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07/06/2010

Charlots

0_other_portraits_-_general_de_gaulle_by_yerbury.jpgIl y a tellement peu d'écrivains en France qu'un quarteron d'inspecteurs zélés vient de décider d'intégrer "les mémoires de guerre" de De Gaulle parmi les textes littéraires soumis à la sagacité des lycéens de Première L pour leur épreuve anticipée de Français au Bac. Editorialiste souvent commis d'office, Yves Thréard du Figaro est illico monté au créneau pour défendre ce choix ne craignant pas, pour l'occasion, de passer pour un vulgaire factotum lettré et dévoué d'un pouvoir bling-bling fouettant de plus en plus la moisissure. Ne craignant donc pas le ridicule, le journaliste appliqué nous a expliqué que l'on ne pouvait contester la qualité d'écrivain ainsi que le style du Général. Parlant de la valeur littéraire de la plume de l'homme du 18 juin et s'en prenant à la pétition du Snes, le plumitif du Figaro nous a expédié à la face un De Gaulle "outragé" par les pétitionnaires de gauche. Avec des types comme Thréard susceptibles de faire le job en toutes circonstances pourvu que l'ordre vienne d'en haut nous pouvons craindre le pire. Que, par exemple le premier châtel venu inscrive la musique militaire en option musique, qu'en théâtre l'étude de l'œuvre de Louis De Funes devienne fortement conseillée ou que la peinture de Pal Sarkozy serve de boussole aux lycéens toqués d'arts plastiques. Après les ridicules consignes à propos de Guy Mocquet, les péroraisons lamentables sur la Princesse de Clèves, les opérations de communication sur la vertueuse culture cheap du président on pensait que les leçons étaient définitivement tirées. Ce n'est manifestement pas le cas.

Lyon, le 7 juin 2010.

30/05/2010

Ploufisme

1-b.gifA force chaque année de vous le répéter vous commencez à savoir ce qu’est le « ploufisme » cette philosophie faite d’actes gratuits, généreux et poétiques (G.G.P.) autrement dit ces lancers de cailloux pratiqués chaque année dont le seul but est de faire des ronds dans l’eau.

Mercredi prochain 2 juin c’est sur la planète entière que va se dérouler à 20h10 (heure locale) la neuvième édition de la « Plouf économie » ce concept poétique imaginé par le plasticien lyonnais Philippe Moncorgé.

A Lyon, seule ville dotée d’un lieu ploufique pérenne, nous nous retrouverons au 27 quai St- Vincent, sur le bas port. Amis d’ailleurs, de Annecy, Paris, Avignon, Lille, Brest, Epinal, Bordeaux, Perpignan, de la Réunion ou de Tahiti, d’autres rendez-vous ploufiques vous attendent. Que vous soyez à Brighton (sur le Pier), à Dublin (Millenium bridge), San Francisco (Pier 5), Rome (château des Anges), à Pékin, Montréal, en Belgique, au Maroc ou en Argentine, participez activement à ce combat ploufique.

Informations sur www.ploufeconomie.net . Contact artistique: philippe@moncorge.net. Son site.

Lyon, le 30 mai 2010.

08:39 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plouf, économie, philippe moncorgé, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/05/2010

V.O

Frey.jpg9782081221314.jpgAprès la cubaine Wendy Guerra et Elif Shafak qui lisaient respectivement en espagnol et turc quelques pages de leurs derniers romans, les lyonnais anglophones peuvent se rendre aujourd’hui et demain à « La Voie aux Chapitres » (Lyon 7ème) et au « Bal des Ardents » Lyon (1er) pour entendre les voix de Sefi Atta et James Frey lisant leurs textes. En effet dans le cadre des dizaines de rendez-vous liés aux Assises Internationales du Roman, quatrièmes du genre, les libraires s’associent activement et gratuitement à l’opération. La romancière nigériane Sefi Atta est donc ce midi dans le 7ème pour lire quelques pages de « Le meilleur reste à venir » (Actes Sud) un ouvrage qui témoigne des ravages du conservatisme dans le Nigeria des années soixante-dix mais aussi de la difficulté de se réaliser pour nombre de femmes. Demain, au « Bal des Ardents » et toujours à la mi-journée, changement de style et de contexte avec James Frey, l’américain nous proposant une descente vertigineuse dans Los Angeles en lisant, en anglais, quelques pages de sa chronique dont on nous dit qu’elle n’est pas sans avoir la puissance de celle de Dos Passos (« Manhattan Transfer ») à une autre époque.

