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12/03/2010

Turquies

siteon0.pngDans le cadre de la saison de la Turquie en France, la bibliothèque Municipale de la Part-Dieu est à l’origine d’excellentes initiatives avec notamment « Ebru » une exposition photographique dont le but est d’évoquer la grande diversité d’un pays dont la richesse culturelle n’est plus à démontrer. Avec « Ebru, le photograqhe Attila Durak qui a partagé la vie au quotidien des habitants nous entraîne dans un voyage à la rencontre des minorités arméniennes, juives, arabes, turkmines, kurdes ou bosniaques qui composent ce vaste pays.

> « Ebru », reflets de la diversité culturelle en Turquie.

Photographies de Attila Durak du 12 mars au 12 juin 2010, bibliothèque de la Part Dieu.

Visites par Sylvie Aznavourian, commissaire le 19 mars à 13h, le 31 mars à 17h30, le 22 avril à 13h, le 19 mai à 17h30 et le 2 juin à 17h30.

« Ebru » est aussi un livre préfacé par John Berger comprenant des textes de Elif Safak, Fethiye Çetin ou Tosun Terzioglu. Editions Actes Sud.

Toujours dans le cadre de cette année de la Turquie, la bibliothèque lyonnaise organise quelques conférences qui devraient ravir les plus curieux.

« Istanbul 2010, capitale européenne de la culture », conférence de l’architecte Kohran Gümus. Vendredi 19 mars, 18h30

« Frontières culturelles de la Turquie »

> Samedi 27 mars, 10h30, table ronde avec l’historien Samim Akgönül et le politologue Ali Kazancigli.

Samedi 27 mars, 15h00, table ronde avec Attila Durak auteur de « Ebru », Fethiye Çetin auteur du « Livre de ma grand-mère » (L’Aube, 2006) et porte parole du groupe des droits des minorités, Ayse Gül Altinay, enseignante à l’Université de Sabanci et Nebahat Akkoç, fondatrice du centre des femmes.

> « La Turquie et l’union européenne »: Conférence de Can Baydarol, professeur de Sciences politiques à l’Université Kültür d’Istanbul, le 30 mars

> « L’Economie de la Turquie »: Conférence de Bahadir Kaleagasi, politologue et coordinateur du Tusiad (Bruxelles)

Renseignements sur www.bm-lyon.fr et www.culturesfrance.com

Lyon, le 12 mars 2010.

11/03/2010

Musiques en mars

visuel2010.jpgOn vient de me dire grand bien des concerts de Jack Bon, l’ancien guitariste du mythique Ganafoul. Cela tombe bien, le 11 mars Jack Bon est au festival « A Vaulx Jazz » et son album « Low class blues » dans les bacs une poignée de jours avant, de quoi réviser. Le même jour Florence and the machine, l’événement pop britannique de 2009 est au Transbordeur. Il est peut être temps d’aller voir la jeune anglaise sur scène avant que, mode oblige, on lui demande de passer son chemin. Rodolphe Burger quant à lui est définitivement installé dans le paysage musical français et depuis Kat Onoma ses multiples expériences et collaborations font de l’Alsacien un incontournable. Il sera le 26 mars au Marché gare (Lyon 2ème) c'est-à-dire trois jours après le passage du Peuple de l’herbe (23 mars, Transbordeur). Si jamais vous loupiez le Peuple ce jour là à Lyon il sera possible d’aller à Dijon le 26, à Clermont le 30 ou mieux à Firminy le 27 mars et à Bourgoin le 3 avril.

Pour revenir un soupçon en arrière mais en ayant toujours un regard métropolitain, notons que Zak Laughed est le 13 mars au Fil de Saint Etienne. Après avoir évité les Cranberries (La Halle, 21 mars), Four tops et Temptations (Salle 3000 le 30 mars) pourquoi ne pas aller faire tour à l’Epicerie moderne de Feyzin puisque les chicks on speed sont en ville le 31 mars en attendant le Brian Johnson Massacre au CCO de Villeurbanne le 20 avril.

