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06/12/2008

Viva Villa

Quelques mots aujourd’hui pour faire état de ce qui se profile du côté de la Villa Gillet dans les prochaines semaines. Comme c’est la coutume, Guy Walter nous propose un programme « King size » avec dès le 11 décembre, en association avec le Festival Quais du Polar, une rencontre avec Alan Furst, le nouveau maître de l’intrigue et de l’espionnage. Animée par Joseph Macé-Scaron cette rencontre sera le prélude d’un festival qui devrait accueillir, fin mars, une flopée d’auteurs européens et américains. Pas trop le temps de reprendre son souffle puisque deux jours plus tard, le 13 décembre, c’est l’auteur de « Zone », Mathias Enard, qui fait le voyage de la Villa Gillet.

Le temps de récupérer des réveillons et le 12 janvier, Paul Auster dialoguera avec François Busnel du magazine « Lire », l’auteur New Yorkais ayant fait quelques heures plus tôt un détour par l’Hôtel de ville pour recevoir la médaille de la ville. Le 21, Pierre Rosanvallon sera au cœur d’une réflexion sur la démocratie suite à la publication au seuil d’un volet supplémentaire de son travail majeur sur la question. Avec Loïc Blondiaux, universitaire et esprit fécond en particulier sur les questions de démocratie participative il nous aidera probablement beaucoup à faire le tri dans nos pauvres esprits qui seront peut-être encore mal remis de la trêve des confiseurs.

Pour terminer en beauté ce premier mois de l’année nouvelle, le samedi 24 janvier, Mathieu Lindon que l’on nous annonce comme l’auteur d’un livre sur l’enfance et « ses petites histoires de rien » sera l’invité de la Villa pour une rencontre conduite par Francesca Isidori de France Culture. Il est donc grand temps d’acheter votre agenda 2009 et de bloquer ces quelques dates.

  • > Villa Gillet, 25 rue Chazière, Lyon 4ème arrondissement. Contact et réservations au 04 78 27 02 48. Informations sur www.villagillet.net

Lyon, le 6 décembre 2008.

30/11/2008

Dico

Dictionnaire raisonné de la litterature rock.jpgPour tout vous dire les éditions Scali me hérissent. Livres parfois bâclés, sommes compilatoires approximatives produit d’une besogne à partir du net, opportunisme né de l’actualité, bref il y a à boire et à manger dans l’importante production de cette maison d’édition. Je voudrais pourtant dire plutôt du bien d’un des derniers titres de cet éditeur. Il s’agit du « Dictionnaire raisonné de la littérature rock » de Denis Roulleau, ouvrage à qui on va tout de même faire le reproche de la mauvaise reproduction des photographies mais qui, pour une première, mérite plus que le détour.

Entendons-nous bien pour l’auteur il ne s’agit pas de compiler uniquement des ouvrages sur le rock mais bien de prendre en considération cette fameuse « écriture rock ». La polémique pourrait commencer ici tant ce concept d’écriture rock est sujet à caution et voire même à critique. Pour ma part je veux laisser ce débat sur le bord du chemin pour saluer ce travail que certains vont considérer comme modeste mais que j’estime utile.

Ce dictionnaire, bien documenté, recense donc tout ce qui s‘est écrit d’important à propos du rock qu’il s’agisse de livres, revues et périodiques les plus divers. Ecriture précise et jamais prétentieuse, sens de la formule, ce dico devrait être un compagnon plus-que-parfait pour ceux qui fréquentent avec constance et passion cette musique et les écrits qui la concerne. Sans vouloir être moqueur, il y a fort à parier qu’à la lecture de ce dictionnaire quelques monomaniaques repèreront telle imperfection ou tel oubli, c’est un peu la loi du genre. Pour ma part je préfère vous assurer que l’auteur se tire avec succès d’un exercice après tout casse-gueule et, alors que les fêtes s’annoncent, vous songez peut-être à offrir un petit cadeau à l’un de vos proches mordu de musique rock. L’achat de ce dictionnaire raisonné est en vérité bien plus recommandé que l’un de ces nombreux albums de photos sur le rock qui peu à peu envahissent les rayonnages de nos librairies à l’approche des fêtes.