Puisque nous entamons la dernière ligne droite de ces assisses qui s’achèvent dimanche, notons vendredi, aux Subsistances, le dialogue entre Florence Aubenas et Marie Desplechin qui précède la rencontre vers 22h30 avec A.S. Byatt. Le lendemain Percival Everett sera sur le coup de 11h00 à la Bibliothèque du 1er arrondissement puis sous la verrière des Subsistances (avec André Malraux !) de 18h30 à 20h00. Dimanche, au moment du goûter et toujours aux Subs, table ronde avec Sefi Atta, Emmanuel Carrère et Yan Lianke sur le thème de l’autocensure.

> Sefi Atta, librairie « La Voie aux Chapitres », 12h30 le 27 mai 4 rue Saint-Jérôme, Lyon 7ème (04 37 70 41 62)

> James Frey, « Le Bal des Ardents », 12h30 le 28 mai, 17 rue Neuve, Lyon 1er (04 72 98 83 36)

Lyon, le 27 mai 2010.

NB: A noter aujourd'hui la manifestation interprofessionnelle sur les retraites qui partira de Jean Macé à 10h30.

24/05/2010

Air 4

AIR 2010.jpgA partir de demain et jusqu’à dimanche prochain, Lyon et les Subsistances accueillent les Assises Internationales du Roman, Acte IV. Imaginé et organisé par Le Monde et la Villa Gillet cet évènement littéraire sans équivalent est une réussite incontestable à mettre en particulier à l’actif de Raphaëlle Rérolle (Le Monde) et Guy Walter (Villa Gillet et Les Subsistances). « La littérature n’est pas faite de grands mots » écrit Raphaëlle Rérolle dans son éditorial de la brochure de présentation, « Plutôt d’assez petits, souvent d’assez simples et même pas toujours très malins » poursuit-elle en précisant que pour ce qui concerne les assises, c’est le mot plaisir qu’il convient de choisir. En aucune façon foire ou salon, encore moins fiesta à la dédicace, ni colloque pour hyper-spécialistes sans être pour autant un carrefour récréatif littéraire pour écrivains peoplisés, les Assises lyonnaises sont de toute évidence un lieu de plaisir et il suffit de voir les bobines des spectateurs et la quiétude de nombre d’auteurs pour s’en convaincre. Comme toujours quand il s’agit d’évoquer un évènement aussi riche je vais essayer d’éviter de vous imposer des listes d’auteurs, critiques et journalistes qui vont participer au succès de l’édition 2010. Si parmi ces personnalités ma curiosité très subjective va à Elif Shafak (Turquie), Dany Laferrière (Haïti-Québec), Perceval Everett (Etats-Unis) ou A.S. Byatt (Angleterre) sachez que Florence Aubenas, Marie Desplechin, Laurent Mauvignier, James Frey, Marie Darrieussecq ou Wendy Guerra, comme des dizaines d’autres écrivains, seront présents à Lyon dans la semaine.

Par ailleurs avec le concours du Progrès, de France Inter, de l’INA ou de Lyon Plus, Tables rondes, débats, rencontres, lectures seront au menu de la semaine, qui concerne les Lyonnais de la maternelle à l’Université.

Comme chaque année les Editions Christian Bourgois sont un magnifique partenaire de AIR avec les Actes des Assises, trois volumes parus et les fameux lexiques (numéros de 1 à 3).

Renseignements et réservations au 04 78 39 10 02 et sur www.villagillet.net

Lyon, le 24 mai 2010.

