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06/08/2009

L comme « Libé »

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L’année qui vient nous en dira plus sur la nouvelle maquette de Libé dont nous avions pu voir quelques essais lors de la soirée organisée par l’Association des Lecteurs le 9 juin dernier à l’amphi de l’opéra de Lyon. Une année qui sera probablement également marquée par un nouveau site à l’accès payant. En attendant d’en savoir plus sur ce nouveau dispositif destiné à assurer la pérennité du quotidien cher à nos cœurs, Libération organise à la rentrée un forum à Lyon intitulé « L’Europe, vingt ans après la chute du mur ».

Vingt ans après la chute de l’Empire, alors que la crise mondiale démultiplie problèmes et interrogations, « Libération » et « La Republica » entendent, avec ce forum, favoriser le débat pour qu’idées neuves et voix les plus diverses contribuent à un nécessaire débat. Comme à son habitude Libé ouvrira ce forum aux sensibilités les plus diverses puisque Lech Walesa pourra y côtoyer le Général aux lunettes noires, Jaruzelski, ainsi qu’une kyrielle de participants venus d’Europe de l’Est (Michnik, Mazowiecki …), d’Italie avec Umberto Eco, Walter Veltroni ou Gianfranco Fini. Coté France la présence d’Edgar Morin, Marcel Gauchet, Guy Sorman ou la pubarde Mercèdes Era ne peut que donner l’eau à la bouche ce d’autant qu’en invitant les syndicalistes François Chérèque et Bernard Thibault et quelques voix de leur maître (Henri Guaino, Raymond Soubie) Libé nous assure quelques confrontations, espérons-le constructives.

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Les « politiques » ne seront par absents de ce forum puisque Jacques Delors, Daniel Cohn-Bendit, François Hollande, Alain Juppé, François Bayrou devraient faire le voyage de Lyon en compagnie des « baby-Sarko » que sont Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Valérie Pécresse.

Les inscriptions à ce forum lyonnais devraient s’ouvrir début septembre. A vos agendas.

  • Forum Libération, « L’Europe, vingt ans après la chute du mur », les 18, 19 et 20 septembre 2009, Hôtel de Ville et Opéra de Lyon.

Amsterdam, le 6 août 2009.

05/08/2009

L comme « La route du rock »

L2.jpgComme votre compte en banque peut en témoigner, les festivals se multiplient ici et ailleurs comme des petits pains. Pas toujours sympathiques et accueillants ces rassemblements souvent pénibles et convenus se ressemblent tous au point qu’en juillet il était presque impossible d’échapper à Kravitz et Placebo. Parmi cette bourrative offre estivale, « La route du rock » (Saint-Malo), malgré certaines poses indies, est probablement une des rares occasions d’aller à la rencontre d’artistes dont la valeur moyenne est très largement au dessus du cours habituel des choses.

Me concernant, une fois de plus, mes quelques obligations m’interdisent de faire la route de Saint-Malo mais je me dis que ce n’est pas une raison pour en priver les autres. A l’occasion de sa 19ème édition, le festival Maloin qui se tient les 14, 15 et 16 août, autant dire dans dix jours, mérite, si vous aimez privilégier la qualité aux gros-porteurs, de faire un petit crochet s’il vous arrive de croiser à l’ouest.

Dès le vendredi, le retour attendu des mythiques My Bloody Valentine devrait faire l’affaire et la foule se précipitera pour s’imbiber des nappes tordues et saturées des guitares de la formation de Kevin Shieds. A mon très humble avis, c’est un petit peu plus tôt dans la soirée qu’avec Tortoise cela devrait encore plus le faire tant la mixture ethno-jazz-rock de la formation de Chicago devrait marquer cette première soirée du festival. Le lendemain, fête de Marie, les Lyonnais iront boire un peu de cidre plutôt que d’assister au set de Peaches qu’ils préféreront aller applaudir à Woodstower. Avec successivement les charmants écossais de Camera Obscura et le remuant duo anglo-ricain, The Kills, la soirée du 15 août sera d’autant plus parfaite qu’un peu plus tôt avec Papercuts et St Vincent, le groupe de Annie Clark, la lente tombée de la nuit bretonne devrait laisser aux festivaliers quelques bons souvenirs. La troisième journée de ce rendez-vous indie Maloin n’est pas mal non plus puisque la grande scène du Fort de Saint-Père accueillera à la file indienne Andrew Bird, Dominique A et les Grizzly Bear ces héritiers très lointains et new-yorkais des Beach Boys. Ça ne s’invente pas !