Lyon, le 30 novembre 2008.

28/11/2008

Design

20080910113923.jpgJe plaide coupable car passant mes soirées à voter avec mes amis socialistes j’ai oublié de vous parler de la Biennale Internationale du Design de Saint-Etienne qui bat son plein depuis le 15 novembre. Il est temps d’en dire quelques mots car le dernier weekend s’approche, l’évènement stéphanois fermant ses portes dimanche soir.

C’est donc sur le site de la manufacture d’armes, là où la future « Cité de Design » ouvrira l’an prochain, que St-Etienne fête les 10 ans de sa manifestation la plus exceptionnelle. Comme c’est devenu l’habitude, la biennale stéphanoise qui allie fréquentation populaire et démarche de très grande qualité, accueille une kyrielle de jeunes créateurs et en particulier ceux qui ont fait les beaux jours des éditions précédentes. Tel est par exemple le sens de « Flight n°10 » avec ses projets expérimentaux, ses prototypes, ses applications industrielles mais aussi les objets du futur.

Le design ce n’est pas, loin s’en faut, uniquement l’intérieur de nos logis de demain. Dans le cadre du « City Eco Lab », la manifestation propose projets et démarches tournés vers le développement durable comme ce « So Watt » du Musée d’Art et d’Industrie. Les démarches plus expérimentales et alternatives du « Garage », notamment situées autour des logiciels libres, valent aussi le détour tout comme les parcours conçus par les organisateurs dans certains commerces de la ville et dans des friches. Enfin le cinéma documentaire trouve toute sa place dans cette édition 2008, le cinéma « Le Melies » (04 77 32 63 47) et « Le France » (04 77 32 71 71) assurant des projections sur le design manière de tout savoir sur l’aspirateur Hoover ou la Fiat 500.

A noter que les Lyonnais du « Village des Créateurs » présentent « Germination » dans le cadre de la biennale façon de montrer que mode et vêtement traboulent à merveille à la lisière du design (www.villagedescreateurs.com).

. Biennale Internationale du design de Saint-Etienne. Renseignements sur www.citedudesign.com et au 04 77 33 55 60.

Nocturne ce soir jusqu’à 22 heures.

Lyon, le 28 novembre 2008.

23/11/2008

Sacré Lou

reed2.jpgÇa ne viendrait à l’idée de personne de s’exclamer, « S’il y a un type que j’admire et avec qui j’aimerais boire un verre, cela serait Lou Reed ». En effet, le New Yorkais patibulaire aussi aimable qu’une porte de prison est probablement ce qui se fait de moins sympathique sur toute la planète rock’n roll. Distant dans le meilleur des cas, Lou Reed sait être méprisant et tellement rongé par la contemplation de soi-même. Il n’empêche que tel n’est pas l’aspect principal du « dossier »  Lou Reed. Si on aborde la question de l’ex Velvet Underground par le bon bout, celui du talent, il convient de saluer une œuvre originale et remarquable. Décoré, admiré, reconnu dans le monde entier, le musicien, poète et photographe mérite bien entendu tous les honneurs même si notre homme réserve uniquement quelques-uns de ses rares sourires à son chien, le clébard étant à bien y réfléchir le plus à plaindre. Lou Reed est aujourd’hui dans l’actualité à un double titre puisque la version « Live » de Berlin est désormais disponible et l’intégrale de ses chansons à la disposition des Français dans une version bilingue. C’est d’ailleurs la parution française de cette intégrale qui, promo oblige, a valu aux rares spectateurs parisiens du nouveau « Cent-quatre », une lecture publique de quelques-uns des textes de ce recueil par le maître lui-même. (Voir l’excellent Stéphane Davet dans Le Monde du 7 novembre).

Après de telles éditions en Allemand, Espagnol, Italien et même Croate, j’étais, vous l’imaginez, tout à fait disposé à saluer l’éditeur français à l’initiative du projet. Je veux parler des Editions du Seuil. Le livre est donc enfin disponible ici dans la remarquable collection « Fiction et Cie » et le travail des deux traducteurs mobilisés, Sophie Couronne et Larry Debay, me semble tout à fait à la hauteur de notre attente, même si je dois vous confier que mon niveau personnel en anglais m’interdit tout commentaire dans ce domaine.

