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21/05/2009

J’écris ton nom

Grand Stade.jpgVous le savez peut-être, ici à Lyon, les socialistes dont je suis n’ont pas la chance d’être frappé de cette onction de gauche qui gagne notre Parti. Notre direction nationale, quant à elle, renoue avec une orientation de gauche qui s’illustre dans la plupart des questions qui interpellent nos concitoyens. Etre « socialiste de gauche » ou « socialiste de droite » n’est vous l’imaginez pas la même chose. C’est ainsi qu’une politique « socialiste de droite » ne s’illustre pas du tout au quotidien comme une politique « socialiste de gauche ». Je ne suis pas un spécialiste, mais il ne faut pas être grand clerc pour penser que de telles différences d’approche doivent se marquer dans la plupart des domaines de la vie publique. Je pense à l’économie, à la mixité sociale, à la culture… Bref, tel un bon coup de gourdin les dures réalités idéologiques partagent les socialistes entre ceux qui de gauche, conduisent des politiques de gauche, et ceux de droite qui mettent en œuvre celles de droite. Prenez la question des grands stades de football, voilà un domaine qui n’échappe pas à ce phénomène indépassable, à cette règle intangible.

C’est ainsi qu’à Lyon, le grand stade de l’Olympique Lyonnais sera financé par de l’argent privé. La direction de ce club va donc un de ces jours vendre le nom du stade à une compagnie privée, c’est ce qu’on appelle le « naming », et un beau matin on apprendra que ce stade s’appellera « Nike Stadium », « LG Aréna » ou « Axa Sport Center ». Voilà un exemple de politique produit du laissez-faire de socialistes de droite.

Prenez Lille, c’est tout le contraire. Le grand stade de football destiné au LOSC va être payé par de l’argent public. La collectivité propriétaire de l’équipement pourra donc un de ces jours vendre le nom du stade à une compagnie privée. Un beau jour le stade public s’appellera donc le « Reebok Aréna », le « Cassegrain Stadium » ou « Generali Sport Center » et ce n’est qu’ensuite que le LOSC sera contraint de payer un loyer en contrepartie de l’utilisation d’un équipement qui portera le nom de la société choisie.

Dans le premier cas, honteuse, la collectivité locale pourra tristement constater que le « LG Stadium » est la propriété de l’Olympique Lyonnais, dans le second c’est avec fierté que pendant 30 ans les Lillois paieront le stade Cassegrain qui sera loué au LOSC.

J’espère que vous avez enfin compris la différence entre le socialisme de droite et le socialisme de gauche. Si tel n’était pas le cas, un de ces jours je pourrais aborder le cas des vélos dont certains sont « Lib », la mixité sociale ou les questions de rénovation urbaine.

Lyon, le 21 mai 2009.

18/05/2009

Nouvelles du futur

courbe.gifIl y a une poignée de semaines, ils s’étaient tous passés le mot, « la fin de la crise » se profilait au terme de 2009 et au pire au début de 2010. Depuis, ceux qui s’acharnent à détruire avec application le fameux « modèle social français » depuis des années s’efforcent désormais de dire à qui veut bien l’entendre que le modèle en question serait le facteur explicatif du fait que « la France tient le coup ».
Dans le lot, il y en a un qui est en passe de devenir le meilleur agent d’ambiance du libéralisme avancé, c’est le Directeur Général de l’agence Global Equities. Il s’appelle Marc Touati et les médias sont particulièrement assoiffés de son crédo. Touati est donc à la manœuvre. Il explique par exemple que la progression de la consommation en France empêche l’effondrement de l’économie, que nous sommes « les moins mauvais élèves de la zone euro » prédisant illico, notez-le bien, non pas une reprise, mais un rebond au troisième trimestre 2009. D’ici quelques temps, en vérité, vous verrez que ceux qui comme Touati, parlaient de reprise hier et de rebond aujourd’hui finiront bien par nous indiquer demain que nous pouvons attendre, pour le 1er trimestre 2010 « l’ouverture d’une séquence pouvant déboucher au printemps prochain sur une phase initiale permettant d’entrevoir un premier rebond au terme de l’été 2010 qui pourrait être le prélude à l’émergence des premiers indicateurs favorables à la reprise qui aurait de bonnes chances d’arriver au cours de l’hiver 2011 ».
Passons donc à des analyses plus sérieuses. Elles étaient exposées dans Le Libération du weekend par Eric Heyer, un des responsables de la prévision à l’OFCE. En résumé, que disait Heyer ?
Tout en admettant que le prochain trimestre pourrait être moins négatif que prévu, mais négatif tout de même, le pire est devant nous. Les près de 140 000 emplois déjà détruits en France ne sont qu’une première « adaptation » qui annonce un mouvement encore plus violent. Pour Heyer le chômage va continuer à s’accroitre jusqu’à la fin 2010 dépassant probablement les 11% en entraînant, je cite, pour les ménages une « situation qui ira en s’aggravant ». L’économiste de l’OFCE annonce donc des jours encore plus noirs, fait l’analyse que le pari du gouvernement français est en passe d’être perdu et que la crise actuelle va se globaliser encore plus, les pays émergents ne pouvant restés déconnectés de la récession généralisée.
Attaquer ainsi la semaine, qui plus est après la déroute de Patricia Kaas, est, j’en conviens difficile. Fort heureusement il nous reste toujours les sourires de Roselyne Bachelot, de Bernard Laporte et de Jean-Louis Borloo.

