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26/01/2010

Coup de Gueule

En se privant de 600.000 euros de publicité pour laisser une heure d’émission sans coupures à Sarkozy, TF1 ne lésine pas sur les moyens pour aider le Président à redresser la tête dans les sondages, ce qui ne veut pas dire dans le cœur des français. Cet exemple en dit long sur les liens qui unissent l’Elysée et les grands média à sa disposition. Que ce soit ceux du secteur privé lié par l’amitié et la connivence avec Sarko ou ceux du service public dont le PDG est désormais sous tutelle du chef de l’Etat, il est vrai à un très bon salaire (2 700 000 euros par an) Si l’on voulait d’ailleurs un exemple du soutien des média à la politique du pouvoir le débat sur l’identité nationale constitue un modèle du genre. Sans l’appui permanent de la presse, de la radio et de la télévision que serait devenue cette funeste initiative ? Une litanie de rencontres bon chic bon genre suivies par un public trié sur le volet et qui n’aurait intéressé personne. Mais le tapage médiatique a permis de relayer le souhait du gouvernement : faire renaître les vieux démons à la veille des élections régionales. L’étape lyonnaise a été significative de ce point de vue. A l’intérieur de la Préfecture quelques notables accompagnés de jeunes bien pensants, à l’extérieur un déploiement outrancier de forces de l’ordre qui ont laissé les manifestants se faire agresser par des nazillons qui eux avaient compris le sens de ce « débat »en se lâchant contre les immigrés. Certes depuis sa campagne présidentielle Sarkozy joue avec les média mais ce n’est pas une raison pour s’en habituer. Alors il est salutaire que des hommes politiques s’insurgent. Bien sûr la chaise vide de Vincent Peillon sur France 2 n’a pas le panache du « messieurs les censeurs bonsoir » de Maurice Clavel en son temps mais le député européen s’et rattrapé dans le Monde où il argumente sa position. Quant à François Bayrou il a bien fait de remettre en place cet indéboulonnable laudateur des politiques de droite qu’est J.P Elkabach. Ces situations démontrent en tout cas que le chantier de la liberté et de l’indépendance de la presse tout comme celui de la lutte contre les abus du pouvoir sur ce terrain reste ouvert et mérite des actions plus suivies.

Philippe Dibilio

06/01/2010

Sacré Caesar

Jules Caesar Sarko.jpgSacré Jules César et son calendrier appelé depuis, julien ! On lui doit – deux ans avant la fondation de Lugdunum par ce brave Munatius Plancus – que le 1er janvier soit pour la première fois le premier jour de la nouvelle année. Un jour consacré alors à Janus, Dieu des portes et des commencements. Je me dis in petto, pour la porte qu’il faudrait qu’il prenne : « Ave Sarkozius, cela commence à bien faire »… Jusqu’alors, le sacré Jules qui était également Grand Pontife, fixait à ce titre le premier jour de chaque nouvelle année. Pourvu que Sarkofex Maximus ne prenne pas l’idée de faire pareil, histoire de marquer son règne ou de redresser les sondages.

Au Moyen-Âge, la nouvelle année débutait à Pâques et donc cela bougeait tout le temps. Beaucoup plus que la manière dont la modernité pénètre de nos jours encore au Vatican. Et voilà qu’un pape, Grégoire, le 13ème du nom, en 1582, instaure un calendrier qui fait commencer l’année le 1er janvier. Un Grégoire qui peut créer des choses plus intelligentes que la béatification d’un prédécesseur un peu trop conciliant avec le nazisme, cela vaut la peine d’être noté. Comme le premier de l’an est l’occasion des bonnes résolutions, il serait bien que la sainteté qui siège aujourd’hui au Vatican prenne, lui aussi, de bonnes résolutions pour l’année nouvelle. Comme, par exemple, conseiller l’usage du préservatif en Afrique pour lutter contre le sida ou autoriser le mariage de ces pauvres prêtres obligés de convoler en noces secrètes si la vie de couple les tente ou encore accueillir à communion les divorcés remariés qui le souhaitent.

