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24/05/2007

Attali parle

medium_Attali.jpgJe viens de trouver sur le blog de Jacques Attali ce texte étonnant quand on connait les rumeurs qui circulaient, il y a encore quelques jours, sur les relations supposées excellentes entre l'ex-conseiller de François Mitterrand et le nouveau Président de la République. A vous de juger.

" La monarchie quinquennale

L’élection présidentielle passée, personne ne s’interroge plus sur les résultats des prochaines élections législatives. Chacun accepte que la campagne qui vient de se terminer était aussi (sinon seulement) une campagne pour des élections législatives ; et chacun considère le résultat du mois de juin comme acquis : le parti du président s’en satisfait, évidemment, espérant rafler un nombre inédit de sièges, dans la foulée de l’élection de Nicolas Sarkozy ; la gauche elle aussi s’en contente et préfère se résigner à sa défaite plutôt que de choisir parmi ses dirigeants un candidat au poste de premier ministre en cas de cohabitation. Le président, appuyé par une majorité parlementaire très large, pour cinq ans, sera plus puissant que jamais.
Cette situation, dont la présence de Jean Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002 avait masquée l’imminence, découle de deux réformes constitutionnelles très contestables : la réduction à cinq ans de la durée du mandat présidentiel et le report de l’élection des parlementaires après celle du chef de l’Etat.
Les conséquences en seront vertigineuses.
D’abord, les élus de la majorité, qui devront leur mandat au seul Président, ne pourront rien lui refuser. Ensuite, le Président, n’ayant plus la moindre tentation de dissoudre un Parlement à sa dévotion, ne sera plus, dès son élection, préoccupé que par sa réélection. Enfin, débarrassé de toute menace électorale nationale, il sera en situation de décider de tout, de nommer qui il souhaitera, à tout poste, même ceux qui ne sont pas, constitutionnellement, de sa compétence.
Nous n’entrons pas dans une 6ème république, mais dans une monarchie quinquennale.
Le Président pourra utiliser ce pouvoir presque illimité pour mener de vastes réformes, comme le fit François Mitterrand pendant les cinq premières années de son premier mandat, ou pour ne rien faire, comme le fit Jacques Chirac pendant les cinq dernières années. Dans les deux cas, l’opposition gagnera toutes les élections locales d’abord municipales, puis régionales, qui serviront d’exutoire, et perdra toutes les élections nationales. Comme si les Français considéraient que la droite était mieux placée pour gérer les enjeux stratégiques, et la gauche plus préparée à prendre en charge la gestion des problèmes de proximité.
Cette situation peut durer très longtemps ; et la monarchie quinquennale pourrait, sauf accident, devenir décennale…… "

 

> Lien vers le billet publié sur son blog "Conversations avec Jacques Attali"

23/05/2007

Ségolène, la gauche, le parti et nous.

medium_SR-Second_tour.jpgManifestement Ségolène Royal continue, et c’est une excellente chose, d’avoir une « côte d’amour » chez des électeurs de gauche qui ne semblent pas aveuglés puisqu’ils estiment massivement que le manque de soutien du Parti Socialiste est un élément important qui explique la défaite.

Ils ont raison et on ne dira jamais assez que le flingage organisé mis en œuvre pendant des mois aura plombé l’élan dont était porteuse la candidate.

Sans tirer des conclusions définitives de ce genre de sondage proposé hier par Libération- LH2, force est de constater qu’il sera bien difficile à certains de passer Ségolène Royal par pertes et profits tant elle incarne de manière vivante le besoin de renouvellement, de rénovation et de reconstruction d’une alternative à Sarkozy pouvant conduire à de futurs succès.

Favorables à Ségolène Royal, les électeurs socialistes montrent également un désir d’unité de la gauche mais n’écartent en rien la possibilité d’une alliance avec le centre comme si la main tendue par Ségolène Royal entre les deux tours marquait durablement les esprits.

Reste le parti. Il doit évoluer pour se refonder. Peu importe les mots et les formules sachant que c’est à partir du réel et des attentes des Français qu’un projet moderne, un projet de ce siècle, doit être désormais imaginé. La question des contours de ce parti se posera tant sur les plans politiques et organisationnels qu’en matière de rayonnement mais aussi de capacité à fédérer une multitude de sensibilités quasi centrifuges.