Lyon, le 18 mai 2009.

17/05/2009

Mélange des genres

aung_san_suu_kyi.jpgIl est possible que l’information n’arrive pas à parvenir jusqu’à vos oreilles mais Thierry Braillard, notre Adjoint au sports, non sans préciser que cela ne pouvait se concevoir qu’en cas de vacance du pouvoir, entrouvre la possibilité d’être un jour candidat à la Mairie de Lyon. C’était il y a quelques semaines dans le magazine « Lyon People ». Cela étant la question cruciale n’est pas là. Dans la même interview à son ami Barth, le même Thierry Braillard confiait à son interlocuteur une chose bien plus préoccupante à mes yeux. « La Nouvelle Star » nous disait Thierry « c’est la seule émission de télé-réalité qui apporte quelque chose ».

Naïvement je pensais jusqu’ici que la seule chose que pouvait apporter cette émission c’était, de la part des téléspectateurs, des coups de fils rémunérateurs à M6. Compte tenu des propos de mon ami Thierry je compte sur le champ me pencher sur ce supposé « apport » de la « Nouvelle Star » et je vous tiendrais au courant de mes cogitations. Ce week end je suis tombé sur VSD et j’y découvre que les dégâts engendrés par « La nouvelle star » ne se limitent pas à la région lyonnaise. Benoit Hamon, le porte parole du PS, déclare tout comme Thierry Braillard, aimer la « nouvelle star » et confie même à l’hebdomadaire un secret de première bourre, celui d’avoir voté pour « Camélia Jordana ».

Si les plus hautes sommités du socialisme font leur « outing » en indiquant, qui plus est à la face du monde, leur choix pour Camélia Jordana, il serait normal qu’un prétendant à la Mairie de Lyon en fasse autant. Pour qui a donc voté Thierry Braillard ?

Cela étant, ce matin, mon esprit taquin à l’égard de Thierry Braillard et Benoit Hamon convient d’être tempéré. En renvoyant une nouvelle fois en prison Aung San Suu Kyi, la clique du Général Than Shwe manœuvre avec sa brutalité habituelle à l’égard de « la dame de Rangoun ».

Alors que le 27 mai prochain s’achevait la période légale de détention en résidence surveillée de l’opposante au régime des généraux, saisissant un prétexte pour le moins stupéfiant, la junte à fait reprendre à Aung San Suu Kyi le chemin de la sinistre prison de Insein. Chacun le sait, l’état de santé de l’opposante est chancelant. On peut donc être particulièrement inquiet sur le sort qui va être réservé à la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie.

Nous savons tous que le régime dictorial de Rangoun est jusqu’ici totalement imperméable à des pressions internationales et même à des sanctions. Il conviendrait pourtant que la communauté internationale réagisse en exigeant la libération immédiate de Aung San Suu Kyi ce d’autant que la junte militaire est entrain d’habiller son ordre féroce d’une pseudo « feuille de route vers la démocratie » débouchant sur des élections en 2010 dont nous savons tous qu’elles seront sous le contrôle des Dobermans de Rangoun.

En vous souhaitant un bon dimanche j’espère que vous me pardonnerez aujourd’hui ce mélange des genres.

Lyon, le 17 mai 2009.

16/05/2009

Patricia-a-a-a-a…

C’est ce soir que va se dérouler la « mère des batailles », celle de l’Eurovision. Après tant de désillusions et parfois de honteuses défaites, après trente ans de dèche doublée de moquerie, devant près de 160 millions de téléspectateurs, Patricia Kaas va peut-être venger notre honneur. Dans cette difficile compétition dont le véritable enjeu est le rayonnement de notre culture nationale, la chanteuse native de Forbach pourra compter sur le soutien du gouvernement. En effet, Alain Joyandet, notre secrétaire d’Etat à la Coopération, inlassable commis voyageur de la francophonie, se rendra tout à l’heure à Moscou. Certains auraient apprécié que Madame Albanel en personne fasse le déplacement moscovite mais usée par le marathon « Hadopi » et ses nouvelles fonctions de DRH à TF1, notre ministre de la culture méritait un week end tranquille.

Sur le coup de vingt-deux heures, vingt deux-heures-trente, le palpitant des français va donc s’accélérer. Au rythme des « France, Ten points » et autres notations scélérates qui nous viendront probablement de quelques pays baltes ou de Turquie, c’est un Julien Courbet tendu comme un arc qui sera en charge, du fond de sa cabine, de nous assister sur le plan psychologique.

On dit que Vladimir Poutine, hôte de cet Eurovision 2009, est un vrai fan de Patricia Kaas. Si seulement, pour l’occasion, le leader Russe pouvait être aussi efficace ce soir qu’en Tchétchénie ou en Georgie, comme la plupart d’entre-vous je signerais tout de suite pour une victoire même étriquée.

