Avertir le modérateur

08/01/2009

Les fous qu’est-ce ?

Sarkofou.jpgQuestion à poser aux amis d’un établissement célèbre où une certaine victoire aux élections présidentielles dernières fut fêtée.
Il faut certes être fou pour incendier les voitures de ceux dont c’est parfois le bien le plus coûteux et un outil de travail. Rendez-vous compte : 1147 voitures incendiées durant la nuit de la Saint Sylvestre. Plus de 30% d’augmentation. Une vraie folie.
À en croire le gouvernement, c’est de la faute à tous ces tricheurs qui veulent changer de voiture sans payer. Déjà qu’il leur a fallu se saigner pour le cadeau de Noël des gosses à cause du prix fou des voitures miniatures.
Si, si ! Voilà les fautifs. Vous auriez mauvais esprit à ne pas reconnaître-là la source de cette flambée. La police a retrouvé quelque 30 auteurs présumés allumeurs de mèche (parfois éméchés). Pour autant qu’ils soient reconnus coupables par la justice, ils ne pourront pas passer l’examen du permis de conduire aussi longtemps que la victime des faits n’aura pas été indemnisée en totalité. Reste à espérer qu’ils ne soient pas pris en flagrant délit de conduite sans permis. C’est fou comme les situations peuvent se compliquer…
Vous me direz que pour une fois que notre Grand Justicier ne donne pas dans le tout répressif, il faut être un peu fou ou dérangé pour ne pas applaudir.
Certes. Quoique sa propension à se saisir de tout ce qui bouge avec un populisme des plus éreintants me rend fou moi aussi (en tout cas un peu plus que je ne le suis déjà).
Voyez son discours du 2 décembre dernier à Antony au centre Erasme. C’est complètement fou : il aura suffi d’un crime très rare de schizophrène pour que notre Grand Protecteur annonce une nouvelle politique avec emprisonnement, soins forcés etc…
Voilà la folie ramenée au stade de dangerosité sociale d’un âge que l’on pensait révolu.
Déjà, l’année passée, Christian Demuynck, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis stigmatisait les marginaux comme fous et meurtriers potentiels en souhaitant une politique vigoureuse de placement en institution spécialisée afin « d’éloigner durablement les sujets les plus perturbés », escamotant ainsi la complexité de la question des soins nécessaires à des populations que tout contribue à déstructurer.
Notre Grand Timonier continue à jouer sur les peurs du bon peuple et à proposer des aliénations renforcées, malgré les chiffres qui montrent que seuls 4 crimes sur 1000 font l’objet d’un non-lieu du fait d’irresponsabilité mentale. Une façon comme une autre de mettre au service de la seule répression des moyens déjà rognés et jusque-là dédiés tant bien que mal à ceux qui souffrent d’un mal que notre société leur inocule. Et cela permet peut-être de ne plus trop parler de la promesse concernant les Unités d’Hospitalisation Spécialement Aménagées (UHSA) destinées aux détenus atteints de troubles mentaux.
Pour ne pas encourir de poursuites judiciaires, j’éviterai les « Casse-toi, pauvre fou » et je me contenterai de citer La Rochefoucauld : « On trouve des moyens pour guérir de la folie, mais on n’en trouve point pour redresser un esprit de travers. »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 8 janvier 2009.

07/01/2009

Politique Gadget

Sarkozy NB.jpgSi l’on voulait un exemple de la vacuité des initiatives intempestives de Nicolas Sarkozy la dernière en date est un modèle du genre. En lançant avec sérieux l’idée, qui n’en est pas une, d’ interdire de permis de conduire les incendiaires de voitures jusqu’au remboursement des dégâts le président se couvre de ridicule tant cette « proposition » est irréalisable. Mais il prouve une fois de plus qu’il confond petite phrase et règlement d’un problème qui comme tout problème s’analyse et se travaille avant d’approcher une solution. Mais là n’est pas la question pour Sarko-l’agité qui ne vise qu’une chose : occuper les média qui le suivent comme des toutous sans le moindre recul. Car le phénomène des voitures brûlées, pas seulement au moment de la Saint Sylvestre d’ailleurs, recoupe plusieurs facettes des difficultés qui se sont installées de longue date maintenant dans les quartiers populaires devenus « sensibles ».En homme de terrain qu’il est, André Gerin, qui souvent agace avec ses déclarations intempestives ou iconoclastes, détaillait dans le Progrès les multiples causes possibles qui animent le brûleur de voitures rarement identifié d’ailleurs. « Il y a les escroqueries à l’assurance, la suppression des voitures ventouse sans frais, les règlements de comptes entre personnes, les actes de violences gratuites, les voitures brûlées pour effacer les traces et celles qui brûlent par propagation d’un premier incendie, explique le député maire de Vénissieux avant d’ajouter : mais c’est aussi devenu un jeu de con, un fait culturel qui veut que l’on aille brûler une voiture dans des quartiers mythiques comme les Minguettes ». Il paraît qu’à la Chancellerie on travaille sur ce dossier depuis l’annonce du chef de l’Etat, on souhaite bien du plaisir aux « cranes d’œuf » qui s’y sont collés. En tout cas il est évident que ce phénomène ne concerne pas que les auteurs de violences urbaines qui, effectivement sont plutôt des mineurs. Et donc une fois de plus Sarko montre su doigt les jeunes dans une affaire où ils ne sont pas les seuls concernés. Une mise à l’index de plus qui relève de la provocation et risque de relancer l’effervescence des banlieues à un moment où l’atmosphère est chaud. Mais on ne peut pas comprendre de telle situations vu de Neuilly. Il n’en reste pas moins que Sarko-le-gesticulateur va finir par devenir dangereux dans cette période de crise et d’extrême tension internationale.

