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21/07/2010

Décès de Philippe Faure

Absent de Lyon, c’est hier, à la lecture de Libération, que j’ai appris la disparition de Philippe Faure le directeur et animateur du théâtre de la Croix-Rousse. Les lyonnais et en particulier les 10 000 abonnés du théâtre doivent être comme nous « KO debout » tant Philippe Faure entretenait avec son art, son public et sa ville une liaison forte et passionnée. Alors que depuis des mois et des mois, Philippe Faure revendiquait légitimement le statut de « scène nationale », face aux réponses fuyantes de l’Etat il était passé en quelque sorte à l’offensive en rebaptisant son théâtre « La maison du peuple et de l’utopie ». J’espère que ce combat pour la reconnaissance du travail de Philippe Faure continuera et que nous aurons rapidement le moyen d’offrir cette ultime reconnaissance au théâtre de la Croix-Rousse tel que Philippe Faure l’incarnait.

Directeur de théâtre, metteur en scène, auteur, comédien, Philippe Faure avait toujours également apporté son soutien personnel au combat de la gauche lyonnaise. A chaque élection, je le voyais accompagné de ses enfants, fréquenter le plus souvent le matin le bureau de vote de la mairie annexe du 5ème arrondissement.

A chaque fois, par son énergie, son engagement jamais en demie teinte il nous professait ses encouragements y compris quand les temps étaient difficiles.

A sa famille, ses proches, à toute l’équipe du théâtre j’adresse les condoléances de l’ensemble des élus socialistes lyonnais.

Hautes-Pyrénées, le 21 juillet 2010

JYS

20/07/2010

C comme "Craponne-sur-Arzon"

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Plus que trois jours pour vous décider car vendredi débute le 23ème Festival de Musique Country de Craponne-sur-Arzon. Devenu le Fatima ou le Lourdes des amateurs de Country music, Craponne n’est pas un de ces rassemblements destiné à se déguiser en cowboy ou bien à apprendre le rude mode de vie des indiens d’Amérique. Craponne-sur-Arzon (Haute Loire) est « The » Festival français du genre, le meilleur, avec ses stars la plupart du temps déboulant des Etats-Unis, ses stages instrumentaux et ses masters classes, ses stages de danses, son festival off, ses animations et sa radio sur internet.

Logo%202010.pngCette année Craponne, véritable « music city » paumée en Auvergne accueille du beau monde avec entre autre Robert Earl Keen, Ray Wylie Hubbard, Daryle Singletary, Radney Foster ou Mitch Webb tous venant des Etats-Unis. On peut réserver dans les lieux habituels ou sur tickenet.fr. Pour de plus amples renseignements contacter www.festivaldecraponne.com, le forfait 3 jours étant à 58 euros et chacune des journées à 35 ou 32 euros.

Hautes-Pyrénées, le 20 juillet 2010.

17/07/2010

C comme "Collectionneur"

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S’il y a un bouquin particulièrement bien formaté pour connaitre, entraînant le plaisir, le succès pour cet été, c’est bien « Le collectionneur d’impostures » de Frédéric Rouvillois. Cet ouvrage, somme de ce qui se fait de mieux en matière d’impostures est un véritable plaisir à lire. De l’émission radiophonique d’Orson Welles à la fin des années trente à Françoise Giroud, quarante ans plus tard, qui s’était attribué illicitement la médaille de la résistance, Frédéric Rouvillois l’auteur de ce livre taillé pour la glande estivale, réalise un coup de maître.

De canulars en provocations, de tricheries en tromperies ce florilège du faux et de son usage qui peut en toute confiance vous accompagner pour ces vacances est, chose par ailleurs assez rare de nos jours, un objet particulièrement bien fabriqué et mis à la disposition du lecteur pour un prix « anti-crise » puisque de seize euros. Alors s’il vous accompagne sur la plage évitez de beurrer l’ouvrage de crème solaire avec cette légère couche de sable qui, de retour au bercail, vous empêcherait de ranger le bouquin dans votre bibliothèque ce « Collectionneur d’Impostures » ressemblant définitivement au produit de l’accouplement d’une plaquette Vapona et d’un filet d’églefin surgelé de chez Capitaine Cook.

