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04/10/2009

Pamuk à Lyon

Orhanpamuk.jpgMercredi prochain, le Maire de Lyon remettra la médaille de la ville à Orhan Pamuk avant que le Prix Nobel de Littérature 2006 ne dialogue, à l’invitation de la Villa Gillet, avec la journaliste du Monde Raphaëlle Rérolle. Cette manifestation organisée dans le cadre de la saison de la Turquie en France est un évènement majeur au moment ou Gallimard met à disposition du public français « D’autres couleurs », un recueil d’une soixantaine de récits et discours d’Orhan Pamuk qui permettra au lecteur d’encore mieux saisir le point de vue et la personnalité de l’auteur de « Neige ».

Esprit libre et auteur d’exception, Pamuk occupe une place importante dans la vie culturelle et démocratique de son pays. Citoyen particulièrement engagé et conteur hors-pair, avec Orhan Pamuk, le public de la Villa Gillet découvrira la dimension intellectuelle et politique d’un écrivain majeur de la littérature contemporaine, un auteur qu’il appréhende jusque là uniquement par ses romans mais aussi par le magnifique portrait qu’il a fait de sa ville d’Istanbul.

Pamuk, comme beaucoup d’intellectuels Turcs n’a jamais voulu négocier de compromis sur la question des droits et des libertés dans son pays. Sur l’épineuse question du génocide des arméniens et de sa nécessaire reconnaissance, comme des dizaines d’universitaires, journalistes et artistes, Orhan Pamuk s’est toujours exposé, son Prix Nobel lui servant par ailleurs d’efficace bouclier. A un moment ou la question arménienne interpelle de manière presque frontale l’histoire de la Turquie, ou intellectuels Turcs et arméniens amorcent d’utiles dialogues, la présence de Pamuk est presque une bénédiction. Que Guy Walter et son équipe soient remerciés.

  • > Orhan Pamuk à Lyon le 7 octobre 2009

- 18h00, Salons de l’Hôtel de ville, remise de la médaille de la ville par Gérard Collomb. Une cérémonie ouverte à tous et gratuite à condition de réserver.

- 19h30, Institution des Chartreux, 11 rue Pierre Dupont, Lyon 1er arrondissement. Rencontre avec l’auteur. Réservation obligatoire, tarifs de 2 à 8 euros.

Lyon, le 4 octobre 2009.

01/10/2009

Dialogue

Ahmet insel michel marian.jpgJ’ai appris à me méfier de ces bouquins d’entretiens qui désormais se multiplient comme des hamsters. Encore plus de ceux constitués de dialogues souvent arrangés mis en scène par un éditeur flairant le bon coup. Celui dont je veux vous parler aujourd’hui est pourtant un dialogue et l’éditeur qui nous le propose un professionnel parmi les plus sérieux. Autant dire que je vous en recommande la lecture. Il s’agit, vous l’avez compris de « Dialogue sur le Tabou Arménien » un ouvrage co-signé par deux intellectuels, l’un Turc, Ahmet Insel, l’autre Français d’origine Arménienne, Michel Marian. Ces deux protagonistes, qui sont respectivement économiste et philosophe, se sont rencontrés alors que Turquie et Arménie posaient les premiers jalons d’une normalisation encore hypothétique. Ahmet Insel est signataire de la pétition « demandant pardon aux Arméniens pour la grande catastrophe », Michel Marian dont on peut lire assez régulièrement les textes dans « Esprit » est l’un de ceux qui ont remercié publiquement pour ce geste les signataires de la dite pétition. Nos deux hommes ont été, je le crois, très marqués par l’assassinat du journaliste Hrank Dink et expriment dans leur échange une volonté commune de faire ensemble un bout de chemin, celui du dialogue sur le long parcours qui s’annonce bien mal balisé et qui devrait, espérons-le, conduire à la reconnaissance d’un génocide et à la réconciliation encore lointaine de ces deux peuples.

