence en proposant des voies pour que la dignité et la liberté de choix de l’être humain puissent se manifester. »
    À cette aune, pour l’immense majorité des Socialistes – pour les 50% notamment de ceux qui soutiennent l’équipe de Ségolène Royal – le Socialisme est un humanisme.
    En guise de dédicace, j’inscris une citation d’Henri Laborit : « Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier ».

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 31 décembre 2008.

    26/12/2008

    Pistolet à eau

    Pistolet.jpgUn cadeau pour Martine Aubry.
    Pour la fille chérie de Jacques : un pistolet à eau moderne et motorisé. Rien d’agressif dans son apparence : en forme de joli petit requin rose, il incarne le renouveau de la célèbre gamme PS (Pistolet Solides).
    Martine pourra en jouer sans danger avec ses amis Benoît, Bertrand, Lionel et Laurent.
    J’ai beaucoup hésité à lui offrir une énième poupée vaudou de Ségolène Royal, mais comme Lionel les lui dérobe systématiquement pour les massacrer - il est très rageur quand il joue – j’ai opté pour ce joujou plus inoffensif. Quoique…
    Quelques conseils d’utilisation pour bien s’amuser :

    • - remplir la réserve d’eau (éviter absolument le vitriol utilisé sur Ségolène avec l’ancienne gamme de jouets);
    • - se mettre en embuscade (un an et demi avant l’attaque est un délai raisonnable, mais ne pas se priver d’exercices préalables);
    • - viser (bien repérer les nombreux amis déguisés et leurs seconds couteaux pas toujours en plastique) ;
    • - tirer à vue (conseil superflu ?) ;
    • - plus besoin de pomper en tirant : grâce au système électrique, une seule main suffit pour actionner la gâchette et projeter l’eau (l’autre peut servir à baillonner un allié de circonstance un peu trop bavard et souvent tenté de parler à votre place) ;
    • - profiter pleinement de la grande liberté de mouvement permise par ce jouet révolutionnaire pour éviter les pièges des alliés farceurs (très utile dans les mois qui viennent) ;

    Martine Aubry.jpgCaractéristiques : réservoir de 450 ml - Jet sur plus de 7 m - Alimentation : 2 piles LR6 (fournies). Coloris selon la disponibilité (le rose est fortement conseillé : le requin est plus sympathique).

    Une version pour tirer dans les coins sera bientôt disponible. Inspirée du fameux « Cornershot » dont l’armée française vient tout juste de se doter, sa livraison est prévue pour fin 2011 juste avant les prochaines présidentielles. Le réservoir pourra contenir du vitriol, contrairement au modèle offert. À prévoir pour un prochain cadeau de Noël.

    Jean-Paul Schmitt.

    13/12/2008

    Tout nouveau, tout beau

    Montebourg Royal AN.jpgEn ce moment, je consacre mon énergie sur ce blog, à mettre en valeur ces artistes qui ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur. Demain il s'agira d'évoquer Hatem Ben Arfa, aujourd'hui nous parlons d'un autre enfant de la balle, un as du rebond, je veux parler d'Arnaud Montebourg.

    Ancien agent d'ambiance au sein du parti Socialiste, le député de Saône-et-Loire est aujourd'hui un des dirigeants, d'autres diraient un des responsables (?) du PS tout juste désigné par Martine Aubry comme le "monsieur Rénovation". Seul, comme les plus grands artistes, Arnaud Montebourg vient d'écrire aux anciens militants du NPS pour leur demander de le rejoindre dans son entreprise de rénovation parce que le Congrès de Reims, je cite, "constitue paradoxalement l'aboutissement des combats que nous avons partagés" (sic!)

    Comme le Beaujolais, le nouveau Arnaud Montebourg est arrivé. Il sollicite donc ses anciens amis du "nouveau Parti Socialiste" pour l'aider à rénover, et Montebourg, adepte de la répétition leur dit qu'afin de bâtir "des idées nouvelles, des positions politiques nouvelles, des pratiques nouvelles, un cadre nouveau et des méthodes nouvelles pour sélectionner notre candidat à la présidentielle" (ouf !) il convient de le rejoindre.

    Vous l'avez compris en fait de nouveauté, Montebourg utilise les vieilles ficelles, puisque sa mission est de débaucher les ex "nouveaux" PS qui ont rejoint Ségolène Royal. Il n'empêche que pour pratiquer la rénovation, cet art nouveau, Arnaud Montebourg est toujours persuadé qu'il suffit de dire "miroir, mon beau miroir".

