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13/03/2010

Leur corps

Ouf ! Le concept de « Corps français traditionnel » n’est pas validé par l’un de nos meilleurs spécialistes de l’identité nationale, je veux bien entendu parler de Eric Besson. L’ancien de l’amicale de la Simca 1000, le beauf de Bolloré, le tout juste blanchi du financement paraît-il problématique du Parti Républicain, je veux parler de Gérard Longuet, le président de l’UMP au Sénat, ne pourra désormais plus mettre en avant sa lumineuse pensée. Pourtant le Longuet en question ne désarme pas. Il maintient que la lutte contre les discriminations serait plus efficace si elle était menée par un « non-discriminé ». Tout est donc dans le paradoxe. Au même titre que le groupe Bolloré, comme entreprise citoyenne, est le meilleur défenseur des africains, les charcutiers les meilleurs amis des cochons, Sarkozy le pote des ouvriers, il conviendrait donc de nommer à la tête de la Halde, non pas Malek Boutih, mais un de ces français de souche né à Neuilly ou dans le 16ème arrondissement, un bon catholique pratiquant juste nostalgique de la messe en latin, un de ces lecteurs du Figaro depuis quatre générations, adhérent respecté de quelques cercles parisiens particulièrement bien en vue, un hétéro sexuel si possible père de famille nombreuse ayant des amis juifs et francs-maçons…

Entre les déclarations de Longuet, les rots d’Eric Zemour, après la chasse à Ali Soumare entreprise par l’UMP grand-parisienne, la droite française est entrain de dangereusement se désinhiber au point, si elle n’y prenait pas garde, de devenir « un grand corps malade ».

NB:

Lyon, le 13 mars 2010.

10/03/2010

Brice the nice

Horteufeux l'Auvergnat.jpg

Cinéma ? Préfets atteints de débilité précoce ? Fonctionnaires nettement plus psychorigides que la moyenne ? Petits chefs réacs et sans complexes ? Ministres de l’Intérieur sans pouvoir ?

Déjà trois circulaires adressées par Brice the nice aux préfets, ambassadeurs et consuls depuis trois mois (sans compter celle de Mam en 2007) pour arrêter la discrimination qui frappe certains Français dès lors qu’ils veulent renouveler leurs papiers d’identité : lorsque leurs parents ou eux-mêmes sont nés hors de France, il leur faut parfois, remontant plusieurs générations, partir à la chasse aux « vrais » documents prouvant qu’ils sont bien nés de la lignée dont ils s’affirment !

Résultat de ces circulaires qui forcément tournent en rond (à croire qu’elles ne sont faites que pour cela) ? Nul. Nada. Zéro. Circulez, y’a rien à voir ! La suspicion prévaut toujours : non seulement l’étranger nous pille en imitant nos sacs Vuitton, mais sur le territoire national même on contreferait nos beaux documents officiels. La patrie est en danger. Haro sur ces Français suspects qui exhibent des pièces périmées, tentant de nous abuser avec des cartes d’identité même pas plastifiées ou des passeports même pas biométriques !

Pour passer à la caisse et payer c’est suffisant : l’argent n’a pas d’odeur. La nationalité, si. Elle doit sentir l’administration et l’encre de ses tampons.

Quelques illustres ont été confrontés au problème alertant l’opinion et, la semaine passée – échéance électorale oblige, - notre bon ministre a refait son cinéma habituel. Comme le dit Jean-Pierre Dubois, le Président de la Ligue des droits de l’homme, « Monsieur Hortefeux est l’exploitant d’un film qu’il joue tous les trimestres ». Quant à Copé, il découvre… Et dans la foulée, il crée un groupe de travail, avec de vrais Français pur souche UMP, afin d’aller dans les préfectures « voir comment ça se passe sur le terrain » et pour que cessent « ces difficultés proprement scandaleuses ».