Si cet ouvrage plutôt ramassé avec ses 150 pages permet l’évocation d’une famille arménienne, celle de Marian, et de Garnik l’un des trois fils de la grand-mère Hripsimé qui sera le seul à échapper à l’ordre de déportation des Arméniens. Il permet aussi à Insel de parler du second mariage de son grand-père quelques quatre ans avant le génocide précédant la naissance d’un père né quant à lui en 1916 du côté d’Izmir. Si ces courtes approches biographiques familiales permettent utilement, non seulement de planter le décor, mais surtout de mieux comprendre des itinéraires proches mais jamais convergents du Turc et du Français Arménien d’origine, on comprendra aisément que ce n’est pas le cœur de ce dialogue qui n’hésite pas à se coltiner de façon simple et directe un problème plus qu’épineux enraciné dans l’inconscient des deux hommes. Des difficiles années soixante à l’assassinat de Dink la question du génocide hante un dialogue fait de respect, d’humanité et des arguments les plus fondés. Même si la politique conduite aujourd’hui par Erevan, la place de la diaspora et le contexte international ne sont qu’assez peu pris en compte dans l’ouvrage on ne peut que féliciter Insel et Marian d’avoir noué ce débat, l’éditeur Liana Levi de l’avoir porté à notre connaissance et à la journaliste Ariane Bonzon de l’avoir rendu possible. Recommandé!

Lyon, le 1er octobre 2009.

PS : Rappel, c’est samedi 3 octobre à 20h30 que se tient à Ainay le concert organisé par le comité de soutien à Guy-André Kieffer.

27/09/2009

La légende du mort-vivant

Yann Moix.jpgLes livres écrits, lus et relus, imprimés et diffusés en une poignée de semaines envahissent les rayonnages de nos librairies. Arrivés plus vite que le vaccin en pharmacie, ceux concernant par exemple la grippe sont déjà là. Cet été, alors que le « roi de la pop » était encore au réfrigérateur, ceux concernant la vie et l’œuvre de Michael Jackson, jouaient du coude en tête de gondole. Parmi ces ouvrages, celui de Yann Moix, intitulé « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » mérite que l’on s’y intéresse. C’est probablement le plus personnel du lot.

La rapidité de rédaction n’étant pas encore une qualité en littérature, mais cela ne devrait pas tarder à le devenir, nous passerons sur l’exploit, par ailleurs assez modeste, visant à écrire 150 pages en quinze jours portant ainsi le ratio à dix pages par 24 heures. Passons aussi sur l’exploit, cette fois-ci commercial, de Grasset nous refilant les dites 150 pages pour 13 euros, mais je m’égare. Revenons donc à Moix qui signe un de ces petits bouquins plutôt agréable à lire.

L’auteur est un fan, c’est donc à un livre de fan que le lecteur doit consacrer deux petites heures. L’auteur est aussi un esprit vif qui, autour d’un pitch en vérité aussi épais qu’un maxi-vinyl, nous trousse un texte pas si mal fichu que cela qui conjugue banalités et paradoxes, des évidences qui engendrent des curiosités et une sorte de littérature qui respire comme des mathématiques. Vous l’avez compris, ne comptez pas sur moi pour vous dire du mal de ce « Cinquante ans … ». Un bouquin qui nous livre le meilleur, comme au tout début à propos de considérations comparatives avec le Président Kennedy, mais aussi parfois le plus tarte, ce qui est le cas quand Moix se risque à évoquer Kerviel ou Dutroux.

En fait, la faiblesse du bouquin, et c’est toujours le cas à chaque fois qu’un fan décide d’écrire, c’est que Moix, qui proclame que « Maintenant qu’il est mort, Michael Jackson est vivant », en oublie de se rappeler que la disparition de Bambi était acquise depuis bien longtemps, j’évoque vous vous en doutez la mort artistique du chanteur. Contrairement à Kennedy dont Moix dit « que sa mort était supérieure à sa vie », on pourrait dire que concernant le même JFK, deux secondes avant sa mort, l’homme était encore vivant. Tel n’était vraiment pas le cas de Michael Jackson. Moix devrait pourtant savoir que les véritables mythes du rock and roll et de la pop ne prennent leurs racines que quand la mort frappe un artiste de son vivant.