Philippe Dibilio

Lyon, le 7 janvier 2009.

06/01/2009

Sarko-nostalgie ?

drapeau europeen.jpgC’est au Brésil que le quasi « Never ending tour » du « plus grand président de l’Europe », je veux bien entendu parler de Nicolas Sarkozy, s’est achevé dans un de ces palaces destinés à offrir un havre de paix à ceux qui n’en ont jamais. Voilà pour le côté VSD des choses.

Pendant ce temps, la Russie obtenait que l’OSCE retire ses observateurs destinés à superviser le respect du cessez-le-feu entre Russes et Georgiens suite à la guerre éclair de août dernier stoppée à l’époque par « le plus grand président de l’Europe », je veux toujours parler de Nicolas Sarkozy.

« Le plus grand président de l’Europe » a donc en l’espace de six mois été à l’origine d’un plan de paix, plutôt complaisant à l’égard de Poutine. Face à la crise financière il n’est vraiment pas certain que des initiatives du Président, comme la tenue du G4, rentrent par la grande porte de la construction européenne quand l’histoire entendra faire ses comptes. Quant aux mesures censées intervenir dans le soutien à l’économie réelle, nul n’est autorisé à prétendre qu’elles peuvent flirter avec le niveau d’exigences requis. Il n’empêche que les six mois passés par Nicolas Sarkozy à la tête de l’Europe risquent de se révéler comme étant un coin de ciel bleu en comparaison avec ce qui attend une Union Européenne présidée par le Président de la République Tchèque, je veux parler de Vaclav Klaus.

Populiste, ultra libéral-viscéral et europhobe militant, Klaus est donc depuis quelques jours « notre » nouveau Président, et cela ne peut que faire froid dans le dos. En effet si Vaclav Klaus se conduisait pendant les six mois qui viennent à l’identique de ce qu’il vient de faire depuis des années, quelque chose qui ressemblerait à de la honte pourrait envahir l’Europe ou plutôt celle des européens.

Considérant les questions environnementales comme de véritables pestes Klaus est un farouche adversaire de tout ce qui touche aux questions écologiques. « Maintenant que nous devons nous serrer la ceinture », avait d’ailleurs dit le lascar devant un congrès américain éberlué, « nous devons supprimer ce luxe ». Entendez par là supprimer le plan-climat. Anti-défenses de l’environnement, Klaus est aussi un ennemi acharné de l’idée européenne. En décidant de ne plus faire hisser le drapeau européen sur le château de Prague, le président Tchèque avait fait valoir il y a quelques mois de manière fort symbolique sa solide europhobie. C’est bien entendu sur le plan économique que ce dernier admirateur de Margaret Thatcher excelle. Pour lui, « l’Europe est un projet socialiste » et partant de là, tout ce qui peut contribuer à asseoir des politiques économiques communes doit être dénoncé dans l’instant.

La future présidence Tchèque sera-t-elle le cauchemar annoncé ? On ne peut que le craindre tout comme il convient de s’attendre à ce que celle de la France qui vient de prendre fin nous laisse rapidement un arrière goût de nostalgie.

En attendant le « Never ending tour » présidentiel continue. Il souhaite aux quatre coins du pays et tous les quatre jours ses vœux de bonne année 2009 aux policiers, aux artistes, aux enseignants…

Lyon, le 6 janvier 2009.

05/01/2009

Lamourette

montebourg_copie.jpgLamourette, Antoine Lamourette, c’était son nom. Evêque de Rhône-et-Loire, cet Antoine Lamourette termina son parcours dans ce bas monde sur l’échafaud mais son souvenir est toujours vivant pour une tout autre raison. En effet à l’assemblée législative en juillet 1792, Lamourette prononça un discours paraît-il si pathétique pour réconcilier les extrêmes qu’il fut ponctué par une embrassade généralisée, un grand moment d’émotion partagée mais sans lendemain.