Les Romains de ce brave Jules sacrifiaient à la déesse Strenna, il paraît que le mot étrennes dérive de là. J’avoue préférer les étrennes aux bonnes résolutions, même si en échange je dois accepter l’horrible calendrier de mon facteur ou celui des pompiers de mon village. Au moins c’est un bon moment de convivialité. Plus encore que leurs affreux calendriers, je déteste ces cartes de vœux aux sapins couverts de crème chantilly et aux Santa Claus coca cola qui se trémoussent façon Walt Disney sur un air sirupeux de merry Christmas. Ils engorgent ma boite de courriel parce que des copains sont trop paresseux pour m’écrire un petit mot personnel. Si les cartes de visite qu’on échangeait à la fin du 18ème siècle avaient pareil mauvais goût, je comprends pourquoi les conventionnels de 1791 les ont supprimées en même temps que le premier de l’an. Un député qui devait ressembler à Emmanuelli allant jusqu’à déclarer lors d’une séance de la Convention : « Citoyens, assez d’hypocrisie ! Tout le monde sait que le Jour de l’An est un jour de fausses démonstrations, de frivoles cliquetis de joues, de fatigantes et avilissantes courbettes… ».

Gageons qu’aucun de ceux qui présenteront leurs hommages respectueux à Nicolas Sarkozy dans les salons de l’Élysée à l’occasion de ce nouvel an revenu en grâce dès 1797 n’aura la moindre once d’hypocrisie ni ne ressentira le moindre avilissement en faisant ce jour prochain des courbettes au prince qui nous gouverne.

Nous sommes – paraît-il – en République, que diable !

Jean-Paul Schmitt

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

09/11/2009

Money Maker

jpg_Patrick-Buisson-6848e-1f84c.jpgD’ici quelques temps à la question, « Petit, qu’est-ce que tu veux faire comme métier quand tu seras grand ? », le premier gamin que vous croiserez répondra, « Je veux faire Patrick Buisson ». La réponse pourra probablement vous surprendre, voire même vous choquer, mais il faut se rendre à l’évidence, le Money-Maker Patrick Buisson est sur le point de devenir un exemple pour notre jeunesse.

Dès que l’info va se savoir dans nos quartiers, nos jeunes risquent donc de phosphorer pour fourguer à Nicolas Sarkozy des tas de trucs dont il a besoin, mais revenons au génial Buisson. Le type achète en gros des sondages pour même pas 200 000 euros et les refacture près de 1,1 million à Sarko, récupérant au passage plus de 900 000 euros. Ce qu’il y a d’épatant dans ce business réside dans le fait que la police regarde ailleurs pendant que s’opère le deal puisque la commission des sondages se déclare incompétente en la matière. Surfacturation, absence de contrôle, si un député socialiste n’était pas passé dans le coin, il est clair que le business continuerait de prospérer. Au cas où certains souhaiteraient en savoir plus sur le petit commerce de Buisson avec l’Elysée, la Ministre de la Justice vient de mettre les points sur les « i », la chose n’est pas possible. Fermez le ban.

Interrogé par quelques journalistes sur l’activité de sa petite entreprise, Patrick Buisson refuse de se justifier et l’Elysée nous explique aujourd’hui que ce léger dysfonctionnement est désormais du passé. Fermez le dossier.

Une fois dit que les Français devraient être reconnaissants envers le député socialiste Jean Launay, une fois constaté que pour le pouvoir, l’affaire est désormais close, reste tout de même une question. Que fait Patrick Buisson de tant d’argent ?

Lyon, le 9 novembre 2009.

Illustration: source Bakchich.info

21/10/2009

Cagnotte

CAGNOTTE2.jpgC’est finalement une idée du député socialiste Gaëtan Gorce qui va peut être permettre à Nicolas Sarkozy de se sortir de la polémique autour de la candidature de son fils à la présidence de l’EPAD. Vite reprise par le porte parole du gouvernement, Luc Chatel, la proposition consiste à ce que les représentants de l’Etat dans cet organisme public ne prennent pas part au vote. Ainsi, Jean Sarkozy sera élu (ou pas) par ses pairs et le soupçon d’une intervention de l’Elysée s’éloignera.