> - Frédéric Rouvillois, « Le collectionneur d’Impostures », Flammarion, 16 euros.

bandeaux_small-summertime.jpgRappelez vous que l'Opéra de Lyon organise ce soir son "summer time Grand Bal", place des terreaux.

> Dès 18h, hommage à Ella Fitzgerald au Péristyle Café-Jazz

> 21h: Concert "Porgy and Bess" dans une version revisitée jazz sur la place des terreaux

>22h30 jusqu'à 1h: Grand Bal-concert aux rythmes africains, antillais et brésiliens.

Lyon, le 17 juillet 2010.

14/07/2010

B comme "Bouquins de l'été"

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Empilés à droite comme à gauche, en délicatesse on ne sait parfois pas trop pourquoi, à la limite de l’abandon, ils attendent sagement, sans trop broncher, que l’été arrive. Achetés lors d’une descente couteuse dans une librairie lointaine, récupérés à l’occasion d’un salon ou bien stokés dans l’attente de jours meilleurs, ces bouquins qui ne se la ramènent pas accompagneront comme chaque année nos mois de Juillet et août. Voici la liste de ceux qui se morfondent chez moi et qui seront, soyons réalistes, invités à être rejoints par d’autres au gré de nos visites dans les librairies. Dans le désordre le moins significatif voici …

  • - Jean Haëntjens, « Urbatopies », L’aube, 2010
  • - Craig Johnson, « Le camp des morts », Gallmeister, 2010
  • - John Robb, « Manchester music city », Rivages, 2010
  • - Dan Berger, « Weather Underground », L’échappée, 2010
  • - Thomas Bernhard, « Mes prix littéraires », Gallimard, 2010
  • - Frederic Rouvillois, « Le collectionneur d’impostures », Flammarion, 2010
  • - Nick Hornby, « Juliet, Naked », 10-18, 2010
  • - Jean-Noël Coghe, « Rory Gallagher », Castor music, 2010

Lyon, le 14 juillet 2010.

13/07/2010

B comme "Berninger (Matt)"

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Alors que nous entamons à peine ce nouvel abécédaire de l’été il me fallait absolument vous dire quelques bonnes choses de The National une formation américaine peu connue mais heureusement programmée ce soir aux « Nuits de Fourvière » en compagnie des proto-Talking Heads des années deux-mille, je veux parler de Vampire Weekend. Votre « B » d’aujourd’hui est donc celui de Berninger chanteur et leader d’un groupe qui a déjà, en comptant « High Violet » un disque sorti début mai, cinq albums à son actif.

Originaire de l’Ohio, c’est à New York que The National a pris son envol et si le groupe demeure peu connu au sein du grand public il peut se vanter d’afficher une belle côte d’amour parmi la critique et les amateurs éclairés sur les deux rives de l’atlantique. Il est bien entendu difficile de décrire la musique de The National autrement qu’en essayant de la comparer à d’autres uniquement dans le but de se faire comprendre. Même si l’exercice n’est pas sans danger on pourrait dire que derrière la musique de Berninger et des deux Dessner (Aaron le bassiste et Bryce le guitariste) il y a du Velvet matiné d’un Nick Cave aux accents de Tindersticks.

The+National+2.jpgPrésent deux soirées de suite aux « Nuits de Fourvière », figurant en première partie de Pavement il y a quelques semaines à Paris, The National, engagé dans une tournée mondiale d’importance, pourrait être une des révélations (tardives) de 2010 tant l’album « High Violet » est excellent et son prédécesseur « The boxer » tristement magique. Malgré ce nom accrocheur, les amis d’Eric Besson ne seront pas autorisés à monter à Fourvière ce soir pour applaudir « The National », il convenait de le préciser.

