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13/05/2009

La valorisation de l’expérience d’un grand patron

parisot.jpgLe MEDEF vient de désigner l’ancien patron d’AXA, Claude Bébéar, pour présider un comité des sages chargé à la demande du gouvernement de « veiller à ce que les dirigeants mandataires sociaux mettant en œuvre un plan social de grande ampleur ou recourant massivement au chômage partiel reconsidèrent l’ensemble de leur rémunération ».

Pas très adepte de ce genre de contrôle, Laurence Parisot a réussi à désigner une personnalité « incontestable » pour présider ce que De Gaulle aurait appelé un « machin ». Fine mouche, elle a prévu que le machin en question ne puisse pas s’autosaisir. Il ne s’intéressera donc et ne répondra qu’aux conseils d’administration ou aux comités de rémunération qui auraient brusquement des scrupules quant à leurs habituelles pratiques. Et quand on connaît l’indépendance de ces derniers par rapport aux dirigeants en place…

La personnalité « incontestable » choisie est un connaisseur en la matière : sa dernière rémunération comme président du directoire d’AXA en 1999, s’élevait à 516.000 euros de salaire fixe et 2,2 millions d’intéressement. À peine plus que les 800.000 euros qu’il vient d’annoncer dans un louable bien que tardif effort de transparence et qui correspondent désormais à sa modeste retraite et aux nombreux jetons de présence qu’il continue de percevoir dans divers conseils d’administration. Il faut bien se tenir au courant.

Certes, à défaut d’être un dirigeant modestement retraité, Claude Bébéar est un entrepreneur à la réussite incontestable. Le caneton déchaîné bien connu a beau dire, l’homme qui a réussi à accumuler en vingt ans une fortune d’un milliard d’euros - une broutille - est un gagneur. En 20 ans, il aura ainsi accumulé 64.000 années de SMIC, ou 30.000 années de revenu moyen de patron de TPE, ou bien encore 20.000 années de revenu moyen de patron de PME !… Quand bien même le cancan serait dix fois trop bruyant, il y a du grain à moudre, pour reprendre l’expression d’un ancien responsable syndical.

Ses amis et lui n’ont pas peu contribué à la consanguinité des conseils d’administration dans lesquels ils officiaient et officient encore. Cooptés, nombre d’entre eux savent entretenir leur réseau d’amitiés et obtenir de leurs pairs des émoluments confortables. C’est ainsi qu’en 2005 par exemple, on payait 3 millions d’euros à Daniel Bernard de Carrefour, cinquième salaire français , 2,8 millions d’euros à Igor landau chez Aventis, septième salaire français, 2,5 millions d’euros à Henri de Castries d’Axa, treizième salaire français.

Quand Colette Neuville, présidente d’une association de défense d’actionnaires minoritaires déclare « Ils vivent sur une autre planète, souvent au mépris de leurs salariés et de leurs actionnaires » ou quand Pierre-Henry Leroy, président de Proxinvest affirme que « Bébéar et ses amis font partie de ceux qui ont encouragé une incroyable course à l’échalote, parfois déconnectée des performances des sociétés », ils méconnaissent l’irremplaçable expérience que l’homme était en train d’acquérir pour servir à la moralisation des salaires à partir de maintenant.

Il faut valoriser cette expérience. Je brûle d’impatience de connaître le nom des autres sages.

Jean-Paul Schmitt

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[EDIT JYS]

Dictionnaire Historique de Lyon.jpgA l'occasion de la sortie du "Dictionnaire historique de Lyon", les auteurs Patrice Beghain, Bruno Benoit et Gérard Corneloup accompagnés par leur éditeur Stéphane Bachès, dédicaceront leur ouvrage à partir de 16h à la Librairie Passages (11 rue de Brest, Lyon 2ème). La présentation aura lieu quant à elle à 18h30.

05/05/2009

Cinco de mayo

1er mai lyon.jpgLe mois de mai est joli dans nos mémoires.

Mois de Marie pour d’anciens enfants de choeur et petites filles aux bas blancs. Adolescents chanteurs de mai ivres de printemps et courant les campagnes pour troquer leur goualante contre quelques piécettes ou un bout de saucisson et du vin. Mois de soulèvement pour les naïfs amoureux de ces plages de liberté que nous cherchions sous les pavés. Mois de défilés et de muguets cueillis sous les hêtres en bottes parfumées. Mois d’avènement aux liesses populaires colorées de roses rouges, place de la Bastille. Mois aux ponts multiples qui réjouissent les salariés au grand dam de leur patron. Mois de transition avant les grandes chaleurs qui suffoquent. Mois de dangers aussi, parfois comme ce Tres de Mayo de Goya aux couleurs de nuit.