N’allez surtout pas croire que je souhaite que nos nouveaux Lamourette de la nouvelle direction du Parti Socialiste terminent sur l’échafaud. Loin de là, mais avouez qu’il y a quelque chose de réellement pathétique à contempler le spectacle des embrassades qui marque cette alliance artificielle depuis le congrès de Reims. J’en chiale encore. Nous savons tous que cet accord digne de l’industrie de la cosmétique n’est qu’un cache misère probablement sans lendemain.

Bien sûr pendant quelque temps encore l’image de ces effluves va suinter pour faire bonne figure mais les câlins de nos Lamourette ont de forte chance d’être de courte durée. Déjà on nous parle de « desinhollandisation » du PS. Peu investie, Martine Aubry semble tentée de redonner le mistigri à son porte-parole Benoît Hamon, à Harlem Désir et même à Arnaud Montebourg. Dorénavant la direction du PS devrait se réunir seulement chaque quinzaine alors que Sarkozy pratique l’art de l’annonce de façon au minimum bi-hebdomadaire. C’est dire!

En cette rentrée je préfère rester positif et adresser à notre nouvelle direction mes meilleurs vœux en faisant mien ce vers de Vigny, « Aimons ce que jamais on ne verra deux fois. »

Lyon, le 5 janvier 2008.

31/12/2008

L’humanisme pour les nuls

L'humanisme_pour_les_nuls.jpgUn cadeau pour François Bayrou.

Un livre marrant et simple pour celui qui, benoîtement, gentiment sinon innocemment, surfe sur un concept aussi vieux que la philosophie. Après « La philosophie pour les nuls », « La mythologie pour les nuls », « Le Parti Socialiste pour les nuls » (eh oui !), pour ne citer que les meilleurs, voici un cadeau utile pour ce cher François qui s’approprie ce beau mot - mot-valise s’il en est – d’une manière un peu trop exclusive à mon goût.
Comme pour le sujet de philo du bac, le cher ex-ministre de l’éducation qui à l’époque n’avait pas encore fait son chemin de Damas, pourra méditer et approfondir. Je n’aurai pas la cruauté de lui retourner ce qu’il disait concernant Martine Aubry (qui avait d’ailleurs largement mérité la charge, compte tenu de sa position sur les alliances avec le Modem) : « Moi je n’aime pas les gens qui disent une chose et font le contraire ». Je lui rappellerai cependant les propos plus récents d’un de ses lieutenants qui voulait « tailler dans le gras de l’hôpital » à coups de 10 milliards d’euros sur 5 ans. Humanisme comptable ?
Peut-être est-il sincère. Habile, sûrement. Parfois drôle malgré lui. Ne disait-il pas récemment, certes après avoir avalé un grand bol de vin chaud : « Généralement, les gens commencent révolutionnaires et finissent ministres. Moi, j’ai commencé ministre et je finis révolutionnaire ». Désopilant.
Bayrou nuls.jpgEn tout cas, son langage révolutionne parfois les centristes sarkozyens. Mais, quand il qualifie l’humanisme du Modem de troisième voie entre le socialisme et le capitalisme, c’est surtout une « ficelle » destinée à phagocyter le PS en vue de 2012 (comme si ses organes dirigeants avaient besoin de lui pour l’affaiblir).
La lecture lui rappellera que le sujet est vaste et, qu’à défaut de définition partagée, il risque fort de prêter à toutes les manipulations. Je lui recommande cette définition : « Est humaniste celui qui se bat contre la discrimination et la violence en proposant des voies pour que la dignité et la liberté de choix de l’être humain puissent se manifester. »
À cette aune, pour l’immense majorité des Socialistes – pour les 50% notamment de ceux qui soutiennent l’équipe de Ségolène Royal – le Socialisme est un humanisme.
En guise de dédicace, j’inscris une citation d’Henri Laborit : « Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier ».

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 31 décembre 2008.

26/12/2008

Pistolet à eau

Pistolet.jpgUn cadeau pour Martine Aubry.
Pour la fille chérie de Jacques : un pistolet à eau moderne et motorisé. Rien d’agressif dans son apparence : en forme de joli petit requin rose, il incarne le renouveau de la célèbre gamme PS (Pistolet Solides).
Martine pourra en jouer sans danger avec ses amis Benoît, Bertrand, Lionel et Laurent.
J’ai beaucoup hésité à lui offrir une énième poupée vaudou de Ségolène Royal, mais comme Lionel les lui dérobe systématiquement pour les massacrer - il est très rageur quand il joue – j’ai opté pour ce joujou plus inoffensif. Quoique…
Quelques conseils d’utilisation pour bien s’amuser :

