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22/10/2010

Les riches lâchent Sarko

sarkozy-nb-fond-blanc.jpg?w=113&h=137Vous connaissez tous l’animosité que je peux avoir à l’égard du président de la république et de son gouvernement en phase terminale. Je la sais partagée par beaucoup et dans les cortèges qui parcourent nos villes, parfois chaque jour, les manifestants ne se cachent même plus pour dire que le sujet des retraites est désormais subalterne. Ce qui compte c’est avant tout d’exprimer son « ras-le-bol » en disant au président que le pays ne peut plus le voir, même en peinture.

Cette sainte colère qui vise sans détours le locataire actuel de l’Elysée est pourtant injuste au moment où Sarkozy est sur le point de connaître un véritable échec. En effet malgré des efforts sans mesure, des décisions financières scandaleuses et parfois des actes aux frontières de l’obscénité, Sarkozy doit se résoudre au fait qu’il n’arrive plus à faire plaisir à ses amis, les vrais, ceux qui sont victimes d’une fiscalisation confiscatoire et des honteuses menées du fisc. Expliquons-nous. Cette semaine la nouvelle est tombée sans prévenir, comme le tranchoir froid de la guillotine sur la nuque du condamné à mort, je vous la livre telle quel, ou plutôt comme vient de l’écrire Le Figaro, « Les ménages fortunés cherchent à nouveau à quitter la France. »

Vous vous en souvenez, dès son élection à la présidence, Sarkozy avait expliqué au pays que les exilés allaient revenir au bercail, la création du bouclier fiscal étant le signe fort envoyé à destination de ceux qui pantouflaient en Suisse ou en Belgique. A cet égard chacun pouvait également espérer, le retour du chanteur « ni belge - ni suisse », je veux parler de Johnny Hallyday. En fait de retour au pays, ces français dont on nous disait qu’ils avaient été chassés par la gauche, se firent plus que prier puisque depuis l’investiture du président ils continuaient de jouer l’Arlésienne. Reniflant la défaite de Sarko, peinés par la politique du gouvernement, il paraît que d’autres fortunés restés en France se ruent désormais vers les cabinets des meilleurs avocats spécialisés afin de prendre la tangente pour vivre un exil fiscal légitimé par la probable abrogation du bouclier, les coups de rabot de Fillon, l’agonie de quelques niches et la perspective de réaménagement de l’ISF.

Après les pauvres, les classes moyennes c’est maintenant au tour des riches de lâcher Sarko. Question d’élégance, il serait peut-être temps que les manifestants mettent la pédale douce pour ne pas trop désespérer un président mal aimé.

Lyon, le 22 octobre 2010

Photo:DR

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19/10/2010

Ramassée

rama-yade.jpgLes défenseurs du sarkozyme, en ces temps difficiles pour le pouvoir, sont de plus en plus rares au somme de l'Etat : Frédéric Lefebvre, preuve vivante qu'on peut partir de rien pour arriver nulle part, Dominique Paillé, persuadé que derrière chaque journaliste se cache un bolchévique sanguinaire, et Xavier Bertrand, camelot patte-pelu d'un roi nu, ont cessé d'être audibles, si on peut croire qu'ils l'aient été un jour, exception faite bien sûr des électeurs fascistes inquiets de leur dérive droitière.

A l'occasion de l'émission "A vous de juger", présentée par la suave Arlette Chabot, flanquée du sémillant Nicolas Beytout, journaliste qui partage sa vie entre la rédaction des Echos et le comité d'éthique du MEDEF - nous voilà rassurés pour la moralisation du capitalisme et du journalisme réunis !- et Alain Duhamel, dernier journaliste vivant avec Jean Daniel à avoir chroniqué tous les présidents de la Veme République, le sarkozysme a envoyé Rama Yade au front défendre les retraites, l'identité nationale, le bessonisme, la brasse coulée et l'athlétisme en salle.

Mac-Mahon, s'il était encore en vie et Danièle Gilbert, si elle était encore à l'antenne, seraient en droit de déposer plainte pour plagiat, tant la kyrielle de banalités creuses et de conneries cyclopéennes déversées par Rama Yade atteignit un niveau inédit à la télévision depuis Jean-Pierre Raffarin en campagne référendaire, lui ouvrant ainsi séance tenante la route fleurie du Guinness Book des records et par voie de conséquence, celle de l'Académie Française, si Héléne Carrère d'Encausse, ce jeune bourgeon libertaire, daigne casser sa pipe immortelle un jour.