Pour peu que le Président de la République française y aille de son communiqué de soutien à Patricia Kaas, avouez qu’avec Poutine et Joyandet sur place, si nous n’arrivons pas à triompher dans cet Eurovision 2009, il conviendra de se poser les vraies questions car un énième revers, cette nuit, du côté de Moscou en dirait long sur le rayonnement de la France.

Lyon, le 16 mai 2009.

15/05/2009

La vie des prospectus

prospectus.jpgCrise oblige, selon une récente étude Mediapost-TNS/Sofres publiée fin avril par l’hebdomadaire LSA, les prospectus que nous trouvons dans nos boites aux lettres à échéances régulières semblent avoir une belle vie devant eux. Mieux ils sont plébiscités par les Français.

En vérité, la vie d’un prospectus est moins risquée que celle d’un spermatozoïde puisque quatre imprimés sur sept sont conservés par le destinataire et rapportés à l’intérieur du foyer. Une fois à la maison, plus de 85% de ces documents publicitaires édités par les grands distributeurs sont lus dans la journée et conservés par plus de 70% des personnes. Cerise sur notre gâteau, 82% des Français interrogés considèrent que découvrir au fond de sa boite aux lettres un tel document et le ramener à la maison est « un moment agréable ». Autant dire que si nos compatriotes avaient la même attente et le même comportement à l’égard de la presse quotidienne, les choses seraient parfaites.
Ceux qui collent ces petits macarons « Stop pub » sur leurs boites et qui représentent tout juste plus de 5% de la population doivent prendre conscience de leur marginalité. A contrario près de 60% des sondés apprécient ces imprimés, notamment quand ils sont accompagnés de bons de réduction, et l’essentiel des personnes interrogées plébiscitent le support papier.

Alors que le pouvoir d’achat est entamé, que la précarité reprend du poil de la bête, la bataille des boites aux lettres semble gagnée pour ces bons vieux prospectus qui font non seulement la nique aux moyens technologiques les plus avancées mais surtout jouissent d’un crédit de sympathie que la plupart des tracts militants ne possèdent plus.

A ces experts en marketing et fils de pub qui coupent les cheveux en quatre, à ces communicants qui toisent de très haut ce retour gagnant de la réclame de grand-papa, sachez rester humbles. Le prospectus des familles est de retour avec ses bouteilles de coca-cola, ses lots boites de thon et ses sacs de litière pour chat alignés comme de bons petits soldats sur un papier médiocre aux qualités écologiques parfois douteuses.
Signalons tout de même à nos compatriotes qui semblent avides de ces promos racoleuses et de ces ristournes aguicheuses que la plupart du temps en entrant dans le monde merveilleux de Michel-Edouard, des nouveaux commerçants et de la vie aux champs ils ne sont que les victimes d’une pseudo bataille contre la vie chère dont les prospectus sont les ordres de mobilisation.

Lyon, le 15 mai 2009.

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13/05/2009

La valorisation de l’expérience d’un grand patron

parisot.jpgLe MEDEF vient de désigner l’ancien patron d’AXA, Claude Bébéar, pour présider un comité des sages chargé à la demande du gouvernement de « veiller à ce que les dirigeants mandataires sociaux mettant en œuvre un plan social de grande ampleur ou recourant massivement au chômage partiel reconsidèrent l’ensemble de leur rémunération ».

Pas très adepte de ce genre de contrôle, Laurence Parisot a réussi à désigner une personnalité « incontestable » pour présider ce que De Gaulle aurait appelé un « machin ». Fine mouche, elle a prévu que le machin en question ne puisse pas s’autosaisir. Il ne s’intéressera donc et ne répondra qu’aux conseils d’administration ou aux comités de rémunération qui auraient brusquement des scrupules quant à leurs habituelles pratiques. Et quand on connaît l’indépendance de ces derniers par rapport aux dirigeants en place…

La personnalité « incontestable » choisie est un connaisseur en la matière : sa dernière rémunération comme président du directoire d’AXA en 1999, s’élevait à 516.000 euros de salaire fixe et 2,2 millions d’intéressement. À peine plus que les 800.000 euros qu’il vient d’annoncer dans un louable bien que tardif effort de transparence et qui correspondent désormais à sa modeste retraite et aux nombreux jetons de présence qu’il continue de percevoir dans divers conseils d’administration. Il faut bien se tenir au courant.

Certes, à défaut d’être un dirigeant modestement retraité, Claude Bébéar est un entrepreneur à la réussite incontestable. Le caneton déchaîné bien connu a beau dire, l’homme qui a réussi à accumuler en vingt ans une fortune d’un milliard d’euros - une broutille - est un gagneur. En 20 ans, il aura ainsi accumulé 64.000 années de SMIC, ou 30.000 années de revenu moyen de patron de TPE, ou bien encore 20.000 années de revenu moyen de patron de PME !… Quand bien même le cancan serait dix fois trop bruyant, il y a du grain à moudre, pour reprendre l’expression d’un ancien responsable syndical.