> Vampire Weekend et The National, « Nuits de Fourvière », 13 juillet 2010, 21h00, tarif 27 euros.

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J'étais l'invité vendredi dernier de la web TV lyonnaise Surf TV. L'émission animée par Daniel Dubois avait pour thème l'affaire Bettancourt.

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(Cliquer sur l'image pour voir la vidéo)

Lyon, le 13 juillet 2010.

Photo: DR

12/07/2010

B comme "Brooklyn"

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Ce soir, avec leur Nuit Brooklyn, « Les Nuits de Fourvière » frappent juste et fort en accueillant en particulier Sharon Jones et The National, deux des meilleurs ambassadeurs de ce quartier mythique de la grosse pomme. Nous reviendrons demain sur The National dont les accents velvetiens et indie méritent un vrai détour, la formation de Matt Berninger partageant l’affiche avec Vampire Weekend. Aujourd’hui, pour vous convaincre de monter à Fourvière ce soir, je veux vous dire le plus grand bien de cette chanteuse formidable qu’est Sharon Jones et qui, accompagnée de ses Dap-Kings, est un authentique bonheur et la chose la plus rafraîchissante de ce bon vieux R’N’B qu’il convient de ne surtout pas confondre avec ce piètre « are end bee » comme quoi le mot « Soupe » n’est pas la traduction française de « Soul ».

Née en 1958, ancienne surveillante à la prison de Ryker Island et convoyeur de fonds, ce n’est qu’en 1996 que Sharon Jones devient l’énergique chanteuse des Dap-Kings, le plus beau fleuron du label Daptone et ainsi la sublime incarnation du renouveau de la soul music à l’ancienne. A ce jour Sharon Jones et ses Dap-Kings sont à la tête d’une discographie, toute recommandable, enclenchée en 2004 avec « Dap Dippin’with Sharon Jones », « Naturally » (2006), « 100 days 100 nights » (2007) ainsi que le tout nouveau « Learning the hard way ». Ayant mis peu à peu de plus en plus de soul dans son funk, Sharon Jones, petite bonne femme dont l’intensité vocale est merveilleuse et étonnante, mériterait de connaître une reconnaissance internationale même si la France est loin d’être le dernier pays à lui faire la fête. Vue il y a deux ans au Ninkasi-Kao, le passage de ce soir aux « Nuits de Fourvière » mériterait d’être transformé l’an prochain par un mémorable concert pour le public de « Jazz à Vienne » histoire d’asseoir définitivement la notoriété de Sharon Jones.

> « Nuit Brooklyn » avec Sharon Jones and the Dap-Kings, Dirty Projectors, The National et invités. (Direction artistique the National). Lundi 12 juillet 2010, 21h00, tarif 27 euros.


Nuit Brooklyn
envoyé par NuitsdeFourviere. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Lyon, le 12 juillet 2010.

11/07/2010

A comme "Arroyo (Eduardo)"

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J’aime Arroyo, Eduardo Arroyo, ce peintre qui s’exile en France en 1958 et qui va être le pivot nécessaire de cette « figuration narrative » encore injustement reconnue. C’est à la mort de Franco que Arroyo va refaire le chemin inverse pour au final revivre une sorte d’exil au point de s’imaginer étranger dans son propre pays. Après quelques bouquins dont le « Panama Al Brown » inspiré par l’autre passion d’Arroyo, la boxe, le peintre espagnol nous propose aujourd’hui, « Minutes d’un testament », un ouvrage qui trace dans la mémoire de son auteur des souvenirs compliqués qui à force de chambouler la chronologie finissent par perdre le lecteur. « Le présent testament » écrit Arroyo avec amusement « annule les précédents, qui ont été nombreux étant donné mon goût précoce pour la rédaction de ce genre de documents ». Pour Arroyo, tout commence à Madrid et plus précisément au 19 de la rue Argensola pour ce fils de pharmacien, croyant, pratiquant et phalangiste. Tout se poursuit à Paris à la fin des années cinquante pour se concrétiser en une peinture illuminée par la politique et l’Espagne, vers les mineurs des Asturies, un pays réprimé mais combattant. Le parcours d’Edouardo Arroyo est aussi celui d’un intellectuel en peinture qui lorgne un temps très lourdement vers la Havane, qui est au cœur du fracas de Mai 68 et scrute l’agonie du Caudillo.