  • - remplir la réserve d’eau (éviter absolument le vitriol utilisé sur Ségolène avec l’ancienne gamme de jouets);
  • - se mettre en embuscade (un an et demi avant l’attaque est un délai raisonnable, mais ne pas se priver d’exercices préalables);
  • - viser (bien repérer les nombreux amis déguisés et leurs seconds couteaux pas toujours en plastique) ;
  • - tirer à vue (conseil superflu ?) ;
  • - plus besoin de pomper en tirant : grâce au système électrique, une seule main suffit pour actionner la gâchette et projeter l’eau (l’autre peut servir à baillonner un allié de circonstance un peu trop bavard et souvent tenté de parler à votre place) ;
  • - profiter pleinement de la grande liberté de mouvement permise par ce jouet révolutionnaire pour éviter les pièges des alliés farceurs (très utile dans les mois qui viennent) ;

Martine Aubry.jpgCaractéristiques : réservoir de 450 ml - Jet sur plus de 7 m - Alimentation : 2 piles LR6 (fournies). Coloris selon la disponibilité (le rose est fortement conseillé : le requin est plus sympathique).

Une version pour tirer dans les coins sera bientôt disponible. Inspirée du fameux « Cornershot » dont l’armée française vient tout juste de se doter, sa livraison est prévue pour fin 2011 juste avant les prochaines présidentielles. Le réservoir pourra contenir du vitriol, contrairement au modèle offert. À prévoir pour un prochain cadeau de Noël.

Jean-Paul Schmitt.

24/12/2008

L’étincelle

[Ce matin, Philippe Dibilio n'avait pas l'humeur à faire des cadeaux, il a préferé réagir à l'actualité. Voici son billet. JYS]

DSC04177.JPGUn mot en cette fin d’année qui s’approche sur ce mouvement étudiant qui secoue l’Europe et pas seulement la France. S’il s’interrompt pendant les vacances il reprendra sans aucun doute à la rentrée malgré les reculades du gouvernement car ce qui apparaît comme étant en jeu dépasse largement les revendications quantitatives certes légitimes et qu’il convient de satisfaire. En Grèce les manifestants agissent avec le sentiment d’être la première génération dont le niveau de vie sera inférieur à celui de leurs parents et les diplômés se nomment eux même « la génération des 700 euros », le salaire moyen auquel ils peuvent prétendre et qui les place au dessous d’un niveau de vie décent. En Espagne ils ont réveillé les craintes sur le « processus de Bologne » cette réforme européenne signée dans la ville italienne en 1999. Une réforme visant à moderniser et internationaliser l’enseignement supérieur et qui débouche sur une privatisation des universités accoucheuse de mercantilisme. D’où la crainte de la disparition des filières lettres faute de rentabilité sur le marché du travail, de la disparition des bourses et du règne des « masters ». En Italie les jeunes ne montent pas à l’assaut d’une autorité abstraite, ne s’en prennent pas à leurs aînés en tant que tel mais à l’héritage qu’ils vont leur laisser : « Nous ne paierons pas votre crise » proclamait une banderole à Milan. Une génération qui souffre parce qu’en bute avec son avenir et qui ne supporte plus les politiques à deux vitesses : coupe sombres pour l’école au moment où le gouvernement sauve les banques et les grandes entreprises en difficulté. Un panorama somme toute équivalent à ce qui se passe en France. Il est donc grand temps de prendre cette situation au sérieux et de ne pas se contenter d’un soutien moral à un mouvement qui touche du doigt les problèmes structurels de notre société et qui veut les affronter sans concessions. Il y a sûrement beaucoup à apprendre en engageant le débat sur le fond avec ces étudiants et lycéens qui, une fois encore, pourraient bien allumer l’étincelle de la révolte.

Philippe Dibilio

Lyon, le 24 décembre 2008.

Photo: DR

19/12/2008

Palmes 2008 - # 2

9782707156297R1.gifJ’ai fort heureusement oublié certains des bouquins lus cette année. Je pense à celui de Léotard sur Sarkozy ou bien à l’opuscule du Rédacteur-en-chef de Paris Match viré sur ordre. En mobilisant ma mémoire le « Courir » de Echenoz (Minuit) s’impose tout comme le court roman de mon ami Laurent Cachard (« Tébessa 1957 ») que nul Croix Roussien digne de ce nom se doit d’ignorer sous peine d’être désigné comme indécrottable. D’ici quelques jours je compte vous parler de François Mauriac mais sachez que lire ses chroniques sur la télévision (Bartillat) est chose surprenante et donc épatante. Limpressionnante érudition de Fernando Baez (« histoire universelle de la destruction des livres ») fait partie de mes coups de cœur de l’année même si je dois constater que ce gros bouquin est totalement passé inaperçu pour une raison que je ne cherche même pas à m’expliquer (Fayard).