22/05/2010

Vintage

Vintage 2010.jpgCela n’est pas fait pour nous rajeunir mais le Marché de la Mode Vintage qui se tient le week end prochain sur le Confluent signe sa 9ème édition. Rossignols millésimés, fringues nostalgiques, vieux jeans hors de forme, objets délicieusement popisants attendront comme chaque année des visiteurs qui de toute façon auront la certitude de passer un bon moment dans une excellente ambiance. Si le Marché proprement dit débute samedi prochain 29 mai, un « Before Vintage » est organisé en guise de préambule à partir d’aujourd’hui. Boutiques et restaurants, tous signalés par un sticker ad hoc, proposent donc pour la première fois un parcours vintage fait de petits shoppings et haltes anti-fringale tout au long de la semaine qui permettront de trouver le meuble, la montre, le disque daté que l’on s’échine à chiner.

Cette 9ème édition se tient du 29 au 30 mai sur le site de l’ancien Marché de Gros, à l’angle de la rue Vuillerme et du Cours Charlemagne, les 300 exposants garantissant une ambiance comédie musicale, thème retenu en 2010.

> « Marché de la Mode Vintage », contacts et informations sur www.marchemodevintage.com renseignements et réservations de stands au 04 78 42 99 27

Lyon, le 22 mai 2010.

17/05/2010

Micky, Max, Rufus et les autres

mickygreen01.jpgDernière ligne droite avant l’armada pas toujours convaincante des festivals d’été. Voici quelques rendez-vous musicaux susceptibles d’en intéresser certains sans nécessairement se fâcher avec les autres.

  • > 18 mai, les fans de l’australienne et ex top model Micky Green seront ce soir là au Transbordeur pour un show qui risque d’être aussi pâle que sa crinière. Les plus « roots » seront bien entendu quelques rues plus haut, au CCO et à 20 heures pour le retour d’un Max Romeo perdu de vue depuis son passage à Woodstower mais jamais décevant.
  • > 22 mai, Ali Farka Touré est au Fil de Saint-Etienne (20, boulevard Thiers)
  • > 23 mai, Metallica est en exclusivité française à la Halle Tony Garnier et plus chanson française que jamais, sans gros son et moins réac, Romain Didier est quant à lui à Saint-Benoit en Bugey.
  • > Retour au Transbordeur le 26 mai pour le duo ricain Cocorosie toujours aussi cool mais qui lambine beaucoup pour évoluer. Les nostalgiques seront quant à eux à A Thou Bout d’chant pour le passage d’un voyage de Noz désormais mythique sur la place.
  • > Le lendemain Emmanuelle Seigner est au Transbordeur et la curiosité peut conduire les amateurs d’Ultra orange son précédent album aux accents d’un rock vélvetien de bon aloi à aller vérifier comment la chanteuse se débrouille sur scène avec son nouveau « Dingue ». Pour en rester sur cette idée les plus dingues parmi les fans de Arno iront ce soir là à Bourg-Lès-Valence, au théâtre Le Rhône, histoire de vérifier sur pièce ce que le dernier album du maître donne sur scène.

N’oubliez pas qu’entre Lyon et Vienne, en juin et juillet, Elvis Costello, Vampire Weekend, The National, Bob Dylan, Iggy Pop, Joe Cocker, Norah Jones et quelques autres sont attendus. Il est donc prudent de faire quelques économies.

Enfin, mercredi prochain, Rufus Wainwright est au Transbordeur. Un concert réservé à des fans qui prendront également plaisir à aller applaudir la sœurette Martha le 25 juillet aux Nuits de Fourvière pour la « Nuit Edith Piaf ».

Lyon, le 17 mai 2010.

16/05/2010

Nuits Sonores # 5

750px-The_Residents.jpgC’est au Parc de Gerland, avec vue plongeante sur le Confluent qui les accueillait jadis avant que Michel Mercier ne décide d’en faire un musée, que s’organisent cette année les traditionnelles « Siestes Sonores » de 12h00 à 20h00 avec des DJ venus de Londres, Berlin, Barcelone et le régional de l’étape, Jose Lagarellos.