arroyotestament.jpgArroyo aurait probablement souhaité être un écrivain. Son œuvre magnifique nous confirme qu’il a pourtant emprunté le bon chemin et la lecture de ce labyrinthique testament que Grasset vient de faire traduire ne fait que nous confirmer que la véritable mémoire d’une époque est dans la peinture d’un artiste dont il serait temps que l’on admette qu’il est majeur. Contestataire, politisé, ouvert sur la vie, Arroyo est donc un des peintres les plus importants de l’après-guerre et avec Aillaud, Télémaque, Adami et Rancillac, il représente la force de cette nouvelle figuration.

Eduardo Arroyo, « Minutes d’un testament », Grasset, 2010, 21.50 euros.

Lyon, le 11 juillet 2010.

08/07/2010

Declan et Diana

elviscostello.jpg?w=300&h=200Declan Patrick MacManus est ce soir en Isère avec madame. Le génial binoclard végétarien et ancien employé de la Midland Bank (service informatique) est donc avec sa dulcinée, Diana Krall, sur la scène de Jazz à Vienne. Vous l’avez compris je veux parler d’Elvis Costello. Les Lyonnais enclins à apprécier la musique encyclopédique de l’auteur de « Watching the Detectives » gardent un souvenir incomparable de son passage aux Nuits de Fourvière il y a, je crois, deux ans de cela. Ce soir de fin juillet, à l’Odéon, Costello et Allen Toussaint transportèrent sous le ciel étoilé lyonnais un public nécessairement réduit mais aux anges en partance pour le paradis.

Ce soir à Jazz Vienne, on change de format et en étant inscrit au programme de la très jazzy mère de ses enfants le britannique devra se coltiner un public largement composé d’abonnés à Télérama qui viendra essentiellement pour la Krall. Il n’est donc pas très certain que le charme s’invite sur la scène du Festival viennois à moins que nos deux amoureux, ce dont on peut douter, se réunissent pour un bœuf au terme du spectacle. Costello sera quant à lui sans ses célèbres Attractions mais à la tête d’une formation qui devrait distiller un de ses albums les plus roots, son dernier en date, « Secret, Profane and Surgarcane ». Bref, une soirée viennoise à ne rater sous aucun prétexte.

> « Jazz à Vienne », ce soir 8 juillet, Diana Krall et Elvis Costello, 21h00, Théâtre Antique de Vienne

Lyon, le 8 juillet 2010.

Photo: DR

03/07/2010

Opiums des peuples

sommaire_2292_grand.jpgEn ce dimanche si décisif dans cette coupe du monde de football 2010, si l’envie vous prenait de lever le pied en vous intéressant également au rock and roll, précipitez-vous sur le numéro de juillet de Rock & Folk qui nous livre un dossier très opium du peuple puisque consacré au foot et au rock. Cette semaine dans Libé c’est le guitariste ricain de The National qui nous expliquait que le football était un sport roi, ce mois-ci, Rock & Folk nous rappelle cette interview de Rivers Cuomo, le binoclard des américains de Weezer, qui rentrait en lévitation en abordant le sujet dans l’excellent « So Foot ». Bref, de Bob Marley qui, avec ses Wailers rencontrait régulièrement en tournée les journalistes lors d’une partie de football, à Rod Stewart ou Iron Maiden, les fans de football sont légion dans le rock. C’est donc essentiellement du côté d’une Albion, automatiquement perfide, que le foot recrute les meilleurs rockeurs. Ils s’appellent les frangins Gallagher et soutiennent Manchester City, Damon Albarn qui ne rêve que de Chelsea F.C., Lily Allen en fan de Fulhan ou les liverpuldiens de the Coral adeptes des Reds. Discographie, article sur le rock des stades, beaux gestes, tout y passe grâce à Jean-Vic Chapus, Basile Farkas, Jérôme Reijasse et quelques-autres. A lire donc dans Rock & Folk, Juillet 2010, numéro 515,6, 10 euros.

