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20/08/2010

S comme "Saatchi"

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Début juillet, Charles Saatchi annonçait vouloir offrir à la Grande-Bretagne pour 30 millions d’euros d’œuvres d’art. Quelle générosité ! Charles Saatchi, co-fondateur de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi célèbre en son temps pour sa dévotion à l’égard de Margaret Thatcher est donc, comme il sait parfaitement le faire, de retour dans l’actualité. Une actualité qui n’a rien à voir avec la publicité puisque se situant dans l’autre grand domaine de l’arnaque, à savoir l’art contemporain. Ce Charles, que l’on ne doit pas confondre avec Maurice, l’autre Saatchi, est donc un pubard en exil dans l’art contemporain, un type qui a tendance à réussir tout ce qu’il touche. A la tête de la première agence mondiale à l’époque du thatchérisme triomphant, Charles va très vite, malgré ses déboires de fils de pub devenir un incontournable de l’art contemporain Londonien. Fondateur d’une galerie sur Boundary Road, le collectionneur invétéré qu’il est devenu va faire sensation avec justement « Sensation » une exposition qui en 1997 va promouvoir à l’échelle de la planète les YBA (Young British Artists) tout d’abord à Londres (Royal Academy) puis à New York (Brooklyn Museum). Le scandale aidant Saatchi va s’en mettre plein les poches en assurant « la promo-vente » d’artistes comme Damien Hirst. « Sensation » devenant un véritable trampoline dans la carrière du natif de Bagdad, c’est donc, fort de sa nouvelle mauvaise réputation que Saatchi va ouvrir sur King’s Road 6 500 m² d’exposition d’art contemporain, un record planétaire pour une galerie. Peu bavard et cultivant son mystère oriental, époux de la célèbre Nigella Lawson, fille de son père éminent membre du part conservateur et productrice d’émission sur la bouffe, Charles aime s’entourer du mystère qui convient. Phaidon vient de traduire en français « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique » une série d’entretiens que je vous engage à lire car c’est à mon sens la seule manière d’être certain de continuer à détester Charles Saatchi. Alors faites comme moi, si le cœur vous en dit.

charles_saatchi.jpgCharles Saatchi, « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique », Phaidon, 9.95 euros.

Lyon, le 20 août 2010.

Photo: DR

19/08/2010

S comme "Sociologie de Lyon"

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Voilà un petit bouquin de 120 pages, au demeurant fort intéressantes, qui pourrait s’adresser à priori à celles et ceux qui sont d’ailleurs, les gens d’ici étant toujours persuadés de connaître à la perfection leur ville. En fait cette « sociologie de Lyon » conçue par des universitaires lyonnais peut-être utile à tous. On peut la mettre entre toutes les mains car elle évite avec soin les clichés que très souvent la presse nationale continue de colporter. Cette petite sociologie est également recommandée à ceux qui voient des bobos partout ou qui doutent de la vocation internationale de la ville. Bref, vous saurez tout (ou presque) sur Lyon, sur une cité jeune, active et dynamique. Sur des Lyonnais qui sont plutôt sur-diplômés et qui semblent ne penser qu’à bosser au point d’oublier de se marier et donc de faire des enfants.

Vous l’avez compris aux confins de la géographie, de l’économie et de la sociologie, cet ouvrage de la collection « Repères » de La Découverte examine, après Bordeaux et Paris, le cas lyonnais avec un regard expert et un sérieux qui devient parfois rare de nos jours.

Sociologie de lyon.gif

« Sociologie de Lyon », Jean-Yves Authier, Yves Grafmeyer, Isabelle Malon et Marie Vogel, collection Repères, La Découverte.

Lyon, le 19 août 2010.

17/08/2010

R comme "Rock and Roll"

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Depuis quelques temps, le monde du rock connaissait ses prix de tickets prohibitifs, son goût pour les places assises et parfois même numérotées, aujourd’hui les fans les plus friqués exigent d’occuper des places VIP pour assister au concert de leur idole. Il y a peu, le New York Times nous racontait l’histoire de fans qui pour 1750 dollars avaient droit, sur la tournée de Bon Jovi, à un siège au premier rang ainsi qu’une chaise pliante en métal noir dont le coussin était frappé d’un logo rouge et or aux armes du chanteur. Mieux, les répétitions du bébé chantant Justin Bieber sont à l’occasion facturées 350 dollars, pour 800 dollars Christina Aguilera pose pour une photo et pour 900 dollars on peut même dîner avec Les Eagles l’histoire ne disant pas si c’est au restau de l’Hôtel California.

