Avertir le modérateur

27/01/2010

Machiavel a fait des petits

Sarkomachiavelisme!.jpgBarak Obama a déclaré mercredi dernier : « J’ai perdu le sens du contact direct avec les Américains sur leurs valeurs essentielles ». Imaginez un instant Nicolas Sarkozy faire de même à propos des Français. On peut rêver. Ni lui, ni les ministres et sous-ministres qui nous gouvernent, ne feront amende honorable. Sauront-ils jamais dire la vérité ?

Dans l’auto congratulation - discipline dans laquelle les politiques sont experts quels que soit leur bord – notre président bat tous les records. Écoutez-le défendre ses réformes – car il s’agit de réformes, courageuses et bien menées, n’en doutez pas. Les mots sont martelés, répétés, bégayés, enflés, déclinés, commentés souvent avec déférence par les « journalistes » télévisuels. Ces « réformes » qui traînent pourtant avec elles une comptabilité mortifère d’emplois détruits aveuglément. Ces « réformes » qui laissent sur le bord du chemin de plus en plus d’exclus et de travailleurs qu’on qualifie désormais de pauvres. Ces « réformes » qui sont comme graffées sur toutes les façades de la République. Des façades qui se lézardent. Signées d’un seul et même tag : Sarko. Machiavélique !

Barak Obama voit sa popularité baisser nous serinent nos bons médias. Il ne serait plus qu’à 50% de satisfaction. Rappelez-moi celle de Nicolas Sarkozy en janvier 2010. Elle était de 32%, un niveau déjà atteint deux fois, en mai 2009 et en mai 2008.

Tout cela n’est que tambouille de chiffres me direz-vous et les seuls bons chiffres sont ceux de Nicolas. Comme ceux qu’il nous a livrés lors de ses vœux de 2010 : «Depuis 2007, la France a signé chaque année deux fois plus de grands contrats à l’export que durant les dix années précédentes. Deux fois plus !» Je vous conseille la lecture de l’excellent article de Cédric Mathiot dans Libé du 21 janvier dernier : sur l’ensemble des grands contrats signés par la France, le bluff est flagrant et la soi-disant performance est dans les choux. Manipulation encore. Version péjorative du machiavélisme.

Mais je chipote, tout va bien. Dormez braves gens, la République est calme et bien en laisse… Il n’est que de relire ce qu’écrivait Victor Hugo à propos de Louis Napoléon Bonaparte. Petit extrait :

« M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.

Jean-Paul Schmitt

25/01/2010

Massacre en direct

tf1.jpgLa blonde la plus hitchcockienne du PAF, Laurence Ferrari, va recevoir ce soir, les yeux dans les yeux, notre Président. Face à la présentatrice glamoureuse, le locataire de l’Elysée timide et hypnotisé par le charme fou et froid de la blonde platinée décrite dans Libération comme en fait « une brune à poigne », risque de ne pas peser bien lourd. Décochant questions ouvertes et incisives en alternance avec une batterie d’interpellations pointues, la blonde risque de transformer le petit maître en sujet.

Ça va donc chauffer, ça va péter ce soir au vingt-heures de TF1. Quand elle va empoigner le Président, la native d’Aix ne va pas mégoter sur les torgnoles, être économe en claques, avare de coups envers celui que la rumeur présente comme un ex. Ça va donc être ce soir la fête à Sarko, le massacre d’un chef, l’agonie d’un président plumé comme un perdreau de l’année. Une honteuse cérémonie funeste qui précèdera une exécution à la roumaine présidée par le killer du PAF, Jean-Pierre Pernaud.

Il faut dire que s’il est en général fort mal traité dans les médias, Nicolas Sarkozy est particulièrement le souffre douleur de la première chaîne de télévision. Ce soir livré aux questions baveuses d’un pseudo échantillon de Français, c’est donc Jean-Pierre Pernaud qui aura pour tâche d’achever le président. Pour qui connaît le persiflage habituel du présentateur du 13 heures, c’est avec une joie malsaine que Pernaud portera une estocade finale animée d’une haine sans nom envers le régime. Trop c’est trop. Ce soir, faîtes comme moi, regardez plutôt « Cuisine T.V ».

