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14/03/2009

L'Apocalypse selon Maffesoli

maffesoli.jpgLe Président Sarkozy l’a dit. Nous sommes au milieu d’une crise dont nul ne sait quand elle pourrait s’achever. Vous avez donc un bon bout de temps pour réfléchir à ce propos qui mériterait de figurer dans les « brèves de comptoir ».

En attendant, sans vouloir nécessairement trouver une réponse à l’énigme présidentielle, je vous conseille une lecture utile. Celle de la brochure de Michel Maffesoli intitulée « Apocalypse » et écrite, est-ce un signe, la nuit du 4 août 2008. Cette petite cinquantaine de pages titille neurones et estomac. Maffesoli attaque d’entrée en nous disant que nous sommes « au seuil d’une ère nouvelle » et qu’il « est vain de vouloir rafistoler les idéologies élaborées au XVIII et XIX siècles, et dont nous fûmes, dans tous les sens du terme, irradiées. Oui, il faut bousculer les idées rancies, rejeter les analyses apprêtées et quelque peu maussades ». En bref, se « dessiller les yeux ».

S’interrogeant, entre autre sur le terme crise et « la grande confusion des esprits », Michel Maffesoli nous le dit tout net dès la page quinze, « l’époque attend sa propre apocalypse ». Après quelques propos sur le culte du présent et une savoureuse dégression sur le design et les objets, le philosophe nous dit que « l’époque a changé de peau » et après un bref passage du côté de chez Marx et du « mythe du progrès », c’est vers les tribus postmodernes qui n’ont « en général, que faire de la primauté du politique » que l’on nous entraîne. Quant aux professeurs et aux élites, notamment celles qui se cachent « derrière leurs barbes de trois jours », Maffesoli les considère comme des voyous.

Vous l’avez compris ce petit bouquin est hygiénique. Il fait du bien car il fait un peu mal là ou cela passe et même si je dois admettre qu’une seconde lecture appliquée s’impose à moi, je voulais vous en conseiller la fréquentation.

  • Michel Maffesoli, « Apocalypse », éditions du CNRS, 2009 – 4 euros

Lyon, le 14 mars 2009

 

10/03/2009

Ruhr

emscher.jpgA partir de demain, je suis pour presque trois jours dans la Ruhr à l’invitation de l’Agence d’Urbanisme de Lyon qui propose ainsi à des élus et techniciens lyonnais et stéphanois de mesurer en commun une expérience conduite sur une dizaine d’années dans la vallée de l’Emscher avec comme ambition de revaloriser le territoire.

Cette démarche originale initiée à la fin des années quatre-vingt par le Land Rhénanie Nord-Westphalie s’est appuyée sur des principes dont on dirait aujourd’hui qu’ils relèvent du développement durable avec pour objectif affiché de donner à ce vieux pays industriel une nouvelle identité fortement culturelle basée sur la valorisation du paysage et du patrimoine industriel.

Il s’agit pour nous, non seulement de tirer profit de cette expérience de « IBA Emscher Park » mais aussi d’en mesurer les effets puisque le programme mis en œuvre en 1988 s’est terminé en 1998. Pour nous Lyonnais et Stéphanois, étudier les retombées environnementales, économiques, sociales et culturelles de cette aventure rhénane est important quand on songe, au moment ou nos deux agglomérations s’engagent dans un nouveau processus de métropolisation, aux futurs enjeux relatifs à certains de nos territoires tels que ceux de la vallée du Giers.

Voici quelques-uns des sites que nous nous apprêtons à visiter avec peut-être l’envie pour certains d’entre vous, de faire également le voyage à Emscher Park un de ces jours.

  • Cité Schüngelberg à Gelsenkirchen, une cité aujourd’hui classée monument historique qui est un exemple de réhabilitation de haute qualité environnementale et sociale.
  • Mine de Zollverein, témoin parait-il impressionnant de l’architecture industrielle aujourd’hui transformé en site d’art, de culture et de design.
  • Affluent de l’Emscher ayant fait l’objet d’une politique de renaturation.
  • Gazomètre d’Oberhausen. Ce cylindre d’acier de presque 120 mètres de haut est aujourd’hui un lieu d’exposition et une plateforme destinée à admirer le panorama de la partie Ouest de l’Emscher.
  • Parc paysager de Duisburg Nord avec ses 250 hectares de terrains industriels livrés à la nature et ses usines et autres silos destinés aux pratiques sportives et à l’organisation de manifestations sportives.
  • Académie Mont Lenis, Merne. Reconversion d’un site industriel en Académie du Ministère de l’Intérieur.
  • Parc chimique de Marl avec la transformation des usines chimiques de la HÜLS AG en parc d’activités économiques
  • Port Intérieur de Duisburg, quartier proche du centre-ville objet d’une planification pour une rénovation destinée à de l’habitat et des sites de loisir.

Rendez-vous en cours de semaine prochaine afin de vous livrer quelques-unes de mes impressions.