Au terme de son excellent ouvrage « Culture d’en haut, culture d’en bas » sous-titré « l’émergence des hiérarchies culturelles aux Etats-Unis », Lawrence W. Levine, grand spécialiste de l’histoire culturelle, cite avec une certaine délectation Allan Bloom l’auteur à succès de « l’âme désarmée » un pensum réactionnaire qui, en son temps, s’en était pris à « la crise intellectuelle » qui, disait-il, minait le pays et à cette dégénérescence culturelle qui frappait en particulier la jeunesse. La musique classique, pratiquée par ceux qui avaient une bonne éducation, y était saluée, la musique rock symbole de la culture d’en bas, condamnée sans appel. D’ailleurs le réquisitoire de Bloom largement partagé par les élites faisait du rock une musique qui ne contenait « rien de noble, de sublime, de profond, de délicat, de savoureux ou même de décent ». Bloom assurait que la musique rock ne pouvait accueillir que ce qui était « changeant, grossier et immédiat », Bloom précisant que cela vérifiait l’intuition de Tocqueville sur « le caractère de l’art démocratique ». Le rock n’était donc qu’une « nourriture de pacotille pour les âmes », un « phénomène fangeux » bref une « descente aux enfers ».

41%2Br4HoHfxL._SL500_AA300_.jpgJe suis certain que s’il était encore parmi nous, Bloom réviserait sa position, le rock étant devenu parfois « une nourriture de pacotille pour les âmes bien nées ou les blaireaux les plus friqués ».

Lawrence W. Levine, « Culture d’en haut, culture d’en bas », La Découverte, 26 euros.

Lyon, le 17 août 2010.

14/08/2010

P comme "Prix littéraires"

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Même si du côté de Gallimard, Grasset, Le Seuil et autre Hachette on commence à ferrailler pour, au final, se mettre d’accord sur qui devrait faire bingo lors des prix littéraires de l’automne, je ne suis pas devenu dingo au point de vous parler de ces fameux prix au milieu du mois d’août. En fait, je veux juste attirer votre attention sur un petit bouquin de Thomas Bernhard intitulé « Prix Littéraires » que Gallimard publie dans la collection blanche. Né aux Pays-Bas au début des années trente, au Zénith du succès dans les années soixante et disparu il y a presque vingt ans, Thomas Bernhard est probablement solidement implanté dans le quarteron des grands écrivains de langue allemande. En 1980, l’écrivain termine ce « Prix Littéraires » qui ne sera jamais publié du vivant de l’auteur. Bardé de prix, reconnu, adulé et respecté, Bernhard ne sera jamais du genre à se laisser embarquer dans le cirque littéraire et le monde artificiel des reconnaissances aux allures parfois articicielles. Dans ce très court ouvrage de quelques 150 pages, chacun, va en prendre pour son grade et avec un art exceptionnel de la détestation Bernhard interpelle l’industrie du livre, celle de la littérature et tout ce petit monde qu’il épingle avec talent et humour.

thomas bernhard.jpgA propos de distinctions honorifiques et de prix, je me demande après la remise par Iggy Pop, de la médaille de chevalier des Arts et Lettres à Philippe Manœuvre, s’il ne serait pas correct de remettre également le Goncourt au distingué rédacteur-en-chef de Rock n’Folk, tant la compilation de ses éditos, bien qu’aussi épais que des tranches de saumon d’Ecosse, mériterait au titre du patrimoine de figurer dans l’éternité de la littérature française. En attendant d’y voir plus clair dans l’avenir de Manœuvre et d’envisager sa publication dans la Pléiade, ruez vous sur ce « Mes Prix Littéraires » plutôt piquant.

Thomas Bernhard, « Mes Prix Littéraires », Gallimard, 12.50 euros

Lyon, le 14 août 2010.