Chacun doit donc aussi se dire clairement que la méthode employée n’est en rien secondaire. Il est en effet nécessaire, pour construire ce nouvel outil, d’afficher une volonté inoxydable d’aller à la rencontre des Français et singulièrement des électeurs de gauche. Les débats participatifs, les consultations citoyennes, bref tout ce qui a fait la vitalité de Ségolène Royal doit trouver droit de citer dans cette nécessaire refondation qui, si elle avait le visage traditionnel de l’affrontement interne des écuries et des coteries, conduirait avec certitude la gauche à d’autres échecs dont le Parti socialiste ne se relèverait probablement pas.

Lyon, le 23 mai 2007.

22/05/2007

Délocalisator

medium_Perben_Bleu_ciel.jpg A Lyon, je peux, sans me tromper vous dire que les coups tordus de Dominique Perben pour accéder à la Mairie n’impressionnent plus grand monde. Ailleurs, j’imagine que les agissements de l’ex-ministre indiffèrent et c’est après tout bien normal. Cela étant, les comportements de Dominique Perben méritent d’être contés tant ils sont représentatifs d’une façon de faire de la politique à l’ancienne, ici, à Lyon, mais aussi ailleurs.

Vous ne le savez donc peut être pas mais Dominique Perben était Maire de Châlon-sur-Saône. Un beau matin il décide de quitter sa ville pour s’installer à Lyon ou plus exactement pour faire don de son corps à sa ville natale.

Ce qui motive notre homme, vous l’imaginez, est assez simple. Il veut devenir Maire de la ville. Il trouve obscène qu’un Maire socialiste occupe le poste. Perben annonce donc « urbi et orbi » qu’il sera Maire de Lyon parce qu’il s’agit pour lui de favoriser une sorte de retour à l’ordre naturel des choses. Pour ce faire il décide de remettre de l’ordre au sein de la droite locale.

Vous l’avez compris c’est ici que les choses intéressantes commencent car, chez Dominique Perben l’essentiel ne relève pas de la vie des idées mais plus prosaïquement de la méthode. Très vite, celui qui va devenir patron de l’UMP du Rhône, rencontre un premier problème, il s’appelle Charles Millon. C’est là que va naître la méthode Perben, celle qui consiste à délocaliser ses concurrents car Charles Millon est un concurrent de notre Ministre.

Un beau jour, n’ayant même pas la correction républicaine d’attendre, Perben annonce lui-même sur le perron de l’Elysée, après un Conseil des ministres, que Millon est délocalisé à Rome comme ambassadeur auprès de la F.A.O. Exit Millon.

Quelques mois plus tard un ancien adjoint de Michel Noir ayant des envies municipales est quant à lui délocalisé à Villeurbanne pour tenter sa chance sous d’autres cieux. Exit Henry Chabert, c’est son nom, qui dégage illico du terrain.

Il en restait un troisième, l’ancien 1er adjoint de Raymond Barre, député UMP sortant de la circonscription sur laquelle lorgnait Perben. Après avoir proposé, dans un premier temps sans succès, à Christian Philip, c’est le nom du député sortant, la présidence d’une grande entreprise nationale, un poste d’ambassadeur pour en échange se faire refiler la circonscription, nous apprenons que Perben avait trouvé une solution, puisque le député UMP en question vient de retirer sa candidature aux législatives. Perben est donc maintenant le seul candidat UMP pour la députation. Après Millon, Chabert c’est maintenant Philip qui est délocalisé. Pour l’instant l’histoire n’indique pas où, mais l’avenir devrait nous en dire plus sur cette nouvelle délocalisation.

Vous le voyez la méthode Perben est simple. D’un côté vous avez un homme qui pour dégager le terrain délocalise des concurrents, de l’autre un appareil d’Etat riche en postes d’ambassadeurs, en présidences de sociétés nationales voire même en sous-secrétariats d’Etat. Il suffit alors, au détour d’un Conseil des Ministres, de puiser dans le bric-à-brac des niches douillettes de l’Etat pour trouver les solutions aux problèmes de Dominique Perben.

Délocalisator est donc à Lyon, imaginez une seule seconde que Dominique Perben dépense autant d’énergie pour trouver du boulot aux chômeurs, la vie serait tout de même plus sympathique.

Lyon, le 22 mai 2007.

18/05/2007

OK pour le quai

medium_Bernard_Kouchner.gifIl est inutile d'habiller idéologiquement le dernier acte de la bien triste fin de carrière politique de Bernard Kouchner. A67 ans, ne pouvant plus attendre des jours meilleurs, l'ex a décidé de nous dire "après moi le déluge" formule polie qui peut se traduire aussi par "allez vous faire foutre". Un homme de gauche seul va donc se retrouver seul dans un gouvernement de droite. Après tout chacun a bien le droit d'être un opportuniste solitaire.