Dans ce mai où les dates célèbres abondent, le 5 tient sa place :

> 5 mai 2009, la France est UMP, l’opposition est malade et sans pouvoir ; à Nîmes, le président de la république - dixit Barnier -« va donner le ton et présenter le projet » de l’UMP pour les élections européennes. Devant les affiches qui plagient Obama avec un « Quand l’Europe veut, l’Europe peut », les licenciés chantent l’Internationale pour oublier…
> 5 mai 2002, la gauche est KO debout. Hormis Lutte Ouvrière qui refuse de donner consigne, on vient de voter Chirac au deuxième tour de l’élection présidentielle ; à défaut d’un projet d’union nationale, la France aura Raffarin comme cocher…
> 5mai 1930, Gandhi le désobéissant est arrêté dans la nuit ; le non-violent déclare que son poing peut bien être brisé, le sel qu’il tient ne sera pas rendu volontairement. Il aura bientôt raison du colonisateur …
> 5 mai 1821, Napoléon meurt à saint Hélène. Un jour prochain, celui qu’Hugo appellera Napoléon le Petit lui succédera. L’histoire bégaye…
> 5 mai 1789 (juillet est proche), ouverture des états généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles ; on conviendra que cette date marque le début de la Révolution française…

    Choix arbitraire et de mauvaise foi de cinco de mayo, quand la grippe sévit pour nous faire oublier la crise ? Oui. Cinq fois oui.

    C’est le mai, le beau mai. C’est le joli mois de mai.

    Jean-Paul Schmitt

    21/04/2009

    Une petite chaise électrique autour du cou

    Christ.jpgGainsbourg l’affirmait : c’est ce que porteraient tous les petits Chrétiens en lieu et place de crucifix, si le Nazaréen était mort de la sorte.
    Un tel Christ, mort sur une chaise électrique, vient de trôner quelques semaines dans la cathédrale de Gap. L’œuvre est de Paul Fryer et elle a suscité de vives réactions de la part des fidèles confits, si l’on en croit le journal La Provence du 8 avril dernier. Les Catholiques des Hautes-Alpes, attachés au bois des certitudes, ont réagi fortement à ce qu’ils ne sont pas loin de considérer comme un blasphème.
    Jean-Michel di Falco Leandri, l’évêque local, a eu le courage d’aller à l’encontre de l’imagerie doloriste traditionnelle pour la renouveler grâce à Fryer. Son intérêt pour l’art moderne rencontre-là une spiritualité plus contemporaine que celle trop souvent prônée benoîtement. Il aurait aussi pu exposer pour l’un des saints une autre œuvre de Fryer que j’aime bien, Martyr. Oserait-il aller jusqu’à exposer certaines photographies de Bettina Rheims ?
    À défaut d’écouter ses sermons, on peut l’entendre lorsqu’il affirme que parce que l’habitude banalise on ne ressent pas devant un crucifix une émotion aussi forte que devant ce « Christ et la chaise électrique ».
    On sait qu’il est un homme blessé par une injuste accusation de pédophilie jetée en pâture par la revue Golias et son inévitable Christian Terras il y a quelques années de cela. À part Jean-François Revel de l’Express qu’on ne peut pas soupçonner de bigoterie, personne dans la presse qui avait relayé cette rumeur n’a jamais fait le moindre acte de contrition sur ce point.
    Se sont peut-être ces blessures qui lui ont inspiré ses méditations poétiques sur les multiples visages du Christ : homme et femme, séropositif, homosexuel, torturé, prostituée, battue…
    L’homme d’église, autrefois très médiatique porte-parole de l’épiscopat français, a su se démarquer du Vatican lors des affaires récentes : excommunication d’une fillette violée, réintégration d’un évêque négationniste, condamnation de l’usage du préservatif et autres bêtises papales.

    Chez l’un de ces prélats trop souvent silencieux, en trouver un qui a le courage de délivrer des messages chrétiens novateurs, de contrer les affirmations papales lorsqu’elles sont des âneries et, dans le même mouvement, de montrer un goût certain pour l’art de ce temps, me rend optimiste…

    …pour quelques jours.

    Jean-Paul Schmitt

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    [EDIT JYS]:

    touchepasmonnet.jpgComme vous le savez, la loi HADOPI « internet et création » a été rejetée en première lecture par les députés, en majorité socialistes. Toutefois, rien n'est gagnée, elle sera pourtant discutée une nouvelle fois à l'Assemblée Nationale à partir du 29 avril prochain. Cette loi répond de façon insatisfaisante aux enjeux de la création à l'heure des nouvelles technologies.  Pourquoi cette loi inapropriée et votée en urgence va être soumise de nouveau dans la précipitation jeudi. Un veritable débat public est nécessaire, d'autres alternatives sont possibles.

    Je tiens à vous signaler l'initiative intéressante de l'association Artischaud, qui travaille autour des thèmes de la culture libre et de la libre diffusion et qui organise jeudi 23 avril dès 19h à la MJC du Vieux Lyon une réunion publique et de travail sur ce thème, en présence d'associations travaillant sur la culture numérique et d'élus.

    L'objectif est de permettre à ces acteurs lyonnais de proposer collégialement des recommandations synthétiques destinées aux parlementaires français prenant en compte la nécessité de remettre les artistes au centre de l'économie qu'ils induisent, les notions de partage et d'accès pour tous, le respect des droits fondamentaux et universels.

    14/04/2009

    L’abeille et l’archiVert.

    Cohn Bendit abeille.jpg« Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre ».

    Daniel Cohn-Bendit, tête de liste des Verts aux prochaines élections européennes, recycle l’image dans son dernier livre « Que faire ? ».

    Il attribue la métaphore à Einstein. C’est paraît-il sujet à caution et il n’est pas sûr que le cher Albert à la langue bien pendue ait effectivement affirmé cela...

