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19/05/2009

Bacheloter ?

Roselyne Bachelot.jpgBacheloter : verbe intransitif qui signifie étudier la verve féminine dans le microcosme politique (de Bachelot Roselyne, pharmacienne d’Angers de tendance conservatrice RPR puis UMP, qui fut ministre à plusieurs reprises).

Se dit plus généralement de l’effort qui consiste à trouver des qualités cachées dans toute déclaration politique davantage tournée vers la communication que vers l’action.

Je bachelote et je remplis des « fiches de pompe ». Sur mes fiches, colonne des points négatifs, j’avais déjà noté les révélations de dame Roselyne concernant la surdité d’un ancien chef d’État (elle aurait eu un éclat coquin dans les yeux en confiant ce secret d’État aux journalistes). Bon, j’avais trouvé cela beaucoup moins méchant que les confidences « off » qui qualifiaient un prédécesseur de roi fainéant. J’avais noté aussi, dans la même colonne, mais avec hésitation, son « garez votre voiture à l’ombre » adressé aux petits vieux pendant la canicule de l’été 2003 : une action autrement plus rapide à mettre en œuvre que la climatisation dans les maisons de retraite. J’avais eu également une hésitation au moment de noter, dans la colonne des points positifs cette fois, une certaine spontanéité et une certaine franchise, mais tout de suite après avoir écrit le mot « franchise », j’ai sorti ma gomme jugeant que les franchises médicales ne méritaient pas un tel classement. J’étais en train d’annoter la décidément longue colonne des passifs avec sa loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), tout en me reprochant in petto d’être par trop partial, lorsque j’ai eu connaissance de sa toute dernière déclaration concernant les transsexuels. Enfin me suis-je dit ! Voilà de quoi positiver un peu. Ne venait-elle pas de déclarer, à la veille de la Journée mondiale contre l’homophobie, qu’elle allait saisir la Haute Autorité de Santé « afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée ». Vingt-huit ans après que Robert Badinter a fait sortir l’homosexualité du code pénal, Roselyne fait sortir la transsexualité de la psychiatrie.

Du coup, j’ai repris espoir et j’ai poursuivi un tout petit peu plus avant le bachelotage que je vous livre ici et j’ai rajouté trois autres points positifs : 1) dès 1998, Roselyne avait eu le courage d’affronter les membres de son groupe à l’Assemblée en faveur du PACS, 2) Roselyne est favorable au mariage gay 3) Roselyne est favorable à l’adoption par les couples homosexuels.

J’ai encore beaucoup de questions en suspens :

> pourquoi Roselyne fait-elle une loi HPST si sotte et a-t-elle des points de vue si intelligents parfois sur notre société ?

> pourquoi reste-t-il autant de personne ignares – fussent-elles des autorités morales ou religieuses en vue – qui persistent à ranger dans les déviances des vies minoritaires différentes ?

Jean-Paul Schmitt

14/05/2009

Malheurs

tf1.jpgFrançois Bayrou est « colère ». Il est interdit, semble-t-il définitivement, de journal télévisé sur TF1 pour promouvoir son livre. Les téléspectateurs de la première chaîne ne vont donc rien savoir de son bouquin qui dit tant de mal de Nicolas Sarkozy. A ceux d’ailleurs qui pensent que le béarnais n’est pas dans l’opposition, je leur suggère de méditer cette anecdote, mais revenons à Bayrou. Il est toujours amusant de voir un type qui a passé l’essentiel de sa carrière à naviguer dans les eaux territoriales contrôlées par le RPR s’apercevoir à plus de 50 ans que ses anciens amis sont des brutes en politique.

Je ne sais si l’information fait plaisir à François Bayrou mais TF1 est en train de souffrir. La chaîne connait en effet une chute de 30% de ses recettes publicitaires au premier trimestre 2009. Comme le dit Le Figaro, on l’imagine la larme à l’œil, « La télévision paie un lourd tribut à la crise ».

Le malheur des uns faisant souvent le bonheur des autres, alors que TF1 paie son tribut, les chaînes de la TNT pètent la forme. Du coup les malheurs de Martin Bouygues pourraient faire le bonheur de Bolloré et il n’en faut pas plus pour alimenter la rumeur Bouygues Martin, l’ami de Nicolas, pourrait larguer la télé au bénéfice du nucléaire et Bolloré, l’autre ami de Nicolas, pourraient donc récupérer la « Une ».

Vous me direz, et vous aurez raison, tout cela ne changera rien au sort de François Bayrou. Maintenant qu’il est dans l’opposition le leader du Modem pourra toujours se gratter pour accéder au plateau de TF1, car Bouygues ou Bolloré, le boss de TF1 sera toujours Nicolas Sarkozy.