Lyon, le 25 janvier 2010.

22/01/2010

Tarascon

602116883.jpgAndré Gerin, le député communiste de Vénissieux, celui qui organise des safaris parlementaires anti-burqua avec son ami Eric Raoult, avait hier les honneurs du Figaro. Il en profitait pour s’en prendre à ses camarades accusés « d’angélisme », de ne pas avoir conduit ce débat avec sérieux, d’être « complaisants ». Rien de neuf me direz-vous cependant, au détour de l’interview Gerin en profitait pour avancer quelques pions mais Sophie Huet, la journaliste en charge de l’opération, s’abstenait d’exercer son droit de poursuite préférant s’en tenir aux insinuations du député communiste. Que disait donc André Gerin ?

« Dans certaines entreprises du CAC 40 » expliquait l’honorable parlementaire, « se constituent des syndicats religieux ou communautaristes qui remettent en cause la mixité au travail ou la tenue vestimentaire des femmes. » « Dans certains établissements scolaires » ajoutait l’ancien maire de Vénissieux, « 50% des jeunes filles mineures sont exonérées de gymnastique ou de piscine, et des gamins contestent les cours d’histoire ou de sciences naturelles ». Pour très probablement enfoncer le clou, Gerin concluait en indiquant qu’en « Milieu hospitalier, des médecins hommes sont menacés individuellement par des gourous qui accompagnent des femmes voilées et qui exigent que leurs médecins soient des femmes. »

C’est donc un député de la république particulièrement informé qui s’exprimait hier dans le Figaro, un parlementaire qui rapportait des faits gravissimes. Un élu : qui doit maintenant nous en dire plus, autrement dit nous indiquer :

1 - Le nom et la localisation des entreprises du CAC 40 concernées par l’émergence des syndicats religieux qui mettent en cause la mixité au travail et la tenue vestimentaire des femmes

2 - Le nom et la localisation des établissements scolaires au sein desquels 50% des jeunes filles sont dispensées d’EPS et de piscine

3 - Le nom, la localisation et l’identification des faits pour les hôpitaux incriminés.

J’imagine que certaines de ces insinuations concernent le département du Rhône. A Gerin de nous en dire plus sous peine d’apparaître, non seulement pour un chasseur de burquas mais pire pour un tartarin.

Lyon, le 22 janvier 2010.

21/01/2010

Depuis que Frédo est tombé de scooter

73233-frederic-mitterrand.jpgOuf ! On commence à en savoir plus sur la politique que Frédéric Mitterrand souhaiterait mettre en œuvre. Vous me direz qu’il était temps mais le problème n’est pas là. Lors de la cérémonie des vœux au Ministère de la culture, devant une assistance sélectionnée, le Ministre a donc annoncé une réorientation aux faux-airs de rupture. Le temps de « la culture pour chacun » est venu. Attention ce nouveau concept de « culture pour chacun » n’a absolument rien à voir avec la fameuse « culture pour tous » jadis mise en œuvre par les prédécesseurs de l’actuel ministre. Dans l’esprit du génial Frédo, « la culture pour tous » équivalait à « la culture pour les mêmes » d’où ce nouveau concept de « culture pour chacun » qui, si je mesure bien les choses, devrait avant tout concerner « les autres » ou plus exactement ceux qui ne bénéficiaient pas, hier, de « la culture pour tous » réservée alors aux « mêmes ». Plaisanterie mise à part, comment vous dire mon inquiétude sur l’état de santé de la culture suite à de pareils propos ?

J’ai lu quelque part que Frédéric Mitterand était sur le point de faire évoluer son cabinet. On a tous bien compris qu’en se cassant la pipe en scooter, notre ami Frédo s’était fait mal au bras. Cela étant, si un courageux de sa nouvelle équipe avait l’audace de convaincre le Ministre d’aller passer un scanner au Val-de-grâce cela ne serait peut-être pas tout à fait du luxe. En attendant, permettez-moi de vous souhaiter en 2010, non pas une bonne santé pour tous mais bien une bonne santé pour chacun.