Il paraît que le printemps est de retour et le temps des festivals avec. Voici donc quelqu’uns des rendez-vous importants sachant qu’il convient de faire attention à la programmation en se tournant vers les sites internet.>

  • > Les Chants de mars du 9 au 13 mars au Marché Gare, à la salle des Rancy et à la MJC du Vieux Lyon (Salle Leo Ferré) www.champsdemars.com et 04 78 42 48 71
  • > L’Original du 31 mars au 5 avril (www.loriginal-festival.com ) au Transbordeur, Double mixte, Kao et Marché gare/
  • > A Vaulx Jazz au centre Charlie Chaplin mais aussi à la Clef de voute du 3 au 27 mars. Renseignements au 04 72 20 48 18
  • > Musiques en scène à Lyon, Villefranche et Bourg en bresse du 1er au 21 mars. Renseignements au 04 78 27 64 48
  • > Les Printemps hurlants, place Charavelle à St Etienne du 17 au 21 mars. Renseignements au 04 77 25 93 84 et sur www.lesprintempshurlants.fr
  • > Les déferlantes, festival de chansons francophones nord-américaines à Portes-les-Valence du 12 au 18 mars. Renseignements sur www.train-theatre.com et 04 75 57 85 46.

Lyon, le 11 mars 2010.

Visuel: A Vaulx Jazz. DR

07/03/2010

C’est au CCO

448042.jpgCe n’est pas vraiment le genre de la maison mais en ce dimanche mon message s’adresse presque exclusivement aux fondus du rock-garage, aux afficionados d’un binaire tout juste décoffré, à ceux qui sont scotchés dans le passé et qui ne devront pas demain soir oublier de se rendre au CCO de Villeurbanne pour y applaudir les Bell-Rays mais surtout leur première partie, les Fleshtones emmenés par l’impayable Peter Zaremba. Je le sais, vous parler de la première partie d’un concert donné dans un coin reculé de Villeurbanne est assez segmentant. En effet, parmi celles et ceux qui les connaissent, qui peut bien encore se souvenir des Fleshtones, un groupe new yorkais jugé comme anecdotique qui, alors qu’il émergeait de sa cave à la fin des années soixante-dix était déjà marqué au fer rouge d’un revivalisme « garage-band » daté car remontant à la première moitié des Sixties.

Les Fleshtones écument donc à partir de leur Queens natal la scène new yorkaise depuis les années soixante-dix finissantes. CBGB’S, Max’s Kansas City mais aussi les plus petites estrades des bouges les plus minables de Manhattan n’ont alors plus aucun secret pour le chanteur et leader du groupe, Peter Zaremba, qui arpente de long en large, muni de son frénétique tambourin les planches locales porté par une formation déjà figée dans le rock le plus basique. Galères et débuts difficiles sont le quotidien d’un groupe qui devra attendre 1981 et la sortie de l’excellent album « Roman gods » pour entrer définitivement de son vivant au panthéon des paumés du rock.

Enregistré sur IRS, le label qui accueille alors REM, Zaremba et son combo vont connaître le minimum de succès et de reconnaissance qui font que, près de trente ans plus tard, quelques-uns dans mon genre se souviennent encore d’une formation dont les rares nouvelles n’ont pas toujours été bonnes depuis cette époque fondatrice.

Impossible pour moi d’assister demain soir au show d’une Zaremba dont je suis certain de la vitalité quasi olympique. Alors n’hésitez pas à y aller, vous m’en direz des nouvelles !

  • > Bell Rays et Fleshtones, lundi 8 mars 2010, 19h, CCO de Villeurbanne, 39 rue Georges Courteline.

Photo: DR

Lyon, le 7 mars 2010.