  • > Yann Moix, « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson », Grasset, 2009, 12,90 €.

Lyon, le 27 septembre 2009.

26/09/2009

Numéro deux

couv1.jpgLes lecteurs du « Coup de grâce » pris d’un estival « chi-chi » en feuilletant du bout des doigts le premier numéro de la nouvelle revue culturelle lyonnaise, devraient être rassurés en lisant cette deuxième livraison qui tirée à « trois «  épingles (saisir, découvrir, choisir) est une réussite. Longuement consacré aux arts plastiques, dixième édition de la biennale lyonnaise oblige, ce deuxième opus du « Coup de grâce » ne se cloître pas pour autant dans la presqu’île puisque l’équipe de Guillaume Tanhia nous propose d’aller jeter un coup d’œil vers la Duchère, St Etienne en interviewant entre autre Françoise Goubert et surtout une randonnée valentinoise opportune sans oublier de petites escales en pays viennois, à Roanne et à St Julien Molin-Molette.

Moins métropolitain, plus exotique mais tout aussi intéressant, c’est du côté de Tokyo que nous entraîne Nino d’Introna, le patron du « Théâtre Nouvelle Génération », façon d’ouvrir la voie à Margot Carrière de « La Belle Zanka », qui, quant à elle, raconte son premier voyage à Yokohama.

« Le Coup de Grâce » c’est 170 pages, alors ne comptez pas sur moi pour vous décrire en détail le menu de ce numéro de rentrée qui évoque aussi la rencontre de Gallotta et Bashung, Thierry Raspail dans le texte et plus de vingt-pages de portfolio. Après en avoir terminé avec son dictionnaire de Lyon, ce deuxième numéro marque aussi la rentrée de Patrice Béghain qui titulaire d’une chronique, cette fois-ci consacrée à l’offensive des bigots à l’égard de l’Art Contemporain, évoque aussi Tiepolo et plus particulièrement l’ouvrage de Roberto Calasso dans les pages désignées sous le curieux vocable de « l’industrie culturelle » et surtout les époux Pontié et leur vin de Cahors. De quoi peut-être nous laisser espérer, dans le numéro trois, une rubrique sur l’art des jardins confiée à l’excellent ancien Adjoint à la Culture ?

Comme l’indique Guillaume Tanhia dans un édito intitulé « Baise-moi », le premier numéro mis en vente au début de l’été, « fut une réussite financière ». N’allez surtout pas en tirer comme conclusion que notre homme roule désormais en rolls et s’habille chez Zili. Vous le savez éditer une pareille revue est une gageure financière. S’y abonner est donc un geste de soutien utile, fort et agréable.

Lyon, le 26 septembre 2009

21/09/2009

Les auvergnats sont-ils tous des beaufs ?

JL Murat.jpgC’est aujourd’hui que sort « Le cours ordinaire des choses » le nouvel album de Jean-Louis Murat dont je vais vous dire probablement le plus grand bien d’ici quelques temps. Pour en savoir d’ores et déjà plus sur cette nouvelle aventure de l’auvergnat en Amérique on peut se reporter à « Xroads » du mois en cours qui consacre sa une à « L’enfant terrible », une interview de six pages et huit autres à une rétrospective de sa discographie. La messe semble dite, le millésime 2009 de Murat sera excellent. Les fans savent très bien par ailleurs que quand notre homme monte à Paris pour assurer la nécessaire promotion d’un nouveau disque, il se débrouille toujours pour faire un minimum de « provoc », parfois heureuse, parfois pathétique. En rencontrant Sabrina Champenois il y a quelques temps pour se faire faire le portrait dans Libération Murat semble avoir été au-delà du pathétique, il est devenu définitivement un beauf. D’après ce que l’on peut lire dans l’édition du 14 septembre dernier du quotidien forum à Lyon ce week end, c’est un Murat vautré sur le lit de sa piaule, dos tourné à la journaliste, qui a joué à la diva désagréable. Attitude calculée s’interroge la journaliste ? C’est évident. « Il est de ma responsabilité » dit le pequeneau à Libé « de rendre ce moment inoubliable » en guise de préambule après avoir pesté sur les quarante interviews à donner. Si Murat est un merveilleux auteur-compositeur-interprète, il faut savoir qu’il est doublé de talents en photographie dont il doit être le seul à être persuadé du caractère génial. Qu’à cela ne tienne, le photographe et chanteur auvergnat d’enchaîner par un définitif, la « photographie c’est pas un art, pas un métier, rien » histoire de caser un de ses minables auto portraits qui illustrera l’article en question. Passons sur « Le photographe devrait être un esclave », débouchant sur « A l’école, j’étais chef, au foot ou au rugby, j’étais toujours capitaine. J’ai jamais été sous-fifre » puis sur un, à la maison « Pareil, c’est moi le patron ».