Ce job au quai, Kouchner en rêvait paraît-il depuis longtemps et certains de ses amis n'hésitent pas à nous dire aujourd'hui qu'une telle attitude est humaine. Que Kouchner puisse être humain c'est à n'en pas douter une réalité. Mais comme certains hommes, que Kouchner puisse avoir en cette circonstance un comportement minable, c'est également une réalité. Après tout chacun a bien le droit d'être minable.

"Pour un job avec toi, je ferais n'importe quoi" chantonne désormais Kouchner à un Sarkozy qui n'en attendait sûrement pas tant. Qu'il en profite bien notre Doc car il ne faut pas être grand clerc pour savoir qu'une fois le temps de la roucoulade passé, cette charge risque de devenir un fardeau avant de se transformer en souffrance. J'espère juste que notre nouveau Ministre aura encore quelques amis quand l'heure de démissionner viendra. Après tout chacun a le droit d'avoir des amis qui vous épaulent quand cela ne va pas très fort.

Enfant gâté des médias mais aussi électron libre du PS, je ne suis pas certain que Kouchner s'habituera facilement à avaler des couleuvres et à faire preuve de cette discipline très pre-68 que son nouveau chef exigera d'un collaborateur affecté au domaine réservé. Mais après tout, entre adultes consentants, tout peut s'envisager.

Nous sommes hélas tous un peu triste de voir Kouchner s'en aller. Pour ma part je dois vous confier que j'aimais plutôt ce sympathique emmerdeur ingérable qui, il faut l'avouer, nous cassait parfois sérieusement les pieds. Ce qui est étonnant dans cette étrange affaire étrangère c'est que, de très loin, le plus emmerdeur d'entre-nous devienne chef de la diplomatie. Mais après tout Sarkozy n'a peut être trouvé qu'une seule qualité réelle à Kouchner, celle de nous emmerder.

Lyon, le 19 mai 2007.

16/05/2007

Les radicaux lyonnais ripostent

medium_PRG.pngTout à l'heure je réagissais à la visite du rampant Baylet chez Sarkozy. Les Radicaux Lyonnais n'entendent pas aller à la gamelle. Thierry braillard, candidat PRG dans la 1ère circonscription du Rhône (soutenu par le PS et le MRC) vient de répondre vertement à Jean-Michel Baylet rappelant à l'incongru héritier de la dépêche du Midi que le PRG n'était pas à vendre. Du côté de Louis Pelaez, président du groupe radical au Conseil municipal de Lyon, même son de cloche. Précisant même que "la campagne autour de Ségolène Royal a reveillé la République ouvrant les bases de la rénovation" Louis Pelaez affirme que maintenant "la France mérite mieux que le triste spectacle que nous offre des Kouchner et des Baylet".

A ce train là, Jean-Michel Baylet devrait aller rejoindre son ami Tapie dans les rangs Sarkoziens. Tel semble être le point de vue des Radicaux rhodaniens qui exigent l'exclusion de leur boss.

Lyon, le 16 mai 2007.

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48 heures chrono

medium_baylet.jpgJe crois que dans ses rêves les plus fous, Sarkozy ne pouvait imaginer une telle bénédiction. Les uns après les autres, à coups de promesses ministérielles, de missions plus ou moins floues et d’échanges sur lesquels l’avenir nous dira sur quoi ils sont fondés, les rats quittent les grands et petits navires. Après l’UDF des Morin, Leroy et autres Bourlanges, on nous annonce maintenant à gauche, après le chiffreur chiffonné devenu traitre et le grossier Allègre, le départ vers d’autres rives des Jouyet, Védrine, Kouchner sans oublier Attali et quelques autres. Cerise sur le gâteau, histoire d’apporter sa contribution personnelle à l’opération de communication de Sarkozy, le patron des radicaux de gauche, cornaqué parait-il par Tapie, s’est fait inviter pour deviser avec le nouveau président.

Objet du délit, le rapprochement des troupes de Borloo avec celles du PRG. A 48 heures du dépôt des candidatures aux législatives, ce comportement de Baylet pose de toute évidence un grave problème politique. En effet, en agissant ainsi, les radicaux encore à gauche risquent de faire voler en éclat l’accord PS-PRG signé il y a quelques mois. Autrement dit, les électeurs de gauche, si ce rapprochement se confirmait, seraient conduits à chausser de nouvelles lunettes pour se confronter à une nouvelle réalité. Vendredi, 18h, dans toutes les préfectures de France la messe sera dite. Il ne reste plus que 48 heures pour tirer cette affaire au clair.

