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16/02/2010

Qualificatif

PhilippeCochet.jpgInterviewé dans le dernier numéro de Lyon People, Philippe Cochet le député maire de Caluire et président départemental de l’UMP apparaît toujours aussi agressif mais beaucoup moins péremptoire. On est loin de 2007 où, dans Lyon Capitale, au lendemain de son élection comme secrétaire national à je ne sais quoi de son parti, il se prétendait plus important qu’un ministre. C’était le temps béni des lendemains de victoire. Depuis la vie a fait son œuvre. Pour les municipales de 2008 Cochet avait lancé une véritable fatwa contre les élus du groupe Synergies au Grand Lyon intimant à tous les maires de sa circonscription de rejoindre l’UMP. Résultat : tous les nouveaux élus sont allés à Synergies entrainant même avec eux un maire sortant du groupe UMP. Le genre de claque qui rend modeste et qui fait dire aujourd’hui à l’intéressé qu’il ne pense pas à la présidence du Grand Lyon tous les matins en se rasant. Mais il ne supporte toujours pas la présidence de Gérard Collomb dans cette assemblée qu’il situe à droite. Alors il cherche les angles d’attaque et après avoir dit tout le bien qu’il pense de la gestion de Michel Noir puis de Raymond Barre il reproche au président actuel son exécutif ouvert à l’opposition et ses 40 vice-présidents présentés comme un armée mexicaine. Seul détail c’est Raymond Barre lui-même qui a inauguré ce mode de gouvernance et son exécutif d’alors n’écartait que les représentants du FN et du Parti Communiste, encore que puisque Maurice Charrier y siégeait. Certes il n’était plus encarté au PC mais l’avenir a montré qu’il n’a jamais coupé les ponts en laissant au moment de son départ volontaire les clés de Vaulx en Velin à un membre très officiel de ce parti. Certes Barre avait ses raisons : il lui fallait contenir l’influence qu’il jugeait trop forte des amis de Noir regroupés autour d’Henri Chabert cela valait bien une alliance avec la gauche. Pourtant Philippe Cochet ne rechigne pas à prendre appui sur le passé pour poser la question qui lui paraît fatale : quel qualificatif donneriez vous aux années Collomb ? Pour Noir dit-il c’était propreté et lumière, pour Barre l’UNESCO, pour Collomb il ne voit rien même pas les Berges du Rhône par exemple ou peut-être a-t-il oublié ce qu’elles étaient avant. Mais son objectif aujourd’hui est de faire de Caluire un modèle pour le dupliquer au niveau de l’agglomération alors attendons et on verra bien quel qualificatif on pourra donner à la gestion Cochet en 2014.

Philippe Dibilio

Photo: DR

15/02/2010

Haine

haine.jpeg« La politique ne fait pas exception : La haine y rôde comme partout », c’est par cette formule que débute l’éditorial de la semaine de Claude Imbert dans Le Point. Il y détaille les forts méchants rapports qui animent Sarkozy et Villepin non sans rappeler les haines de jadis, celles entre Rocard et Mitterrand, Giscard et Chirac, Chirac et Chaban, Chirac et Balladur …

Toujours cette semaine, mais cette fois-ci dans l’Express, Ludovic Vigogne quant à lui, détaille les inimitiés, les bisbilles, échapardages, heurts, gnons, peaux de banane et tirages de maillot qui font le quotidien de la vie gouvernementale.

MAM contre Hortefeux, Amara contre Darcos, Lagarde versus Estrosi, MAM contre Bockel, Amara contre Sabeg sans oublier Bachelot et Yade, bref les occasions de se détester sont légion et du côté de l’Elysée ces crispations, tensions et détestations sont un moyen de gestion de la majorité même si aujourd’hui Copé s’intéresse de près à tout ce beau monde.

Copé-Sarkozy, voilà un nouveau couple maudit que Claude Imbert avait oublié dans son inventaire de la haine ordinaire.