11/08/2010

O comme "Orages ordinaires"

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Si enfoncé dans le hamac, un bouquin dans les mains, vous n’arrivez pas à tenir plus de cinq minutes avant de somnoler, il est probable que vous n’arriverez pas à vous sortir de la lecture pourtant passionnante du dernier William Boyd qui pèse presque ses 600 pages. Thriller épatant, « orages ordinaires » est le type d’ouvrage qui aurait illico produit des étincelles dans le cerveau particulièrement bien équipé d’un Hitchcock qui aurait tué père et mère pour en faire l’adaptation au cinéma. Quitte à choisir un « best seller » comme lecture de l’été, entre les Pancol, Levy, Musso, ou Tartempion, choisissez celui de l’Ecossais qui tisse ses intrigues entre labos et empreintes, traques et vengeance.

« J’ai lu dans le Guardian » dira Boyd à Libération lors de la promo des « orages » « un article sur la brigade fluviale de Londres, qui récupère chaque année une soixantaine de corps. Le chiffre m’a surpris. J’ai tout de suite pensé à l’Ami commun, de Charles Dickens, qui commence avec un mort dans la Tamise. Je me suis dit que la vieille ville victorienne était toujours là, sous le vernis moderne, branché et technologique. Je me suis demandé si je pourrais écrire un roman néodickensien, qui soit un portrait de la société comme le sont les grands romans victoriens. »

william boyd.jpgLe défit est une réussite pourrait répondre chacun de ses lecteurs à Boyd et je vous encourage à rejoindre le monde d’inventivité et de suspense de William Boyd.

> William Boyd, « Orages ordinaires », Le Seuil, 21.80 euros.

    Lyon, le 11 août 2010.

    06/08/2010

    M comme "Mauvais geste"

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    Ancien journaliste sportif au Progrès, désormais ardent militant de la cause gastronomique et auteur prolifique de livres à la gloire de nos chefs étoilés, c’est Jean-François Mesplède qui m’a passé « Eloge du mauvais geste » d’Ollivier Pourriol. Cet ouvrage est l’un de ces nombreux bouquins apparus quelques temps avant la Coupe du Monde Sud-Africaine mais, il convient de le dire, un des plus intéressants. Pourriol essaye, vous l’avez compris, de nous dire que les « Mauvais gestes » en question, ceux de Maradona, Zidane, Henry ou Cantona sont en vérité autant de « chefs d’œuvres à l’envers », quasiment des gestes artistiques majeurs. Avec Pourriol, c’est l’agrégé lettré qui se mêle de football et, même si parfois la prose est légèrement gonflante, au bout du compte il s’agit d’un vrai plaisir de lecture.

    Depuis les exploits de notre équipe nationale en juin dernier, Pourriol doit pourtant admettre que les gestes presque romantiques de nos « Bad boys » sont désormais balayés par la triste réalité incarnée par les Gallas, Ribéry, Anelka ou Evra, par des loustiques aux comportements et aux inclinaisons douteuses dont il conviendra bien un jour procéder à l’inventaire précis et ce, sans états d’âmes.

    Gallas.jpg> Ollivier Pourriol, « Eloge du Mauvais geste », Nil Editions, 13,50 euros

    Lyon, le 6 août 2010.

    Photo: DR

    05/08/2010

    L comme "Lunch (Lydia)"

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    Lydia Lunch est un de ces mythes dont le rock and roll est particulièrement friand. Chanteuse, écrivaine et plus ou moins actrice, Lydia, de son vrai nom Koch, est issue de la rue new yorkaise. Fugue, inceste, zonant dans l’underground des années soixante-dix c’est avec Teenage Jesus and the Jerks que la chanteuse va s’imposer au point de totaliser aujourd’hui une impressionnante discographie. Plus ou moins tenante d’une sorte de « Spoken words » dans la lignée de Henry Rollins, Lydia Lunch, à partir de sa base de Barcelone continue d’écumer les petites scènes européennes. Alors que peu de ses ouvrages sont traduits en français, « Au Diable Vauvert » vient de mettre à la disposition du public francophone « Déséquilibres synthétiques » (« Will Work For Drugs ») traduit par Virginie Despentes et Wendy Delorme.