Lyon, le 16 mai 2007.

Photo: DR

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15/05/2007

En attendant les législatives.

medium_Sarkozy_NB.2.jpgLe piège imaginé par Sarkozy à quelques semaines des élections législatives se met en place. Celui qui demain va s’installer à l’Elysée manœuvre, il faut le dire, avec un certain succès. Sa seule obsession est de faire de l’image jusqu’au soir du 2ème tour des législatives, il fait donc de l’image.

Pour l’heure Sarkozy offre donc le visage de l’ouverture organisant la noria des visiteurs du côté de la rue St Dominique, propulsant avec doigté ces rumeurs et contre-rumeurs qui font saliver les médias, s’offrant même quelques petits accros au sein de l’UMP qui au final rapporteront beaucoup au futur président.

Qu’ils soient ce week-end membres ou non du futur gouvernement Fillon I, les Védrine, Kouchner, Allègre, participent de façon active et gourmande à l’épanouissement de cette image consensuelle, objectif principal de Sarkozy dans la période actuelle.

Alors que le grand chantier de la destruction-reconstruction de l’Etat se prépare activement en coulisse, avec les conséquences que les Français mesureront après les législatives, Sarkozy actionne aussi la deuxième mâchoire de son piège-tabou. En organisant, avant son entrée à l’Elysée, une consultation purement cosmétique avec les organisations syndicales, il s’offre, en complément de celle de l’ouverture et de l’apaisement, une image destinée à rassurer de façon quasi subliminale autour de l’idée d’un pseudo consensus social fondé sur pas grand chose voir sur n’importe quoi. Cette posture également utile dans cette campagne législative sera, il faut aussi le préciser, décisive le jour ou Sarkozy autorisera Fillon II à entrer dans une phase active à haut potentiel calorifique.

Pendant ce temps, le PS avec la délectation habituelle qui est la sienne « pense »  au risque de ne pas se concentrer sur l’élection qui se profile.

Comme l’écrivait Bernard Kouchner en exergue de son dernier opuscule édité avant les présidentielles, « c’est dur d’être de gauche, surtout quand on n'est pas de droite ». Pour l’instant je fais mienne cette déprimante pensée tout en vous promettant de revenir rapidement sur le cas de l’ex-french doctor devenu aventurier en politique.

Lyon, le 15 mai 2007.

14:35 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : sarkozy, UMP, Kouchner, Fillon, Allegre, Vedrine, PS | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/05/2007

Massacres à la tronçonneuse.

medium_Sarkozy.jpgLa victoire de Nicolas Sarkozy commencerait-elle à être difficile à digérer pour certains qui, depuis des mois voire des années, affichaient avec zèle leur soutien indéfectible au patron de l’UMP ?

En s’orientant probablement vers une équipe ministérielle ramassée obéissant aux principes de parité et intégrant des ministres venus d’ailleurs, on ne peut que comprendre les inquiétudes qui commencent à agiter le microcosme des mâles de droite.

On en saura plus d’ici huit jours et en attendant Sarkozy va faire de la casse parmi la cohorte de prétendants jusqu’ici dévoués. Ce casting ministériel va donc faire des déçus y compris parmi les « sarkozystes canal-historique ». Les Jego, Paillé, Woerth et autres Blanc devront probablement se contenter de strapontins après l’éventuelle victoire des législatives, car pour l’instant, en bon communicateur, le nouveau président va surtout afficher une volonté offensive en désignant une équipe ministérielle réduite. Le temps de l’armée mexicaine viendra plus tard avec la nomination d’une kyrielle de seconds couteaux dans l’éventuel deuxième gouvernement Fillon.

Sale temps donc pour les mâles UMP qui devront faire place à sept femmes, à deux centristes hommes (Sauvadet ? Morin ? Robien ? Leroy ? …) et à un ou deux hommes de gauche, transfuges sans conviction (Védrine ?…), avant de prétendre à une petite friandise ministérielle. Sale temps également en perspective pour certains secteurs de l’appareil d’Etat qui, justes sortis de l’euphorie électorale, attendaient des jours meilleurs.

