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08/10/2008

Coup de bluff ?

Grand Stade.jpg« Si, pour des raisons politiciennes les premières grues n’étaient pas installées en 2010 je pourrais aller emmener ce projet (de Grand Stade) ailleurs ». Cette déclaration intempestive faite par Jean Michel Aulas quelques heures avant la rencontre OL Bayern relève-t-elle du coup de bluff ? On pourrait le penser si l’on s’en tient aux contorsions qu’ont engendré la reprise de ces propos sur le site de l’OL. Mais dans le contexte de tension qui monte autour de ce dossier d’OL land à Décines il faut peut-être y regarder de plus prêt.

Chacun, en effet, y va de sa petite musique pour mettre de l’huile sur le feu. Après Michel Noir qui affirme qu’il faut sauver le soldat Aulas  lequel serait en droit « d’en vouloir à Gérard Collomb de l’avoir conduit dans une telle impasse » c’est le « Progrès » qui sort un sondage, très aléatoire puisque fait auprès de ses lecteurs internautes, qui donne 76% d’avis opposés à l’implantation à Décines. Ce dossier, engagé de manière trop solitaire pas Gérard Collomb, n’a donc pas fini d’être confronté à des embûches ou autres soubresauts. Et cela, il est vrai, pourrait sensiblement agacer Jean Michel Aulas qui a du mal à comprendre et plus encore à admettre le fonctionnement des collectivités et leur mode  de décision. Il faut lui reconnaître que ce n’est pas d’une simplicité biblique. Pour lui en tout cas, c’est le maire qui lui a présenté ce terrain et lui a promis la construction du stade et de l’activité commerciale qui va avec. A partir de là il s’est engagé de manière forte, auprès de ses actionnaires, des autorités de la bourse. Il s’est aussi engagé dans le temps et c’est bien là que le bât blesse.

Le fait que la date de 2010 ait été avancée pour l’inauguration laisse planer un malaise sur le projet vu l’avancement des choses et même si aujourd’hui on parle de 2012 sans que personne puisse y mettre sa main à couper. Bref la tension monte et si, comme cela semble s’annoncer, l’enquête publique était relancée les nerfs seraient une nouvelle fois mis à rude épreuve.

Aussi on peut se poser la question de savoir jusqu’à quand ceux de Jean Michel Aulas tiendront-ils ? Avec cette forte phrase le président de l’OL a certainement voulu lancer un avertissement aux acteurs de ce dossier, ceux du Grand Lyon en particuliers qui sont en première ligne. Mais au-delà peut-on faire  comme si cette menace était totalement irréalisable ? Rien n’est moins sur. Les clubs de football ne sont plus l’apanage d’une municipalité ou d’une association locale ce sont aujourd’hui des affaires conduites comme des grandes entreprises et l’OL est la figure de prou de ce système en France. Alors, si Aulas veut importer cette société ou la vendre il peut le faire. Encore faut-il trouver acquéreur, certes, mais si les fonds de pensions connaissent une passe difficile les fonds souverains eux se portent bien. Alors l’OL et son stade à Dubai où Jean Michel Aulas intervient déjà, introduit par Gérard Collomb d’ailleurs, ce n’est pas impossible. Et puis comme le dit Cécilia ex-Sarkozy qui vit beaucoup sur place avec son nouveau mari : « on est à deux heures de l’Inde et à trois heures de la Chine » l’endroit où il faut être si on veut suivre le mouvement du monde des affaires et de la Jet Set.

Philippe Dibilio

Lyon, le 8 octobre 2008.