Ses amis et lui n’ont pas peu contribué à la consanguinité des conseils d’administration dans lesquels ils officiaient et officient encore. Cooptés, nombre d’entre eux savent entretenir leur réseau d’amitiés et obtenir de leurs pairs des émoluments confortables. C’est ainsi qu’en 2005 par exemple, on payait 3 millions d’euros à Daniel Bernard de Carrefour, cinquième salaire français , 2,8 millions d’euros à Igor landau chez Aventis, septième salaire français, 2,5 millions d’euros à Henri de Castries d’Axa, treizième salaire français.

Quand Colette Neuville, présidente d’une association de défense d’actionnaires minoritaires déclare « Ils vivent sur une autre planète, souvent au mépris de leurs salariés et de leurs actionnaires » ou quand Pierre-Henry Leroy, président de Proxinvest affirme que « Bébéar et ses amis font partie de ceux qui ont encouragé une incroyable course à l’échalote, parfois déconnectée des performances des sociétés », ils méconnaissent l’irremplaçable expérience que l’homme était en train d’acquérir pour servir à la moralisation des salaires à partir de maintenant.

Il faut valoriser cette expérience. Je brûle d’impatience de connaître le nom des autres sages.

Jean-Paul Schmitt

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[EDIT JYS]

Dictionnaire Historique de Lyon.jpgA l'occasion de la sortie du "Dictionnaire historique de Lyon", les auteurs Patrice Beghain, Bruno Benoit et Gérard Corneloup accompagnés par leur éditeur Stéphane Bachès, dédicaceront leur ouvrage à partir de 16h à la Librairie Passages (11 rue de Brest, Lyon 2ème). La présentation aura lieu quant à elle à 18h30.

04/05/2009

Aeronef

nrc-t33-lr.jpgLe 15 février dernier, j’attirais votre attention sur le sort de André Barthelemy le président de l’ONG « Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme » qui était traduit devant le tribunal de Bobigny pour s’être opposé, à bord d’un vol Air France pour Brazzaville, contre la reconduite à la frontière de deux Congolais. Vous allez me dire que je me réveille un peu tardivement, mais mieux vaut tard que jamais, sachez que André Barthelemy a été condamné pour « Entrave à la circulation d’un aeronef », à 1500 euros d’amende par la 14ème chambre correctionnelle de Bobigny ce qui témoigne, à l’évidence, d’une volonté affirmée d’intimider celles et ceux qui, à bord d’un avion en partance pour l’Afrique, auraient la malheureuse idée de faire valoir leur indignation et leurs convictions en pareille circonstance.

André Barthelemy ne souhaite pas, vous l’imaginez, en rester là. C’est donc en appel, devant la Cour de Paris, que va se jouer d’ici quelques semaines le sort du président d’ »Agir ensemble pour les Droits de l’Homme ».

Si vous n’avez pas encore fait valoir votre soutien à Barthelemy, il est encore possible de signer la pétition en attendant que la Cour d’Appel de Paris ne tranche.

Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme

16, avenue Berthelot, 69007 Lyon

Tel 04 37 37 10 11 et communication@aedh.org

Quelques mots enfin pour parler, non pas de l’aeronef mais du chef d’escadrille. Jeudi dernier, ici même, j’indiquais qu’en s’en prenant à cette pauvre Princesse de Clèves, le Président Sarkozy n’avait pesé en rien sur les ventes de ce bouquin. Rien n’est plus inexact, car, si j’en crois « Marianne », en mettant en doute le fait d’étudier la Princesse de Clèves en classe, Sarkozy a fait œuvre utile. Il semble qu’en réaction aux propos présidentiels les Français se replongent dans « la Princesse ». C’est ainsi qu’Hatier annonce des hausses de 40%, pocket un doublement des ventes et le livre de poche une multiplication par trois. Il faut dire que certains profs outrés par les propos du locataire de l’Elysée assurent le come-back de « la Princesse » en inscrivant le texte sur les listes du bac de français.

Merci donc à notre Président d’assurer la promotion de la culture classique. S’il lui venait à l’idée de lire lui-même ce bouquin n’hésitez pas à lui dire qu’il n’est en aucune façon en vente exclusive aux « Galeries Lafayette ».

02/05/2009

Erevan en campagne

104px-Coat_of_Arms_of_Armenia.svg.pngC’est aujourd’hui 2 mai que s’ouvre officiellement la campagne pour l’élection municipale de Erevan, le scrutin étant fixé au 31 mai prochain. La chose peut apparaître comme tout à fait banale vu d’ici mais l’évènement est particulièrement important dans l’histoire de la jeune République d’Arménie puisque il s’agit d’une première.

En effet jusqu’ici, le Maire de Erevan était désigné par le pouvoir central. C’était une sorte de « Préfet-municipal » qui exerçait son action sur une agglomération regroupant la moitié de la population du pays. Avec la refonte du statut municipal de la capitale et l’élection, au suffrage universel, du conseil municipal qui devra par la suite désigner son Maire, l’Arménie est sur le point de négocier un virage démocratique important.

A la tête de la liste du Parti Républicain, l’actuel Maire, Gaguik Beglarian, tout juste nommé par le pouvoir central fait figure de favori mais la candidature de Levon Ter Pétrossian (Congrès national arménien) s’affiche clairement comme la revanche des élections présidentielles de 2008 en indiquant que l’élection municipale est « une occasion de changer le système dictatorial existant » (Sic !).

Cette échéance qui s’annonçait comme une formalité visant à conforter la victoire présidentielle du Parti Républicain est entrain de prendre des contours plus politiques puisque Levon Ter Pétrosian n’est autre que l’ancien président de la république battu en 2008. Son parti annonce d’ailleurs que sa campagne sera très active avec des manifestations sachant que nombre des anciens collaborateurs de Ter Pétrosian sont encore en prison.

Premier test électoral grandeur nature après l’élection présidentielle de 2008, il n’est malheureusement pas certain que les enjeux proprement municipaux émergent dans le mois qui s’annonce et que le quotidien des habitants de Erevan qui demeurent aux prises avec de grandes difficultés fasse l’objet d’un débat de fond.

Lyon, le 2 mai 2009.

27/04/2009

Complot

Anarchy in the UK.JPGLa sombre affaire de l’arrestation de Tarnac continue de prospérer selon manifestement les souhaits des autorités. D’après « Libération », un document à caractère compilatoire faisant état des livres contenus dans la bibliothèque de Julien Coupat et ses amis vient d’être joint au dossier après un épluchage méthodique par les services de police. Parmi les bouquins qui figurent sur la liste constituée par les policiers on trouve bien entendu des auteurs inspirateurs de l’ultra-gauche comme Toni Negri ou Bobanno mais aussi « Anarchie au Royaume-Uni » de Nick Cohn un livre disponible en poche dans toutes les bonnes librairies du pays (Editions de l’Olivier) et qui est une sorte de reportage du célèbre écrivain à l’écriture « rock and roll » qui, du point de vue de notre police qui manifestement l’ignorait, a le grand tort de prendre pour titre la célèbre chanson des Sex Pistols, « Anarchy in the UK ».

La déstabilisation concertée de notre société se nichant à l’évidence entre les lignes de n’importe quel bouquin, je suggère que les mêmes services retournent à Tarmac pour, cette fois-ci, passer au peigne fin la discothèque de Coupat. Afin que nos fonctionnaires ne perdent pas inutilement leur temps, je dresse aujourd’hui la liste des brûlots qui, s’ils se trouvaient dans la maison en question, accréditeraient encore plus la thèse d’un complot généralisé.

Passons tout d’abord rapidement sur les œuvres des Sex Pistols, Clash, Rage Against the Machine, Noir Désir, Berurier Noir qui sont de toute évidence la bande-son des soulèvements qui se préparent. A ceux là il conviendra d’associer quelques chanteurs de « l’Anti-France » comme le chevelu Léo Ferré (« Les anarchistes », « l’affiche rouge »…), Jean Ferrat (« Potemkine »), Michel Fugain (« Le chiffon rouge ») et même cette sainte-nitouche de Stéphanie de Monaco (« Comme un ouragan »).

Même si l’on ajoute à cette première liste quelques professionnels de la provocation comme Marilyn Manson, Renaud et même Jean-Jacques Goldman qui a produit, rappelons-le un album intitulé « Rouge », il convient de ne pas laisser passer à travers les mailles de notre filet quelques manipulateurs qui, tapis dans l’ombre, l’air de ne pas y toucher, sont en vérité une malédiction. Au premier rang de ceux là il y a bien entendu Johnny Hallyday qui, non content d’avoir soutenu le mode de vie des hippies à la fin des années soixante à prôné avec « Noir c’est Noir » la révolution internationale anarchiste.

Même constatation pour Mademoiselle Mas (« En rouge et Noir »), la grecque Mouskouri (« Les rubans rouges ») ou Barbara (« l’Aigle Noir ») qui bien qu’étant toutes disparues n’en demeurent pas moins des agents actifs du complot.

N’ayant pas vocation à être un auxiliaire de police je voudrais limiter ce billet d’aujourd’hui à quelques conseils. J’attire donc l’attention des services concernés sur deux chanteurs pas très clairs. Le premier est noir, il s’appelle Harry Belafonte et chante depuis des années une ritournelle suave pour le compte d’un groupuscule particulièrement actif portant le nom de guene de « Carte Noire ». Le deuxième cas est encore plus dangereux et démontre que ces gens là ne respectent rien. Il s’agit du chanteur C. Jérôme et du titre « Le petit chaperon rouge est mort » si d’aventure nos policiers découvraient le CD en question, planqué dans la discothèque de Coupat, preuve serait définitivement faite de la culpabilité de ceux de Tarnac.

Lyon, le 27 avril 2009.

26/04/2009

Charité

5099924407328.jpgAvant de lire ce petit billet, je vous demande de prendre votre carnet de chèques et d’envoyer vingt ou trente euros aux Restos du cœur. Maintenant que ce geste nécessaire est fait, entrons dans le vif de notre sujet du jour.

Cette année, avec la reprise de « In the army », Jean-Jacques Goldman et sa bande semblent avoir atteint le fond du fond. Même si la démarche artistique a toujours été le cadet des soucis des Restos, reconnaissons que d’année en année, on nous entraîne vers le grand trou noir, celui qui fait peur. Je sais bien que Goldman, dont il faut féliciter l’attachement et la fidélité à la cause, ne fait ce job que pour une seule raison cruciale et déterminante pour les Restos, ramasser de l’argent. Je sais bien qu’en la matière c’est TF1 qui donne le tempo. Je sais tout autant que le plateau fortement markété est constitué à parité de la bande des enfoirés historiques et de personnalités à notoriété conjoncturelle. C’est ainsi que mannequins, footballeurs, chanteurs aléatoires se succèdent pour constituer année après année la « troupe » charitable au point que « chanter » avec les enfoirés constitue une véritable reconnaissance médiatique. Même si comme vous je sais parfaitement tout cela, je m’étonne toujours de cette absence d’exigence artistique qui semble être la marque de fabrique des enfoirés au point, qu’à l’instar de Coluche qui s’interrogeait sur ce que pouvait être cette couleur « plus blanc que blanc », je me demande ce que sera demain le « plus pire que pire ». Maintenant que votre chèque est rédigé, vous l’introduisez dans une enveloppe, enveloppe que vous placez à côté de vos clés de voiture et que vous posterez au plus vite.

Maintenant que ce geste généreux est effectué et que vos oreilles demeureront intactes car vous ne serez pas tentés d’écouter les enfoirés, je vous propose deux disques dont la portée charitable est évidente mais qui, à la différence des Restos du cœur, s’écoutent.

Le premier s’appelle « Dark was the night ». Ce double CD propose la fine fleur des scènes folk et rock américaines avec Arcade Fire, Sufjan Stevens, David Byrne et même Sharon Jones et ses Dap-Kings. Ne me faites pas dire que parmi les vingt-cinq ou trente titres tout est excellentissime mais il n’est pas rare que le bon côtoie ici le très bon.

Cette compilation destinée à lutter contre le sida est à l’initiative de « Red Hot » et succède à une kyrielle de devancières qui depuis presque vingt-ans concernaient le rock, le hip-hop, l’acid jazz ou des reprises de Cole Porter.

La seconde, « War child » n’en est pas non plus à son coup d’essai. Même si cette organisation qui mobilise des fonds au bénéfice des enfants victimes des guerres a commis des productions peu recommandables, avec cet album de reprises (Costello, McCartney, U2, Clash …) par certains artistes de la jeune génération (Lily Alen, Yeah Yeah Yeah,…) on frise l’intéressant. D’ailleurs la première plage, Beck reprenant le « Leopard-Skin Pill-box Hat » de Bob Dylan, mérite une écoute en boucle tant le boogie de l’américain évoque, sans le singer, le glam de T.Rex. Recommandable.

Pour plus d'infos: voir le site. Pour faire un don et soutenir financièrement les restos du coeur:  il suffit d'envoyer un chèque ou un mandat libellé à l'ordre des Restos du Cœur (en indiquant le code S2410 au dos du chèque) accompagné, si possible, d'un bulletin de solidarité rempli et imprimé à "Les Restaurants du Cœur - 75515 PARIS CEDEX 15 ".

Lyon, le 26 avril 2009

23/04/2009

Thermomètre

342px-Thermometre_fievre.svg.pngDans six semaines nous voterons pour les élections au Parlement Européen. Si vous retirez les ponts et les week-ends qui viendront de façon salutaire apporter un peu d’air frais dans la vie compliquée des Français c’est une campagne de tout juste une petite trentaine de jours qui s’annonce. Trente jours pour convaincre plus de 65% des Français de se déplacer pour voter. On voit bien que l’objectif est inaténiable, surréaliste si l’on considère l’état de l’opinion dans un certain nombre d’autres Etats Européens.

C’est ainsi que selon le sondage « Eurobaromètre », seulement 17% des Polonais entendent, pour l’instant, aller déposer un bulletin dans l’urne le 7 juin prochain. Certains diront que la chose est bien normale tant les Polonais ont des rapports très compliqués à l’Union. Admettons mais prenons la Grande-Bretagne avec 22%, l’Autriche avec 21%, le Portugal (24%), la Slovénie (25%) ou la République Tchèque (26%), les projections sont tout aussi catastrophiques.

Ces chiffres traduisent un véritable problème des européens à l’égard de l’Europe. Plus globalement, seulement 44% des européens indiquent s’intéresser à l’élection et ils sont 16% à connaître la date même du scrutin. Pire, 64% sont ignorants du rôle du Parlement et en guise de pompon 54% du corps électoral sait que les Euros-députés sont élus au suffrage universel.

Ce sondage à vous mettre le moral dans les chaussettes tente de livrer quelques explications à ce désarroi. A plus de soixante pour cent, les sondés estiment que voter ne changera rien à leur situation et ils sont 55% à penser que le Parlement ne s’occupe pas de leur vie quotidienne. Crise oblige, les Européens affirment ne s’intéresser qu’à une seule chose, le chômage, et des thématiques comme l’énergie, la sécurité, le climat et même les retraites les laissent de marbre.

A une poignée de semaines de ce scrutin défiance et désintérêt se mélangent donc pour fonder une très certaine abstention qui risque de se révéler comme la grande conclusion politique de ces élections 2009. Parlement Européen, Commission et même la Banque Centrale pourtant demeurée active pendant la crise, semblent emportés par ce qui sera peut-être un véritable tsunami politique. Il conviendrait peut-être que ceux qui se sont tant chamaillés pour figurer sur les listes de leurs partis respectifs retroussent rapidement leurs manches.

Lyon, le 23 avril 2009.

19/04/2009

Ça Tchatche !

Ca tchatche_subsistances 2009.jpgDeuxième édition de « Ça Tchatche ! » ce rendez-vous de Printemps imaginé par les Subsistances et qui peu à peu s’installe dans le paysage culturel lyonnais. Ce « Ça Tchatche » 2009 se déroulera en fin de semaine prochaine du 23 au 26 avril. Alternant théâtre, cirque et vidéo ce long week end artistique devrait être le festival, tant attendu, des mots, des langues et des arts. Parmi la dizaine de spectacles proposés on peut retenir le « Comme Toujours Here I Stand » du Big Dance Theater, les New-Yorkais promettant un hommage à la culture française, « Vicious Dogs on Premises » de Dan Safer (USA) ainsi que, en plein air, « Dong » des basques de LagunArte.

Pour le « Fun » je veux vous signaler également les « Cours de langue minute » qui seront dispensés aux Subsistances pour l’occasion. Sous forme d’un projet participatif élaboré avec des habitants du Grand Lyon des sessions de 20 minutes, pour l’apprentissage de 30 langues, seront proposées.

Berbère (Kabylie), chilien, cockney, comorien, coréen, créole (île Maurice), duala (Cameroun), esperanto, farsi (Afghanistan), franco-provençal, georgien, hongrois, haketia, italien, maltais, mandarin, mongol, parlé lyonnais, russe, taïwanais, tamoul (Sri Lanka)… seront enseignés par des dizaines de professeurs amateurs et bénévoles qui viendront partager la pratique de leur langue et faire découvrir leur culture.

Programmes et horaires sont disponibles sur www.les-subs.com .C’est gratuit et les cours sont dispensés à l’amphi de l’Enba. Réservations au 04 78 39 10 02.

Lyon, le 19 avril 2009.

18/04/2009

World Cie

caddie.jpgIl m’est arrivé de dire le plus grand bien du travail initié par les éditions « les prairies ordinaires » en particulier avec la traduction du « Stade Dubaï du capitalisme » (2007) de Mike Davis. Même satisfaction aujourd’hui avec « Wal-Mart, l’entreprise-monde » de Nelson Lichtenstein et Susan Strasser qui passe en revue les faits et méfaits du géant américain de la distribution, une entreprise qui est le plus grand employeur du monde et dont le chiffre d’affaire est supérieur au PIB de la Suisse.

Inutile de vous dire que le bouquin des deux historiens et universitaires américains est franchement à charge et la chose n’est pas pour nous déplaire tant Wal-Mart affiche avec morgue sa puissance sans borne. Cassant les organisations syndicales, redessinant les villes, faisant plier la puissance publique, Wal-Mart fait passer nos Auchans et Carrefours pour une joyeuse bande de scouts.

Depuis l’Arkansas, « Le management invisible » de Wal-Mart organise flux-tendus, contrôles logistiques et gestion des stocks sans oublier, le sort des hommes avec une précision et un luxe dans le détail qui ne peut que faire peur. Ce « modèle Wal-Mart » pour le capitalisme du XXIème siècle est décrit, également dans ses contours asiatiques, avec une précision et un sens de l’illustration qui font de ce bouquin, une mine d’informations. Wal-Mart, nous disent les auteurs, c’est à la fois l’anti New-Deal, une idéologie et un discours, même une culture.

Ce petit livre de tout juste 120 pages est une lecture utile que vous pourrez aussi recommander à quelques amis commerciaux qui pourront ainsi se décontaminer de leur fréquentation régulière, et obligatoire, de la presse professionnelle.

> Nelson Lichtenstein et Susan Strasser, « Wal-Mart, l’entreprise-monde », Les Prairies ordinaires, 12 euros.

Hautes-Pyrénées, le 18 avril 2009.

17/04/2009

L'usine à rêve

hollywood.jpgPlus la crise se développe, plus les gens vont au cinéma. Telle est la conclusion assez générale des professionnels du Septième Art qui constatent, ici comme aux Etats-Unis, une augmentation sensible du nombre d’entrées en salles.

Les Sophie Marceau, Brad Pitt, Will Smith, Jim Carrey et Di Caprio seraient donc les nouveaux anti-dépresseurs des temps modernes, le dernier moyen pour oublier un quotidien qui se délite. La salle obscure, plus efficace et surtout moins chère que le cabinet du psy, serait donc en passe de redevenir une sorte de dispensaire des âmes, le moyen de rêver en couleur pour échapper à la grisaille.

L’intéressant dans cette affaire est que le phénomène est mondial. De Bombay à Tokyo, de Los Angeles à Strasbourg on constate la même tendance. Malgré d’ailleurs l’augmentation du prix du ticket moyen, les spectateurs se ruent au cinoche. Selon les historiens la tendance actuelle s’est déjà vérifiée lors de la grande crise économique de 1929. A l’époque, le public cherchait également à se changer les idées. D’ailleurs, comme aujourd’hui, le choix du spectateur se tournait  vers le divertissement mais pas uniquement. Les films dits « sérieux », voire même plus austères, permettant une sorte de meilleure compréhension du monde, tiraient leur épingle du jeu.

Je sais bien que certains, en lisant ce sympathique billet, se diront que le cinéma est le nouvel opium du peuple. Une manière de détourner les masses laborieuses de leur objectif historique. Une énième façon de rejouer l’endormissement du peuple. Ce qui me frappe par les temps actuels c’est surtout la réaction de certains « professionnels de la profession », comme le disait Godard, qui à l’annonce de cette embellie poussent déjà des cris d’horreurs. En vérité le tempo vient d’arriver d’Hollywood et plus particulièrement de la « Motion Picture Association of America » une côterie de lobbyistes qui nous dit que derrière ce nouvel engouement pour le cinéma une chose particulièrement terrible se joue, je cite, « donner encore plus envie aux gens de télécharger illégalement les films et d’acheter des DVD trafiqués ». Dan Glickman, le boss de cette association, déclarait même au Figaro, « il est urgent que chaque gouvernement légifère. C’est une priorité absolue ».

Je le savais bien. Derrière l’usine à rêve il y a toujours un cauchemar.

Hautes-Pyrénées, le 17 avril 2009

Photo:DR

15/04/2009

Bonnes feuilles

J’ai lu cette semaine dans « Siné Hebdo » ; et oui je me suis abonné à cette feuille satirique sans prétentions en réaction à la charge effrénée de ces biens pensants de « gôche » contre le vieil anarchiste tellement inoffensif que ça me le rend sympathique. Des « biens pensants » au sommet du politiquement corrects et qui vont tous finir chez Sarkozy.

J’ai donc lu dans cette hebdomadaire une interview saisissante de Susan George, présidente d’honneur d’ATTAC-France et, entre autre experte des institutions internationales. Par des phrases aussi simples que percutentes cette intellectuelle remarquable ouvre des pistes sur les grands sujets internationaux avec en filigrane l’idée selon laquelle seule des actions coordonnées à l’échelle mondiale permettront de changer la donne sur notre bonne vieille planète. En la lisant me revenait à l’esprit les prévisions lancées dans les années soixante par René Dumont sur le terrain de l’écologie et que nous avons doctement ignorées considérant qu’il prêchait dans le désert ; on connaît la suite. Quel plaisir en tout cas que ces phrases simples qui parlent à tout le monde de chose essentielles.

Quel contraste avec ce langage politique codé et parfois même abscons comme si on voulait absolument le réserver à une élite. Du retour dans l’O TAN elle montre qu’il s’agît là d’un moyen de pousser à l’augmentation des dépenses d’armement. Du G20 elle dit qu’il y a tout pour le commerce et rien pour l’alimentaire ;que l’on va verser des centaines de milliards de dollars au FMI qui les prêtera aux pays en difficulté. Or, ajoute-t-elle, des chercheurs du Massachusetts ont découvert dans les années soixante dix que pendant trente ans des dirigeants africains avaient transféré 420 milliards de dollars dans différents paradis fiscaux ce qui avec les intérêts représente 600 milliards et dont 60% retournaient vers le Nord.

Dès lors il y a deux solutions soit le FMI ne savait pas et il est incompétent, soit il savait et il était complice. Quant à l’Afghanistan elle affirme non sans raisons que l’on,n’y résoudra rien par la guerre ni le terrorisme ni le narco-trafic qui s ‘alimentent d’ailleurs. Aussi elle s’interroge sur l’idée de vendre les différentes drogues dans des officines publiques médicalisées tenues par du personnel en blouse blanche car cela aurait l’avantage de casser les circuits de distribution et de résoudre de nombreux problèmes sociaux en contrôlant les prix ainsi que la qualité des produits. Une méthode que les Etats Unis ont éprouvée dans les années vingt en abolissant la prohibition sur l’alcool. Et d’autres propos de bon sens suivent concernant la faim dans le monde, les OGM ou le levier que représente l’économie verte.

A la lecture de ces lignes je me demande encore comment est-il possible qu’un dialogue sérieux et constructif ne s’instaure pas entre la gauche et des personnalités de ce niveau et de cette fraîcheur, pourquoi une telle barrière demeure entre ceux que l’on nomme les alter mondialistes et la gauche ? Comme Susan George j’aimerais, à mon modeste niveau, voir un vrai front de gauche large et solidaire faire vivre une unité indispensable dans des temps aussi graves. Un front de gauche créatif qui travaille avec des experts autres que ceux au service des gouvernements libéraux en place aujourd’hui ou des think task à la mode. Des gens comme Susan George.

Philippe Dibilio

 
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