Lyon, le 15 février 2010

Photo:DR

12/02/2010

Amours

coeur.jpegLes stratèges de la campagne régionale de Jean-Jacques Queyranne conduiront ce week-end une opération « Aime ta région à la St Valentin ».

Demain le restaurant du personnel du Grand Lyon y va de son menu ad’ hoc avec, en entrée sa « Pyramide des amours » puis en plat de résistance son « Délice de crevettes sauce au gingembre et sa garniture Saint-Valentin ». Hier, dans Libération le Lyonnais Jacky Dugrand évoquait les amours coupables de la gastronomie et de la Saint-Valentin. Bref, ici comme ailleurs, dans les plus petites occasions de la vie, on déborde d’amour.

A propos d’amour, ceux du beauf et de la pionne, ont vraiment du plomb dans l’aile. Alors que le Montpelliérain procède à une véritable offensive médiatique, je me dis que la première secrétaire du PS risque de se contenter dans cette aventure du sauvetage d’une âme dont les anges-gardiens s’appellent Hamon et Bartolone. En effet si les sondages indiquent que Frêche sortirait vainqueur du premier tour avec 31% distanciant l’UMP de quelques 10 points, ils précisent aussi que les amours contrariés de Hélène Mandroux et Jean-Louis Roumégas situeraient socialistes et verts aux alentours de 10%. Autant dire que si l’un faisait 9,98 et l’autre 9,89 le dimanche 14 mars au soir, les as de Solferino seraient illico transformés en sémaphores …. Rouge de honte !

Lyon, le 12 février 2010.

11/02/2010

Interview Surf TV

J'étais l'invité en fin de semaine passée de la Web tv Surf TV, la première télévision internet lyonnaise qu'anime Daniel Dubois.

Cette émission avait pour thème la métropole lyonnaise, or comme vous le savez en tant que Vice-président du Grand Lyon cette émission a été l'occasion de rappeler ce que le Grand Lyon entreprend avec nos partenaires (Saint Etienne, la Communauté d'Agglomération des Plaines de l'Isère, Vienne, Bourgoin Jallieu, etc.)

 

Nous aurons l'occasion d'en reparler prochainement ici même sur ce blog.

Lyon, le 11 février 2010.

09/02/2010

En baisse

Begag.jpgPas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps un sondage ne fait une élection . Il en va ainsi pour les régionales. Il reste que  celui effectué ce week-end et  qui donne 10% aux listes Europe Ecologie ramène cette formation à des ambitions certainement plus proches des réalités. Il paraît évident, en effet, que l’aura médiatique du duo Bové-Cohn-Bendit pour les Européennes n’allait pas se démultiplier dans chaque région. Et pourtant c’est le pari fait par les écologistes qui sont allés chercher des figures de prou dans les régions pour conduire leurs listes. Un pari qui risque de faire flop s’il n’est pas soutenu par des enquêtes d’opinion favorables. Alors faut-il penser que le star system est en recul sur le champ politique et électoral ?

A voir certes le soir du premier tour qui est le seul instant de vérité. En revanche on peut dire dès aujourd’hui que le choix d’une « vedette médiatique » ne crée aucune rente de situation en soi. Qu’on en juge avec la liste Modem  conduite par l’ineffable Azouz Begag. Il faut bien reconnaître que l’attitude de François Bayrou dans cette affaire relève d’un aveuglement rarement atteint. Pourtant une répétition générale avait eu lieu pour les municipales de 2008. Déjà au sein du Modem lyonnais les attaques fusaient, les affrontements se succédaient pour aboutir à un abandon du combat en rase campagne par la tête de liste d’alors le même Azouz Begag. L’expérience n’a donc pas suffi et c’est encore  à l’écrivain villepiniste qu’a fait confiance Bayrou contre vent et marée. Résultat une liste qui écarte le président départemental et un certain nombre de figures du Modem comme Eric Laffond ou Richard Moralès. Une liste qui vit dans les contradictions quant à la conduite à tenir vis-à-vis de la gauche rejouant un remake des municipales où l’on trouvait des « oranges » sur toutes les listes.