Renseignements sur www.rocknfolk.com

Lyon, le 4 juillet 2010.

01/07/2010

Dans le coup

couv3.jpgAlors que le cinquième numéro du « Coup de grâce » est livré dans nos boites aux lettres, Guillaume Tanhia l'inspirateur et barreur en chef de la revue lance un avis de tempête enattirant notre attention sur la fragilité financière de sa revue. Pourtant dans un édito plutôt vitaminé, l'ami Guillaume nous la joue héroïque en dénonçant l'Etat qui se désengage et,grand classique des élites, l'invasion du divertissement et du spectaculaire qui tient lieu depolitique culturelle de la part des édiles. Bref, il y a encore de la vie du côté du « Coup de grâce » et ce n'est pas moi qui songe à m'en plaindre. Préparation, du côté de Bron, de la biennale de la danse, interview de Bill T. Jones, c'est tout de même en s'interrogeant sur l'avenir des politiques culturelles que ce « Coup de grâce » estival monte au créneau non sans avoir donné la parole à un DRAC qui, ce qui est bien normal, s'autorise à faire le service après vente de l'Etat. Comme c'est désormais la tradition,au travers sa découpe, le magazine culturel lyonnais ne craint pas la dispersion avec des articles sur le Quatuor Debussy, un beau zoom sur le travail de Denis Serre et le plasticien Pierre David qui s'aventure dans un retour étonnant vers la commande. A fourrer dans le sac de plage ou la valise il est important d'acheter ce numéro ne serait-ce que pour soutenir une aventure journalistique qui ne mérite pas de rester en rade. Comme vous n'aurez plus un rond à votre retour de vacances et que le gouvernement nous prépare à affronter le pire pour septembre, abonnez-vous dès maintenant au « Coup de grâce ». Pour se quitter sur une bonne note c'est ce matin vers 11 heures qu'à l'Institut Lumière, Thierry Frémeaux présente la 2ème édition du festival du film piloté par le Grand Lyon. Un de ces évènements imaginé par les édiles dont le caractère divertissant déplait tant à l'ami Tanhia.

Lyon, le 1er juillet 2010.

20/06/2010

Dieu est-il à nos côtés ?

bob_dylan.jpgCe soir, comme j’imagine pas mal d’indécrottables admirateurs, je vais assister au concert de Bob Dylan à la Halle Tony Garnier. Pourtant mon dernier souvenir « Dylanien » remontre à quelques années, plus particulièrement à Saint-Etienne, et ce soir-là, à la sortie du show pitoyable du Zimmerman je m’étais promis de ne jamais me faire avoir une nouvelle fois. Appuyé sur son clavier, comme d’autres à un déambulateur, plaquant des accords dispensables tant le groupe de requins mobilisé pour l’occasion faisait très bien l’affaire, Dylan, Stetson sur le crâne et de profil, imposait une soupe recuite à un public bon enfant. Je connaissais bien entendu la théorie des Dylanologues les plus avertis répétant qu’un seul concert sur quatre du génie de Duluth méritait le détour. Pas de bol à Saint-Etienne ce soir-là on avait droit à l’un des trois concerts les plus minables et chacun devait bien s’en contenter. Pour tout vous dire les trois ou quatre derniers albums de Dylan conviennent parfaitement à mon oreille et à la différence de pas mal de fans de la première heure, je m’intéresse au travail d’un homme qui, bien qu’avançant en âge, poursuit avec une musique de plus en plus roots un authentique cheminement. Le concert lyonnais de ce soir sera-t-il l’un des quatre dignes de rester dans nos esprits ou bien un énième fatras désobligeant à l’égard du public, même Dieu ne le sait point et Dylan encore moins.