La grande affaire de cette dernière journée de l’édition 2010 des Nuits Sonores c’est de toute évidence le concert spécial des Residents au théâtre des Célestins. Après la production de près d’une soixantaine d’albums, les anonymes de San Francisco présenteront dans le théâtre lyonnais « Talking Light » leur dernier opus qui nous parle d’histoires de fantômes.

Fait de musique contemporaine, d’électro, d’inspirations rock comme country, la musique des Residents est à nulle autre pareille même si parfois des albums comme « The Third Reich’n’ Roll » ou « Cube E » sont influencés par le rockabilly ou la musique traditionnelle tandis que d’autre comme « Eskimo » se résument à des chevauchements de sons particulièrement indigestes.

Le retour des Residents à Lyon après une si longue absence est donc un évènement dont je ne sais s’il est « Sold out ». A vous de voir en contactant le 06 66 38 02 12.

Pour rester dans le grand guignol et le charme de l’horreur notons que la librairie Le bal des ardents (Rue Neuve, Lyon 1er) organise, et c’est étonnant, une projection du très culte « The Rocky Horror Picture Show » la semaine qui vient. Il est bien entendu plus que prudent de réserver.

  • « The Rocky Horror Picture Show », projection le 20 mai du film à la librairie Le bal des ardents, rue Neuve, Lyon 1er.

Renseignements et réservation sur http://assoc.amorce.free.fr et au 06 81 31 09 36.

Lyon, le 16 mai 2010.

15/05/2010

Nuits Sonores # 4

Visages tirés, les yeux cernés, les jambes douloureuses, certains festivaliers vont enchaîner ce soir leur quatrième et avant-dernière nuit. Soyons certains qu’à la conclusion du set de Agoria (06h00, scène 1) il sera temps d’aller se plonger dans les bras de Morphée ce d’autant qu’après les traditionnelles Siestes Sonores de demain, le concert des mythiques Residents attendra tout le monde aux Célestins. Pour ma part, chacun s’en doute, ma curiosité me conduira à fréquenter essentiellement la scène 2 avec Trans Am un groupe du Maryland que l’on nous annonce comme étonnant avec sa mixture musicale faite de Ska et de reprises de Bowie et Stravinsky, Liars, des New Yorkais qui propulsent un funk mêlé de punk et d’électro depuis une bonne dizaine d’années et surtout les célèbres Gang of Four qui vont nous resservir l’album « Entertainment !» qui dépasse ses trente ans d’âge.

N’étant pas certain que le cold funk du gang  de Leeds bénéficie des mêmes qualités que l’Armagnac, c’est avec mesure que je vous recommande le show des revenants avant tout au nom des services rendus au rock à la fin des années soixante-dix. C’est en effet en 1979 qu’Emi livre « Entertainment !» le premier album de Gang of Four. Pendant sa courte carrière le quatuor de Leeds avec son punk rock matiné de Funk va s’imposer sur le plan musical tout en revendiquant un sain combat contre La Dame de Fer. Avec des titres comme « Ether » et surtout « At home he’s a tourist », le Gang of Four va marquer l’époque puis s’évanouir. Après un retour sans intérêt au début des années quatre-vingt-dix, grâce aux Nuits Sonores, le Gang of Four est de retour. Nous serons au rendez-vous, car ce groupe largement ignoré du grand public demeure un grand inspirateur des Bloc Party, Franz Ferdinand ou The Rapture.

  • Nuits Sonores, numéro 4 (sélection)

Place de la bourse, les canadiennes de Lesbian On Ectasy sont de retour à Lyon pour un concert gratuit (18h00). Les dernières héritières du mouvement Riot Girls méritent le détour

>Scène 1, de 21h30 à 6h00, Enola, Chloé, Dixon, Agoria

>Scène 2, Trans Am (23h15), Gang Of Four (00h45) et Liars (02h15)
>Scène 3, 2 Manydjs (02h00), le duo bruxellois étant présent pour la première fois aux Nuits Sonores
>Scène 4, carte blanche à Bee Records de 22h00 à 04h00