On nous annonce une année noire, mais aussi une année « polar » 2009 exceptionnelle avec enfin le Ellroy, un nouveau Dennis Lehanne, un festival de rééditions pour le 50ème anniversaire de la disparition de Chandler et un Quarto Gallimard sur Hammett. En attendant je dois vous confier avoir laissé le polar de côté cette année. A signaler encore une fois aux fondus du genre la formidable et indispensable somme en deux volumes de Claude Mesplède (« Dictionnaire des littératures policières ») mais aussi le « correspondant étranger » de l’américain Alain Furst (l’olivier) qui est encore un auteur peu traduit en France alors que les prémices de sa carrière remontent aux années soixante-dix.

N’étant pas particulièrement sensible au phénomène de la rentrée littéraire de septembre, je me dois tout de même de vous rappeler la parution de « Le carnet d’adresses » d’Alain Fleisher, une curieuse plongée dans l’intimité du répertoire de la mémoire d’un auteur confirmé et reconnu que je découvre de manière tardive mais heureuse (Le seuil).

Concernant la musique, beaucoup de livres sortent et parmi un tel nombre de parutions les titres intéressants sont légion. Castor Astral livre ces jours-ci le second volume du Presley de Guralnick (pas encore lu) et une très intéressante traduction sur le folk-rock de la fin des années soixante intitulée « Hôtel California ». Plus ébouriffante et en aucune façon politiquement correcte, la biographie du Pink Floyd intitulée « Pigs night fly » (Tournon) du journaliste anglais Mark Blake mérite plus que le détour. Un livre à ne surtout pas mettre entre les mains d’un baba encore persuadé que la vie est rose chez les volatiles de Cambridge.

Qui dit fin d’année dit « beaux livres ». Un gros bouquin de photographies s’impose ; « Over », c’est son nom, est une vue du ciel de l’Amérique du gaspillage, de la déraison et des « torture-tests » de paysages. Plus agréable à lire et feuilleter que la plupart des pensums écolos, cette vue plongeante sur notre terre est loin d’être une jérémiade, c’est un vrai bouquin militant mais fort sympathique à parcourir. C’est si rare de pouvoir observer l’absurdité écologique assis dans son fauteuil (La découverte). Enfin, les passionnés de cinéma ne pourront se passer de caser dans leur bibliothèque l’énorme nouvelle édition des « Amis américains » de Bertrand Tavernier avec ses mille pages, ses centaines d’illustrations et ses dizaines d’entretiens de l’auteur avec les plus grands noms d’Hollywood (Actes sud - Institut Lumière).

Lyon, le 19 décembre 2008.

17/12/2008

L’indécence de Fillon ou sa honte ?

Fillon1.jpgÀ écouter notre sourcilleux Premier ministre, le PS serait indécent et trop bruyant, trop pressé : "Je leur demande un peu de décence, restez silencieux, aidez-nous à redresser notre pays et attendez le moment venu ce délai de décence pour pouvoir de nouveau donner des conseils à la France entière". C’était lors d'une réunion des nouveaux adhérents de l'UMP, salle Gaveau dans le VIIIe arrondissement de Paris, fin novembre.
Le PS aurait failli aux bonnes moeurs ? Aurait-il commis des actes que la morale réprouve ? Est-ce que je me méprends sur le sens des mots ?
Je saute sur le Littré et j’y lis : « La décence désigne ce qui est honorable ».
Ouf !
Que Fillon François, parangon de décence, réponde donc à ces simples questions parmi les dizaines qu’appellent ses actes.
N’attendez pas de réponses autres que de bois, mais pointez l’honneur. Ou la honte… :
Est-il décent et honorable d’intervenir de façon brutale avec des maîtres-chiens et des gendarmes dans les collèges (du Gers, comme à Marciac par exemple)?
Est-il décent et honorable que la police encadrant des parents vienne se saisir d’enfants en maternelle et en CE1 pour les mettre dans une prison – ce qu’est de fait un centre de rétention – puis les expulse manu militari en urgence avant même que la CIMADE ne puisse les contacter (comme ces enfants kosovars de l’école Jardin de Ville à Grenoble le 24 novembre) ?
Est-il décent et honorable de voter l’abaissement à 12 ans de l’âge où il est permis d’emprisonner un enfant ?
Est-il décent et honorable de refuser que les plus riches participent au Revenu de Solidarité Active pour les plus faibles ?
Est-il décent et honorable de ne pas respecter les 20% de logements sociaux que la loi SRU prévoit et de la contourner alors que tant de personnes n’ont pas de toit et que parmi celles-là, le tiers a un travail ?
Est-il décent et honorable d’avoir les pires prisons d’Europe, surpeuplées et où plus de cent personnes se suicident chaque année ?
Est-il décent et honorable…

Relisez les Châtiments. Il faudrait ici le talent dans la rage qu’avait Hugo pour dénoncer cette façon de nous gouverner :
« Si nous les laissons faire, on aura dans vingt ans,
Sous les cieux que Dieu dore
Une France aux yeux ronds, aux regards clignotants,
Qui haïra l’aurore »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 17 décembre 2008.