Pire l’affrontement prend des proportions avec l’envoi de faux email porteurs de fausses informations mais envoyés par de vrais adhérents du Modem. Une confusion qui pourrait faire rire si elle ne faisait pas pleurer pour la politique déjà tant décriée par ailleurs. Car derrière tout cela il y a bien l’indigence politique d’un Begag qui n’offre ni programme ni stratégie ni campagne tout court. Comme si sa nomination pour mener la liste suffisait en soi. Et comme souvent il a annoncé à qui voulait l’entendre que lui allait faire de la politique autrement et comme toujours cela conduit à ne pas faire de politique du tout. 0n reste pantois devant le fait qu’un homme aussi expérimenté que Bayrou soit tombé dans ce panneau et on peut lui souhaiter que ce ne soit que l’unique situation en France mais c’est déjà une de trop dans le mouvement de baisse dans l’opinion qui frappe son parti.

Philippe Dibilio

08/02/2010

Spleen

200px-%C3%89ric_Besson.jpgC’était il y a un peu plus de trois mois. Sur commande présidentielle, le dévoué transfuge Besson lançait son « grand débat sur l’identité nationale » avec pour mission de draguer quelques électeurs du Front National et de pourrir le débat public à quelques encablures des élections régionales.

Aujourd’hui, le gouvernement tient séminaire sur ce sujet. Attention, il ne s’agit pas du grand barnum dont rêvait, illuminé par la pensée présidentielle, l’appliqué Besson. C’est même tout le contraire, en guise d’évènement, Fillon va bénir ce que désormais beaucoup de monde à droite souhaite être une cérémonie des obsèques et le pauvre Besson doit ranger ses rêves de grandeur ministérielle dans le fond de sa poche. Accusé d’en avoir trop fait, d’avoir joué perso, d’être ingérable, le traitre devenu numéro 3 de l’UMP affiche une bobine des mauvais jours. Il faut dire qu’il y a peu, notre ministre, euphorisé par son débat avec Marine Le Pen, s’est retourné et n’a vu personne le suivre. Même Sarko qui devait pourtant présider ce fameux séminaire s’est fait porté pâle laissant en plan le ministre. En proie à des attaques Umpistes qui fusent, tricard et abandonné, le bon caporal Besson ne cesse pourtant de répéter qu’il assume, qu’il assume tout au point qu’il va se mettre à assumer même ce qu’il n’a pas encore eu le temps de faire.

Sur ce champs de bataille de l’Identité Nationale, le soldat Besson traîne son spleen et sa solitude et il n’est pas certain qu’à droite grand-monde songe à le sauver.

Lyon, le 8 février 2010.

Photo: Luc Legay

06/02/2010

Sa différence

joxe.1203944263.jpegEn quittant le Conseil constitutionnel, Pierre Joxe a décidé, en publiant un livre intitulé "Cas de conscience" de rompre le silence qui entoure les décisions prises dans ce type de conclave. Ce "cas de conscience" est en fait "une étude de cas" puisque l'ancien ministre socialiste traite dans son ouvrage de trois dossiers, la loi Perben 2, le contrat première embauche (CPE) et la nomination de responsables de l'audiovisuel public par le Président de la République, pour évoquer les nombreux désaccords qu'il a eu à surmonter.

N'oublions pas que Joxe était bien seul dans le grand bain politiquement monocolore du Conseil constitutionnel. L'exercice consistant aujourd'hui à éoquer quelques secrets de délibérations est donc une première qui mériterait bien évidemment de faire école. En effet contrairement à ses homologues d'Allemagne, d'Espagne et surtout des Etats-Unis, l'expression en France d'"opinions différentes" est prohibée. En proposant de faire évoluer cette pratique, Joxe a de toute évidence mis les pieds dans le plat et il convient de saluer l'initiative. Cela étant, compte tenu du départ de Joxe et de ce que va être d'ici quelques temps la composition du Conseil constitutionnel on peut toujours s'interroger sur la probabilité d'expression "d'opinions différentes". Mis à part Jean-Louis Debré, je ne vois pas quant à moi grand monde. C'est dire !