Lyon, le 21 janvier 2010.

Image: DR.

19/01/2010

Le lapin du Chabot

Lapin chabot.jpgArlette Chabot maitresse des débats politiques de la chaine de service public ( ?) accusant Vincent Peillon via sa rédactrice en chef d’utiliser des méthodes de voyou tout en étant soutenue par Etienne Mougeotte dont on connaît les éditos sarkoviétiques au Figaro, l’ultra libéralisme radiophonique et le coup de sifflet rageur de fin de récré, reconnaissez que cela a de l’allure !...

Si, comme le commente Marianne2, le faux-bond de Peillon peut paraître peu glorieux, il permet au moins d’interpeller sur le style de « faire valoir » du pouvoir en place que France 2 pratique avec force et continuité au service de Nicolas Sarkozy, que celui-ci soit l’actuel président ou l’encore simple candidat. Il faut se souvenir des bises complices échangées entre Nicolas et Arlette à l’issue du débat pour les présidentielles de mai 2007 devant une Ségolène Royal qui n’avait eu droit qu’à la main froide de madame Chabot

Vous me rétorquerez peut-être le « Chabot humiliée par Sarkozy » qui inonda les médias en septembre dernier. Paradoxal ? Pas tant que cela. On peut aussi y voir l’habileté des communicants élyséens et considérer « l’engueulade de Washington » comme une façon maligne de donner des lettres d’indépendance à celle qui de plus en plus apparait comme au service d’un penser conforme au pouvoir.

Si vous n’êtes pas convaincu que France 2 fabrique « des émissions clés en mains pour ministres en mauvaise posture » comme l’affirme Marianne, réexaminez le fil de ce que d’aucuns appellent débat du 14 janvier dernier. Vous y découvrirez tous les produits et gestes qui font la bonne brosse à reluire pour ministre avec écran de fumée : la famille forcément chère au cœur de Besson, le Maroc de son enfance, ses blessures si intimes et ses plaies ouvertes, son antiracisme forcément viscéral. Ce n’était plus une biographie, c’était une hagiographie.

Qui a piégé qui ? J’aimerais que ce soit Peillon piégeant France 2 et Chabot en refusant de leur servir de faire valoir. Un faire valoir bien entendu dépourvu du quart d’heure d’auto encensoir réservé à saint Besson. J’entends déjà certains me faisant remarquer que le documentaire (?) sur Jospin qui faisait suite n’a pas pris non plus davantage de distance par rapport à son sujet ni émis davantage de contradictions. Dont acte. Et à verser au dossier à charge.

Nul doute que la soirée « spéciale » Nicolas Sarkozy le 25 janvier sur TF1 nous montrera enfin une vraie télévision d’information : Laurence Ferrari et Jean-Pierre Pernaud, ces insolents, font déjà frémir notre omni-président créateur d’évènements. Les Français durant deux heures et demie, yeux dans les yeux avec le président, à six semaines des élections vont se régaler.

Comme le disait Chomsky « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures ». C’est aussi un moyen direct de désintégration selon ce cher Camus que l’on veut panthéoniser…

Jean-Paul Schmitt

17/01/2010

Oh, brother

400px-patrick_balkany.jpgLe pote, le frère, le complice et ami de Nicolas, Patrick Balkany vient de faire don au pays de ses petits secrets. Au lit avec Bardot, en voyage avec Sarko, presque violé par Shirley Mac Laine, en vacances avec le président, la vie tumultueuse de l’homme qui avait annoncé aux Français le retour au bercail de Cécilia et même communiqué sur le malaise vagal présidentiel, est donc depuis cette semaine plus qu’un témoin. C’est un écrivain. De quoi remplir de fierté ce département des Hauts-de-Seine si attaqué et décrié.

Victime de l’acharnement médiatique et de la terreur des juges pour, il le dit lui-même, quelques broutilles, Patrick Balkany se réhabilite lui-même tout en nous racontant sa première poignée de main avec Sarko, la tendre protection amicale de Nicolas quand tout allait mal, « la joie de vivre inaltérable » d’Isabelle.