S’en prenant « à ces abrutis de gauche » à propos de la loi Hadopi, à l’écrivaine Marie N’Diaye qui vient de produire « un pissat de femelle », à Bové, à Cohn-Bendit, à la médiocrité des autres, de tous les autres, à la terre entière.

L’histoire ne dit pas si ce jour là notre beauf était imbibé, pour sa défense on aimerait croire que oui. D’ailleurs la question de l’alcool est le dernier morceau de bravoure de Murat face à Libé car le chanteur déteste paraît-il les gens qui ne boivent pas. Je vous confie d’ailleurs en guise de conclusion cette citation qui ponctue le portrait dessiné par cette pauvre Sabrina Champenois. « J’aime bien Keith Richards » confie l’artiste, « il peut se faire dix fix, tomber une bouteille de vodka, il reste impeccable. C’est pas comme ces p’tits cons qu’ont bu trois verres de rouge et qui se pissent dessus sur scène. »

Une chose avant d’en rester là. C’est confirmé, Murat est un beauf qui fait de bons albums. Après la sortie de Hortefeux, mes amitiés aux Auvergnats qui ne méritent pas tant de honte.

Lyon, le 21 septembre 2009.

18/09/2009

Patrimoine

jep2009_130.jpgCela fait maintenant 4 ans, avec une réussite chaque année renouvelée, que le Grand Lyon propose les désormais traditionnelles journées du patrimoine qui, faut-il encore le répéter, ne se limitent pas à la découverte de monuments ou d’édifices. Cette année un nouveau changement d’échelle s’opère puisque dans le cadre de la construction de l’Euro-Métropole lyonnaise, Villefranche-sur-Saône, Bourgoin-Jallieu et Saint-Etienne participent à cette édition 2009.

Parmi les centaines d’opportunités qui se présentent, beaucoup de nouveautés mais aussi quelques judicieuses propositions que je veux pointer dès aujourd’hui afin que vous puissiez préparer vos pérégrinations patrimoniales qui, je le rappelle, concernent le week end du 19 et 20 septembre.

  • > Les promenades musicales de l’Orchestre National de Lyon avec des concerts à la Confluence, à l’Antiquaille, sur les Berges du Rhône, au Musée Gadagne, au Grand-Lyon.
  • > « Les Utopies réalisée »

Le réseau mis en place par la R.U.L (Région Urbaine de Lyon) nous invite à nous pencher sur le patrimoine du XXème siècle au « Quartier des Etoiles » (Givors), « Musée Urbain Tony Garnier » (Lyon 8ème), l’Appartement Témoin des Gratte-ciel (Villeurbanne), le Couvent de la Tourette (Eveux) et le Quartier de « Firminy vert ».

  • > « Les croisières en Val de Saône » avec le passage de l’écluse de Couzon.
  • > L’Exposition « Au détour de l’eau et de ses usages » sur la péniche du Grand-Lyon (Berges du Rhône – Lyon 3ème)
  • > La Cité Internationale pour un « envers du décor »
  • > Les abris anti-aériens du quartier des Etats-Unis construits sous le boulevard du même nom au début de la seconde guerre mondiale et redécouverts lors des travaux de la ligne T4 du tramway.

Un site, www.grandlyon.com/jep est entièrement dédié aux journées du patrimoine. On peut y trouver l’ensemble des offres, une cartographie complète, un programme téléchargeable au format pdf. Bonnes visites.