    Cette compilation de textes parfois proches du chaos est un mélange de fictions et d’entretiens (Hubert Selby Jr, Nick Toshes…) qui valent leur détour. Loin de la noirceur de « Paradoxia » ce recueil pour fans aborde tout à la fois l’Irak ou la religion mais surtout nous plonge dans l’univers cruel de sa jeunesse à Rochester entre une mère inquiétante et un père qui joue la virginité de la fille au poker. « La bête », un autre texte de ces « déséquilibres » nous raconte l’histoire du batteur fou de Teenage Jesus, quelques dizaines de pages résumées par la formule « dope-detox-hosto-prison » par Geraldine Sarratia dans les Inrockuptibles. Recommandé aux amateurs éclairés attirés par le noir.

    lydia lunch.jpg> Lyndia Lunch, « Déséquilibres Synthétiques », Au Diable Vauvert, 2010, 18 euros.

      Lyon, le 5 août 2010.

      04/08/2010

      L comme "Lumière"

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      Après Clint Eastwood en 2009, pour cette seconde édition du Grand Lyon Film Festival, c’est donc Milos Forman qui va être honoré en recevant le « Lumière 2010 ». Avec ce festival dédié, ce qui est unique, au patrimoine et à l’histoire, Thierry Frémaux le directeur de l’Institut Lumière et patron de l’évènement est sur le point de transformer l’essai marqué dès la première édition. En effet en 2010, Frémaux n’a pas souhaité mollir puisque les copies restaurées vont se chamailler avec les copies neuves, le ripolinage sonore va être de la partie, des films vont sortir de l’oubli, les hommages et rétrospectives vont se multiplier. Véritable 14 juillet cinématographique, le Festival lyonnais va être du 4 au 10 octobre, le feu d’artifice populaire qu’il revendique.

      Intégrale des films de Luchino Visconti en copies neuves, hommage à Raymond Bernard, fils du célèbre Tristan mais surtout réalisateur oublié, coups de zoom sur les seventies, le Grand Lyon Film Festival 2010 s’annonce comme particulièrement riche. Avec « The Big Fix », une sorte de rappel rafraîchissant des années 70, Thierry Frémaux souhaite remettre en évidence le cinéma de Bill Norton ou de Richard Sarafian. Même inclinaison avec « Profondo Rosso » un coup de chapeau à Dario Argento ou la rétrospective « Déjà classique » qui regroupera par exemple le cinéma de Costa-Gavras, de Jean-Jacques Annaud ou des « Valseuses » de Blier.

      Côté restaurations, le festival lyonnais imprime sa marque puisque une sélection des grandes restaurations sera proposée au public avec par exemple « Boudu sauvé des eaux » (Renoir, 1932), « Le Tambour » (Schlöndorff, 1979), « La 317ème section » (Schoendorffer, 1964) et bien d’autres.

      Avec sa nuit du cinéma, une Halle Tony Garnier réservée aux enfants le mercredi après-midi, un « Tribute à Antony Quinn », les plus sublimes moments du muet, la venue de Jean-Louis Trintignant en « guest star », le festival n’en continue pas moins d’irriguer le Grand Lyon en étant présent dans 40 salles qui accueilleront toutes des réalisateurs et acteurs. Deux villages, dont l’un sur la péniche la Plateforme sera nocturne, serviront de base arrière au festival qui s’appuiera, rappelons-le sur 4 cinémas permanents (Institut Lumière, Pathé Bellecour, Comoedia et CNP Terreaux). Comment vous en dire plus au risque de vous lasser. Pour vous informer sur ce Grand Lyon Film Festival qui prendra directement la succession de la biennale de la dance, une seule solution, le www.festival-lumiere.org et éventuellement le 04 78 76 77 78 pour acheter ses billets.

      Lyon, le 4 août 2010.