Lyon, le 14 mai 2009.

12/05/2009

Punition

cravache.jpgSarkozy et son gouvernement auraient-ils décidé de punir Lyon et son agglomération ? La question mérite d’être posée au regard de quelques faits récents.

Il y a eu, tout d’abord, le revirement inacceptable de la ministre de l’intérieur sur le projet de caserne de gendarmerie à Sathonay Camp. Un projet travaillé et pour lequel le Grand Lyon a engagé financement et travaux, de voirie en particuliers. Un projet bouclé par un groupement d’entreprises qui y a investi des sommes respectables et du travail de préparation au détriment d’autres marchés et qui se retrouve maintenant le bec dans l’eau.

Puis est tombée l’annonce de la participation financière de l’état aux transports de l’agglomération : 28 millions pour le Sytral contre 21 milliards pour Paris, soit environ 1000 fois moins et de toute façon un montant en baisse par rapport aux prévisions. Deux dossiers qui interrogent sur la validité du « plan de relance » du gouvernement qui passe ainsi à coté de chantiers prêt à partir.

On peut en tout cas s’interroger sur de telles décisions, Lyon serait-il devenu un territoire oublié du gouvernement ou bien veut-on punir cette ville qui s’est installée à gauche ? Il serait à ce propos intéressant de savoir ce qu’en pense François Noël Buffet, parlementaire en charge du suivi de l’application du plan de relance en Rhône-Alpes, à moins qu’il ne se sente plus concerné en matière de transports maintenant que les travaux du métro à Oullins sont engagés. Certes il n’y aurait rien d’extraordinaire à tout cela lorsque l’on regarde la pratique politicienne d’un Sarkozy toujours à l’affût d’un petit coup tordu pour déstabiliser son opposition. Sans aller jusqu’à penser que le Philippe Cochet soit derrière la manœuvre car il se dit que depuis l’épisode de la mayonnaise qu’il a monté autour des deux œufs lancés sur la caravane UMP lors de son passage place Bellecour sa côte a sensiblement baissée auprès d’un Xavier Bertrand qu’il a engagé dans cette manip médiatique dont le secrétaire général du parti sarkozyste a eu du mal à se sortir.

Mais l’on ne peut exclure que cette volonté de nuire à l’agglomération ne cache l’idée de gêner Gérard Collomb dans la réalisation de son mandat et ce en vue des prochaines échéances. C’est en tout cas bien à la mesure d’une opposition locale qui peine à se trouver un angle d’attaque et qui ne joue en fait que de son pouvoir de nuisance comme elle le fait déjà à propos du Grand Stade à Décines.

Philippe Dibilio

11/05/2009

Réalistes

Tout va décidemment bien pour Alain Marleix le charcutier-traiteur du gouvernement. Il vient de transmettre sa copie à son ami Yves Guena qui devrait confirmer, en tant que sage parmi les sages, que la découpe de la carte électorale est parfaite. Parfaite car la gauche devrait avec certitude y perdre quelques plumes, au bas mot une douzaine de circonscriptions. Bruno Le Roux, le député socialiste de Seine-Saint-Denis estime même qu’en fonction de ce nouveau tripatouillage il faudrait que l’opposition obtienne 51,2% pour espérer l’emporter en sièges. En attendant le plan de découpe de Marleix est invisible puisque il a été transmis à Guena de façon confidentielle afin que le sage puisse, je cite, « travailler en dehors de toute pression ».

Parmi des dizaines, une circonscription devrait quitter le giron de la gauche, c’est celle d’Arcachon, perdue par l’UMP lors d’une législative partielle il y a quelques mois. Après le charcutage de Marleix elle devrait revenir dans l’escarcelle UMPiste en couvrant le pourtour de ce bassin si cher à Nicolas Sarkozy. Bénéficiaire de l’opération le Secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte qui pourrait ainsi se recaser dans le cas de figure où le conte de fée gouvernemental prendrait fin. Histoire de se mettre en jambes, Laporte serait désigné candidat aux régionales sur la liste que pourrait conduire Xavier Darcos l’an prochain.

Laporte justement était au Stade de France samedi soir, niché dans la pénombre, laissant ainsi dans la lumière sa Ministre de tutelle trôner à côté d’un Nicolas Sarkozy contraint et forcé de venir assister à la finale bretonne de la coupe. Le Président est donc passé par Saint-Denis samedi mais, comme tout le monde l’a remarqué, il s’est abstenu de descendre sur la pelouse avant le coup d’envoi afin, comme l’exige pourtant la tradition, de se faire présenter les équipes.

Réaliste le Président !

PS: Demain, dans le cadre de la campagne des européennes aura lieu un meeting en présence des candidats de la liste de Sud-Est

Europeennes Meeting 12 mai 2009.jpg

09/05/2009

A la relance

grues.jpgVient d’arriver dans l’agglomération lyonnaise une de ces mésaventures porteuses de sens. Alors que la commune de Sathonay-Camp devait accueillir le siège régional de la gendarmerie sur un site appartenant à La Défense, une heure avant la signature définitive entre le représentant de l’Etat et le Responsable du Consortium en charge de la construction, un fax arrive dans les bureaux de l’entreprise choisie : « Rendez-vous annulé ». Motif invoqué désormais par le gouvernement, « l’opération n’est plus retenue ».

La chose pourrait apparaître comme cocasse puisque c’est la Ministre Alliot-Marie, jadis en charge de la Défense et donc de la gendarmerie qui avait donné le feu vert à une telle opération. Depuis, vous le savez, la même Alliot-Marie est devenue Ministre de l’Intérieur avec une compétence nouvelle sur la gendarmerie et c’est elle qui au dernier moment vient de renvoyer gendarmes, élus et entrepreneurs dans une mouise sans nom.

En effet, l’entreprise retenue pour édifier le siège dans cette commune du « Grand Lyon » était à la tête, pour l’occasion, d’un groupement constitué de constructeurs, architectes et bureaux d’études.

Dans la nécessaire phase d’études du projet pas moins de 10 M d’euros avaient été engagés en études pour un chantier comprenant six bâtiments et 422 logements. Depuis le Fax assassin, il ne reste plus que les yeux pour pleurer aux opérateurs de ce projet qui, d’après les milieux de la construction, représentait 400 emplois à temps plein sans compter ceux induits. La Communauté Urbaine quant à elle qui avait conduit les études nécessaires peut désormais classer un dossier qui devrait prendre le chemin des oubliettes.

Alors que le gouvernement ne cesse de palabrer sur son « plan de relance », que le Ministre Devedjian parade et que le Sénateur UMP local désigné pour occuper le très honorifique poste d’ « Ambassadeur pour les régions Bourgogne et Rhône-Alpes » (Sic !) regarde ses chaussures, il ne reste plus aux élus locaux et entrepreneurs qu’à méditer sur la façon dont on s’occupe aujourd’hui du pays.

Je vous le disais cette mésaventure a du sens. Elle en dit probablement beaucoup sur la capacité du gouvernement à naviguer dans cette crise. Plus sûrement à indiquer, qu’au-delà de l’incompétence, le mépris est sa deuxième nature.

Lyon, le 9 mai 2009.

05/05/2009

Cinco de mayo

1er mai lyon.jpgLe mois de mai est joli dans nos mémoires.

Mois de Marie pour d’anciens enfants de choeur et petites filles aux bas blancs. Adolescents chanteurs de mai ivres de printemps et courant les campagnes pour troquer leur goualante contre quelques piécettes ou un bout de saucisson et du vin. Mois de soulèvement pour les naïfs amoureux de ces plages de liberté que nous cherchions sous les pavés. Mois de défilés et de muguets cueillis sous les hêtres en bottes parfumées. Mois d’avènement aux liesses populaires colorées de roses rouges, place de la Bastille. Mois aux ponts multiples qui réjouissent les salariés au grand dam de leur patron. Mois de transition avant les grandes chaleurs qui suffoquent. Mois de dangers aussi, parfois comme ce Tres de Mayo de Goya aux couleurs de nuit.

Dans ce mai où les dates célèbres abondent, le 5 tient sa place :

> 5 mai 2009, la France est UMP, l’opposition est malade et sans pouvoir ; à Nîmes, le président de la république - dixit Barnier -« va donner le ton et présenter le projet » de l’UMP pour les élections européennes. Devant les affiches qui plagient Obama avec un « Quand l’Europe veut, l’Europe peut », les licenciés chantent l’Internationale pour oublier…
> 5 mai 2002, la gauche est KO debout. Hormis Lutte Ouvrière qui refuse de donner consigne, on vient de voter Chirac au deuxième tour de l’élection présidentielle ; à défaut d’un projet d’union nationale, la France aura Raffarin comme cocher…
> 5mai 1930, Gandhi le désobéissant est arrêté dans la nuit ; le non-violent déclare que son poing peut bien être brisé, le sel qu’il tient ne sera pas rendu volontairement. Il aura bientôt raison du colonisateur …
> 5 mai 1821, Napoléon meurt à saint Hélène. Un jour prochain, celui qu’Hugo appellera Napoléon le Petit lui succédera. L’histoire bégaye…
> 5 mai 1789 (juillet est proche), ouverture des états généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles ; on conviendra que cette date marque le début de la Révolution française…

    Choix arbitraire et de mauvaise foi de cinco de mayo, quand la grippe sévit pour nous faire oublier la crise ? Oui. Cinq fois oui.

    C’est le mai, le beau mai. C’est le joli mois de mai.

    Jean-Paul Schmitt

    04/05/2009

    Aeronef

    nrc-t33-lr.jpgLe 15 février dernier, j’attirais votre attention sur le sort de André Barthelemy le président de l’ONG « Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme » qui était traduit devant le tribunal de Bobigny pour s’être opposé, à bord d’un vol Air France pour Brazzaville, contre la reconduite à la frontière de deux Congolais. Vous allez me dire que je me réveille un peu tardivement, mais mieux vaut tard que jamais, sachez que André Barthelemy a été condamné pour « Entrave à la circulation d’un aeronef », à 1500 euros d’amende par la 14ème chambre correctionnelle de Bobigny ce qui témoigne, à l’évidence, d’une volonté affirmée d’intimider celles et ceux qui, à bord d’un avion en partance pour l’Afrique, auraient la malheureuse idée de faire valoir leur indignation et leurs convictions en pareille circonstance.

    André Barthelemy ne souhaite pas, vous l’imaginez, en rester là. C’est donc en appel, devant la Cour de Paris, que va se jouer d’ici quelques semaines le sort du président d’ »Agir ensemble pour les Droits de l’Homme ».

    Si vous n’avez pas encore fait valoir votre soutien à Barthelemy, il est encore possible de signer la pétition en attendant que la Cour d’Appel de Paris ne tranche.

    Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme

    16, avenue Berthelot, 69007 Lyon

    Tel 04 37 37 10 11 et communication@aedh.org

    Quelques mots enfin pour parler, non pas de l’aeronef mais du chef d’escadrille. Jeudi dernier, ici même, j’indiquais qu’en s’en prenant à cette pauvre Princesse de Clèves, le Président Sarkozy n’avait pesé en rien sur les ventes de ce bouquin. Rien n’est plus inexact, car, si j’en crois « Marianne », en mettant en doute le fait d’étudier la Princesse de Clèves en classe, Sarkozy a fait œuvre utile. Il semble qu’en réaction aux propos présidentiels les Français se replongent dans « la Princesse ». C’est ainsi qu’Hatier annonce des hausses de 40%, pocket un doublement des ventes et le livre de poche une multiplication par trois. Il faut dire que certains profs outrés par les propos du locataire de l’Elysée assurent le come-back de « la Princesse » en inscrivant le texte sur les listes du bac de français.

    Merci donc à notre Président d’assurer la promotion de la culture classique. S’il lui venait à l’idée de lire lui-même ce bouquin n’hésitez pas à lui dire qu’il n’est en aucune façon en vente exclusive aux « Galeries Lafayette ».

    02/05/2009

    Erevan en campagne

    104px-Coat_of_Arms_of_Armenia.svg.pngC’est aujourd’hui 2 mai que s’ouvre officiellement la campagne pour l’élection municipale de Erevan, le scrutin étant fixé au 31 mai prochain. La chose peut apparaître comme tout à fait banale vu d’ici mais l’évènement est particulièrement important dans l’histoire de la jeune République d’Arménie puisque il s’agit d’une première.

    En effet jusqu’ici, le Maire de Erevan était désigné par le pouvoir central. C’était une sorte de « Préfet-municipal » qui exerçait son action sur une agglomération regroupant la moitié de la population du pays. Avec la refonte du statut municipal de la capitale et l’élection, au suffrage universel, du conseil municipal qui devra par la suite désigner son Maire, l’Arménie est sur le point de négocier un virage démocratique important.

    A la tête de la liste du Parti Républicain, l’actuel Maire, Gaguik Beglarian, tout juste nommé par le pouvoir central fait figure de favori mais la candidature de Levon Ter Pétrossian (Congrès national arménien) s’affiche clairement comme la revanche des élections présidentielles de 2008 en indiquant que l’élection municipale est « une occasion de changer le système dictatorial existant » (Sic !).

    Cette échéance qui s’annonçait comme une formalité visant à conforter la victoire présidentielle du Parti Républicain est entrain de prendre des contours plus politiques puisque Levon Ter Pétrosian n’est autre que l’ancien président de la république battu en 2008. Son parti annonce d’ailleurs que sa campagne sera très active avec des manifestations sachant que nombre des anciens collaborateurs de Ter Pétrosian sont encore en prison.

    Premier test électoral grandeur nature après l’élection présidentielle de 2008, il n’est malheureusement pas certain que les enjeux proprement municipaux émergent dans le mois qui s’annonce et que le quotidien des habitants de Erevan qui demeurent aux prises avec de grandes difficultés fasse l’objet d’un débat de fond.

    Lyon, le 2 mai 2009.

    27/04/2009

    Complot

    Anarchy in the UK.JPGLa sombre affaire de l’arrestation de Tarnac continue de prospérer selon manifestement les souhaits des autorités. D’après « Libération », un document à caractère compilatoire faisant état des livres contenus dans la bibliothèque de Julien Coupat et ses amis vient d’être joint au dossier après un épluchage méthodique par les services de police. Parmi les bouquins qui figurent sur la liste constituée par les policiers on trouve bien entendu des auteurs inspirateurs de l’ultra-gauche comme Toni Negri ou Bobanno mais aussi « Anarchie au Royaume-Uni » de Nick Cohn un livre disponible en poche dans toutes les bonnes librairies du pays (Editions de l’Olivier) et qui est une sorte de reportage du célèbre écrivain à l’écriture « rock and roll » qui, du point de vue de notre police qui manifestement l’ignorait, a le grand tort de prendre pour titre la célèbre chanson des Sex Pistols, « Anarchy in the UK ».

    La déstabilisation concertée de notre société se nichant à l’évidence entre les lignes de n’importe quel bouquin, je suggère que les mêmes services retournent à Tarmac pour, cette fois-ci, passer au peigne fin la discothèque de Coupat. Afin que nos fonctionnaires ne perdent pas inutilement leur temps, je dresse aujourd’hui la liste des brûlots qui, s’ils se trouvaient dans la maison en question, accréditeraient encore plus la thèse d’un complot généralisé.

    Passons tout d’abord rapidement sur les œuvres des Sex Pistols, Clash, Rage Against the Machine, Noir Désir, Berurier Noir qui sont de toute évidence la bande-son des soulèvements qui se préparent. A ceux là il conviendra d’associer quelques chanteurs de « l’Anti-France » comme le chevelu Léo Ferré (« Les anarchistes », « l’affiche rouge »…), Jean Ferrat (« Potemkine »), Michel Fugain (« Le chiffon rouge ») et même cette sainte-nitouche de Stéphanie de Monaco (« Comme un ouragan »).

    Même si l’on ajoute à cette première liste quelques professionnels de la provocation comme Marilyn Manson, Renaud et même Jean-Jacques Goldman qui a produit, rappelons-le un album intitulé « Rouge », il convient de ne pas laisser passer à travers les mailles de notre filet quelques manipulateurs qui, tapis dans l’ombre, l’air de ne pas y toucher, sont en vérité une malédiction. Au premier rang de ceux là il y a bien entendu Johnny Hallyday qui, non content d’avoir soutenu le mode de vie des hippies à la fin des années soixante à prôné avec « Noir c’est Noir » la révolution internationale anarchiste.

    Même constatation pour Mademoiselle Mas (« En rouge et Noir »), la grecque Mouskouri (« Les rubans rouges ») ou Barbara (« l’Aigle Noir ») qui bien qu’étant toutes disparues n’en demeurent pas moins des agents actifs du complot.

    N’ayant pas vocation à être un auxiliaire de police je voudrais limiter ce billet d’aujourd’hui à quelques conseils. J’attire donc l’attention des services concernés sur deux chanteurs pas très clairs. Le premier est noir, il s’appelle Harry Belafonte et chante depuis des années une ritournelle suave pour le compte d’un groupuscule particulièrement actif portant le nom de guene de « Carte Noire ». Le deuxième cas est encore plus dangereux et démontre que ces gens là ne respectent rien. Il s’agit du chanteur C. Jérôme et du titre « Le petit chaperon rouge est mort » si d’aventure nos policiers découvraient le CD en question, planqué dans la discothèque de Coupat, preuve serait définitivement faite de la culpabilité de ceux de Tarnac.

    Lyon, le 27 avril 2009.

    24/04/2009

    24 avril

    peter-gabriel854_MainPicture.jpgComme chaque 24 avril, la journée d’aujourd’hui est consacrée de part le monde à rendre hommage aux victimes du génocide des arméniens. Alors que grâce à l’action de franges de plus en plus élargies d’intellectuels et démocrates turcs la question de la reconnaissance du génocide des arméniens s’impose dans le débat public on mesure l’importance des manifestations qui visent à exiger une telle reconnaissance et la dénonciation de la négation.

    Pour des raisons stratégiques, en apportant son soutien sans réserve à l’actuel gouvernement turc, le Président Obama semble avoir fait le choix, comme ses prédécesseurs, de passer par perte et profit le génocide de 1915. En recommandant que l’Europe fasse de l’intégration de la Turquie au sein de l’Union une question prioritaire, Obama n’est en rien, contrairement à ce que pensent Sarkozy et Villiers, en dehors de son rôle mais le nouveau Président américain aurait été particulièrement inspiré d’assortir son point de vue de quelques conditions liées à la démocratie, à la condition de la femme, à la place des minorités mais aussi, car c’est incontournable, à la reconnaissance du génocide des arméniens.

    Comme chaque année, je m’efforce de faire valoir le point de vue de certains « Grands anciens » comme Jean Jaurès ou Justin Godard pour démontrer que cette « question arménienne » doit continuer à s’imposer y compris quand les grands de ce monde ne souhaitent pas l’inviter.

    Assez récemment, le bi-mensuel « France-Arménie » se faisait l’écho des propos de Peter Gabriel quant à la reconnaissance du génocide. Voici l’essentiel d’une déclaration tout à fait en adéquation avec l’ensemble des combats menés jusqu’ici par l’ancien leader de Genesis.

    « Lorsque j’ai composé la musique pour La Dernière tentation du Christ, j’ai découvert l’un des instruments les plus émouvants : le doudouk arménien. Je suis ensuite allé en Arménie à l’occasion de l’anniversaire du joueur de doudouk Djivan Kasparyan. Nous avons visité le Mémorial du Génocide consacré à plus d’un million d’Arméniens morts en 1915 » […] « Les Turcs nient le Génocide arménien et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne l’ont pas reconnu mais j’espère qu’ils vont le faire. Il faut en parler afin que les Turcs acceptent les évènements du passé pour se libérer et avancer ».

    Peter Gabriel

    Lyon, le 24 avril 2009.

    Photo: DR

    23/04/2009

    Thermomètre

    342px-Thermometre_fievre.svg.pngDans six semaines nous voterons pour les élections au Parlement Européen. Si vous retirez les ponts et les week-ends qui viendront de façon salutaire apporter un peu d’air frais dans la vie compliquée des Français c’est une campagne de tout juste une petite trentaine de jours qui s’annonce. Trente jours pour convaincre plus de 65% des Français de se déplacer pour voter. On voit bien que l’objectif est inaténiable, surréaliste si l’on considère l’état de l’opinion dans un certain nombre d’autres Etats Européens.

    C’est ainsi que selon le sondage « Eurobaromètre », seulement 17% des Polonais entendent, pour l’instant, aller déposer un bulletin dans l’urne le 7 juin prochain. Certains diront que la chose est bien normale tant les Polonais ont des rapports très compliqués à l’Union. Admettons mais prenons la Grande-Bretagne avec 22%, l’Autriche avec 21%, le Portugal (24%), la Slovénie (25%) ou la République Tchèque (26%), les projections sont tout aussi catastrophiques.

    Ces chiffres traduisent un véritable problème des européens à l’égard de l’Europe. Plus globalement, seulement 44% des européens indiquent s’intéresser à l’élection et ils sont 16% à connaître la date même du scrutin. Pire, 64% sont ignorants du rôle du Parlement et en guise de pompon 54% du corps électoral sait que les Euros-députés sont élus au suffrage universel.

    Ce sondage à vous mettre le moral dans les chaussettes tente de livrer quelques explications à ce désarroi. A plus de soixante pour cent, les sondés estiment que voter ne changera rien à leur situation et ils sont 55% à penser que le Parlement ne s’occupe pas de leur vie quotidienne. Crise oblige, les Européens affirment ne s’intéresser qu’à une seule chose, le chômage, et des thématiques comme l’énergie, la sécurité, le climat et même les retraites les laissent de marbre.

    A une poignée de semaines de ce scrutin défiance et désintérêt se mélangent donc pour fonder une très certaine abstention qui risque de se révéler comme la grande conclusion politique de ces élections 2009. Parlement Européen, Commission et même la Banque Centrale pourtant demeurée active pendant la crise, semblent emportés par ce qui sera peut-être un véritable tsunami politique. Il conviendrait peut-être que ceux qui se sont tant chamaillés pour figurer sur les listes de leurs partis respectifs retroussent rapidement leurs manches.

    Lyon, le 23 avril 2009.

    22/04/2009

    Décomplexés

    president-republique1.jpg?w=197&h=159Nicolas Sarkozy avait inauguré ce style pendant la campagne présidentielle durant laquelle il est apparu comme un ultra-libéral décomplexé. Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui d’agir comme un interventionniste d’Etat tout aussi décomplexé. Car au fond tout désormais en politique est dans la manière.

    Ce nouveau statut permet en tout cas aux électrons libres d’occuper le terrain au détriment des formations politiques engluées dans les jeux d’appareil ou d’obéissance au chef. Les derniers jours nous ont montré en effet, combien la parole libre était à la mode. Dernier exemple en date un Dominique de Villepin qui nous annonce une situation révolutionnaire dans le pays. Voilà un sacré contre pied de la part de ce gaulliste affiché. Pourtant il le fait de manière si décomplexée que ça le rendrait presque crédible.

    Ségolène Royal de son coté nous a quasiment habituée à des propos autant libérés que décalés. Dommage quand même que sa deuxième demande de pardon estompe la première autrement plus forte. Quant à François Bayrou lui aussi il affiche des positions bien « gauchistes » au regard de l’histoire de la famille centriste dont il est l’héritier. Et pendant ce temps là leurs formations politiques respectives, sauf peut-être pour Bayrou que ses troupes suivent, sont empêtrées dans des propos politiques tellement traditionnels qu’ils en deviennent ringards.

    Ainsi l’UMP dont la seule vocation est de relayer les frasques du président de la République avec plus ou moins de goût et même plutôt moins que plus. Coté PS on n’est pas mieux loti car à vouloir composer entre tous, y compris un DSK qui affirme que les états n’ont pas encore assez donné aux banques pour « nettoyer » le crédit des produits toxiques qu’elles ont elles même crées, on ne dégage plus qu’un discours aseptisé. Bref, il faudra peut-être s’y faire l’heure est au discours décomplexé et ce sont ceux qui le portent qui se retrouveront demain sur le devant de la scène pour l’élection présidentielle.

    Philippe Dibilio

    20/04/2009

    Ouf !

    mille-feuilles.jpgOuf, plus que cinq ou six mois et la crise sera derrière nous. Cela faisait plusieurs semaines que le Figaro, l’organe officiel de l’optimisme français, nous en parlait, maintenant le pronostic se généralise et c’est tant mieux. D’ailleurs il y a des choses qui ne trompent pas. A voir comment David Pujadas positive sur « La France qui gagne » est la preuve évidente que l’on souhaite nous préparer à cette issue favorable que la plupart des Français refusent encore. Complètement intoxiqué par des péripéties comme Caterpillar, Continental, Sony ou Mittal notre pauvre pays résiste à l’évidence alors qu’il n’existe pas un seul jour que Dieu fasse sans que Madame Lagarde annonce des jours meilleurs. Vous qui demeurez des lecteurs informés de ce blog et de bien d’autres vous le savez. La reprise va se situer entre la fin 2009 et le début 2010. Trichet et DSK l’ont dit et face à ce mur d’incompréhension un nouvel indice a été proposé par certains médias. La pâtisserie Holder, située dans le bon village de la Loupe en Eure-et-Loir, bien connue pour la qualité paraît-il remarquable de son mille-feuille. Ce pâtissier a en effet constaté une augmentation des ventes de son gâteau pendant les fêtes de Pâques, signe cette fois-ci incontestable d’un regain de désir de consommation et d’un optimisme retrouvé.

    A ceux qui douteraient que la crise puisse être en passe d’être derrière nous, je conseille, afin de faire appel à de véritables indicateurs économiques fiables, de prendre régulièrement contact avec la pâtisserie Holder afin de vérifier, par eux-mêmes, la réalité de cette sortie de crise. Je leur propose donc de joindre, courant juin, cette « pâtisserie-étalon » afin de mesurer les ventes de pièces-montées, juin rappelons-le, étant le mois des communions et des mariages. Même opération cette fois-ci aux alentours du 15 août car il serait désespérant que pour la fête de Marie le mille-feuille ne décolle pas chez Holder à moins de quatre mois de la fin de la crise. La dernière vague destinée à évaluer « l’indice Holder de fin de crise » se situera bien entendu pendant la trêve des confiseurs en prenant comme produit de référence la célèbre bûche de Noël. Les plus obtus pourront effectuer une ultime mesure au cours de la première semaine de janvier 2009 afin de constater que la galette des Rois part comme des petits pains.

    D’après mes calculs, aux alentours du 15 janvier, Monsieur Holder devrait être pété de thunes et sa boutique mise en vente, notre futur prix Nobel d’Economie étant en passe de terminer sa vie aux bords des plages paradisiaques de l’Ile Maurice ou de Cancun.

    Elle est pas belle la sortie de crise ?

    Lyon, le 20 avril 2009.

    15/04/2009

    Bonnes feuilles

    J’ai lu cette semaine dans « Siné Hebdo » ; et oui je me suis abonné à cette feuille satirique sans prétentions en réaction à la charge effrénée de ces biens pensants de « gôche » contre le vieil anarchiste tellement inoffensif que ça me le rend sympathique. Des « biens pensants » au sommet du politiquement corrects et qui vont tous finir chez Sarkozy.

    J’ai donc lu dans cette hebdomadaire une interview saisissante de Susan George, présidente d’honneur d’ATTAC-France et, entre autre experte des institutions internationales. Par des phrases aussi simples que percutentes cette intellectuelle remarquable ouvre des pistes sur les grands sujets internationaux avec en filigrane l’idée selon laquelle seule des actions coordonnées à l’échelle mondiale permettront de changer la donne sur notre bonne vieille planète. En la lisant me revenait à l’esprit les prévisions lancées dans les années soixante par René Dumont sur le terrain de l’écologie et que nous avons doctement ignorées considérant qu’il prêchait dans le désert ; on connaît la suite. Quel plaisir en tout cas que ces phrases simples qui parlent à tout le monde de chose essentielles.

    Quel contraste avec ce langage politique codé et parfois même abscons comme si on voulait absolument le réserver à une élite. Du retour dans l’O TAN elle montre qu’il s’agît là d’un moyen de pousser à l’augmentation des dépenses d’armement. Du G20 elle dit qu’il y a tout pour le commerce et rien pour l’alimentaire ;que l’on va verser des centaines de milliards de dollars au FMI qui les prêtera aux pays en difficulté. Or, ajoute-t-elle, des chercheurs du Massachusetts ont découvert dans les années soixante dix que pendant trente ans des dirigeants africains avaient transféré 420 milliards de dollars dans différents paradis fiscaux ce qui avec les intérêts représente 600 milliards et dont 60% retournaient vers le Nord.

    Dès lors il y a deux solutions soit le FMI ne savait pas et il est incompétent, soit il savait et il était complice. Quant à l’Afghanistan elle affirme non sans raisons que l’on,n’y résoudra rien par la guerre ni le terrorisme ni le narco-trafic qui s ‘alimentent d’ailleurs. Aussi elle s’interroge sur l’idée de vendre les différentes drogues dans des officines publiques médicalisées tenues par du personnel en blouse blanche car cela aurait l’avantage de casser les circuits de distribution et de résoudre de nombreux problèmes sociaux en contrôlant les prix ainsi que la qualité des produits. Une méthode que les Etats Unis ont éprouvée dans les années vingt en abolissant la prohibition sur l’alcool. Et d’autres propos de bon sens suivent concernant la faim dans le monde, les OGM ou le levier que représente l’économie verte.

    A la lecture de ces lignes je me demande encore comment est-il possible qu’un dialogue sérieux et constructif ne s’instaure pas entre la gauche et des personnalités de ce niveau et de cette fraîcheur, pourquoi une telle barrière demeure entre ceux que l’on nomme les alter mondialistes et la gauche ? Comme Susan George j’aimerais, à mon modeste niveau, voir un vrai front de gauche large et solidaire faire vivre une unité indispensable dans des temps aussi graves. Un front de gauche créatif qui travaille avec des experts autres que ceux au service des gouvernements libéraux en place aujourd’hui ou des think task à la mode. Des gens comme Susan George.

    Philippe Dibilio

    14/04/2009

    L’abeille et l’archiVert.

    Cohn Bendit abeille.jpg« Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre ».

    Daniel Cohn-Bendit, tête de liste des Verts aux prochaines élections européennes, recycle l’image dans son dernier livre « Que faire ? ».

    Il attribue la métaphore à Einstein. C’est paraît-il sujet à caution et il n’est pas sûr que le cher Albert à la langue bien pendue ait effectivement affirmé cela...

    Voyons les arguments en faveur de la thèse.

    Il n’y aurait donc plus de miel à vendre dans nos échoppes ?

    Mais, fussent-ils quelque peu ours, les humains ne vivent pas que de cette pitance sucrée dont ils surent tôt faire de l’hydromel pour oublier leur dure condition.

    Les humains disparaîtraient ?

    Les Inuits – éminents humains aux traditions fortes et froides - n’ont que faire de la pollinisation.

    Peu importe ces arguties me direz-vous. Avec raison.

    Certes, les abeilles permettent la reproduction de plus de vingt mille espèces de plantes. Difficile aux bêtes et, partant, aux hommes de se nourrir si une telle reproduction s’arrêtait. La disparition de la petite bestiole qui était sur terre bien avant nous causerait un très grave déséquilibre de la chaîne de la vie. Mais, comme le dit fort justement Dany le Vert, la métaphore d’Einstein nous entraîne au-delà des alertes que les abeilles nous lancent par apiculteurs et chercheurs interposés.

    Mettre en réseau les intelligences est une pollinisation aussi incommensurable qu’essentielle. La dissémination du savoir peut allier les chercheurs, les artisans, les ingénieurs et faire que des initiatives individuelles fabriquent du collectif. Encore que, comme le dit Edgar Morin, tout ce qui est compartimenté résiste à la pollinisation ; les idées se répandent comme des pollens, mais ne germent que sur des terrains fertiles.

    Jean-Paul Schmitt

     
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