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09/03/2010

Casting

Bayrou-Begag-2009.jpgFrançois Bayrou regrettait ce week-end que l’on parle peu des régions en vue de l’élection de dimanche. C’est vrai, mais on ne peut pas dire que sa formation montre l’exemple en particuliers en Rhône-Alpes. En choisissant une tête de liste qui fait campagne par défaut il ne s’est pas donné les moyens de mettre en avant ses propositions pour la Région.

Azouz Begag, toujours adoubé par le leader du Modem, relève de l’erreur parfaite de casting. Une liste électorale est une équipe qui exige un animateur qui connaisse son sujet et mobilise ses troupes. Begag se considère lui-même comme le sujet et déplace son égo d’une situation à l’autre en ignorant tout le monde autour de lui. Ce fût un ministre gag, c’est un candidat farfelu. Certes il nous avait promis une campagne décalée elle l’est tellement qu’elle en devient transparente. Il a d’ailleurs commencé par refuser tous les débats télévisés ce qui laissa à penser qu’il n’avait ni idées ni programme pour la Région et qu’il était le candidat anti-sarkoziste primaire et nostalgique de Dominique De Villepin. Il est vrai que les rares fois où il s’est exprimé sur la politique régionale ce fût dans la plus grande confusion, incapable, notamment, de se situer par rapport à l’exécutif sortant. Quant au must de sa campagne il consistait à apparaître « juché » sur un tabouret pour parler à une foule qui avait tendance à le snober. En fait le tabouret c’était pour la télé car sinon il est beaucoup plus pratique d’être à la hauteur des autres pour leur parler et ses sorties avec son ustensile se sont résumées à de bonnes vieilles distributions de tracts (on peut dire flying pour faire décalé) entouré de co-listiers. Et puis il n’y a rien de nouveau dans tout ça. Dans les années 70 Simone André, adjointe de Francisque Collomb, menait sa campagne pour les élections cantonales munie d’un siège pliant qu’elle posait de temps en temps pour engager la conversation au coin d’une rue. Et elle avait des interlocuteurs car elle était archi connue dans son secteur. D’ailleurs elle fût chaque fois réélue.

Le drame pour Bayrou réside dans le fait qu’il avait de bien meilleurs choix pour mener cette liste. J’ai découvert par exemple lors du débat sur TLM Fabienne Faure, conseillère régionale sortante, bonne connaisseuse des dossiers de la Région et qui exposa quelques propositions construites et en adéquation avec les compétences de l’institution. D’autres noms viennent à l’esprit comme celui d’Eric Laffont , homme engagé et pugnace qui mérite le respect même si l’on ne partage pas ses avis ; ou encore Richard Moralès élu combatif et combattant. François Bayrou a balayé tout ça au nom du syndrome médiatique pensant que parce qu’on l’avait vu à la TV Begag bénéficiait d’une grande notoriété. Mais il en est de lui comme de Georges Marchais naguère ; dans le petit écran il amusait très bien le monde mais dans les urnes il a mis le PC à genoux. Bayrou aurait dû s’en souvenir lui qui risque d’avoir par ce choix donner le coup de grâce au Modem en particuliers dans la Région.

Philippe Dibilio

Photo: DR

08/03/2010

Patates

Patate.jpgQue des autorités gouvernementales, des scientifiques, des associations, la presse, s'interrogent dans le même temps sur la patate de BASF, devrait en toute logique conduire l'Agence Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) à se mobiliser pour fournir des explications et communiquer pour éclairer notre lanterne. Mieux, Madame Geslain-Lanéelle la directrice de la dite Agence devrait illico, sourire aux lèvres, se précipiter devant les caméras, organiser des points presse, bref faire son job. C'est en vérité tout le contraire qui se produit depuis que la commercialisation de cette pomme de terre génétiquement modifiée vient d'être autorisée par la Commission européenne après la bénédiction de l'EFSA. En effet depuis quelques jours l'EFSA refuse de rencontrer la presse et sa directrice ne se confronte pas en direct aux médias. La seule procédure de communication autorisée par l'EFSA réside dans la nécessité pour la presse de poser des questions au porte-parole de l'Agence qui se charge de répondre par écrit.