Le problème, ou plutôt le scandale, ne se situe pas le moins du monde dans la traduction mais plutôt au plan du prix. Rendez-vous compte, les Editions du Seuil proposent cette intégrale, il est vrai de 500 pages, au prix prohibitif de 32 euros. Si l’objet en question manifestait par sa conception la moindre originalité et témoignait d’un soin particulier mon coup de gueule serait mal venu mais en l’occurrence ce « Traverser le feu » est un bouquin particulièrement banal. S’il fallait démontrer que dans l’édition française il y a aussi de « sacrés Lou-Lou » qui prennent les admirateurs de Lou Reed pour des volailles à plumer, cette édition de l’intégrale est là pour nous le prouver. Comme beaucoup d’entre-vous, j’attendrais donc du côté des librairies d’occasions qu’une opportunité se présente en attendant une hypothétique édition de poche.

  • > Lou Reed, « Berlin, Live at St Ann’s-Warehouse », Matador.
  • >Lou Reed, « Traverser le feu », Le Seuil.

Lyon, le 23 novembre 2008.

22/11/2008

Abd El-Kader

Kader.jpg

La bibliographie concernant l’Emir Abd El-Kader est abondante et les éditions du Seuil en publiant cette année l’ouvrage de Ahmed Bouyerdene ont bien entendu fait œuvre utile. Vous l’avez compris je veux dire deux mots aujourd’hui sur ce personnage mais, et les lecteurs d’ailleurs voudront bien me pardonner, en insistant sur les liens particuliers qui unissent Lyon et l’Emir. Pour ce faire, une fois dit que Gérard Collomb a proposé qu’une rue de la ville porte le nom d’Abd El-Kader, je veux signaler la parution d’un livre de Christian Delorme (celui que la presse appelle encore le Curé des Minguettes) sur ce personnage important de notre histoire intitulé « L’Emir Abd El-Kader à Lyon » et publié par celui qui est doté de la mémoire la plus active de Lyon, je veux parler de Michel Chomarat.

Comme le dit le Maire de Lyon dans sa préface, « l’Emir représente un modèle nécessaire (…) Il a été un pont entre la culture arabo-musulmane et la culture européenne, un précurseur du dialogue entre les civilisations ».

L’ouvrage de Christian Delorme retrace non seulement le message de l’Emir mais surtout un parcours, alors qu’il partait en exil en Turquie, marqué par un court passage à Lyon en décembre 1852. En vérité Abd El-Kader quitte Ambroise le 10, séjourne les 12 et 13 décembre à Lyon, pour le 21 rejoindre Constantinople après une étape marseillaise. Delorme, sur une centaine de pages richement illustrées, replace le séjour lyonnais dans un contexte plus vaste évoquant tour à tour le Sergent Blandan, Pauline Jaricot, le Cardinal de Bonald ou le Maréchal de Castellane. Bref, tout un pan de l’histoire lyonnaise.

Je ne sais si l’ouvrage de Christian Delorme bénéficie d’une diffusion nationale, il est édité par « Mémoire active » et on peut éventuellement contacter l’imprimeur pour se le procurer (Valmy, 10 rue Pierre Maillot, 42120 Le Coteau).

Rappelez-vous, pour évoquer un tout autre sujet, que les Herman Düne sont ce soir au Ninkasi-Kao. C’est à ne pas rater.

Lyon, le 22 novembre 2008.

20/11/2008

Khadda

Khadda.jpgCela fait maintenant dix-sept ans que Mohammed Khadda, figure emblématique de la peinture algérienne est décédé et c’est avec une grande satisfaction que les Lyonnais apprendront qu’une série d’expositions et de conférences sont proposées à partir d’aujourd’hui jusqu’au 13 décembre. En effet sous la houlette de l’association France-Algérie Rhône-Alpes, la Galerie Françoise Souchaud, la Fondation Bullukian et l’Université Lyon 2 proposent conjointement deux expositions consacrées au peintre, l’une concernant ses peintures à la Fondation Bullukian, l’autre présentant ses aquarelles à la galerie Françoise Souchaud. Dans la même période deux importantes conférences, l’une consacrée au métissage et à la modernité, l’autre à la complexité du champ culturel algérien baliseront ces quelques semaines qui focaliseront notre attention, non seulement sur l’œuvre de Mohammed Khadda mais au-delà sur l’art et les artistes en Algérie.