« La route du rock », Saint-Malo les 14, 15 et 16 août avec également The Horrors (UK), Deerhunter (US), Crystal Stilts (US), Forest Fire (US), The Present (US) et les Frenchies de Delano Orchestra et Patriotic Sunday.

Bruges, le 5 août 2009.

02/08/2009

J comme « Je »

J.jpgJe quitte pour quelques jours notre bonne ville de Lyon pour entreprendre une petite virée du côté de la Belgique (Bruges, Gand, Bruxelles) et d’Amsterdam. Ne vous attendez donc pas à me trouver bronzé comme Jacques Séguéla à mon retour. Rassurez-vous, je ne compte pas d’avantage vous compter sur ce blog ce qu’il en est du nouveau MMM (Le musée Magritte) qui vient d’ouvrir ses portes, du débit du Manneken-Pis, des charmes de la Flandre intérieure et du Rijksmuseum.

Grace à la magie de la technologie mes billets quotidiens vont tout de même tomber comme des mouches. Au gré de vos visites, toujours bienvenues, je compte vous parler de « Libé », « Klaus Mann », « Melody Gardot » et « V.S. Naipaul ». Mon ami Jean-Paul Schmitt fidèle au poste vous entretiendra quant à lui de « Primo Levi », « Modigliani » et de « l’abbé Pierre ».

Brel a chanté « Cela sent la bière de Londres à Berlin, Dieu qu’on est bien ! ». Sachez qu’il est dans mes intentions d’en boire quelques unes à votre santé. On se quitte aujourd’hui avec Arno, un artiste aussi indispensable au rock que la Bintje peut l’être à la frite.

Lyon, le 2 août 2009.

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23/07/2009

D comme « Dettes »

D 1.jpgChacun, de ce côté-ci des Pyrénées, s’est félicité de la victoire de Messi et des siens en finale de la ligue des champions. Les lyonnais probablement encore plus car on peut toujours trouver quelques fierté à se faire sortir par l’équipe qui, au final, triomphera. Maigre, très maigre consolation ce d’autant qu’en explosant au Nou Camp les gones ne se sont vraiment jamais remis de cette berezina.

En face des Catalans magnifiques, les Mancuniens dépassés ne se sont jamais hissés au niveau convenable alors qu’ils faisaient office d’épouvantail. En tant que finaliste très malheureux, Manchester United empoche tout de même dans cette aventure européenne une somme rondelette qui devrait dépasser les 35 millions d’Euros à savoir légèrement plus de 10% de son chiffre d’affaire annuel. Vu de loin on pourrait dire que tout va bien pour l’équipe de Fergusson. Ce d’autant que la vente de Cristiano Ronaldo ajoute du beurre aux épinards. Rien n’est moins exact. Derrière la magie de ces chiffres une autre réalité transpire. Derrière l’esbroufe comptable des droits télé (115 millions d’euros), des droits commerciaux (80 millions d’euros) une autre réalité s’impose. Avec un endettement de plus de 740 Millions d’Euros, United rembourse chaque saison une dette de 50 millions d’euros pour l’essentiel assumée par le proprio ricain Malcom Glazer. Dans ce contexte pour le moins étonnant ou l’afflux quasi quotidien de liquidités blinde les déséquilibres financiers structurels on peut, comme certains des futurs adversaires de MU, digérer avec difficultés le spectacle des opérations de transferts de joueurs que s’offre le prestigieux club anglais. Avec un Berbatov à 38 millions d’euros, un Carrick dépassant les 25, une paire Anderson-Nami facturée plus de 45 on se pince sachant que la plupart des vedettes émargent ici comme au Réal ou à Barcelone à plus de 7 millions d’euros par an. De quoi casser le moral des Girondins qui viennent au prix d’efforts importants de s’offrir définitivement Yohann Gourcuff et ses nouveaux émoluments. Mais que nos amis bordelais se rassurent, d’ici deux ou trois saisons il y aura toujours en Europe un club sévèrement endetté mais richement doté pour leur acheter leur génial milieu-offensif.