Lyon, le 18 septembre 2009.

14/09/2009

Voyage, Voyage (air connu)

coup-pour-coup.jpgAvez-vous entendu ces temps-ci André Glucksman, l’homme qui murmurait jadis aux oreilles du Président que son destin était de combattre pour les droits de l’homme, avec les Tchétchènes, contre la « Françafrique ». Envolé le Dédé. Comme quoi quand on fait le long voyage de Mao à Sarko, une fois arrivé à destination, on est débarqué.

Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

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[EDIT JYS]:

Je viens d'apprendre avec tristesse le décès d'Yvonne L'Huillier, ancienne élue apparentée socialiste, adjointe du 9e arrondissement de Lyon. Pendant plusieurs mandats elle s'était occupée de nombreux dossiers en particulier consacrés aux affaires sociales, aux personnes âgées ou à la petite enfance.

Je présente donc à tous ses proches, à sa famille et ses enfants mes plus sincères condoléances.

Lyon, le 14 septembre 2009.

Illustration: DR

13/09/2009

Piano

piano.jpgUne fois n’est pas coutume. Quelques mots aujourd’hui à propos de musique classique et en particulier quant à « Piano à Lyon », l’association repartant en beauté pour la saison 2009-2010. En quelques années « Piano à Lyon » s’est imposé au point que parmi le petit monde parfois mesquin du classique on entend dire que du bien d’une programmation jugée par les spécialistes comme une série de « sans faute ». Avec sa petite douzaine de concerts, tous prévus salle Molière, les amateurs de piano vont encore une fois se régaler. C’est le 16 octobre prochain, avec Bruno Leonardo Gelber que s’ouvrira une saison ponctuée de rendez-vous attendus avec, entre autre, Martha Argerich pour deux concerts en novembre, Hüseyin Sermet, dans le cadre de la saison de la Turquie en France, en compagnie de Gautier et Renaud Capuçon (viendra-t-elle ?), Iddo Bar-Shai (Février), Claire Désert et Emmanuel Strosser (Mars), Piotr Anderszewski (Juin) et quelques autres.

Vue la taille de notre salle Molière, au regard de l’engouement qui existe à l’égard de « Piano à Lyon », il est nécessaire d’anticiper les choses et donc de penser à un abonnement (206 euros pour huit concerts), à l’achat d’un passeport (base de 36 à 28 euros le concert) ou bien des achats à l’unité (de 45 à 17 euros). Pour connaître dans le détail la programmation, dates et réserver, il convient d’aller sur www.pianoalyon.com, de téléphoner au 04 78 47 87 56 ou d’écrire à « Piano à Lyon », 5 rue Longue, 1er arrondissement.

 

Piano à Lyon.jpg

Lyon, le 6 septembre 2009.

Photo: DR

12/09/2009

François Maspero

masperogd.jpgA l’occasion du cinquantième anniversaire des éditions François Maspero, devenues aujourd’hui La Découverte, le Musée de l’Imprimerie de Lyon fête dignement l’évènement en proposant du 16 septembre au 15 novembre une exposition intitulée « François Maspero et les paysages humains » ainsi qu’une kyrielle de manifestations toutes dignes d’intérêt.

Pour les plus jeunes, François Maspero est avant tout un écrivain, dont le travail est largement reconnu et salué. Pour ceux qui se sont engagés, à gauche, dans les années cinquante finissantes et surtout les années soixante, l’auteur du « Sourire du chat » et « des abeilles et la guêpe » est aussi un grand éditeur, un passeur d’idées via la librairie du Quartier Latin « La joie de lire » qu’il animait. On ne dira jamais assez le rôle majeur joué par Maspero dans cette période qui va de 1959 à 1982. Cette exposition consacrée au travail d’éditeur de Maspéro devrait convaincre chacun du travail accompli par les Editions Maspero à cette époque. Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Frantz Fanon, Louis Althusser, Paul Nizan, furent, parmi tant d’autres, des auteurs édités par François Maspero. Aujourd’hui en proposant une rétrospective sur ce travail le Musée de l’Imprimerie souhaite aussi mener la réflexion sur l’état de l’édition en France et la diffusion du livre.