Pour revenir à Mohammed Khadda, on ne mesure pas toujours de ce côté ci de la Méditerranée l’apport de ce peintre majeur à la culture algérienne mais aussi, au-delà de la force et de l’importance de son œuvre, la référence qu’il est de plus en plus pour les jeunes générations artistiques d’aujourd’hui.Comme l’écrit Zohra Perret, l’une des inspiratrices de cette manifestation et Présidente de l’Association, « Mohammed Khadda constitue la pierre angulaire de la peinture algérienne contemporaine qui offre aux générations futures la liberté de porter sur l’univers esthétique un regard mobile et subversif qui s’ouvre à l’énigme du réel ».

Occasion unique de découvrir une partie de l’œuvre du plasticien, ces manifestations entendent aussi, comme l’écrit toujours Zohra Perret, de « s’interroger sur nos cultures métissées devenues expression contemporaine de sociétés modernes aux prises avec la menace des replis communautaires et des idéologies closes ».

Contacts :

  • > Association France Algérie Rhône-Alpes (afa.rhonealpes@orange.fr)
  • > Fondation Bullukian (26, place Bellecour, Lyon 2ème, Fannyrobin@bullukian.com)
  • > Galerie Françoise Souchaud (35, rue Burdeau, Lyon 1er, contact@galerie-souchaud.fr)
  • > Université Lumière Lyon 2 (18, Quai Claude Bernard, Lyon 7ème, bonn.charles@gmail.com)

Lyon, le 20 novembre 2008.

15/11/2008

Ces fous d'Allia

Turn%20the%20Beat%20Aroud.jpgEn publiant ce mois-ci « Turn the Beat Around » de Peter Shapiro, autrement dit une « histoire secrète de la disco », les magnifiques éditions Allia semblent boucler une séquence entamée il y a quelques années visant à mettre à la portée du public français de grands textes, parfois mythiques, consacrés à la musique populaire. Editeurs depuis dix ans de Nick Tosches, Nik Cohn, Peter Guralnick, Greil Marcus ou Jon Savage, Allia semble arriver au terme d’un cycle puisque dans son « Répertoire musique » proposé d’ici peu à ses lecteurs, Gérard Berréby n’écarte pas l’idée que sa superbe collection puisse s’arrêter l’espace d’un an ou deux faute, paraît-il, de textes incontestables.

Même si cette décision n’est pas franchement une très bonne nouvelle, tant le travail d’Allia frise la perfection, en guise d’hommage, je souhaite rappeler quelques-uns des vingt titres publiés jusqu’ici sous la forme de très beaux objets, d’excellentes traductions à des prix incomparables. Voici donc ma petite sélection en vous invitant, puisque l’éditeur va faire une pause, à mettre à profit cette vacance pour dévorer quelques-uns des titres de ces fous d’Allia.

  • > Greil Marcus, “Lipstick Traces”, 1989.
  • > Greil Marcus, “Mystery Train”, 1975.
  • > Nik Cohn, “Awopbopaloobop Alopbamboom”, 1969.
  • > Nick Tosches, “Country”, 1977.
  • > Peter Guralnick, “Sweet Soul Music”, 1986.
  • > Barney Hoskyns, “Waiting for the sun”, 1996.

Remerciements et longue vie aux éditions Allia et avant de se quitter je ne résiste pas au plaisir de vous confier cette citation de Frank Zappa reprise par Allia dans son “répertoire musique”.

« Les chroniqueurs de rock sont des gens incapables d’écrire, interrogeant des gens incapables de parler, pour des gens incapables de lire. ».

Lyon, le 15 novembre 2008.