> Le Nouvel observateur, 4/02

> "Cas de conscience", éditions Labor et Fides, 245 pages, 19,50 €.

Lyon, le 6 février 2010.

05/02/2010

Le scalp du beauf

blog+-freche-gros.jpgIl aura donc fallu attendre quelques semaines pour que la flèche désormais historique de Frêche destinée à Fabius fasse parler d'elle. Cette petite phrase lourdingue prononcée dans l'indifférence générale avant les vacances de Noël par le beauf-en-chef du Languedoc-Roussillon mettra en vérité plusieurs semaines pour atteindre sa cible et enfin pouvoir être exploitée par une Martine Aubry chauffée à blanc et sous influence, une première socialiste certaine de pouvoir tirer profit de cette affaire aux contours plus artificiels que l'on pourrait le croire.

A quelques semaines du premier tour des régionales et alors que le marigot est en ébullition, rien n'est pourtant réglé et le temps ne semble pas travailler pour Solférino. Comme le disait jadis Robert Lamoureux "Le canard est toujours vivant", autrement dit Frêche est loin d'être mort. Mieux ou pire selon l'option choisie, le coups de poker de la première secrétaire pourrait s'avérer d'ici quelques temps à haut risque quand on constate le désordre qui s'est désormais installé localement.

Conseillée par ses nouveaux amis Bartolone, Hamon ou Montebourg, Martine Aubry pourrait rapidement se mordre les doigts en ayant succombée aux sirènes d'une garde rapprochée supposée être le garant de notre âme. On verra bien d'ici quelques jours quel sera le sort de la solution "canal historique" imaginée par les as de solférino mais il n'est pas encore certain que le scalp du beauf devienne une prise de guerre et que l'avenir de la première secrétaire se situe ailleurs qu'à Lille.

Lyon, le 5 février 2010.

Photo: DR

04/02/2010

L'éternel féminin

trotsky1940bis.jpgSelon un sondage Ipsos commandé par la Fondation Wyeth pour « Le forum Adolescences 2010 », 29% des jeunes garçons interrogés ne sont pas d’accord pour dire que les tâches ménagères doivent être réparties équitablement entre hommes et femmes. Encore plus nombreux, mais fort heureusement pas encore majoritaires, les mêmes « Young mâles » indiquent que le rôle des femmes est de faire des enfants. Dans le même ordre d’idée 36% des ados pensent que leur mère est le meilleur symbole de la femme et au rang des people le couple Angelina Jolie et Brad Pitt semble représenter le nec plus ultra.

Surtout ne soyez pas choqués par tout cela. Il paraît que c’est normal, cela porte même un nom, « Le flottement identitaire de l’adolescence ». Pour les 15-18 ans, pour être rapide, on a donc d’un côté la femme (féminité, séduction, maternité, sensibilité), de l’autre l’homme (virilité, machisme, travail).

J’imagine que le Pape Benoît XVI, qui actuellement sème le bazar en Angleterre à propos d’un projet de loi « sur l’égalité des homosexuels » devrait se satisfaire du fait que la fille aînée de l’église tient le choc et que nos jeunes sont aussi réac que nous pouvions l’être à leur âge.

Je ne sais pas si ce sondage va satisfaire le quartier général de la IVème Internationale mais Besancenot et son NPA, intégrant des thèses largement légitimées par le regretté Daniel Bensaïd, est sur le point de faire prendre un tournant nouveau au féminisme revisité par le Trotskisme. En effet, une jeune femme voilée va intégrer la liste NPA en PACA, façon légitime, selon le facteur démagogue, d’incarner la lutte des quartiers tout en affirmant que l’on peut-être à la fois « féministe, laïque et voilée ».