Cette semaine dont dispose Sarkozy pour s’outiller ne concerne donc pas seulement le personnel politique. L’autre enjeu est, au travers d’un découpage des fonctions ministérielles qui risque d’être taillé à la tronçonneuse, de rendre le plus vite possible opérationnelle la suppression des postes de fonctionnaires prévus. Déjà, dans certains grands corps de l’Etat, les groupes de pressions donnent de la voix pour être épargnés de la Kärchérisation annoncée. Ingénieurs des mines, des ponts, des eaux et forêts et quelques autres crient au scandale ayant peurs d’être sacrifiés dans le futur « ground zéro administratif » que leur prépare Sarkozy. Aux finances on s’attend également au pire tant le potentiel de liquidation de postes est jugé important par le pouvoir qui arrive. Même la FNSEA  trouille à l’idée de plus avoir de ministère de référence, Sarkozy n’entendant probablement pas faire perdurer un système protégé depuis des années par son prédécesseur.

D’ici quelques semaines la tornade Sarkozy risque de faire tout autant peur dans les rangs des dirigeants d’importantes entreprises publiques qui, à l’instar de Anne-Marie Idrac la nouvelle patronne de la SNCF opposée à une loi visant à limiter le droit de grève, devront se soumettre ou se démettre.

Qu’ils soient élus UMP, membres des grands corps de l’Etat, hauts cadres d’entreprises publiques, ces responsables, pour l’essentiel d’entre eux, attendaient avec impatience l’arrivée de Sarkozy pensant que les mauvais coups de leur patron allaient être portés uniquement vers le « petit peuple ». Très vite ils vont découvrir que l’équation est de nature différente.

Nous avons tous vus ce week-end la bobine de celui qui va certainement être le nouveau porte-parole de l’Elysée, un certain David Martinon. Je l’invite de suite à constituer un bon stock de gomina. Il devrait rapidement avoir besoin de faire bonne figure devant les caméras.

Lyon, le 14 mai 2007.

10/05/2007

"Aigri, rageux, dégoûté"

medium_Perben_2.jpgHier, sans véritablement la comprendre, j’évoquais la joie qui emportait Dominique Perben non sans pointer les difficultés qui s’annonçaient pour lui à court terme. Dans un commentaire sur ce blog, Mikaps pensait, et il se trompe, que j’étais, je cite, « aigri, rageux, dégoûté ».

Cher Mikaps, comment vous dire que tel n’est pas le cas ? Pour vous convaincre, je vous invite à prendre en compte la déclaration du député UMP Christian Philip adversaire de Dominique Perben dans la 4ème circonscription. Pour mieux vous en pénétrer, n’oubliez pas cher Mikaps que Philip et Perben sont tous deux membres de l’UMP. A propos de Dominique Perben, Christian Philip explique donc qu’il « est venu pour rassembler. Il nous a divisé. Il n’y a pas de dialogue avec le groupe Unir Pour Lyon (Millonistes), ses relations avec Mercier sont au point mort. Mon combat » dit Monsieur Philip « c’est aussi de mettre en avant l’échec de sa stratégie ».

Après une déclaration aussi cinglante, peut-être allez-vous dire que Monsieur Philip est également « aigri, rageux, dégoûté » ?

En vérité j’ai le sentiment que la joie de Dominique Perben est entrain de s’éteindre. Pour preuve le communiqué « aigri, rageux, dégoûté » de notre homme à propos des berges du Rhône actuellement rendues aux Lyonnais. Dominique Perben parle « d’un choix idéologique d’une autre époque » (sic !), regrette le stationnement des automobiles sur les bas-ports, évoque une esthétique contestable et des fonctionnalités mal évaluées (re sic !).

Vous le voyez cher Mikaps, si vous souhaitez débusquer « l’aigri, le rageux et le dégoûté » dans la vie politique lyonnaise, par pitié ne commencez pas par moi. Sur ce plan là je suis un très mauvais client.

Lyon, le 10 mai 2007.

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La soupe de Sarkozy

medium_Bayrou-fond-bleu.2.jpgC'est fait. C'est dérisoire mais c'est fait. Dans une tribune confiée hier au Figaro, les députés UDF passés armes et bagages chez Sarkozy se trouvent enfin de bonnes raisons pour laisser tomber François  Bayrou. Convergences politiques sur le rôle de l'Etat, l'économie, la proportionnelle, l'Europe... tout y passe au point que l'on peut se demander pourquoi les Leroy, Morin et autres Sauvadet se cherchent à présent des raisons de fonder politiquement ce lâchage.  Ils vont ainsi rejoindre Blanc, Santini et Robien "les traitres" du 1er tour, grand bien leur fasse.