Lyon, le 23 juillet 2009.

22/07/2009

C comme « Comptoir »

C 3.jpgVous en rêvez depuis des mois. Sous la treille, dans un confortable fauteuil de jardin, petit coussin dans les reins, verre de rosé bien frais à portée de main, vous parcourez légèrement somnolent un de ces bouquins sans importance dont au fil des pages vous savez que vous n’arriverez jamais au bout. En pareille circonstance il convient de toujours veiller à se saisir d’un livre sans importance. Dans le cas contraire vous risquez de culpabiliser et de vous ruiner ainsi la journée. Prenez les types qui avant de partir en vacances sont passés chez leur libraire pour acheter la réédition des Essais de Montaigne. Imaginez-les en ce moment, vautrés sous la treille, deux coussins derrière les fesses, les doigts tétanisés par un lourd Quarto-Gallimard entrain d’essayer de faire bonne figure devant leurs ami(e)s. Péniblement ils éclusent un lot de dix pages dans l’heure et les trois verres de rosé avalés les obligent à faire marche arrière pour reprendre le fil d’une lecture qu’ils abandonneront dès que la compagnie aura tourné le dos. En pareille circonstance, assis sous la treille, avec les coussins et le verre de rosé il convient de ne pas faire le malin. Il faut assumer.

Pour ce faire les « Brèves de comptoir » de Jean-Marie Gourio vont faire plus que l’affaire. Même si dans votre entourage un poseur traine dans les parages avec votre bon Gourio il n’osera pas ricaner. Une treille, un fauteuil, des coussins, un rosé et un Gourio, ne vous inquiétez pas ça le fait autant qu’un Bourdieu.

hamac.jpgDepuis bien plus de vingt ans, Jean-Marie Gourio nous livre son œuvre sans pareil, sa somme de nourritures sociologiques les plus nécessaires et tel un glaneur de bistro il nous enchante avec ses petites citations puisées au « Bar le Jaguar » ou au « Midi Pile ».

En voici quelques-unes pour la route et vous verrez qu’assis confortablement sous la treille, le rosé frais à portée de main, il n’y a pas mieux pour somnoler agréablement tout en ayant la certitude, au fil de l’été, d’aller au terme des 370 pages.

. Pratique, « Dans une région, je prends toujours un vin de la région et dans un pays, un vin du pays.»

. Ecologique, « Pas étonnant que la forêt brûle, tout est en bois.»

. Catastrophique, « La fin du monde, c’est mieux à la campagne, tu te fais pas piétiner. »

. Catholique, « Le Pape connait quatre-cents langues, mais c’est toujours les mêmes mots. »

. Philosophique, « Je vois pas du tout à quoi ça sert les ongles des pieds. »

. Et enfin, « Faut être con pour calculer son Q.I. »

Bonne sieste à tous.

  • Jean-Marie Gourio, « Brèves de comptoir- L’anniversaire », Pocket 6,50 euros non compris les 0,32 euros de remise autorisée.

Lyon, le 22 juillet 2009.

18/07/2009

B comme « bande-son »

B orange.jpgIpod, lecteur de CD dans la bagnole, peut importe le support pourvu d’avoir l’ivresse musicale. Avant de penser faire sa valise, réfléchir à la quinzaine de disques à emporter tout au long de l’été est chose importante. Sachant que tout ceci n’est pas affaire d’improvisation, voici ma liste pour l’été 2009 même si d’autres rondelles achetées au fil de juillet et août viendront alourdir les bagages. Dans le désordre le plus total……