      02/08/2010

      K comme "Kerouac"

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      On savait, tout du moins la légende le colportait jusqu’à nous, on savait donc que Kerouac avait tapé à la machine à écrire « Sur la route » en trois semaines sur un …. Rouleau de papier d’une quarantaine de mètres. On savait aussi que la version, que nous lisions depuis que nous avions découvert Jack Kerouac, était passée à la machine, comme lessivée par des éditeurs que d’ailleurs l’auteur avait mis du temps à convaincre de faire leur travail. Aujourd’hui Gallimard publie dans une traduction de Josée Kamoun cette version du « rouleau original » de ce canadien français devenu un mythe de la littérature américaine. Ce fameux rouleau objet de cette édition définitive est réapparu à New York en 2001 lors d’une vente aux enchères mais les spécialistes supposent qu’il y manque les derniers mètres. Ne comptant pas me mettre à la lecture de « Sur la route (le rouleau original) » et de ses 500 pages il n’est pas impossible que j’attende que l’on publie la version, cette fois-ci définitive, avec les quelques mètres faisant défaut. En revanche si certains d’entre vous avaient jusqu’ici échappé à ce chef d’œuvre de la littérature beatnik, la publication de la version « rouleau » est peut-être une opportunité de lecture en ce mois d’août, un rouleau qui vous rappellera une route, un manuscrit qui faisait dire à Kerouac « je l’ai déroulé sur le plancher et il ressemble à la route ».

      • > Jack Kerouac, « Sur la route » (le rouleau original), Gallimard, 24 euros

      Lyon, le 2 août 2010.

      31/07/2010

      J comme "Juliet, Naked"

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      Simple effet du hasard, alors que Nick Hornby nous propose « Juliet, Naked », un roman qui renoue avec le rock, Teenage Fan Club le groupe écossais quasi-fétiche du même Hornby nous livre un album particulièrement intéressant suite à une très longue période de disette puisque, si je ne fais pas erreur, « Songs From Northern Britain » remonte à 1997.

      Simple coup du sort, alors que Tucker Crowe, musicien à la tête d’une discographie correcte mais demeurée en plan depuis 1986 continue d’être invisible, un peu à la manière d’un Salinger, c’est dans les WC d’une salle de concert de Minneapolis qu’on pense l’avoir vu pour la dernière fois et c’est, vous l’avez compris, à ce moment là que Hornby nous refile dans les pattes son Duncan, un personnage majeur du nouveau roman de l’auteur de « High Fidelity ». Hornby, un type comme l’indiquait Eric Neuhoff dans Le Figaro « qui écrit sur la musique comme personne » et un écrivain comme le formulait astucieusement J.D. Beauvallet dans Les Inrocks qui excelle dans l’art de raconter des histoires de ménages à trois, le rock ou le foot étant le troisième angle un peu à la manière du « Bizarre Love Triangle » de New Order, autre groupe fétiche de l’écrivain.

      Frappa dingue comme nombre de fans peuvent l’être Ducan va donc partir sur les traces de Tucker Crowe entraînant même sa pauvre compagne Annie. Le ménage à trois étant reconstitué encore une fois pour que le pire entraîne le meilleur, avec ce « Juliet, Naked » Nick Hornby nous redit que parfois au pays du rock les abrutis sont rois.

      Hornby.jpgA tous je recommande bien entendu la lecture estivale de ce « Juliet, Naked » en précisant toutefois aux plus fauchés ou aux plus radins que, bien qu’étant édité en France par 10/18, ce bouquin n’est pas un livre de poche.

      « Juliet, Naked » de Nick Hornby, traduit par Christine Barbaste, 10/18, 19 euros


      New Order - Bizarre Love Triangle
      envoyé par aquanote. - Clip, interview et concert.

      Lyon, le 31 juillet 2010.

      06:28 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : duncan, mineapolis, nick hornby, livre, roman, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

      30/07/2010

      I comme "Imelda Marcos"

      I.jpgCe n’est pas parce qu’elle est passée presque inaperçue lors de sa sortie il y a deux ou trois mois qu’il n’est pas utile de revenir sur la dernière production de David Byrne concoctée avec Fatboy Slim et intitulée « Here Lies Love ». Objet musical parfois difficile à identifier mais néanmoins très intéressant, ce « Here Lies love » qui bénéficie de la participation de Cyndi Lauper, Martha Wainwright, Santigold, Steve Earle, Sharon Jones et Florence Welch, celle de Florence and the Machine, est surtout étonnant par son sujet. En effet ce disque nous replonge dans l’univers d’un personnage que chacun avait oublié et qui avait, à l’époque fait la « une » de la presse mondiale, je veux parler de Imelda Marcos la femme d’un dictateur Philippin connu pour ses détournements financiers répétés et personnage quasi historique du milieu des années soixante jusqu’à la dernière partie des « eighties ».