Dans cette affaire, en guise de conclusion politique, la seule chose tangible à relever est que pour nos affamés, la certitude d'une soupe chez Sarko est préférable à un incertain velouté chez Bayrou. Nos députés qui pérorent aujourd'hui sur les grandes qualités du bouillon Sarkozyste reprochent qui plus est à leur ex-ami et leader d'avoir expliqué, entre les deux tours, son refus de Sarkozy ce qui pour eux, mais après-coup, semble être la plus terrible obscénité politique.

Alors, à vous qui, dans l'euphorie de la campagne présidentielle, avez imaginé que le centre pouvait enfanter quelque chose d'étonnant et d'original dans ce pays, je sais que cette réalité qui rattrape aujourd'hui François Bayrou doit peiner les plus résignés et révolter les autres.

Il est trop tôt pour évaluer la suite de l'aventure de François Bayrou mais les élections législatives approchent et constituent un rendez-vous crucial. En vérité c'est notre dernière chance de stopper la concentration des pouvoirs dans les seules mains de Nicolas Sarkozy et d'un appareil UMP digne héritier d'un véritable savoir faire du RPR dans ce domaine.

A vous de réfléchir à la meilleure façon d'y parvenir dans cette campagne qui s'annonce. J'y reviendrai d'ici quelques temps. 

Lyon, le 10 mai 2007. 

07:00 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Bayrou, UDF, Sarkozy, Nicolas, François, députés, UMP | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/05/2007

Perben en joie

medium_Perben.3.jpgIl y a quelques jours, je regardais Dominique Perben sur France 3. Il était heureux, confiant, comme porté par l’élection de Nicolas Sarkozy au point que je me dois de lui faire quelques rappels sur la situation lyonnaise.

Dans 5 des 9 arrondissements lyonnais, Ségolène Royal est en tête. Un résultat inédit dans notre bonne ville sachant que, jamais, lors d’une présidentielle le candidat de gauche avait atteint pareil score. Par exemple en 1995, le candidat Chirac était 7 points au-dessus de sa moyenne nationale à Lyon. Sarkozy est très loin d’une telle prouesse.

Pour ce qui relève des législatives, dans la 2ème circonscription (Terreaux-Croix-Rousse et Duchère), savamment découpée par Charles Pasqua, pour la première fois la gauche dépasse la droite au soir d’une élection présidentielle. Une performance qui devrait encourager Pierre-Alain Muet le candidat socialiste.

Question de tempérament, vous savez qu’il m’est toujours agréable de constater qu’autour de moi la joie et l’optimisme triomphent, le fait qu’aujourd’hui Dominique Perben rayonne de bonheur m’impressionne et me transporte. Cela étant je n’arrive vraiment pas à m’expliquer ce qui fonde une telle béatitude. Au-delà des bons résultats qui valident d’une certaine façon l’attitude d’ouverture et le sérieux de la gauche lyonnaise, je voudrais également préciser à un Dominique Perben qui annonce dans le Progrès d’hier que « le Maire a perdu », que le plus difficile pour lui commence dans sa circonscription (pour nos amis d’ailleurs une sorte de mix entre les 16ème et 15ème arrondissement de Paris). En effet, le député sortant ex-UDF devenu UMP, Christian Philip s’est fait blackbouler par Perben et compte, si mes informations sont bonnes, maintenir sa candidature probablement en compagnie d’une suppléante de qualité qui n’est autre que la Maire Milloniste de l’arrondissement.

Des Millonistes justement parlons-en. On nous annonce la candidature du Maire Milloniste du 2ème dans la 1ère circonscription de Lyon. Sauf à passer un accord avec lui, ce qui équivaudrait à une petite révolution sur le plan local, je ne vois pas dans ce panorama ce qui peut rendre Dominique Perben aussi jovial.

Comble du fun, Perben est tellement satisfait de se savoir écarté du futur gouvernement Sarkozy qu’il nous explique que cela va lui laisser du temps pour préparer les municipales. Quand on sait que ce qui avait motivé sa présence dans le gouvernement Villepin c’était justement d’acquérir du poids, face à G. Collomb, pour les dites municipales, on ne peut que s’incliner face à tant de bonheur, l’amour rendant probablement aveugle.

Lyon,  le 9 mai 2007.