Aux dernières nouvelles, le vieux Léon tourne dans sa tombe à la vitesse de 78 révolutions par minute. Si d’ici les régionales il pouvait se stabiliser à 45 ce serait déjà pas mal car, avant l’été, le NPA promet à ses militant(e)s un grand débat intitulé « la religion, l’émancipation et la liberté » et à ce train là le vieux serait capable de débouler du côté de Port Leucate à l’université d’été du NPA pour mettre une rouste au postier et une grande claque à Krivine.

Lyon, le 4 février 2010.

03/02/2010

Honorable légion

Légion sanglante.jpgLa France et son éminent président prennent pleinement la mesure de l’honorabilité des élites chinoises. Grâce en soit rendue à l’UMP, désormais parti frère de celui de Mao, depuis que Xavier Bertrand a signé en octobre 2009 un manifeste d’accord avec le PCC. Il est d’ailleurs question de rééditer en bleu le petit livre qui fit la joie des « mao » de tous poils de ma jeunesse.

À Pékin, dans la suite d’un processus bien rodé, Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, conseiller officieux en matière de sécurité et d’anti-terrorisme de l’illustre révolutionnaire de la commune de Neuilly, ex rocardien et pote à Valls, vient de décorer de la légion d’honneur l’honorable He Bingsong, criminologue de son état.

Déjà habitués à ce que l’insigne ruban rouge, synonyme d’honneur ou de bravoure, orne la boutonnière de nombre de chanteurs et de sportifs, vous me direz peut-être qu’il vaut mieux l’accrocher au veston d’un criminologue qu’à celui d’un criminel comme Vladimir Poutine décoré en 2006. Sauf que le dénommé He Bingsong est aussi celui qui justifiait il y a peu la condamnation à mort d’Akmal Shaik, ce Britannique souffrant de troubles psychologiques arrêté en Chine pour trafic de stupéfiants et exécuté depuis. La « patrie des droits de l’homme » décore ce faisant un partisan chinois de la peine de mort qui vient juste de contribuer par ses affirmations à une exécution capitale.

Que ceux qui se nourrissaient encore de quelques illusions quant au cynisme de nos gouvernants sans complexes, apprécient et jeunent en signe de deuil. Ils se referont au moins des amis chez les Britanniques qui s’étaient émus du sort réservé en décembre dernier à leur compatriote. J’entends déjà fuser les habituels « incorrigible droit-de-l’hommiste naïf !».

Si on peut concevoir qu’un dialogue ininterrompu soit mené avec les États qui bafouent les droits des humains, des honneurs aussi indignement rendus à leurs élites sont inacceptables. Pourquoi ne pas honorer les résistants des droits de l’homme dans ce pays ? Parce qu’ils sont en prison ? Parce que cela mettrait en péril nos relations économiques ? Parce que des « agitateurs » menacent le parti frère ? Alors si, au nom de la réal politique, on refuse de donner la légion d’honneur à des avocats des droits civiques comme Chen Guangcheng, à des résistants comme Hu Jia, à des écrivains comme Liu Xiaobo tous emprisonnés, pourquoi la donner à des He Bingsong en 2010 ou, comme en 2007, à des Long Xinmin, ce haut responsable de la censure ?

Honneur, vous avez dit honneur ? Les temps électoraux viendront où l’image d’un petit timonier sera affichée sur nos dazibao municipaux. Souvenons-nous de lui rendre les honneurs. Les occasions ne sont pas légion.