Formules creuses et générales, langue de bois constituent donc l'essentiel de la communication des autorités alors que certains parlent de quasi-dissimulation d'information, de procédures contestables, Baroso privilégiant quant à lui la procédure écrite plutôt qu'un véritable débat au sein de la commission. Ce dossier en quelques jours est subitement devenu suspect. Le fait qu'un cordon sanitaire silencieux entoure l'Agence n'est surement pas fait pour favoriser la confiance à l'égard de la politique conduite par certaines sociétés pour imposer les OGM et encore moins vis-à-vis de la commission européenne, Barroso en tête.

Lyon, le 8 mars 2010

N'oubliez pas ce soir, Meeting Régional de la liste conduite par Jean-Jack Queyranne avec Robert Badinter et Gérard Collomb. Partie artistique avec Carmen Maria Vega, Le Quatuor Debussy et Les Gourmets. De 19 heures à minuit. Le Transbordeur. 3, boulevard de Stalingrad, Villeurbanne.

05/03/2010

Vivement demain

urne-bis.1204846919.jpgAlors que nous sommes à peine entrés dans la ligne droite qui va nous conduire au premier tour des élections régionales, élections qui je le rappelle imposent la tenue d’un second round, certains sont déjà entrain de reluquer leurs futures circonscriptions législatives. Prenez la 1ère circonscription du Rhône, après avoir diffusé quelques tracts l’autre dimanche sur un marché, Thierry Braillard (PRG) nous expliquait le sur-lendemain sur son blog avec, faut-il le dire, une certaine émotion, « le plaisir à mener campagne dans la 1ère circonscription de Lyon, celle où j’ai été candidat en 2007 et où j’espère bien poursuivre le combat en 2012 ».

A lire la presse qui, avec une gourmandise non feinte, commence à se faire l’écho de ce phénomène et pour reprendre la formule de Thierry Braillard qui se dit que « d’autres candidatures seraient suggérées, envisagées, entrevues », on ne peut que se réjouir du fait que le défaut de candidatures n’est pas le malheur qui pourrait subitement s’abattre sur la vie politique française. D’ailleurs, toujours dans cette même 1ère circonscription du Rhône, l’actuel titulaire du poste de député, l’UMP Michel Havard, n’est pas disposé à se faire plumer comme une vulgaire volaille de Bresse. Il aurait déjà prévenu que même battu pour les prochaines législatives de 2012, il serait candidat aux municipales de 2014. Il y a maintenant quelques mois Thierry Braillard quant à lui avait annoncé qu’il pourrait être candidat aux dites municipales dans le cas où Gérard Collomb renoncerait à un troisième mandat, nous pouvons raisonnablement ne pas exclure qu’un combat Braillard- Havard risque d’avoir des allures de sommet Mohamed Ali/Foreman en 2014. Sachant que cette année là, se produiront les premières élections des fameux Conseillers Territoriaux qui précèderont les législatives de 2017, j’invite les plus jeunes d’entre-vous à réfléchir à tout cela dans la mesure où en 2020 de nouvelles échéances municipales se profileront et qui précèderont quant à elles ….

Lyon, le 5 mars 2010.

04/03/2010

Lundi au transbo

JJQ.jpgJJQ2.jpg

Lyon, le 4 mars 2010

02/03/2010

Crise de nerfs

C’est une histoire aussi saisissante que vraie que m’a racontée l’autre jour Hélène Geoffroy, conseillère générale socialiste de Vaulx en Velin. Lors d’une assemblée générale des salariés de l’entreprise Florence et Peillon, une entreprise industrielle en difficulté, mais c’est là aujourd’hui un pléonasme tant le monde de la finance soutenu par le gouvernement a pris le pas sur l’industrie malgré les discours toujours ronflants de Sarkozy.