Lyon, le 20 juin 2010.

18/06/2010

Noomiz: nouveau MySpace ?

C’est en parcourant twitter que j’ai découvert récemment la start-up française Noomiz et mon ami Henri Parado m’a conseillé de regarder de plus près ce nouveau site. Ensuite, je suis tombé par hasard sur un tweet de la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet qui m’a convaincu d’y regarder de plus près.

Le site Noomiz propose aux artistes une plateforme de blogging, de rencontre  et des solutions de marketing digital permettant de chiffrer le succès d'un artiste sur le web en mesurant et calculant la propagation d’une chanson sur les réseaux sociaux.

Myspace ayant raté le tournant du web 2.0, du web social, les artistes ont aujourd’hui tout intérêt à envisager d’autres solutions. Noomiz m’apparaît comme une initiative intéressante reste à voir si cela fonctionnera. N’étant pas certain qu’il s’agisse de ce qui se fait de mieux, à vous de fouiner et de m’en dire plus.

Lyon, le 18 juin 2010.

14/06/2010

Boycott

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La décision du réseau de salles de cinéma « Utopia » de revenir sur sa décision de déprogrammation du film israélien « A cinq heures de Paris » est un heureux dénouement.

Il faut dire que les propos initiaux de l’une des fondatrices du célèbre réseau Arts et Essais pour appuyer cette décision de boycott étaient inquiétants puisque fondés, je cite, sur le fait que « les israéliens votent, ce sont eux qui ont élu un gouvernement d’extrême droite. Ils sont donc partie prenante de ce qui se passe ». Un argument que chacun pourrait considérer comme particulièrement imbécile car pouvant être retourné, par exemple en direction de palestiniens qui ont portés au pouvoir des forces politiques également peu recommandables. Malheureusement cette inclinaison spontanée du réseau Utopia n’est pas unique et, par exemple dans la musique, de nombreux artistes viennent d’annoncer, après le triste épisode des flottilles, de ne plus faire étape en Israël. C’est le cas des Klaxons, de Santana, des Pixies ou de Gorillaz sachant que le refus d’Elvis Costello de jouer en Israël, bien que lié à la situation à Gaza, remonte avant les évènements récents. Il y a bien entendu une différence de nature entre le refus de se déplacer en Israël et celui de ne pas accueillir des artistes ou des spectacles dans notre pays. A ce propos la décision du Festival Folklorique de Montrejeau en annonçant son refus d’inviter le ballet Hora de Jérusalem pour de pseudo-raisons de sécurité n’est guère acceptable. Alors que la moitié de la planète fait le voyage dévot en direction de Shanghai évitant au passage de demander des comptes à la Direction du Parti Communiste Chinois sur la question des droits et singulièrement de ceux des prolétaires chinois, je ne peux que trouver malsaine cette attitude à l’égard des artistes israéliens. Vendredi dernier, en fin d’après midi, nous inaugurions à la demande de la municipalité de Francfort des tramways portant le nom de Lyon, Milan, Budapest ou Tel Aviv en présence des Maires de ces villes. Avouez qu’il aurait été injustifié, au nom de je ne sais quelle politique du gouvernement israélien, que nous refusions de nous associer à une telle manifestation avant tout chargée d’amitié et de volonté de coopération entre des peuples.

Lyon, le 14 juin 2010

13/06/2010

Cash Cash

prince-20080221-380012.jpgEn ce début d'été les festivals se multiplient, les artistes se croisent et se recroisent sans vraiment formuler de belles promesses. Machine à cash, ces rencontres estivales ne valent pas toujours le détour c'est pourquoi je propose aux plus nomades et parfois fortunés d'entre-vous une première sélection qui bien entendu n'engage que moi.

