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18/09/2009

Sport where ?

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgSi ce premier débat devait être un sport, cela ne serait sûrement pas de la boxe, même pas du fleuret moucheté, encore moins du ping-pong.

Quelque chose entre le curling et le croquet. Autant vous dire l’ennui.

Soyons clairs, le charme de Rama Yade est évident, sa sincérité probablement réelle, ses convictions en chantier. Son interlocuteur Arnaud Mourot était peut-être quant à lui sous le charme de la ministre mais des convictions en plus. Bref cet échange plutôt convenu restera très certainement subalterne à l’heure du bilan de ce forum lyonnais.

C’est avec quelques trente minutes de retard que le débat s’est ouvert par une intervention fluide mais scolaire de la ministre qui cette fois en appelait à Paul Morand, François Mauriac, les Lagrange et Michel Platini. Dotée d’une certaine aisance naturelle et de cette touche d’intelligence pétillante qui fait d’elle un personnage, à part, donc au potentiel réel dans notre vie politique, Rama Yade n’a guère jouée ce matin à Lyon la carte de la surprise.

Vous l’avez compris, comme je le voyais poindre dès 9 heures ce matin dans mon premier billet, il convenait de ne pas trop se faire d’illusions sur ce premier débat qui s’est avéré plat et banal, la ministre manifestant tout de même quelques talents pour chevaucher avec un certain opportunisme, les valeurs, les idéologies, les uns et les autres, le sport spectacle comme la pratique amateur.

Deux mots pour vous dire du bien du discours de Arnaud Mourot qui est « vrai », plutôt novateur et libéré de certaines contraintes. La Secrétaire d’Etat devrait le consulter pour faire avancer sa barque qui, n’en doutons pas, ne se limite pas au sport. On me dit qu’un certain nombre d’invités de ce Forum manquent à l’appel. Tel est paraît-il le cas de Martine Aubry ?

Jean-Yves Sécheresse (www.jysecheresse.com)

Face au labyrinthe

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpg« Une mutation est en cours » indiquait jeudi l’éditorial de Laurent Joffrin et Max Armanet dans le supplément présentant le forum. On verra bien si au terme de ces trois jours d’échanges, la promesse de débats et d’idées neuves pour mieux comprendre ce changement étaient de ce rendez-vous lyonnais.

En attendant, me voici, comme vous, face à un programme labyrinthique dans lequel il s’agit de faire des choix qui, pour ce qui me concerne ne sont dictés par aucun arrière plan tactique. Je compte donc « attaquer » par la rencontre sur la thématique du sport entre notre ministre Rama Yade et Arnaud Mourot de « Sports sans frontière ». A lire le billet de présentation de la Secrétaire d’Etat, je m’attends à un véritable festival de généralités, de bons sentiments et de langue de bois. Pour rédiger ce billet, les scribes de son cabinet ont convoqués Jean-Luc Godard, Coubertin, Giraudoux et Jean Prat (ce qui devrait faire plaisir au Thierry du même nom et néanmoins directeur adjoint du Musée d’Art Contemporain de Lyon).

Je vous dirais tout à l’heure ce que cela donne en « direct-live », mais pour tout vous dire je ne me fais pas d’illusions. Avant d’y aller, permettez-moi de remercier Olivier Bertrand pour cette invitation à donner mon grain de sel tout au long de cet impressionnant forum que je vais également relayer sur « de Lyon et d’ailleurs » (www.jysecheresse.com)

Jean-Yves Sécheresse

16/09/2009

Camdessus, CROM à tout faire de Sarkozy.

Camdessus au contrôle.jpgEn mai dernier, je maugréais contre Parisot et Bébéar. La patronne du MEDEF, suite à une demande du gouvernement – ou à une de ses innombrables opérations de communication – venait de lui confier une mission de salubrité publique : « Veiller à ce que les dirigeants mandataires sociaux mettant en œuvre un plan social de grande ampleur ou recourant massivement au chômage partiel reconsidèrent l’ensemble de leur rémunération ». Bigre !

Claude Bébéar, un gagneur, un connaisseur. Incontestable. La première couche n’est pas encore sèche que l’on étale déjà la seconde.