Lors de cette assemblée générale on annonçait la liste des personnes licenciées. Soudain l’une des salariés est prise d’une violente crise de nerfs et doit être conduite d’urgence à l’hôpital. C’est le choc de la perte de son emploi pense-t-on alors. Et bien non c’est parce qu’elle n’est PAS sur la liste des licenciés que cette personne a craqué. Voila bien une situation qui interpelle sérieusement. On peut d’ailleurs la rapprocher de l’action de ces travailleurs de Meyzieu qui ont retenu leur direction non pour maintenir leur emploi mais pour obtenir une prime supra légale de licenciement. Ainsi donc les salariés ont aujourd’hui intégré le déclin de l’activité et ne posent plus vraiment dans une perspective inverse. Dès lors le montant de la prime de licenciement devient l’objet principal des luttes du désespoir. Le « no future » est entré dans les mœurs. Derrière cela il y l’endettement des familles qui, avec cette prime, effacent pour un temps l’ardoise ; quant à demain on verra bien, on fera avec. Voila qui modifie complètement l’approche des luttes sociales aujourd’hui et il n’est pas étonnant que les actions pour des hausses de salaires reviennent plus fort à l’ordre du jour.

Voila qui doit aussi amener le monde syndical et la gauche à se pencher sur le problème et à proposer des issues totalement revisitées aux conflits sociaux. Quant aux perspectives politiques elles ne pourront pas se résumer à des propositions économiques construites au tableau noir par quelques experts fussent ils internationaux. La situation exige au contraire un vrai travail de fond qui passe par une analyse approfondie de ce qui fait craquer une salariée parce qu’elle n’est pas licenciée.

Philippe Dibilio

01/03/2010

Cuba (libre ?)

fidel.jpegC’est cette semaine que mon ami Jean-Paul Schmitt va reprendre du service après quelques jours de vacances à Cuba sujet que j’imagine il va aborder mercredi. Il y a quelques jours, Orlando Zapata est mort à l’hôpital pénitentiaire au terme d’une grève de la faim de 85 jours. Il faisait partie de ce groupe de dissidents arrêtés en 2003 et dont Amnesty International exigeait la libération. On a entendu peu de monde, notamment à gauche, dénoncer ce que l’on peut appeler un assassinat en règle. En vérité, les droits de l’homme à Cuba raisonnent de façon très particulière dans le cœur d’une gauche qui n’arrive pas à se résigner au fait que les frères Castro sont de bien tristes sires. A gauche Fidel demeure l’incarnation d’une sorte de romantisme révolutionnaire et certains, de temps à autre, pensent même voir dans Chavez une sorte de sympathique réincarnation du barbu des sixties. Tout laisse penser que le fait d’avoir nettoyé dans les années soixante « le bordel des Etats-Unis » assure à Castro et aux siens une sorte d’immunité révolutionnaire. Ceux qui hurlent comme des gorets que l’on égorge à la simple vue d’une caméra de vidéo-surveillance rue de la République à Lyon sont les mêmes, arborant parfois un magnifique T-shirt du Che, à parfois nous expliquer qu’à Cuba les 200 prisonniers politiques répertoriés ne pèsent vraiment pas lourd face à l’alphabétisation du pays, ses structures de santé et au courage de ce petit pays victime du blocus yankee.

Zapata mort, encore fallait-il l’enterrer. A titre préventif, probablement pour que le maximum de recueillement puisse exister, les autorités cubaines ont aussitôt mis en détention temporaire une trentaine d’opposants afin de les empêcher d’aller faire du chahut au cimetière lors des funérailles. Il serait donc temps que la gauche se réveille à propos de Cuba tout en sachant que seule une issue social-démocrate peut garantir un avenir digne au peuple Cubain une fois que la famille régnante aura disparue. Comme Zapatero et Lula, l’Internationale socialiste semble sourde et aphone quand il s’agit d’évoquer aujourd’hui Cuba. C’est une erreur profonde à moins de souhaiter, d’ici quelques années, qu’après une parenthèse castriste, Cuba redevienne « le bordel des Etats-Unis » ?