Une idée au demeurant intelligente qui en revanche met le représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris au sein de l’EPAD dans une situation délicate. En effet, dans cette configuration il y aura 9 votants : 4 élus de droite, 4 élus de gauche et le représentant de la CCI. S’il ne votait pas avec la droite, ce qui est peu probable, Jean Sarkozy ne serait pas élu même en cas d’abstention car il perdrait au 3ème tour au bénéfice de l’age. Certes la présence en face de lui d’un candidat communiste, le maire de Nanterre, ne facilitera pas un vote de l’élu consulaire contre le fils de. On peut quand même imaginer les pressions que va subir ce brave homme avec un effet crescendo jusqu’au 4 décembre.

Quand au fond de cette affaire on peut entendre que l’age de Jean Sarkozy ne peut faire figure d’argument, quant à sa capacité à gérer l’EPAD je ne sais plus qui a très justement dit que l’organisme avait un directeur général et une équipe administrative suffisamment compétente pour assurer la continuité. Et puis on sait à Lyon depuis le cas de Thomas Collomb l’injustice qu’il y a lorsque l’on pénalise un fils au nom du père.

De mon point de vue le problème n’est pas là il se situe dans le fait que Jean Sarkozy élu il aura une influence majeure sur les décisions nécessaires au développement du quartier de la Défense et une capacité de pressions en tout genre sur les intervenants économiques et financiers. Et sur ce terrain on ne peut pas ne pas faire le lien entre le père et le fils, entre l’EPAD et l’Elysée. Or comme on peut l’imaginer le père sera candidat en 2012 et l’on a vu se constituer des cagnottes de campagne avec des outils moins performants. D’ailleurs ce n’est peut être pas un hasard si l’idée de désigner Jean Sarkozy pour ce poste vient du couple Balkany, des experts en la matière.

Philippe Dibilio

Photo:DR

14/10/2009

Goût bizarre

journaux1.jpgJ’avais bien aimé cet été les billets qu’écrivait régulièrement Pascal Jalabert dans le « Progrès », ils me redonnaient un certain attrait à la lecture du journal. En quelques lignes en effet, l’auteur donnait un vrai point de vue, pas forcement politique et engagé, mais un point de vue tant sur des sujets politiques que de société.

Cela me rappelait un peu la belle période des années 70 où la presse quotidienne lyonnaise connût un moment de vraie diversité. Henri Amouroux éditorialisait chaque jour sur les positons de droite dans « Le Journal Rhône-Alpes » (ancêtre du Figaro Rhône-Alpes) et je lui répondais dans l’édition régionale de « L’Humanité » ; l’équipe de « Libération Rhône-Alpes » composée des Claude Jaget, Albert Agostino et autre Bernard Shalcha donnait ses points de vue toujours cinglants (Robert Marmoz n’était pas encore là, il a la chance d’être plus jeune) et Bernard Elie s’exprimait dans «  Le Monde » régional lui aussi. Quant au « Progrès » il livrait chaque jour un édito signé d’un « P » transpercé d’une plume.

Ce moment de nostalgie passé j’ajoute que je lis régulièrement Jacques Boucaud ou Michel Rivet Paturel les journalistes politiques du « Progrès » d’aujourd’hui.

Pour revenir à l’ami Jalabert il signait hier un article sur les soucis de Sarkozy à mi mandat et la liste est longue, depuis les questions économiques jusqu’aux frasques de ses ministres en passant par les dossiers à venir : retraites, lycées etc. Même les Régionales ne s’annoncent pas comme une promenade de santé, les ministres se défilant les uns après les autres pour conduire les listes et les objectifs de conquête sont plus que réduits à la baisse. En fait, à force de gesticuler dans tous les sens Sarkozy a fait perdre la boussole à ses propres troupes et au-delà à ses électeurs. Il paraît que ça le rend nerveux, on peut le comprendre ; ça le rend aussi irascible à l’endroit de ses ministres aussi il s’enferme avec ses collaborateurs de l’Elysée ce qui est le pire des réflexes et de plus dangereux pour lui car face aux combats à venir ce ne sont pas les gens de l’ombre qui iront au contact de l’électeur. Une telle situation laisse en principe un boulevard au le PS qui malheureusement n’arrive pas à l’emprunter.