Voici Michel Camdessus officiellement investi d’une mission d’analyse des rémunérations au sein des banques ayant reçu une aide publique en fonds propres : le CROM, Contrôleur des Rémunérations des Opérateurs de Marché, est né.

Alléluia ! Nous serons sauvés par l’ancien directeur général du FMI. Un vrai libéral, au sens économique et surtout financier du terme. La politique que le FMI a menée sous son règne a eu les effets paradisiaques que l’on connaît pour les peuples. Ceux de l’Argentine, du Mexique, de la Thaïlande, ou d’Indonésie, pour ne citer que ceux-là, s’en souviennent rendant grâce.

Confiance à celui qui déclarait « la libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but final correct ». À défaut d’être totalement crédible en matière sociale, c’est un connaisseur en matière d’équilibre budgétaire et comptable. C’est lui que Nicolas Sarkozy avait mis à la tête de la société de refinancement créée dans le cadre de son plan d’aide au secteur financier.

C’était déjà à lui qu’en mai 2004, Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’économie et des finances, avait demandé des propositions sur « ce qui est bon pour la France ». Ce fameux rapport Camdessus dont il déclarait faire « son livre de chevet ». Un rapport regorgeant de recommandations si joliment libérales et si gentiment noyées dans une sémantique humaniste - l’homme est aussi membre du conseil pontifical Justice et paix. Un rapport qui estimait alors, entre autres, que le contrat de travail à durée indéterminée empêchait les entreprises « de se séparer du salarié qui ne leur convient plus » ; que le salaire minimum semblait « avoir joué contre l’emploi des personnes non qualifiées » ; que la fonction publique n’était pas assez « agilisée » ; fustigeant les 35 heures et estimant que « les Français ne travaillaient pas assez », étaient trop assistés…

Un livre de chevet pour le candidat Sarkozy selon les propres dires du futur président et aussi une manne pour le MEDEF. Voici donc Michel Camdessus officiellement nommé CROM. Mais sans pouvoir de sanction. Ouf !…

Jean-Paul Schmitt

15/09/2009

Retour sur un dérapage

hortefeux.jpgJ’ai lu ce week-end, dans les colonnes du « Dauphiné-Libéré Dimanche » un billet bien tourné au sujet du dérapage de Brice Hortefeux. Le journaliste y soulignait non sans à-propos combien la parade du ministre impliquant sa formule (quand il n’y en a qu’un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème) non pas aux arabes mais aux auvergnats était tout aussi blessante pour ces derniers.

Car sur le fond c’est le fait de stigmatiser une communauté qui pose problème, une communauté quelle quel soit. Cela montre  bien que l’ami de Nicolas Sarkozy ne sait pas comment se dépêtrer de ce dérapage bien réel. Et ce n’est pas parce que la victime de ces propos se veut consentante que les faits ne sont pas là.

Il était, en effet, pathétique de voir et d’entendre sur les média le jeune militant UMP concerné répéter qu’Hortefeux ne faisait que plaisanter. Décidément on a chacun ses plaisanteries. Je ne suis pas sûr, pour poursuivre le raisonnement du journaliste du Dauphiné- Libéré, que les électeurs de la région Auvergne devant laquelle va se présenter le ministre à l’occasion de Régionales rigolent beaucoup de ce « bon mot », ils risquent plutôt de bouder le vote UMP et ce ne serait que justice.

En attendant nous avons eu droit tout le week-end aux contorsions des médias qui ont essayé de  dégonfler les faits en limitant la portée de la phrase en question. Ils ont pu prendre appui sur la solidarité gouvernementale qui s’est exprimée jusque par la bouche de Nora Berra. Seul Azouz Begag y est allé de son excès habituel en nous racontant à la télévision, geste à l’appui, qu’Hortefeux l’avait accueilli au conseil des ministres en lui signifiant qu’il l’égorgerait volontiers. Mais Azouz est tellement mythomane que j’en reste prudent, il est difficile de penser que l’ambiance du conseil ne soit pareille à celle d’un bar mal famé.