    Lyon, le 13 décembre 2008.

    08/12/2008

    Huis clos

    martine-aubry.jpgEn titrant dans son édition d’hier, « Le PS toujours coupé en deux », le JDD ne peut bien entendu être accusé de se tromper mais chacun sait, et Martine Aubry la première, que la réalité est plus complexe puisque autour de la nouvelle Première Secrétaire censée incarner la cohérence d’une ligne on a en fait une équipe hétéroclite simple produit d’accords de bouts de boutiques. Au fil du temps, Martine Aubry pourra-t-elle se défaire de la pression que, les uns avec les autres, les autres contre les uns, les uns sans les autres, exerceront sur la Maire de Lille, il est trop tôt pour le dire même si, sans jamais douter de l’autoritarisme de la patronne, on peut s’interroger sur sa future autorité à la tête de cet aréopage.
    Maintenant que la motion E est de fait dans la minorité, ce qui est pour moi une grande première au sein du PS, je ne peux m’empêcher, en consultant la liste du secrétariat National de rêvasser aux lendemains qui attendent le Parti. Concernant le fait d’aboyer avec constance à chaque fois que la caravane Sarkozyste passera, on ne peut qu’être certain que le job sera fait avec application même si je souhaite bon vent à un Michel Sapin en charge de l’économie ou a un Didier Migaud, conseiller pour les finances, dont les inclinaisons guerrières ne semblent pas le fort.
    Portant la parole et comptant nos sous, en charge de l’éducation comme des services publics, le Père Noël est donc passé par la cheminée des amis d’Hamon. Côté rénovation, jusqu’ici l’un des gros mots détestés par Aubry et ses amis, notre sort est entre les mains d’un Arnaud Montebourg dont l’inconstance légendaire ne devrait donc pas conduire à garantir les positions d’hier et avant-hier. Coordonné par Harlem Désir, le Parti et ses fédérations vivront par la grâce de Christophe Borgel non sans oublier un Claude Bartolone, chargé des relations avec la gauche (et rien que la gauche) qui pourra ainsi reprendre langue avec son ami Mélenchon avec qui il avait tant œuvré pour le « Non » au traité constitutionnel.
    Passons sur les nombreux « Secrétaires nationaux » ou « organisationnels » qui pour la plupart d’entre-eux doivent vivre leur désignation magique comme une consécration non sans leur rappeler que désormais leur comportement doit être exemplaire dans la mesure ou l’on va les désigner, tous ensemble, sous le vocable prestigieux de « Solférino ».
    Justement à propos de « Solférino », dans sa fameuse feuille de route aux accents de texte sacré, Martine Aubry dont l’humour n’a jamais été le fort contrairement à son prédécesseur, écrit, « nous n’admettons pas de voir notre Parti se transformer progressivement en un parti au service d’une candidature ». On veut bien la croire dans la mesure où l’appareil socialiste qu’elle est en charge désormais de cornaquer à passer son temps, lors des dernières présidentielles, à « dézinguer » celle d’une Ségolène Royal pourtant désignée par les adhérents.
    Depuis samedi, un concept dirige donc à nouveau un Parti situé rue de Solférino, loin, très loin de moi comme de bien des adhérents. En quelque sorte un concept dans un huis-clos. Un huis-clos fort heureusement entre amis.

    Lyon, le 8 décembre 2008.

    27/11/2008

    Avenir commun et désirs partagés

    normal_coeur-nuages.jpgJohn Kennedy Toole, avant que son œuvre ne connaisse un destin brillant mais posthume, avait pris soin de noter en exergue de son roman « La conjuration des imbéciles » cette phrase de Swift que je dois vous avouer avoir des difficultés à considérer au regard des quelques jours de gloire que le PS vient de s’offrir. Jonathan Swift écrivait donc, « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ».

    Concernant donc le Parti Socialiste, suite au vote des militant(e)s intervenu le 20 novembre, j‘ai tendance à penser que nos ligués à nous s’avèreront peut-être sur la durée des imbéciles mais nous pouvons, cette fois-ci avec certitude, affirmer qu’au terme de ce « débat » de congrès ils sont plus méchants que bêtes.

    Reste à envisager le premier terme de la formule de Swift qui nous parle de l’apparition d’un génie. Pour être honnête et toujours au regard de ce qui s’est produit après le vote désormais historique du jeudi, j’ai quelques difficultés à qualifier ainsi ceux qui étaient face aux ligués. En effet après tant de hurlements et d’exigences on constate, maintenant que la température est revenu à la normale, qu’au lendemain du Conseil National on assume enfin, non pas une défaite mais plutôt le fait, à partir d’une dynamique politique impressionnante, une situation de minoritaire, minoritaire d’une poignée de voix, parfois suspectes, mais minoritaire tout de même.

    Adieu comptages, recomptages et décomptages, adieu nouveau vote, adieu recours à la justice, adieu toutes ces agitations et contestations improductives qui nous conduisent à penser qu’il n’est point question de génie dans toute cette affaire.

    Avec toute modestie qui est la mienne, lundi dernier ici même, je m’efforçais, peu ou prou, de dire cela et je demeure surpris que Ségolène Royal et quelques uns de ses proches équipiers se soient perdus dans des arguties qui ne pouvaient déboucher sur rien de bon.

    Il conviendra, de toute évidence, de tirer le bilan d’un tel épisode très loin d’être anecdotique. S’il venait à l’idée de certains d’envisager, sous la forme différente d’une motion une vie commune, plutôt que de s’en remettre au destin d’un génie et à certaines coteries, je suggère que face aux ligués, histoire de rénover les pratiques, on en finisse avec les mauvaises habitudes et les pratiques douteuses. C’est le seul moyen d’avoir un avenir commun et des désirs partagés.

    Lyon, le 27 novembre 2008.

    25/11/2008

    Orphelin

    01_img_7356.jpg« Vous imaginez Hamon demandant rendez-vous au président de la République pour discuter de la situation économique du pays ? Quelle serait sa crédibilité ». Tel est le jugement péremptoire que portait Jean Christophe Cambadélis, dans le cas où il devienne numéro 1 du PS, sur un garçon qui a finalement obtenu 20% de votes des militants socialistes et qui porte son jeune âge, pour un politique, en bandoulière. Il est vrai que pour le vieux routier qu’est Cambadélis en matière d’économie seul son ami DSK peut dialoguer avec le chef de l’Etat ce qu’il fait déjà depuis son poste au FMI que lui a offert Sarkozy. Mais là n’est pas le problème.

    Ce qui est étrange c’est de juger de la valeur future d’un premier secrétaire sur son éventuelle capacité à demander un rendez-vous au chef de l’Etat pour discuter d’une situation économique dont on connaît les méfaits, et qu’il faut donc plutôt combattre en avançant des propositions alternatives débattues avec les militants, les salariés, le pays tout entier sans l’aval d’un Sarkozy dont la position est avérée et ne risque pas de changer au cours d’une conversation.

    Benoît Hamon l’a bien compris lui qui ce week-end manifestait à Paris contre la privatisation de la poste, un exercice qui semble bien loin des habitudes de Cambadélis, loin de l’étudiant militant de la MNEF. Au-delà du côté anecdotique de ces propos perce une question majeure qui aura traversé le congrès du PS à savoir sa capacité à renouer avec les citoyens qui, dans leur majorité, connaissent des difficultés en tout genre, ou bien son enfermement dans le statut d’un parti d’Etat plus prompt à comprendre les situations qu’à les combattre. Une question loin d’être tranchée ce qui risque de laisser le peuple de gauche orphelin de perspectives jusqu’en 2012 et même au-delà.

    Philippe Dibilio

    Lyon, le 25 novembre 2008.

    24/11/2008

    Et après

    martine-aubry.jpgParaît-il, Martine Aubry est sur le point d’achever sa traversée du désert entamée dès sa défaite aux législatives. Ce commentaire entendu pendant le weekend n’est pas totalement inexact au sens ou la Maire de Lille est désormais au devant de la scène. En gagnant de quelques poignées de voix, parfois suspectes, cette élection au poste de Première Secrétaire Nationale du PS, Martine Aubry peut donc effectivement s’installer sur un balcon royal, le plus convoité dans la galaxie socialiste, et après ?

    A la traversée du désert va succéder probablement celle d’une zone des tempêtes tant l’équipage des marins d’eau douce qui soutient la nouvelle Première Secrétaire est hétéroclite et avant tout cimenté par son sectarisme à l’égard de Ségolène Royal et une démagogie qu’il nomme « socialisme de gauche ». A la tête d’une majorité (?) dont nul ne sait en vérité si elle est si confortable que cela, Martine Aubry, pour exister et donner des gages à ses amis continuera à aboyer contre le gouvernement et en appeler à l’unité des socialistes tout en prenant grand soin de faire à Lille le contraire de ce qu’elle dira à Paris. Côté rénovation les militant(e)s socialistes pourront toujours circuler car il n’y aura pas grand chose à voir.

    Prenant acte que la dynamique politique est définitivement de son côté, Ségolène Royal aurait tort de replonger dans ce marigot socialiste au risque de lui trouver une ressemblance avec le Bayou et la Floride. Qu’elle laisse Jospin, Fabius, Delanoë, Rocard, Hollande et autres Montebourg gérer, à l’occasion avec Benoît Hamon, un Parti socialiste présidé par Martine Aubry qui s’abîmera sur les premiers rochers. Rien ne sert donc de s’agiter. Que Ségolène Royal continue de tracer sa route. A condition de rénover pour deux, de poursuivre la réflexion politique et de se doter d’un fonctionnement réellement démocratique, les premières bases politiques jetées par la motion E devraient avoir un avenir utile au sein du PS ne serait-ce que pour accueillir dans les prochaines semaines les premiers militant(e)s déçus du 21 novembre, lassés des péroraisons de Martine Aubry et de ses nouveaux amis. Le temps viendra alors de se retrousser les manches pour organiser ces fameuses primaires destinées à désigner celle ou celui qui sera candidat aux présidentielles contre Sarkozy.

    Lyon, le 24 novembre 2008.

    21/11/2008

    Red

    Logo PS Bull.jpgAlors que les adhérents du Parti Socialiste votaient hier au soir dans leurs sections, sur France 2, « Envoyé Spécial » s’interrogeait sur cette fameuse boisson énergisante, le « Red Bull ». Comme quoi, il n’y a pas que le PS qui veut virer au rouge puisque ce très chimique « taureau rouge » est sur le point de faire passer chez les jeunes le coca pour de l’eau bénite.

    Jusqu’ici la France affichait moue et dégout face à ce « taureau rouge » que notre administration avait tendance à considérer comme un produit dopant. De guerre lasse, aujourd’hui, comme dans la plupart des pays, « le taureau rouge » est autorisé avec les réserves d’usage, puisque on demande aux assoiffés de limiter la consommation de « Red Bull » à deux canettes de 25 cl par jour. Je vais vous faire grâce de la composition de cette boisson, qui, pour donner de l’énergie, n’hésite pas à faire de la chimie un art majeur.

    Du côté du PS c’est un peu le même principe car la nouvelle union des laborantins associés contre Ségolène Royal rêve d’une mixture politique qui tire aussi sur le rouge mais concernant ce nouveau « Red – PS » il convient tout de même de s’interroger sur sa composition chimique qui, élaborée par quelques œnologues rémois, est potentiellement en passe de proposer aux français un précipité qui à terme risque de faire, comme disait l’autre, « pschitt » !

    Le « Red PS » proposé à la commercialisation est, il faut le dire, d’une rare complexité chimique. En voici le détail

    • 18% d’acide Lillois régénéré de Modem peu nocif provenant de jardins ouvriers.
    • 5,7% de Jospinine
    • 9,3% de précipité de Delanoë traité à la caféine
    • 17% d’eau gazeifiée provenant des monts Fabius
    • 1% de vitamine Utopique plus connue sous le nom de vitamine F.
    • 3,5% de Rocardo-glucose
    • 2,5% de saccharose-nomadique connue dans le grand public sous le nom de « Montebourienne »
    • 21% de colorants « Red plus » Emanuellohamontiques avec quelques traces de Melenchonite.
    • 0,3% Moscose, anti-dépresseur qui pris à une si petite dose est sans effet
    • 1% de Cambédélices
    • 1% de « Jack-Jack » sorte de précipité de vote constitutionnel difficile à doser

    Le reste étant constitué d’une série d’acides très instables dont le célèbre « pot hollandais » célèbre dans les milieux cyclistes. J’espère que maintenant vous comprenez pourquoi tout cela fait peur et pourrait provoquer à brève échéance des troubles majeurs du comportement, et à plus long terme une issue fatale. En quelque sorte « Red mort ».

    Lyon, le 21 novembre 2008.

     
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