Cet exercice littéraire inattendu est, vous l’avez compris, une façon pour Balkany de se « Libérer de cette caricature-carcan » qui le frappe, d’exprimer une « sensibilité » et une « tendresse » jusqu’ici dissimulées car, nous dit cet homme fort du 92, « même les grands gueules pleurent sous le masque ».

Je sais bien qu’en ce dimanche il ne sera pas très facile de vous procurer un bon bouquin à dévorer mais, dès demain lundi, vous pourrez vous précipiter chez votre libraire. Entre le monde noir, abject et interlope de Ellroy, ce sinistre égoutier qui scrute le mal dans les moindres recoins de l’Amérique et cette leçon de vie de Patrick Balkany, il n’y a bien entendu pas photo. L’homme qui murmure aux oreilles du président est désormais un écrivain. Pourquoi s’en plaindre.

Lyon, le 17 janvier 2010.

Photo: DR

16/01/2010

Venir c’est partir un peu

agenda.jpgPeillon s’est donc fait porté pâle au tout dernier moment pour débattre avec Eric Besson, jeudi soir, sur France 2. Bilan de l’opération, il s’est fait taillé un costard en direct à plusieurs reprises par l’animatrice Arlette Chabot, la soutière de l’émission, Nathalie Saint-Cricq, allant même jusqu’à traiter l’euro-député de « voyou ». Comme probablement l’ensemble des téléspectateurs, j’avoue ne pas très bien comprendre le comportement de Peillon dans la mesure où reprocher à France 2 de servir la soupe au couple maudit Besson-Le Pen, Peillon n’étant en l’occurrence qu’un faire-valoir de deuxième partie de soirée, était une donnée connue depuis quelques jours. Alors, pourquoi déclarer forfait à la deuxième minute ? Seul Peillon peut répondre à la question. Souhaitons-lui bonne chance pour demeurer crédible.

Entre Royal qui vient sans être invitée et Peillon qui ne vient pas en l’étant, avouez que les mœurs politiques interrogent ce d’autant qu’ici à Lyon, lors du Forum de Libération il y a quelques semaines, c’est Martine Aubry qui s’était abstenue au dernier moment de venir pour débattre avec Cohn-Bendit expédiant en catastrophe sa doublure Bartolone pour se faire secouer par le leader écolo. Venir ou ne pas venir semble donc désormais la question qui taraude nos politiques.

Prenez le Grand-Lyon, l’hebdomadaire « La Tribune de Lyon » et « Le Progrès » viennent d’établir la liste de ceux qui viennent ou ne viennent pas assister aux séances publiques. J’observe que certains planquent les séances de la Communauté Urbaine ou du Conseil Général en expliquant curieusement qu’ils ne peuvent être partout à la fois mais je me dois aussi d’attirer l’attention de tous sur le fait que ce coupable manque d’assiduité n’est pas le seul problème. Le comportement de ceux qui viennent pour repartir illico n’est pas plus recommandable. Ce d’autant que parmi ceux-là il y a aussi ce qui viennent et qui repartent pour éviter tel ou tel débat. C’est le cas d’un élu en vue de l’UMP qui, tout en venant, n’est jamais présent dans l’enceinte quand il convient de voter à propos du dossier du « Grand stade ».

Si venir ou ne pas venir semble donc la grande question de la vie politique française, rester ou ne pas rester est aussi une dimension seconde d’une réalité qui concerne également les plus hautes autorités de l’Etat. Le Président de la République n’étant pas, de ce point de vue, à l’abri des reproches.

Lyon, le 16 janvier 2010.