  • 3 juillet, The Specials effectuent leur grand retour sur la grande scène des eurokéennes et Pearl Jam est au Main Square d'Arras.

  • 4 juillet, Stevie Wonder est dans des arênes de Nîmes qui comme chaque année affichent les affiches sans véritablement se poser d'autres problèmes

  • 8 juillet, Sauzanne Vega partage le plateau des Nuits du sud (Vence) avec Yousou n' Dour sachez que vous pourrez applaudir la new-yorkaise d'autres fois cet été alors qu'Elvis Costello assure ce soir là son unique apparition française (Jazz à Vienne). A vous de choisir.

  • 9 juillet, Prince est au Main Square Festival d'Arras qui cette année plante le décor à la Citadelle. Ce très et trop cher Prince devrait faire pour l'occasion son seul tour de piste français.

  • 16 au 18 juillet, les éternels Mika, M, Doherty et Coeur de pirate qui écument la France cet été passent par Musilac, cela étant le festival d'Aix-les-Bains offre deux ou trois originalités qui méritent réflexion, Paul Weller, l'ancien Jam et Style Council nous revenant en forme. Les partisans du trip hippy croisé américana monteront également à Musiclac pour faire la fête à Devandra Banhart.
  • Paris ne rate pas la marche en particulier en matière de Jazz. Entre Paris Jazz Festival (12/6 au 1/08), Festival All Stards du New morning (1/07 au 6/08), la Défense Jazz Festival (18 au 27/6) et Festival Jazz à la Villette (31/8 au 12/9) il y a de quoi faire et en particulier Mike Sterne Band (19/07), Booker T (22/7), Roy Hargrove les 27 et 28 juillet.

  • 24 juillet, amis lyonnais c'est très chic d'aller applaudir Carmen Maria Vega au Festival Musiques et terrasses de Verdun.

  • 5/08, Allen Toussaint est à Marciac en compagnie de l'éternel Wynton Marsalis qui a son rond de serviette à la cantine du festival.

  • 6 au 7 août, les amateurs de musiques noires ne peuvent aller ailleurs qu'à Saint Nazaire puisque le festival « Les escales » accueille Georges Clinton et les moins rares Satif Keita, Femi Kuti et Rokia Traore. En face d'un terrible dilemme les aficionados de reggae sont quant à eux à Saint Sauveur en Gironde pour un « sun ska » qui accueillera Alpha Blondy, Steel pulse et de nombreux artistes dont les lyonnais de High Tone.

Partout ailleurs en Europe, l'offre des « grandes surfaces » musicales est particulièrement impressionnante à condition de supporter les univers concentrationnaires. En Allemagne on peut toujours se rendre à Wacken (Red Hot Chili Pepers), au Hurricane de Scessel (Strokes, LCD Sound system...). Jamais en reste la Belgique peut être fière du Dour Festival ou de la Fiesta du rock même si cette année les têtes d'affiches ne se bousculent pas. Le Roskilde Festival (Danemark) avec Prince, Gorillaz, Muse, Patti Smith fait la pige à tout le monde comme ses rivaux du sud avec « Benicassim » (Kazabian, Lily Allen et surtout Ray Davis). Enfin, n'oublions pas la perfide Albion qui aligne ses festivals comme des bons soldats (Wickerman festival, Guilford, Henham Park, Kinrors, Herefordshire et des dizaines d'autres) mais les grosses concentrations demeurent à l'Est avec « Gdynia » (Pologne), Ostrava (République Tchèque) et surtout Strijet. Pour terminer sur une note humaine, il est nécessaire de saluer nos voisins suisses et les lyonnais seront inspirés d'en faire leur premier choix avec Montreux (www.montreuxjazz.com) qui accueille Tori Amos, Pat Metheny, Ben Harper, Roxy music ainsi que Nyon (www.paleo.ch) avec Crosty, Still & Nash, NTM, Gaetan Roussel, etc.