En attendant le buzz est retombé et le ministre des cultes ni ne s’excuse  ni ne démissionne mais il ira rompre le jeûne à Paris, ce qui est tout simplement sa place. Un geste qui a d’ailleurs valeur d’aveu car ce ne sont pas les auvergnats qui en finissent avec le ramadam. Brice Hortefeux se sort donc sans trop de dégâts de ce faux pas qui n’a pas vraiment ému les associations anti-racistes, la LICRA, pourtant sourcilleuse sur ces questions, ayant même déclaré dès vendredi l’incident clos.

Philippe Dibilio

Photo: DR

14/09/2009

Voyage, Voyage (air connu)

coup-pour-coup.jpgAvez-vous entendu ces temps-ci André Glucksman, l’homme qui murmurait jadis aux oreilles du Président que son destin était de combattre pour les droits de l’homme, avec les Tchétchènes, contre la « Françafrique ». Envolé le Dédé. Comme quoi quand on fait le long voyage de Mao à Sarko, une fois arrivé à destination, on est débarqué.

Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

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[EDIT JYS]:

Je viens d'apprendre avec tristesse le décès d'Yvonne L'Huillier, ancienne élue apparentée socialiste, adjointe du 9e arrondissement de Lyon. Pendant plusieurs mandats elle s'était occupée de nombreux dossiers en particulier consacrés aux affaires sociales, aux personnes âgées ou à la petite enfance.

Je présente donc à tous ses proches, à sa famille et ses enfants mes plus sincères condoléances.

Lyon, le 14 septembre 2009.

Illustration: DR

11/09/2009

Papa Malick

Affiche-Papa-Malick.jpgEntre les avions de Dassault, vendus pas vendus, par Sarkozy aux Brésiliens, la réforme territoriale qui semble avoir pour le moment un peu de plomb dans l’aile, les tripatouillages électoraux du congrès socialiste de Reims qui remontent à la surface, le retour en force de la « Françafrique » ou l’offensive nauséabonde de la droite américaine contre Obama, les sujets et occasions ne manquent pas en cette rentrée. Cela étant je m’étais promis de vous dire quelques mots sur l’exposition de rentrée du Musée Africain de Lyon qui présente depuis le 9 septembre, et jusqu’au 4 octobre, « Guissané : la poésie du signe », le travail de l’artiste contemporain Papa Malick, plus connu dans certaines contrées du Sénégal sous le nom de « Vieux » Niang.

« Guissané » est un terme wolof qui signifie « sorcier » ou plutôt un sorcier lisant l’avenir par une interprétation de traces dessinées dans le sable avec les doigts. Partant de ces gestes du sorcier, Papa Malick, sur ses toiles, propose donc des œuvres faites de pigments et sciures qui entendent renouer avec la tradition, la culture sénégalaise, la mémoire. Ces œuvres faites de traces, signes indéchiffrables, pictogrammes mystérieux, sont visibles dans le Musée Africain du cours Gambetta qui demeure malheureusement un lieu peu connu que j’invite chacun à visiter.

Avec l’exposition consacrée à François Maspero par le Musée de l’Imprimerie que je compte évoquer demain, il convenait de signaler ces deux manifestations qui risquent de peser bien peu lourd face à la Biennale d’Art Contemporain qui déboule avec ses gros « Ça beau ! ».

  • Papa Malick, Musée Africain de Lyon – 150, Cours Gambetta, Lyon 7ème arrondissement – Métro Ligne D, Garibaldi. Renseignements au 04 78 61 60 98 et sur www.musee-africain-lyon.org

Lyon, le 11 septembre 2009.

10/09/2009

Chasseurs français

burqa1.jpg?w=171&h=222Alors qu’en août nous nous prélassions, le ministère de l’intérieur travaillait, pas seulement au charcutage de la carte électorale, il œuvrait pour comptabiliser les burqas.

Rappelez-vous, en juillet, dans une note de la direction de la police, on dénombrait dans le pays 367 femmes portant la burqa. Aujourd’hui, dans une note tout aussi confidentielle de la direction de l’information générale du même ministère, on découvre que le chiffre de 2000 est désormais le bon.