      Noctambule militante, amoureuse de Danse Music, collectionneuse de chaussures, on dit qu’elle possédait 3000 paires de pompes, folle de mode et de toutes les apparences, celle qui incarne la vie d’avant les people, est donc la grande inspiratrice d’un Byrne, particulièrement en forme, qui à la stupeur générale a extrait le mythe Imelda de la naphtaline. En vérité dans cet album dont je vous recommande l’écoute répétée, l’ex Talking Heads raconte le parcours de Imelda Marcos tout comme celui de sa gouvernante Estrella sorte d’ambassadrice d’un petit peuple dont Imelda elle-même était issue.

      musrevmarcos_346681t.jpgCertains en apprenant le fait que Byrne s’attaquait sur tout un disque au mythe Imelda avaient fait savoir leur déception tant Byrne est à la fois le chantre du rock arty mais aussi l’une des grandes figures artistiques progressistes américaines. Foutaise. L’album de Byrne nous raconte l’histoire kitch d’une reine de beauté devenue épouse de tyran. Pour cette démarche romantique qui peut, reconnaissons-le au pire irriter, Byrne est particulièrement bien entouré. Ceux qui ne suivent que de très loin le travail du new-yorkais prendront plaisir à écouter cet été ce double album en forme de comédie musicale. Ci-gît l’amour !

      > -David Byrne et Fat Boy Slim, « Here Lies Love », None Such Records, 2010

      Lyon, le 30 juillet 2010.

      29/07/2010

      H comme "Héritiers"

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      Avant tout réputé et connu comme un brillant avocat défenseur de la propriété intellectuelle et de la vie privée des people qui en sont parfois privés, Emmanuel Pierrat signe cette année un heureux florilège des vies agitées que connaissent quelques personnalités après leur mort. Ce bouquin intitulé « Famille, je vous hais ! » est donc consacré à ces héritiers qui se disputent, tendent des pièges, manœuvrent pour capter, s’approprier, marchandiser ou veiller à l’image de lucratifs défunts. Avec sa plume alerte et plaisante, Pierrat examine sous formes de courts chapitres les destins post mortem de Hergé, Françoise Dolto, Charles Trenet, Lennon ou Marlet, Giacometti et Picasso. Je vous l’assure, passer un bout d’été, grâce à Emmanuel Pierrat, avec certains de ces morts célèbres et leurs parfois peu sympathiques héritiers n’est pas loin d’être un régal. Charognards, veuves abusées et veuves abusives, tribus la bave aux lèvres, héritiers plus ou moins prévisibles devraient vous accompagner pour quelques heures de lecture agréable car Pierrat est un conteur de première bourre et son humour n’est jamais en berne au point que des chapitres comme « James Joyce et les joyciens » sont de véritables délices.

      9782842303686FS.gif&wmax=155&hmax=239&loupe=true> - Emmanuel Pierrat, « Famille, je vous hais ! – Les héritiers d’auteurs », hoëbeke, 18 euros.

      Lyon, le 29 juillet 2010.

      24/07/2010

      E comme "Epouvantail (l')"

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      Comme presque chaque année les éditions du Seuil nous traduisent un Michael Connelly. L’affaire dure depuis des lustres puisque avec « L’épouvantail » il s’agit du vingtième Connelly, un roman à disposition du public américain depuis presque 10 ans. Pour tout vous dire, avec ou sans Harry Bosch, j’ai toujours du plaisir à lire ces bouquins même si je sais que tous ne peuvent se valoir. La livraison de l’année est plutôt bonne et on y retrouve le journaliste McEvoy ce qui permet à Connelly de nous en dire plus sur les arcanes d’une presse américaine en difficulté. Sur le départ, McEvoy, qui après tout n’est peut-être que le double de Connelly, lui aussi ancien journaliste dans les années quatre-vingt, McEvoy donc va enquêter sur un jeune dealer noir que tout semble rendre coupable. Un peu à la manière d’un Hitchcock, Connelly livre très tôt à ses lecteurs l’identité du véritable coupable autant vous dire que l’auteur de cet « Epouvantail » est sûr et certain de l’efficacité de son intrigue et de l’excellence de la conduite de son récit. Inutile de vous en dire beaucoup plus. Je peux cependant vous certifier que le Connely 2010 est de très bonne facture, en quelque sorte idéal pour l’été.

      Michael Connelly_epouvantail.jpg> Michael Connelly, « L’épouvantail », Le Seuil, 21,80 euros - Traduction Robert Pépin

      Hautes-Pyrénées, le 24 juillet 2010.

       

      23/07/2010

      D comme "Danse (biennale de la)"

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      L’entame de « Encore ! », l’édition 2010 de la Biennale de la Danse, pourrait apparaître à certains comme bien lointaine. Rien n’est pourtant plus trompeur car en levant le rideau le 9 septembre j’aime autant vous dire que d’ici quelques semaines de nombreux spectacles phares ne seront plus accessibles, la location menant actuellement bon train. C’est donc, avant de partir en congés que les plus prudents d’entre-vous auront la bonne idée de réserver leurs places pour ce qui sera la dernière Biennale imaginée par Guy Darmet son fondateur. En effet, en 2012 c’est Dominique Hervieu qui prendra la suite du pionner de la danse contemporaine à Lyon mais la future patronne de la Maison de la Danse nous revient d’ici là pour deux représentations de son « Porgy and Bess » proposé en 2008 à l’Opéra de Lyon.

      Ballets de Monte-Carlo, Hofesh Shechter Company, Maguy Marin sur le départ du CCN de Rillieux-la-Pape, Trisha Brown Dance Compay, les danseurs du Tané theater Wuppertal chers à Pina Bausch, Tania Carvalho, Maria Angeles Gabaldon, Germaine Acogny, Bill T jones, Nasser Martin-Gousset, Maria Donata d’Urso, Mickaël Le Mer, sans oublier Ali Fekih, Denis Plassard, le Ballet Preljocaj, Nacera Belaza, seront jusqu’au 30 octobre sur les plus grandes scènes lyonnaises (Maison de la Danse, Opéra, TNP, Salle 3000…)

      Ici à Lyon nous aurons également beaucoup de tendresse pour le retour de Käfig et de Mourad Merzouki, la recréation (de 2006) de « Balé de Rua » ainsi que pour la première en Europe de la cellule contemporaine du Ballet National Algérien (du 26 septembre au 2 octobre au Transbordeur).

      Biennale danse.jpgDepuis le 26 mai on peut réserver à la Galerie des Terreaux (Lyon 1er), sur www.biennaledeladanse.com, au 04 27 46 65 65, à la Maison de la Danse (Lyon 8ème) et par correspondance jusqu’au 30 août au 3, rue du Président Edouard Herriot (BP 1137, 69203 Lyon Cedex 01).

      Encore ! Encore ! Encore…

      Hautes-Pyrénées, le 23 juillet 2010.

      22/07/2010

      D comme "Disques de l'été"

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      Même si mes vacances 2010 ressemblent plus à de modestes vadrouilles qu’à de grandes expéditions, il convient de préparer avec le plus grand soin la bande originale de l’été, les disques nécessaires pour faire face aux envies. Sachant qu’une bonne sélection est, comme la solexine de jadis, avant tout un savant mélange, voici celui qui va m’accompagner.

      • - Graham Nash, “ Reflexions” (Compilation), Atlantic-Rhino, 2009
      • - Nico, “Innocent and Vain” (Compilation), Polydor, 2002
      • - David Byrne and Fat boy slim, “Here lies love”, None Such, 2010
      • - Johnny Cash, “American VI, Ain’t no grace”, American Recording, 2010
      • - Neil Young, “Dreamin’man live’92”, Reprise, 2009
      • - Jackson Browne, “Time the Conqueror”, Inside Recordinjs, 2008
      • - Robert Wyatt, “Nothing can stop us”, (Compilation), Domino, 2008
      • - Nick Lowe, “The Brenton Trilogy”, Proper Records, 1994-1998-2001
      • - Sharon Jones, “I learned the hard way”, Daptone, 2010
      • - Rolling Stones, “Exile on Main Street”, Virgin, 2010

      Hautes-Pyrénées, le 22 juillet 2010.

      06:27 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : browne, sharon jones, rolling stones, disques, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

       
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