    Voyons les arguments en faveur de la thèse.

    Il n’y aurait donc plus de miel à vendre dans nos échoppes ?

    Mais, fussent-ils quelque peu ours, les humains ne vivent pas que de cette pitance sucrée dont ils surent tôt faire de l’hydromel pour oublier leur dure condition.

    Les humains disparaîtraient ?

    Les Inuits – éminents humains aux traditions fortes et froides - n’ont que faire de la pollinisation.

    Peu importe ces arguties me direz-vous. Avec raison.

    Certes, les abeilles permettent la reproduction de plus de vingt mille espèces de plantes. Difficile aux bêtes et, partant, aux hommes de se nourrir si une telle reproduction s’arrêtait. La disparition de la petite bestiole qui était sur terre bien avant nous causerait un très grave déséquilibre de la chaîne de la vie. Mais, comme le dit fort justement Dany le Vert, la métaphore d’Einstein nous entraîne au-delà des alertes que les abeilles nous lancent par apiculteurs et chercheurs interposés.

    Mettre en réseau les intelligences est une pollinisation aussi incommensurable qu’essentielle. La dissémination du savoir peut allier les chercheurs, les artisans, les ingénieurs et faire que des initiatives individuelles fabriquent du collectif. Encore que, comme le dit Edgar Morin, tout ce qui est compartimenté résiste à la pollinisation ; les idées se répandent comme des pollens, mais ne germent que sur des terrains fertiles.

    Jean-Paul Schmitt

    07/04/2009

    Si tu as des désirs cachés…

    Obama&Carla.jpg« Si tu as des désirs cachés laisse parler le cochon en toi, tu es là où il faut : chez les filles du magazine Swank ».

    Joyeuse information délivrée la semaine passée par le Nouvel’Obs (c’est plutôt rare dans l’hebdo en question, Wiaz mis à part) : c’est ce que des journalistes qui devaient participer à une conférence de presse téléphonique sur les préparatifs du sommet l’Otan à Strasbourg se sont entendu répondre par une voix langoureuse.

    La Maison-Blanche n’explique pas comment un numéro vert donné à ceux qui désiraient joindre l’ex-First Lady et actuelle secrétaire d’État américaine s’est transformé en téléphone rose.

    S’agirait-il d’une étourderie d’Hillary Clinton qui aurait par inadvertance utilisé le répertoire téléphonique de son Bill de mari ?

    Imaginez un instant que cela arrive au Vatican et que les correspondants du Saint Siège cherchant à joindre Benoît XVI entendent au bout de la ligne une belle voix grave leur déclarer « Vous êtes bien chez Maxi Condom. Afin que nous puissions vous guider dans vos choix, dites-vous si vous êtes plutôt coquin ou sauvage ? ».

    Ou encore que les journalistes accrédités à l’Élysée cherchant à joindre Nicolas Sarkozy entendent comme musique d’attente Carla Bruni qui chante : « Quand je pense à Fernande, je bande, je bande », avec YouTube en prime.

    Ou encore DSK qui cherche à joindre Martine Aubry à propos des présidentielles en utilisant l’iPhone d’Anne Sinclair et qui tombe sur Stéphane Guillon que sa chère épouse écoute en boucle.

    Improbable poisson d’avril en retard de 3 jours et déjà daubé ? Qui sait ?

    Peut-être que d’ici quelque temps en tapant http://www.thierryphilip.fr sur votre clavier, votre navigateur vous enverra sur http://peillon.typepad.fr

    En attendant, Thierry vous donne le lien avec le blog de l’excellente Martine Roure qui, hélas ne se représente pas. En cherchant bien, vous arriverez à y retrouver Vincent peillon. Un lien qui n’a rien de coquin.

    Jean-paul Schmitt

    01/04/2009

    Silence on tue

    Guillotine.jpgXXIème siècle : le monde continue à ânonner la mortelle et effroyable conjugaison du meurtre légal :

    Je décapitais (avec une machine, il n’y a pas très longtemps)
    Tu pends (haut et court, l’homme étranglé aux vertèbres vives)
    Ils électrocutent (l’homme assis et sanglé)
    Elles piquent (l’homme aux yeux bandés)
    Nous fusillions (il n’y a pas très longtemps non plus)
    Vous lapidez (à 50 une fille de 13 ans dans un stade de 1000 personnes)
    Ils sabrent (en incisant d’abord le cou, quand la foule hurle que Dieu est grand)
    Elles gazent.(au cyanure et en disant que la mort est douce)

    Amnesty International, dans son rapport 2008, révèle que 2400 personnes – chiffres sous-évalués – ont été exécutées l’année dernière. Des morts qui ont souvent les traits asiatiques : l’ex Empire du Milieu en a tué légalement 1700 et probablement beaucoup plus car la statistique y est classée « secret d’État ». Ailleurs, comme dans l’ancien empire perse, on pend et on lapide en moyenne une personne chaque jour. Dans le pays phare de la démocratie occidentale, on a encore tué 3 personnes chaque mois en moyenne, dont 2 dans le seul Texas.

    Certes, on peut aussi voir un progrès dans le fait que sur les 59 pays qui maintiennent officiellement la peine de mort, moins de la moitié l’ont appliqué l’année dernière.

    Rester optimiste devant l’effroyable ?
    En tout cas, relire ces mots :
    « À ce moment de mon existence déjà longue, me retournant vers ce qui fut un combat passionné, je mesure le chemin parcouru vers l’abolition universelle. Mais, tant qu’on fusillera, qu’on empoisonnera, qu’on décapitera, qu’on lapidera, qu’on pendra, qu’on suppliciera dans ce monde, il n’y aura pas de répit pour tous ceux qui croient que la vie est, pour l’humanité tout entière, la valeur suprême, et qu’il ne peut y avoir de justice qui tue. Le jour viendra où il n’y aura plus, sur la surface de cette terre, de condamné à mort au nom de la justice. Je ne verrai pas ce jour-là. Mais ma conviction est absolue : la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde plus tôt que les sceptiques, les nostalgiques ou les amateurs de supplices le pensent »

    Des mots de foi et de combat. Les mots d’un homme dont le siècle gardera le nom : Robert Badinter.

    Jean-Paul Schmitt

    24/03/2009

    Habemus latex

    pape.jpgTollé sur les propos de Benoît XVI. Tollé justifié, même si ses affirmations concernant le préservatif comme facteur aggravant du sida jouent une musique déjà entendue de ce côté du conservatisme éclairé.

    Tenus dans l’avion qui le mène en Afrique, les propos de l’homme en blanc face aux journalistes qui l’avaient pourtant avertis de la teneur de leurs questions ne sauraient être expliqués par je ne sais quel mot dépassant la pensée papale. Il est de plus en plus difficile de surfer sur les évangiles que l’Église sait trop souvent tordre à bonne courbure.

    Ce pape souffre, nous dit-on, d’être si mal compris. Alors un peu de compassion, qualité si répandue jusque dans les plus hautes sphères politiques de la fille aînée de l’Église.

    Songez un instant, que diable, à la difficulté de l’exercice quasi quotidien auquel le primus inter pares s’astreint. À la limite de la schizophrénie, il est obligé de jongler entre d’une part son infaillibilité dogmatique (essayez donc d’expliquer l’immaculée conception autour de vous) et d’autre part, la trivialité des recommandations des jours ordinaires où il est question de messe en latin, de relations sexuelles soumises à l’abstinence contraceptive, d’excommunication navrée d’une fillette de neuf ans violée par son beau-père, de réintégration d’évêque négationniste pour cause d’ignorance, de suprématie sur l’Islam et j’en passe…

    Et puis, la communication est un art si difficile. Plus que l’étude des pères du désert.

    Ses conseillers en robe auguste font pourtant des efforts. Ils vont même jusqu’à faire fuiter sur la toile – sur hollybuzz, cela ne s’invente pas - une étude d’un éminent chercheur de Harvard. Edward C. Green affirme que les preuves qu’il possède soutiennent le commentaire du pape et que ses études montrent une corrélation entre l’utilisation accrue du préservatif et un plus grand taux d’infection par le sida : « C’est peut-être dû à la compensation du risque qui fait que quelqu’un qui utilise une « technologie » de réduction de risque en perd le bénéfice parce que ce faisant il prend plus de risques que quelqu’un qui n’utilise pas cette « technologie » ».

    Un peu tiré par les cheveux, non ?

    En clair, si contrairement à moi vous sortez toujours avec un parapluie dans votre sac, vous serez plus souvent mouillés que moi parce que vous prendrez plus souvent le risque de sortir quand il pleut !…

    Études pour études, celles des nombreux scientifiques et experts contredisent pourtant ce point de vue, ne serait-ce que celles qui sont issues des milieux spécialisés des Etats-Unis, un pays pourtant parfois travaillé par les évangélistes. Les études épidémiologiques des Centers for Disease Control and Preservation, de l’U.S. Agency for International Development, de la Food and Drug Administration, des National Institutes of Health, montrent que les préservatifs réduisent à moins de 1% le risque de contamination par le VIH.

    Mais les faiseurs de buzz bigots mégotent.

    Lyon, le 24 mars 2009.

    Jean-Paul Schmitt

    17/03/2009

    Ô Herbe !…

    Barniherbe.jpgNon, il ne s’agit pas d’une invitation à fumer la moquette, fut-elle celle d’un cinéma. Il s’agit du film de deux jeunes réalisateurs qui nous offrent là un documentaire tout sauf manichéen sur les éleveurs laitiers en Bretagne.

    Je sais que je vais jeter une bouteille (de lait) à la mer tant le film risque de rester confidentiel, mais si vous en avez l’occasion, allez voir Herbe.

    Dans ma belle commune, il y a autant d’hectares que de bovins et près de 130 fermes y sont encore en activité. Autant vous dire que j’étais bigrement intéressé par ce film projeté dans le cadre de la troisième édition de Festi’vache de Saint Martin en Haut, après « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud et « La vie moderne » de Raymond Depardon.

    J’ai eu la chance d’y rencontrer Olivier Porte qui a réalisé le film avec Matthieu Levain.

    Petit-fils ou petite-fille de paysan, comme la plupart des habitants de France, vous croyez sans doute que les vaches se nourrissent d’herbe. Urbains, rurbains, que nenni !

    La plupart se goinfrent de maïs et de tourteaux de soja brésilien, génétiquement modifiés comme il se doit. L’absurde modèle productiviste des années 70 étant passé par là, la plupart des éleveurs ont massivement investi dans la haute technologie des stabulations, des manutentions, des stockages, des distributions d’aliments pilotées par ordinateur, des épandages de pesticides guidés par satellite et désormais 90% de nos belles « Marguerite » et de nos paisibles « La Rousse », ruminent le cou entre des barrières galvanisées.

    À côté de ces éleveurs shootés aux subventions bruxelloises, le documentaire nous montre des éleveurs, minoritaires encore, qui eux se shootent à l’herbe et qui redécouvrent les méthodes dites « herbagères ».

    Un cinéma militant qui montre qu’une autre conception, plus durable, économiquement plus efficace pour les éleveurs – et ce n’est pas le moindre paradoxe – est possible. Un témoignage sans naïveté et sans pathos dans lequel les protagonistes des deux filières montrent leur métier avec passion. Un regard respectueux de chacun, mais résolument engagé… du côté de l’herbe.

    Quelques moments de jubilation aussi quand André Pochon, le fondateur du CEDAPA (Centre d’Études Pour un Développement Agricole Plus Autonome) – il faut lire, voir, entendre cet octogénaire passionné – dénonce les âneries de la PAC (Barnier, à l’aide !).

    À voir, même si la diffusion est très, trop, limitée. Même si c’est loin de la ville. La programmation et la bande annonce sont sur le site http://www.herbe-lefilm.com.

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 17 mars 2009

     

     

     

     

    11/03/2009

    Le mariage Morano et Boutin est compromis.

    Morano-Boutin.jpgQuand Nadine présente le projet de loi sur la famille qui vise à donner un statut aux beaux-parents, Christine Boutin se récrie, outrée : "Je n'accepterai pas que l'on reconnaisse l'homoparentalité et l'adoption par les couples homosexuels de façon détournée".

    Or, si le projet évoque en effet, pour la première fois, des "foyers composés de deux adultes de même sexe", on est encore très loin de "l'adoption" et des demandes de parents homosexuels.

    Ce qui ne laisse pas d’étonner c’est le silence du PS dans cette discussion où la sarkozyste Nadine risque d’apparaître aux yeux de l’opinion comme progressiste sur un sujet où la gauche pourrait au moins faire valoir son point de vue. Par exemple qu’en matière de droit des couples homosexuels, la France accuse un retard important par rapport à beaucoup d’autres pays où le mariage de personnes du même sexe est possible. C’est le cas notamment du Canada, du Royaume-Uni, de la Belgique et de l’Espagne pourtant assez « catholique » dans sa culture. Elle pourrait aussi rappeler que les couples de même sexe danois, norvégiens, suédois, anglais, islandais, espagnols, canadiens, australiens peuvent adopter. Tout cela ne serait que rappel, regard dans le rétroviseur, quand il faudrait être en avance sur notre temps.

    Qu’on ne me dise pas que le PS a peur de parler de ces sujets de société parce qu’il ne serait pas compris en ces moments de crise économique sans précédent où il conviendrait d’être davantage centré sur les problèmes sociaux que sur les problèmes sociétaux.

    Récemment, Robert Badinter sur France Inter parlait de l’état honteux des prisons françaises. Il témoignait d’une réaction désabusée de Pierre Mauroy à propos du combat que l’ancien garde des sceaux continue à mener : « en ces temps de difficultés, le sort des prisonniers n’est pas la première priorité des Français » (je cite de mémoire). À quoi Badinter faisait justement remarquer que chaque fois qu’on déconnectait ainsi les problématiques sociales et sociétales c’était pour reporter ces dernières aux calendes grecques.

    Ce n’est pas parce que la gauche, comme la droite, est divisée sur ce sujet – elle l’est plus encore sur le mariage que sur l’adoption et la parentalité – qu’elle doit forcément en rester au PACS.

    Ou alors qu’elle l’assume clairement… en dehors des seules échéances électorales.

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 11 mars 2009

    04/03/2009

    Sacré Debray !

    Debray.jpgAh la grogne farceuse de Régis Debray ! À la fois grave et facétieuse.

    Son coup de gueule récent contre le jeunisme m’amuse, autant que ses propositions ironiques pour en finir avec le papy-boom (« Le plan Vermeil – Modeste proposition » aux éditions Gallimard). À nous les sexagénaires et au-delà, le Régis en mal de moustaches (une pétition circule sur la toile pour en demander le retour), propose de réhabiliter une zone perdue du Larzac en parc d’attractions pour les vieux en fin de vie. Un territoire autonome, Bioland, sur les terres d’élection du moustachu faucheur : du pur Debray iconoclaste toujours en errance entre le Che et la médiologie.

    Le Debray qui n’en finit pas de réinventer sa vision d’une république puisant sa source dans le sacré me semble plus intéressant. Il rend lucide quand il affirme qu’il faut que les hommes aient en commun quelque chose de plus grand qu’eux – un dieu, une nation, un idéal une journée mythologique dont ils se souviennent ensemble. Non pas que cela soit forcément bien à ses yeux, n’en déplaise aux censeurs de tous bords prompts à lui coller l’étiquette de réactionnaire. Mais, à ne pas voir ce qui nous promène entre le « moi je » et le « nous », on se condamne à être c… Jeune c… Vieux c… Ou c… sphérique

    Son dernier ouvrage, « Le moment fraternité » aux éditions Gallimard, marque le retour du grand Debray, soucieux une fois encore de démythifier nos envolées pétries de raison sans raisons et nos lyrismes politiques. Bien que son auteur s’en défende, il fait ventre - au sens des conjugaisons d’ondes chères aux physiciens - avec la « fraternitude » ségolienne qui fit tant jaser et dauber. Quand il écrit « Une évasive fraternité continue d’orner nos frontons, sceaux, frontispices et en-têtes administratifs, mais le mot ne se prononce plus guère chez nos officiels, par peur du ringard ou du pompier », je pense aux reproches que certains de mes amis de gauche adressaient à celle qu’ils appellent encore la madone des estrades.

    D’accord avec Régis Debray quand il écrit avec son style inimitable : « Nous n’irons plus planter en Icarie, avec un vade-mecum sous le bras, craignant trop qu’un goulag nous attende à la sortie. Mais, pour autant, ni le sweet home ni le tête-à-tête avec l’écran ni la course au rendement n’étancheront notre besoin de chanter à plusieurs, et, au-delà, celui d’appartenir à une lignée qui nous déborde et nous grandisse. Si la gagne et la secte, le trader et le gourou nous rebutent tout autant, reste à chercher la porte étroite d’où pourraient s’apercevoir en perspective les vallons familiers d’une fraternité modeste et sans terreur »

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 4 mars 2009

    24/02/2009

    Les comptes de Nadine Morano

    Morano.jpgÀ force de sévir dans la communication, Nadine Morano prend les Français pour des sots.

    Elle s’en donne à cœur joie dans la défense et l’illustration des mérites de la loi TEPA (Travail, Emploi Pouvoir d’Achat du 21 août 2007), quitte à oublier les ordres de grandeur.

    On a pu la voir, sur France 2, se livrer à un calcul au résultat délirant pour tenter de faire oublier les 4,4 milliards d’euros que la calculette officielle affiche en année pleine quand il s’agit du coût de la défiscalisation des heures supplémentaires.

    À défaut de comptes corrects, c’est un conte pour endormir les enfants que Nadine nous serine. C’est même un vrai conte de fée. Songez que grâce à la défiscalisation des heures supplémentaires, les travailleurs qui y ont recours s’enrichissent désormais de 1800 euros par an. Un qui a du mal à s’endormir, c’est le secrétaire général de la CFDT qui, hier encore, demandait la suppression de cette disposition pour pouvoir financer un fonds d’investissement social. Dors, mon cher François, la fée et Nicolas l’enchanteur s’occupent de tout. Pourquoi veux-tu mettre ces sous dans le social quand les cinq millions et demi de Français qui travaillent plus pour gagner plus sont si heureux ?

    Morano compte bien conter encore les merveilleux tours de bonneteau du plus magicien des présidents. Hop : 750 millions d’heures supplémentaires en 2008 grâce à la loi nouvelle ! Hop : on escamote au passage une centaine de millions d’heures rajoutées en 2008 parce qu’en 2007 on ne comptait pas encore dans les bons comptes officiels les heures faites dans la restauration ! Hop : on oublie qu’en 2006 déjà on faisait 650 millions d’heures supplémentaires ! Hop : on reste bouche bée quand finit le compte – ou le conte – sur une chute qui fait rêver : « ça fait 150 euros par mois » !

    Du beau conte de Morano il restera peut-être quelques chiffres dans la mémoire de certains. Des chiffres intéressants dans les comptes des entreprises qui auront bénéficié des exonérations sociales correspondantes. Des chiffres introuvables pour tous ceux qui ont fait des heures supplémentaires « supplémentaires » sans retrouver dans leur besace les 1800 euros « supplémentaires ». Ils seront les plus nombreux d’autant que pour ce qui est de la déduction fiscale dont devraient bénéficier les heureux salariés concernés, le compte n’y sera pas puisque beaucoup d’entre eux ne paient pas d’impôts.

     

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 24 février 2009

    07:10 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : nadine morano, tepa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

    18/02/2009

    Tolérance zéro ou culture du résultat ?

    saisie du crayon.jpg« À Ecully, des lycéens sont convoqués par les gendarmes pour un jet de… crayon »

    Si, si, c’est vrai puisque c’est dans le Progrès de vendredi dernier.

    L’affaire est de taille. Je vous laisse juge : un lycéen a jeté un crayon à sa professeur et, comme le champion du lancer de crayon ne s’est pas dénoncé, la cible - qui elle aussi aurait pu jeter quelque chose, par exemple jeter l’éponge ou, mieux encore, la passer - a porté plainte. Et les gendarmes ont déployé tout leur zèle pour trouver le coupable.

    Hélas, le parquet de Lyon s’en est mêlé et a mis le holà, jugeant disproportionnées les suites données par ladite gendarmerie.

    Voilà un vendredi 13 qui ne sera pas jour de chance pour les pandores dépités : ils tenaient là une enquête facile à mener à bien. Le ratio d’affaires élucidées allait pouvoir grimper. La prime sera plus difficile à atteindre, et en ces temps de crise et de course aux résultats…

    Bon d’accord, la maréchaussée n’y est pas allée avec ses chiens antidrogue à la façon de la béarnaise (pas la sauce, la maréchaussée, suivez !) : elle n’a convoqué qu’une dizaine d’étudiants du lycée professionnel François Cevert pour mener son enquête.

    Un doute me vient : s’agirait-il d’un énième exemple de ce que les chercheurs Jean-Hugues Matelly et Christian Mouhanna décryptaient comme les effets pervers des « sarkomètres » dans leur livre « Police : des chiffres et des doutes. Regard critique sur les statistiques de la délinquance » paru en 2007 aux éditions Michalon ? Un adouci de la bonne vieille tactique consistant à faire « du crâne » ou du « bâton » pour améliorer les chiffres ?

    Selon une note interne de la gendarmerie datée du 2 août 2006 « L’action des militaires qui s’inscrivent résolument dans cette culture de performance doit être reconnue et récompensée. Ainsi la prime au mérite peut être utilement adossée, par exemple, aux résultats obtenus en matière de rétention administrative du permis de conduire ou d’immobilisation du véhicule, qui sanctionnent des infractions très graves »

    Il ne faut pas hésiter à poser la question : pourquoi les gendarmes n’ont-ils pas saisi l’objet du délit et immobilisé le crayon ?

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 18 février 2009

    11/02/2009

    Grand Frère veille

    Frère bauer (1).jpgCrime de lèche majesté dans la douce France du bon roi Nicolas : aux ordres de son suzerain, Dame Pecresse vient de doter l’enseignement supérieur d’une chaire de criminologie. L’étude du crime n’est certes pas encore en Sorbonne, mais rassurez vous, enseignants et chercheurs, le salut arrive : un premier poste est créé.

    Dès après laudes, la voix de frère Alain Bauer va désormais résonner au chapitre du CNAM. L’ex Grand Maître du Grand Orient, adoubé par le monarque et ami d’icelui est aussi un ex-rocardien qui oncques n’aima Jospin et le fit savoir. Il rejoint la cohorte des sinistres séduits. Pour moi, c’est aussi un vilain qui refusa sa voix à Dame Ségolène, pourtant royale et qui, là encore, le fit savoir, enragé qu’il était de n’avoir pas été reçu à temps en audience par la belle qui querellait son ami et maître. De toute façon, le ban et l’arrière-ban savaient déjà à qui il allait faire allégeance tant il était souvent en cour Beauvau où siége le lieutenant chargé de haute police. Il est bardé de contrats que la société qu’il dirige passe avec moult villes en France et en Navarre : surtout des contrats locaux de sécurité qu’il remplit naguère pour des collectivités de senestre. De nos jours, l’homme est sans conteste de dextre, conseiller officieux du super lieutenant de police et Grand Observateur de la Délinquance. Comme le dit si bien Christophe Carèche, l’échevin senestre de Paris « Il a construit une carrière à la limite du politico-public, de l’élu et du fonctionnaire, sans avoir jamais été ni l’un ni l’autre ; c’est une figure unique, assez curieuse ».

    Par grâce du roi, voilà frère Bauer titulaire d’une toute nouvelle chaire sans avoir à passer le barrage de la commission des magistères qui doit évaluer les apports scientifiques du candidat. À la trappe, l’évaluation. Une fois de plus, le roi est inconséquent. N’avait-il pas dit - certes un peu rapidement - que les enseignants chercheurs ne sont pas assez évalués ?

    Ceci étant, voir quelqu’un trouver un poste à vie en ces temps de crise, voilà qui prouve s’il en était besoin, le vrai penchant social de la cour. Circulez manants.

    Et puis, notre frère Alain est méritant qui, en décembre dernier, remettait à MAM notre Grande Inquisitrice, 26 propositions pour améliorer le contrôle de fichiers de basse police. Quoi qu’à y regarder de plus près, ses préconisations sur « l’apparence » des suspects et sur le fichage des mineurs dès 13 ans ne fassent pas l’unanimité ; comme celle de recenser des mineurs pour « des activités susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique », recommandation baueresque à la formulation si vague qu’elle permet en fait le fichage préventif des frères mineurs. Cela ne vous rappelle rien ?

    Bon, j’arrête d’être mauvaise langue, le pilori me guette si la basse police lit ce libelle.

    Et puis, nous sommes bien gardés puisque MAM vient de décider, suite au rapport de frère Bauer la création d’un « service d’audit et de contrôle interne des fichiers » de la police et de la maréchaussée. Frère Alain va pouvoir prospérer sur la peur durant de nombreuses années.

    Grand Frère Nicolas veille… Et Petit Alain gagne.

    Jean-Paul Schmitt

    04/02/2009

    Non possum

    barbarin.jpgParoles d’apôtres en réponse aux princes qui leur interdisaient de prêcher la bonne nouvelle.

    Comment ne pas faire nôtres ces mots quand un des princes de l’Église, le premier d’entre eux, décide de réintégrer un évêque négationniste avec les bêlants excommuniés qui le suivent et dont un bon nombre marmonnent en latin des patenôtres racistes.

    Je rêvais de me mettre sur le tard au latin, cette source féconde de ma langue. Mais c’est décidé, exit le latin. Pardon, fini le latin.

    Non possum. Je ne peux pas.