06/03/2010

La vie du dingue

Mc Keen.jpgIl y a paraît-il une foultitude de biographies de Hunter S. Thompson. Celle de William Mc Keen que les éditions Tristram viennent de traduire en français est, nous dit-on, la meilleure et c’est tant mieux. Hunter Thompson est une sorte de mythe, de mythe alcoolisé et dingo, un mythe qui parfois sème le malaise mais un mythe tout de même. Mc Keen nous chope dans le désordre un bébé de 11 livres né en juillet 37 à Louisville pour nous l’abandonner en février 2005, usé, se tirant une balle. Entre des kilos d’articles souvent cramés, l’interview fleuve à Playboy, des collaborations dans des publications plus qu’improbables, des moments de pur génie, la campagne présidentielle de « tricky dicky » Nixon, Las Vegas, la came, le Mexique, l’alcool et encore des drogues, Mc Keen nous campe une vie de cinglé, un personnage absolument à part dans le journalisme américain. Thompson ce n’est ni Alain Duhamel sous amphétamines, encore moins Christophe Barbier imbibé, Hunter S. Thompson est un cas.

Deux années à Rolling Stone, fâcheries avec le boss suite au reportage sur le duel Mohamed Ali – Foreman, bouquins avortés, ratages, fiestas, alcool et drogues, la vie de Thompson livrée ici sous le nom de « Hunter S. Thompson, journaliste et hors la loi » (pour outlaw) est en elle-même du journalisme gonzo et son auteur William MC Keen a bien du mérite et du talent de nous la livrer lisible et en bon ordre.

Nous rendre compte de la vie des anti-héros du journalisme ricain est dans l’air du temps. Philippe Garnier s’était risqué l’an passé à nous aider à parcourir celle de Grover Lewis (Grasset). Avec cette bio de Thompson, on change de braquet car sur l’échelle de Richter des allumés, l’auteur de « Las Vegas parano » brise le plafond tant explosive est la vie de celui qui se mettait en scène dans des articles décrivant celle des autres. Si après cette lecture l’over-dose ne vous guette pas, n’hésitez pas à parcourir la correspondance de notre Hunter parue il y a une poignée d’année sous le curieux titre de « Gonzo Highway » (Robert Laffont).

Hunter S. Thompson, Grover Lewis, le journalisme américain a toujours enfanté des cas d’école et à ce propos une biographie du magazine « Rolling Stone » serait probablement la bienvenue en France. Cela étant, si les années 60-70, se sont montrées de fécondes pourvoyeuses de cas plutôt lourds, cinquante années plus tôt, du côté de Manhattan, avec Weegee, le photo journalisme allait accoucher d’un sérieux client dont les Editions la Table Ronde traduisaient l’automne dernier l’autobiographie publiée aux Etats-Unis en 1961. De Zlothev (Pologne) au Lower East Side via Ellis Island cette vie étonnante du pionnier du photo journalisme américain est un petit bonheur dont je compte ce week end terminer la lecture.

  • > William Mc Keen, «  Hunter S. Thompson, journaliste et hors-la-loi », Tristram, 2010.

Lyon, le 6 mars 2010.

27/02/2010

Raccommodage

Du temps de nos grands parents, « Faire une reprise » voulait simplement dire qu’il s’agissait de raccommoder le talon d’une chaussette ou le coude d’un pull-over. Aujourd’hui pour nombre d’artistes, le plus souvent en mal d’inspiration, proposer au public des reprises c’est tout bêtement y aller de sa collection de standards plus ou moins ripolinés au goût du jour. Depuis une bonne dizaine d’années, de Rod Stewart à Eddy Mitchell, on ne compte plus les tentatives assez systématiquement ratées, visant à livrer au public pour des raisons trivialement « contractuelles » des albums destinés à boucher, comme pour les chaussettes, des trous.

Avec « Scratch my back », le dernier opus de Peter Gabriel nous étions probablement nombreux à imaginer que l’anglais, en décidant d’y aller de sa collection de « reprises », n’allait pas tomber dans le piège. C’est consternant mais c’est ainsi, l’album de Gabriel avec sa douzaine de compositions chipées aux Talking Heads, Randy Newman, Les Kinks, David Bowie ou Radiohead, se vautre. Entre prétentions symphoniques et ron-ron sans guitares ni batterie, ce « Scratch my back » est à ranger entre le pire de « Nice » et les tentatives malheureuses de « Deep Purple » et de quelques autres délires des seventies.