Lyon, le 1er mars 2010

 

Photo: DR

 

26/02/2010

Francophonie

logo-franco2010-300x153.jpgAlors que depuis le référendum du 4 juin 2003 la langue nationale du Rwanda est le kinyarwanda et le français la seconde langue officielle, en octobre 2008 le ministère de l’Education Nationale du gouvernement Kagame a décidé que « l’enseignement primaire, secondaire et universitaire sera exclusivement dispensé en anglais au Rwanda à partir de 2010 ». Cette décision qui va contre les décisions de la constitution référendaire de 2003 est en vérité une mesure de rétorsion envers la France mais surtout le bouleversement assuré d’un système éducatif rwandais assuré jusqu’ici en quasi-totalité en français.

Cette décision d’imposer l’anglais à la place du français est à l’image de la stratégie de l’actuel gouvernement qui trouve là probablement le moyen de rendre la monnaie de sa pièce à un Etat français qui a lancé des actions en justice contre Kagame suite à l’attentat contre l’avion de Habyarimana. Une décision qui, même si elle va contre la réalité de l’appareil éducatif du pays et de sa tradition, a également le mérite de ne pas déplaire aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne qui, à l’occasion, ne rêvent que de redessiner la géographie locale.

D’après les forces qui s’opposent à cette mesure visant à privilégier l’anglais on trouve pourtant des arguments de bon sens. Au premier rang de ceux-ci, le simple fait que le français est une langue accessible au plus grand nombre. Que supprimer la place privilégiée du français provoquera mécaniquement une fragilisation de ceux qui sont déjà les plus faibles et que la grande majorité des professeurs ne sont pas en capacité d’assumer les enseignements en anglais. Nul ne sait si le récent voyage de Nicolas Sarkozy va permettre de dépasser cette lourde contradiction. L’affaire est donc à suivre.

Permettez-moi enfin de signaler « le mois de la francophonie » du Grand Lyon dont le lancement est prévu le 1er mars.

mois de la francophonie.jpg> Télécharger le programme ici

Renseignements sur le site de la Maison de la francophonie et celui Grand Lyon

Lyon, le 26 février 2010.

24/02/2010

Chicaneries

tp_20091013_1832-360k-1.jpgPlutôt que de se terminer en gag, dans l’affaire Frêche, chacun tente de trouver à la situation une issue acceptable. Terminées les grandes envolées morales des coupeurs de tête Montebourg et Bartolone, place au pragmatisme. On se dirige donc vers une sorte de « suspension temporaire » des amis du Président de la région Languedoc-Roussillon, autrement dit pour reprendre certaines formulations solfériniennes, vers une exclusion suspensive et provisoire des supposés exclus. Même Razzy Hammadi, poète officiel du clan Hamon, est atteint de coolitude, il dit que « le feuilleton maintenant devient ridicule ». C’est dire !

Hier, en se rendant à Montpellier, Gérard Collomb a judicieusement placé cette affaire sudiste au regard des enjeux nationaux qui sont face à la gauche. « Il faudra être tous rassemblés » a indiqué le Maire de Lyon car, a-t-il ajouté, « c’est comme ça qu’on peut gagner demain et non en s'enfermant dans les petites chicaneries qui réduisent, rabaissent la politique ».

Comme un fait exprès, c’est également hier que Collomb parmi 16 autres personnalités socialistes qui lançaient un appel intitulé « Faire converger la gauche », publié dans Libération. Cette vaste coalition suggérée par nos 17 élus est la condition d’une victoire lors de la présidentielle de 2012 et des législatives à suivre. Voici ce texte qui porte des exigences dont la gauche toute entière ne saurait s’exonérer à l’avenir.