Le nouveau total semble satisfaire André Gerin, le député communiste de Vénissieux, initiateur de la croisade et membre de la mission parlementaire présidée par l’UMP Raoult. Gerin en rajoute même en indiquant que le chiffre de 367 jadis avancé était totalement « absurde » dans la mesure, je cite « on en compte plus dans la seule agglomération lyonnaise ».

De tels chiffres qui semblent pleinement satisfaire André Gerin devraient également donner « du peps » aux autres chasseurs de burqas pour l’essentiel membres de l’UMP. En vérité, la chose n’est pas si évidente puisque les coups de mentons ne suffisent plus et, de Copé à Raoult, on commence à se gratter la tête. Copé, qui par exemple pousse à une loi anti-burqa s’interroge sur la possibilité d’établir une période de transition pour que, nous dit le patron des députés UMP, « l’interdit ne tombe pas comme une sanction » (sic !)

Raoult, quant à lui, au nom du sens pratique, commence à percevoir les limites de l’agitation. « Nous n’allons pas créer » nous dit le chef des chasseurs, « une police de la burqa ». Seule Fadela Amara, qui décidemment bien en peine dans le dossier des banlieues trouve là l’occasion d’exister, envisage, sans rire, d’interdire la burqa dans les services publics, les mairies, les transports et, écoutez bien, les écoles…

La plupart des associations et des religieux musulmans, même s’ils sont opposés au port de la burqa, devraient d’ici quelques temps trouver la plaisanterie de nos chasseurs agités un peu longue. Il serait donc temps que Raoult et Gerin prennent conscience que leur ramdam a assez duré quitte à inviter le député de Vénissieux à continuer de compter les burqas dans la région lyonnaise avec le risque, parce que sa croisade intempestive peut donner des idées à certaines, de dénombrer d’ici quelques temps un bon millier d’adeptes trop contentes de lui faire la nique.

Lyon, le 10 septembre 2009.

Photo: DR.

08/09/2009

Taxés

pollution.jpgQu’on se le dise, la nouvelle pensée unique est verte, couleur il est vrai devenue très « tendance » dans le monde politique. Pensée unique donc, car celui qui ne partage pas le dogme de la taxe carbone même en son for intérieur, est renvoyé au rang d’ignare voire de dangereux théoricien de la destruction de la Planète. Il a suffi que Ségolène ose dire que cette taxe, telle que proposée alors, soit injuste pour qu’elle subisse des assauts de toute part et aurait en d’autres temps risquée le bûcher. Et pourtant il est évident qu’une taxe généralisée frappe toujours les revenus les plus faibles. D’ailleurs celui qui a pondu ce projet est un récidiviste puisque Michel Rocard, c’est bien de lui dont il s’agît, nous a déjà gratifié de la CSG. Qu’importe donc si les émissions de CO2 se répartissent en 30% pour les transports, 30% pour les logements et 40% pour l’industrie la charge sera la même pour tous. Car bien sûr cette taxe est indispensable au nom d’un principe applaudi tant à gauche qu’à droite : il faut frapper au porte monnaie de chacun pour modifier les habitudes et les comportements en terme de pollution. Et qui n’a pas compris ça n’a rien compris à la vie. Il serait donc vain de contredire cette affirmation et je ne m’y risquerait pas de peur de déclencher les foudres des sachants. Je me hasarderais seulement à faire remarquer que malgré des augmentations pharamineuses, et la prochaine nous attend au premier octobre, la consommation de tabac a encore augmenté cette année. Mais ce doit être la fameuse exception qui confirme la règle. Sur le sujet de la taxe carbone en tout cas écologistes et gouvernement ne veulent voir qu’une seule tête et n’entendre qu’une seule voix. Si Ségolène, encore elle, évoque d’autres pistes comme, entre autre, le lancement d’une politique de fabrication de la voiture électrique l’icône de l’écologie, Nicolas Hulot, la renvoie dans ses cordes en affirmant que ce n’est pas ainsi qu’on réglera le problème ; ce qu’elle n’a pas dit mais qu’importe. Quand Martine Aubry demande que l’on travaille sur une version plus équilibrée c’est Fillon qui la propulse dans le camp des cancres qui ne comprennent en rien l’état du monde. Et si l’on lâche l’hypothèse selon laquelle le revenu de cette taxe pourrait servir à équilibrer le budget de l’Etat on devient carrément malhonnête. Bref un seul verdict s’impose : que les français soit taxés puisqu’on nous le dit c’est la seule méthode pour qu’ils comprennent quelque chose.