Que les choses soient claires, cet échec de Peter Gabriel conduit en compagnie de Bob Ezrin, ne saurait remettre en cause les « Solsbury Hill » et autres « Up » qui marquent une discographie rare mais de qualité. D’ailleurs, si afin d’oublier cet accès de mauvais goût dont en passant on nous prédit un autre volet à l’automne prochain, remettez-vous en mémoire l’œuvre de l’ancien Genesis en lisant en particulier le numéro de février de « X Roards », ce magazine jugeant lui aussi ce « Scratch my back » comme mineur.

Lyon, le 27 février 2010.

25/02/2010

Marsalyon

winter_110.pngLes Lyonnais sont bien placés pour en parler mais Marseille a obtenu, au terme d’un concours pour le moins étonnant, le titre de Capitale Européenne de la Culture pour 2013. Au même titre que Lyon peut s’enorgueillir d’organiser les « Nuits sonores », la Cité phocéenne avec « Marsatac » dispose d’un évènement assez formidable qui fait la part belle à l’Electro, au Hip-hop et aux musiques actuelles en général. Depuis 2005 « Marsatac » trônait à l’extrémité du vieux port sur un terrain désormais destiné à accueillir le futur Musée des Civilisations. En d’autres termes l’évènement Marseillais est nomade ou plutôt maintenant sans domicile fixe au point que l’édition 2010 actuellement en préparation se trouve encore dans l’inconnue puisque la municipalité semble incapable d’offrir un site convenable aux organisateurs. A trois ans de cette fameuse « Année Européenne de la Culture » pour laquelle Marseille à tant fait avec l’aide du gouvernement, il est tout de même déplorable que « Marsatac » connaisse toujours un aussi triste sort.

L’an passé les organisateurs Marseillais de « Marsatac » menaçaient de quitter la ville pour demander l’asile à autrui. Avouez que Marsatac à Lyon avant 2013 cela pourrait avoir de la gueule !

Lyon, le 24 février 2010.

07:09 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/02/2010

Numéro 7

L'original.jpgL’épatante équipe du Festival de Hip-Hop, « L’original », vient d’annoncer de quoi sera fait la 7ème édition du Festival qui se tiendra du 31 mars au 5 avril. Afin de faciliter la vie des festivaliers, chacune des journées sera désormais composée de « Quatre temps forts » : Les Battles, Les Spéciales, Les Shows et les Nocturnes, des moments qui correspondent à des tranches horaires précises.

  • 14h- 18h : Les Battles

Les Battles sont proposés le samedi et le dimanche (danses, beatbox, beatmakers). A noter que les battles de danse Hip Hop debout et de Ragga sont programmés lors de Nocturnes.

  • 18h-20h : Les Speciales

Chaque jour, la spéciale proposera 2 évènements au choix :

Un débat : espace de réflexion autour de problématiques liées au Hip Hop (politiques, professionnelles, éthiques, …)

Une prestation artistique Hip Hop : temps spécialement dédié à un ou plusieurs artistes qui proposent une forme Hip Hop atypique ou sous exposée.

  • 20h-23h : Les Shows

Concerts réunissant sur le même plateau plusieurs artistes Hip Hop de notoriété internationale ou nationale, ou spectacles de danse réunissant plusieurs artistes et compagnies.

  • 23h-5h : Les nocturnes

Soirée thématiques autour des différents courants musicaux ou pratiques musicales directement liées au Hip Hop (Electro Hip Hop, Dancehall, Soul, Funk…) avec groupes live, démonstrations, battles et djs sets.

Je ne désespère pas qu’un jour « L’original » devienne un évènement d’agglomération c'est à dire un rendez-vous plus conforme à sa nature et donc à sa vocation mais ne rêvons pas.

En attendant que « L’Original » se hisse à un tel niveau et pourquoi pas, après-demain, à une échelle métropolitaine, voici la programmation prévue pour l’édition 2010, qui accueille sont lot de stars mais aussi, signalons le, des formations lyonnaises, villeurbannaises, stéphanoises ou de Saint-Priest, l’audace métropolitaine étant bien vivante là ou certains ne veulent jamais regarder.