13/01/2010

Anticipation

SR Culture.jpgQue n’a-t-on pas raillé Ségolène Royal après sa soirée au Zénith et le fameux fra-ter-nité et quel silence des média lorsque Nicolas Sarkozy reprend la formule lors de ses vœux au pays. Ce qui chez Ségo était tourné en dérision devient dans la bouche de Sarko un propos ordinaire. Fantastiques média dont l’indépendance s’arrête à la porte de l’Elysée et qui ne vont pas, ne serait ce qu’égratigner, un Président en pleine déconfiture dans l’opinion. Avec 32% seulement de satisfaits de sa politique il est en totale chute libre mais c’est là le sort d’un homme qui à force de gesticuler dans tous les sens perd tout le monde en route. Et s’il reparle de fraternité c’est que l’opinion lui renvoie l’image de sa politique totalement anti-fraternelle ce qu’avait bien compris Ségolène avant lui. Car la politique sarkozienne cultive la haine et l’affrontement ; haine de l’autre, du migrant comme de l’immigré ; haine du concurrent comme de l’adversaire. Dès lors il n’est pas étonnant qu’une partie de l’opinion aspire à la fraternité.

Mais il n’est pas que sur ce sujet que Ségolène Royal anticipe, c’est aussi le cas dans la composition de ses listes en vue des élections régionales en Poitou-Charentes. On y notera la présence de deux syndicalistes l’un de chez Heulliez entreprise pour le sauvetage de laquelle elle s’est particulièrement impliquée, l’autre de l’équipementier Fabris. Rien d’extraordinaire si l’on se réfère à l’histoire de la gauche et à ses liens avec le mouvement syndical. Véritable révolution à l’heure où le monde du travail n’a plus droit de cité dans les circuits institutionnels. Il n’est de ce point de vue qu’à se reporter à la liste socialiste du Rhône pour mesurer la différence, une liste que même l’arrivée au deuxième tour de candidats issus des partenaires ne comptera toujours pas de représentants du monde du travail en activité. A l’heure où le chômage reste la principale préoccupation des français, où les derniers conflits sociaux portent essentiellement sur le sauvetage d’emplois cette défection interroge. Le rassemblement nécessaire pour battre la droite en 2012 ne se fera pas sans une vraie sensibilisation des actifs de ce pays. Et l’on ne pourra pas longtemps les oublier dans la représentation politique. Apparemment Ségolène a anticipé la question la première.

Philippe Dibilio

12/01/2010

CANOL, médicament ou faux-nez ?

CANOL.jpgUne collectivité publique peut attribuer une subvention aux structures locales d’organisations syndicales, n’en déplaise à la fameuse ( ?) association CANOL (Contribuables Actifs du Lyonnais) qui contestait l’engagement de telles dépenses publiques. Fin novembre, le tribunal administratif de Lyon a donné raison à la Région, estimant qu’elle était parfaitement dans son droit en permettant aux structures aidées de participer « à la politique régionale en faveur de l’emploi et de la formation ». Quoi ? Une collectivité publique sauvegarde l’emploi sur son territoire avec nos impôts !

Celle qui se présente modestement comme « l’une des plus importantes associations de contribuables en France » a un crédo un tantinet poujadiste : « lutter contre le gaspillage de l’argent public ». Elle fait le délice des journaleux et nourrit les argumentaires du FN, de l’UNI et de l’UMP. Elle dénonce, attaque, traque tout ce qui touche à notre porte-monnaie d’imposés ou de taxés. Porte-monnaie en peau de hérisson ultralibéral quand la fiscalité y puise.

Si la veille est utile en la matière, la systématicité de ses angles d’attaque interpelle : dénonciations devant les tribunaux des aides du Grand Lyon aux Pays du tiers-monde ; attaques des subventions aux organisations culturelles ; critiques des trains régionaux du service public complètement renouvelés par le Conseil Régional « Le TER reste un moyen de transport marginal qui ne mérite pas les investissements colossaux de la Région… » ; plainte contre les subventions du Grand Lyon au technicentre SNCF avec au passage une gifle à l’ADERLY (Association pour le DEveloppement de la Région LYonnaise) « grassement subventionnée pour attirer les emplois vers notre région »…

Un style tout en nuances. La culture, puits sans fond pour l’association qui attaquait Lyon pour la production de films pour la jeunesse avec un « Contribuables, vos élus font vraiment n’importe quoi avec votre argent ! », fustigeant toutes ces associations culturelles « dont les recettes de billetterie sont si faibles que l’on peut se demander si elles sont d’une utilité quelconque, si ce n’est de verser des salaires à leurs animateurs ! ». Et de citer pêle-mêle la Villa Gilet, les Nouvelles Subsistances, le Théâtre de la Cité de Villeurbanne, la Commission du Film Rhône-Alpes, l’Institut d’Art Contemporain…

Le style dévoile l’idéologie. Il suffit de lire le choix qu’a fait CANOL pour décrire un moment de la biennale de la danse, infernale gourmande de subsides (le FN l’a reprise in extenso) : « la chorégraphie reprend toutes les étapes de la grossesse, de la danse de la séduction à l’accouchement : les fillettes feront la danse de l’ovule sur les trottinettes ». Vade retro satanas !