Lyon, le 15 mai 2010

14/05/2010

Nuits Sonores # 3

Jamie_Lidell.jpgSelon la terminologie en vigueur, en ce vendredi 14 Mai, les Nuits Sonores affichent leur troisième nuit au compteur. Il suffit d’ailleurs de voir la bobine de certains pour en être persuadé. Sur les 4 scènes proposées par le Festival Lyonnais au Marché Gare il y a bien entendu ce soir pléthore d’artistes. Entre un Laurent Garnier programmé sur le coup de 23h30 et des Raveonettes susceptibles de monter à 0h15 sur une autre scène il conviendra de choisir ce d’autant que scène 1 le formidable Jamie Lidell doit se produire entre 23h30 et 0h30. Face à cette équation impossible à résoudre il conviendra donc de ne pas se tromper. Pour ma part, par pure curiosité, peut-être d’ailleurs pas si saine que cela, c’est au pied de la scène 3, peu après minuit, que je compte jauger le duo danois qui revisite avec force et actualité le rock and roll des années 50 et 60, vous l’avez compris, je veux parler des Raveonettes dont le nom rime ridiculement si bien avec « Ronettes ».

Les Raveonettes c’est donc Sune Rose Wagner et Sharin Foo, une paire de danois revivalistes qui combine avec une réussite certaine la veine pop des années soixante, façon Phil Spector, la saturation des guitares et le côté parfois crassouilleux de combos comme Jesus and Mary Chain. Convenons, histoire de poser un regard nostalgique sur les éditions précédentes, que, avec les Raveonettes, on est légèrement en deçà des Heavy Trash et autres Violent Femmes c’est pourquoi, pour ceux qui auraient quelques états d’âmes je ne peux que conseiller, presque à la même heure, ce Jamie Lidell peu connu en dehors des cercles d’initiés. L’anglais est déjà à la tête d’une confortable discographie et sa soul teintée de hip-hop mais jamais bégueule face à l’électro mériterait de passer par une reconnaissance du grand public.

Ce soir à Lyon, Jamie Lidell devrait consacrer une belle partie de son show à son nouvel album « Compass » sur le point d’être commercialisé. Enregistré en Californie, à New York et au Canada avec le concours de Feist, de Gonzales mais aussi des Grizzly Bear et de Pat Sansone de Wilco, cet enregistrement semble l’aboutissement de deux longues et difficiles années de travail pour le natif de Cambridge. A vous de voir.

Nuits Sonores, numéro 3 (Sélection)

- Scène 1, Jamie Lidell (23h30) et Unkle (01h00)

- Scène 2, A Place to Bury Strangers (23h00) un groupe New yorkais     compagnon de tournées de Black Motorcycle club et autres Brian Jonestown Massacre, The Ravenettes (00h15)

- Scène 3, Laurent Garnier (23h30 - 03h30)

- Scène 4, carte blanche au Label Dawn Records (22h00 - 4h00)

Lyon, le 14 mai 2010.

Photo: DR

13/05/2010

Nuits sonores # 2

Nuits sonores 2010.jpgDepuis hier au soir l’édition 2010 des Nuits Sonores est sur ses rails. Comme le veut désormais la tradition, la nuit du jeudi, est consacrée aux Apéros Sonores et au circuit électronique avec ses 14 étapes gratuites et sa débauche d’initiatives. Impossible de rendre compte ici de cette offre pléthorique mais le site et la remarquable communication écrite du Festival lyonnais permettront à chacun de s’y retrouver.

Tout commence en début d’après-midi du côté de la piscine du Rhône avec un « All Day Long » (14h30-23h00) confié au Label Kill the Dj. Même créneau horaire mais lieux différents pour les Apéros Sonores conduits par « Les Enfants de la Techno » et « Glaçound » respectivement place Charles de Gaulle et aux Jardins de la Bourse. L’affaire devient plus compliquée quand il s’agit de présenter le circuit électronique, étape désormais mythique, qui va accueillir gratuitement les festivaliers tout au long de 14 étapes. L’an passé ils étaient plus de 15000 à parcourir la ville, il y a fort à parier que la fréquentation sera à la hausse en 2010 jusque vers 6h00 demain matin. C’est au Bloc Discothèque, au Marché Gare, à l’Auditorium, à l’Ambassade, au Loft Club, à La Cour des Grands, au DV1, à La Voile, au Sound Factory, à La Marquise, au Ninkasi, à la Plateforme, au Road 66 que les forts sympathiques hostilités devraient faire plaisir à tous.