Mos Def (USA), Warren G (USA), Raggasonic (Paris), Ce’cile (Jam), Beatnuts (USA), Wc (USA) & Dj Crazy Toones (USA), Sexion d’Assaut (Paris),  Pookemon Crew (Lyon), Salif (Paris), Bishop Lamont (USA), Nessbeal (Paris), Jay Electronica (USA), Din Records (Le Havre), Sat (Marseille), Vicelow & Raf (Paris), Virus Syndicate (UK), Sollilaquists Of Sound (USA), Compagnie de Fakto (Lyon), Art Maniak (St Etienne), La Jonction (Lille), Alakyn (Angers), Spher & Rezine (Lille/lyon), Ming8 Halls Starf (Vénissieux), Fowatile (Lyon), 12Mé & Raph (St Etienne), Maalkema (Grigny), Kehnzo (St Etienne), Soldat Guerria (Lyon), La Crimin’l (Villeurbanne), 800 Industries (Saint-Priest),…


Mos Def - Sex, Love & Money
envoyé par Mos-Def. - Clip, interview et concert.


Warren G - Lookin' At You (Feat. Toi)
envoyé par freship. - Clip, interview et concert.

Lyon, le 14 février 2010.

07/02/2010

Bonne nouvelle

cover_vibrations.jpgA lire le numéro de février de « Vibrations », Gil Scott-Heron nous reviendrait plutôt en forme avec un album intitulé « I’m New Here » et un bouquin en préparation. Chanteur, poète, écrivain, militant, le créateur de « The Revolution Will not be Televised » et de « Johannesbourg » semblait perdu pour la cause, aux prises avec de graves problèmes de drogue qui lui vaudront quelques passages par la case prison et une santé plus que chancelante.

C’est à New York que Damien Bonelli a rencontré le musicien qui n’a pas perdu le goût pour la politique même si le temps du Black Panther Party est définitivement révolu. Justement à propos de Barack Obama, alors que la moitié de la planète chichite sur le supposé échec de la première année de mandat, Gil Scott-Héron ne boude pas son plaisir. « Il fait de son mieux après avoir hérité d’une situation merdique des Républicains et face à un congrès qui ne lui facilite pas la tâche » nous dit un Scott-Heron toujours surpris par le fait que beaucoup d’américains imaginaient « qu’Obama allait résoudre comme par magie tous les problèmes du jour au lendemain ». « J’observe », ajoute le chanteur, « qu’il y a beaucoup plus de gens qui se plaignent que de gens qui essaient de changer les choses dans ce foutu pays ».

Comme à son habitude « Vibrations » nous invite à faire le tour de la planète musicale avec ces quelques pages sur Gil Scott-Heron, un dossier sur foi et musique à Haïti, un reportage sur Istambul et le nouveau Massive Attack

Lyon, le 7 février 2010.

31/01/2010

Nouveautés

VV Brown.jpgDepuis de très longues et nombreuses semaines il fallait faire ceinture en matière de nouveautés musicales. Fort heureusement, janvier sur le point de s’achever apporte son lot de disques et en particulier, celui tant attendu, de la petite anglaise V.V. Brown (Travelling like the light) annoncée comme la dernière merveille du monde de la pop.

Pour tout vous avouer, même si l’ensemble est frais et sympathique, Amy Winehouse peut encore cuver sur ses deux oreilles, la Vanessa en question ayant encore quelques efforts à faire pour se forger un style personnel. Son disque est avant tout une collection de plages qui flirtent entre effluves sixties, relans doo-wop, faux-airs de Lily Allen ou Kate Nash pour « Leave ! » et variété de qualité. Cela étant la V.V. a du potentiel et de l’énergie à revendre. Elle mériterait que quelques mentors s’intéressent à elle car des titres comme « I Love You » laissent entrevoir des capacités vocales réelles et plus généralement le tonus communicatif qui domine sur « Quick Fix » ou « L.O.V.E. » en particulier confirment qu’avec V.V. Brown se dessine l’avenir de la pop anglaise. Avec Eels, qui signe en l’espace de quelques mois un successeur au formidable « Hombre Lobo » paru en juin dernier, fraicheur et joie communicative ne sont toujours pas au rendez-vous. Avec ce « Ending Times », Everett dit E, prolonge notre plaisir dépressif, la noirceur bluesy étant toujours le plat principal servi au bivouac. Un album définitivement déconseillé à ceux qui n’ont pas aimé « Hombre Lobo » et peut-être également la dernière occasion pour ceux qui sont restés scotchés sur « Novocaïne For the Soul » de revenir dans l’univers si compliqué de E. Au rayon des revenants, il convient de signaler aussi le retour presque gagnant de Adam Green, le new yorkais ne retrouvant pas totalement l’écriture et les interprétations miraculeuses qui figuraient dans « Friends of Mine » (2003) mais qui laisse espérer encore de beaux jours, tant, avec ses airs de « branleur » doué, Adam Green, en deux ou trois phrasés et quelques bluettes troussées à la va-vite, semble toujours capable de franchir un jour les plus grands himalayas.