    Je ne pourrai jamais accepter qu’une Église qui se proclame « sainte, apostolique et romaine » ouvre ses portes à ceux qui nient la Shoa ou qui, arrogance extrême, prient « pour la conversion des Juifs ».

    C’est ma révolte tardive contre le père. Papa Benoît veut ouvrir les portes de l’Église aux traditionalistes de Lefebvre, excommuniés jusque-là ? Alors halte au latin. Halte aussi à cette novlangue qui appelle traditionalistes des évêques qui en fait sont des intégristes. Je sais que les intégristes catholiques ne sont pas tous maurassiens ou vichystes, mais leur union derrière un Lefebvre qui s’opposait à l’ouverture au monde prônée par le concile Vatican II est pernicieuse. Je sais aussi que ceux qui suivent les messes en latin ne sont pas tous des racistes et des antisémites. Mais qu’ils pensent alors à l’importance du signal donné au monde par l’intégration du sieur Williamson (décidément, je n’arrive pas à lui donner du Monseigneur). Cet homme professe des thèses proches de celles de l’extrême droite. Prenez par exemple ces bons abbés Guillaume de Tanoüarn et Philippe Laguérie : en 2003 alors qu’ils sont responsables de la revue « Pacte », celle-ci publie un brûlot selon lequel « les Maghrébins » sont des « benladistes en herbe ». L’abbé Laguérie n’en n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai : déjà en 1987 il déclarait à Libération que les Juifs « tiennent la France en dictature » et que les thèses des négationnistes Roques et Faurisson étaient parfaitement scientifiques.

    Un Philippe lyonnais, très communicant et que je trouve parfois un peu restaurateur (vous me direz que dans la capitale de la gastronomie…) a trouvé bien cette main tendue du pape. Moi, cette main du Père, je la ressens comme une gifle. Ceci étant, j’ai cru comprendre que le cardinal portant kippa rouge (je connais la différence entre une calotte et une kippa : je fais exprès) et qu’on ne peut pas soupçonner d’antisémitisme admet quand même que les excuses du sieur Williamson, antisémite notoire, sont quelque peu insuffisantes. Encore un pas Monseigneur !

    Puisque désormais c’est porte ouverte aux pires conservatismes, c’est quantum sufficit. Basta quoi !…

    Puisque les positions absurdes des grands pasteurs de l’Église catholique ne sont pas négociables ; puisqu’ils continuent à imposer des règles qu’on ne trouve dans aucun de ces beaux textes qu’on appelle Évangiles : pas de prêtres mariés, pas de femmes prêtres, pas de communion pour les divorcés remariés, pas de contraception hors l’abstinence… et cætera, alors sans moi.

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 4 février 2009.

    07:25 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eglise, lefebvre, catholique, vatican, exommunie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

    29/01/2009

    Le tee-shirt républicain

    darcos (1).jpgSoulagé, Xavier Darcos  a enfin trouvé un remède efficace pour supprimer les différences visibles de niveau social ou de fortune à l’école. Un de ces bons remèdes d’autrefois, trop vite abandonnés au profit des pilules Nike et autres fashion’s medicine

    Malin, il a su éviter la blouse. Trop rétro. Depuis 2003, ce sujet de l’uniforme scolaire lui tient à cœur et l’obsède. En septembre dernier, enfin, en visite dans une école du Bronx, il a trouvé la solution : le tee-shirt.

    Grâce au tee-shirt au logo de leur établissement scolaire, les élèves pourront porter haut le rêve d’un avenir radieux, plein d’égalité républicaine. Adieu marques et modes ! Au placard voiles, turbans, croix pectorales ou autres kippas !

    Xavier Darcos trouve des vertus à l’uniforme qui, dans certains établissements « où il y a une très grande mixité sociale, de très grandes diversités d’origine présenterait beaucoup d’avantages ». Mais bon, amis réfractaires, inutile de s’affoler, son entourage dit que « l’on n’imposera rien, mais si un directeur d’établissement se porte volontaire… »

    Quoique, à bien y réfléchir, l’uniforme obligatoire pourrait aussi, s’il était porté en dehors de heures de cours, y compris la nuit, favoriser la relance du petit commerce : on vendrait des pyjamas et des chemises de nuit au logo des écoles et, pour ceux qui dorment nus, les tatoueurs auraient de belles heures de travail devant eux, sous réserve de respecter évidemment un des modèles reconnus par le rectorat.

    L’obligation du port continu de ces tee-shirt de rêve présenterait également un autre avantage : les 5000 agents que Xavier Darcos va engager en emplois aidés pour prévenir les familles de l’absence de leurs enfants à l’école pourraient beaucoup plus facilement repérer les écoliers buissonnants.

    À propos, quel sera l’uniforme de ces surveillants d’absence ?

    Que notre Ministre se rassure, je parie qu’il y aura du monde avec tee-shirt et badges lors des manifestations du 29 janvier. Il y aura même des drapeaux, de la musique, des porte-voix, des fumigènes… et des uniformes. Ceux des CRS. Il pourrait d’ailleurs suggérer aux ex-RG qui abusent du costume civil d’adopter eux aussi des tee-shirt « I love SDIG ».

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 29 janvier 2009

     

     

    08:58 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : xavier darcos | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

     
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