Quelques heures de sommeil, une douche et il faudra être en forme demain vendredi pour l’étape Elektro System qui débute dès 15h00 Place Maréchal Lyautey et celle du Café Cousu et Boolimix au Passage Tiaffait (14h00) sachant que la carte blanche à Montréal s’ouvre à 17h00 au Palais de la Bourse. Quand on vous dit qu’il convient d’être en forme pour faire face aux échéances des Nuits Sonores le conseil n’est pas superflu. Le fait que certains footballeurs particulièrement affûtés réussissent parfaitement bien dans la vie nocturne n’est probablement pas tout à fait du domaine du hasard. Bonne nuit numéro deux à tous.

Lyon, le 13 mai 2010.

08/05/2010

Mainstream

994191439.jpgComme certains d’entre-vous, c’est avec plaisir et satisfaction que j’avais dévoré, « De la Culture en Amérique » le précédent et assez novateur ouvrage de Frédéric Martel. Aujourd’hui, le même auteur nous propose « Mainstream » un livre sous-titré « Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde ». Cet ouvrage bien moins rigoureux que son prédécesseur demeure pourtant une lecture non seulement utile mais agréable. Au gré des voyages et des rencontres de Martel aux quatre coins du monde, l’auteur s’essaye à dessiner le panorama des industries créatives. Au cœur du bouquin de Martel figurent bien entendu en bonne place l’Amérique. En allant visiter Valenti, Geffen, Eisner, en parcourant Hollywood mais aussi Bollywood et Naccache, en s’intéressant au Prince Al Waleed, à Al Jazzera tout comme à l’aventure de Berry Gordy, la puissance américaine demeure pourtant au cœur de cette enquête mais la force de Frédéric Martel dans son nouveau bouquin est de nous entraîner aussi vers ces contrées que l’on désigne comme émergentes et qui sont déjà de solides machines à rêve et à divertissement.

Chichiteur, comme parfois il affectionne de l’être, le quotidien Le Monde a été une des rares publications à mettre un bémol à son enthousiasme indiquant, à juste titre d’ailleurs, que l’approche européenne est un peu le parent pauvre du bouquin de Martel. Cela étant, ne cachons pas notre joie, cette chevauchée dans les industries du divertissement concoctée par Frédéric Martel est épatante même si, de temps à autre, on a envie de laisser l’auteur interviewer tel ou tel de ses interlocuteurs sans nous. « Mainstream » est donc une lecture nécessaire et qui donnera la salutaire envie à ceux qui découvriront pour l’occasion l’auteur de se ruer sur son précédent ouvrage. Soyez-en certain.

« Mainstream » de Frédéric Martel, Flammarion, 22,50 euros

« De la Culture en Amérique » de Frédéric Martel, Gallimard, 32 euros.

Egalement disponible en Folio-Gallimard

Lyon, le 8 mai 2010.

07/05/2010

Résister

affiche_fdlj.jpgC’est à partir d’aujourd’hui 7 mai que la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne va battre son plein. « Résister » est le thème central de l’édition 2010, une thématique que reprenait Raymond Terracher dans l’éditorial de la brochure de présentation, un texte qui était probablement le dernier de l’adjoint à la culture disparu il y a peu.

« Je suis né dans le Limousin, terre de résistance, s’il en fut » écrivait alors Raymond Terracher qui poursuivait en indiquant que dès sa « petite enfance j’entendais parler de maquis, de résistants qui se cachaient et cherchaient à manger, d’Oradour-sur-Glane, de miliciens dont il fallait se méfier surtout lorsque le vieux poste acheté à la « la Manu » était branché sur Londres.

Mais ce n’est que bien plus tard que j’ai pu me rendre compte de ce que recouvrait vraiment la notion même de résistance et ses multiples champs.