  • > V.V. Brown, « Traveling like the light », Island
  • > Eels, “End Times”, E Works Records
  • > Adam Green, “Minor Love”, Rough Trade

Lyon, le 31 janvier 2010.

24/01/2010

Un grand et des minuscules

John Huston.jpgDeux institutions culturelles lyonnaises mettent dès ce premier trimestre les petits plats dans les grands. D’un côté l’Institut Lumière présente une importante « rétrospective John Huston », de l’autre le Musée de l’Imprimerie, jamais avare depuis quelques années de projets étonnants, propose quant à lui « Minuscules », une exposition sur les livres de très petits formats au fil des siècles.

Entamée depuis quelques jours, la rétrospective Huston va jusqu’au 3 mars prochain passer en revue une œuvre aux allures de boite aux trésors puisque après « Le Faucon Maltais », « Key Largo », « Le trésor de la Sierra Madre », l’équipe de Thierry Frémaux programme sur différentes séances « the African Queen », « Moby Dick » , « La nuit de l’iguane », « Fat City », « L’Honneur des Prizzi », soit au total plus d’une vingtaine de films témoins majeurs du travail du grand réalisateur. Cerise sur le gâteau, le 2 février, une soirée spéciale est annoncée en présence de Patrick Brion, un des spécialistes Français de Huston.

Avant de dire quelques mots sur le Musée de l’imprimerie, du 27 janvier au 23 février signalons qu’une seconde rétrospective, consacrée cette fois à Claude Lanzmann, est prévue, l’auteur étant invité le 9 février. Avec ses séances de Ciné-Concert à l’auditorium, une soirée consacrée aux films de montagne, une autre au cinéma et à l’urbanisme, sans oublier les coups de projecteurs sur Jacques Bral (« Extérieur nuit ») et des projections en copies neuves , l’Institut Lumière dopée par le succès du Grand Lyon Festival propose donc une magnifique programmation. « Minuscules » l’exposition du Musée de l’Imprimerie qui concentre le tir sur les livres de très petits formats s’annonce également comme séduisante avec sa kyrielle de manifestations adjacentes (conférences, ateliers adultes et pour enfants). Gajeures techniques, petits bijoux de finesse et parfois de poésie, ces livres présentés par le musée comme de « minuscules ambassadeurs de la chaîne graphique » seront à l’honneur jusqu’à la fin de la saison.

> Institut Lumière, « Rétrospectives John Huston », du 5 janvier au 3 mars, renseignements sur www.intitut-lumiere.org et les vidéos exclusives des soirées sur www.youtube.com/institutlumiere 25, rue du Premier film, Lyon 8ème, métro ligne D – Montplaisir-Lumière

> Musée de l’Imprimerie, « Minuscules », renseignements sur www.imprimerie.lyon.fr 13, rue de la Poulaillerie, Lyon 2ème, métro ligne A - Cordeliers.

Lyon, le 24 janvier 2010.

15/01/2010

Ellroy circus

arton15403-2c4a8.jpgTout à la fois croyant et pratiquant en matière de polars, Claude Chabrol indiquait hier dans un entretien au Figaro son admiration sans borne pour James Ellroy qui livre cette semaine aux français, « Underwold USA », le troisième et dernier volet d’une trilogie entamée avec « American Tabloïd » et continuée avec « Death Trip ». Pas très loin de penser qu’Ellroy est l’un des monuments de la littérature de l’Amérique contemporaine, Chabrol prenait tout de même bien soin de nous préciser que le romancier de L.A était difficile à supporter « quand il se met à aboyer et à faire son cirque devant les médias ». Justement, toujours hier, c’était du côté de la concurrence, dans les cahiers livres de Libération, qu’il convenait de se tourner pour vérifier la judicieuse remarque de Claude Chabrol.