Philippe Dibilio

Photo: DR

04/09/2009

Carbonisable ?

cecile-duflot.jpgA voir son comportement, sa façon de ne pas manquer d’air, sa manière de toiser la gauche, je reste expectatif quant à Cécile Duflot, la chef des Verts. Parfois je me dis que comme certains enfants de bonne famille Cécile Duflot s’efforce de multiplier les mauvaises manières qu’elle aurait tant aimé avoir dans son adolescence. Hier à sa sortie de l’Elysée, suite à son rendez-vous avec Sarkozy, elle continuait de surjouer. Son cocktail, deux doigts de suffisance, trois volumes de langue de bois, un zeste de certitude fait l’affaire de bien du monde. Pour l’instant les Verts, la presse, Sarkozy semblent apprécier la marche estivale de celle qui vient de s’auto-proclamer tête de liste en Ile-de-France. Dont acte !

Son conseiller spécial, le bien nommé Placé, mise gagnant sur sa protégée au point, pour justifier le manque de notoriété de Cécile Duflot, de lancer, « Qui connaissait Valérie Pécresse il y a encore deux ans ? » Manifestement l’entourage de Duflot préconise à sa championne de continuer à défiler, menton en avant, devant une gauche estomaquée, aux cris de « Le projet, rien que le projet », la taxe carbone en bandoulière.

A ce train là, la chef des Verts, qui se targue « d’être la seule à avouer du fond, rien que du fond », devrait se résoudre à danser un tango des familles avec le seul Sarkozy sous les yeux de ce monsieur Placé tenant la bougie. Mieux vaut que l’un et l’autre s’y préparent, je pense bien entendu à nos deux écolos, Sarkozy quant à lui ne pouvant tirer que profit de la situation.

Lyon, le 4 septembre 2009.

Photo: DR

02/09/2009

La liste

coffre-fort-ouvert.jpgLe mystère est entrain de s’épaissir concernant la fameuse liste de Woerth supposée recenser 3000 contribuables français qui ont planqué de l’argent en Suisse. Une première chose m’étonne. Alors que les services fiscaux français mènent, grosso modo, 4500 investigations fiscales l’an, tout laisserait donc croire que sur ces 4500, 3000 figureraient sur la liste de Woerth. Avouez que la chose serait inquiétante car, si les mêmes services, étaient en capacité de procéder à 10 000 enquêtes par an, autant dire que 7 ou 8000 noms se retrouveraient sur la liste.

Mieux, comment peut-on savoir que les fameux 3000 sont titulaires de comptes secrets sachant que par définition un compte secret est secret. Depuis quelques jours le sourire en coin du détective Woerth pouvait le laisser croire, comme si, histoire de se refaire une bonne image, les banquiers Suisses avaient donné le nom de 3 000 clients à Eric Woerth. Furibards, les autorités Suisses viennent de répondre en retournant un service gagnant digne de Federer. Jamais disent les helvètes, la France n’a demandé la moindre entraide ni la moindre demande de levée du secret bancaire.

L’autre explication qui circulait hier était qu’il n’y avait pas du tout de liste, Woerth étant le roi du bluff. Dans ce méli-mélo une autre solution semble plus que plausible. Vu le nombre de collaborateurs licenciés par les banquiers suisses depuis quelques mois, il pourrait-y en avoir un (ou plusieurs) susceptibles de l’avoir en travers de la gorge.

C’est donc ainsi que les 3 000 noms auraient été transmis aux autorités fiscales françaises.

Je dois vous avouez que cette hypothèse est crédible car, s’il y a bien une spécialité que l’on pratique parfois dans ce pays avec un art que beaucoup arrivent à nous envier, c’est bien la délation.

Lyon, le 2 septembre 2009.