Certes, l’association choisit parfois de féliciter les bons élus. Elle distribue les meilleures notes sur 10 aux « élus du Rhône qui soutiennent les contribuables : - TERROT Michel : 9 - VERCHERE Patrick : 7 - COCHET Philippe : 6 - PERRUT Bernard : 5 - MEUNIER Philippe : 3 - HAVARD Michel ». Association bien sûr non politisée…

J’allais oublier : CANOL est aussi un médicament utilisé pour faciliter les fonctions d'élimination digestive et rénale. La notice prévient : « Risque de diarrhées à forte dose »

Jean-Paul Schmitt

 

11/01/2010

Night club

senat.jpgLe Nouvel Obs publie cette semaine une de ces curieuses enquêtes dont la presse magazine a le secret. De quoi s’agit-il ? De demander aux Français leur Top 25 des professions qui méritent le respect en fonction de critères de « prestige », « d’utilité » et de « niveau de salaire ». Arrivent en tête les chercheurs, toubibs, infirmières et instits. En queue de peloton les traders, employés de banque, secrétaires et présentateurs télé. Nous voilà donc bien renseignés ce d’autant que dans ce palmarès nulle trace en tête des pompiers et en queue des profs. Quant au marais, on retrouve les préfets, les journalistes, les plombiers, les policiers et les députés se retrouvent en 20ème position entre les caissières du supermarché et des ouvriers qui bénéficient de « deux étoiles » à la rubrique « utilité » contre seulement une pour les députés.

Je ne sais si dans l’esprit des sondeurs et du Nouvel Observateur les sénateurs sont logés à la même enseigne que nos députés mais, quelques pages plus loin, Gérard Larcher indique, quant à lui, que nos représentants à la Haute Assemblée bossent très dur. Que dit Larcher ? Qu’en 2009, les sénateurs ont siégé « durant 41 semaines, 151 jours et 1200 heures, soit 46,7% de plus qu’en 2008 et travaillé près de 30% de plus de nuit ».

Si d’aventure, l’an prochain par exemple, les sénateurs se retrouvaient au sommet de cet inédit hit parade coincés entre infirmières, les instits et le généraliste, le résultat ne me surprendrait pas ce d’autant que parmi les professions qui travaillent de nuit il n’y a pas pléthore.

Lyon, le 11 janvier 2010.

08/01/2010

Fin d’une illusion

philippe_seguin-d2.jpgAvec la participation de Philippe Séguin sonne la fin définitive de cette illusion qui perdurait, on ne sait trop pourquoi, dans la vie politique française, je veux parler du gaullisme. Même s’il n’aimait pas que l’on puisse le qualifier de droite, Philippe Séguin était avant tout un « baby Chirac » mais probablement homme à s’amuser du fait que certains commentateurs parlent de « séguinisme ».

Quand on connaît la trajectoire de Fillon et Guaino, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Séguin, c’est bien entendu de réaffirmer que le « Séguinisme » n’existait pas.

Séguin, lui, par contre, existait et si on ne peut être qu’attristé pas sa disparition nous aussi constater qu’une parenthèse se ferme. Une période où certaines personnalités de la droite française pouvaient incarner une « sensibilité sociale », une volonté républicaine clairement affirmée et revendiquée et le goût de l’intérêt public.