Au-delà de cette exposition une série de conférences est programmée ainsi que des lectures de textes.

> Renseignements au 04 72 10 30 30 et sur www.imprimerie.lyon.fr | Email : mil@mairie-lyon.fr

Lyon, le 12 septembre 2009.

Photo: DR

11/09/2009

Papa Malick

Affiche-Papa-Malick.jpgEntre les avions de Dassault, vendus pas vendus, par Sarkozy aux Brésiliens, la réforme territoriale qui semble avoir pour le moment un peu de plomb dans l’aile, les tripatouillages électoraux du congrès socialiste de Reims qui remontent à la surface, le retour en force de la « Françafrique » ou l’offensive nauséabonde de la droite américaine contre Obama, les sujets et occasions ne manquent pas en cette rentrée. Cela étant je m’étais promis de vous dire quelques mots sur l’exposition de rentrée du Musée Africain de Lyon qui présente depuis le 9 septembre, et jusqu’au 4 octobre, « Guissané : la poésie du signe », le travail de l’artiste contemporain Papa Malick, plus connu dans certaines contrées du Sénégal sous le nom de « Vieux » Niang.

« Guissané » est un terme wolof qui signifie « sorcier » ou plutôt un sorcier lisant l’avenir par une interprétation de traces dessinées dans le sable avec les doigts. Partant de ces gestes du sorcier, Papa Malick, sur ses toiles, propose donc des œuvres faites de pigments et sciures qui entendent renouer avec la tradition, la culture sénégalaise, la mémoire. Ces œuvres faites de traces, signes indéchiffrables, pictogrammes mystérieux, sont visibles dans le Musée Africain du cours Gambetta qui demeure malheureusement un lieu peu connu que j’invite chacun à visiter.

Avec l’exposition consacrée à François Maspero par le Musée de l’Imprimerie que je compte évoquer demain, il convenait de signaler ces deux manifestations qui risquent de peser bien peu lourd face à la Biennale d’Art Contemporain qui déboule avec ses gros « Ça beau ! ».

  • Papa Malick, Musée Africain de Lyon – 150, Cours Gambetta, Lyon 7ème arrondissement – Métro Ligne D, Garibaldi. Renseignements au 04 78 61 60 98 et sur www.musee-africain-lyon.org

Lyon, le 11 septembre 2009.

06/09/2009

Les noirs de Giorda

bellecour 1987 130 x 195.jpgOn parle souvent des noirs de Soulages. Il les baptisait lui-même « outre-noir » ou « noir lumière ».

Stries. Traits épais comme du goudron. Et votre regard se déplace pour accentuer ou atténuer la brillance des reflets : les noirs de Soulages sculptent la lumière. Ceux de Patrice Giorda révèlent des absences impossibles à combler. La magie des noirs de Soulages est dans le mouvement de l’œil qui les parcourt. Celle des noirs de Giorda est dans la contemplation immobile d’une béance obsédante. Ses noirs sont attente. Il dit parfois que « le noir donne l’être à la couleur et que la couleur endosse la faiblesse du noir ».

Giorda joue des contre-jours, des obscurités, des pénombres, des nuits. Ses noirs font éclater l’ocre et le jaune sur « Bellecour » - place des angoisses façon Reverzy, « fantomatique comme un trépas » - quand un soleil de désert l’écrase de mystère. Dans les représentations de « La grande institution », ses noirs apportent aux couleurs acides, aux jaunes, aux rouges, aux verts, des frissons de dortoirs, des odeurs de salles de classes et des tristesses de pensionnat encore et toujours hantés par des souvenirs perdus dans des contours mangés de ténèbres.

Dans ses « Terrasses », « cette partie de soi que l’on expose au monde et à la lumière, tout en se sentant protégé par l’espace intérieur auquel on continue d’appartenir », ses noirs font naître la couleur du linge, du ciel, d’une montagne, d’un banc sale. Quant à ses « Chemins », son « Petit cimetière », ses « Tombes sous la lune », ses « Arbres »…

J’ai découvert Patrice Giorda au musée Dini à Villefranche, il y a quelques années. « Giorda », une édition bilingue français-anglais parue chez RH Editions en 2008 rend assez bien compte de l’œuvre de cet artiste lyonnais. Comme souvent hélas dans ce genre d’ouvrage pourtant soigné les couleurs des photographies ne sont pas toujours à la hauteur de celles des tableaux.

Je retournerai donc au musée Dini. Vous êtes peut-être allés à la galerie Emiliani à Dieulefit où il a exposé quelques grands bouquets de fleurs et une aquarelle jusqu’au 30 août.

« La lumière naît quand la couleur cesse d’exister pour devenir espace ». Patrice Giorda.

Jean-Paul Schmitt

28/08/2009

X comme « XXI »

X.jpgCela faisait longtemps que je voulais signaler l’aventure de cette étonnante et « classieuse » revue « XXI » (vingt et un) qui semble s’installer dans la durée comme quoi le talent et l’innovation peuvent encore s’imposer tout en ne bénéficiant pas de l’appui des mastodontes industriels même si Gallimard et Flammarion participent à son capital.

« XXI », depuis moins de deux ans, sillonne le monde des arts, de la littérature et de la politique de façon inédite non sans accorder une place décisive au visuel. Avec « Le Tigre », cette revue est probablement la bonne nouvelle des années 2000. On pourra toujours objecter tel angle de prise de vue sur les affaires du monde ou un ton parfois irritant, il n’empêche que « XXI » est à découvrir et à soutenir.

IMAGE_XX1-a1533.gifEn décidant à la fin du printemps de sortir son premier numéro hors-série intitulé « Histoires de livres » la revue montre tout de même un manque de souffle, les soixante pages proposées n’offrant pas le foisonnement que véhicule traditionnellement la revue régulière. Cela étant on lira avec intérêt le texte offert par Orhan Pamuk et « La bible de Gutenberg au pays des Soviets » d’Yves Stavridès, le Portofolio et les news se situant en deçà de nos espérances.

  • > « XXI », 3 rue Rollin, Paris 5ème - 01 42 17 47 80 et www.leblogde21.fr. Le formulaire d’abonnement étant directement téléchargeable

Lyon, le 28 août 2009.

27/08/2009

W comme « Woodstower »

W.jpgSi l’on comptabilise la phase pionnière de la Tour de Salvagny, Woodstower va signer cette année sa 11ème édition. Le festival lyonnais installé définitivement sur le grand parc de Miribel-Jonage sonnera donc les 28, 29 et 30 août la fin de l’été 2009 autour d’une programmation qui devrait convaincre un public nombreux. En effet, si tel n’était pas le cas cela serait à désespérer. Comme à son habitude, la soirée inaugurale de demain sera en partie placée sous le signe du reggae et du dub avec, en tête d’affiche, Dub Inc. La soirée du samedi, quant à elle, offre un plateau de première bourre avec le quasi-dépressif Hip-hop de Tricky vu il y a déjà pas mal de temps dans nos contrées (Fourvière ?), Peaches l’électro-canadienne la plus allumée mais aussi les toujours épatants Herman Düne que l’on ne se lasse pas de voir et de revoir. Si on ajoute à cela Zombie Zombie l’extravagant rejeton de la famille Düne et Max Tundra un briton dont on nous dit le plus grand bien, cette édition 2009 se présente plutôt bien à condition que dame météo y mette du sien.

Woodstower 2009.jpgArts de la rue, Village associatif, cadre champêtre du parc, ateliers, spectacles pour enfants, la sympathique équipe de « Woodstower » mijote depuis des mois cette édition 2009. Sachons être à la hauteur de son investissement.

  • > « Woodstower 2009 », grand parc de Miribel-Jonage

- Vendredi 28 : Dub Inc – Sporto Kantes – Mardi Gras BB – Dadi et Charlie – Kosh – Aphte Punk …

- Samedi 29 : Tricky – Peaches – Herman Düne – Zombie Zombie – Hindi Zahra – André Duracelle …

- 29 et 30, accès libre en journée

Renseignements sur www.woodstower.com

Lannemezan, le 27 août 2009.