10/11/2008

Novembre

En ce mois de novembre des centaines de concerts sont annoncés mais en vérité peu de rendez-vous s’imposent. Déjà pointé ici, le concert de Lavilliers de samedi soir à l’Auditorium était, alors que nous sommes déjà le 10, la première date notoire à se mettre sous la dent. Celles et ceux qui avaient assisté au concert du stéphanois à domicile il y a quelques semaines de cela devant attendre le 11 pour aller du côté du Ninkasi-Kao voir le mythique Afrika Bambaata. Plus indispensable, vendredi prochain, Alain Bashung se produit à la Bourse du Travail. Entre ceux qui étaient en juin dernier à l’auditorium et qui voudront revoir l’Alsacien et ceux, encore furax, qui n’avaient pu à l’époque bénéficier de places, la bagarre risque d’être sévère. Bonne chance aux uns comme aux autres.

Passant sur les Hootier (Transbordeur le 18) et Astonvilla (La Tannerie de Bourg-en- Bresse, le 21 et gratuit), je vous conseille le lendemain de prendre la route de Saint-Etienne pour assister au « fil » à un concert des toujours toniques BellRays accompagnés de Second Sex et de Coming Soon en première partie pour le prix très démocratique de 15 euros. Les oreilles encore bourdonnantes c’est au Ninkasi-Kao qu’il conviendra d’être le lendemain pour des Herman Düne forts de leur excellent album « Next Year in Zion » invités du Festival Just Rock ? des stackanovistes Mediatone. Le 26, le Transbordeur sera très certainement blindé pour le retour d’Arthur H mais le véritable évènement de la fin novembre se déroulera à l’amphi de l’Opéra avec trois concerts autour du contrebassiste Henri Texier les 27, 28 et 29 ce dernier bénéficiant de la venue d’Aldo Romano. Notons au passage que le 28 La Plateforme accueillera l’un des derniers « Echo Sonore » de l’année avec Ratapat et le 29, les nombreux fans lyonnais de Kent vont se ruer aux Abattoirs de Bourgoin.

Lyon, le 8 novembre 2008.

26/10/2008

Emil

Jean Echenoz - courir.jpgEmil. Non je ne compte pas vous parler aujourd’hui du mythique chanteur du groupe Images, auteur du célébrissime « Capitaine abandonné ». Juste quelques lignes en ce dimanche pour vous dire deux ou trois choses de « Courir » de Jean Echenoz, ouvrage consacré au champion Emil Zatopek, le Tchèque le plus rapide à l’Est de l’Ouest. Un dératé dégingandé, un oublié.

En lisant ces 130 pages sur ce coureur abandonné qui vous apporteront plus de plaisir qu’un jogging du dimanche, vous serez bercé par le souffle d’Emil au point d’épouser la foulée parfois peu orthodoxe d’un acharné des kilomètres enchaînés les uns aux autres. Attention, Echenoz est un écrivain, un grand, rien à voir donc dans son bouquin avec les morceaux de bravoure que les journalistes sportifs se sentent le besoin de produire au kilomètre. Avec Echenoz ce n’est pas de « l’Equipe » dont il s’agit, mais bien de littérature. Vous allez courir, courir et encore courir aux basques d’Emil sans jamais le rattraper. Comme l’écrivait Pierre Lançon dans Libération, « l’écrivain évoque à la perfection les moments où l’on s’élève, où l’on s’isole, où l’on s’éloigne ». Le chroniqueur de Libé ponctuant son article en disant que « Courir est un livre sur l’innocence ».

Je sais bien que parfois dans notre pays il est plus facile d’acheter le dimanche un canapé qu’un livre. Sauf si vous habitez loin de tout, vous trouverez bien une Maison de la Presse ou un kiosque de gare SNCF pour vous procurer ce « Courir » de Jean Echenoz. En arrivant essoufflé(e), articulez-bien cette petite phrase en reprenant votre respiration. « Bonjour Madame » (ou Monsieur, c’est selon), « je voudrais courir de Jean Echenoz, c’est aux Editions de Minuit et ça coute d’après ce qu’on me dit 13,50 euros ». Avec un peu de chance le vendeur de journaux vous dira peut-être, « Ah ! Oui, Echenoz, le type qui avait écrit Ravel il y a quelques temps ». Bon dimanche à toutes et à tous.

Lyon, le 26 octobre 2008.