Lyon, le 10 mars 2009

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06/03/2009

Suisse Air

johnny.jpgAprès moultes hésitations entre la Belgique et Monaco, on s’en souvient, Johnny Hallyday avait décidé de s’installer en Suisse afin de gonfler ses poumons du bon air helvète. Fort de la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy certains imaginaient tout de même que, pris de remord, notre rocker pourrait rapatrier famille et boite à coucou sur le territoire national. Déception. L’affreux Jojo du Sarkozysme confirmait que son avenir était à Gstaad.

Cette semaine notre contribuable suisse vient de refaire un come-back bruyant dans l’actualité. Hallyday proteste maintenant contre le régime fiscal qui lui est imposé dans la confédération tout en précisant « je suis d’accord de payer des impôts, mais il y a une limite ». Comme argument Hallyday indique au journal Le Matin, « Avec ce que j’ai payé dans ma vie, j’aurai pu faire vivre plusieurs familles pendant des générations ». En attendant le pauvre Hallyday est taxé de 900 000 francs suisses par an ce qui manifestement le peine mais dans le même temps il vient de réaffirmer son souhait de demeurer en Suisse car en France, nous dit-il « on ne peut plus exprimer ce qu’on pense. C’est terrible. On est taxé sur ses opinions. Pour un pays qui proclame liberté, égalité, fraternité, ça me surprend. Mais elle est où la liberté, là ? » Sarkozy devrait apprécier !

Qu’un chanteur belge, qui gagne quelques fortunes en France finisse par atterrir en Suisse tout en demeurant insatisfait pose problème. Afin de sortir par le haut de cette difficulté je propose que Johnny se tourne le plus rapidement possible vers Charles Aznavour. Le chanteur français, résidant lui aussi Helvète, vient d’être nommé ambassadeur d’Arménie auprès de la Suisse.

Je suis certain que sur ce coup là, Aznavour peut intervenir auprès de la République d’Arménie pour que Jojo devienne résidant du côté de Erevan et, côté air pur, pour peut qu’il installe son chalet au bord du lac Sevan, Aznavour peut garantir à Hallyday une paix royale et de l’air pur. Quant à la taxation des résidants étrangers en Arménie, c'est à lui de voir....

Lyon, le 6 mars 2009

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05/03/2009

rebelle

lang.jpgL’affaire est assez « amusante », expédié en mission par Nicolas Sarkozy pour aller dire bonjour au Cuba des frères Castro, Jack Lang n’a jamais été critiqué par la direction du Parti Socialiste. Si l’on écoute quelques-uns des amis de l’ancien Ministre de la culture, la chose est considérée même comme normale tant Lang serait un spécialiste de l’Amérique Latine. De là à penser que cet honneur fait à Jack ne pourrait que rejaillir sur le Parti tout entier, il n’y a qu’un pas qu’Elisabeth Guigou s’est tout de même efforcée de ne pas faire. Je disais « amusant » parce que au moment où Lang recevait sa bénédiction, Pierre Mauroy était quant à lui critiqué pour sa participation au Comité Balladur. La chose est cocasse mais c’est ainsi aujourd’hui au sein du Parti Socialiste.

Rebelle né, Lang est désormais l’homme qui dit « Non » parfois d’ailleurs en disant « Oui ». Rappelez-vous, c’est ce même Lang qui, seul, avait voté avec la droite la fameuse réforme Constitutionnelle histoire de donner un de ces petits coups de pouce qui ne s’oublient pas. Lang en fin de carrière ne cesse donc de faire don de son corps à la France.

De temps à autre, pour se justifier, il argumente, un peu à retardement, mais il argumente quand même. C’est actuellement le cas avec un petit opuscule destiné à faire valoir sa pensée stratégique dans le domaine constitutionnel. Au même titre que Jack est un spécialiste de l’Amérique du Sud qui fait donc le voyage de la Havane, Lang nous précise que c’est le Professeur de Droit qui a été conduit à dire « Oui ».

Cela étant le Jack est parfois « borderline ». Dans une réunion qui s’est tenue à Blois (cela ne s’invente pas) et organisée par le « Comité pour l’Histoire », Jack a encore dit « Non » mais cette fois ci en pérorant sur le génocide des arméniens.

Au nom « de la liberté de penser » et « de poser des questions, de penser mal » Jack Lang a tenu des propos qui provoquent, on s’en doute, des vagues. Qu’à donc dit le neo-rebelle ?

« J’ai voté la première résolution de l’Assemblée nationale sur la reconnaissance, entre guillemets, peut-on dire, car il faut là aussi que les historiens fassent leur œuvre » expliquait le 11 octobre 2008 Jack Lang mais « Je ne sais pas si je réagirais de la même manière aujourd’hui, mais en tout cas je l’ai voté. Et à l’époque, j’étais président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, donc je suis doublement coupable, si j’ose dire, député et président de la commission des Affaires étrangères ».

J’imagine que Benoit Hamon, si prompt quand il s’agit de dénoncer le royalisme, doit être sur le point de peaufiner son communiqué officiel.

Cela étant, ne croyez pas que Jack Lang est devenu ma tête de Turc. C’est juste un rebelle et même les rebelles finissent parfois mal.

Lyon, le 5 mars 2009

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02/03/2009

Fatals Picards

balladur.jpg« Nous ne voulons pas de rattachement de l’Alsace à la Lorraine », « On bafoue l’identité économique et historique de l’Auvergne », « Il y a aujourd’hui plus de gens qui parlent Picard que des gens qui parlent Corse »… Les protestations, à l’annonce de ce que pourraient être les recommandations du Comité Balladur, fusent comme jamais. On parle désormais de « démantèlement », d’ « annexion », de « charcutage » et des relents de localisme, de chauvinisme et de particularisme, tous d’un autre âge, remontent, depuis nos provinces, à la surface de la vie politique française.

On devrait donc en savoir plus en milieu de semaine puisque le Comité présidé par Edouard Balladur devrait présenter ses propositions qui, pour beaucoup d’entre-elles, commencent à prendre l’eau. Comme on peut l’imaginer, la suite risque d’être périlleuse et il y a fort à parier qu’une fois sa copie remise, Balladur aille vaquer à d’autres occupations, l’ancien premier ministre n’ayant pas d’inclinaisons fortes pour barboter dans le marigot. Cette réforme, pourtant nécessaire mais bien mal née, devrait atterrir sur le bureau de Fillon avant de se lancer pour un long jogging au cours duquel elle devrait perdre l’essentiel de ses plumes

En matière de réforme, on pourra alors toujours constater que Sarkozy ne connaît que le « Round Up » pour désherber le pays. On pourra toujours se gausser du fait que le « Big-bang » annoncé est un simple pétard mouillé, que les petits calculs politiciens et électoraux de Sarkozy se repèrent plus facilement que le nez au milieu de la figure. Que la concertation n’était pas au rendez-vous et que seul le consensus pouvait être le carburant d’un tel processus. Tout ceci est juste mais il n’empêche que le pays devra se coltiner encore ce fameux mille-feuille insupportable. On pourra également, un léger sourire narquois esquissé à la commissure des lèvres, dire que depuis les grandes lois de décentralisation initiées par la gauche, rien de décisif ne s’est fait dans le pays, il conviendra tout de même de se pencher aussi sur l’attitude d’un Parti socialiste qui ne sort pas avec les honneurs de ce barouf même si un homme comme Pierre Mauroy peut légitimement se dire qu’il aura travaillé « pour la bonne cause ».

En attendant, ce cri qui nous vient de l’intérieur de nos provinces est parfois nauséabond. Je n’aimerais donc pas que, d’ici quelques temps on renonce à réformer nos territoires à cause de Sarkozy, de quelques barons ou vicomtes et de ces fameux « Fatals Picards ».

Dans le prolongement de son numéro hors série consacré à la métropole lyonnaise, la lettre politique « Prospective » organise, vendredi prochain 6 mars, une rencontre intitulée « Vers une gouvernance politique métropolitaine ». Animé par Michel Lussault, le président de l’Université de Lyon, ce débat entre Gérard Collomb, Maire de Lyon et Président du Grand Lyon, Alain Cottalorda, Maire de Bourgoin et Président de la CAPI et Maurice Vincent, Maire de Saint-Etienne et Président de Saint-Etienne Métropole permettra de mieux mesurer nos enjeux locaux le lendemain de la remise des conclusions de Edouard Balladur.

  • « Vers une gouvernance politique métropolitaine », vendredi 6 mars à 10h45,

Théâtre Kantor de l’ENS lettres et sciences humaines – 15 Parvis René Descartes, Lyon 7ème (Métro ligne B, Station Debourg)

Inscriptions : au 04 78 37 25 99 et sur i.r.e.s@wanadoo.fr

Lyon, le 2 mars 2009

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26/02/2009

Le dernier des mohicans ?

debord.jpgC’est peut-être, après tout ce qui restera de « l’œuvre » de notre actuelle Ministre de la culture. Christine Albanel vient d’interdire, par un arrêté du 29 janvier et publié récemment au journal officiel, l’exportation des archives de Guy Debord qui étaient convoitées par l’Université de Yale et plus précisément son Centre de Recherche sur les avant-gardes.

Il faut dire qu’outre atlantique on est presque raide-dingue de tout ce qui concerne Debord. Quinze ans après la disparition du Fondateur de l’Internationale Situationniste, tout ce que les states comptent d’Universitaires arty et branchouilles se pament, on se demande en vérité pourquoi. D’ailleurs, à contrario, il suffit de lire Maurice G. Dantec le seul écrivain français néo-catholique, néo-canadien, sioniste et réac assumé et sa prose anti post-hippie-gaucho, pour mesurer, tant sa haine à l’égard de Debord est sans limite, l’audience importante de l’intellectuel et Situationniste Français en Amérique du Nord.

C’est donc Racine, Bruno et non Jean, le patron de la Bibliothèque Nationale de France, qui est à l’origine de cette décision ministérielle. Il faut probablement l’en remercier mais surtout le féliciter pour cette victoire pas si évidente que cela sous Sarkozy 1er.

A propos de Sarkozy, imaginons une seconde qu’un journaliste l’interpelle à l’occasion d’un banal déplacement présidentiel. « Monsieur le Président, Monsieur le Président, SVP » dirait l’un au second. « Monsieur Le Président, comment réagissez-vous au classement des archives de Guy Debord par votre Ministre Christine Albanel » clamerait dans le brouhaha de la foule le premier à l’autre. « Euh ! » répondrait le Président tout en continuant à serrer quelques-mains. « Monsieur le Président, Christine Albanel vient d’interdire l’exportation des archives du fondateur du situationnisme. Quel est votre sentiment ? » reprendrait le journaliste en tendant son micro. « Euh !...c’est bien ! » rétorquerait un Sarkozy tout la fois ennuyé et donc irrité. « Monsieur le Président, vous pourriez nous en dire plus » et là, tout de go, notre Président enchainerait avec un « Casse-toi pauv’con » qui retentirait face à la cohorte des caméras rassemblées pour le déplacement Elyséen.

Tout ça pour vous dire que le dernier situationniste du pays est peut-être après tout notre Président. C’est d’autant plus impressionnant qu’il est peut-être un des seuls à ne pas savoir qui est Guy Debord. Trop fort !

Lyon, le 26 février 2009

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20/02/2009

Terre neuve

terra nova.pngCette nuit, retour somnolent de Erevan. Entre deux plongées dans les bras de Morphée, j’ai parcouru, rassurez-vous, la version courte du rapport de Terra Nova intitulé « Moderniser la vie politique : innovations américaines, leçons pour la France ».

Une fois dit que ce texte est le produit d’une mission de « The » fondation progressiste sponsorisée par le Ministère des Affaires Etrangères, Euro RSCG, Opinionway et quelques autres moins à l’aise mais plus balèzes, il convient de s’intéresser à l’exercice proposé. Cette synthèse du rapport aborde lors de ses six premières pages une description du système de communication et de mobilisation mis en place par Barack Obama. Au détour de la page six mon attention était attirée, malgré la présence d’un gros monsieur qui dormait en ronflant comme un bien heureux, par les fameuses recommandations formulées par Terra Nova concernant notre pays.

Même si on peut s’interroger sur le fait que la dernière campagne américaine représente, comme l’affirme le rapport, « une revitalisation de la démocratie américaine » passant par « la mobilisation des masses », les pistes avancées par le texte concernent tout à la fois quelques idées qui figuraient dans la démarche de Ségolène Royal, lors du débat initié en interne, pour sa désignation de candidature. Il s’agit de l’épineuse question de la création d’un Parti de masse dont la direction actuelle du PS avait décidé de faire un axe de combat acharné pour le congrès de Reims. Deuxième idée, deuxième proposition, Terra Nova avance l’idée de primaires ouvertes. Une proposition qui figurait dans le texte initié par Gérard Collomb « La vie claire » puis repris par la motion E pour le Congrès et dont Martine Aubry et ses ami(e)s ne semblent pas vouloir. Concernant les trois autres propositions qui tiennent à l’organisation d’un Parti de masse, inséré et organisé pour élaborer une campagne très en amont, convenons que les cheminements indiqués par « La Fondation progressiste » ouvrent des perspectives intéressantes.

Enfin, Terra Nova, dans un ultime volet évoque quelques recommandations conditionnées par l’évolution de notre cadre juridique. Il s’agit, en vrac de « la règle des 500 signatures », « la campagne du 2ème tour », les questions de « temps de parole », de « campagne officielle » et de financement. Terra Nova avance avec novation mais aussi un sens tactique affirmé quelques éléments liminaires d’une réflexion qui mériterait de s’extraire au plus vite de ses arcanes actuelles.

Dans ma somnolence de la nuit passée, autant vous dire que j’avais quelques aprioris négatifs pour ce travail de Terra Nova. C’était une erreur et, pour tout vous dire, je compte me plonger dans la version « King size » de ce rapport. Si d’aventure l’envie naissant, vous aviez l’intention de faire comme moi, sachez que l’ensemble des documents sont disponibles ici.

Bonne lecture. Quant à moi je ne suis pas certain d’être très actif aujourd’hui. A demain pour vous parler de musiques de filles.

Lyon, le 20 février 2009

06:30 Publié dans Ainsi va la vie..., Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terra nova | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/02/2009

Djavakhk

georgie.jpgCette nuit je m’envole pour Erevan. Les clés de ce blog seront donc confiées mercredi et jeudi à Philippe Dibilio et Jean-Paul Schmitt dont je veux remercier la constance et la fidélité. Profitant de ce court voyage en Arménie j’aimerais dire quelques mots aujourd’hui des minorités arméniennes du Djavakhk et de Georgie qui n’ont en règle générale jamais l’honneur de figurer dans les colonnes de la presse internationale.

Fin janvier, dans l’indifférence quasi générale, Vahagn Chakhalyan, le leader de « L’alliance démocratique Djavakhk uni » était traduit devant ses juges géorgiens après six mois d’incarcération. Il était inculpé pour avoir organisé des manifestations en 2006 afin de contester le résultat des élections locales et d’exiger leur invalidation.

En vérité depuis longtemps les autorités géorgiennes marginalisent les minorités arméniennes. Devant le tribunal, Vahagn Chakhalyan a bien entendu dénoncé ces agissements à répétition des autorités géorgiennes visant, selon le leader arménien « à modifier la composition ethnique de la région ». Cette politique de « Géorgisation » vise la pratique de la langue arménienne, le refus d’édifier pour les arméniens du Djavakhk une université et plus généralement de construire en territoire Djavakhk des monastères de l’église géorgienne, des orphelinats ou des prisons géorgiens.

Se revendiquant d’une tradition démocratique, Chakhalyan a également dénoncé devant le tribunal une politique d’arrestation de militants arméniens destinée à provoquer la radicalisation extrémiste de certains secteurs d’un mouvement qui se veut pacifique et qui revendique « des droits linguistiques, d’éducation et religieux pour les arméniens du Djavakhk ».

Aujourd’hui, comme l’a réaffirmé Chakhalyan, le 28 janvier 2009 devant le tribunal, les arméniens du Djavakhk revendiquent « un statut juridique légal à l’église arménienne » et que les églises confisquées pendant la période soviétique puissent être rendues aux autorités de l’église arménienne. Sur le plan linguistique Vahagn Chakhalyan a exigé « la légalisation de la langue arménienne comme langue officielle dans les services administratifs des régions de Samtshe-Djavakhetie et de Tsalka ». Enfin, face à la « géorgisation » de l’université le leader arménien a demandé l’autorisation de créer une université arménienne à Akhalkalak.

Après la terrible crise de l’été 2008 face à la Russie, il serait temps que les autorités de Georgie qui dénoncent les manœuvres de Poutine à leur égard révisent leur comportement à l’égard de leurs propres minorités. C’est une politique indigne pour un pays qui fait tant référence à l’Europe et à sa tradition démocratique.

Lyon, le 17 février 2009

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16/02/2009

L'Etat réformateur est de retour

plaque.jpgOn en sait désormais beaucoup plus sur l’un des dossiers qui agite légitimement le pays, la question des plaques d’immatriculation de nos bagnoles. L’Etat a donc tranché. Le logo officiel de la région de notre choix pourra enfin figurer sur la plaque en compagnie de notre numéro de département. Saluons cette décision de l’Etat, cette capacité à intégrer les récriminations des uns comme des autres, cette qualité d’écoute. C’est évident, mais osons le dire, cette intelligence pratique du gouvernement aurait pu s’exercer sur des dossiers annexes et même subalternes comme les DOM-TOM, le pouvoir d’achat ou la recherche. Cherchant à agir très concrètement mais sur le long-terme et de façon durable, le gouvernement s’est attaqué courageusement et avec succès à l’une de ces questions qui fondent l’identité même de la France, les plaques d’immatriculation. Chapeau !

En effet, n’importe quel gouvernement se serait perdu dans ce dossier délicat qui hante le labyrinthe mental de chacun de nous. Par le dialogue, se mettant en permanence « à la place de l’autre », l’Etat et ses meilleurs serviteurs, s’est offert une sortie par le haut réussissant, tout en respectant les lourdes contraintes de l’Europe, à intégrer les désirs de ces milliers de pays qui composent le notre. Respect !

D’ici le 15 avril, chacun pourra donc boulonner sur son véhicule une plaque blanche avec ses 2 lettres, 3 chiffres, 2 lettres, séparés par 2 tirets, accompagnés à droite, sur fond bleu du logo de sa région et d’un numéro de département. Nickel !

Très fortiche, le gouvernement transforme dans le même temps cette heureuse décision d’une mesure destinée à la relance de l’économie puisque la mesure s’applique aux véhicules neufs. Dès le 16 avril nous serons donc nombreux à acheter une nouvelle voiture histoire d’y apposer de belles plaques. Trop fort !

Toute décision historique étant dépositaire de la force régalienne de l’Etat, le Ministère de l’Intérieur sera en charge de pourchasser les plaisantins qui voudront faire figurer un numéro de département sans relation avec la région choisie. C’est ainsi qu’un Corse sujet à de fortes inclinaisons cinéphiliques ne pourra, en l’honneur des Chti’s, apposer le numéro du Pas-de-Calais. C’est normal !

Dans cette affaire l’autorité de l’Etat se conjugue avec beaucoup de générosité. Fruit d’une concertation inégalée depuis les débuts de la Vème République, les Bretons bénéficieront d’un geste majeur et amical. Ce n’est pas le logo du Conseil Régional qui sera porté sur les plaques mais bien le fameux Gwen Ha Du. Classe !

Passons maintenant au seul point noir de cet important dossier qui risque de ficher un coup de blues à Edouard Balladur le Boss de notre future réforme territoriale. Si jamais l’ancien Premier Ministre voulait fusionner les deux Normandies ou rendre solubles quelques départements dans des régions plus vastes, ça mettrait un sacré désordre. Cela étant, il va bien falloir que Balladur s’y fasse, sa réforme des collectivités ne pèse pas bien lourd face à celle des plaques de bagnoles.

Lyon, le 16 février 2009

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15/02/2009

Roissy, Terminal Bobigny.

air france.jpgLe 16 avril 2008, André Barthélémy, Président de l’association lyonnaise Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme s’est opposé, à bord d’un vol Air France pour Brazzaville, à l’expulsion de deux Congolais. La scène se passe à Roissy et André Barthélémy est en partance pour Brazzaville afin d’effectuer une mission, pour le compte de son association, au sujet de trafics d’enfants.

Dans l’avion, huit policiers encadrent deux hommes menottés qui poussent des cris. Barthélémy, ainsi que d’autres passagers protestent et s’interposent. Les deux africains accompagnés des policiers quittent l’avion. Barthélémy aussi avec également des menottes. Direction les locaux de la police de l’air pour dix heures d’interrogatoire. Vous connaissez la suite, Article 433-10 du code pénal, le président de l’ONG lyonnaise est cité à comparaître jeudi prochain, 19 février, devant le Tribunal de Bobigny. Il encourt une peine maximale de deux mois de prison et 7500 euros d’amende pour cette « incitation à la rébellion ».

André Barthélémy est membre de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH). Paul Bouché, Conseiller d’Etat honoraire et ancien président de la CNCDH accompagnera André Barthélémy à titre de témoin tout comme l’actuel Secrétaire Général de la CNCDH, Monsieur Michel Frost.

Si la semaine prochaine vous croisez du côté du Tribunal de Bobigny, allez apporter votre soutien au Président Barthélémy. Si cela s’avère impossible, signez la pétition sur le site du Réseau Education Sans Frontières http://www.educationsansfrontieres.org.

Pour tout contact, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme 16, avenue Berthelot, 69007 Lyon. Tél 04 37 37 10 11.

Lyon, le 15 février 2009

Photo : DR.

 

14/02/2009

Incubagion

PIL.jpg"Contagion" est le mot de la semaine. Depuis le retour, probablement perdant, du secrétaire Jego du confessionnal de Matignon, on craint la contagion. Rappelez-vous « contagion » était également le maître-mot qui expliquait, il y a plusieurs semaines, les deux pas en arrière de Sarkozy quant à la réforme des lycées avec en arrière-fond les manifestations d’Athènes.

Si j’en crois le Petit Robert, la contagion c’est « la transmission d’une maladie à une personne bien portante ». Force est donc de constater qu’en ce qui concerne les DOM-TOM, comme pour hier notre jeunesse lycéenne, il ne peut s’agir de « contagion » car la transmission de la contestation ne se fait pas d’un corps qui serait contaminé vers des corps sains. En effet aujourd’hui la situation en Guadeloupe n’est en rien, ni pire, ni meilleure que celle des deux autres millions de nos compatriotes qui vivent par exemple à la Martinique ou en Guyane. Même constatation concernant la jeunesse scolarisée, son désenchantement en Sarkoland pouvait, comme le pensait le Président, provoquer des effets comparables à ce qui se passait alors en Grèce.

D’ailleurs, peut-être est-il plus correct au lieu d’évoquer « la contagion » de parler « d’incubation » ? Reportons-nous à nouveau vers le Petit Robert. « L’incubation », nous dit l’ami fidèle de nos difficultés en orthographe, c’est « Le temps qui s’écoule entre l’époque de la contagion et l’apparition des symptômes d’une maladie ». Convenons-en, en lisant cette définition, tout porte à croire que l’on approche non seulement la réalité des DOM-TOM mais aussi celle de l’ensemble du pays. A lire l’indiscrétion parue dans le Canard Enchaîné, le Président de la République, semble partager cette analyse. Que dit Sarkozy à propos du mouvement des chercheurs et universitaires ? « Dans le climat social actuel, on ne peut pas se permettre le luxe d’un mouvement chercheurs-étudiants. Il faut donc composer et vite ! » aurait lancé Sarkozy à Valérie Pécresse rajoutant, « les chercheurs avec leurs manifs ont coûté cher à Raffarin ».

La France incube donc mais le Docteur Sarkozy, pour lutter contre cette sourde maladie, n’a qu’un remède, administrer des médiateurs au pays.

Ils sont aujourd’hui si nombreux qu’ils pourraient prétendre à former un syndicat. Présents à chaque fois qu’un front s’ouvre, les médiateurs, sur ordre, s’occupent de la Guadeloupe, de la réforme des lycées, de la recherche. Mais qu’est-ce qu’un médiateur ? C’est, nous dit toujours « Little Bob », « une personne qui s’entremet pour faciliter un accord ». Si vous voyez pointer à l’horizon un accord concernant les DOM-TOM, la recherche ou les lycées, merci tout de même de prévenir le Président, qui sur l’ensemble de ces questions n’en mène pas large au point d’ordonner hier la création d’un Conseil interministériel de l'Outre-mer.

Lyon, le 14 février 2009

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10/02/2009

Le modèle Dati

dati.jpgLe Nouvel Observateur de la semaine ne fait pas de sa "Une" la promotion de cet artisanat délicat qu'est la dentelle. Il nous fait la promesse, ni plus, ni moins, de nous en dire plus sur "La vraie vie de Rachida Dati" en s'appuyant sur les bonnes feuilles "d'un livre explosif" (sic!), celui de Mickaël Darmon et Yves Derai. Calmons-nous.

Bien entendu quelques anecdotes particulièrement édifiantes aident à brosser le portrait d'une arriviste qui, depuis des années, joue des coudes et de la séduction en réseautant de façon quasi-obsessionnelle. A cet égard, l'anecdote contée par le publicitaire Philippe Lorin qui croise la route de Dati à un moment très pénible de sa vie est un réquisitoire tout comme les rapports de celle que nos deux auteurs nomment "Belle amie" va entretenir avec Albin Chalendon et une kyrielle de seconds couteaux. Dati est donc une ambitieuse doublée d'une opportuniste et la charité la plus élémentaire doit nous interdire de commenter les assassins propos de Hortefeux qui dira de sa collègue "on sait très bien comment elle a progressé, de piston en piston. De ce point de vue, c'est une grande pro. Mais pour le reste, c'est le vide absolue".

Plus essentiel, mais ce n'est pas une révélation, Rachida Dati est avant tout une création, celle de Nicolas Sarkozy mais force est de constater que la créature va slalomer avec talent et efficacité aux confins de la vie privée de celui qui deviendra Président s'assurant ainsi un label de proximité qui fonctionnera comme une rente.

Attirant les objectifs des photographes comme les feux d'une bagnole les insectes dans les nuits les plus noires, Rachida Dati ne quittera plus d'une semelle son mentor à la vie privée si compliquée. Pour ce qui concerne son activité politique, Dati va compenser ses faiblesses en usant de ses capacités de ventriloque - ce qui est après tout la qualité première d'une porte-parole - et en transformant au quotidien son entourage en cercle de larbins provoquant, on s'en souvient, quelques crises dans son cabinet.

Avide de reconnaissance et de réussite, la seule question qui se pose aujourd'hui concernant une Rachida Dati esseulée et sans assise est de savoir si "Belle amie" ne va pas quitter définitivement la scène politique en partant dans cette confortable terre d'exil qu'est Strasbourg. Certains diront que s'interroger de la sorte sur le sort de Dati est sans intérêt. Ce n'est pas si certain. Rachida Dati est, en elle même un modèle de la promotion personnelle. Un modèle d'opportunisme lèche-botte, de carriérisme forcené mais un modèle tout de même.

Plus globalement quelques appareils politiques pratiquent de plus en plus ce mode de promotion qui pourrait rentrer en crise avec la chute de la maison Dati. Paradoxalement dans le même numéro du Nouvel Observateur on évoque, côté PS cette fois-ci, le cas d'une jeune femme, Sibeth N'Diaye, promue récemment au Secrétariat National et qui avait été intégrée en 2003, après tout juste un an d'adhésion, au Conseil National lors du Congrès de Dijon. Fort heureusement la trajectoire empruntée par cette personne semble se situer aux antipodes du modèle décrit plus haut. Manifestement dotée de convictions, d'un sens de l'engagement et de motivations nullement carrièristes, Sibeth N'Diaye, peut compter sur nos encouragements mais aussi nos conseils. Parmi ceux-là, compter sur sa famille et se tenir à distance de ses parrains. Avec un père fondateur du Parti Africain de l'indépendance et aujourd'hui membre du Parti démocratique sénégalais, cette jeune dirigeante socialiste peut envisager avec sérénité la construction de son parcours. Avec Claude Bartolone comme parrain, c'est à elle de voir...

Lyon, le 10 février 2009

Photo:DR

 

09/02/2009

C'est donc ton père ?

jean sarkozy.jpgCitoyens des Hauts-de-Seine, je m'adresse aujourd'hui à vous et en particulier à ceux qui n'auraient pas feuilleté l'Express cet hebdomadaire issu des combats contre la colonisation et qui aujourd'hui joue le rôle de celui de "La Nation" du temps du général.

Dans la même livraison le magazine fait donc le job en ressortant une photo de Ségolène Royal prise au Zénith (Fra-ter-ni-té) et en ouvrant le dossier de l'appartement de Chirac payé par la famille Hariri mais surtout, à grand renfort de promotion et sur huit pages, nous parle de la dynastie Sarkozy et vous parle, amis de Neuilly et des Hauts-de-Seine, de votre prochain Maire et probablement futur président de votre département.

Pour l'Express c'est simple. Jean c'est Nicolas tout craché mais en mieux c'est à dire en moins speedé, c'est Isabelle Balkany qui le dit, en mieux entouré car Jean a un père qui est un "Papa-poule" et en plus poli, c'est le personnel du Conseil Général qui le dit. Bref, en 2014 Jean sera à la Mairie de Neuilly et en 2017, ça c'est moi qui vous le dis, à l'Elysée. La faiblesse de ce dossier c'est que l'Express ne nous dit pas si, entretemps, Jean aura le temps de faire un pilon capable d'être Maire de Neuilly vers 2020 pour devenir Président de la République, si mes comptes sont bons, en 2027. Je sais bien que cela fait rêver.

A propos de rêves, concernant Christophe Barbier, j'ai plutôt une mauvaise nouvelle à lui apprendre car, à force de démontrer une telle efficacité, Nicolas et Jean souhaiteront probablement que l'actuel patron de la rédaction de l'Express demeure aux manettes afin de préparer l'élection du fils de Jean à la Mairie puis à la Présidence de la République. Comme d'ici là, le fils de Pujadas aura rejoint le groupe TF1 et que Duhamel après avoir quitté une première fois RTL aura, via un court labs de temps de dix ans à Europe 1, fêté ses quatre-vingt-douze ans d'éditorialiste sur l'antenne de RT (le L ayant été supprimé par Jean pour que cela ne fasse pas penser à un paradis fiscal), je me dis que la France pourrait être mûre pour entrevoir la possibilité qu'un quatrième Sarkozy de suite accède à l'Elysée vers 2050. De quoi faire définitivement la nique aux Bush et faire rêver l'Express.

Lyon, le 9 février 2009

Information : Lundi prochain, 16 janvier, se tiendront à l'Assemblée Nationale, les assises du piratage. "Libre Acces" un collectif dont Dogmazic et nos amis lyonnais d'Artischaud sont membres organisent quant à eux, quelques jours plus tôt, une saine alternative le 12 février afin de débattre de ces questions. C'est salle Jean Dame 17 rue Leopold Bellan - 75002 (Métro Sentier).

On peut accéder à plus d'informations sur : inscription@libreacces.org. Contacts presse Pauline Valaize, presse@libreacces.org.

photo:DR

08/02/2009

L'Amérique

magazine litteraire.jpgL’élection de Barack Obama a produit un véritable vent de folie dans la presse multipliant numéros spéciaux et éditions parfois inutiles. Parmi les rares publications qui méritent de figurer au tableau d’honneur, « Le Magazine littéraire » devrait combler de satisfaction les amateurs de littérature et les fondus d’Amérique.

Avec son « Roman de la nouvelle Amérique » actuellement au Kiosque, l’équipe de Joseph Macé-Scaron signe un dossier de très belle facture qui avoisine la trentaine de pages. De la question raciale par Percival Everett aux écrivains juifs par Jérôme Charyn en passant par l’interview d’Aliocha Wald Lasowski sur « l’Amérique post-sexuelle » mais aussi le nécessaire Russell Banks qui s’interroge sur la dérive du « rêve américain », la livraison de février du magazine est excellente. Au-delà de rendez-vous avec quelques unes des belles pointures de la littérature d’outre-atlantique, le dossier passe en revue l’Amérique des écrivains. S’y collent, Brice Matthieussent, le traducteur entre-autre de Jim Harrison, Bernard Quiriny qui nous entraîne dans cette littérature qui scripte les banlieues résidentielles sur les pas de Lama Kasischke et John Cheever. A la manette, Minh Tran Huy et Alexis Lacroix coordonnent une somme vivante et informée qui aborde aussi les effets du 11 septembre et bien entendu l’élection de Obama, Gérard de Cortange recueillant les propos de Paul Auster sur « cette percée inouïe ». Avec Daniel Mendelssohn ou Greil Marcus, le lecteur passionné de livres et d’Amérique continuera de se perdre dans un continent littéraire, celui de Pynchon, Toni Morrison et Jay Mc Inerney.

Ce numéro indispensable ne laisse pas pour autant l’actualité de côté. Orwell, Ionesco, Kadaré, Lehane, Sallenave et Bentolila sont également à l’affiche d’une revue qui retrouve depuis quelques temps un admirable tonus toujours au service de l’intelligence tout en étant accessible à tous.

  • « Le Magazine littéraire », N°483, février 2009, 6 euros en kiosque.

Lyon, le 8 février 2009

Photo:DR

05/02/2009

Boulons

boulon.jpgHier était une journée anniversaire. Cela faisait en effet un an que notre Président, l’ami des ouvriers, était venu doper le moral des sidérurgistes de Gandrange alors que Lakshmi Mittal venait d’annoncer la fin prochaine de ses aciéries.

Souvenez-vous, au lendemain de son mariage avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy s’était permis de faire valoir cet humour corrosif qui doit beaucoup plaire dans les Hauts-de-Seine mais moins du côté de la Moselle. « Pour un voyage de noces, Gandrange, il n’y a pas mieux » avait dit le Président histoire d’établir cette proximité qui est nécessaire à qui veut entourlouper ses auditoires.

« Sachez que vous n’êtes pas seuls » avait aussi indiqué, au beau milieu de l’usine, un Sarkozy paternaliste et démagogique assurant aux sidérurgistes qu’il était à leurs côtés et qu’avec ou sans Mittal les investissements allaient arriver.

Il y a un an, Sarkozy avait également juré qu’il reviendrait en avril 2008 faire le point. A Gandrange on inspecte toujours l’horizon pour voir si la Velsatis présidentielle se pointe. De toute façon, disait un syndicaliste dans le JDD du 1er février, « S’il s’avise de revenir, ce n’est plus avec des applaudissements qu’on le recevra mais avec des boulons. Des boulons en acier. Les derniers boulons fabriqués à Gandrange ».

Ce soir on peut imaginer qu’à la télévision, l’ami des ouvriers, le Président Sarkozy, aura une parole, quelques mots pour ceux de Gandrange. Les ouvriers pourront alors se dire que pour un anniversaire comme celui-là, il n’y a pas mieux que de continuer à stocker des boulons. Les derniers boulons de Gandrange.

Lyon, le 5 février 2009

Photo :DR

 
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