16/12/2008

Pathétique

MARIE-GEORGES%20BUFFET.jpgMarie George Buffet a ressenti une « immense fierté » à l’issue du Congrès du PCF dimanche à la Défense. Mais de quoi peut elle être fière ? de sa réélection pour la quatrième fois à la tête d’un parti qui prend l’eau de toute part ? Car il n’y a vraiment qu’elle pour avoir connu quelque chose de grand ce week end. Ce congrès, en effet, n’aura ouvert aucune piste nouvelle ni la moindre avancée politique. A moins de considérer comme un grand moment pour la gauche l’accord avec la formation balbutiante de J.L Mélenchon dont le seul objectif réside dans l’improbable élection de ce dernier aux élections européennes. Pire, le PC sort plus divisé que jamais de ce congrès car ce n’est pas la formule langue de bois de l’ »Humanité » : l’unité sans unanimisme qui cachera la forêt de désaccords qui existent entre les tenants de la ligne officielle, les unitaires, les orthodoxes et les identitaires. En fait la lente agonie du PCF va se poursuivre à travers une ligne d’extrême gauche plurielle que la secrétaire nationale, élevée au biberon de la gauche plurielle, tente de prolonger alors que ce n’est plus à l’ordre du jour. Avec de tels objectifs et en ne laissant pas la main à le tête du Parti, Marie George Buffet étouffe toute velléité de sursaut de la part des communistes. La déclinaison en pente douce va se poursuivre jusqu’à toucher le fond. Certes l’ancienne ministre des sports n’aura fait qu’accompagner ce mouvement mais elle n’aura rien imaginer pour le stopper et au mieux l’inverser. Car il faut rendre à César ce qui revient à Georges Marchais, le véritable fossoyeur du PC. Arrivé à la tête d’un parti alors au cœur de la montée de l’union de la gauche, un parti qui avait pris le virage de la responsabilité et souhaitait s’affirmer comme parti de gouvernement il a tout bradé. Son ouvriérisme doublé d’une réelle inculture, sa délectation à jouer au clown à la télévision, son incapacité à tenir une ligne politique ont coupé à jamais ce parti d’un avenir politique. Il y avait dans les années quatre vingt les bases pour s’inscrire dans la perspective politique de la fin du siècle dernier, y compris après la chute du mur de Berlin. Il n’en a rien été. Ce rendez vous manqué ne se retrouvera qu’au prix d’une véritable révolution culturelle dont on n’a pas vu poindre la moindre amorce à la Défense. Alors la pratique de la méthode Coué adoptée par Marie George Buffet en devient pathétique car on sait très bien où cela conduit.

Philippe Dibilio

Lyon, le 16 décembre 2008.

15/12/2008

Morale et Moral

Thierry_Breton.jpgParce que le capitalisme français a décidé de se moraliser, Philippe Germond, l’ancien patron d’Atos vient de perdre près de 4 millions d’euros d’indemnités de départ après son « remerciement » au terme des 15 mois qu’il venait de passer à la tête de l’entreprise. Quinze mois, 4 millions, avouez que le ratio est sympathique. Le hic dans l’histoire c’est que Germond se rebiffe, jugeant cette décision illégale. Il va donc demander à la justice de trancher.

Parce que le capitaliste Français Philippe Germond s’est fait virer, on a recruté pour lui succéder l’ancien ministre Chiraquien, l’oublié Thierry Breton. Pas fou, Breton à tout de suite expliqué qu’il ne toucherait ni prime d’arrivée, ni parachute le jour de son départ, histoire de démontrer que le capitalisme français se moralisait. Le hic dans l’histoire c’est que Breton touchera tout de même 1,2 millions d’euros de fixe, une deuxième couche de 1,2 millions de bonus sous conditions de résultats, 233 000 euros d’options basées sur les performances chaque année, dès 2008. Quand on sait que le chiffre d’affaire de l’entreprise est de 5,6 milliards d’euros, avouez que le ratio demeure sympathique.

Il faut dire que ça moralise sec dans le capitalisme français. D’ailleurs suite à ce que l’on pourrait assimiler à un « acharnement » du Medef alors en pleine crise, on nous annonce que plus de la moitié des dirigeants du CAC 40 viennent de renoncer à d’éventuelles indemnités de départ. Ce n’est pas suffisant explique l’UMP dont des esprits malveillants disent qu’elle est entrain de courir au secours des grands patrons. Le député UMP Houillon, soutenu en l’espèce par Lagarde exige du Medef d’étendre la mesure aux 700 entreprises cotées c'est-à-dire à ce qui constitue la base du syndicat patronal.