Le barrage résiste à l’eau, le malade à la maladie, l’homme libre à l’oppresseur…

L’écrivain, le poète, le journaliste, le cinéaste portent souvent ce combat sans fin. Nous devons entendre leurs cris, leurs passions, leurs « coup de gueule. Parfois ils savent aussi manier le silence et c’est alors que nous devons le plus nous interroger et nous-mêmes, entrer en résistance »

Au-delà de l’émotion qui frappe la vie culturelle villeurbannaise après la disparition de son adjoint, l’édition 2010 de cette fête unique dans l’agglomération est une nouvelle fois à la hauteur des espérances de tous. Impossible ici de décrire les moindres recoins de l’évènement, il convient donc de se reporter au site www.fetedulivre.villeurbanne.fr ou au 04 72 65 00 04.

Pour terminer sur une note pétillante et joviale, Villeurbanne accueille cette année Plonk et Replonk avec l’exposition « Le Rezizistan, république oubliée » à la Maison du livre, de l’image et du son mais aussi ce soir à 18h leur très attendue conférence de presse et demain à 11h, lors de l’inauguration, le très officiel discours du roi de Suisse, sa majesté Helvétus IV, protecteur des Alpes.

Lyon, le 7 mai 2010.

02/05/2010

Le nombril de Naulleau

Graham%2BParker.jpgOn savait Eric Naulleau amateur de rock et en particulier fan d’un Graham Parker dont il avait édité quelques écrits. De là à imaginer que le même Naulleau, devenu starlette sur-exposée à la télévision française, écrive sur le dit Parker il y avait de la marge ce d’autant que l’objet de ce culte Naullesque est en vérité sympathique mais autant le dire tout à fait secondaire dans la grande histoire des rocks.

Une fois dit que tout bon amateur de ce genre de musique possède, ce qui est bien entendu mon cas, une ou deux pièces de ce bon vieux Graham Parker, il convient d’être sérieux et donc de dire que l’engouement adolescent de Naulleau pour un second couteau du pub rock britannique est assez étrange pour peu qu’il puisse être honnête. Dans ces aventures du rock anglais des seventies la place de Parker est modeste. Les « grands » qui émergent dans la période s’appellent Elvis Costello, le regretté Ian Dury, les limités mais vitaminés Doctor Feelgood et, mon péché mignon, Wreckless Eric, un type qui fait aujourd’hui figure de soldat inconnu. Bref pour Naulleau il s’agit de Graham Parker alors allons-y pour Parker et ses célèbres Rumours.

Il convient tout d’abord de le dire tout net, la prouesse littéraire du fan Naulleau est du domaine du « Sprint » puisque sur les 174 pages imprimées, une petite centaine est à mettre à l’actif du complice de Zemmour, le reste étant une très scolaire discographie commentée. Dans les 103 pages restantes, que les ignorants sur Graham Parker ne se fassent pas d’illusions, qu’ils s’abstiennent donc de lire le pensum. Le bouquin de Naulleau n’est même pas une dévote biographie du leader des Rumours, c’est encore moins la saga du pub rock anglais, celui de Brinsley Shwarz, de Nick Lowe, de Dave Edmunds, de Martin Belmont et même de Graham Parker. Ce « Parkeromane » à 17 euros est en fait un objet se voulant littéraire au sujet du nombril de Naulleau. A recommander uniquement aux amateurs du genre.

Puisque le hasard le fait ainsi, pour trois fois rien, on peut lire dans le numéro de Rock & Folk daté de mai 2010, une interview de Wilko et une excellente discographie sélective consacrée au pub rock, Graham Parker inclus.

Lyon, le 2 mai 2010.