Alors que Martine Aubry commence tant bien que mal à mettre un peu d’ordre dans la maison voilà que les incurables des petites phrases remettent ça quasiment tous les jours. Il n’y avait pas assez des couacs sur l’affaire Mitterrand que Daniel Vaillant sortait le serpent de mer de la légalisation du cannabis pour que la cacophonie reprenne. Bref si le PS voulait laisser passer son tour en 2010 comme en 2012 il ne s’y prendrait pas autrement. Au fond si Sarkozy devait trébucher ce ne serait sûrement à cause du PS mais des transfuges de la gauche qui deviennent de plus en plus encombrants pour lui et indigestes pour ses amis politiques. Ce serait tout de même une victoire au goût bizarre.

Philippe Dibilio

Photo: DR

17/09/2009

Le téléphone pleure

telephone.gifDidier Lombard, le PDG de France Telecom, ce patron qui parle de la vague de suicides qui touche son entreprise comme d’un effet « de mode » semble avoir une obsession : « Le retour à la normale ». La normale pour ce Monsieur Lombard c’est, je cite, convaincre les salariés « de bouger » et de subir « une certaine pression ». Pas de place chez France Telecom pour des gens incapables de « subir » semble vouloir nous dire Lombard.
En attendant la fin de cette « mode » qui frappe sa boite, Lombard veut bien faire quelques concessions afin que tout rentre dans l’ordre. Numéro vert, hotline, psychologues, suspension momentanée des mutations, voilà les remèdes de notre PDG qui semble avoir hâte d’en finir avec ce sale moment afin de stopper « l’effet de contagion ».
Lombard, contraint et forcé, fait donc une pause et avec son air de chien battu tente même de nous dire que son malheur de PDG est presque aussi grand que celui de ce technicien retrouvé suicidé qui, dans une ultime lettre, remettait en cause certaines méthodes mise en œuvre par l’entreprise.
Didier Lombard a une bonne tête, par ailleurs très probablement bien faite. C’est certainement un époux parfait, un grand-père épatant, un patron qui se consacre sans compter à son entreprise. Mais à soixante-sept ans, le PDG de France Telecom devrait songer immédiatement à faire valoir ses droits à la retraite étant donné cette formule inacceptable relative à la « mode » du suicide. Je suis surpris que personne n’exige son départ sans délais. Au terme de son point presse avec Darcos, le maintien de Didier Lombard à la tête de France Telecom étant devenu obscène, c’est désormais la première décision à prendre pour que s’effectue ce lent et long retour vers « la normale » pour cette entreprise qui se voulait jadis « l’opérateur de référence ».

Lyon, le 17 septembre 2009.

12/08/2009

O comme « Oscar »

O.jpgCurieuse époque, le film de Molinaro, « Oscar », retrouve les écrans des salles obscures plus de quarante ans après sa sortie. D’ailleurs dans le même temps, à l’occasion de la sortie de la biographie de Louis De Funès signée Bertrand Dicale (Grasset), une sorte de « De Funès Revival » est monté en mayonnaise. De quoi être inquiet sachant que d’ici quelques temps, je vous le donne en mille, c’est de Chaplin ou Keaton dont on nous parlera pour évoquer « l’œuvre de De Funès ».

Curieuse époque, curieux pays. La France de De Funès, celle des années soixante - soixante-dix ne mérite pourtant ni honneur, ni nostalgie, pas plus que la filmographie de Louis De Funès n’implique une telle considération.