Interrogé par Sabrina Champenois on avait donc droit à une représentation du « Ellroy circus » sur trois colonnes bien serrées, un show littéraire de première bourre, autrement dit du grand Ellroy. Interpellé sur la promotion de son bouquin (« J’adore. Ça fait vendre des livres, et ce livre est génial »), le ricain n’hésitait pas à endosser le costume de rock star non sans préciser que l’affaire était importante « en termes de ventes, la France (étant) pour moi le pays le plus important » rappelant à l’occasion que c’était d’ailleurs un article de Jean-Patrick Manchette dans Libération, qui l’avait lancé. Après avoir examiné presque dans le détail sa dépression et ses conquêtes féminines, suite à une question de la journaliste persuadée que notre homme était un ermite militant, le ricain-réac répondait du tac-au-tac, « Non. J’ai une amoureuse, j’ai un réseau social, des amis, j’aime Dieu, je prie, je vais à l’église, j’ai deux ex-femmes, j’écoute de la musique classique, Beethoven… ». C’est en crescendo que se terminait l’interview. Barack Obama, « je ne sais pas, je n’ai pas suivi, et je me refuse à commenter l’actualité contemporaine », Michael Jackson, « violeur d’enfants, il est mort comme il a vécu, dans le sordide » non sans que l’immense Ellroy nous indique que son nouveau projet de quatre volumes concernerait Los Angeles pendant la deuxième guerre mondiale.

Je n’ai bien entendu pas encore fréquenté cet « Underworld USA » qui, de l’avis général de la critique n’est peut-être pas loin d’être le meilleur des trois bouquins de la série. A voir le cirque promotionnel du mauvais génie de l’Amérique on ne peut qu’en être persuadé. Après une passe difficile, l’inquiétant Ellroy nous revient en forme quasi-olympique, à la hauteur d’une réputation parfaitement justifiée.

  • > James Ellroy, « Underworld USA », Rivages-Noir, Traduction Jean-Paul Gratias, 24,50 euros.

Lyon, le 15 janvier 2010.

09/01/2010

Histoire(s)

La bibliothèque de la Part-Dieu poursuit en 2010 son cycle de rencontres « Histoire et mémoire ». Après Pierre Nora, Marc Ferro, Paul Veyne, Yves Ternon, et tant d’autres, l’institution culturelle lyonnaise accueille successivement en ce début d’année, Catherine Coquery autour du « Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy » (la découverte) et Mona Ozouf pour son livre de mémoire, « Composition française ».

A un moment de « bessonisation » des esprits, d’organisation du très manipulatoire débat sur « l’identité nationale », mais aussi, convenons-en, d’une sorte de concurrence mémorielle, donner la parole aux historiens n’est pas un luxe. « Ni juge, ni romancier » comme le signale la bibliothèque de la Part-Dieu, « l’historien veille à échapper à la tyrannie des groupes, il oppose l’histoire collective aux mémoires particulières. L’histoire naît de la mémoire et s’en affranchit en mettant le passé à distance ».

A ce titre, l’ouvrage de Mona Ozouf est diablement intéressant dans la mesure où il est un va-et-vient entre la grande histoire de l’universel républicain et les souvenirs de l’enfance bretonne de celle qui allait devenir une historienne majeure.

  • Mercredi 27 janvier, 18h30, Rencontre avec Catherine Coquery-Vidrovith. « Le Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy » (la découverte) et « Les enjeux politiques de l’histoire coloniale » (Agone)
  • Mercredi 10 février, 18h30, Rencontre avec Mona Ozouf pour « Composition française, réflexions sur une enfance bretonne »

Programme complet des conférences sur www.bm-lyon.fr et sur Topo le journal des bibliothèques de Lyon.

Lyon, le 9 janvier 2010.