Jean-Paul Schmitt

02/02/2010

Dany Kasparov

daniel-cohn-bendit-danny-the-red-parigi-14-maggio-1968.1203589748.jpgJe n’aime pas Daniel Cohn-Bendit depuis…1968 période que nous n’avons pas traversé dans le même camp mais je lui reconnais une grande compétence politique qui s’est bonifiée avec le temps. Aujourd’hui par exemple il est certainement le seul à faire les constats habituels sur la réalité politique du moment tout en ébauchant des pistes alternatives réalistes et compréhensibles. Certes son statut d’électron libre l’aide sensiblement mais encore fallait-il construire ce positionnement. Il est de toute évidence un vrai animal politique et c’est pour ça, de mon point de vue, que les listes Europe-Ecologie ne feront pas d’aussi bon scores dans les régions : le choix de tête de liste de la société civile n’ayant pas l’impact des deux vieux routiers, Cohn-Bendit-Bové, qui ont tiré la liste aux européennes. Son talent celui que l’on n’appelle plus Dany le rouge l’a encore montré ces jours ci.

En lançant en début de la campagne des Régionales l’idée d’un accord avec le PS, sur la base des résultats de 2010, pour les législatives de 2012, c'est-à-dire après la présidentielle, il joue un coup digne du meilleur professionnel du jeu d’échec. Du Kasparov. Il n’est d’ailleurs pas sûr que cette fois Cecile Duflot, la patronne des Verts, pense comme elle le répète à souhaits qu’il n’y a pas de « lézard » entre Dany et elle au moment où ce dernier préempte la stratégie des verts pour les années à venir. Par cette initiative le député européen rappelle que la politique c’est avant tout de l’anticipation et du réalisme. Réaliste il admet ce que tout le monde pense ; la gauche sera encore trop divisée pour gagner la présidentielle de 2012 en même temps les français, beaucoup plus sages qu’on ne le dit ne laisseront pas à Sarkozy les mains libres et lui imposeront lors des législatives une cohabitation. Bien vu et c’est dans cette brèche qu’il engouffre Europe Ecologie comme troisième force politique et lui attribue le rôle d’aiguillon de cette majorité parlementaire. Voila qui donne un sens au combat de ce mouvement et une perspective lisible aux électeurs surtout ceux d’une génération qui veut sortir de l’affrontement binaire de ces dernières décennies.

Philippe Dibilio

Photo: DR

01/02/2010

Soyez stupides !

Diesel4-300x147.jpg« Soyez stupides », telle est la nouvelle campagne publicitaire de la marque de vêtements Diesel. Une communication déclinée à l’envie dans le « Next » de samedi, sur bien des modes mais sur un ton assez unique.

« Nous sommes du côté des stupides », « Les intellos ont le cerveau. Les stupides ont des couilles » nous disent les jeans italiens qui pensent. « Les intellos critiquent. Les stupides créent », « Les intellos écoutent leur tête. Les stupides écoutent leur cœur » rajoutent nos philosophes vénitiens qui, peut-être même sans trop le mesurer, tutoient le pur génie en particulier en écrivant, « Les stupides échouent. Les intellos n’essayent même pas » ou « Seuls les stupides peuvent vraiment être brillants ».

Remplacez comme il vous plaira, intellos par technos, toiseurs, poseurs, par bureaucrate ou commentateur, voire même en utilisant quelques mots ou expressions qu’une bonne éducation réprime, et vous découvrirez que les petites maximes cheaps des fils de pub de chez Diesel valent les bons sentiments qui s’échangent entre Fabius et Frêche, l’inconstance de Manuel Valls, les haines tenaces entre Villepin et Sarko, les mots-doux que s’expédient Raoult et Copé.

Bonne journée et sachez rester stupide en toute circonstance.

Lyon, le 1er février 2010.

30/01/2010

Formidable

Dans ce pays c'est à la radio, sur Europe 1, qu'un procureur de la République annonce le fait qu'il va faire appel suite à un procès. Ce pays aux ressources insoupconnées est par ailleurs le champion des gardes à vue. C'est toujours dans ce pays qu'on s'apprête à liquider le juge d'instruction. Elle est pas belle la vie ? Bon week-end.

Lyon, le 30 janvier 2010.