25/04/2010

Attention Ascension

Nuits sonores 2010.jpg

Les ponts et weekend prolongés se font rares cette année et parfois la tentation est grande pour chacun de nous de profiter de l’aubaine à chaque fois qu’une bonne opportunité se présente. Vous me direz, qu’après l’épisode du volcan venant de démontrer le profond sens de l’organisation de Borloo-Bussereau-Kouchner, les Français devraient y regarder à deux fois avant de monter dans un zingue ne serait-ce qu’un weekend. L’ascension fait donc ouvertement partie de ces rares occasions et je me dois de rappeler aux lyonnais qu’il convient de demeurer en ville du 12 au 16 mai et aux autres, ceux « d’ailleurs », de s’y rendre car le pont de l’ascension est traditionnellement celui du festival des Nuits Sonores, 8ème du genre en cette année 2010.

Le festival dédié aux musiques électroniques mais aussi au rock indépendant est probablement l’un des meilleurs en Europe et le Daily Telegraph ne disait pas autre chose en écrivant, « Nuits Sonores in Lyon reckons to be Europe’s top electro-music festival ». Avec ses 2000 artistes accueillis depuis 2003, les 237 attendus pour l’édition 2010, après Barcelone, Manchester et Paris, une carte blanche à Montréal, les Nuits Sonores ne vont pas décevoir des habitués qui retrouveront le bon esprit qui perdure depuis 8 ans et les plus jeunes être étonnés par la qualité des têtes d’affiche. En effet, cette année l’équipe de Vincent Carry accueille Birdy Nam Nam, 2Manydjs, Agoria, Laurent Garnier, Vitalic, Hot chip, Unkle ou Matthew Herbert, les revenants de Gang of Four, anciens leaders de la cold wave politique, le rock popisant mais parfois furibard du duo les Raveonettes, le capharnaum du Jim Jones revue qui après les Violent Femmes et Heavy Trash, pour les éditions précédentes, relèvera dignement le défi indie. Comme le veut désormais la tradition, Les Nuits Sonores proposent un concert spécial le dimanche soir et cet extra en 2010 s’appelle The Residents, les hommes invisibles de San Francisco jouant le dimanche soir au théâtre des Célestins. Je reviendrai d’ici la mi-mai sur cette programmation et en attendant je vous invite à « bloquer » votre weekend de l’Ascension, à consulter le détail de la programmation sur www.nuits-sonores.com et à réserver sur les sites habituels.

Lyon, le 25 avril 2010.

23/04/2010

Roulez jeunesse

Begaudeau Sorman.jpgPeut-être avez-vous assisté à la piètre prestation de François Bégaudeau et Joy Sorman, face au vieux couple Zémour-Naulleau, un de ces samedi soir tardifs, dans l’émission de télé de Ruquier. Si tel est le cas, surtout n’en tirez pas de conclusion définitive à propos du bouquin de ces duettistes inattendus intitulé « Parce que ça nous plaît », sous-titré « l’invention de la jeunesse » et édité par Larousse. Leur bouquin est en vérité beaucoup plus intéressant que ne peut le laisser croire l’émission. Intéressant mais cependant irritant dans la mesure où le bouquin de Bégaudeau et Sorman ne s’en tient pas vraiment à une approche rigoureuse en alternant démarches théoriques, la plupart du temps justes, et engouements personnels et parfois superficiels sans grands intérêts. Bref leur bouquin à de quoi gonfler, énerver, irriter, il n’empêche qu’il a l’immense avantage de s’attaquer à un sujet la plupart du temps laissé jusqu’ici aux réacs de gauche, je pense à Debray ou Finkielkraut. Parfois brouillon ou superficiel, tantôt soporifique, soyez tout de même certain que ce « Parce que ça nous plaît » mérite lecture. Croisant parfois de façon hasardeuse au large des sciences humaines tout en s’embourbant dans une sorte d’écriture « magazine », ce livre écrit par de faux-jeunes n’en demeure pas moins utile et donc fortement recommandé n’en déplaise à Zemour, Naulleau et aux Inrocks. A ce propos les abonnés aux Inrockuptibles recevaient avec leur livraison hebdomadaire la brochure de présentation des Nuits Sonores 2010. Je vous en dirais quelques mots dimanche.

« Parce que ça nous plaît – l’invention de la jeunesse » de François Bégaudeau et Joy Sormaz, Larousse, 2010

Lyon, le 23 avril 2010.

 
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