04/01/2010

Ben année à tous

Ben.jpgD'ici deux mois, presque jour pour jour, s'ouvrira la très grande et historique rétrospective consacrée à Ben par le Musée d'Art contemporain de Lyon. Je le sais bien, pour beaucoup d'entre vous, Ben, à l'instar de "Clairefontaine" ou "Conquérant", est un fabricant d'objets pour scolaires avec ses trousses, ses carnets, agendas et cahiers, classeurs et autres plumiers. Avouons que la chose n'est pas totalement fausse mais autant être précis. Ben c'est aussi des housses pour Mp3, des réveils, des montres, des sacs à dos et des bérets plus occitans que basques. As de la démonstration de l'Art, Ben est un merchandiseur de première qui fait l'admiration de tous tant sa profondeur de gamme impressionne car de la clé USB au service en porcelaine (6 assiettes et un plat) pour tout juste 800 euros, il y a en a pour tout le monde. Ben s'adresse au budget limité comme à l'accro de la série elle-même limitée. Le niçois est donc un artiste stratège et notre Benjamin Vautier a fait un beau parcours depuis ces années cinquante finissantes alors qu'il attendait le chaland depuis sa petite boutique de la côte d'Azur.

Le 3 mars sur quelques 3000 m², les lyonnais vont donc pouvoir se pénétrer des formules du maitre dessinées avec ces fameuses lettres blanches à l'anglaise sur fond d'un noir définitif. Pourtant, comme dans le cochon, tout est bon dans le Ben et afin que vous puissiez monter en puissance pendant les mois de janvier et février, je vous suggère de fréquenter la prose électronique de l'artiste qui mèle stress, inquiétudes et propos plutôt sympathiques. De Thierry Raspail, le boss du MAC, Ben nous dit qu'il "parle vite et donne des ordres comme un commerçant grec essayant de convaincre un commerçant turc" à Georges Képénékian, notre adjoint à la culture et néanmoins médecin, qui reçoit les remerciements sincères de l'artiste pour "son ordonnance médicale. Depuis chaque fois que je bande, je pense à lui", vous pouvez tout savoir du cheminement de cette exposition. Même si le sexe (et le viagra) constituent des thématiques fortes au même titre qu'un désir profond d'exposer sa nudité en public, Ben nous parle aussi de ses introspections à propos de cette rétrospective. "J'ai peur de caler en route" écrit-il allant même, pris peut être d'un accès terrible de lucidité, à dire, "Arrête tout Ben". Un peu parano Ben n'hésite pas non plus à s'interroger sur un "Raspail qui serait un prédateur" et à nous inquiéter quand il déclare, "Je croyais l'espace trop grand, 3000 m², en vérité c'est trop petit, j'ai trop d'idées, il me faudrait presque le double".

J'en reste là pour aujourd'hui et je vais me ruer sur www.ben-vend-tout.com car sur le site il y a un sac en bandoulière vendu avec une ristourne de 5 euros et un "sac Ben" à 40 euros, cela ne se rate pas. Ben année à tous.

Lyon, le 4 janvier 2010.

03/01/2010

2009 en vrac

Installation de l’administration Obama - Conflit dans les Universités à propos du statut des enseignants-chercheurs - Suppression de la publicité sur l’audiovisuel public - grève générale à la Guadeloupe - Nouvelles plaques d’immatriculation - Disparitions de Alain Bashung et Michael Jackson - Violentes manifestations à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN - Sortie en juin de l’album « Music for men » de Gossip ….

Lyon, le 3 janvier 2010.

02/01/2010

2008 en vrac

Entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics en France – Défaite de la droite aux élections municipales – Visite du Pape en France et 150ème anniversaire des apparitions de la vierge à Bernadette Soubiron à Lourdes – Disparition de Aimé Césaire -Barack Obama élu 44ème président des Etats-Unis - La sprinteuse Marion Jones incarcérée pour parjure - Crise des subprimes - « Viva la Vida » de Coldplay meilleure vente d’albums dans le monde - Enorme succès pour Amy Winehouse avec « Back to black »….

Lyon, le 2 janvier 2010.

 
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