Flûte, encore une revendication que le PS français, le plus à gauche de l’univers, s’est encore fait chiper par Sarkozy. Ça casse le moral des trucs pareils.

Lyon, le 15 décembre 2008.

13/12/2008

Tout nouveau, tout beau

Montebourg Royal AN.jpgEn ce moment, je consacre mon énergie sur ce blog, à mettre en valeur ces artistes qui ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur. Demain il s'agira d'évoquer Hatem Ben Arfa, aujourd'hui nous parlons d'un autre enfant de la balle, un as du rebond, je veux parler d'Arnaud Montebourg.

Ancien agent d'ambiance au sein du parti Socialiste, le député de Saône-et-Loire est aujourd'hui un des dirigeants, d'autres diraient un des responsables (?) du PS tout juste désigné par Martine Aubry comme le "monsieur Rénovation". Seul, comme les plus grands artistes, Arnaud Montebourg vient d'écrire aux anciens militants du NPS pour leur demander de le rejoindre dans son entreprise de rénovation parce que le Congrès de Reims, je cite, "constitue paradoxalement l'aboutissement des combats que nous avons partagés" (sic!)

Comme le Beaujolais, le nouveau Arnaud Montebourg est arrivé. Il sollicite donc ses anciens amis du "nouveau Parti Socialiste" pour l'aider à rénover, et Montebourg, adepte de la répétition leur dit qu'afin de bâtir "des idées nouvelles, des positions politiques nouvelles, des pratiques nouvelles, un cadre nouveau et des méthodes nouvelles pour sélectionner notre candidat à la présidentielle" (ouf !) il convient de le rejoindre.

Vous l'avez compris en fait de nouveauté, Montebourg utilise les vieilles ficelles, puisque sa mission est de débaucher les ex "nouveaux" PS qui ont rejoint Ségolène Royal. Il n'empêche que pour pratiquer la rénovation, cet art nouveau, Arnaud Montebourg est toujours persuadé qu'il suffit de dire "miroir, mon beau miroir".

Lyon, le 13 décembre 2008.

11/12/2008

Content et déçu

Sarkozy NB.jpgContent, le Président se dit l’être à propos d’Eric Besson son ministre en charge de l’avenir. Ne me demandez pas pourquoi vu qu’a part la notation des Ministres, les clubs de foot et quelques trucs sans importance sur l’internet nul ne sait exactement ce que peut bien faire « le transfuge ».

Content mais surtout admiratif, notre Président l’est également au sujet de Claude Allègre. Ici aussi inutile de me demander de fournir une explication puisque après les sciences de la terre, celles de l’éducation, l’art de la politique, la couche d’ozone, l’ami de Lionel est aujourd’hui devenu, comme Alain Minc, un historien. Notre homme est donc compétent en tout ce qui explique peut-être l’admiration sans borne du Président.

Content, Sarkozy se dit l’être aussi à l’égard de Nadine Murano dont la gouaille, façon populasse, botte bien à l’ancien Maire de Neuilly. Mais attention, le Président n’est pas seulement content de lui-même et de quelques autres, il est aussi déçu.

Il est déçu par Patrick Devedjian d’où la nomination au poste de Ministre de l’UMP du « chouchou ». Déçu aussi Jean-Pierre Jouyet qui vient de filer à l’anglaise et qui va surveiller les marchés. Déçu par Rama Yade qui ose refuser de prendre la tête d’une liste UMP au prétexte qu’elle souhaite demeurer ministre, Sarko est aussi peiné par quelques députés qui ne veulent pas faire travailler les Français le dimanche. Le Président semble également pensif à l’égard de quelques autres ministres et en particulier de Rachida Dati. Heureusement que Nicolas Sarkozy a encore une saine haine chevillée au corps à l’égard de Villepin sans quoi cette déception affichée et quasi généralisée pourrait se transformer en déprime au point de voir réapparaître cette célèbre migraine dont on ne nous parle plus depuis son élection.

Reste le cas Kouchner dont la quasi inutilité commence à se faire sentir et qui, tel un Jean-Louis Debré Sarkozyste, en est rendu à jouer les utilités en tirant le tapis sur lequel marche Rama Yade.

Tout ceci est donc très moyen. Moyen comme le sondage du dévoué Paris-Match qui note, de quoi être déçu, une baisse de popularité pour le Président mais qui fort heureusement indique dans le même temps une hausse d’opinions favorables parmi les classes populaires. Justement, à propos des classes populaires, si vous les croisez, il convient de leur expliquer que le PS fait le maximum pour être à gauche et les voilà à honorer le Président. Pour tout vous dire cela me laisse froid, mais avouez que si vous étiez à la place de Martine Aubry et Benoît Hamon vous auriez de quoi être déçu.