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Donnons de la voix !

medium_DSC00792.JPGMon ami Pierre-Alain Muet  lance ce soir avec sa suppléante Nathalie Perrin-Gilbert sa campagne législative dans la 2ème circonscription du Rhône. Ce rendez-vous politique, festif et musical se tient à partir de 19 heures au « Loupika » (embarcadère de la Place Antonin Poncet).

Au-delà du dialogue avec Pierre-Alain Muet et Nathalie Perrin, vous pourrez applaudir Dokhandene, un groupe prometteur emmené par Sir Jean (chant) et DJ Kostia (platines) des anciens de Mei tei sho, Nico Delaunay (dms) et Nasree (chant).

Lyon , le 9 mai 2007.

medium_Donnons_de_la_voix.jpg

06/05/2007

Réactions à 21h

medium_SR-_Portrait_-_blanc.jpgA ceux qui espéraient que Ségolène Royal jette l'éponge ce soir la nouvelle est probablement amère. Le renouvellement engagé lors de sa campagne doit se poursuivre. Il en va de l'avenir de la politique à gauche donc de l'avenir du pays. Nous pouvons compter sur elle pour construire cet avenir.

Comme l'a déclaré Ségolène Reoyal à la Maison de l'Amérique latine sur le coup de 20h00 le mouvement esquissé doit se poursuivre et nécessairement s'amplifier au delà des contours politiques qui sont notre héritage mais qui doivent évoluer.

Prévisible, le message de Sarkozy intervenu vers 20h30 annonce la couleur. Derrière le bleu horizon du futur Président la couleur de la grisaille commence à suinter avec une démagogie habituelle à laquelle nous devons continuer à rester sourds. 

 

Lyon, le 6 mai 2007. 

5 ans !

medium_Hélas_Sarkozy.2.jpg
Je veux tout d'abord saluer le courage, l'audace et la combativité de Ségolène Royal tout au long d'une campagne difficile et semée d'embûches. Pour la première fois dans notre pays une femme figurait parmi les deux qualifiés du deuxième tour des élections présidentielles. Il est bien entendu symbolique et positif que celle-ci puisse être issue des rangs de la gauche. Nous devons donc ce soir être fier, malgré notre tristesse, de ces dix-huit mois de combat derrière Ségolène Royal. Au cours de cette campagne et dans les résultats des scrutins une série d'évènements et de questions politiques sont venus frapper à la porte des appareils. Le temps de l'analyse, de la réflexion puis de la décision s'ouvre ce soir pour la gauche, toute la gauche, mais aussi pour le centre, à l'évidence pour seulement une partie du centre. Sachons mettre en commun nos intelligences et nos points de convergence pour dominer cette défaite et construire l'alternative dont très vite le pays aura besoin.

Les estimations que l'on nous propose depuis une bonne heure indiquent donc assez nettement que ce second tour est favorable à la droite.

La victoire de Nicolas Sarkozy est donc incontestable et s'impose. Le Président Sarkozy est élu pour 5 ans mais cette victoire n'est pas sans poser problème dans la mesure ou chacun ignore ce que sera la véritable nature de la politique du candidat devenu président. En d'autres termes, ce soir, le paradoxe de cette élection  réside dans la sincérité de Sarkozy à l'égard du noyau le plus dur de ses électeurs, grosso modo ceux du 1er tour.

Après une campagne démagogique cousinant honteusement avec les idées de Le Pen, Sarkozy devra gérer une victoire plus problématique que les chiffres de ce soir ne peuvent le laisser croire. Cette victoire construite sur le désir profond de destruction des acquis, du dégoût d'une France solidaire, du refus définitif d'un Etat impartial et protecteur et, il  faut le dire, de la mise en pâture de la question de l'immigration, cette victoire incontestable risque pourtant de poser problème bien plus vite que ne l'imagine le nouveau Président.

Depuis des mois, la vie politique française battait au rythme d'une démagogie Sarkozyste que le candidat aimait appeler sincérité. Cette sincérité feinte puisait par capillarité son énergie dans la souffrance d'un pays qui ce soir s'est abandonné à une droite dure qui peut s'avérer dangereuse quand elle va se confronter au réel.

Justement quelle va donc être la politique de cette droite victorieuse?

Une attaque généralisée et autoritaire définie pas à pas, de meeting en meeting, pendant la campagne, quitte à refroidir l'adhésion d'électeurs centristes devenus aujourd'hui de simples go-go?

Une sorte de néo-chiraquisme ripoliné visant en fait à éviter toute logique d'affrontement, quitte à désespérer des clientèles conquises par la "révolution Sarkozyste" ?