Subsidiairement en auto-promotion de sa Lettre à la jeunesse qui rendra nécessairement jaloux, de là où ils sont, Pierre-Mendès France et Albert Camus, Rama Yade est venue expliquer combien le sarkozysme, et bien, c'était les "Bisounours", "l'île aux enfants", "Oui-Oui et les lapins roses", "Mary Poppins"... L'occasion d'entrevoir le monde potemkinisé de Rama Yade : l'UMP incarne vous l'aurez compris, la défense des libertés, des droits de l'homme, et, n'ayons pas peur des mots, de la femme, le sens du dialogue, le compromis tandis que le vilain, le méchant PS incite la jeunesse à casser et que dans le même temps Europe Écologie deale du cannabis bio à la sortie des collèges.

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18/10/2010

« Nègre » de Sarko

JacquesAttali.gifPourquoi tant d’hésitation et de circonvolution ? Il paraît que le président hésite encore ne sachant plus faire la part de l’utile entre le choix d’un premier ministre centriste, d’un ancien Villepiniste, d’un troisième Chiraquien ainsi que d’une quatrième Umpiste revêche. Bref, Nicolas Sarkozy pourrait même se laisser aller à faire à nouveau les yeux doux à son collaborateur actuel, François Fillon. Pour Sarkozy comme pour nous parfois dans la vie, nous n’arrivons pas à percevoir une bonne solution qui s’impose pourtant comme le nez au milieu de la figure. Cette solution évidente s’appelle Attali, l’homme qui vient de proposer à la droite un programme clé-en-main jusqu’en 2020. Il faut dire que dans la série des conseillers qui ne méritent pas d’être oubliés, Jacques Attali s’impose. Jadis avec Tonton, aujourd’hui avec Sarko, Attali s’est déjà fait remarquer en 2008 comme chef de la commission destinée à booster la croissance nationale. On connait le résultat et Attali s’est fait, à cette occasion, beaucoup d’amis parmi les chauffeurs de taxis. Attali le larbin nous revient donc deux ans plus tard et en cet automne 2010 il livre le plan d’austérité qui manquait tant à la droite coupant presque l’herbe sous les pieds à des hiérarques de l’Ump qui ne doivent pas en croire leurs yeux. Avec « sa stratégie à dix ans » et son objectif « croissance 2.5% », Attali vient donc de formuler 27 propositions à Sarko. Au rayon des finances publiques et du retour du déficit à 3%, le nouveau conseiller de l’Elysée propose le gel du point d’indice pour les fonctionnaires d’Etat comme de la Fonction publique territoriale ainsi que le remplacement d’un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Au rayon sécu, Attali veut présenter une posture de gauche en s’interrogeant sur la prise en charge de certaines maladies lourdes pour les bénéficiaires de gros revenus ce qui, tout à la fois, représente une attaque contre l’universalité de la sécu mais surtout une probable généralisation, dans un second temps, de ces mesures à des français loins d’être fortunés. Chasse aux niches fiscales, réexamen de la fiscalité du patrimoine, l’héroïque Attali ne nous explique pas ce qu’il compte faire de la TVA réduite dans la restauration, ne semble pas plus très au clair sur la question des retraites ou de la réforme fiscale tout en envisageant sérieusement une hausse de la TVA. Avouez que Attali à Matignon cela aurait une autre gueule que Borloo ou Alliot-Marie et pour une fois Sarkozy pourrait se réjouir d’avoir non seulement comme premier ministre, un collaborateur mais presque « un nègre », une situation pour le moins inédite pour Jacques Attali.

Lyon, le 18 octobre 2010.

14/10/2010

Ça va ?

401px-Cohen-Solal_Mutualite_2008_03_03_n9.jpgComme dirait l’autre, en politique ça va, ça vient et quand ça va, ça va. Le problème c’est quand ça va pas pourrait rajouter un Bertrand Delanoë qui, hier encore était dans une telle lévitation que les moindres recoins de la stratosphère lui étaient mieux connus que le fond de sa poche et qui, aujourd’hui, suite à deux ou trois revers rame comme un malheureux. Rappelez-vous la fin de l’été, le Maire de Paris faisait son petit aller-retour à la Rochelle prenant bien soin, face caméra, de prendre cet air important que nombre de seconds couteaux aiment tant choper. L’ex présidentiable avait donc fait illusion à l’université d’été des socialistes et s’en était retourné à côté du bazar de l’hôtel de ville. Quelques temps plus tard, suite à son deal avec l’UMP concernant le sort de Chirac et en pataugeant sur l’exposition de Larry Clark, Delanoë s’est retrouvé, plus que contesté, banal.