25/10/2008

Spontaneous

SPONTANEOUS.jpgC’est donc devenu une sorte de tradition. Chaque année pendant les vacances de la Toussaint, « Spontaneous », le Festival lyonnais d’improvisation occupe le devant de la scène pour le plus grand bonheur de tous. Pour cette quatrième édition, je devrais faire ceinture puisque dès lundi je serais à Erevan. Raison supplémentaire peut-être de vous convaincre de fréquenter cet évènement hautement hygiénique dans la situation actuelle.
« Spontaneous » c’est tout à la fois des soirées et des séances « défi-jeune » qui s’égrainent du 29 octobre au 1er novembre. Les soirées débutent toutes par les « Kinos » du jour puis laisseront place à une Comédie Musicale Improvisée (le 29, Rail Théâtre), les improvisations clownesques d’Howard Buten (le 30, Salle Rameau), les solos de guitares improvisés de Sylvain Luc (le 31, salle Rameau) et les 12 heures d’impro non-stop (le 1er, Rail Théâtre).
« Spontaneous » c’est donc aussi le projet Kino c'est-à-dire des films tournés dans la journée par des réalisateurs invités du festival et présentés chaque soir au public. Les contraintes de tournage sont à la fois simples et folles puisqu’il s’agit par exemple de réaliser un film « sans voir les visages », de tourner « dans un ordre non-chronologique » ou bien de se voir imposer « une couleur dominante ».
Par ailleurs, chaque jour, pendant la durée du festival, le Rail Théâtre accueille un « défi jeune » en donnant une carte blanche chaque après-midi à Johanne Lapierre (Québec), Yann Berthelot (France), Maud Lefèvre (Belgique) et Christian Baumann (Suisse).
Avec « Et Compagnie », l’équipe support de Spontaneous Festival, Lyon continue d’être une place forte de cette passion pour l’impro. Avec les « Catch-impro » du mardi (Espace Gerson), la Coupe du Monde de Catch qui cette année va réunir salle Rameau la crème de l’improvisation francophone les 6 et 7 mars 2009 et le « Spontaneous Flamenco » de juin prochain, la cité rhodanienne peut se montrer fière de cette équipe de 22 comédiens qui organise ce Spontaneous 4ème édition.

  • >« Spontaneous », du 29 octobre au 1er novembre, Réservations au 04 78 28 50 83 et renseignements sur le site du festival

Lyon, le 25 octobre 2008

19/10/2008

Definitely

Noel Gallagher.jpgPour tout vous dire, je n’attendais plus grand-chose d’Oasis, le groupe mancunien qui l’espace de deux albums et demi (« Definitely may be » en 1994 et « (What’s the story) Morning glory ? » en 1995) avait tracé une voie quasi patrimoniale, pas totalement originale, mais tout de même tonique dans le rock anglais. Par la suite, perdu dans la picole, la dope, la duplication scolaire et à l’infini de leurs deux premiers albums, la musique des frères Gallagher s’était abîmée dans la routine. Ceux que l’on pensait s’inscrire dans la digne lignée des Beatles, Stones, Kinks et Jam semblaient perdus pour la cause. Bien sûr, de temps à autre, quelques provocations parfois un peu lourdes mais souvent amusantes à l’égard de leurs concurrents et ancêtres venaient nous rappeler que le duo, entre deux licenciements de musiciens existait encore. Mais ça le faisait plus comme disent les jeunes.

Avec « Dig out your soul », leur nouvel et énième album, les frères Gallagher semblent reprendre les choses telles qu’elles étaient il y a plus de dix ans. Nous pouvons considérer que Oasis signe ainsi un troisième album. Les poseurs reprocheront, comme toujours, à Oasis de se situer dans un sillage agité pourtant clairement revendiqué depuis quinze ans, celui des Beatles. Quant aux grincheux, ils s’interrogeront sur un « psyche-rock » pourtant de bon aloi. Les frimeurs, jamais en manque de références datant de la semaine et invalidées par eux-mêmes lors de la suivante, ils nous expliqueront qu’Oasis est daté, convenu ou même has been.

N’en croyez pas un mot. Si vous n’êtes ni poseur, ni grincheux et encore moins frimeur, vous vous réjouirez à l’écoute de ce « Dig out your soul », définitely rock !

Lyon, le 19 octobre 2008

 

08:46 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oasis, rock, beatles, stones, kinks, anglais, callaghan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/10/2008

Coup de froid pour la saison ?

Le Pantin.gifMême si sa qualité littéraire ne saurait atteindre celle d’un Orhan Pamuk, je veux vous conseiller vivement la lecture d’un roman d’Ahmet Umit, « Le pantin », traduit du turc par Noemi Cingoz et qui entraîne le lecteur dans les pas de Adman Sozmen, un journaliste devenu suspect et rejeté, dont la vie va prendre un cours nouveau le jour ou il va retrouver son demi-frère. Ce jour là, la vie bascule pour Sozmen entraînant notre héro dans ce que l’on appelle « L’Etat profond ». Ce polar nous entraîne en effet dans les recoins cachés d’un Etat dans l’Etat, aux confins des mélanges opaques et dangereux de la politique, de l’administration et des tendances les plus glauques d’une société grisâtre.

De nombreux éditeurs français accordent de plus en plus une place de choix à la littérature originaire de Turquie. La chose est d’autant plus intéressante que de Juillet 2009 à Mars 2010 va se tenir en France une « saison culturelle turque », formulation faible pour une « Année de la Turquie ». Le lancement de cette saison devrait se passer à Lille sur le thème « Istanbul et l’Europe », le Louvre et les Galeries Nationales du Grand Palais devant prendre la suite.

Si ces manifestations entendent légitimement mettre l’accent sur le rayonnement de la culture turque et construire des passerelles entre nos deux pays, notons tout de même que des associations, à l’instar du collectif Van (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme - www.collectifvan.org) affichent dès aujourd’hui leur volonté d’être actifs lors de cette saison.

Terre de culture et de création, la Turquie a tout à gagner dans la mise en œuvre de ce qui devrait être un instrument de promotion formidable. Autant nous pouvons nous réjouir de cette initiative, autant nous devons mettre en garde ceux qui voudraient étouffer sous l’édredon de la culture les questions qui posent problème et en disant cela je ne songe pas uniquement à la nécessaire reconnaissance du génocide des Arméniens.

Aujourd’hui les autorités turques entendent faire taire une partie importante de la presse et singulièrement les rédactions rattachées au groupe Dogan. Que l’actuel premier ministre place à la tête de la chaîne ATV son gendre, qu’il manœuvre pour contrôler via ses amis de nombreux titres dans le pays est déjà un problème mais qu’il lance des quasi fatwas pour briser la presse d’opposition n’est pas tolérable. A moins d’un an du lancement de ce bel été Franco-Turc, il conviendrait que des nuages ne viennent pas gâcher des festivités dont nous attendons tout de même la pleine réussite.

  • > Ahmet Umit, « Le pantin », éditions Le Rocher, 23 euros.

Lyon, le 18 octobre 2008.

17/10/2008

C’est comme ça

johnny_haliday.JPGC’est donc le 9 mai prochain que débutera à Saint-Etienne la tournée des adieux de Johnny Hallyday. L’ultime barnum devrait coûter au moins 15 Millions d’euros pour une vingtaine de dates, la der des ders se situant très symboliquement au Sporting Club de Monaco le 23 Juillet.
Cette apothéose est vendue par Jean-Claude Camus, le producteur d’Hallyday, comme une fiche technique. Scène de 2000 m2, 30mètres de haut, 60 mètres de long, poids de 280 tonnes. De quoi faire la nique aux Rolling Stones et autres U2. Quant au reste, comme d’habitude, chacun y trouvera ce qu’il veut bien y chercher. Les fans se ruineront en achetant les trois dates d’un stade de France déjà « Sold out », la plupart des autres se diront qu’il conviendra d’assister à ce « Tour 66 », les tickets n’étant plus définitivement valables après la sortie, people et happy few, sans oublier Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin, se débrouilleront pour assister quant à eux aux deux ou trois shows prévus dans des lieux « intimistes » (Sic!).
Côté musique, c’est bien entendu moins impressionnant que le tonnage de la scène. Le choix comme directeur musical de celui qui jusqu’ici travaillait avec Calogero et Dave fixe assez bien les limites d’une opération qui devrait faire la part belle aux années soixante-dix et au futur album confié en partie à Christophe Mae, Francis Cabrel et Grand Corps vraiment très malade. Que les dingues de Johnny se rassurent, ce « Tour 66 » n’est pas un enterrement de première classe car le rocker national a clairement affirmé, « je ne vais pas m’arrêter de chanter. Tant que je serai vivant, je serai debout».
Comme nous faisons partie de ceux qui souhaitent une très longue vie à Johnny Hallyday, en contre-partie il nous faut accepter de supporter encore pendant longtemps sa musique. C’est comme ça, na, na, na,.

Clermont, le 17 octobre 2008

12/10/2008

Blues

Rolling stones lips.jpgMême si sur mon bureau, d’étonnants articles de presse s’accumulent, de quoi vous faire part un de ces jours de ma mauvaise foi, de retour de Brest et avant de repartir en déplacement professionnel en milieu de semaine prochaine, je vous propose aujourd’hui de jeter un œil sur quelques extraits sur ce fameux et sulfureux documentaire sur Les Rolling Stones, le mythique « Cocksucker blues » dont on nous parlait depuis des années et que le net nous rend disponible.
Attention, âmes sensibles s’abstenir car ce doc n’est pas une variante des cours de maintien et de savoir-vivre de la Baronne de Rothschild. Une fois dit que, parfois, ce « cocksucker » est pénible, moyen voire sans intérêt, je vous confirme tout de même qu’en le visionnant vous en saurez plus sur la vie des bêtes (de scène).
Toujours à propos des Stones et dans la même veine, le célèbre « A travers l’Amérique avec Les Rolling Stones » de Robert Greenfield jadis édité par les « Humanoïdes Associés » (collection Speed 17) et traduit par Philippe Paringaux est à nouveau proposé au public par les éditions « Le mot et le reste ». Filles évanouies, hystérie dingue, sexe et dope, nuits blanches, Jagger enfermé dans sa piaule à Saint-Louis, Truman Capote vêtu d’une veste en peau de buffle… tout y passe. Je sais bien que le handicap de ce « A travers l’Amérique… » c’est qu’il s’agit d’un livre vous savez ce truc avec des lettres imprimées sur du papier. C’est en tout cas plus qu’intéressant à parcourir en complément de ce « Cocksucker blues » dont vous trouverez la quasi intégralité sur le site youtube.com

Lyon, le 12 octobre 2008

11/10/2008

Epiciers

Epicerie moderne.jpgCela faisait un moment que je voulais vous dire le plus grand bien de « l’Epicerie moderne » la salle de musiques actuelles de Feyzin. A force de trainer, les concerts de Black Lips, des Allemands de Notwist, de Laetitia Sheriff et Troy Von Balthazar, de Dub Trio et Nouvelle vague sont passés. Il est donc grand temps de me réveiller pour vous convaincre de faire le voyage de Feyzin. (Plein Sud depuis Lyon, Sortie La Begude, N7 et direction Centre Leonard de Vinci)

Tout d’abord les amateurs de (nouveau) tango argentin ne rateront pas le 15 octobre, Melingo, déjà passé par Lyon il y a quelques mois. Les retardataires sauront profiter de cette séance de rattrapage et pourront coucher sur place pour assister le 17 au concert des Coming Soon qui passent en première partie de French Cowboy le groupe de l’ex-Little Rabbits Federico Pelligrini.

Si le 12 novembre les Suisses et mythiques Young gods passent en acoustique la venue des Foals dans le cadre du festival Just Rock est un petit évènement et une occasion unique de voir ces brittons « pur sucre » sur scène. (20 novembre, 20 euros).

L’épicerie Moderne ce n’est pas uniquement de la musique. Du 23 octobre au 17 décembre, l’exposition de photographies de Vanessa Debray intitulée « Les Pin-Up Boys » devrait mériter le détour avec ses portraits pas toujours frappés du meilleur goût mais toujours étonnants. Plus tard, le 16 décembre, place au théâtre d’objets (cinématographiques) avec « Les projectionnistes » et leurs mini-caméras, écran géant et bimbeloterie bricolée.

  • >« Epicerie Moderne », Place René Lescot, 69320 Feyzin. Infos et billetterie au 04 72 89 98 70 ou sur www.epiceriemoderne.com

Lyon, le 11 octobre 2008.

 
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