"Faire converger la gauche

La gauche et singulièrement les socialistes doivent être les artisans d’une vaste coalition de progrès. L’heure n’est pas à la division, à la collection narcissique des différences et encore moins au sectarisme. Nous aurons à faire des choix qui marqueront notre véritable entrée dans le XXIe siècle. Nous n’avons pas à traverser une mer calme ; les vents sont contraires, souvent violents et des économies entières et même des Etats menacent déjà de faire naufrage. Le monde globalisé est une addition de mondes fragmentés. Le fiasco de Copenhague est symptomatique des limites de la gouvernance du monde.

Comme toujours dans ces périodes d’épreuves, il faudra faire l’inventaire du principal et de l’accessoire. Que ce soit sur la question essentielle du maintien des retraites, de l’emploi et de la formation, du droit des salariés à un patrimoine, du droit à l’éducation et de l’accès aux soins pour tous, de la prise en charge du grand âge comme de la sauvegarde de notre environnement, les défis à relever sont connus et immenses. Seule une puissante et large majorité politique pourra les relever. Si des adaptations de notre système social sont à accomplir, ce ne peut être que pour l’améliorer. On ne sauvegarde pas le progrès au prix d’une régression marquée par la précarité des statuts et des revenus. Une réforme fiscale ambitieuse et équitable devra garantir l’effort de tous et d’abord de ceux qui peuvent le plus. La solidarité n’est pas une punition. La mobilisation sociale exigée demandera une démocratie partagée. Une nouvelle République, appelons-la VIe, doit mettre un terme à l’hyperprésidence et instituer un véritable pouvoir parlementaire, donner enfin son indépendance à la justice et traduire le pluralisme des médias dans les faits, associer enfin les citoyens à la prise de décision publique.

Le temps n’est plus aux pusillanimités politiciennes, ni aux jeux d’appareils artificiels, ni aux polémiques dégradantes. Nous aurons besoin de l’énergie de tous.

Il faut s’unir ! Nous devons réfléchir et proposer, tous ensemble, enfin dégagés des rapports de force qui n’ont rien à voir avec l’exercice de la pensée. L’élection présidentielle de 2012 et l’élection législative doivent être gagnées par tous ceux qui souhaitent réformer la société, la gauche, toute la gauche, socialistes, radicaux, communistes, les écologistes, les démocrates du centre et jusqu’à ceux pour qui le gaullisme signifie le refus de la soumission de l’Etat aux intérêts particuliers. C’est la question démocratique qui détermine les alliances, pas l’inverse. La question démocratique gouverne la question sociale. Le dire ainsi rompt avec un confort du passé, devenu conformisme. Les régionales doivent être le banc d’essai de cette convergence pour que le rassemblement de toutes les forces au deuxième tour permette une victoire qui en annonce d’autres.

Signataires : Jacques Auxiette, Jean-Louis Bianco, Frédérique Bredin, Gérard Collomb, Thierry Coursin, Marc Daunis, Jean-Yves Le Drian, Vincent Feltesse, Aurélie Filippetti, Gaëtan Gorce, Jean-Pierre Masseret, Jean-Pierre Mignard, Jean-Jack Queyranne, François Rebsamen, Thierry Repentin, Monique Saliou, Gilles Savary, Jean-Marc Todeschini."

Lyon, le 24 février 2010.

23/02/2010

Bonne idée

TF16B_B_BonneIdee.jpgL’idée pouvait paraître bonne et même courageuse de la part d’un gouvernement libéral mais elle ne vécût que le temps que vivent les roses. Le gouvernement, en effet, se proposait de noter les entreprises en trois catégories quant à leur action pour lutter contre le stress des salariés. Rouge pour les mauvais élèves qui n’ont rien entrepris et même pas répondu au questionnaire du gouvernement, orange pour celles qui ont tenu quelques réunions ou engagés quelques discussions avec les salariés et vert pour les bons élèves qui ont signé un accord de fond ou de méthode. Bref du plus pur esprit sarkozyste dont le mérite est la valeur cardinale. Mais au demeurant il est plus facile de noter les ministres que les entreprises, encore que, car pour le moment les bulletins n’ont pas été communiqués.

Car cette initiative de Xavier Darcos a immédiatement soulevé un tollé de la part du patronat et y compris de certains syndicats mais bon il y a toujours eu des « jaunes ». Le Medef est monté sur ses grands chevaux dénonçant ce « name and shame » (nommer et faire honte) qu’il veut ne réserver qu’aux cas extrêmes, France Telecom par exemple ? Et face à ce froncement de sourcil de la farouche Laurence Parisot le gouvernement a retiré son texte illico, au moins on sait qui commande dans le monde de l’entreprise. A moins que dans la liste rouge n’ait figuré trop de participants à la soirée du Fouquet’s.

Cet exemple montre bien comment les mesure que Sarkozy voulaient fortes pour ciseler sa rupture tombent à plat sinon à l’eau les unes après les autres. Abandonné par l’opinion, il a encore perdu trois points ce week-end, Nicolas Sarkozy n’impose plus rien ni à sa majorité ni à son gouvernement. Aussi il doit vraiment trouver le métier de président de moins en moins ludique et penser que le jouet qu’il avait gagné a perdu tout son charme. Alors il doit regarder s’il n’y a pas en magasin quelque chose de plus amusant et valorisant à faire, gagner de l’argent, beaucoup d’argent, par exemple. D’ici que pour cela il nous abandonne en 2012 il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas…enc ore. Mais l’idée n’apparaît pas comme aussi mauvaise.

Philippe Dibilio

20/02/2010

Cochon de Brest


Sarkozy un petit cochon ? De Villepin se lâche !
envoyé par thony911. - Découvrez des webcam de personnalités du monde entier.

Les trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Le premier petit cochon se construit une maison de paille. Le deuxième petit cochon se construit une maison faite de brindilles. Le troisième petit cochon se construit une maison de briques et de ciment. Le grand méchant loup parvient à détruire les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon. Pour faire sortir le cochon de sa maison, le loup lui propose d’aller chercher des navets avec lui, mais le cochon sort tôt le matin et rentre chez lui avec des navets avant l’arrivée du loup. Le loup propose au cochon d’aller cueillir des pommes, le cochon lance une pomme très loin et se sauve chez lui pendant que le loup court après la pomme. Le loup propose ensuite au cochon d’aller à la foire. Arrivé le premier à la foire, le cochon achète une barrate. Sur le chemin du retour il voit venir le loup, il se cache alors dans la barrate qui dévale une pente et fait peur au loup. Ce dernier décide alors de rentrer chez le cochon par la cheminée, il tombe dans une marmite de soupe et s’ébouillante. Le cochon le mange pour son dîner.

Si ce troisième cochon se prénommait « Nicolas », Dominique de Villepin devrait donc se méfier sauf à se rêver finissant dans la soupe aux choux du Président.

Lyon, le 20 février 2010

(Texte emprunté à wikipidia)

 

19/02/2010

Sud (profond)

82593292croix-occitane-1-jpg.jpgPour convaincre les socialistes locaux d’apporter leur aide, non pas à Frêche, mais à Hélène Mandroux, Claude Bartolone lançait il y peu une sorte de menace aux socialistes récalcitrants en disant qu’ils avaient « intérêt à ne pas insulter l’avenir » et selon la formule généralement consacrée en ce genre de circonstance, « à ne pas se mettre d’eux-mêmes en dehors du PS ». C’est donc en vertu de l’article 11 des statuts que Bartolone fait aujourd’hui la morale à qui veut bien l’entendre lui qui, il y a quelques années, avait fait activement campagne pour le « Non » au référendum alors que démocratiquement son Parti, le Parti Socialiste, s’était déclaré pour le « Oui »