La question est ouverte mais je suis plutôt enclin à penser que Sarkozy souhaitera pousser son avantage encore plus loin en mettant en œuvre son projet, tout son projet.

Vous l'avez compris, incontestable, la victoire de ce soir peut, selon les options que le nouveau président mettra effectivement en œuvre, devenir contestée à un point encore difficile à imaginer tant les promesses électorales de Sarkozy nourrissent divisions et affrontements, de la souffrance, de la précarité et des larmes.

En attendant, l'échéance des législatives s'annonce. Quitte à s'installer dans une posture défensive, il est urgent de convaincre le pays de ne pas donner une majorité à un président qui détenant déjà les rouages essentiels de l'Etat, le Sénat et les grands médias de masse bénéficie ce soir de la légitimité de l'élection. 

5 ans c'est long et compte tenu de ce qui s'annonce, 5 ans cela risque d'être très long. La seule façon de s'y opposer c'est bien de ne pas laisser les pleins pouvoirs à Sarkozy, de ne pas donner une majorité législative au nouveau Président.

Lyon, le 6 mai 2007.

04/05/2007

Les Zélites votent Sarko

medium_sarkozy-johnny.gifIls irriguent au quotidien cette télévision française qui rayonne dans nos foyers. Ils s’appellent Steevie, Arthur,  Roger Hanin ou Pascal Sevran. Ils votent Sarkozy.

Par leurs ritournelles impayables ils siègent en bonne place dans le panthéon de la chanson. Ils s’appellent Hallyday, père et fils, Rika Zaraî, Didier Barbelivien, Macias et Doc Gyneco. Ils votent Sarkozy.

Sportifs émerites, ils s'appellent Virenque, Lecomte et Prost, ils votent Sarkozy.

Atteints d’un récent nomadisme, ils jouent sans déplaisir leur rôle de caution. Certains les traitent de traîtres. Ils s’appellent Eric Besson, Jacques Séguela ou Bernard Tapie. Ils votent Sarkozy.

« Bad Boys » de la vie politique française. Ils s’appellent Balkany, Carrignon et Noir et après un petit tour par la blanchisserie UMP ils sont de vrais groupies de Sarko. Ils vont voter pour lui.

Députés UDF, la peur au ventre ils viennent de rejoindre le loft de Sarko. Ils s’appellent Morin ou Artuis et retrouvent leur ami lâcheur du premier tour, l’agent d’ambiance Santini. Ils votent Sarkozy.

Tous ensemble ils sont la France de demain. Avec quelques philosophes qui veulent probablement en finir avec  Mai 68, l’essentiel des patrons du CAC 4O, la quasi totalité des grands médias et une Conseillère Générale de Corrèze, ils vont hisser tous ensemble, à un niveau jamais atteint, un pays en passe de se libérer des chaînes de l’égalitarisme et du pessimisme génétique engendré par une idéologie de gauche qui domine sans partage depuis près de trente ans.

Avec, pèle mêle, Jean-Marie Bigard, Charles Pasqua et autres Christian Clavier les nouvelles élites de ce pays votent Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas fortuit car  ces personnalités savent bien, pour le vivre au quotidien, que ce que Nicolas Sarkozy a fait hier pour Neuilly il saura le proposer demain au pays. Adieu bouclier fiscal confiscatoire, adieu ISF moyenâgeux, adieu droits de succession, paperasse administrative, sinistre loi SRU, le nouveau modèle social des hauts de Seine va s’imposer à tous ayant déjà fait le bonheur de quelques-uns du côté de l’Ile de la Jatte.

Ces nouvelles élites qui ne s’économisent pas au travail et qui ne traînent pas non plus des week-end entiers en survêtement devant la  télé préférant aller à la découverte du monde, elles voteront dimanche Sarkozy.

Ces personnalités qui trient comme vous leurs déchets mais qui ne sont pas loin de lâcher leur 4X4 pour une grosse berline plus propre à taux de TVA minoré, voteront Sarkozy.

Ces citoyens qui s’engagent à faire revenir leurs amis partis pour des contrées plus accueillantes sur le plan fiscal, ces gens qui tracent le nouveau chemin de la France sont tous derrière Sarkozy.

Alors si vous aussi, comme ces nouvelles élites, vous souhaitez hurler « hier Neuilly, demain la France », votez Sarkozy.

Lyon, le 4 mai 2007.

 

(Photo: DR

16:30 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Sarkozy, sarko, people, soutiens, Hallyday, UMP, candidat | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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