Photo: DR

01/09/2009

Primaire

Organiser des « primaires » l’idée nous vient d’un »think tank » Terra Nova en l’occurrence et le « think tank » semble  être la formule magique découverte par la gauche qui se veut moderne mais est surtout un brin bobo-caviar pour s’approprier la pensée et laisser au militant le soin de coller des affiches, arpenter les montées d’escalier et se faire engueuler par les électeurs. La formule magique nous viendrait des USA labellisée par le succès de Barak Obama. Seulement voilà l’Amérique a son histoire et nous la notre et la démocratie américaine n’a jamais réussi à s’imposer ailleurs, ni par la force des baïonnettes, voir l’Irak, ni par les fonds dispensés, voir le plan Marshall. Et puis aux Etats Unis, Etat continent s’il en est, les primaires se déroulent dans chacun des deux camps et les « petits » partis en sont exclus.

Alors si les primaires consistent à faire désigner le candidat socialiste de 2012 par les adhérents et au-delà les sympathisants socialistes qui se déclareront comme tel, pourquoi pas ? ce serait sans doute une belle ouverture démocratique et un excellent baromètre. Mais il ne faut pas négliger le chantier que cela représente et il faudra un certain doigté pour que ce temps là ne se déroule pas au détriment de la vie politique du moment. Mais pour nos penseurs les primaires sont « ouvertes » à toute la gauche et même à tous les opposants à Sarkozy, Modem compris. Comme si l’on pouvait créer le bi-partisme en France par le biais magique de « primaires ». Or la démocratie française a aussi son histoire plus ancienne que celle de states, même si ce n’est pas un argument, et l’on effacera pas les sensibilités de ce pays par le  biais d’une idée, forcement géniale, de la rive gauche parisienne.

Des « primaires « de ce type serait sans aucun doute un merveilleux cadeau à Nicolas Sarkozy. Quelle cacophonie, en effet, que de vouloir faire choisir des opposants plus ou moins bien identifiés entre la pléiade de candidats socialistes, celui des verts, du PCF ou encore entre Melenchon, J.M Baylet ou François Bayrou. D’autant que ce dernier n’a rien à faire dans une opération où il jouerait sur un coup de dès sa chance d’être présent au second tour. Et ce tour de chauffe mobiliserait toute l’opposition dans une action intériorisée qui laisserait des semaines durant la champ libre à Sarko. Lequel d’ailleurs ne se priverait pas de vanter l’unité de sa majorité fermant ainsi la porte à toute candidature alternative à la sienne à droite.

Non, décidément, les « primaires ouvertes » sont la vrai fausse bonne idée qui ne pouvait sortir que de quelques crânes d’œuf toujours réfractaires au bon sens. Dans l’histoire de la démocratie française les « primaires » s’effectuent lors du premier tour d’une élection où, selon le bon sens populaire, on choisit alors qu’au deuxième on élimine. C’est peut-être primaire mais il serait sage d’en rester là.

Philippe Dibilio

31/08/2009

Equations

Cet été 2009, n’a pas été plus palpitant que ses prédécesseurs mais ce mois d’août finissant mérite tout de même un rapide aller-retour.

Retour tout d’abord vers le Maroc et la popularité de Mohamed VI avec un sondage réalisé par l’hebdomadaire « Tel Quel » avec le soutien du Monde. Dès sa sortie, avant publication, l’hebdomadaire marocain auteur de la coupable enquête d’opinion a été mis au pilon par les autorités sans passer par la case justice. La raison est des plus simples : « La monarchie ne peut-être mise en équation ».

Pourtant cette première enquête historique n’était pas, loin s’en faut défavorable au souverain, le sondage du CSA ne mettant qu’un seul point négatif en évidence, le roi étant jugé par près de 50% des Marocains trop disposé à donner des droits aux femmes.

Pendant ce temps notre président se reposait comme un bien heureux suite à son malaise vagal. Bilan des opérations, selon le même CSA, 53% des Français indiquaient qu’ils étaient désormais satisfaits alors qu’ils n’étaient que 41% en mai dernier. J’enrage que pas une moindre seconde, Nicolas Sarkozy, l’homme qui adore sa mise en équation, n’a songé faire détruire les exemplaires de VSD.

Autre continent, autre sondage, celui là concernait, toujours début août, Barack Obama et a probablement fait grand plaisir à notre président car le nouveau président américain connaît un tassement de son indice de popularité.

Mohamed VI qui n’en veut pas, Sarkozy qui en redemande, Obama pris à son propre piège, en ce mois d’août au Maroc, en France et aux Etats-Unis, seules les opinions semblent avoir bossé cet été.

Toujours au registre des sondages, 78% des Français estiment que la France est bien préparée face à l’épidémie de grippe et  60%  trouvent que la mobilisation gouvernementale est adéquate. Tout va donc au mieux et si les Français avaient une bonne opinion du Parti Socialiste et de sa première secrétaire cela serait parfait.

En attendant les autres équations qui vont nous être proposées dans la semaine, terminons cette fin du mois d’août par une triste note. Suu kyi est toujours entre les mains de ses geôliers birmans, Thierry Jonquet s’en est allé et Willy De Ville doit être en ce moment à la recherche d’Edith Piaf, là haut au paradis.

Lyon, le 31 août 2009. 

26/08/2009

V comme « Villes moches»

V.jpg

« Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde » écrit Florent Chavouet dans l’introduction de son récit graphique intitulé « Tokyo Sanpo ». Personnellement je n’ai jamais mis les pieds dans la capitale japonaise et si vous êtes comme moi, offrez-vous ce bouquin qui retrace le séjour de l’auteur de juin à décembre 2006. Vignettes, crayonnés, esquisses, plans se succèdent tout au long des 200 pages de ce recueil qui pose un regard tantôt acide, tantôt tendre sur Tokyo et les japonais. C’est en fait le portrait de tout un petit monde parcouru par Florent Chavouet qui émane de cet album de voyage découpé selon les quartiers de la ville et par des interludes le plus souvent au plus proche du quotidien. Ici nulle étude sociologique tout est affaire de touches personnelles et de ces petits détails qui font souvent le charme de la vie. Dans « Tokyo Sanpo » on trouve tout. La chaise pliante acquise sur place étant donné l’absence de bancs publics, le vélo, le stylo acheté dans le BHV local, les sachets de pâtes, les dizaines de personnages rencontrés, du « Salaryman Strict » avec son pantalon de costume remonté bien haut au « Lycéen qui se la pète ». Des centaines de dessins qui tutoient le réalisme et la caricature, des notes le plus souvent pleines d’humour qui peuvent faire croire un instant au lecteur que Tokyo n’a presque plus de secret pour lui.

Tokyo Sanpo.jpgEspérons que comme les Editions Philippe Picquier d’autres éditeurs vont expédier ce Florent Chavouet parcourir le monde pour nous rapporter d’autres carnets de New York, Cuba, Buenos Aires, Dakar ou Melbourne.

> « Tokyo Sanpo », Editions Philippe Picquier, 24 euros.

Lannemezan, le 26 août 2009.

19/08/2009

R comme « Remuer »

1827014920.jpgRassurez-vous, je ne vais pas vous entretenir jogging, gym ou sports extrêmes voyez ce qui est arrivé au Président de la République. Une fois n’est pas coutume, parlons cuisine, parlons risotto. Ce plat parmi les plus simples, fait souvent peur. Par ailleurs il devient relativement rare dans les restaurants que l’on peut fréquenter, si ce n’est au quotidien, au moins de temps à autre.

Il fût un temps ou il arrivait, ici à Lyon, que « Les Muses » (Opéra de Lyon) se risquaient dans cette aventure en proposant un risotto généreusement accompagné de quelques calamars bien venus. C’est désormais de l’histoire ancienne. « L’Ouest » comme « Le Nord » y allaient également du leur agrémenté de Saint-Jacques mais aujourd’hui les gambas ont repris le pouvoir et ce à un prix presque prohibitif. Passons à l’essentiel.

C’est donc à la maison que l’on peut déguster un risotto, celui qui nous convient, sachant que l’inspiration tempérée par nos moyens permet de voir les choses avec simplicité puisque des légumes de saison permettront d’élaborer un plat familial qui doit savoir ne pas trop se la jouer.

La première opération, peut-être celle qui demande le plus d’effort et qui exige de ne pas trop se montrer radin, consiste à se procurer le riz qui convient. Arborio, dont le grain demeure solide ou Carnaroli, riche en gluten, font l’affaire. Le truc avec le risotto c’est qu’une fois que lardons, oignons ou tout autre ingrédient sont correctement revenus il est nécessaire de prendre sa respiration, de se concentrer et de ne plus penser qu’à ça. Il faut donc se lâcher, c'est-à-dire ajouter le riz jusqu’à ce qu’il devienne translucide. C’est en général à ce stade que l’avenir de notre risotto se joue et notre crédibilité avec. Une fois le riz dans la casserole pas question donc d’aller prendre l’apéro, de téléphoner ou d’entamer la lecture de l’Equipe. Il faut remuer. Sans cesse remuer et remuer encore, car tel est le secret d’un bon risotto. On déglace au blanc sec. On remue. On ajoute le bouillon après évaporation du vin, on remue encore. On rajoute à nouveau du bouillon, on remue et c’est au bout d’une petite quinzaine de minutes que l’on rajoute nos pois, fèves ou asperges, en mouillant et en remuant. Maintenant l’essentiel est fait. Retiré du feu, le riz est enfin dispo pour accueillir dans la joie son parmesan pour enfin se reposer. Avant de passer à table on offre à notre risotto quelques copeaux de parmesan découpés à l’économe. Il faut se remuer pour se régaler.

Hautes Pyrénées, le 19 août 2009.

16/08/2009

Q comme « Quadras »

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D’ici quelques jours, courants, clubs, côteries, écuries nichées au sein du PS vont se réunir avant de converger, fin août, vers la traditionnelle rentrée Universitaire de La Rochelle. Sous l’autorité de la Rectrice désormais tournée vers son unique tâche, « changer de cap », l’Université des socialistes va faire l’actualité. Plus exactement ce sont les fameux « quadras » qui seront au centre de l’agitation, Manuel Valls ayant vocation à en être le héro après le remontage de bretelles de Juillet. Il faut dire que la ridicule lettre de remontrance expédiée par Martine Aubry sera désormais portée par Valls comme une véritable médaille. De quoi d’ailleurs irriter un autre quadra, l’ex enfant terrible démonétisé, Arnaud Montebourg qui, après avoir soutenu Aubry lors du Congrès de Reims, révise ses gammes pour nous rejouer sa petite musique. Valls, Montebourg, Peillon, le troisième de ces quadras, sur le point de phosphorer à l’ombre des pins parasols de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, surveillera les deux autres comme le lait sur le feu mais sur un mode moins agité. Le quatrième, Benoit Hamon est probablement parmi ces quatre celui qui ne manque pas d’air. Rappelez-vous, il n’avait trouvé rien d’autre à déclarer, suite à la lettre d’Aubry au pétillant Valls que « parfois Manuel, lui aussi, a franchi la ligne jaune », un comble de la part d’un socialiste qui avait, contre le point de vue majoritaire de son Parti, voté « Non » au référendum européen.

Valls aux portes du conseil de discipline, Montebourg en jeune révolté, Peillon dont les postures sont plus variables que géométriques, Hamon en donneur de leçons, permettez-moi d’exprimer quelques réserves sur ces médiatiques quadras qui, au gré des vents, semblent avant tout préoccupés par la gestion de ce qui peut porter leur destin personnel.

Vous me direz que, à considérer l’impunité réservée aux anciens, on ne peut qu’être indulgent à l’égard du bouillant Maire d’Evry sachant que Martine Aubry ne semble pas avoir les mêmes exigences à l’encontre de quelques hiérarques décatis. C’est ainsi que Jack Lang, émissaire de Sarkozy à Cuba ou Rocard représentant du Président auprès des pingouins polaires semblent bénéficier de la mansuétude de la pionne socialiste.

Il est vraiment temps de préparer un saut de génération et d’inviter les trentenaires à monter en première ligne, après tout, aller à l’Université c’est encore de leur âge.

Lyon, le 16 août 2009.

 
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