En vérité, la meilleure part de De Funès s’appelle Oury et les « Gendarmes », « Pouic-Pouic », « Oscar » et autres « Fantômas » ont tout juste vocation à boucher quelques trous dans les grilles de programmes de télévision en mal d’audience. Le monde franchouillard qui sert de décor aux grimaces de Funès est donc en passe de rentrer au Panthéon, comme une référence incontournable en matière d’humour « bien français ». Les gesticulations de Cruchot, les grossières mimiques dans « Oscar » ne sont pourtant en rien comparables à celles de Jerry Lewis. Quant à Bourvil, qui bien malgré lui, est de plus en plus associé à cet hommage grandissant à De Funès, il peut dormir tranquille fort de notre respect et de notre admiration.

On se souvient que le couple Pompidou avait mobilisé l’ensemble du gouvernement de l’époque afin d’assister, au Palais de l’Elysée, à une représentation d’Oscar. Cette anecdote en dit probablement beaucoup sur cette sorte de « De Funès Revival » naissant qui lentement se répand, signe peut-être avant-coureur d’une « Pompidou-nostalgie » ?

Bruxelles, le 12 août 2009.

04/07/2009

Nostalgie

Nous le savons tous depuis que le Nouvel Observateur de la semaine vient de mettre la main à la pâte, le nouveau Nicolas Sarkozy est arrivé. Exit le "bling bling", le Fouquet's, les résidences estivales américaines, Rolex et gourmettes. Notre président n'est plus le même, "nouvel âge de la démocratie" (sic!) oblige.

Avant que ne s'estompe dans nos pauvres mémoires le Sarkozy ancien, voici le fameux "clip qui déchire" largement relayé et plébiscité sur le net. Séquence nostalgie.



Lyon, le 4 juillet 2009.

02/07/2009

Train-train

32736a-distribution_de_billets_de_500_euros.jpgIl n’est probablement pas trop tard pour rendre hommage et justice au député René Dosière qui chaque année, inlassablement, scrute les comptes de la présidence de la république sachant que le tout récent Congrès de Versailles vient de relancer la polémique sur le train de vie Elyséen. Sur un autre plan la facture concernant la virée antillaise de Nicolas Sarkozy mériterait également quelques explications. Le ratio nombre d’heures passées/coût devant nous interroger.

Soyons clairs, que le Président dispose de moyens adaptés à son activité est chose normale mais il n’en demeure pas moins qu’une bonne dose de transparence mérite d’être administrée à la comptabilité présidentielle. C’est le sens de l’interpellation de René Dosière et on ne peut avec lui que s’interroger sur des méthodes comptables qui se résument à bien peu de choses. Le fait, par exemple, que sous la rubrique « dépenses courantes » on retrouve sans les identifier les dépenses de réception, de nourriture, de téléphone et courrier, les fluides ou les fournitures administratives et informatiques pose problème.

Pour les personnels ce n’est pas mieux. Le nombre de personnes travaillant pour l’Elysée demeurant mystérieux.

D’ici quelques jours la « Garden Party » du 14 juillet va encore mettre en évidence le flou artistique des dépenses présidentielles sachant que le nombre d’invités à 67,45 euros l’unité est passé l’année dernière de 5 500 à 7 050.

Sur de pareils sujets, le risque est toujours grand de sombrer dans une contestation populiste et donc peu ragoûtante. Raison de plus, au lieu d’écarter d’un revers de manche les arguments du député socialiste de l’Aisne, que l’Elysée adopte des méthodes qui sont celles exigées en matière de comptabilité publique. Si dans la dernière période le budget de l’Etat a progressé de 2,8%, l’augmentation de près de 19% de celui de l’Elysée nécessite la transparence. Le député Dosière le rappelle chaque année et il serait également temps que la représentation nationale s’intéresse aux coûteux déplacements du chef de l’Etat. Le chiffre de 2,5 millions d’euros avancé pour celui du 12 mai à Nancy laissant rêveur.

Lyon, le 2 juillet 2009.

22/04/2009

Décomplexés

president-republique1.jpg?w=197&h=159Nicolas Sarkozy avait inauguré ce style pendant la campagne présidentielle durant laquelle il est apparu comme un ultra-libéral décomplexé. Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui d’agir comme un interventionniste d’Etat tout aussi décomplexé. Car au fond tout désormais en politique est dans la manière.

Ce nouveau statut permet en tout cas aux électrons libres d’occuper le terrain au détriment des formations politiques engluées dans les jeux d’appareil ou d’obéissance au chef. Les derniers jours nous ont montré en effet, combien la parole libre était à la mode. Dernier exemple en date un Dominique de Villepin qui nous annonce une situation révolutionnaire dans le pays. Voilà un sacré contre pied de la part de ce gaulliste affiché. Pourtant il le fait de manière si décomplexée que ça le rendrait presque crédible.

Ségolène Royal de son coté nous a quasiment habituée à des propos autant libérés que décalés. Dommage quand même que sa deuxième demande de pardon estompe la première autrement plus forte. Quant à François Bayrou lui aussi il affiche des positions bien « gauchistes » au regard de l’histoire de la famille centriste dont il est l’héritier. Et pendant ce temps là leurs formations politiques respectives, sauf peut-être pour Bayrou que ses troupes suivent, sont empêtrées dans des propos politiques tellement traditionnels qu’ils en deviennent ringards.

Ainsi l’UMP dont la seule vocation est de relayer les frasques du président de la République avec plus ou moins de goût et même plutôt moins que plus. Coté PS on n’est pas mieux loti car à vouloir composer entre tous, y compris un DSK qui affirme que les états n’ont pas encore assez donné aux banques pour « nettoyer » le crédit des produits toxiques qu’elles ont elles même crées, on ne dégage plus qu’un discours aseptisé. Bref, il faudra peut-être s’y faire l’heure est au discours décomplexé et ce sont ceux qui le portent qui se retrouveront demain sur le devant de la scène pour l’élection présidentielle.

Philippe Dibilio

26/03/2009

D'jeunes

sarkozyjeune.jpgMême Le Figaro-Magazine l’écrit, c’est dire. L’Elysée craindrait par-dessus tout le désespoir des jeunes qui ne trouvent plus d’emplois. Mieux une indiscrétion Elyséenne indique, toujours dans le Fig-Mag que « la mèche qui peut provoquer l’embrasement social, ce sont les jeunes ». Il faut dire que depuis quelques temps, Sarkozy surveille la jeunesse comme le lait sur le feu. Déjà les manifestations étudiantes d’Athènes avaient eu raison de la forme olympique du Président et après quelques semaines de protestations la réforme des lycées concoctée par Darcos sur ordre présidentiel était passée par-dessus-bord, le ministre de l’Education étant perdu pour la cause.

Un peu plus tard, nul n’avait prêté beaucoup d’attention à la nomination de Hirsh comme super-commissaire à la jeunesse. C’était une erreur. Aujourd’hui Sarkozy dispose avec Martin Hirsh d’un ministre qui mouille sa chemise et qui « s’y croit ». La jeunesse n’est pas sacrifiée ne cesse de répéter, souvent dans le désert, notre commissaire qui, à chaque fois que l’opportunité se présente à lui, n’hésite pas à bomber le torse. Il est même monté, devant le Grand Jury RTL-LCI, au créneau pour contrer Christine Lagarde la gardienne du temple en disant que « d’habitude on endette la France et on demande aux jeunes d’éponger. Là, ce sera l’inverse ».

Darcos et sa réforme out ! Hirsh en première ligne. Sarkozy pétoche et tente donc de multiplier les signes pour calmer une jeunesse scolarisée qui demeure remuante et potentiellement mobilisée. A cet égard, le mouvement des universitaires et chercheurs est lui aussi un des détonateurs que le Président cherche à mettre sous observation tant son potentiel calorifuge est jugé important. Sarkozy est donc sur le point de repartir dans son travers habituel, la bougeotte. C’est le sens de sa nouvelle opération de drague de l’électorat populaire, c’est peut-être aussi l’explication de ces rumeurs qui suintent à propos d’un remaniement gouvernemental dès le lendemain des élections européennes. Remuscler politiquement son gouvernement est une nécessité pour Nicolas Sarkozy ce d’autant qu’à force de l’utiliser comme un paillasson force est de constater que l’équipe de Fillon est de plus en plus indécrottable. C’est ainsi que l’on parle du retour des Juppé et Seguin. Des signes qui devraient de toute façon aller droit au cœur des jeunes qui sont légion parmi les 80000 chômeurs supplémentaires comptabilisés en février.

Lyon, le 26 mars 2009.

Photo:DR

30/10/2008

Heureux qui comme Ulysse …

coureur.jpgIl suffisait dimanche dernier de lire le JDD et en particulier l’article de Virginie Le Guay pour se convaincre que nous avions beaucoup de chance d’avoir un Président comme Nicolas Sarkozy capable d’enfiler les fuseaux horaires comme d’autres les perles. Pour nous convaincre des exploits présidentiels, le célèbre quotidien du dimanche nous compilait même les miles parcourus par le petit Nicolas depuis le milieu de l’été. Pékin (24 000 km), Kaboul (11 000 km), Moscou (5 000 km), New York (11 000 km), Camp David (12 000 km) sans oublier la dernière randonnée pékinoise, soit au total 30 voyages en France et à l’étranger depuis les J.O.
Pour moi qui arrivait lundi soir usé à Erevan autant vous dire que notre Président est un exemple même si lui, quand il débarque dans un aéroport, ne poireaute pas une éternité pour obtenir un visa et changer quelques euros. Alors, comment fait le Président pour être toujours en bonne forme malgré ce va-et-vient incessant autour de la planète ?
Comme vous le savez le jogging est le premier des secrets de notre homme. Doté depuis quelques temps d’une coach amie de Carla Bruni qui lui conseille du « fractionné » deux fois la semaine, Nicolas Sarkozy est un peu notre Zatopeck.
Deuxième règle, pour le président qui aime tant voir les Français travailler plus, il s’agit paradoxalement d’en faire un peu moins. C’est ainsi que les rendez-vous quotidiens du président sont passés de vingt à sept au maximum. Pour son entourage, ce temps gagné s’appelle un « espace d’aération », un gain utilisé pour téléphoner ou fumer un cigare. Côté nourriture, on tente bien entendu de nous expliquer que Nicolas Sarkozy n’est absolument pas boulimique. Le régime présidentiel officiel est donc composé de fromage blanc et de pommes, jamais d’alcool et encore moins de chocolat comme certains se plaisent à le dire.
Jogging, plages d’aération, régime de sportif de haut niveau composé de viande blanche, de poisson et de légumes, il semblerait que même Claude Guéant veille sur le bide présidentiel en faisant , nous dit le JDD, « la chasse aux calories ». Cette vie disciplinée s’organise en 3 temps : lever à 7 heures, départ de l’Elysée à 20 heures, coucher à minuit. D’ailleurs explique le décidemment très précis journal, Sarko doit dormir au moins 7 heures par nuit et il profite de ses longs voyages en avion pour « faire ses nuits » (sic !) comme un bébé.
Résistant au stress et aux décalages horaires, Nicolas Sarkozy est donc, ce qui nous rassure, plus qu’à la hauteur de la situation. Si avec tout ça on ne réforme pas le système capitaliste, c’est à désespérer.

Erevan, le 30 octobre 2008

15/09/2007

Zapping présidentiel

medium_ChiracSarkozy_jeune.jpgPhilippe Ridet dans le Monde d'hier nous parle de Sarkozy ou plutot de celui qu'il appelle " le Président tout-info". Au détour d'une colonne, la rédacteur du quotidien écrit: "Une petite cellule à l'Elysée s'occupe tout particuliérement de répérer, 24 h sur 24, les fautes d'actualités susceptibles de requérir l'attention du chef de l'Etat". En reprenant les propos d'Emmannuelle Mignon, la directrice de cabinet du Président, Philippe Ridet poursuit: "outre les gendarmes et les policiers qui la composent Emmanuelle Mignon a fait venir des gens de la société civile. Comme par hasard, il s'agit d'étudiants d'une école de journalisme".

Imaginez la scène. Dans un recoin Elyséen, casques sur les oreilles, des fonctionnaires de police font les 3x8 cornaqués par des apprentis journalistes afin de produire un zapping pour le président. Ces têtes chercheuses payées pour flairer les bons coups, véritables soutiens anonymes de la communication présidentielle se tapent, si on comprend bien, tout ce qui se dit, s'écrit, se voit dans les médias pour peut être sortir 2 ou 3 pépites susceptibles d'être exploités pour le compte du Président.

Je cauchemarde en me disant qu'aujourd'hui dans notre pays les yeux rivés sur les écrans, on oblige des fonctionnaires à regarder Julien Courbet, les docs-culs de Villeneuve, Marc Olivier Fogiel, TF1 de long en large, toute la sainte journée mais aussi, dès 5h RMC infos, Bourdin, Luis Fernandez et peut être aussi de lire Direct soir, Closer et VSD, simplement pour trouver des bons coups de communication pour notre Président.

J'espère que que ces forçats sont jeunes car si d'aventure, en cours d'année, certains partaient en retraite ils ne seraient pas remplacer. Sachant que le nombre de chaines de télévision se multiplie, que des sites ouvertement "anti-France" comme Rue 89 ou Arrêt sur Images poussent comme des mauvaises herbes, ces Titans de l'infos ne pourraient pas tenir le rythme bien longtemps.
Le seul point positif à retenir dans tout cela c'est que ces jeunes apprentis journalistes, en stage dans les caves de l'Elysée ont une occasion unique d'apprendre leur métier, et ça c'est plutôt réconfortant.

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06/06/2007

Complémentaire

medium_ceciliasarkozy.jpgDu nouveau du côté de Cécilia Sarkozy. Jusqu’ici on connaissait le numéro complémentaire, le cours complémentaire, les angles complémentaires, les couleurs complémentaires. Maintenant, il faut vous y résoudre, il conviendra de parler, en diplomatie, du rôle complémentaire de l’épouse du Président de la République.

Pour l’aider à jouer ce rôle de « First lady » à l’américaine, le Figaro nous révèle dans son édition d’hier que Cécilia Sarkozy embauche un conseiller diplomatique, spécialiste des questions européennes de l’Afrique et du Maghreb, pour occuper ce poste nouveau de conseiller complémentaire auprès de celle qui jouera un rôle complémentaire.

Parmi les attributions de Cécilia Sarkozy on nous dit que les sujets féminins (sic !) comme les enfants, les femmes et l’humanitaire seront privilégiés. On nous indique aussi que la Francophonie et la culture vont faire partie du domaine de compétence de notre « Première Dame ».

Côté francophonie, nous pouvons assurer à Madame Sarkozy que, du côté de Lyon, elle possède un interlocuteur de premier choix en la personne de Christian Philip qui dans une vingtaine de jours, va proposer au Premier Ministre un rapport qui devrait faire date. Je vous rappelle que notre homme a préféré interrompre sa carrière de député pour faire avancer cette cause.

Côté culture, j’avoue avoir des difficultés à situer ce que pourrait être le rôle complémentaire de Cécilia Sarkozy. Non pas que l’épouse du Président manque de culture, au contraire, puisque son goût pour les arts et sa formation de musicienne plaident pour elle. Ce qui me chagrine c’est plutôt que l’on puisse définir un rôle de complémentarité à une personne dans le cadre d’une action culturelle dont nous ne savons rien ou pas grand chose. Avouez que l’ancienne patronne de Versailles devenue Ministre de la Culture avec comme complément Elyséen la « First lady » c’est quand même un peu court.

Lyon, le 6 juin 2007.

 
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