Philippe Séguin disparaissant, le paysage est définitivement dégagé pour laisser la place nette aux clones de Sarkozy et à tel ou tel chou-chou du Président, à un Copé carnassier ou à l’esbroufe d’un Villepin gonflé d’orgueil. On m’objectera que Philippe Séguin n’était pas le dernier des gaullistes puisque Chirac et Pasqua sont encore de ce monde. Même si nous devons souhaiter une longue vie à ces deux-là, constatons tout d’abord que ce duo fondateur du RPR n’est plus dans ce monde politique qu’il pâturait depuis des décennies mais surtout que leur certificat de gaullisme n’est que de complaisance.

Séguin s’en allant, un point de non retour est atteint par la droite française et ne me dites pas que les Sarkozy Copé, Chatel, Bertrand ou autres Fillon peuvent se prévaloir de l’héritage de Séguin et du gaullisme même si, dans les jours qui s’annoncent, ils s’efforceront tous de nous faire croire le contraire.

Lyon, le 8 janvier 2010.

Photo: DR

07/01/2010

1 - 0 pour la Suède

rafale.jpgBrésil-France, 1 - 0 pour la Suède. Tel semble le résultat de cette curieuse compétition visant à équiper l’armée brésilienne d’avions de chasse. Pourtant, le commis voyageur Sarkozy, l’homme qui fourgue des centrales nucléaires, des TGV et des zingues militaires comme d’autres respirent, avait présenté en septembre dernier, bombant le torse, l’affaire comme conclue. Hélas, les généraux brésiliens ne veulent pas plus du Rafale de Dassault que leurs homologues du monde entier. L’avionneur français n’est donc toujours pas sur le point de commercialiser un premier appareil à l’export.

En fait, la planète Kakie ne mérite pas notre meilleur avion du monde et il ne reste plus à Sarkozy que d’attaquer le marché du Vatican ou des Barbades pour espérer enfin vendre ce Rafale si cher au contribuable français. Cet avion qui coûte presque 100 millions d’euros l’unité avait pourtant été proposé par le président français aux brésiliens avec un rabais de 50% et pourtant l’armée de Lula serait manifestement sur le point de lui préférer un chasseur suédois qui n’existe même pas encore. C’est à n’y rien comprendre !

Comme le disait hier au Figaro de Dassault le ministre Hervé Morin à propos de l’Airbus A 400 M en cours de certification mais au centre d’une crise sans nom à propos de son financement, « Il faut voir ce qui fait partie du jeu de rôle et de la négociation ». Je suggère donc au même Morin de prendre la suite de Sarkozy pour fourguer le Rafale aux brésiliens car un chef d’escadrille comme celui-là, il serait capable, à coup sûr, de vendre de la neige aux suédois.

Lyon, le 7 janvier 2010

 

10:40 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rafale, sarkozy, bresil, suede, dassault | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/01/2010

2009 en vrac

Installation de l’administration Obama - Conflit dans les Universités à propos du statut des enseignants-chercheurs - Suppression de la publicité sur l’audiovisuel public - grève générale à la Guadeloupe - Nouvelles plaques d’immatriculation - Disparitions de Alain Bashung et Michael Jackson - Violentes manifestations à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN - Sortie en juin de l’album « Music for men » de Gossip ….

Lyon, le 3 janvier 2010.

02/01/2010

2008 en vrac

Entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics en France – Défaite de la droite aux élections municipales – Visite du Pape en France et 150ème anniversaire des apparitions de la vierge à Bernadette Soubiron à Lourdes – Disparition de Aimé Césaire -Barack Obama élu 44ème président des Etats-Unis - La sprinteuse Marion Jones incarcérée pour parjure - Crise des subprimes - « Viva la Vida » de Coldplay meilleure vente d’albums dans le monde - Enorme succès pour Amy Winehouse avec « Back to black »….

Lyon, le 2 janvier 2010.

31/12/2009

2007 en vrac

Sortie de l’Iphone d’Apple - Michel Platini devient président de l’UEFA - Retour sur scène de Michel Polnareff - Election de Nicolas Sarkozy - Mort de Michel Serrault - Visite de Mouammar Kadhafi à Paris - Disparition de Raymond Barre - « Life in Cartoon Motion » de Mika est la meilleure vente française …..

Lannemezan, le 31 décembre 2009.

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu