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04/05/2007

Le vote de Mgr Barbarin

medium_Mgr_Barbarin.jpgAprès avoir annexé Jaurès, Blum, quasiment François Mitterrand et même Guy Mocquet, on sait que Nicolas Sarkozy s’est autorisé, il y a quelques temps, à évoquer lourdement le Pape Jean-Paul II. Chacun, et en particulier les croyants, jugeront si le bilan gouvernemental de Nicolas Sarkozy est en conformité avec la foi catholique. En ce qui me concerne, n’ayant aucune qualité à faire valoir dans ce domaine, je préfère ne pas me mêler de cette question même si cette confusion, cette récupération comme l’explique la revue Golias, peut laisser interrogatif et perplexe dans le cadre d’un débat présidentiel.

Monseigneur Barbarin, quant à lui, même s’il semble nettement plus qualifié que Sarkozy pour ce qui relève de la foi, vient de s’inviter contre toute attente dans le débat présidentiel. Dans un article à paraître demain dans " Familles chrétiennes ", il donne aux catholiques ce qu’il estime être d’utiles recommandations en expliquant que " si les deux candidats soutiennent une mesure contre laquelle ma conscience se révolte, je peux poser l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc. "

Cette formule de l’archevêque de Lyon est en vérité tout sauf anodine. Si l’on en croit l’AFP, dans le même numéro de " Familles chrétiennes " Philippe Barbarin explique " qu’un chrétien pose un acte devant Dieu en votant " et que celui-ci ne doit pas " favoriser l’avortement ou l’euthanasie, le mariage homosexuel, le rejet des immigrés ". Interrogé sur le 2ème tour de l’élection présidentielle, Mgr Barbarin précise même que " lorsque le Christ nous jugera au dernier jour, il nous demandera des comptes. Pourquoi as-tu voté pour tel ou tel candidat ? As-tu vraiment fait ton choix devant Dieu ou en fonction de tes petits intérêts personnels ? "

Sans vouloir faire le malin mais à la simple lecture du Pacte présidentiel de Ségolène Royal, je peux m’autoriser à penser que Mgr Barbarin n’apportera pas sa voix à la candidate. Reste le cas Sarkozy. Pour ce qui concerne le candidat de l’UMP tout est manifestement " jouable " si je considère les critères mis en avant par le Prélat des Gaules. Une inconnue subsiste tout de même, la question de l’immigration. Encore faudrait-il que Philippe Barbarin nous précise la manière dont il évalue la politique de l’ancien Ministre de l’Intérieur mais aussi qu’il puisse formuler un point de vue sur le programme de Sarkozy en la matière, " Ministère de l’immigration et de l’Identité Nationale " compris. Mais cela les lecteurs du " Familles Chrétiennes " qui paraîtra la veille du scrutin, n’auront pas la chance de le savoir.

02/05/2007

Delors, Royal, Bayrou et Nous

medium_Jacques_Delors.jpgA vous qui rêviez d’un gouvernement regroupant le meilleur du centre, de la droite et de la gauche. A vous qui souhaitiez que ce gouvernement puisse être présidé par un « Delors jeune », je vous livre quelques-unes des réflexions de Jacques Delors qui sera à coté de Ségolène Royal pour un meeting de fin de campagne demain à Lille.

Extrait du JDD du 29 avril 2007:

François Bayrou : « Je comprends que M. Bayrou veuille créer un parti démocrate et c’est logique qu’il pense à l’élection de 2012. Mais compte tenu de son diagnostic grave sur la France, on ne peut pas attendre. Cinq ans, c’est trop long ! Il y a urgence, c’est cela que je veux dire aux électeurs de François Bayrou : il faut se compromettre dès maintenant. »

Ségolène Royal : «  Ségolène Royal représente à mes yeux une conception du monde et de la société qui a toujours été la mienne. En deux mots, disons une société du respect et de la fraternité. Et puis c’est une personne qui a une vision, du caractère et de l’esprit de décision. Et que demande-t-on à un président de la République ? D’avoir une culture historique, une expérience du pouvoir, une compréhension de l’opinion publique. Je vous le dis ; elle a tout cela. » 

L’économie : « Je suis un partisan de l’économie de marché régulée, à la française parce que chaque pays a ses traditions. Ségolène Royal est dans le droit-fil de cette pensée, tout en sachant l’urgence de certaines situations, notamment sociales. C’est pourquoi elle ne promet pas la lune en matière de déficit. Le souci de la dette est là, il faut la réduire progressivement. Mais il faut aussi qu’elle puisse répondre aux impératifs d’une cohésion sociale retrouvée. Ce qui n’empêche pas de faire repartir l’économie. »

Nicolas Sarkozy : «  Il est quand même le candidat sortant ! Si la France est dans cet état, c’est bien à cause des gouvernements de droite dont il a été un membre éminent.

La droite française a l’habitude de sombrer dans le populisme, de pratiquer la politique chauve-souris : « je suis oiseau : voyez mes ailes ; je suis souris, vivent les rats » (pour reprendre la Fontaine). Cette droite est à la fois libérale et étatiste, européenne et d’un nationalisme étroit, compatissante dans le verbe et concrètement dure avec les faibles. » 

Lyon, le 2 mai 2007.

28/04/2007

Réactions suite au dialogue Royal – Bayrou.

medium_Royal-Bayrou-small.jpgCe matin je vous proposais un rapide point de vue sur le dialogue à venir entre Ségolène Royal et François Bayrou sur BFM TV et RMC Info.

A lire, sur ce blog, les commentaires parfois violents de certains supporters de Nicolas Sarkozy, je constate à nouveau que, le naturel revenant au galop, la droite placée en rangs d'ognons derrière l'UMP commence à nous montrer ce que devrait être la "France de demain" en cas de victoire de l'ancien locataire de la place Beauvau.

En vérité j'ai la faiblesse de penser que le retour d'une certaine morgue de la droite dans cette campagne est un excellent thermomètre pour mesurer le coup de chaud qui frappe le camp Sarkozy dans ce début de week-end du 1er mai.

Comme probablement beaucoup d'entre vous, j'ai constaté que ce dialogue de très bonne tenue apportait de l'air frais dans une démocratie que chacun souhaite détendue et pacifiée. En abordant pratiquement l'ensemble des thèmes qui intéressent les français, j'ai la conviction que Royal et Bayrou ont situé leur dialogue à la bonne hauteur avec la volonté de parler à des électeurs libres qui veulent réfléchir par eux-mêmes.

Au regard des réactions du candidat de droite qui développe une inquiétante inclinaison à propager mépris suffisant et sectarisme, il est utile de reposer la question du verrouillage de l'information non seulement pour organiser ce débat mais aussi pour en rendre compte. Si vous en avez la possibilité, le temps et l'envie, je vous invite à mesurer la manière dont certaines télévisions, LCI par exemple, rendent compte étrangement de cet échange Royal – Bayrou.

Huit jours nous séparent du 2ème tour. Attendons-nous à ce que les amis personnels et politiques de Nicolas Sarkozy qui contrôlent l'essentiel de l'audiovisuel apportent, sur leurs antennes et dans leurs publications respectives, ce petit coup de main qui risque d'être de plus en plus utile au candidat UMP dans cette dernière ligne droite. Aux septiques sur le sujet, je suggère de se reporter au Libération de ce matin qui en dit long sur le système Sarkozy en la matière.

Histoire de me changer les idées, je vous quitte pour le stade de Gerland afin d' assister au match de l'Olympique Lyonnais qui rencontre ce soir Le Mans, une équipe qui produit souvent du beau jeu et qui apporte elle aussi un peu d'air frais dans un championnat parfois soporifique et de temps à autre violent. 

Lyon, le 28 avril 2007.

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Sarkozy peut-il perdre ?

medium_Nicolas_Sarkozy.jpg"Sarkozy peut-il perdre ", telle est la " une " du Point de cette semaine. Poser la question c’est déjà, vous l’avez compris, s’interroger de manière très significative sur le cours des choses. Le fait qu’un hebdomadaire comme le Point s’y risque confirme qu’actuellement les lignes bougent. L’élection présidentielle est en effet de plus en plus ouverte. Tout demeure possible ce d’autant que l’affaire du débat Ségolène Royal/François Bayrou risque d’apparaître au final comme un élément plus important que Sarkozy ne le pense. En effet ce qui pour l’heure demeure une péripétie de campagne, un imbroglio subalterne, en dit en vérité beaucoup sur le cadenas médiatique français mais également sur la vraie nature du champion de l’UMP.

En expliquant que Royal et Bayrou étaient entrain de lui voler son deuxième tour et qu’il était presque illégitime que sa challenger débate avec le leader de l’UDF, Sarkozy étouffé par son ambition et sa soif de domination risque de payer cher sa suffisance. En effet pendant que Sarkozy actionne son moulin à prières devant des caméras complaisantes, j’ai le sentiment que les français, quant à eux, ne renoncent pas à réfléchir. Ce préambule du deuxième tour aux contours et à la nature inédits peut donc nous laisser raisonnablement croire, question de maturation de l’opinion, que Sarkozy ne se dirige, en pente douce, vers des difficultés qu’il n’ose encore imaginer.

Pour ce qui concerne les forces centrifuges qui hantent le paysage politique, il est raisonnable ne pas trop leur laisser le loisir d’encombrer notre réflexion. Que dix, vingt ou trente députés UDF s’alignent comme des petits soldats devant Sarkozy ne dupe personne. Qu’au Parti Socialiste, après une longue période d’indisponibilité pour cause de blessure, un Jean-Luc Mélenchon, avec quelques autres reprenne des gammes toujours aussi peu subtiles ne doit pas nous détourner de la nécessité d’avancer en rassemblant les français pour construire le changement.

Lyon, le 28 avril 2007.

27/04/2007

Varsovie doit plier

medium_geremek.jpgBronislaw Geremek est donc déchu, par son pays la Pologne, de son mandat de parlementaire européen parce qu’il n’a pas voulu se plier à la énième injonction des frères Kaczynski. Il est malheureusement le seul des 51 eurodéputés polonais à défier ainsi le sinistre gouvernement de Varsovie en refusant de signer une nouvelle mouture de la loi de lustration. Comme le dit Geremek dans une tribune publiée dans Le Monde d’hier soir, cette loi « viole les règles morales et menace la liberté d’expression, l’indépendance des médias et l’autonomie des universités ».

En effet cette loi scandaleuse vise non seulement les élus mais aussi les enseignants , intellectuels et journalistes polonais. Il serait grand temps que l’Europe se préoccupe sérieusement des autorités polonaises qui, au cœur de l’Union, conduisent une politique en contradiction fondamentale avec les règles et les valeurs démocratiques qui fondent l’idée Européenne. Il semble que le limogeage de Geremek qui provoque dans l’Europe entière et sur l’ensemble des bancs de l’assemblée européenne une condamnation totale est en passe d’être la goutte d’eau qui va faire déborder le vase.

Au nom de prétendues valeurs européennes ce pays laisse prospérer les pires brûlots antisémites et homophobes. Au nom d’une pseudo morale religieuse, Varsovie n'est pas loin de vouloir interdire d’enseignement les professeurs homosexuels. On envisage aussi la possibilité de supprimer les pensions jusqu’ici accordées aux polonais qui avaient rejoints les Brigades Internationales pendant la guerre d’Espagne.

L’Europe a besoin d’une Pologne démocratique et humaniste. Le gouvernement réactionnaire qui dirige actuellement le pays doit sans délais se plier aux exigences démocratiques d’une Europe qui doit imposer sans délais l'abrogation de cette loi de lustration, la réintégration de Geremek et la fin des menées antisémites et homophobes couvertes, inspirées ou conduites par un pouvoir obscène.

Lyon, le 27 avril 2007.

26/04/2007

Du courage, du courage, du courage (air connu)

medium_Bayrou-fushia3.jpgDans ce deuxième round de la campagne présidentielle, les lignes bougent. En décidant de faire preuve de l’ouverture nécessaire au regard de la situation politique et de ses enjeux, Ségolène Royal démontre une nouvelle fois les qualités qui sont les siennes depuis le début de cette campagne : l’audace, le courage et une volonté de liberté de pensée quasi inoxydable.

Pour ce qui le concerne, François Bayrou dans sa conférence de presse, tout en maintenant fort logiquement ses propres options, a, me semble-t-il, tout fait pour ne pas insulter l’avenir. En répondant favorablement à la proposition de rencontre avec Ségolène Royal, en se gardant bien d’exprimer sa préférence tout en critiquant sur le fond un Nicolas Sarkozy comparé à Berlusconi, le leader de l’UDF laisse la porte entre ouverte et surtout veut bien laisser croire à ses électeurs que voter pour Ségolène Royal dans ce second tour n’entrerait pas en opposition majeure avec son projet politique au centre.

Comme je vous le confiais avant hier, François Bayrou, contrairement à ce qu’il veut bien indiquer, ne peut rester sur sa montagne à contempler le deuxième tour. Qui sera le prochain Président de la république n’est pas chose secondaire. François Bayrou, comme la grande majorité de ses électeurs, sait très bien que la France de Sarkozy ne sera pas de la même nature que celle de Ségolène Royal. Le refus de trancher pourrait lui être reproché non pas aujourd’hui mais très probablement à l’orée des législatives.

Trois jours à peine après l’issue du 2ème tour, les premiers petits pas de François Bayrou sont importants ce d’autant qu’ils sont les plus difficiles à accomplir. En nous confiant ne pas avoir encore fait son choix, mais en laissant une liberté de vote à ses élus, Bayrou ménage manifestement l’avenir. Ces premiers pas sont courageux mais du courage il va lui en falloir encore quelque peu. Je souhaite donc du courage, du courage, du courage à François Bayrou (air connu).

Lyon, le 26 avril 2007. 

06:00 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Bayrou, Sarkozy, Royal, Ségolène, segolene, UDF, 2ème | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/04/2007

Bayrou, ce héros de feuilleton

medium_bayrou-tf1.2.jpgLe pitch du nouveau feuilleton est simple. Bayrou se dirige vers un « ni-ni centriste», ni Royal, ni Sarkozy. Le patron de l’UDF veut donc faire l’impasse sur les présidentielles renvoyant dos à dos les deux candidats qualifiés pour le 2ème tour.

A la fin du premier épisode le Béarnais rebelle décide de concentrer ses forces sur une offensive législative prélude à la fondation d’un nouveau mouvement politique. Au passage notre héros taille quelques croupières aux socialistes et se retrouve incontournable jusqu’en 2012, à la tête d’un groupe parlementaire de plus de soixante députés unis dont le destin est entre les mains d’un chef victorieux.

Bayrou se rêve donc en héros récurrent du grand feuilleton de la politique française mais ce que le leader centriste oublie c’est que les héros, même très sympathiques, ne sont pas, dans les bonnes comme dans les mauvaises séries, ceux qui écrivent le script. Ils ne sont pas maîtres de leur avenir. Sans scénariste, point de feuilleton et dans celui qui nous préoccupe en ce moment, ceux qui vont écrire l’histoire sont nombreux.

Par ordre d’entrée en scène, on trouve tout d’abord les Français et singulièrement ceux qui vont, pour écarter Sarkozy, voter Ségolène Royal. Dans tous les dénouements qu’il imagine, François Bayrou ne peut s’empêcher de penser qu’un « happy end » se dessine en sa faveur dans tous les cas de figure. Quel aveuglement !

 Au terme de l’épisode qu’elle sera la crédibilité d’un Bayrou qui aura choisi de ne pas engager sa responsabilité ? Si par malheur Sarkozy devenait le 6 mai président de la République quelle serait alors la côte d’amour de notre héros centriste ? Pire ne serait-il pas montré du doigt ? Drôle de destinée pour un héros qui se veut positif.

Dans le même temps d’autres scénaristes s’activent. Ils tiennent le stylo de Sarkozy. Ils s’appellent De Robien, Simone Weil, Méhaignerie, Santini et probablement demain Borloo. Dans leur scénario Bayrou est le chef du Fort Alamo UDF. Un irresponsable à l’égo surdimensionné, un traître doublé d’un forcené. Collaborent déjà à ce « pilote » un quarteron de parlementaires UDF passés sous la coupe de Sarkozy. D’ici le 2ème tour, ils devraient être nombreux à renouer avec le réalisme et à quitter François Bayrou. Pierre Albertini, le député et Maire de Rouen, par ailleurs auteur du projet du candidat Bayrou, est sur le départ. Dans les jours qui viennent ils seront nombreux à l’imiter.

Lâcheur pour les uns, traître et irresponsable pour les autres la destinée politique de François Bayrou ne va pas s’écrire en dehors des conventions du genre.

En choisissant de devenir un héros positif dans ce feuilleton national, Bayrou doit se convaincre qu’il y a des règles et qu’il convient de parler clair, « vrai » comme le disait Michel Rocard.

Dimanche dernier Bayrou a été retiré de l’antenne. S’il ne se montre que calculateur et uniquement préoccupé par son propre sort les Français pourraient y trouver à redire pour les épisodes suivants ce d’autant que lundi en huit il sera trop tard pour réécrire un nouveau scénario présidentiel.

Lyon, le 25 avril 2007.

24/04/2007

Ségolène Royal à Lyon-Eurexpo le 27 avril 19h

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medium_Invit_Ségolène_Royal_Eurexpo_27_avril.2.jpg

Jaurès et eux

medium_Jaures-fluo.jpgAujourd'hui, comme chaque 24 avril, nous rendons hommage aux victimes du génocide des Arméniens de 1915. Pour la deuxième fois, le rassemblement Lyonnais se tiendra Place Antonin Poncet, au pied de ce mémorial qui, chacun s'en souvient, a vu la droite lyonnaise mener de sordides batailles destinées à s'opposer à sa réalisation. A un moment où Sarkozy le démagogue en appelle à Jaurès, je voudrais rafraîchir la mémoire de ceux qui ont oubliés que Jaurès fut un ardent défenseur de la cause arménienne, un humaniste bref un socialiste.

C'est pendant l'été 1894 que vont se produire les premiers grands massacres des Arméniens commis par le Sultan Abdul Hamid. Ils ne sont en vérité que le premier maillon d'une chaîne de l'horreur qui conduira en 1915 le "gouvernement Jeune Turc" à mettre en œuvre un processus génocidaire.

Jean Jaurès quant à lui sera assassiné le 31 juillet 1914 mais dès les premiers jours de 1895, Jean Jaurès entamera, contre toute attente, sa lutte inlassable pour dénoncer les crimes contre les Arméniens. Dans la presse, à la tribune de l'Assemblée, le député de Carmaux dénoncera ces massacres et la haine nationaliste qui montait en Europe sous les yeux d'une politique étrangère française aveugle, sourde et aphone.

Agé de seulement trente-sept ans, Jaurès va avec courage et émotion, bouleverser la représentation nationale au point qu'un certain Proust, dans "Jean Santeuil", sous les traits du député Couzon, évoquera le combat de Jaurès pour la cause arménienne.

Dans son discours du 3 novembre 1896, à la tribune de ce que l'on nomme alors la Chambre des députés, Jaurès, avec un souffle et une puissance étonnante, sous les applaudissements de la gauche dit:

"le silence complet, silence dans la presse, dont une partie, je le sais, directement ou indirectement, a été payée pour se taire (applaudissements à gauche), silence dans nos grands journaux, dont les principaux commanditaires sont les bénéficiaires de larges entreprises ottomanes, mais surtout silence du gouvernement de la France! Quoi devant tout ce sang versé, devant ces abominations et ces sauvageries, devant cette violation de la parole de la France et du droit humain, pas un cri n'est sorti de vos connivences, et vous avez assisté, muets et, par conséquent, complices, à l'extermination complète."

 

La rumeur et le brouhaha monte alors des divers rangs de l'Assemblée, et le Président de la chambre interrompant Jaurès réplique,

"Il n'est pas possible, monsieur Jaurès, que vous adressiez au Gouvernement de la république des paroles qui seraient insultantes. Il n'est pas possible de dire qu'il a été complice d'un égorgement. Je vous engage à retirer cette parole". 

Sans commentaires. 

Lyon, le 24 avril 2007.

23/04/2007

Les moustaches de Sarkozy

medium_Affiche_Ségolène_Royal_1er_tour.jpgComme le titre ce matin « La dépêche du midi », l’heure est au « vrai choix ». Un choix dont les conséquences vont marquer en profondeur et sur le long terme notre pays.

Un choix entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Un choix qu’il est inutile de décrire par le menu tant ce qui différencie les deux finalistes est criant. 

Ce choix est le même pour tous, y compris pour les électeurs de François Bayrou. A la lecture du sondage CSA-Cisco qui concerne les intentions de vote pour le second tour, 45% des électeurs du leader de l’UDF entendent voter pour Ségolène Royal. C’est déjà un bon point. Quant aux autres ils se réfugieraient dans l’abstention (16%) ou le vote Sarkozy (39%).

Au-delà des arguties qui relèvent de la simple arithmétique il est utile de redire qu’en presque deux semaines d’une nouvelle campagne, beaucoup de lignes peuvent bouger. Il est donc nécessaire que Ségolène Royal fasse valoir, avec la liberté qui est la sienne, son projet dont les points cardinaux sont le travail, l’éducation, l’écologie et aussi l’Europe.

A ceux qui imaginent qu’une improbable campagne « tout sauf Sarko » serait une planche de salut, je préfère dire qu’ils se trompent.

L’heure n’est vraiment pas à dessiner sur les affiches de Sarkozy des moustaches d’Hitler mais bien de créer une dynamique de rassemblement dans une campagne forte en propositions.

Lyon, le 23 avril 2007

22/04/2007

Réactions à 21h45

L’heure est déjà au rassemblement. Les électeurs de gauche apprécieront le fait que l’ensemble des candidats qui figuraient dans cette compétition appellent dès ce soir à voter pour Ségolène Royal le 6 mai prochain.

Quant à ceux qui viennent de faire confiance à François Bayrou j’ai la conviction  qu’ils se retrouveront dans le rassemblement que va initier Ségolène Royal. Même si le candidat malheureux de l’UDF préférera probablement  jouer le jeu dangereux du « ni-ni ».

Que Christophe Marec se rassure, tant sur la question de la relance de la construction européenne que sur la place des PME dans la future politique économique comme pour la nécessaire réforme de nos institutions nous avons là des débats qui ne me paraissent pas être de l’ordre du clivage entre nous.

Comme le dit Torben un rassemblement  doit se construire. J’attends comme vous l’intervention de Ségolène Royal. Je vous retrouve plus tard.

Résultats du 1er tour de l'élection présidentielle

medium_Urne_rose.jpgChacun doit tout d’abord se féliciter de la très forte participation de nos compatriotes à l’occasion de ce 1er tour. Les scores annoncés par les principaux instituts de sondage démontrent que face à un Nicolas Sarkozy qui semble avoir fait le plein des voix, la victoire de Ségolène Royal est tout à fait d’actualité.

En effet, l’électorat de gauche s’est largement mobilisé autour de la candidature de Ségolène Royal portant son score à un niveau qui va permettre d’ici le 2ème tour de rassembler pour gagner. 

Si les résultats de ce premier tour peuvent nous conduire à une certaine confiance, soyons clairs, tout reste encore fragile et la victoire de Ségolène Royal sera possible si la mobilisation de tous est au rendez-vous.

J’ai la conviction que les électeurs d’Olivier Besancenot, Dominique Voynet, Marie-Georges Buffet, José Bové et Arlette Laguiller excédés par la politique de la droite sortante auront à cœur de s’opposer à Nicolas Sarkozy en votant le 6 mai pour Ségolène Royal. 

Pour ce qui concerne ceux de François Bayrou, je sais qu’ils aspirent dans leur très grande majorité au changement et qu’ils ne se reconnaissent en aucune façon dans la violence des propositions de Nicolas Sarkozy. Reste maintenant à savoir vers qui va guigner Monsieur Bayrou. Après plusieurs semaines passées à dénoncer Nicolas Sarkozy, il serait normal que le candidat de l’UDF explique aux français que sa liaison avec les partis de droite est terminée et qu’une fois l’abattement passé, il ne se réfugiera pas dans une sorte de frustration politique mais au contraire qu’il invitera ses électeurs à se tourner vers Ségolène Royal.

L’heure n’est pas aux hésitations et aux circonlocutions. Nous avons quinze jours pour défaire la droite et construire la France présidente.

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20/04/2007

Aux urnes

medium_Aux_urnes.jpg

Pour se conformer à la réglementation en vigueur, mon blog cessera toute activité du Vendredi 20 avril 24h00 jusqu’au dimanche 22 avril. Les commentaires seront également suspendus pendant cette période.

Je vous donne rendez-vous pour un live blogging à l'occasion de la soirée électorale.

En attendant, aux urnes citoyens

Lyon, le 20 avril 2007


"Je voterais Ségolène Royal sans hésiter"

medium_Ségolène_Royal_-_France_présidente.jpgComment vous convaincre, alors que beaucoup a été dit, de voter Ségolène Royal dès le premier tour ? Comment vous expliquer ce qui peut fonder un tel engagement ? Comment vous dire, sans vous infliger un long pensum indigeste, pourquoi Ségolène Royal est la seule à pouvoir incarner le changement, l’audace et le rassemblement ? 

A quelques heures de la fermeture provisoire de mon blog, je vous confie ces quelques mots rédigés par Patrice Chéreau à l’hebdomadaire « les Inrockuptibles »  de cette semaine : 

« Je voterais Ségolène Royal, sans hésiter.

Parce que je crois en elle et parce qu’elle parle autrement, librement, un langage différent des autres candidats et des hommes politiques en général. Parce que je suis convaincu par ce qu’elle dit et que je suis bluffé par son courage. Courage parce qu’il en faut pour tenir tête face aux dirigeants du Parti socialiste, courage parce qu’il est demandé deux fois plus de preuves qu’il n’en serait demandé à un homme qui se présenterait à sa place, courage parce que dans la situation de la gauche aujourd’hui, elle sait qu’il lui faut rassembler et convaincre au-delà du possible. » 

 

medium_SR-GC.JPGLA VIE SANS SARKO, C’EST PLUS RIGOLO !

Le Maire de Lyon se rendra dans différents cafés et bars Lyonnais pour accompagner les militants mobilisés en faveur de Ségolène Royal dès le premier tour.

Voici les rendez-vous :

  • 17h30, « La Plateforme » quai Augagneur
  • 18h00, « Le Syrius »
  • 18H30, Bar « L’escalier », 8 rue de la Platière
  • 19h00, Bar « L’Apostrophe », - rue Octavio Mey à Saint-Paul
  • 20h00, « Modern Art Café », boulevard de la Croix-Rousse

Bon apéro anti-Sarko à toutes et tous.

Lyon, le 20 avril 2007.

17/04/2007

La stupéfiante stupeur de Parisot

medium_Laurence_Parisot.jpgPlus de huit jours après la révélation des indemnités versées à Noël Forgeard, Laurence Parisot vient de réagir en nous disant  « être frappée de stupeur ». En d’autres termes la présidente du Medef vient juste de s’apercevoir de ce phénomène que jusqu’ici elle ignorait totalement. Rendez-vous compte, cela fait seulement une grosse semaine que Laurence Parisot connaît la réalité des indemnités versées à certains patrons et en toute bonne logique, elle exprime sa stupeur.

Pour la plupart des français en général moins surpris que la patronne du Medef car probablement mieux informés qu’elle, cette information engendre de la colère et au minimum de l’irritation. Ce n’est pas exactement le cas de Laurence Parisot, qui une fois la stupeur passée est également en colère mais écœurée, semble-t-il, par « le déferlement d’anathèmes, d’ignorance, de démagogie » vis à vis des patrons.

Naïvement, je pensais jusqu’ici que le Medef, disposant d’un appareil conséquent, était capable d’informer et de fournir analyses et prévisions à sa Présidente. Manifestement, tel n’est pas le cas.

Si cela se trouve Madame Parisot ne connaît pas plus que les rémunérations de Forgeard ce qu’est l’exact salaire d’une jeune femme qui travaille à mi-temps chez Auchan. Le jour où elle va donc apprendre  que vivre avec 700 Euros par mois et quelques indemnités est chose impossible pour nombre de salariés, Laurence Parisot sera également « stupéfaite » et légitimement en colère.

C’est une bonne fille Laurence mais elle est mal entourée. 

Lyon, le 17 avril 2007.

07:00 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : MEDEF, Parisot, Laurence, Forgeard, salaires, Noël | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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