24/08/2009

T comme « Trente »

thumb_T.jpgLa Maison de la danse fête ses trente ans soit douze ans au théâtre de la Croix Rousse et désormais dix-huit dans l’ex théâtre du huitième. Après une biennale 2008 d’une réussite exceptionnelle, pour ce trentième anniversaire Guy Darmet combine, fidèle à sa ligne, un programme 2009 qui mêle spectacles les plus populaires et artistes parfois plus difficiles d’accès. Il est donc temps de penser « abonnement » puisque certains spectacles risquent d’être rapidement « Sold out », je pense aux quatres jours du « Nederland Dans Theater », ou bien à la ruée que risque de provoquer « In the sky with Diamonds », une production brésilienne à partir des chansons des Beatles qui sera une première française.

Peut-être suis-je en définitive conservateur mais ce qu’il y a de plaisant dans la programmation de la Maison de la Danse c’est bien évidemment la possibilité de faire des découvertes mais aussi de retrouver régulièrement certains artistes. Cette année avec Antonio Gades, l’American Ballet Theatre, le retour de Blanche Neige d’Angelin Preljocaj, les danseurs et percussionnistes de Stomps, Mourad Merzouki qui va mixer, avec Käfig, hip-hop et capoeira, il devrait en avoir pour tous les goûts. Pour ce qui concerne les créations Abou Lagaa avec la Compagnie Baraka et Le Quatuor Debussy mériteront, en mars, le détour tout comme, dans un autre genre, « Système Castafiore » de Marcia Barcellos et Karl Biscuit.

  • > La Maison de la Danse, renseignements au 04 72 78 18 18, location au 04 72 78 18 18 et sur www.maisondeladanse.com

Lannemezan, le 24 août 2009

 

18/08/2009

R comme « Rock dreams »

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En 1973, fruit du travail conjoint et complice du graphiste Guy Peellaert et du journaliste Nik Cohn sortait « Rock dreams » un livre décrit alors par le Los Angeles Times comme « de la musique pour les yeux ».

De Dylan prostré au fond d’une limousine à Mama Cass à poil dans la position du lotus à Creeque Alley, des Beatles coursés par les flics dans strawberry fields jusqu’à Eddy Cochran reluquant les filles déambulant dans Main Street, les chromos du bruxellois lestés des courts textes du critique rock demeurent dans l’esprit de tous comme la plus belle galerie des mythes du rock avec son lot de lumière et sa cargaison d’ombre. Les images de Peellaert respirent en effet plus la déprime et la mort que les paillettes. Jerry Lee Lewis, bourré, éclusant sous la pluie sa énième bouteille de whisky, Johnny Cash derrière les barbelés, James Taylor cuvant alors que Carole King passe la serpillière, Janis Joplin avachie sur son lit, Ian Anderson en vieux satyre, scène de crime avec ce pauvre Sam Cooke, Donovan paumé sur la colline d’une décharge, constituent le petit peuple de la légende du rock. Un rêve aux accents de cauchemard. On le sait, Guy Peellaert s’en est allé en novembre 2008 laissant derrière lui une œuvre exceptionnelle. Sa dernière série, consacrée à la pop belge restera inachevée mais jusqu’au 28 septembre prochain la Fondation Dina-Vierny propose une exposition intitulée « Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye » bel hommage à l’artiste disparu. Encore donc un tout petit mois pour aller la visiter.

  • 02aaf96642a0a9d593ddc110.L._AA240_.jpg>Guy Peellaert, « Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye »

Fondation Dina Vierny – Musée Maillot – 61 rue de Grenelle, Paris 7ème arrondissement.

Jusqu’au 28 septembre 2009

  • >Guy Peellaert, « Bye Bye, Bye Baby, By Bye »

Fondation Dina Verny, Gallimard, 29 euros.

  • Rock dreams », Guy Peellaert et Nik Cohn réédition Taschen, 2003

Hautes Pyrénées, le 18 août 2009.

 
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