Même si un sondage ne fait pas l’élection, constatons que celui réalisé pour « LCI-Le Figaro » par Opinion Way en créditant la liste socialiste disposant du label Solferino de quelques maigres 6% va poser problème à la direction nationale du PS. D’ailleurs, malgré les foucades de Bartolone, du côté du Porte Parole Socialiste on ne joue plus au malin. « On ne va pas faire du disciplinaire » nous dit désormais un Benoît Hamon qui semble anticiper la décapitulotade car si l’on en croit ce sondage c’est avec 41% que Frêche serait élu au 2ème tour devançant la droite de 10 points et l’alliance Ecolo-socialiste-NPA de 14 c’est çà dire, au final, le meilleur score jamais enregistré par Frêche. Tel est semble-t-il le prix de l’âme de Bartolone et espérons qu’au train ou vont les choses, d’ici quelques temps, il n’y aura au sein du PS plus grand monde pour voter pour lui.

Lyon, le 19 février 2010.

18/02/2010

Récompenses

Mgr Gaillot.jpg« Le Parisien » du week end dernier nous rafraîchissait la mémoire sur le jeu des ambassadeurs que conduit, avec semble-t-il une certaine délectation, le Président de la République. Véritable variable d’ajustement dans le petit jeu politique des nominations et des attributions de prébendes, la fonction d’ambassadeur apparait à bien des égards pour ce qu’elle est, une récompense ou un dédommagement.

David Martinon, licencié de l’Elysée, devenu Consul Général à Los Angeles. Roger Karoutchi, licencié du gouvernement, ambassadeur auprès de l’OCDE. Gilles de Robien, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation Internationale du Travail.

Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations sur le climat. Valérie Hoffenberg, élue UMP et représentante pour le processus de paix au Proche-Orient. Eric Chevallier, compagnon de route de Bernard Kouchner, ambassadeur de France à Damas. Quant à Michel Rocard, ancien missionnaire sur la taxe carbone et le grand emprunt, n’oublions pas qu’il a rang d’ambassadeur de France chargé des négociations internationales sur les pôles Arctique et Antarctique.

Selon une note du cabinet de Bernard Kouchner, nous dit le Parisien, le nombre de diplomates non professionnels est passé de 2 à 21 entre 2001 et 2010. Pour moi qui entame une carrière de missionnaire au « Grand Lyon » je me dis que je pourrais éventuellement me retrouver, un de ces jours, à négocier, comme Michel Rocard, avec quelques pingouins n’en demandant pas tant. Sauf que me concernant, et à la différence de Rocard, je me retrouve, comme Monseigneur Gaillot, nommé évêque in partibus de partenia et ce pour l’éternité. L’éternité étant bien longue, il va peut-être falloir que je me résigne à l’écourter.

Lyon, 18 février 2010.

17/02/2010

Veautation

lycee.jpgHier on apprenait les chiffres de participation aux scrutins désignant les représentants de parents au sein des instances de nos écoles. Dans le Rhône 34% des parents d’écoliers ont voté. Dans les collèges, tout juste un quart s’est déplacé et concernant les lycées, un parent sur cinq a voté.

Toujours hier, la FIDL et l’UNL, deux des principales associations lycéennes indiquaient qu’en compagnie de quelques autres mouvements de jeunes, elles allaient organiser une « votation citoyenne » destinée à démontrer au ministre Chatel qu’il « fallait changer de cap ».

Nous verrons bien si les associations lycéennes protégées par la JOC, les JC, le MJS, les jeunes radicaux et autres jeunes verts atteindront le chiffre fatidique de 3 millions de votants lors de ce scrutin. A voir la formulation de la première des trois questions on serait tenté d’espérer que les lycéens fassent comme leurs parents en s’abstenant de voter. En effet pour cette votation à caractère propagandiste, les lycéens sont invités à dire s’ils préfèrent « des profs à la sauce Sarko, moins nombreux, moins formés » ou « les moyens d’obtenir un diplôme qui permet de s’en sortir ».

Quand on vous dit que le niveau baisse !

Lyon, le 17 février 2010

Photo:DR

 
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