Lyon, 13 juin 2010.

 

10/06/2010

Stupide ?

Il y a quelques semaines de cela, alors que Lady Gaga, au zénith, remplissait deux Bercy et que la pauvre Whitney Houston, à la ramasse, annulait le sien, le père Jagger, soixante six ans déjà sonnés, aguichait le Festival de Cannes comme un éternel jeune homme.

Communication tirée à quatre épingles, charmeur et cynique, le beau Mick a fait chavirer la croisette jetant au passage quelques miettes aux journalistes ébahis et en manque de véritables stars. « En ce temps là » leur a-t-il dit « nous étions jeunes, beaux et stupides, maintenant nous ne sommes que stupides ». Le temps dont il s’agit est l’été 1971. Les Rolling Stones, du côté de Villefranche-sur-Mer, sont de véritables réfugiés (fiscaux). De cette période sexe, drogue et blues, l’histoire retiendra deux choses, le mariage de Mick et Bianca à St Tropez et un album intitulé « Exile on Main Street » faisant suite au mythique « Sticky Fingers ». Sortes de sessions avinées sous haute influence des drogues les plus tendance ce double album n’est pas le meilleur du groupe mais contient cependant quelques pépites comme « Tumble Dice », « All Down the Blues » ou « Rocks Off » et le magnifique et countrisant « Sweet Virginia » sous influence de Gram Parsons lui-même sous influence des dites drogues.

C’est ce soir que France 5, après la ressortie de la version 2010 d’ »Exile » avec sa dizaine de bonus, propose « Stones in Exile » du britannique Stephen Kijak sorte de documentaire présenté dans le cadre de la quinzaine des Réalisateurs à Cannes lors de la dernière édition du Festival.

Comme vous pouvez vous en douter le toujours jeune et beau Mick n’est pas si stupide que cela et sa virée cannoise n’est en rien celle d’un retraité à la recherche d’une maison médicalisée pour y passer ses vieux jours. En ressortant « Exile » Universal et Jagger mettent le paquet et en multipliant les produits (coffret à plus de 100 euros, DVD de « Stones in exile » chez Eagle Vision) la PME Rolling Stones se remet en piste, une tournée « Exile on Main Street » n’étant pas à écarter un peu à l’instar de ce que font Brian Wilson ou Van Morrison. Tournée "Exile" ou pas, alors que les Stones devraient rejoindre d'ici la fin de l'année les studios pour nous infliger un énième album sans grand intérêt, Jagger a compris que l'avenir commercial du groupe résidait dans son glorieux passé. Pas si stupide que celà, le leader des Stones a  vu une nouvelle fois juste puisque il y a quelques semaines de cela "Exile on main street" était en tête des ventes en Angleterre chose inédite depuis des dizaines d'années. On pourrait bien entendu ne cesser de disserter sur les 10 inédits qui accompagnent cette nouvelle édition. Il n'empêche, et ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle, que cet "Exile" revu et corrigé, avec ou sans ses bonus a une tête pour figurer dans les dix meilleurs albums de l'année. Une façon de dire que hier comme aujourd'hui, Mick Jagger n'a jamais été stupide.

Dans toute cette affaire, ce qui m’inquiète le plus c’est qu’en 1972, année de sortie de « Exile on Main Street », on allait se tourner la dernière belle page de l’aventure des Rolling Stones. Il ne manquerait plus maintenant que Jagger nous reformate « Angie » l’an prochain afin de faire danser les baby-boomers dans les maisons de retraite pour que nous nous quittions, Jagger et moi, en très mauvais terme.

> « Exile on Main Street », CD, Universal

> « Stones in Exile », ce soir sur France 5 et disponible le 15 juin en DVD agrémenté de 90 minutes supplémentaires. (Eagle Vision)

Lyon, le 10 juin 2010.

 
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