29/01/2010

Narquin N1

roselyne_bachelot_reference.jpgAlors que l’on annonçait le week end dernier la fermeture des centres de vaccination contre la grippe A, je recevais enfin ce foutu bon accompagné de la missive de celle qui aurait dorénavant intérêt à se faire appeler Roselyne Narquin histoire de se faire oublier. Adieu « Pandemrix », « Humenza », « Panenza », « Focetria », « celtura » ou « Celvapan » destinés en une seule injection à estourbir A-H1N1. Je me souviens que fin août, lors de la pré-rentrée des enseignants, le ministère avait pris grand soin de nous expliquer, entre autre, comment il convenait d’éternuer dans son coude. Tout l’automne, Madame Narquin s’était magnifiquement mise en scène espérant probablement que grâce à H1N1 l’occasion de passer la sur-multipliée était enfin arrivée et que sa carrière était à la relance. Depuis quelques semaines nous ne voyons plus malheureusement le sourire éclatant de Madame Narquin à la télévision. Cela fait un bail que Claire Chazal et David Pujadas ne nous annoncent plus notre mort quotidien. On nous explique qu’il ne faut pas être trop dur avec Madame Narquin. Pour nous en convaincre on nous demande si d’autres auraient mieux fait à sa place dans la même situation. Bien sûr que non ! Au hasard, prenons la gauche. Il est clair que si les socialos-écolos-communistes avaient été aux affaires, j’aurais reçu mon bon d’ici cinq ou six mois, juste le temps pour me rendre parmi les premiers dans les centres de vaccination qui auraient été opérationnels au 15 août 2010. Côté nombre de morts n’en parlons même pas et quant au coût global il aurait explosé au point très probablement d’atteindre des sommes pharaoniques. En vérité ce pays peut aujourd’hui se féliciter de s’être doté d’un président qui a eu la lumineuse idée de nommer Madame Narquin aux Sports et à la Santé. Imaginez une seule seconde que ce ne fût pas le cas ?

Lyon, le 29 janvier 2010.

Photo: DR

28/01/2010

En gros et en détail

Sarkozy NB.jpgLe Président est paraît-il ravi de sa prestation de lundi soir sur TF1 et les quelques 8 millions de téléspectateurs qui assistaient à l’émission sont quant à eux convaincus. Plus précisément, si l’on en croit « Le Parisien » et l’institut CSA, 57% des personnes ayant vu Nicolas Sarkozy l’ont trouvé convaincant.

Autant dire que l’Elysée est aux anges quand on songe à la côte de popularité médiocre du président. En vérité, quand on consulte ce sondage paru hier, on peut se dire que le président devra y réfléchir à deux fois avant de convoquer une seconde fois le ban et l’arrière-ban de TF1. En effet, en examinant les principaux thèmes abordés par Nicolas Sarkozy face au panel concocté par TF1, il y a de quoi perdre le sourire puisque la performance présidentielle s’avère bien modeste. Pas convainquant à 60% sur l’emploi, à 58% sur les retraites, à 51% sur les salaires de Proglio, à 61% sur le pouvoir d’achat, à 45% sur l’identité nationale et à 45% sur la réduction du nombre de fonctionnaires, le président a des soucis à se faire car sur aucune de ces thématiques les convaincus l’emportent. On pourrait dire que Sarkozy arrive à convaincre « en gros » mais jamais dans le détail. Malgré cela, Franck Louvrier, son conseiller en communication, nous confie que « la parole présidentielle n’est pas usée » autrement dit que, « plus c’est gros, plus ça passe ». D’ailleurs à l’occasion de cet échange avec le panel de TF1, Nicolas Sarkozy a utilisé les mêmes ficelles gagnantes que lors de la dernière campagne présidentielle expliquant que les problèmes économiques, d’emploi ou de retraites étaient à mettre sur le dos de la crise ou des socialistes et que pour le reste il convenait de faire confiance à sa détermination et à son acharnement. Reste à savoir si une telle ligne sera suffisante pour gagner « en gros » la prochaine présidentielle, tout le reste étant du détail.

Lyon, le 28 janvier 2010.

 

 
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