01/10/2008

Dommage

Sarkozy NB-Fond blanc.jpgSi l’on en croît les observateurs devant l’ONU puis à Toulon, Nicolas Sarkozy aurait tenu des discours de gauche. C’est vrai si l’on s’en tient à la formule d’Edouard Balladur qui, dans un livre écrit en 1991 prédisait : «  Si le monde devait connaître une crise monétaire alors renaîtraient les tentations étatiques qui font l’essentiel du socialisme ». C’est vrai aussi si l’on considère que la gauche, aurait pu, sinon dû, tenir ce discours. Mais la gauche est aphone en ce moment où « les socialistes parlent aux socialistes » pour ne rien dire sur le fond. Car , alors que nous sommes dans une période « hors vote », ce qui est assez rare, les socialistes ont inventé le leur comme pour mieux se complaire dans ces moments ou l’on tient des propos réducteurs , fussent-ils à usage interne. A cette étape du calendrier politique où il eut été important de créer de l’inédit dans le réel, les formations de gauche piétinent dans le bonheur de leurs querelles intérieures. Aux discours de Sarko ils rétorquent qu’il s’agît de gesticulations verbales sans effets. Mais où sont leurs mots à eux pour affronter la crise.

Interrogé par « le Figaro » Michel Sapin spécialiste des questions financières hier auprès de Ségolène Royal aujourd’hui proche de Delanoë ou d’Aubry car je n’arrive plus à suivre. Michel Sapin donc, déclare qu’il n’y a chez Sarkozy qu’illusions. Certes, mais à la question que proposez vous il répond qu’il ne fallait pas faire le bouclier fiscal. Bien sûr, mais quelles propositions insiste le journaliste. Nous en avons faites à l’Assemblée Nationale en particuliers sur la suppression des parachutes dorés. Dommage qu’elles n’aient pas fait l’objet d’une campagne publique et qu’il faille le pousser dans ses retranchements pour qu’il en parle comme si pour les dirigeants du PS l’essentiel était ailleurs. Alors on peut se demander et le peuple dans tout ça ? Et bien il approuve Sarkozy, selon un sondage commandé par LCI : 90% des personnes sont favorables au renforcement de la réglementation bancaire et 80% à l’encadrement de la rémunération des patrons avec une approbation plus forte parmi les électeurs de gauche. Comment expliquer cet engouement sinon par le silence ravageur de la gauche en général et du PS en particuliers. En se cantonnant dans le seul discours anti-sarkoziste primaire le PS s’enferme sur le même terrain que celui du PC ou de Besancenot, c’est à dire une opposition comme Sarkozy les aime : stérilement tribunitienne.

Il serait donc temps de se sortir de ce piège et de travailler sur les causes de ce retour de la prégnance de l’idéologie de droite. Et peut-être prêter attention à ce conseil d’un neveu de Freud, Bernays, au gouvernement américain soucieux de faire approuver son entrée dans la guerre en 1917: « si l’on veut convaincre quelqu'un il ne faut pas s’adresser à sa conscience mais à son inconscient ». Il inventait là le marketing un outil que Sarkozy a transposé dans le champ politique avec les résultats que l’on sait, en s’appuyant notamment sur les média. Ces outils de communication que Gilles Deleuze appellera dès 1990 « les sociétés de technologies et de contrôle » et dont il dira que le marketing est le principal dispositif. Tout cela a été étudié, pensé, débattu, mais pas dans les partis de gauche disait récemment le philosophe Bernard Stiegler. Il serait peut-être temps d’ouvrir cette discussion. Alors, peut être la gauche française commencera-t-elle à construire un idéal réalisable à l’image de l’ « évolution révolutionnaire » que prônait Jaurès. Car, à un moment ou à un autre il faudra bien répondre à ce besoin de rêve et de solutions concrètes qu’attendent nos concitoyens. Pour cela il faut arrêter de céder à l’instant et prendre le temps de définir un point réel sur lequel tenir coûte que coûte. Elever « l’impuissance à l’impossible » selon le formule de Lacan. Ce pourrait être l’objet d’un congrès, ce ne sera pas le cas pour celui de novembre (PS), pas plus de celui de décembre (PC). Dommage.

Philippe Dibilio

Lyon, le 1er octobre 2008.

 
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