  • Neil Young, “ After The Gold Rush ”, Reprise (1970).
  • Quincy Jones, “Swinging the big band”, compilation Verve (2006).
  • Dionne Warwick, “Sings the Bacharach & David Songbook”, compilation Demon (2008).
  • The Undertones, “An Anthology”, Salvo (2008).
  • Elvis Costello, “Secret, Profane and Sugarcane”, Universal (2009).
  • The Saints, “Big hits on the underground” compilation Last Call (1999).
  • The Walker Brothers, “After the Lights Go Out”, compilation Fontana (1990).
  • Cowboy Junkies, “Trinity Revisited”, Cooking Vinyl (2007).
  • Emiliana Torrini, “Me and Armani”, Rough Trade (2008).
  • The Byrds, “Untitled/Unissued”, Sony-Legacy (1970-2000).
  • The Pretenders, “Break Up The Concrete”, Shangri-La (2008).
  • Bob Dylan, “Together Through Life”, Sony (2009).
  • Keren Ann, “Keren Ann”, Delabel (2007).
  • Leonard Cohen, “Live in London”, Sony (2009).
  • Elysian Fields, “The Afterlife”, Vicious circle (2009).

Lyon, le 18 juillet 2009.

15/07/2009

A comme « Arnaque »

A Abécédaire.jpg

Depuis quelques années des « fac-similé » des cahiers de notre enfance consacrés aussi bien aux dictons de nos grand-mères, au certif, au football ou aux mille manières de tester notre culture générale fleurissent et commencent à déborder des rayonnages des supermarchés, Virgin et autre FNAC. Très souvent d’une médiocrité rare, ces opuscules vite écrits et bien vendus happent le chaland, leur prix modeste n’étant pas le plus secondaire des arguments de vente. Dans ce bazar, je suis tombé l’autre jour sur un « Petit cahier d’exercices gestuels » signé d’un certain Joseph Messinger qui prend les consommateurs, non seulement pour des « go-go » mais aussi, et c’est plus grave pour des écervelés. De quoi s’agit-il ?

Avec son look « années cinquante » le cahier ne manque pas de charme. Le « propos » revendiqué est, en s’amusant, d’apprendre à se connaître. A coups de tests, quizz et questionnaires, le Messinger en question compile l’incompilable et, faisant feux de tout bois, livre un foutage de gueule généralisé. Vous me direz, et vous aurez raison, que ce n’est ni le premier et malheureusement pas le dernier. Cela étant, au coin de la page douze, « l’auteur » nous propose un truc à faire froid dans le dos, je veux parler de son test dit « de la balance ». Il s’agit de nous décrire, je cite, « une expérience fabuleuse pour évaluer notre climat mental en temps réel » autrement dit de nous démontrer la théorie du DEM (degré d’énergie motrice) en mettant en évidence « l’étude du tonus digital ». Je vous passe les détails mais si dans un premier temps vous imaginez être dans un des pastiches du groupe Jalon ou de Karl Zéro, rapidement on est obligé d’admettre que l’opuscule, ne se situe pas dans le registre de l’humour. « Equilibre pondéral des auriculaires », puis « des annulaires » et « des majeures », grille d’évaluation « psychoanatomique », ce chapitre douze débouche sur une question existentielle pour le lecteur, « combien pèsent vos mains ? ».

A la lecture de ces soixante pages vendues 7 euros on se dit que tout cela est tout de même moins dangereux que la sciento ou l’ordre du temple solaire. Il n’empêche que ce genre de c………. est en vente libre grâce aux éditions First site internet de l’auteur en guise de ponctuation et malheureusement ce petit cahier n’est pas vendu chez Virgin au rayon humour mais bien à celui des « sciences humaines ».

Attention peut nuire gravement à la santé mentale.

Lyon, le 15 juillet 2009.

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13/07/2009

A comme Abécédaire

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Commence demain l’épisode III de l’abécédaire d’été que je m’efforce chaque année de vous confier. Cette façon plutôt tranquille de traverser une bonne partie de la saison estivale n’est en aucune façon le moyen de vous refiler je ne sais quel « Best of ». Ici tout est frais mais l’essentiel est déconnecté de l’actualité. Comme c’est désormais la tradition je compte vous dire chaque jour quelques mots sur des bouquins, des disques ou des faits secondaires de l’actualité jamais abordés, souvent faute de place et de temps, tout au long de l’année écoulée. De « A » comme « Alaa el-Aswany » à « Z » comme « Zappa » je vais donc enfiler les billets comme d’autres les perles. Rassurez-vous, aucune prétention de ma part.

Ami(e)s d’ici et d’ailleurs je vous souhaite un bon été. Rendez-vous pour la reprise du train-train quotidien de ce blog le lundi 31 août, en attendant, demain, je compte vous dire quelques mots pour vous convaincre de lire, si le cœur vous en dit, « J’aurais voulu être Egyptien » le recueil de nouvelles de Alaa el-Aswany.

Lyon, le 13 juillet 2009.

29/06/2009

Quelque chose de Michaël

michael-jackson.jpgNouveau Ministre de la Culture, l’une des premières déclarations de Frédéric Mitterrand me laisse presque sans voix. Qu’à donc dit notre Frédo national ? « Nous avons tous un Michaël Jackson en nous ». Certains diront que cette parole est autant définitive qu’obscure mais pour tout vous dire je suis toujours expectatif à la lecture de ce propos néo-ministériel me demandant dans la foulée, même inscrit au plus profond de l’âme du neveu, ce que Mitterrand peut bien avoir en commun avec Bambi. Comme dirait l’autre, « ça ne nous regarde pas ».

S’il n’avait pas été nommé ministre, Mitterrand détenait alors avec ce pauvre Jackson matière à faire un de ces docus aux envolées lyriques surfaites ponctué par une mort tragique presque aussi féconde que celles de Lady Diana et Marilyn réunies. Pensez-donc, s’il n’avait pas été ministre, un de ces jours, Mitterrand nous aurait probablement concocté avec sa façon si « old school » une histoire revisitée de la trajectoire de la star venue de l’Indiana. L’histoire du petit Jacko élevé à la dure et devenu enfant prodige puis déchu. Il nous aurait raconté en bon racoleur cathodique les coups reçus, les souffrances, les médocs avalés, Peter Pan, le caisson, les attouchements, les frais d’avocats et le passage imprévu de la grande faucheuse.

En vérité, dans son malheur, la dernière chance de ce pauvre Michaël est, ascension ministérielle oblige, d’échapper aux péroraisons signées Frédo. Avec un peu de chance notre documentariste, quand Mick Jagger ira prendre rendez-vous avec le diable, ne sera plus ministre. Il pourra ainsi nous raconter l’existence d’un fils de prof de gym devenu star planétaire envoûtant les foules par son ambigüité fascinante. On a tous quelque chose de Mick Jagger...

Lyon, le 29 juin 2009.

Photo: DR

 

28/06/2009

Conseils à Soan

SOAN-NOUVELLE-STAR.jpgAprès avoir massacré, comme ses concurrents, quelques perles et compositions diverses et variées, Soan est donc le vainqueur du TV crochet 2009 organisé par M6. Rebelle sans cause, probablement faux méchant et très modeste chanteur, Soan ambitionne tout de même d’entamer une carrière porté par l’enthousiasme juvénile de Philippe Maneouvre et de ses collègues.

Au point ou nous en sommes et quitte à supporter encore quelques temps ce nouvel avatar cathodique, autant lui proposer quelques repères afin que l’apprenti-chanteur puisse se situer sur l’échelle de Richter du rock’n’roll. Parmi la production la plus récente l’écoute fouillée et répétée de deux disques s’impose à notre vainqueur.

En prenant bien soin de lui dire que le dernier album de Eels et le tout nouveau Elvis Costello intitulé « Secret, profane and Sugarcane » se situent à des niveaux inatteignables pour lui, je suggère à Soan de tirer profit de ces écoutes ne serait-ce que pour revenir sur terre.

Sombre, volontairement inquiétant, gothique-light, Soan a été mis en rayon par M6 comme un personnage se la jouant légèrement disjoncté, quelqu’un de « différent ». Ça tombe bien dans le genre « allumé solitaire » avec E, l’homme qui se cache derrière Eels, il n’y a pas mieux pour Soan car entre noirceurs compliquées, errance solitaire et tutoiements proches de la grâce comme de l’état le plus brut de la musique, Eels doit être une référence pour l’ami que M6 a mis là.

Soan n’est pourtant pas seulement le croisement mal maîtrisé de Siouxee avec un cousin éloigné de Jim Morrison, c’est aussi un serial killer musical s’attaquant sans discernement à Noir Désir, Jacques Brel ou les Doors. L’écoute du très country et voire même Bluegrass dernier album d’Elvis Costello s’impose donc aussi à Soan histoire de voir que chanter est aussi un métier. Puisque le regard musical de ce Soan est panoramique, je ne peux que lui conseiller d’expertiser quelques-uns des trente albums parus à ce jour du binoclard liverpuldien. Tantôt avec son rock sous amphétamines (avec les Attractions), sa soul néo-orléanaise (avec Allen Toussaint), ses soubresauts Jazz ou Country, l’œuvre de Costello sera une inépuisable source de bonheur et une référence pour notre apprenti-chanteur qui doit tout de même se convaincre que rien n’est gagné pour lui.

Lyon, le 28 juin 2009.

Photo: DR

23/06/2009

Burqa ou niqab ?

Gérin.jpgLe député maire de Vénissieux, André Gérin, agite la chronique avec une soixantaine de députés de tous bords politiques. Ils demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la pratique du port de la burqa ou du niqab en vue de « définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ». On sait le communiste un brin provocateur. Ce n’est pas son coup d’essai, pourtant, il aborde-là une vraie question de société.

J’ai parfois des réactions primaires en amont de tout raisonnement. Par exemple, avant de songer aux révoltes adolescentes et au conformisme qui l’accompagne, je suis vite agacé par la tenue vestimentaire d’un gamin qui enfonce sa tête casquettée sous une capuche ample pour dissimuler son visage et me faire voir davantage ses pieds et ses Nike que son regard hardi ; je suis mal à l’aise devant un curé en soutane probablement parce que, sachant l’évolution qu’a voulu faire l’institution catholique (et il reste tant à faire), tout uniforme chrétien dans la rue m’est symbole d’intégrisme ; je suis naturellement révolté par les casseurs encagoulés de fin de manifestation….

Fi donc des réactions primaires. Raisonnons donc ensemble.

À entendre les avis contradictoires sur le sujet, il faut faire la part entre ceux et celles qui revendiquent l’usage de cet habillement au nom de la liberté individuelle et ceux et celles qui condamnent cette attitude au nom de l’égalité entre hommes et femmes.

Admettons qu’il existe des femmes portant par choix la burqa - le grillage comme seule transparence permise au regard - ou le niqab - le regard aperçu à travers la fente étroite du tissu. Combien sont-elles ? Heureusement les statistiques sur le sujet n’existent pas. Affirmation identitaire et/ou choix religieux ?

Prenons acte du fait que le choix soit celui d’une foi prêchée par un Islam importé qui leur demande de cacher leur féminité. Je sais que c’est difficile à accepter pour notre culture et pour notre histoire, somme toute récente, de combat pour l’égalité. À celles-ci, faisons entendre Malek Chebel qui vient de faire paraître chez Fayard une nouvelle traduction du Coran et un dictionnaire encyclopédique de l’Islam : « Mon Islam n’a pas besoin d’artifices, il est dans le cœur, pas dans les vêtements ».

Et puis enfin, quittons la thématique religieuse qui attise les conflits et examinons le problème du seul point de vue de trois concepts qui structurent notre notion républicaine de laïcité : le primat d’une même loi laïque pour tous, la non-aliénation de la personne et l’adhésion aux valeurs essentielles de la communauté des citoyens français. Aucun accommodement de pratiques culturelles et religieuses qui permettrait à chaque communauté – quelle qu’elle soit - d’appliquer son propre droit et de vivre selon ses propres valeurs en niant les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité n’est alors acceptable.

Oui, il y a choc de deux revendications de liberté : revendication individuelle et culturelle de celles qui veulent se voiler totalement si bon leur semble et revendication de liberté de la femme égale de l’homme. Mais ces deux revendications n’ont pas le même poids dans la balance de la liberté.

Celles qui revendiquent le droit de porter la burqa ou le niqab dans l’espace commun, aussi sincères soient-elles, utilisent un vêtement qui est, pour la collectivité où elles vivent et pour toutes celles qui sont obligées de se vêtir ainsi dans le monde, le symbole évident de l’aliénation de la femme.

Un sujet de réflexion à faire circuler sous le manteau, fut-il islamique….

Jean-Paul Schmitt

20/06/2009

Le coup, quand il vous arrive.

Culture-001.jpgLe coup est parti. En effet « Le coup de grâce », la revue culturelle portée par Guillaume Tanhia depuis de longs mois est disponible dans les kiosques. Segmenté en trois parties distinctes, « Saisir-Découvrir-choisir », ce premier numéro estival ressemble à un coup d’essais qui laisse entrevoir, en vitesse de croisière, la revue solide et ouverte que Lyon et sa région méritent. Dans la vitrine de ce premier numéro un article « post-2013 » qui s’interroge de manière assez équilibrée sur ce que serait la panne lyonnaise en matière de politique culturelle, un autre plutôt naïf sur l’envol marseillais sans oublier une plongée revigorante dans le monde machiste de la culture et une autre astucieuse à propos du patrimoine dopé par l’informatique.

Les sept euros investis dans cette belle revue vous permettront également d’aller à la découverte de Jemmie Walker, une actrice lyonnaise de 89 ans, Maguy Aimé directrice de casting, Gilles Pastor qui s’apprête à investir le théâtre du point du jour, sans oublier l’interview de Khalil El Ghrib dont les questions sont plus longues que les réponses et la découverte d’une kyrielle d’artistes (Philippe Favier, Vanessa Debray…) et d’une confortable section « choisir ».

Vous le savez, je suis un supporteur sans faille du travail effectué chaque semaine par le « Petit Bulletin » ou information pratique et articles toujours bien léchés cohabitent à merveille. Avec « Le coup de grâce », et malgré les limites de tout premier numéro, on joue dans un registre différent, celui d’une revue tout à la fois accessible, fouineuse mais dotée de véritables exigences.

Maintenant, passons au morceau de bravoure car il ne suffit pas de saluer le nouveau-né encore faut-il lui assurer son quotidien. Tout d’abord la petite réserve que je veux formuler consiste à la fois à saluer la charte de la revue publiée en page onze et douze et parait-il signée par les actionnaires sans que les dits actionnaires ne se fassent connaître. Plus essentiel, j’ignore les contours financiers d’une telle entreprise mais il ne faut pas être expert pour se rendre compte que l’aventure initiée par Guillaume Tanhia et ses amis exige le soutien de tous. S’abonner est donc le plus sûr moyen de donner le coup de pouce nécessaire à ce « coup de grâce », alors terminons par le vif du sujet …

« Le coup de grâce », abonnement 30 euros et plus si affinités, chèque à envoyer au 17, rue du Garet, Lyon 1er arrondissement, ou bien joindre le service abonnement sur abonnement @lecoupdegrace.eu.

Lyon, le 20 juin 2009.

Image: DR

12/06/2009

Questions pour un champion

julien_lepers.jpgNée Gautier à Pierrefonds, j’emménage à Ville-d’Avray dans les années soixante-dix. Adolescente j’envisage de devenir monitrice d’équitation mais après le lycée je me destine à une carrière de comédienne en suivant la formation du cours Florent. Après des petits jobs de mannequin, c’est lors d’un casting que ma carrière va bifurquer vers la chanson. J’emprunte alors mon nom de scène à une actrice américaine des années trente. Malgré des débuts difficiles et une nouvelle teinture rousse, dans la deuxième partie des années quatre-vingt je deviens une usine à tube et peut-être la première chanteuse française à miser aussi fortement sur les vidéo-promotionnelles de mes chansons.

Devenue une icône et un véritable « guinness des records » c’est en me produisant sur scène que je vais occuper une place très à part dans la chanson française en particulier en faisant de mes « shows » de véritables super-productions. Si mes fans me vouent un véritable culte je suis très souvent l’objet de caricatures pas totalement injustifiées compte-tenu de certaines de mes inspirations. Tantôt pourfendue par la critique, tantôt clouée au pilori à cause de ma stratégie du silence à l’égard des médias, je demeure un objet musical non-identifié et parfois même sans grand intérêt. Par contre, de l’avis général, mes prestations scéniques sont toujours impressionnantes au point que les ricains ne sont pas bien nombreux à m’arriver à la cheville. Inaccessible et rare, je suis actuellement en tournée. Je fais donc escale pour trois jours à la Halle Tony Garnier de Lyon, je suis …

Lyon, le 12 juin 2009.

Photo: DR

03/06/2009

Ville numérique

flyer1.jpgLe mercredi 1er juillet, l'Agence d'urbanisme de Lyon organise une rencontre particulièrement intéressante sur le thème "Ville numérique, nouveaux usages, nouveaux visages". Alors que les technologies numériques envahissent notre quotidien. Il s'agit pour les initiateurs de cette manifestation d'évaluer en quoi internet, téléphonie mobile, puces RFID, systèmes interactifs et tactiles et automatisations en tous genres pèsent sur nos modes de vie, nos déplacements et plus généralement sur nos pratiques de la ville et des territoires.

En favorisant de nouveaux visages et de nouvelles pratiques, le numérique, en développant aussi des réseaux sociaux, des outils interactifs, en générant une information en temps réel, fait émerger une réalité urbaine nouvelle. Tel est le sens que l'Agence lyonnaise souhaite donner à cette première rencontre qui sera structurée autour de deux tables rondes. La première s'interrogera sur le modèle urbain de proximité et les nouvelles technologies. La seconde, peut être plus interrogative encore, cherchera à évaluer le mieux possible les conésquences du développement du nmérique à l'égard de critère comme la solidarité ou les capacitiés d'intégraiton. Animés par des acteurs du numérique, des spécialistes du fait urbain et d'experts de la FING (programme de réflexion Villes 2.0) ces tables rondes se dérouleeront le 1er juillet de 14h à 19h à la Communauté urbaine de Lyon.

Pour en savoir plus se rendre sur http://villeetnumerique.over-blog.com et http://www.villes2.fr

Contact: e.guiboud@urbalyon.org - 04 78 63 48 64

Lyon, le 3 juin 2009.

29/05/2009

Pousse mousse, on presse et ça mousse

suite hotel.jpgMême si c'est le privilège des "petits", il n'empêche que la chronique hebdomadaire de Nelly Kaprielan dans les Inrockuptibles est en général tout sauf de l'eau tiède. Celle de la semaine intitulée "Objectif pub", frappe fort et dit tout haut ce que nous constatons tous dans notre coin. Que dit l'incorruptible inrockuptible ? Que chacun à leur manière, Franz-Olivier Giesbert (Le Point), Jean Daniel (le Nouvel observateur) bénéficient, à l'occasion de la sortie de leur énième bouquin, d'une couverture hors norme et d'une complaisance presque généralisée et grossière qui malheureusement est habituelle. Mieux la journaliste se demande comment des personnalités aussi "bookées" en arrivent à trouver le temps d'écrire des "bouquins". Pire pourquoi de tels auteurs ne rougissent pas de honte en se mettant en valeur dans leurs hebdos respectifs. L'un dialoguant avec un écrivain connu, l'autre se faisant tresser des lauriers par un collaborateur de sa propre publication.

En mettant ainsi les pieds dans le plat Nelly Kaprielan ne pouvait pourtant dénoncer une chose probablement encore plus étonnante, à savoir un papier de Bertrand de Saint Vincent apparu mardi dans Le Figaro c'est à dire quelques jours après la sortie des Inrockuptibles. On savait nombre de journalistes enclins à renvoyer l'ascenseur suite à quelques douceurs, autrement dit à avoir la reconnaissance du ventre, mais avec Bertrand de Saint-Vincent on dépasse les espérances les plus folles de nombre d'annonceurs. Son éditorial du cahier "Le Figaro et vous" sobrement titré "Sur invitation" on ne fait rien moins que raconter par "le menu" un week-end à Malte manifestement payé par Moët Hennessy.

On connaissait le journalisme "Relais et châteaux", les journalistes "relais du château", avec le Figaro on vient d'inventer "la vie de château" puisque, et j'ose espérer que c'était de la part de Bertrand de Saint Vincent un pari arrosé avec des confrères, on décrit avec "luxe" de détails les délices et les charmes de l'hospitalité maltaise.

Avec Bertrand de Saint Vincent un nouveau genre, le "gonzo journalisme mondain" est après tout peut être né ?

Lyon, le 29 mai 2009.

 
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