Pour ces élus qui veulent jouer les grands fauves, la plupart du temps enfermés dans leur tour d’ivoire, le destin ne prévenant pas, il se retrouvent en deux temps, trois mouvements, dans la difficulté. Aujourd’hui, sans lui faire en aucune façon offense, celui qui était encore il y a quelques mois le plus formidable Maire de Paris pouvant s’honorer d’avoir été élu, se retrouve balloté, presque en stand-by vers la sortie. La chose est injuste mais c’est tout de même une réalité.

Il faut dire que l’ivresse des sommets ne concerne pas que les beffrois du Nord et du Pas-de-Calais. Dans certaines contrées moins exotiques, quelques-uns de nos chefs à plume, peuvent, à l’instar de ce qui arrive à ce pauvre Delanoë se retrouver, eux-aussi, victimes de leur foi inoxydable dans leur bonne étoile. Vous me direz qu’une saine colère ou deux peuvent tout à fait bien redonner le tonus nécessaire et nous ne pouvons que plaindre l’entourage d’un Maire de Paris qui, pour probablement se sortir de cette mauvaise situation, redouble de hurlements et de vexations à l’égard d’un premier cercle la plupart du temps anesthésié depuis des lustres et habitué à recevoir quelques claques entre camarades.

Lyon, le 14 octobre 2010.

Photo: © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons

11/10/2010

Lui-même

Jean-Louis-Borloo.jpgC’est ainsi et il convient de s’y faire. Chaque dimanche nous apporte son lot de sondages et celui proposé hier par le Parisien nous dit que Nicolas Sarkozy continue de perdre des plumes. Quant à la traditionnelle enquête d’opinion commanditée par le JDD elle nous indique que Jean-Louis Borloo, le chou-chou du même Sarkozy, est encore loin du zénith même si on s’efforce un peu partout de faire dire du bien de celui que l’Elysée semble vouloir pousser vers Matignon. Quant à savoir si Borloo pourrait faire un bon Premier Ministre ils sont, selon l’IFOP, 60% à répondre « Non ». On a donc connu booster plus efficace pour propulser un type sur la deuxième marche du pouvoir. Dans ce contexte plutôt morose, notre homme n’offre même pas une tête d’homme d’Etat et à lire le JDD on a la très nette impression que c’est Borloo lui-même qui a pris les choses en main avec pour objectif de dire le plus grand bien de lui-même, Lagarde et Alliot se chargeant de l’inverse. « Je suis quelqu’un de fiable, confortable et sans emmerdes » dit Borloo comme si se comparer à une Dacia pouvait être une qualité pour un futur Premier Ministre. Devant les journalistes, si l’on en croit le JDD, Borloo a même expliqué qu’il était « celui que l’on envoie toujours quand l’armée régulière a failli ». Fillon et l’UMP apprécieront ! Face à ceux, ils sont légions, à penser que le radical mal peigné n’est pas de taille, Borloo essaie de renvoyer une bonne image clamant son nouveau credo, « j’ai pris de bonnes résolutions cet été. » L’histoire ne nous dit pas si quelques-unes des prières de Sarkozy au Vatican étaient destinées à ce que le divin supporte le valenciennois mais il n’empêche que le Ministre de l’Ecologie redouble d’efforts depuis la rentrée comme s’il ne fallait compter que sur ses propres forces. Borloo fait désormais de la gym, il va chez le coiffeur et tente de se tenir soigné. De tels efforts seront-ils récompensés car suffisants ? Seul Dieu et Sarkozy le savent peut-être. Plus difficile, le Premier Ministre Jean-Louis Borloo est-il vraiment formaté et suffisamment fiable pour, deux années durant, conduire les troupes de Sarko à la victoire ? C’est bien entendu une toute autre histoire et il m’est agréable d’en douter.

Lyon, le 11 octobre 2010.

NB: Il y a une dizaine de jours j'étais l'invité de Surf TV. Sujet imposé: l'affaire Bettencourt (cliquer sur l'image pour lancer la vidéo).

JYS Surf TV.jpg

10:16 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : borloo, jdd, ifop, sarkozy, fillon, le parisien, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/10/2010

Amis catholiques

sarko.jpgAmis catholiques, c’est aujourd’hui dimanche et permettez-moi de vous interroger sur la façon dont le président s’intéresse à nouveau à vous. Mes Amis, je me demande donc quel effet cela peut bien faire que celui d’être dragué par Sarkozy. Il faut dire que le président doit particulièrement vous aimer à constater les efforts qu’il est entrain de produire pour vous séduire. Je ne sais pas si vous en avez conscience mais ce président déploie beaucoup plus d’activité pour vous reconquérir qu’il n’en avait développé à l’égard des paysans, une autre « catégorie », nous dit-on, qui, après les élections régionales, avaient échappé à la droite. Amis catholiques, la droite explique votre désamour à l’égard du président non pas à cause de la honteuse politique sécuritaire de l’été mais toujours par le fait que vous n’arrivez pas totalement à digérer ses errances bling-bling. Mieux, selon l’IFOP qui sonde votre âme pour le compte de la présidence, le danger, vous concernant, n’est pas tant de voter à gauche mais de vous abstenir. Pire, si l’on en croit les mêmes sondeurs, vous seriez de plus en plus de brebis égarées à ne plus hésiter à voter pour le Front National au point que parmi vous le vote pour Marine Le Pen serait particulièrement attractif. Amis catholiques qui ne semblez pas trop troublés par les agissements sécuritaires de Sarkozy mais qui doutez du comportement moral du président, j’espère que vous prenez conscience de la piètre image que vous offrez à la nation en restant de marbre face aux agissements de Hortefeux qui pourraient par ailleurs conduire certains d’entre-vous à déraper,le jour venu, face aux urnes.

Pendant que nous y sommes mes amis, si vous croisez Monseigneur Barbarin qui en ce moment bavarde beaucoup au point de donner des leçons au monde entier, demandez-lui s’il est convenable d'adhérer aux contorsions sécuritaires de Sarko, et même de voter F.N. Pour ce qui me concerne le plaisir de l’entendre sur ce thème ne m’a jamais été offert et, si j’en crois l’IFOP, il serait peut-être temps qu’il explique sont point de vue sur la question avant que la messe ne soit dite.

Lyon, le 10 octobre 2010.

Photo: DR

09/10/2010

Sous le soleil de l’UMP

panneau-solaire.jpgEn l’espace d’un temps et trois mouvements, en annonçant vouloir réduire les installations de panneaux solaires photovoltaïques, le gouvernement vient de fragiliser nombres de petites entreprises qui travaillent dans une filière loin d’être solide dans notre pays.

Parce qu’en France on accusait un grand retard, face à l’Allemagne, au Japon et surtout à la Chine, le Ministère de l’écologie avait mis en place des mesures invitant les particuliers comme les professionnels à se tourner vers cette technologie. Compte tenu de l’absence de vision et de stratégie globale de la part de Borloo et de sa majorité, c’est la Chine qui avait principalement été en capacité de tirer profit de telles mesures, les incitations fiscales provoquant un aberrant soutien à nos concurrents. Depuis donc quelques semaines, budget 2011 oblige, les autorités françaises songent à faire marche arrière en annonçant la fin prochaine de ces réductions fiscales, fragilisant ainsi un tissu de pme qui était pourtant loin d’être en grande forme. Cette réaction qui tourne le dos au bon sens est, pour ne prendre que cet exemple, exactement à l’opposé de ce que, nos voisins allemands avaient jadis imprimé, à savoir prendre des mesures du même type d’emblée présentées comme figurant dans un système annoncé comme dégressif. Si le duo Bargoin-Estrosi persistait à prendre de telles mesures, il est clair, en particulier dans notre région et singulièrement dans notre espace métropolitain, que toute une filière de production et de recherche serait pénalisée. Comme l’écrit Geneviève Fioraso la dynamique député socialiste de l’Isère, « A quoi sert de financer la recherche sur le photovoltaïque et le rachat de l’électricité produite si c’est pour acheter des panneaux aux chinois dont on ne compte ni le coût carbone, ni la capacité à être maintenus, à garder une performance stable dans le temps pas plus que les modalités de recyclage au terme de ses 15 années de fonctionnement garanties ». On pourrait rajouter a quoi sert d’affaiblir une filière nationale qui ne demandait, à condition d’être soutenue, qu’à monter en puissance en garantissant une réelle qualité ? Décidemment, même le soleil commence à en avoir assez d’un président et d’un gouvernement qui, non seulement salissent tout ce qu’ils touchent, mais qui pénalisent aussi tout ce qui bouge.

Lyon, le 9 octobre 2010.

Photo: DR

02/10/2010

Inspecteur Harry

369.jpgCertains aiment le voir comme le « Latin lover » des ministères, tombeur de présentatrice télévisuelle puis d’une blonde rapidement recentrée fiscalement des Etats-Unis vers notre beau pays. D’autres ne peuvent s’empêcher de croire que notre Harry Potter national ne pourrait faire de mal à une mouche même si ses honteuses arguties contre les socialistes afin de défendre Woerth devant la représentation nationale laissent un goût plus qu’amer. Fils de son père puis heureux rejetons adoptif du fondateur du RPR, le gnard est donc devenu roi des comptes et à ce titre nous aurions tous bien tort de penser que ce « baby face » de la politique française pourrait être un ange. Désormais chef comptable dans la maison Sarkozy, la première ponte fiscale de notre ex-jeune premier est une œuvre dont l’injustice n’a d’égal que la tromperie. A coup sûr, ménages et classes moyennes se souviendront longtemps des méfaits du Chiraquien devenu Sarko-compatible. Futurs mariés et pacsés, candidats au divorce, refoulés du dispositif Scellier, employeurs d’employés, militants de la rétroactivité de l’aide au logement, accros des assurances-vie et squatters du taux marginal de la tranche supérieure, empapaoutés des crédits d’impôts verts, souvenez-vous que votre Harry adoré est l’auteur docile et revendiqué d’un budget 2011 qui a par ailleurs taxé les loyers HLM, augmenté le « Triple play », assuré l’augmentation de vos assurances sans jamais porter la main sur le bouclier fiscal. Bref, à ce Harry ne lui dites jamais merci.

Lyon, le 2 octobre 2010.

Photo: DR

30/09/2010

Ed

ed-miliband-saura-redonner-de-la-force-au-labour.pngC’est donc avec l’appui massif des syndicats et sans vraiment convaincre le parti travailliste, élus compris, que Ed Miliband se retrouve à la tête de l’opposition quelques temps après la victoire de l’alliance Cameron-Clegg. On devrait d’ici quelques temps en savoir plus sur l’orientation que comptent mettre en œuvre les travaillistes car, convenons-en, au lendemain de la victoire de celui qui aime tant se présenter comme l’anti-Blair, le brouillard le plus londonien est sur le point d’envahir le parti travailliste. La question de l’Irak, les déficits publics, la crise financière, l’Etat et bien d’autres choses qui taraudent les britanniques sont sans réponses. Force est également de constater que le vague positionnement de Ed à la gauche du parti ne nous en dit pas vraiment plus sur ce que pourra être la politique des travaillistes. L’orientation assez fantomatique du nouveau leader sera-t-elle levée quand celui-ci installera son gouvernement non moins fantôme ? Nul ne le sait mais une chose paraît certaine : Ed Miliband a du pain sur la planche.

On le sait, face à son frère David, Ed Miliband a arraché à Manchester une belle victoire conditionnée par la peu glorieuse défaite du labour lors des dernières élections. Au-delà de cette réalité le peu connu Ed à tout intérêt à se retrousser les manches ce d’autant que les premiers sondages dégagent plus de problèmes que de réponses. A la question « Lequel des deux frères serait le plus capable d’exercer la fonction de premier ministre », David Miliband, le battu, semble en meilleure posture que Ed, le vainqueur. En effet David totalise 53% d’opinions le croyant capable de gouverner alors que le frangin Ed n’enregistre que 36% d’opinions favorables le voyant susceptible d’exercer le pouvoir comme quoi là-bas comme ailleurs la vérité d’un parti ne fait pas nécessairement la crédibilité dans l’opinion.

Lyon, le 30 septembre 2010.

Photo: DR

27/09/2010

A star is born

francois-fillon-unite-nationale1222669696.jpgLundi en quinze, suite à un sondage publié la veille par le J.D.D., je m’efforçais d’expliquer que, bien qu’en sursis, le premier ministre en titre était sur le point de devenir l’alternative à droite, le grand concurrent de Sarkozy pour 2012. Deux semaines plus tard le phénomène semble non seulement perdurer mais se renforcer. A l’occasion du ripolinage de sa maquette, le Figaro Magazine vient de publier un sondage qui est, à droite, un véritable plébiscite pour Fillon.

La droite française redemande donc du Fillon, souhaite avec force le voir succéder à lui-même à la tête du gouvernement au point que désormais Alliot-Marie et Lagarde enregistrent 40 points de retard et Borloo pas moins de 52.

Tandis que les candidats s’activent pour faire valoir leurs bons services pour être dans le futur équipage, que d’autres lorgnent sur le parti présidentiel et que les guerres font rage, Fillon toise l’ensemble, Sarkozy compris, en démontrant à ce beau monde qu’il est le seul à pouvoir conduire la droite à la bataille contre le parti socialiste.

En face de lui, Sarkozy semble à la peine. Avec un Copé à la manœuvre, un Guéant qui laisse indifférent, la clique Morano-Estrosi-Hortefeux-Woerth à la ramasse, le président a la scoumoune et, même si cela devait lui rester en travers de la gorge, seule Alliot-Marie pourrait à terme apparaître comme le plus petit dénominateur commun pour tirer un gouvernement nouveau dont on peut s’interroger, dès avant sa constitution, sur sa capacité à mener la mère des batailles.

Lyon, le 27 septembre 2010.

Photo: DR

24/09/2010

Fin d’histoire

fidel_castro_dead.jpgSi l’on écoute les plus dévoués serviteurs du régime, la réapparition de Fidel Castro il y a une quinzaine de jours de cela semble aussi spectaculaire qu’inespérée. En lisant son fameux discours le 3 septembre, le lider Maximo a manifestement regonflé le moral de ses troupes tout en indiquant clairement à tous qu’il ne pouvait se résigner à abandonner le pouvoir. Au lieu de nous indiquer ce jour là la fin d’une histoire, Castro nous a expliqué que l’histoire était sans fin. Tout un programme.

Dans un contexte économique déplorable, alors que les réformes promises ne demeurent que des mots et les libertés des concepts vides, le come back de Fidel est pitoyable. Pitoyable pour lui, pour son fantoche de frère et pour tout une nomenklatura qui pourrait à terme se diviser sur l’opportunité de conduire un minimum de changement.

En vérité, malgré ce regain de forme du chef, l’avenir du castrisme est derrière lui et il est peu probable que l’unanimité se fasse jour au sein de l’appareil d’état et du Parti pour trouver une issue à ce régime à bout de souffle. L’avenir démocratique de Cuba va commencer à s’écrire à brève échéance et il serait regrettable qu’au nom de la lutte contre les frères Castro, les forces obscurantistes tiennent le stylo au profit du libéralisme le plus trivial. Seule une solution social-démocrate pourrait garantir, à quelques encablures des côtes de Floride, une issue positive pour les Cubains, une perspective alliant développement économique et libertés.

La vieille Europe et singulièrement les socialistes espagnols et français seraient inspirés en voulant jouer un rôle positif dans ce processus mais, en ont-ils l’envie ?

Le PS quant à lui est entrain de préparer une convention internationale. La question de Cuba et de castrisme n’est même pas abordée dans le texte soumis au vote. Il est vraiment loin de nous le temps des réflexions internationales.

Lyon le 24 septembre 2010.

Photo: DR

21/09/2010

Une nuit à l'assemblée nationale

une-nuit-à-l-assemblée-nationale-affiche_253472_29171.jpgCertains trouveront sans doute que le titre du présent billet pourrait renvoyer subsidiairement au film du même nom réalisé par Jean-Pierre Mocky et à la faveur duquel on se plonge dans les turpitudes naturistes d'une attribution de Légion d'Honneur foireuse par un député qui répond au nom fleuri de Aimé Dugland. Un tel renvoi serait purement fortuit au regard de scandales plus proches de nous, chacun ayant à l'esprit que M. Patrice de Maistre n'est pas naturiste et à plus forte raison que Eric Woerth n'a pas une tête à s'appeler Dugland...

En vérité, mon humeur de la semaine a été franchement mise à l'épreuve par cette droite qui, décomplexée et aux abois, s'ébrène avec notre Constitution et notre Parlement. En effet, si la République était cotée en bourse - ce qui, au rythme où dégringolent les choses, ne saurait tarder, sa valeur avoisinerait sans doute le prix de l'action Eurotunnel des bonnes années, celles où son cours parvenait à atteindre victorieusement parfois jusqu'à un chiffre.

En cela, le "débat" organisé lors du vote de la "réforme" sur les retraites a été l'occasion de confirmer le niveau d'indignité dans lequel notre gouvernement enlise la République.

Eric Woerth - dont chacun admettra en ce moment qu'il a toutes les raisons de bomber son torse orné d'une légion d'honneur plastronnante et de faire le malin sur le banc du gouvernement avant, espérons-le, de rejoindre le banc des accusés - s'est vautré dans l'insulte crasse comme on n'en avait pas vu depuis longtemps à l'Assemblée Nationale, notamment lors de ces sessions extraordurières qui, en plein Dreyfus, voyaient pleuvoir des "glands de potence", des "du syndicat", des "torche-cul" et autres "fleur de pus" sur certains représentants du peuple. Comme en témoigne le compte rendu intégral des débats de l'assemblée nationale, Eric Woerth a cru bon renvoyer un pitoyable, un misérable et un lâche "collabo" à la députée Catherine Coutelle, députée de la Vienne.

Sans doute est-il bon de rappeler à cet instant que M. Eric Woerth, élémosinaire en chef des oeuvres sarkozystes, a promené sa gamelle de campagne chez André Bettencourt dont l'histoire familiale ne correspond pas précisément à l'idée que je me fais de la Résistance. Sauf à considérer que le fait de diriger les colonnes infernales d'un journal collaborationniste répondant au doux nom de "La Terre Française" et, en plein Vichy, d'y écumer d'amabilités contre les "Juifs pharisiens hypocrites", permet d'être éligible au titre de compagnon de la Libération.

L'indécence n'ayant aucune limite dans le moment présent, le dernier acte de cette séance lamentable aurait pu se dérouler dans le théâtre d'un casino d'une grande ville thermale de province au mois de juillet. Bernard Accoyer, dont les talents manquent aujourd'hui cruellement à l'oto-rhino-laryngologie, s'est livré à un exercice de partisannerie "factieuse" (Didier Mathus, député de Saône-et-Loire), mettant autoritairement fin aux débats de l'assemblée, transformant le règlement de l'assemblée en paillasson sur lequel les députés UMP vinrent essuyer à qui mieux mieux leurs godillots crottés.

Je propose donc sur le champs une modification de ce qu'il reste des lambeaux de notre constitution : "Les articles 24 à 33 de la Constitution sont abrogés. L'article 24 est désormais ainsi rédigé "Le Parlement est croupion. Le Président de la République est chargé de son exécution".

A la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

20/09/2010

Droite (républicaine ?)

logo_ump.jpgLa droite française est-elle dans son ensemble encore républicaine ? Par convention, voire même par habitude, on s’efforçait jusqu’ici, dans notre pays, d’accoupler le terme « républicaine » au mot « droite » pour la distinguer du Front National. Parce qu’il était nécessaire de maintenir un cordon sanitaire salutaire entre l’UMP et le Front National, ce qualificatif de « républicaine » pouvait même prendre, de temps à autre, des contours électoraux, la gauche ayant toujours préféré voir élire un député ou un président UMP plutôt qu’un sbire du F.N. Même si le danger n’était que théorique, nous avions fait par exemple le choix de voter Chirac plutôt que nous réfugier dans l’abstention.

Aujourd’hui, au terme d’une séquence estivale à nulle autre pareille, il n’est peut-être pas inutile de se reposer la question, avec un œil neuf, c'est-à-dire éclairé par la situation politique. Nous devons, autrement dit, nous demander si, dans sa globalité la droite demeure républicaine donc fondalement enracinée dans des réponses qui n’auraient rien à voir avec celles du F.N. Au terme de cet été, on peut désormais en douter si nous prenons en compte les prises de position, les propos et les agissements du président et de quelques-uns de ses ministres. L’agitation intempestive à l’égard des roms, les coups de menton répétés et les propos parfois aux limites de l’obscénité de la clique Estrosi, Besson, Ciotti, Mariani mais aussi d’Hortefeux nécessitent un réexamen de la caractérisation d’une droite désormais occupée à surfer durablement sur les positions du Front National.

L’interview ce week end au Figaro Magazine du ministre Hortefeux est une nouvelle illustration de l’évolution à petits pas des délimitations politiques et idéologiques de certains. En remettant une bonne couche de confusion sur la question des mineurs, de la délinquance, sur la récidive, l’exécution des peines, l’Auvergnat de Neuilly a une nouvelle fois démontré qu’il quittait, sur ordre, la sphère qui jusqu’ici caractérisait la droite « présentable ». La droite est-elle donc toujours républicaine ? Il convient de ne pas tirer un trait d’égalité entre le FN et l’UMP mais il n’empêche que devenus complètement désinhibés, Sarkozy et certains des siens fréquentent de plus en plus l’infréquentable ne serait-ce qu’en réclamant maintenant que « le peuple puisse être associé aux décisions de justice relatives à l’exécution des peines ». Une telle position n’est pas seulement un coup porté aux magistrats c’est aussi une étrange posture aux allures berlusconiennes donc aux accents de moins en moins républicains.

Lyon, le 20 septembre 2010.

14/09/2010

Liliane, fais les valises

bettencourt_gode-7ca9a.jpgJusque-là sans doute ignorant de la chose, Eric Woerth vient de découvrir ce que le mot "pénibilité" au travail signifie pour lui-même.

Avec sa bobine de gendre idéal en comparaison de laquelle Michel Drucker a des allures de braqueur de vieilles dames récidiviste, il se sentait sans doute protégé de la sollicitude des médias et de l'attention populaire, commodément planqué qu'il était derrière les tombereaux d'ignominies antirépublicaines déversées par ses acolytes gouvernementaux dont certains, dit-on, seraient auvergnats.

Et puis il y eut Liliane et le déclenchement de mésaventures à fragmentation pour Eric Woerth. La crème Chantilly, sur laquelle il semblait ondoyer, se mit à tourner jusqu'à l'aigreur, la vérité d'un jour assénée par le ministre étant immédiatement frappée de caducité par les révélations du lendemain. La sauce à l'oseille dans laquelle il barbotait devînt rapidement une marinade cardinalice, de la couleur de ces rubans que l'on troque dans certaines civilisations primitives contre des enveloppes bourrées de verroterie ou de grisbi fraîchement importé de lointains îlots des Seychelles.

Liliane Bettencourt, submergée par le tsunami médiatique, semble en dehors du monde, prête à concourir pour le titre de Miss sous tutelle 2010, en dépit de certaines photos de vieillesse osées qui feraient bondir Mme de Fontenay et à la faveur desquelles on aperçoit sur le bureau de la douairière cosmétique les traces évidentes d'une érotomanie débridée.

Trop occupés à grimper aux honneurs le long de leur indignité, les mécènes du sarkozysme sont sur le point provoquer sa chute. Qu'ils en soient chaleureusement ici remerciés.

Comme disait le comique, bien mal acquis ne profite qu'après.

A la semaine prochaine

Stéphane Nivet

13/09/2010

Remanier pour gagner plus

francois-fillon-300x300.jpgQui peut bien succéder à François Fillon ? Telle est la question, angoissante pour certains, que se pose la droite depuis des mois. En annonçant de manière incongrue un remaniement ministériel des mois à l’avance, Nicolas Sarkozy ne s’est bien entendu pas facilité la tâche. Puisque il s’agit désormais de démontrer, en désignant un nouveau Premier Ministre, qu’un vent nouveau va souffler sur le pays, Sarkozy semble dans l’obligation de renvoyer dans ses foyers celui que le président appelait jadis son « collaborateur ».

Hier, en commandant un sondage à l’IFOP histoire de tester la performance des postulants, le JDD n’a pas nécessairement éclairé la lanterne de Sarkozy. En effet, 55% des Français interrogés pensent que Fillon devrait se succéder à lui-même. Si 66% des sympathisants socialistes ne seraient pas mécontents de voir l’homme de la Sarthe revenir au pays, à droite, ils sont 86% à plébisciter Fillon et à souhaiter le voir rester à Matignon. Même si l’actuel premier ministre doit se réjouir de cette confiance il convient de dire que les électeurs de la majorité ne rendent pas totalement service à Fillon en s’exprimant aussi massivement pour lui. Ils devraient savoir que la meilleure des choses pouvant arriver à leur champion est de se voir viré de Matignon, histoire de dégager la perspective d’un véritable boulevard électoral si Sarkozy continuait à piquer du nez au point de devenir tricard. Fillon est une alternative plus que sérieuse en cas de démonétisation de l’actuel locataire de l’Elysée. Fillon le sait et l’espère. Quitter en martyr Matignon est donc la meilleure des choses qui pourrait lui arriver.

Pour ce qui concerne la petite demi-douzaine de successeurs possibles, Sarkozy peut continuer à être soucieux. Si on écarte un Copé qui ne souhaitera pas se faire piéger, un Bargoin dont le papillonnage semble être la ligne, reste Borloo et les deux dames du président. Avec respectivement 41, 37 et 31%, Alliot-Marie, Lagarde et Borloo ne crèvent pas le plafond. Les deux ministres souffrent, pour l’une d’incarner une continuité revêche, et pour l’autre une inexpérience totale Reste Borloo. En faisant des efforts pour séduire la droite et en prenant un abonnement au pressing, il souhaite ce bâton de maréchal mais à bien des difficultés, pour s’imposer et à démontrer au président et à sa majorité qu’il sera capable d’aller se battre en 2012 comme un mort de faim pour faire triompher la droite.

Lyon, le 13 septembre 2010.

Photo: DR

 
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