Lyon, le 11 décembre 2008.

10/12/2008

En revenant du marché

Crise-financiere-Placide.jpgAvant la crise, trop rares étaient les dirigeants de grands groupes qui s’interrogeaient publiquement sur le fait que seule la logique financière conduisait leurs entreprises. C’est le cas d’Alain Godard, ancien président de Rhône-Poulenc Agro et d’Aventis CropScience. Sous le titre « Le rôle pervers des banques d’affaires », il vient de réitérer son jugement dans le Monde du 29 octobre dernier.

Il y décrit le mécanisme simple et malsain mis en œuvre par les banquiers d’affaires:

  • > bricoler des produits financiers qui rapportent au moins 15% par an
  • > pousser les actionnaires à obtenir au moins la même rentabilité en leur demandant de restructurer, puis de fusionner ou d’acheter un autre groupe, (ce qui en clair se traduit par des plans de licenciement et permet aux banques de faire en plus quelques bonnes affaires)
  • > convaincre les équipes dirigeantes de passer à l’acte en multipliant par 10 leur salaire en 15 ans et encore par 2 ensuite grâce aux stock-options.

La saga de son groupe est édifiante. La plupart des grands dirigeants se sont tus, quand ils n’ont pas accompli avec zèle et reconnaissance les écrasements humains de ces restructurations.

Quand Alain Godard dénonce les bonus des golden boys et la frilosité des équipes dirigeantes sans réelles marges de manoeuvre, j’entends. Mais que diable, la parole est libre dans nos pays, au risque certes de perdre quelques avantages, mais sans risque vital. Davantage de réactions de grands patrons d’entreprise dans les medias - comme la sienne en 2001, déjà tardive - auraient peut-être permis d’alerter plus tôt.

Son idée de taxer très fortement les titres conservés moins de trois mois est concrète, mais l’ingéniosité des rapaces financiers est sans limites et de nouvelles formes verront le jour tant que l’ensemble des règles de capitalisation financière ne seront pas revues, surveillées et sanctionnées à bon niveau.

Jean-Paul Schmitt

Lire la suite

09/12/2008

En attendant demain

medium_313780.jpg« Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain », c’est cette formule éculée, attribuée à Willy Brand, qu’ a osé ressortir Alain Minc sur le plateau de Serge Moati dimanche lors de l’émission « ripostes » sur la Cinq et ce pour justifier le plan de anti-crise de Sarkozy qui privilégie les investissements plutôt que la relance par la consommation. Ce « monsieur je sais tout » qui met sa gouaille plus que son savoir au service des puissants du pays, tous proches du président de la République, se foutait une fois encore de nous. Si cette formule, prononcée dans les années soixante dix avait eu un effet il y a bien longtemps que l’on n'aurait plus de problèmes d’emploi tant les profits ont surfé sur les sommets depuis ce temps là. Mais les profits, c’est bien connu, y compris d’Alain Minc, profitent par nature à ceux qui les réalisent lesquels ne situent pas dans le camp de ceux qui partagent.

Dès lors la relance Sarkozy aura le même effet que les autres ; elle permettra à ceux qui ont joué avec l’argent des autres de refaire leur pactole. D’ailleurs les premiers exemples pointent à l’horizon. Ainsi un groupe de banques dont Daxia, la Caisse d’Epargne et le Crédit Agricole, toutes recapitalisées par l’état, ne se sont partagé que la moitié des prêts locatifs sociaux attribués par le gouvernement. Hic politique ces crédits devaient servir à racheter les logements programmés mais pas construits tel que le souhaitait Nicolas Sarkozy pour donner un coup de pouce au bâtiment en particulier. Voilà donc un volet de la relance qui démarre mal. L’explication de cette frilosité nous est donnée par le secrétaire général de la Caisse des Dépôts (un expert) : « ce secteur (du logement social) n’intéresse pas les banques, elles préfèrent faire du logement à loyer libre où elles obtiennent de meilleurs rendements ». Des profits d’aujourd’hui donc qui ne serviront pas plus à la relance qu’ à l’emploi de demain et qui révèle la supercherie de Minc.

Quant au plan de Sarkozy il ne s’annonce pas sous les meilleures auspices. D’ailleurs son conseiller spécial Henri Gauino craint une révolte des classes moyennes qui vont être touchées de plein fouet par la crise. Aussi il veut donner des signes de moralisation du capitalisme, lui au moins il est sûr d’avoir du travail pour longtemps.

Philippe Dibilio

Lyon, le 9 décembre 2008.

DR

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu